Et bien pour une surprise, voici une sacrée surprise car ce Mahârâja ne constitue ni plus ni moins que la meilleure bd cul que j’ai pu lire depuis bien longtemps.
Oh certes il y a « Premières fois » qui reste dans le peloton de tête mais de mémoire je n’avais jamais lu un récit long aussi excitant, drôle et avec une véritable histoire !
Artoupan arbore un style qui me rappelle celui de Toulouse Lautrec, couleurs d’époque flamboyantes en prime et ça tombe bien car l’histoire se déroule en début de XXème siècle avec une sombre histoire de diplomatie lors de la venue d’un Mahârâja en Italie soupçonné de comploter avec l’Axe.
Cependant les services secrets britanniques veillent en envoyant une sorte de super agent prude proche d’un Dupondt pour le surveiller. Le principal de l’action sera d’ailleurs le point de vue de cet espion qui n’aura jamais vécu une si vaillante mission :)
Pendant ce temps, les Allemands essayent de prendre contact avec le fameux monarque indien. Deux officiers et une nymphomane ne seront peut être pas de trop pour appâter le chaland !!!
Et le Mahârâja me direz-vous ? Etant donné qu’il n’est pas très bavard mais particulièrement actif, les leçons de Kama Sutra qu’il prodigue ne seront pas uniquement destinées à ses concubines mais également à tout le personnel de la villa d’Este qui lui sera bien vite dévouée, de la jolie directrice rouquine expérimentée à la soubrette débutante pour un séjour qui va rester dans les annales !!!!!!!!!!!!!! :):):)
De la couverture à la mise en page nerveuse et aux fameuses scènes coquines, tout est véritablement réussi dans ce joli livre et en plus on rit de bon cœur ! Non franchement, à l’exception d’un épilogue malin mais un peu trop rapidement expédié, Brrémand euh Labrémure réussit son pari haut la main (l’autre étant occupée probablement :) ) et j’ai hâte de revoir Artoupan nous renouveler cet exploit graphique.
Un seul reproche ? C'est trop court ! Mais pour une fois ce qui est court peut être bon ! :)
Après la lecture de ce chef d’œuvre, je fus bloqué, incapable d’écrire le moindre avis tant il me semblait que tout ce qui pourrait être écrit sur cet opus serait futile, incomplet et ne saurait rendre hommage à l’œuvre. Alors j’ai relu, la relecture fut encore plus agréable, comme si on découvrait certaines saveurs qui nous avaient échappé dans un premier temps. De bombe assourdissante en lecture initiale, l’opus se couvrait de miel, ce qui devenait nettement plus digeste pour tenter de faire partager cette expérience narrative.
Tout au long des pages vont se mêler trois thèmes principaux. L’amour tout d’abord, thème majeur et perpétuel fil d’Ariane du récit, le soufisme ensuite qui se verra très largement représenté, aussi bien dans sa partie mystique que dans une inspiration graphique, l’écologie enfin comme vecteur de l’évolution humaine des relations sociales.
Cet étrange mélange se construit dans la déclinaison mystique du carré magique issu de l’analyse numérique en base 10 chère à nombre d’amateurs ésotériques à l’époque médiévale. Ce carré magique connu dès le VIIème siècle par les mathématiciens arabes l’apprenant en Inde, repris au cours du temps pour trouver une signification magique au XIIeme siècle. Et voici pourquoi je parle de soufisme et non d’islam au sens plus large, cet opus est rempli de la logique soufi de distinction entre l’aspect extérieur apparent et l’aspect intérieur caché. Nos protagonistes sont toujours en quête de se mettre en état de comprendre cet aspect mystique sacré. Et là nous arrivons dans le pur soufisme et cette croyance que Mahomet avait reçu en même temps que le Coran des révélations ésotériques qu’il n’aurait partagées qu’avec quelques compagnons…
De fait présenter cet opus comme une recherche sur l’Islam me semble erroné, il s’agit plus à mon sens de monter ce chemin entre Eros et Agape (concept très chrétien) par le biais de la culture soufi, l’important résidant dans le cheminement du rapport au corps et à l’amour de nos deux héros illustrés dans des extraits coraniques et leurs interprétations.
Au premier degré le récit nous parle de la difficile condition de deux orphelins tous deux contraints de vendre leur corps pour survivre. S’attachant l’un à l’autre ils développeront des relations de protection mutuelle évoluant d’un mère-fils à un homme-femme unis. Le tout se fait au milieu d’une civilisation traditionnelle arabe présentant à terme une conscience écologique contemporaine en montrant les conséquences de l’appropriation des ressources naturelles par une logique capitaliste et les conséquences de la focalisation de l’attention sur le « palais de cristal » (Cf Peter Sloterdijk) en omettant toute la périphérie nécessaire qui tente simplement de survivre. A ce niveau le récit paraitra certainement un peu trop conte de fées, mais cela reste du bon roman.
