Franchement, j'ai décidé d'acheter Gunnm au hasard... je ne connaissais rien du tout si ce n'est de nom, et l'apparence de l'héroïne !
Et quelle surprise ! Ce manga est bien raconté, le dessin prenant, l'aventure super originale et j'en passe.
Inutile de rabâcher tout ce qui a déjà été dit, pour moi ce manga est culte ! Il est absolument à lire, au même titre que Akira ou d'autres tout aussi excellents que l'on retrouve en fouinant sur ce site.
Je n'ai pas trouvé la fin bâclée, elle est surprenante et ça fait plaisir.
En fait la seule déception c'est que ça soit terminé... :( bon les mangas qui trainent en longueur ont parfois du mal à renouveler leur mécanique, il est donc préférable d'en rester là avec une très bonne impression que vouloir continuer et s'enliser dans l'histoire ! Mais mince Gally tu nous manque ! :D
Bon faut que je regarde ce que ça vaut la suite moi...
Attention, avec De Cape et de Crocs, on est en présence d'un chef d'œuvre !
Rares sont les BD qui me font cet effet, mais avec De Cape et de Crocs, on est proche de l'excellence. Les aventures rocambolesques de nos compagnons dans l'époque de Louis XIV sont succulentes et en différents points de vue :
_ Tout d'abord, les dessins sont extrêmement bien réalisés avec une personnification des héros sous une forme animale et qui n'est pas sans rappeler ce fameux Jean de la Fontaine. Mais, ici, il n'y a pas de copier-coller, mais bel et bien une attention toute particulière pour marquer le caractère du personnage. Ainsi, Armand est un renard rusé et espiègle alors que Don Lope est un loup au sang chaud et que ce bon Eusèbe en lapin représente la douceur même ! Bref, on sent au travers de cette BD un hommage au plus grand fabuliste de tous les temps (même s'il a tout piqué à Esope :p)
_ Ensuite, le scénario est vraiment génial ! On voit qu'une simple histoire de trésor dans une galère turc se transforme en épopée qui nous amènera jusque sur la lune ! On retrouve avec plaisir des personnages mythiques de la littérature classique française tels que Cyrano ou Molière, mais ils se retrouvent cette fois-ci dans un univers plus fantastique et dans une aventure plus "irréelle".
_ Enfin, la narration est splendide avec des passages tout en vers et en alexandrins, d'autres écrits avec une certaine ironie ou une certaines poésie. Bref, une réussite !
En tous les cas, cette série est une pépite !
Après V, W...atchmen ! Délicat de parler d'une BD pareille puisque tout a déjà été dit et redit... Alors, avis inutile ? Peut-être... Qu'il me suffise dès lors de dire que je l'ai lue trois fois en deux ans. Que je ne m'en lasse pas. Qu'elle fait partie des oeuvres qui ont forgé l'être que je suis aujourd'hui. N'ayons pas peur des mots : il m'a été donné de reconsidérer ma vision du monde après la première lecture. Une nouvelle vision d'une complexité et d'une maturité peu commune : à travers ses personnages principaux, Watchmen propose pas moins de six points de vue sur les Hommes, la société, la politique, bref, sur le Monde, dont certaines sont diamétralement opposées... et pourtant Moore se paye le luxe de garder une insolente cohérence.
A titre personnel, ce sont les chapitres consacrés au Docteur Manhattan et à Rorschach qui m'ont le plus bouleversé. D'un côté, un dieu à l'âme évanescente qui voit en notre espèce des miracles thermodynamiques à la rareté fascinante. Les forces de l'Univers sont sombres et muettes mais, à travers nous, elles parviennent à exprimer un peu de leur Art démiurgique. De l'autre côté, un gouffre affreux qui n'exalte qu'un néant absurde et omnipotent malgré ses quelques insectes humains qui grouillent à sa surface éthérée. Ni Dieu ni espoir. " Nés du néant, engendrant des enfants promis à l'Enfer comme nous, retour au néant."
A travers ces deux extrêmes, une Vérité d'une justesse et d'une lucidité extraordinaires, quelque part entre le silence et la symphonie. Inutile d'en dire plus. Watchmen est une expérience empirique, un joyau aux si nombreuses facettes qu'il est difficile d'être vraiment objectif. Et même si les couleurs, certes criardes, de cette BD projettent une lumière insoutenable pour une flopée de lecteurs, l'on comprendra rapidement que c'est notre propre compréhension qui illuminera le récit de la manière que l'on souhaitera.
Bien avant le choc qu'a constitué la publication d'un Batman vieillissant et rongé par le doute dans « Dark Knight », Frank Miller avait déjà fait parlé de lui en faisant passer l'univers des comics dans l'âge adulte, et ce grâce à sa reprise du personnage de Daredevil.
Autant le dire tout de suite, la série publiée en France dans le mensuel Strange a été plusieurs fois censurée et même arrêtée. Trop violent au niveau de l'histoire et du dessin, trop déroutant au niveau de la narration pour le public adolescent de l'époque lecteur de ce type de comics et pour leurs parents qui ont obtenus la fin soudaine de la série.
Le découpage est en effet un découpage cinématographique :
Parfois un gros plan avec un seul dessin sur une page, ou une succession de dessins qui semble suggérer le mouvement. Une narration faite essentiellement par des off, ce qui était révolutionnaire pour l'époque. Le tout servi par les superbes dessins de David Mazzucheli.
On y voit ainsi la descente aux enfers d'un Matt Murdock alias Daredevil à la suite d'un complot conduit par son ennemi de toujours le Caid. Un Matt Murdock tourmenté, dont les contours psychologiques sont plus fouillés que jamais. Après la chute intervient la Renaissance.
Cette histoire de Daredevil, c'est un peu celle du Christ qui connait la gloire, puis la mise à mort avant de renaitre de ses cendres.
Une BD essentielles pour tous les amateurs de Comics, sans doute une des plus grandes du siècle écoulé. Bref, un must.
Avec un titre comme celui-ci, une mise sur piédestal dans le panthéon de ma bibliothèque était de rigueur !
Si La Quête de l'Oiseau du Temps reste ma référence du genre, "Légende des Contrées Oubliées" se place juste derrière, avec Le Grand Pouvoir du Chninkel.
Trois tomes pour nous conter l'aventure de 3 personnages que tout séparait au départ mais réunis par la force des choses... et un destin manipulé. Car si au début tout s'annonce comme une quête des plus banales dans cet univers d'heroïc-fantasy, Bruno Chevalier conduit son scénario de main de maître pour nous faire rebondir tout cela de façon inattendue et grandiose. On est loin des manichéismes tranchés qui sont légions dans le genre, et chacun des personnages se révèle pleinement au fur et à mesure que l'intrigue galope... quitte à sacrifier certains des personnages de premier plan...
Des personnages entiers, un univers foisonnant et d'une extrême richesse pour une histoire des plus épiques : voilà ce qui forge une légende !
D'autant que le dessin de Thierry Ségur et sa colorisation valorisent et soutiennent parfaitement la trame qui se tisse sous nos yeux. Ca fourmille de détails, on en prend plein les yeux côté paysages, les créatures et personnages sont vraiment réussis, bref un univers complet, original et cohérent : chapeau ! Seule la colorisation pourra en surprendre quelques-uns. Mais passé la surprise, on s'y habitue pleinement pour en apprécier d'autant plus la justesse et l'originalité. Les planches concernant les Puissances sont des plus hautes en couleur !
Au final, une trilogie d'héroïc-fantasy comme on en fait trop rarement et dont on apprécie toujours autant la relecture !