Mais la lecture de l’évolution de la relation amoureuse de nos deux héros me semble nettement plus intéressante et riche. Il y a tout d’abord cette découverte de la sexualité, brutale pour elle, inhibée pour lui. Celle-ci s’accompagne par cette recherche du caché à l’intérieur de l’apparent, par le biais de la mise en parallèle des sagesses coraniques. A ce propos la majeure partie des mythes repris figurent dans les trois monothéismes et ne sont pas spécifiques au Coran. La mise en branle poétique se fait par le graphisme envoutant et la mystique soufi qui permet de sortir d’une condition matérielle pour rêver à l’immatériel et transcender un contexte. Toute la violence, tout le besoin tous les questionnements se mêlent dans une frise infinie. Puis vient la séparation, chacun suit sa route en se rappelant de cet éros initial un peu tabou encore. Les tribulations sont une fois encore soumises au principe d’initiation des choses cachées et trouvent un sens poétique là où il n’est que misère au premier degré. Les retrouvailles sont tragiques, car elles signifient pour les deux protagonistes la fin de l’Eros pur rêvé car souillé par le réel. Pourtant, par la découverte d’une relation non physique ils parviendront à ce don mutuel d’Agape qui sera explosion des sens bien au-delà d’un simple rapport physique. Question de vie et de mort, rapport à l’autre, tout ce qui nourrit l’amour sera exploré dans des conditions extrêmes pour finir par solidifier ce couple qui a la fin du récit démarrera enfin sa relation consentie amoureuse dans toutes ses conséquences et non sur le simple côté sensuel.
Chaque planche est un poème, chaque partie, une évolution ciselée, l’auteur ne fait pas de la reproduction, il donne un sens graphique au contenu des réflexions de ses personnages. La perpétuelle recherche de Dieu se retrouve dans les multiples fresques du récit.
L’ensemble forme donc un tout cohérent et sublime, message d’amour universel. Il en profite pour dénoncer au passage l’exploitation de ressources naturelles par des capitaux au détriment des hommes. Du fond à la forme cet opus se dévore, le lecteur pourra toujours trouver ce qui lui parlera tant le discours est multiple. Romanesque, poétique, symbolique, politique, graphique, mystique, didactique, fantastique, initiatique, Habibi est tout cela à la fois pour le plus grand plaisir du lecteur qui tient là un authentique chef d’œuvre.
(500)
Petite réécriture de cet avis pour essayer de le rendre plus objectif :
Alors allons droit au but : cette BD ne mérite pas un 5/5. Non, Messieurs-Dames !
Et pour cause : la BD contient tout de même une histoire "bateau" qui à le mérite d'explorer un territoire assez peu connu de l'univers de la bande-dessinée (de ce que j'ai pu lire) : l'homosexualité féminine. Dans un cadre strictement réaliste.
Certes, cette originalité est méritante, et l'auteure arrive à en tirer quelque chose de franchement bien. On a un récit qui ne tombe pas dans la dramatisation, ni dans la dénonciation pure, simple et gratuite. C'est un récit sensible, qui se concentre à la fois sur les difficultés que connait le personnage avec elle-même, mais aussi avec son entourage. De ce côté là, le récit est franchement très bien fait.
Mais d'un autre, il reste tout de même dans des bases classiques : la trame est très linéaire, on a le dénouement tragique "classique" d'un drame, les ingrédients habituels (la perte de confiance, les retrouvailles ...), quelques clichés peut-être un peu maladroit (le meilleur ami gay, l'homophobe/le tolérant ....) mais qui ne sont pas du tout un frein à la lecture.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi une note maximale ?
Et bien parce que j'ai été charmé par cette BD. Qu'elle m'a ensorcelé jusque dans mon cœur.
Les raisons sont diverses : mon attachement à cette cause, le dessin qui me parle totalement (je suis devenu un fan inconditionnel de l'auteure, chaque case est pour moi un ravissement total), l'histoire qui m'a touché, et surtout l'ensemble de l'émotion qui se dégage de l’œuvre et qui m'a touché au point de me chambouler ma vie (l'expression n'est pas désuète).
Donc OUI, cette BD à des défauts, OUI, elle n'est pas parfaite, OUI, on peut ne pas aimer, mais je trouve que pour une première, l'auteure à fait un gros carton.
Et puis, cette BD est importante pour moi !