Mon premier contact avec l'Oeuvre de Moore... Sans verser dans le fanatisme décérébré, force est de constater que peu d'auteurs, toute littérature confondue, m'auront autant retourné que ce fils de Northampton. Cette première approche, je la dois au film éponyme, il y a de cela trois ans à présent. Diablement émoustillé par le personnage de V, je décide aussitôt de passer outre mes pauvres a priori esthétiques et viens m'abreuver à la source originelle... Dieu merci !
De quoi parle cette BD (ou roman graphique, on s'en fout...) ? Et bien de tout. De nous-mêmes d'abord. Du monde dans lequel nous vivons et des idéaux que nous faisons brûler dans la nuit, comme des phares inaccessibles. De nous-mêmes surtout. Qui est V ? C'est toi. Enfin, moi. Tout le monde et personne. Qu'est-ce ce que c'est alors ? Une certaine quête de perfection. Un accomplissement. Le stade où il y a plus de réponses que de questions, où les questions SONT les réponses.
V est la folie. Latente en chacun de nous. La création infinie qui explose les murs de notre prison. Le monde dictatorial contre lequel se bat V existe déjà maintenant. Il existe en nous. C'est la somme de nos préjugés, de notre peur. Tout ce qui nous limite, nous emprisonne dans des rôles trop bien connus, derrière des masques sordides qui prétendent être nous. D'où la tripotée de personnages (pour la plupart absents du film, simplification oblige) qui, d'une façon ou d'une autre, incarnent les vicissitudes de notre société, théâtre de marionnettes qui se prend trop au sérieux, oublieux que la vie est un jeu.
Inspecteur enfermé dans un boulot qui lui a présenté trop de cadavres, mari frustré sexuellement, femme maltraitée, tous des enfants fragiles, orphelins d'une guerre qui les a mis à nu. Si seul, si vide. Mais le Parti est là et son dictateur qui ne croit plus en l'Amour. L'ordre et la paix mais par pitié plus d'amour ! Défoulez-vous sur les "nègres", les "tapettes", les handicapés... NON ! hurle V. Voilà le magicien, l'acteur maudit qui vient rire au nez et à la barbe de tous ceux qui continuent d'avoir peur, tous ceux qui prennent trop au sérieux la grande Illusion, tel un bodhisattva goguenard.
V est le stade ultime de l'Homme, l'Homme libre, l'Homme sans Ego, celui qui est devenu tous les "ils" et toutes les "elles", l'Infini des possibles incarné en bouffon shakespearien.
Pour servir ce propos vertigineux, un dessin aux contours parfois inexistants, comme si les personnages étaient réduits à des taches de couleur, se fondant et se mélangeant aux décors ténébreux qui tentent de les dévorer. Un dessin exigeant, servant pourtant parfaitement le fond de l'histoire, au réalisme prêt à basculer à tout instant dans le conte de fées. Des couleurs pastels qui sont comme les cendres d'un grand brasier prêt à défigurer le ciel nocturne de notre apathie.
Voilà ce qu'est V pour Vendetta : un chemin, une voie parfois drôle, parfois inquiétante. Un formidable appel à la Vie grimé en "simple" bande dessinée. Une oeuvre majeure de la littérature mondiale. Voilà ce que c'est... pour moi ! Ce pourra être tellement d'autres choses... pour toi !
La Licorne se place dans ces séries qui, comme Le Codex angélique, mélangent histoire, fantastique et ésotérisme.
Le tout, bien que d'une envergure qui m'effraie pour la suite, donne quelque chose de vraiment fabuleux !
Le dessin n'est pas innocent à la note attribuée car il est vraiment réussi. Quel plaisir de retrouver les premiers médecins de l'histoire dans une uchronie folle. Ainsi, on retrouve Vésale, Paré et bien d'autres dans des décors d'époque et des paysages très bien rendus. Les expressions sont aussi très bien rendus tout comme les scènes d'action avec un trait plus dynamique. Bref du tout bon! Surtout aux regards des monstres mythologiques à la fois organiques et filandreux, mystiques et magiques, beaux et laids qui donnent à l'histoire un aspect fantastique mais aussi bien réel de par leurs structures anatomiques.
Pour le scénario, il est vraiment complexe et le rendre par écrit de manière précise prendrait une plombe. Néanmoins, il reste une profondeur insondable et un abysse scénaristique tellement le tout est complexe et alambiqué. Mais le pire, c'est que cela ne nuit pas du tout à l'histoire, au contraire, on a envie de savoir, on veut connaître la suite à tout prix !
Bref, une série énorme dont l'attente est insoutenable, mais à la fin du deuxième tome, on craint que le scénariste ne tombe dans une histoire trop complexe et trop grande pour lui... Mais foncez tête baissée sur cette série !
J'ai rarement ressenti une aussi vive émotion à la lecture d'une bd. J'en avais les larmes aux yeux! C'est vrai que le thème abordé ne pouvait pas laisser de marbre le père que je suis. Mais encore faut-il trouver le bon ton et éviter de sombrer dans le mélo. Ici, pour ma part, je trouve qu'on frise la perfection: les sentiments et les rapports humain sont traités avec finesse et justesse, une pointe de fantastique, plus allégorique qu'autre chose, une fin tragique, mais pas catastrophique, et pour finir, une "morale" étincelante, sous forme de petit poème.
Le dessin noir et blanc, "souple", expressif, j'ai envie de dire sensible, soutient parfaitement le propos de l'auteur.
Une oeuvre accomplie, splendide.
"3 minutes" a été pour moi un pur moment de communion avec les sentiments amoureux retranscrits par Domas.
Je ne sais pas si je vais réussir à vous expliquer comment Domas a réussi à autant me toucher mais finalement je crois que je n'ai pas besoin de chercher midi à quatorze heures et 3 minutes pour comprendre que la simplicité de la mise en scène des sentiments amoureux est à l'origine de tout ceci.
Bien sûr la littérature classique (l'Education sentimentale et consorts) a mis en scène des milliers de fois les hasards de la vie qui ont conduit l'Amour avec un grand A à se réaliser ou non et on pourrait penser avoir affaire ici à une resucée de romantisme à l'eau de rose, mais pas du tout : Domas a réussi à mettre en images et en couleur (le rouge magnifie ici l'amour) son expérience amoureuse sans aucune équivoque (puisqu'on sait comment ça se finit dès les premières pages). Il nous présente comment 3 minutes anodines de sa vie ont débouché sur la rencontre la plus décisive de sa vie. Mais avant ces 3 minutes, il y en a bien d'autres issues de soirées entre amis, de rendez-vous manqués, d'angoisses existentielles, de bonheurs fugaces et de déprimes totales.
Le dessin de l'auteur est en totale harmonie avec son propos : un trait concis, des visages simplifiés mais sans ambigüité sur les sentiments exprimés, du noir et blanc bousculé par des touches de rouge (quelle trouvaille !) et des métaphores poétiques exprimant le tiraillement des sentiments amoureux font que j'ai apprécié cette histoire comme c'est rarement le cas en bd.
La simplicité et l'humanité des dessins et des propos de Domas ont donné à cette romance une dimension bien plus supérieure qu'une simple histoire d'amour autobiographique.
A lire absolument si vous avez 3 minutes ou plus à consacrer à l'amour :)
Je finis à l'instant la (re)lecture de ce tome et c'est avec beaucoup de plaisir que j'écris ces lignes.
Une qualité de dessin et de narration hors normes, l'origine véritable de nos tortues préférées est racontée dans ces pages.
Cela a vieilli, comme tous les comics de l'époque mais l'âge donne à ces histoires une saveur que l'on ne retrouve plus dans les publications actuelles.
J'en cherche la suite depuis quelques années, en vain.
Pour tout amateur des Tortues Ninja, il s'agit là d'un incontournable.