Depuis cette lecture, je suis tombé dans le monde de la bande dessinée. Ce fut mon entrée dans ce monde dans lequel je me plonge avec délice le plus souvent possible.
Et rien que pour cela, je ne remercierais jamais assez l'auteure. Merci Djou !!!
5/5 totalement subjectif, c'est un petit chouchou de ma bibliothèque.
Une BD simplement culte. C'est au delà de la critique.
Culte pour son dessin, qui semble au début très laid, très figé, mais dont on s’accommode très bien au final, malgré les couleurs criardes, et qui renforce l'histoire vu qu'on n'arrive pas à se concentrer sur autre chose
Culte pour ses personnages, qui sont tellement charismatiques, tellement intéressant. On les suit en permanence entre leurs ancienne vie et leurs actualité
Culte pour la construction du récit. Les bulles se mélangent, les cases défilent rapidement, obligeant parfois à relire une planche pour bien tout saisir. On est happé dans l'histoire sans pouvoir en décoller une seule seconde
Culte pour ses thèmes abordés : le devenir de l'humanité, la science, les hommes, leurs caractères, leurs vies .... Une BD qui prouve encore une fois que la philosophie est peut-être beaucoup plus présente qu'on ne le pense dans cet art qualifié de "mineur"
Culte pour la teneur du récit : sombre, pessimiste, ou les maigres bouffées d'optimisme sont rapidement noyés dans une noirceur et un esprit très sombre jusque dans la dernière case
Culte enfin pour son histoire, qui surprends totalement. Je dois dire que j'avais vu auparavant le film (et que donc j'ai eu un final pas mal gâché) mais que j'ai trouvé la BD encore bien au-delà de tout cela. L'enquête divisée en chapitre est prenante et on le lit d'une traite, les indices disséminés, les parallèles, les petites histoires sans importances, les mentalités des héros donnent naissance à une grande fresque dont on ne démord pas
En fait, ce récit m'a littéralement conquis. Je n'en démord pas. L'ensemble de l'ouvrage est d'une rare qualité, et je pense qu'il est impossible de faire mieux dans le genre. La science-fiction et l'uchronie servent ici un roman graphique simplement époustouflant. Une réussite totale.
Watchmen, un chef d’œuvre ? Je dirais même plus ... Un immanquable.
5/5 et mon coup de cœur du moment. Je suis sous le charme
Par où commencer pour vous parler de Daytripper?
Pourquoi pas par la fin ? Daytripper fait partie de ces bandes dessinées qui vous laissent au final un goût délicieux teinté de bonheur et de mélancolie. J’ai cette agréable sensation d’avoir découvert quelque chose de sensiblement différent : un récit sur la vie tout simplement, ni trop intimiste ni trop banal, qui démarre d’une idée géniale. Si la construction de l’histoire est des plus originales, c’est sans doute parce qu’elle nous offre un sympathique tour d’horizon de notre propre existence. Du moins, c’est sur notre propre vie - et notre propre mort - que ce récit semble tourné, avec ses similitudes et ses différences mais quoiqu’il en soit, les thématiques abordées restent universelles. Et dans cet exercice qui peut sembler périlleux voire impossible, les auteurs nous offrent un très beau moment de plaisir et de sincérité.
La lecture est facile, le récit est prenant et très bien rythmé. Si le questionnement a été pour ma part présent à plusieurs reprises dans ce livre, je dois dire que le plaisir de lecture fût réel et m’a beaucoup amusé. Cela semble parfait me direz-vous ? Et bien franchement, je ne lui trouve pas (beaucoup) de défaut à cette BD…
Comment ne pas complimenter l’approche graphique de l’album ? Le trait est dynamique et riche. La colorisation est splendide et confirme la qualité graphique de l’album déjà bien représentée sur la couverture. Je tiens également à saluer le travail de l’éditeur qui nous offre un album d’une qualité irréprochable.
Bref, cet album a été pour moi un vrai moment de plaisir qui me laisse une excellente impression. Je le garde bien précieusement dans ma bibliothèque et le relirai avec certitude. Un grand moment, chapeau-bas messieurs !
Que dire de plus sur cet ouvrage culte pour beaucoup d'amateurs de bd et de la Fantasy en particulier, si ce n'est que cette oeuvre intense et graphiquement superbe est à mon goût la bd la plus réussie du duo Van Hamme - Rosinski.
Il est vrai que j'ai pris beaucoup de plaisir à relire ce récit qui met en scène un curieux personnage appelé J'on le Chninkel dans un monde perpétuellement en guerre, qui devient sans le vouloir "Le Choisi" c'est à dire le Chninkel élu par le maître créateur des mondes pour libérer son peuple.