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Gunnm
Franchement, j'ai décidé d'acheter Gunnm au hasard... je ne connaissais rien du tout si ce n'est de nom, et l'apparence de l'héroïne ! Et quelle surprise ! Ce manga est bien raconté, le dessin prenant, l'aventure super originale et j'en passe. Inutile de rabâcher tout ce qui a déjà été dit, pour moi ce manga est culte ! Il est absolument à lire, au même titre que Akira ou d'autres tout aussi excellents que l'on retrouve en fouinant sur ce site. Je n'ai pas trouvé la fin bâclée, elle est surprenante et ça fait plaisir. En fait la seule déception c'est que ça soit terminé... :( bon les mangas qui trainent en longueur ont parfois du mal à renouveler leur mécanique, il est donc préférable d'en rester là avec une très bonne impression que vouloir continuer et s'enliser dans l'histoire ! Mais mince Gally tu nous manque ! :D Bon faut que je regarde ce que ça vaut la suite moi...
De Cape et de Crocs
Attention, avec De Cape et de Crocs, on est en présence d'un chef d'œuvre ! Rares sont les BD qui me font cet effet, mais avec De Cape et de Crocs, on est proche de l'excellence. Les aventures rocambolesques de nos compagnons dans l'époque de Louis XIV sont succulentes et en différents points de vue : _ Tout d'abord, les dessins sont extrêmement bien réalisés avec une personnification des héros sous une forme animale et qui n'est pas sans rappeler ce fameux Jean de la Fontaine. Mais, ici, il n'y a pas de copier-coller, mais bel et bien une attention toute particulière pour marquer le caractère du personnage. Ainsi, Armand est un renard rusé et espiègle alors que Don Lope est un loup au sang chaud et que ce bon Eusèbe en lapin représente la douceur même ! Bref, on sent au travers de cette BD un hommage au plus grand fabuliste de tous les temps (même s'il a tout piqué à Esope :p) _ Ensuite, le scénario est vraiment génial ! On voit qu'une simple histoire de trésor dans une galère turc se transforme en épopée qui nous amènera jusque sur la lune ! On retrouve avec plaisir des personnages mythiques de la littérature classique française tels que Cyrano ou Molière, mais ils se retrouvent cette fois-ci dans un univers plus fantastique et dans une aventure plus "irréelle". _ Enfin, la narration est splendide avec des passages tout en vers et en alexandrins, d'autres écrits avec une certaine ironie ou une certaines poésie. Bref, une réussite ! En tous les cas, cette série est une pépite !
Watchmen
Après V, W...atchmen ! Délicat de parler d'une BD pareille puisque tout a déjà été dit et redit... Alors, avis inutile ? Peut-être... Qu'il me suffise dès lors de dire que je l'ai lue trois fois en deux ans. Que je ne m'en lasse pas. Qu'elle fait partie des oeuvres qui ont forgé l'être que je suis aujourd'hui. N'ayons pas peur des mots : il m'a été donné de reconsidérer ma vision du monde après la première lecture. Une nouvelle vision d'une complexité et d'une maturité peu commune : à travers ses personnages principaux, Watchmen propose pas moins de six points de vue sur les Hommes, la société, la politique, bref, sur le Monde, dont certaines sont diamétralement opposées... et pourtant Moore se paye le luxe de garder une insolente cohérence. A titre personnel, ce sont les chapitres consacrés au Docteur Manhattan et à Rorschach qui m'ont le plus bouleversé. D'un côté, un dieu à l'âme évanescente qui voit en notre espèce des miracles thermodynamiques à la rareté fascinante. Les forces de l'Univers sont sombres et muettes mais, à travers nous, elles parviennent à exprimer un peu de leur Art démiurgique. De l'autre côté, un gouffre affreux qui n'exalte qu'un néant absurde et omnipotent malgré ses quelques insectes humains qui grouillent à sa surface éthérée. Ni Dieu ni espoir. " Nés du néant, engendrant des enfants promis à l'Enfer comme nous, retour au néant." A travers ces deux extrêmes, une Vérité d'une justesse et d'une lucidité extraordinaires, quelque part entre le silence et la symphonie. Inutile d'en dire plus. Watchmen est une expérience empirique, un joyau aux si nombreuses facettes qu'il est difficile d'être vraiment objectif. Et même si les couleurs, certes criardes, de cette BD projettent une lumière insoutenable pour une flopée de lecteurs, l'on comprendra rapidement que c'est notre propre compréhension qui illuminera le récit de la manière que l'on souhaitera.