Même si l'histoire reste classique dans le monde de la Fantasy, cet album nous transporte dans une quête dont on a du mal à interrompre la lecture.
Le dessin est tout simplement magnifique avec des détails hallucinants (avec une préférence pour la version en noir et blanc) .
Tous les personnages sont graphiquement parfaits.
Je ne peux que conseiller la lecture de cette oeuvre majeure dans l'univers de la Fantasy à tous les amateurs de ce genre mais aussi aux amoureux de belles histoires et de dessins somptueux.
Pour moi culte!
Cette mini série est un événement unique dans un univers main stream parfois trop cloisonné.
Ce comics est une sorte de carte blanche aux auteurs offerte par Marvel. C'est critique intelligent en restant léger.
L’excellentissime Immonen au mieux de sa forme et servi par un encrage élégant, viens tempérer le style parfois trop glauque de Ellis, l'équilibre est parfait.
Coté scénar les codes sont respectés c'est une action ininterrompue où la psychologie des super-héros has beens s'y développe et surprend, c'est un perpétuel contre pied respectueux et habile. l'humour est présent à toutes les pages sans tomber dans le piège facile du gag, car ce n'est pas une parodie, mais bien du 100% comics.
Le côté OVNI de ces 2 albums peut déplaire, mais vous ne lirez jamais d'autres bd de ce genre.
Culte !
C'est du pur comics, avec une touche du Hypocrite de Forest, sauce hispano-américaine.
Une des meilleures histoires de love & rockets. Même si encore une fois, l'histoire a été redécoupée, l'ensemble reste cohérent.
Le coloriage ( oui je ne dis pas colorisation, comme je ne dis pas encragisation ) est peut-être discutable mais ne gâche rien.
On tombe amoureux de la petite Maggie qui est pourtant loin des canons de beauté, mais qui est touchante par ses réflexions de midinette un peu candide, dans cet univers habilement déjanté.
Une excellente entrée en matière pour découvrir le monde complexe et riche des Hernandez brothers !
Je conseille cette série à tous les amoureux des histoires de pirates et plus largement à ceux qui aiment parcourir la mer assoiffés d'aventures.
Le scénario est parfaitement ciselé. Les personnages ont du volume et un énorme charisme.
Quand aux dessins ils sont tout simplement magnifiques et nous font plonger dans l'aventure.
A lire et relire.
C’est réellement au hasard des étalages de mon libraire que je suis tombé nez à nez avec cette jolie couverture.
Une fois les quelques pages feuilletées il m’était impossible de me détacher de cet ouvrage et de le reposer, le charme de ses couleurs pastel informatisées et de ses personnages tout en rondeur me rappelant un peu le style d’Arthur des Pins en plus travaillé ayant ensorcelé le rédacteur de cet avis peu objectif car il est inutile d’aller plus loin : ce conte de l’ère du Cobra est une réussite totale !
Par le biais d’un narrateur mystérieux et masqué se déroule en un clin d’œil plusieurs histoires enchevêtrées, celle d’un voleur aussi habile que le Prince de Perse, amoureux et aussi volage que naïf, d’une princesse promise à un rôle de courtisane dont elle ne veut pas et d’un nain banni injustement de son pays et en quète de rédemption.
Pour parfaire le tout, ce conte ne serait pas parfait sans l’intervention d’un méchant charismatique et à l’allure imposante… Le Cobra, tyran incompris en quête d’amour et de reconnaissance et symbole du mal absolu manipulant plus ou moins directement tous ces protagonistes…. L’issue risque d’être fatale et inattendue…
Car en dépit de ses apparences disneyennes rappelant le très joli Aladin par la beauté de ses décors et les caractéristiques physiques de ses personnages, ce conte oriental lorgne très rapidement vers un drame humain et résolument adulte dans sa résolution…
Irvi a tout du héros parfait mais ses infidélités vont lui apporter le courroux de sa douce et sa colère le transformera en démon dévoreur de cœur tel un Vlad Tepes oriental…
La belle Sian se marie par dépit à un sombre prince pédophile qui va l’ignorer royalement pendant qu’elle épanche sa peine avec des amants telle une mante religieuse.
L’homme qui se fait appeler le Cobra a également un passé trouble qui le rendrait presque sympathique sous l’appelation d’autres sobriquets s’il ne répandait pas tristesse et malheur autour de lui…
Finalement le nain comédien reste le personnage le plus sympathique et son apparition tardive dans le récit renverse toute la donne en redonnant une autre ouverture au récit.
N’en déplaise aux esprits chagrins pouvant trouver l’histoire banale, je n’ai ressenti aucun ennui lors de sa lecture et ai été littéralement transporté dans un monde différent et réellement enchanteur malgré son coté très obscur.
Il faut dire que la narration d’Enrique Fernandez est toute aussi naturelle qu’elle suscite la curiosité au fil des pages...
Les scènes d’action succèdent à des tableaux de pure contemplation et procurent un certain plaisir coupable… Les personnages secondaires comme ce mystérieux européen muet ou ce vendeur de potions maléfiques sont riches de détail et le récit pourrait presque se tenir en un seul tome tant il est réussi en bien des points.
On retrouve les épreuves des contes classiques comme l’escalade de la maison des princesses en plusieurs « essais », la légende et les origines du Cobra et même les méfaits du Démon Noir, le tout en quelques pages habilement découpées et modernes dans leur narration…
Cerise sur le gâteau, l’histoire se conclut au second tome qui sera édité en septembre de cette année me laissant bien des espoirs de tenir une histoire culte qui fera peut être même date si tout comme moi vous faites l’erreur d’ouvrir ce premier volume aussi cruel que sensuel….
En tous cas un conte si peu manichéen se doit d'être salué et on est en droit de préférer le Cobra et le nain comme personnages préférés aux décevants amants éconduits !
Une excellente surprise et peut être le véritable premier coup de cœur bd de cette année pour ma part… Merci à Enrique Fernandez pour ce joli trésor de sensations qui devrait plaire aux plus exigeant(e)s !
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Mahârâja
Et bien pour une surprise, voici une sacrée surprise car ce Mahârâja ne constitue ni plus ni moins que la meilleure bd cul que j’ai pu lire depuis bien longtemps. Oh certes il y a « Premières fois » qui reste dans le peloton de tête mais de mémoire je n’avais jamais lu un récit long aussi excitant, drôle et avec une véritable histoire ! Artoupan arbore un style qui me rappelle celui de Toulouse Lautrec, couleurs d’époque flamboyantes en prime et ça tombe bien car l’histoire se déroule en début de XXème siècle avec une sombre histoire de diplomatie lors de la venue d’un Mahârâja en Italie soupçonné de comploter avec l’Axe. Cependant les services secrets britanniques veillent en envoyant une sorte de super agent prude proche d’un Dupondt pour le surveiller. Le principal de l’action sera d’ailleurs le point de vue de cet espion qui n’aura jamais vécu une si vaillante mission :) Pendant ce temps, les Allemands essayent de prendre contact avec le fameux monarque indien. Deux officiers et une nymphomane ne seront peut être pas de trop pour appâter le chaland !!! Et le Mahârâja me direz-vous ? Etant donné qu’il n’est pas très bavard mais particulièrement actif, les leçons de Kama Sutra qu’il prodigue ne seront pas uniquement destinées à ses concubines mais également à tout le personnel de la villa d’Este qui lui sera bien vite dévouée, de la jolie directrice rouquine expérimentée à la soubrette débutante pour un séjour qui va rester dans les annales !!!!!!!!!!!!!! :):):) De la couverture à la mise en page nerveuse et aux fameuses scènes coquines, tout est véritablement réussi dans ce joli livre et en plus on rit de bon cœur ! Non franchement, à l’exception d’un épilogue malin mais un peu trop rapidement expédié, Brrémand euh Labrémure réussit son pari haut la main (l’autre étant occupée probablement :) ) et j’ai hâte de revoir Artoupan nous renouveler cet exploit graphique. Un seul reproche ? C'est trop court ! Mais pour une fois ce qui est court peut être bon ! :)
Habibi
Après la lecture de ce chef d’œuvre, je fus bloqué, incapable d’écrire le moindre avis tant il me semblait que tout ce qui pourrait être écrit sur cet opus serait futile, incomplet et ne saurait rendre hommage à l’œuvre. Alors j’ai relu, la relecture fut encore plus agréable, comme si on découvrait certaines saveurs qui nous avaient échappé dans un premier temps. De bombe assourdissante en lecture initiale, l’opus se couvrait de miel, ce qui devenait nettement plus digeste pour tenter de faire partager cette expérience narrative. Tout au long des pages vont se mêler trois thèmes principaux. L’amour tout d’abord, thème majeur et perpétuel fil d’Ariane du récit, le soufisme ensuite qui se verra très largement représenté, aussi bien dans sa partie mystique que dans une inspiration graphique, l’écologie enfin comme vecteur de l’évolution humaine des relations sociales. Cet étrange mélange se construit dans la déclinaison mystique du carré magique issu de l’analyse numérique en base 10 chère à nombre d’amateurs ésotériques à l’époque médiévale. Ce carré magique connu dès le VIIème siècle par les mathématiciens arabes l’apprenant en Inde, repris au cours du temps pour trouver une signification magique au XIIeme siècle. Et voici pourquoi je parle de soufisme et non d’islam au sens plus large, cet opus est rempli de la logique soufi de distinction entre l’aspect extérieur apparent et l’aspect intérieur caché. Nos protagonistes sont toujours en quête de