Daredevil - Renaissance (Justice aveugle)
Bien avant le choc qu'a constitué la publication d'un Batman vieillissant et rongé par le doute dans « Dark Knight », Frank Miller avait déjà fait parlé de lui en faisant passer l'univers des comics dans l'âge adulte, et ce grâce à sa reprise du personnage de Daredevil. Autant le dire tout de suite, la série publiée en France dans le mensuel Strange a été plusieurs fois censurée et même arrêtée. Trop violent au niveau de l'histoire et du dessin, trop déroutant au niveau de la narration pour le public adolescent de l'époque lecteur de ce type de comics et pour leurs parents qui ont obtenus la fin soudaine de la série. Le découpage est en effet un découpage cinématographique : Parfois un gros plan avec un seul dessin sur une page, ou une succession de dessins qui semble suggérer le mouvement. Une narration faite essentiellement par des off, ce qui était révolutionnaire pour l'époque. Le tout servi par les superbes dessins de David Mazzucheli. On y voit ainsi la descente aux enfers d'un Matt Murdock alias Daredevil à la suite d'un complot conduit par son ennemi de toujours le Caid. Un Matt Murdock tourmenté, dont les contours psychologiques sont plus fouillés que jamais. Après la chute intervient la Renaissance. Cette histoire de Daredevil, c'est un peu celle du Christ qui connait la gloire, puis la mise à mort avant de renaitre de ses cendres. Une BD essentielles pour tous les amateurs de Comics, sans doute une des plus grandes du siècle écoulé. Bref, un must.
Légendes des Contrées Oubliées
Avec un titre comme celui-ci, une mise sur piédestal dans le panthéon de ma bibliothèque était de rigueur ! Si La Quête de l'Oiseau du Temps reste ma référence du genre, "Légende des Contrées Oubliées" se place juste derrière, avec Le Grand Pouvoir du Chninkel. Trois tomes pour nous conter l'aventure de 3 personnages que tout séparait au départ mais réunis par la force des choses... et un destin manipulé. Car si au début tout s'annonce comme une quête des plus banales dans cet univers d'heroïc-fantasy, Bruno Chevalier conduit son scénario de main de maître pour nous faire rebondir tout cela de façon inattendue et grandiose. On est loin des manichéismes tranchés qui sont légions dans le genre, et chacun des personnages se révèle pleinement au fur et à mesure que l'intrigue galope... quitte à sacrifier certains des personnages de premier plan... Des personnages entiers, un univers foisonnant et d'une extrême richesse pour une histoire des plus épiques : voilà ce qui forge une légende ! D'autant que le dessin de Thierry Ségur et sa colorisation valorisent et soutiennent parfaitement la trame qui se tisse sous nos yeux. Ca fourmille de détails, on en prend plein les yeux côté paysages, les créatures et personnages sont vraiment réussis, bref un univers complet, original et cohérent : chapeau ! Seule la colorisation pourra en surprendre quelques-uns. Mais passé la surprise, on s'y habitue pleinement pour en apprécier d'autant plus la justesse et l'originalité. Les planches concernant les Puissances sont des plus hautes en couleur ! Au final, une trilogie d'héroïc-fantasy comme on en fait trop rarement et dont on apprécie toujours autant la relecture !