se mettre en état de comprendre cet aspect mystique sacré. Et là nous arrivons dans le pur soufisme et cette croyance que Mahomet avait reçu en même temps que le Coran des révélations ésotériques qu’il n’aurait partagées qu’avec quelques compagnons… De fait présenter cet opus comme une recherche sur l’Islam me semble erroné, il s’agit plus à mon sens de monter ce chemin entre Eros et Agape (concept très chrétien) par le biais de la culture soufi, l’important résidant dans le cheminement du rapport au corps et à l’amour de nos deux héros illustrés dans des extraits coraniques et leurs interprétations. Au premier degré le récit nous parle de la difficile condition de deux orphelins tous deux contraints de vendre leur corps pour survivre. S’attachant l’un à l’autre ils développeront des relations de protection mutuelle évoluant d’un mère-fils à un homme-femme unis. Le tout se fait au milieu d’une civilisation traditionnelle arabe présentant à terme une conscience écologique contemporaine en montrant les conséquences de l’appropriation des ressources naturelles par une logique capitaliste et les conséquences de la focalisation de l’attention sur le « palais de cristal » (Cf Peter Sloterdijk) en omettant toute la périphérie nécessaire qui tente simplement de survivre. A ce niveau le récit paraitra certainement un peu trop conte de fées, mais cela reste du bon roman. Mais la lecture de l’évolution de la relation amoureuse de nos deux héros me semble nettement plus intéressante et riche. Il y a tout d’abord cette découverte de la sexualité, brutale pour elle, inhibée pour lui. Celle-ci s’accompagne par cette recherche du caché à l’intérieur de l’apparent, par le biais de la mise en parallèle des sagesses coraniques. A ce propos la majeure partie des mythes repris figurent dans les trois monothéismes et ne sont pas spécifiques au Coran. La mise en branle poétique se fait par le graphisme envoutant et la mystique soufi qui permet de sortir d’une condition matérielle pour rêver à l’immatériel et transcender un contexte. Toute la violence, tout le besoin tous les questionnements se mêlent dans une frise infinie. Puis vient la séparation, chacun suit sa route en se rappelant de cet éros initial un peu tabou encore. Les tribulations sont une fois encore soumises au principe d’initiation des choses cachées et trouvent un sens poétique là où il n’est que misère au premier degré. Les retrouvailles sont tragiques, car elles signifient pour les deux protagonistes la fin de l’Eros pur rêvé car souillé par le réel. Pourtant, par la découverte d’une relation non physique ils parviendront à ce don mutuel d’Agape qui sera explosion des sens bien au-delà d’un simple rapport physique. Question de vie et de mort, rapport à l’autre, tout ce qui nourrit l’amour sera exploré dans des conditions extrêmes pour finir par solidifier ce couple qui a la fin du récit démarrera enfin sa relation consentie amoureuse dans toutes ses conséquences et non sur le simple côté sensuel. Chaque planche est un poème, chaque partie, une évolution ciselée, l’auteur ne fait pas de la reproduction, il donne un sens graphique au contenu des réflexions de ses personnages. La perpétuelle recherche de Dieu se retrouve dans les multiples fresques du récit. L’ensemble forme donc un tout cohérent et sublime, message d’amour universel. Il en profite pour dénoncer au passage l’exploitation de ressources naturelles par des capitaux au détriment des hommes. Du fond à la forme cet opus se dévore, le lecteur pourra toujours trouver ce qui lui parlera tant le discours est multiple. Romanesque, poétique, symbolique, politique, graphique, mystique, didactique, fantastique, initiatique, Habibi est tout cela à la fois pour le plus grand plaisir du lecteur qui tient là un authentique chef d’œuvre. (500)
Le Bleu est une couleur chaude
Petite réécriture de cet avis pour essayer de le rendre plus objectif : Alors allons droit au but : cette BD ne mérite pas un 5/5. Non, Messieurs-Dames ! Et pour cause : la BD contient tout de même une histoire "bateau" qui à le mérite d'explorer un territoire assez peu connu de l'univers de la bande-dessinée (de ce que j'ai pu lire) : l'homosexualité féminine. Dans un cadre strictement réaliste. Certes, cette originalité est méritante, et l'auteure arrive à en tirer quelque chose de franchement bien. On a un récit qui ne tombe pas dans la dramatisation, ni dans la dénonciation pure, simple et gratuite. C'est un récit sensible, qui se concentre à la fois sur les difficultés que connait le personnage avec elle-même, mais aussi avec son entourage. De ce côté là, le récit est franchement très bien fait. Mais d'un autre, il reste tout de même dans des bases classiques : la trame est très linéaire, on a le dénouement tragique "classique" d'un drame, les ingrédients habituels (la perte de confiance, les retrouvailles ...), quelques clichés peut-être un peu