V pour Vendetta
Mon premier contact avec l'Oeuvre de Moore... Sans verser dans le fanatisme décérébré, force est de constater que peu d'auteurs, toute littérature confondue, m'auront autant retourné que ce fils de Northampton. Cette première approche, je la dois au film éponyme, il y a de cela trois ans à présent. Diablement émoustillé par le personnage de V, je décide aussitôt de passer outre mes pauvres a priori esthétiques et viens m'abreuver à la source originelle... Dieu merci ! De quoi parle cette BD (ou roman graphique, on s'en fout...) ? Et bien de tout. De nous-mêmes d'abord. Du monde dans lequel nous vivons et des idéaux que nous faisons brûler dans la nuit, comme des phares inaccessibles. De nous-mêmes surtout. Qui est V ? C'est toi. Enfin, moi. Tout le monde et personne. Qu'est-ce ce que c'est alors ? Une certaine quête de perfection. Un accomplissement. Le stade où il y a plus de réponses que de questions, où les questions SONT les réponses. V est la folie. Latente en chacun de nous. La création infinie qui explose les murs de notre prison. Le monde dictatorial contre lequel se bat V existe déjà maintenant. Il existe en nous. C'est la somme de nos préjugés, de notre peur. Tout ce qui nous limite, nous emprisonne dans des rôles trop bien connus, derrière des masques sordides qui prétendent être nous. D'où la tripotée de personnages (pour la plupart absents du film, simplification oblige) qui, d'une façon ou d'une autre, incarnent les vicissitudes de notre société, théâtre de marionnettes qui se prend trop au sérieux, oublieux que la vie est un jeu. Inspecteur enfermé dans un boulot qui lui a présenté trop de cadavres, mari frustré sexuellement, femme maltraitée, tous des enfants fragiles, orphelins d'une guerre qui les a mis à nu. Si seul, si vide. Mais le Parti est là et son dictateur qui ne croit plus en l'Amour. L'ordre et la paix mais par pitié plus d'amour ! Défoulez-vous sur les "nègres", les "tapettes", les handicapés... NON ! hurle V. Voilà le magicien, l'acteur maudit qui vient rire au nez et à la barbe de tous ceux qui continuent d'avoir peur, tous ceux qui prennent trop au sérieux la grande Illusion, tel un bodhisattva goguenard. V est le stade ultime de l'Homme, l'Homme libre, l'Homme sans Ego, celui qui est devenu tous les "ils" et toutes les "elles", l'Infini des possibles incarné en bouffon shakespearien. Pour servir ce propos vertigineux, un dessin aux contours parfois inexistants, comme si les personnages étaient réduits à des taches de couleur, se fondant et se mélangeant aux décors ténébreux qui tentent de les dévorer. Un dessin exigeant, servant pourtant parfaitement le fond de l'histoire, au réalisme prêt à basculer à tout instant dans le conte de fées. Des couleurs pastels qui sont comme les cendres d'un grand brasier prêt à défigurer le ciel nocturne de notre apathie. Voilà ce qu'est V pour Vendetta : un chemin, une voie parfois drôle, parfois inquiétante. Un formidable appel à la Vie grimé en "simple" bande dessinée. Une oeuvre majeure de la littérature mondiale. Voilà ce que c'est... pour moi ! Ce pourra être tellement d'autres choses... pour toi !
La Licorne
La Licorne se place dans ces séries qui, comme Le Codex angélique, mélangent histoire, fantastique et ésotérisme. Le tout, bien que d'une envergure qui m'effraie pour la suite, donne quelque chose de vraiment fabuleux ! Le dessin n'est pas innocent à la note attribuée car il est vraiment réussi. Quel plaisir de retrouver les premiers médecins de l'histoire dans une uchronie folle. Ainsi, on retrouve Vésale, Paré et bien d'autres dans des décors d'époque et des paysages très bien rendus. Les expressions sont aussi très bien rendus tout comme les scènes d'action avec un trait plus dynamique. Bref du tout bon! Surtout aux regards des monstres mythologiques à la fois organiques et filandreux, mystiques et magiques, beaux et laids qui donnent à l'histoire un aspect fantastique mais aussi bien réel de par leurs structures anatomiques. Pour le scénario, il est vraiment complexe et le rendre par écrit de manière précise prendrait une plombe. Néanmoins, il reste une profondeur insondable et un abysse scénaristique tellement le tout est complexe et alambiqué. Mais le pire, c'est que cela ne nuit pas du tout à l'histoire, au contraire, on a envie de savoir, on veut connaître la suite à tout prix ! Bref, une série énorme dont l'attente est insoutenable, mais à la fin du deuxième tome, on craint que le scénariste ne tombe dans une histoire trop complexe et trop grande pour lui... Mais foncez tête baissée sur cette série !