maladroit (le meilleur ami gay, l'homophobe/le tolérant ....) mais qui ne sont pas du tout un frein à la lecture. Mais alors, me direz-vous, pourquoi une note maximale ? Et bien parce que j'ai été charmé par cette BD. Qu'elle m'a ensorcelé jusque dans mon cœur. Les raisons sont diverses : mon attachement à cette cause, le dessin qui me parle totalement (je suis devenu un fan inconditionnel de l'auteure, chaque case est pour moi un ravissement total), l'histoire qui m'a touché, et surtout l'ensemble de l'émotion qui se dégage de l’œuvre et qui m'a touché au point de me chambouler ma vie (l'expression n'est pas désuète). Donc OUI, cette BD à des défauts, OUI, elle n'est pas parfaite, OUI, on peut ne pas aimer, mais je trouve que pour une première, l'auteure à fait un gros carton. Et puis, cette BD est importante pour moi ! Depuis cette lecture, je suis tombé dans le monde de la bande dessinée. Ce fut mon entrée dans ce monde dans lequel je me plonge avec délice le plus souvent possible. Et rien que pour cela, je ne remercierais jamais assez l'auteure. Merci Djou !!! 5/5 totalement subjectif, c'est un petit chouchou de ma bibliothèque.
Watchmen
Une BD simplement culte. C'est au delà de la critique. Culte pour son dessin, qui semble au début très laid, très figé, mais dont on s’accommode très bien au final, malgré les couleurs criardes, et qui renforce l'histoire vu qu'on n'arrive pas à se concentrer sur autre chose Culte pour ses personnages, qui sont tellement charismatiques, tellement intéressant. On les suit en permanence entre leurs ancienne vie et leurs actualité Culte pour la construction du récit. Les bulles se mélangent, les cases défilent rapidement, obligeant parfois à relire une planche pour bien tout saisir. On est happé dans l'histoire sans pouvoir en décoller une seule seconde Culte pour ses thèmes abordés : le devenir de l'humanité, la science, les hommes, leurs caractères, leurs vies .... Une BD qui prouve encore une fois que la philosophie est peut-être beaucoup plus présente qu'on ne le pense dans cet art qualifié de "mineur" Culte pour la teneur du récit : sombre, pessimiste, ou les maigres bouffées d'optimisme sont rapidement noyés dans une noirceur et un esprit très sombre jusque dans la dernière case Culte enfin pour son histoire, qui surprends totalement. Je dois dire que j'avais vu auparavant le film (et que donc j'ai eu un final pas mal gâché) mais que j'ai trouvé la BD encore bien au-delà de tout cela. L'enquête divisée en chapitre est prenante et on le lit d'une traite, les indices disséminés, les parallèles, les petites histoires sans importances, les mentalités des héros donnent naissance à une grande fresque dont on ne démord pas En fait, ce récit m'a littéralement conquis. Je n'en démord pas. L'ensemble de l'ouvrage est d'une rare qualité, et je pense qu'il est impossible de faire mieux dans le genre. La science-fiction et l'uchronie servent ici un roman graphique simplement époustouflant. Une réussite totale. Watchmen, un chef d’œuvre ? Je dirais même plus ... Un immanquable. 5/5 et mon coup de cœur du moment. Je suis sous le charme
Daytripper (au jour le jour)
Par où commencer pour vous parler de Daytripper? Pourquoi pas par la fin ? Daytripper fait partie de ces bandes dessinées qui vous laissent au final un goût délicieux teinté de bonheur et de mélancolie. J’ai cette agréable sensation d’avoir découvert quelque chose de sensiblement différent : un récit sur la vie tout simplement, ni trop intimiste ni trop banal, qui démarre d’une idée géniale. Si la construction de l’histoire est des plus originales, c’est sans doute parce qu’elle nous offre un sympathique tour d’horizon de notre propre existence. Du moins, c’est sur notre propre vie - et notre propre mort - que ce récit semble tourné, avec ses similitudes et ses différences mais quoiqu’il en soit, les thématiques abordées restent universelles. Et dans cet exercice qui peut sembler périlleux voire impossible, les auteurs nous offrent un très beau moment de plaisir et de sincérité. La lecture est facile, le récit est prenant et très bien rythmé. Si le questionnement a été pour ma part présent à plusieurs reprises dans ce livre, je dois dire que le plaisir de lecture fût réel et m’a beaucoup amusé. Cela semble parfait me direz-vous ? Et bien franchement, je ne lui trouve pas (beaucoup) de défaut à cette BD… Comment ne pas complimenter l’approche graphique de l’album ? Le trait est dynamique et riche. La colorisation est splendide et confirme la qualité graphique de l’album déjà bien représentée sur la couverture. Je tiens également à saluer le travail de l’éditeur qui nous offre un album d’une qualité irréprochable. Bref, cet album a été pour moi un vrai moment de plaisir qui me laisse une excellente impression. Je le garde bien précieusement dans ma bibliothèque et le relirai avec certitude. Un grand moment, chapeau-bas messieurs !