Trois ombres
J'ai rarement ressenti une aussi vive émotion à la lecture d'une bd. J'en avais les larmes aux yeux! C'est vrai que le thème abordé ne pouvait pas laisser de marbre le père que je suis. Mais encore faut-il trouver le bon ton et éviter de sombrer dans le mélo. Ici, pour ma part, je trouve qu'on frise la perfection: les sentiments et les rapports humain sont traités avec finesse et justesse, une pointe de fantastique, plus allégorique qu'autre chose, une fin tragique, mais pas catastrophique, et pour finir, une "morale" étincelante, sous forme de petit poème. Le dessin noir et blanc, "souple", expressif, j'ai envie de dire sensible, soutient parfaitement le propos de l'auteur. Une oeuvre accomplie, splendide.
3 minutes
"3 minutes" a été pour moi un pur moment de communion avec les sentiments amoureux retranscrits par Domas. Je ne sais pas si je vais réussir à vous expliquer comment Domas a réussi à autant me toucher mais finalement je crois que je n'ai pas besoin de chercher midi à quatorze heures et 3 minutes pour comprendre que la simplicité de la mise en scène des sentiments amoureux est à l'origine de tout ceci. Bien sûr la littérature classique (l'Education sentimentale et consorts) a mis en scène des milliers de fois les hasards de la vie qui ont conduit l'Amour avec un grand A à se réaliser ou non et on pourrait penser avoir affaire ici à une resucée de romantisme à l'eau de rose, mais pas du tout : Domas a réussi à mettre en images et en couleur (le rouge magnifie ici l'amour) son expérience amoureuse sans aucune équivoque (puisqu'on sait comment ça se finit dès les premières pages). Il nous présente comment 3 minutes anodines de sa vie ont débouché sur la rencontre la plus décisive de sa vie. Mais avant ces 3 minutes, il y en a bien d'autres issues de soirées entre amis, de rendez-vous manqués, d'angoisses existentielles, de bonheurs fugaces et de déprimes totales. Le dessin de l'auteur est en totale harmonie avec son propos : un trait concis, des visages simplifiés mais sans ambigüité sur les sentiments exprimés, du noir et blanc bousculé par des touches de rouge (quelle trouvaille !) et des métaphores poétiques exprimant le tiraillement des sentiments amoureux font que j'ai apprécié cette histoire comme c'est rarement le cas en bd. La simplicité et l'humanité des dessins et des propos de Domas ont donné à cette romance une dimension bien plus supérieure qu'une simple histoire d'amour autobiographique. A lire absolument si vous avez 3 minutes ou plus à consacrer à l'amour :)
Teenage Mutant Ninja Turtles Classics (Les Tortues Ninja)
Je finis à l'instant la (re)lecture de ce tome et c'est avec beaucoup de plaisir que j'écris ces lignes. Une qualité de dessin et de narration hors normes, l'origine véritable de nos tortues préférées est racontée dans ces pages. Cela a vieilli, comme tous les comics de l'époque mais l'âge donne à ces histoires une saveur que l'on ne retrouve plus dans les publications actuelles. J'en cherche la suite depuis quelques années, en vain. Pour tout amateur des Tortues Ninja, il s'agit là d'un incontournable.