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Que dire de plus sur cet ouvrage culte pour beaucoup d'amateurs de bd et de la Fantasy en particulier, si ce n'est que cette oeuvre intense et graphiquement superbe est à mon goût la bd la plus réussie du duo Van Hamme - Rosinski. Il est vrai que j'ai pris beaucoup de plaisir à relire ce récit qui met en scène un curieux personnage appelé J'on le Chninkel dans un monde perpétuellement en guerre, qui devient sans le vouloir "Le Choisi" c'est à dire le Chninkel élu par le maître créateur des mondes pour libérer son peuple. Même si l'histoire reste classique dans le monde de la Fantasy, cet album nous transporte dans une quête dont on a du mal à interrompre la lecture. Le dessin est tout simplement magnifique avec des détails hallucinants (avec une préférence pour la version en noir et blanc) . Tous les personnages sont graphiquement parfaits. Je ne peux que conseiller la lecture de cette oeuvre majeure dans l'univers de la Fantasy à tous les amateurs de ce genre mais aussi aux amoureux de belles histoires et de dessins somptueux.
Nextwave
Pour moi culte! Cette mini série est un événement unique dans un univers main stream parfois trop cloisonné. Ce comics est une sorte de carte blanche aux auteurs offerte par Marvel. C'est critique intelligent en restant léger. L’excellentissime Immonen au mieux de sa forme et servi par un encrage élégant, viens tempérer le style parfois trop glauque de Ellis, l'équilibre est parfait. Coté scénar les codes sont respectés c'est une action ininterrompue où la psychologie des super-héros has beens s'y développe et surprend, c'est un perpétuel contre pied respectueux et habile. l'humour est présent à toutes les pages sans tomber dans le piège facile du gag, car ce n'est pas une parodie, mais bien du 100% comics. Le côté OVNI de ces 2 albums peut déplaire, mais vous ne lirez jamais d'autres bd de ce genre.
Mechanics
Culte ! C'est du pur comics, avec une touche du Hypocrite de Forest, sauce hispano-américaine. Une des meilleures histoires de love & rockets. Même si encore une fois, l'histoire a été redécoupée, l'ensemble reste cohérent. Le coloriage ( oui je ne dis pas colorisation, comme je ne dis pas encragisation ) est peut-être discutable mais ne gâche rien. On tombe amoureux de la petite Maggie qui est pourtant loin des canons de beauté, mais qui est touchante par ses réflexions de midinette un peu candide, dans cet univers habilement déjanté. Une excellente entrée en matière pour découvrir le monde complexe et riche des Hernandez brothers !
Long John Silver
Je conseille cette série à tous les amoureux des histoires de pirates et plus largement à ceux qui aiment parcourir la mer assoiffés d'aventures. Le scénario est parfaitement ciselé. Les personnages ont du volume et un énorme charisme. Quand aux dessins ils sont tout simplement magnifiques et nous font plonger dans l'aventure. A lire et relire.
Les Contes de l'ère du Cobra
C’est réellement au hasard des étalages de mon libraire que je suis tombé nez à nez avec cette jolie couverture. Une fois les quelques pages feuilletées il m’était impossible de me détacher de cet ouvrage et de le reposer, le charme de ses couleurs pastel informatisées et de ses personnages tout en rondeur me rappelant un peu le style d’Arthur des Pins en plus travaillé ayant ensorcelé le rédacteur de cet avis peu objectif car il est inutile d’aller plus loin : ce conte de l’ère du Cobra est une réussite totale ! Par le biais d’un narrateur mystérieux et masqué se déroule en un clin d’œil plusieurs histoires enchevêtrées, celle d’un voleur aussi habile que le Prince de Perse, amoureux et aussi volage que naïf, d’une princesse promise à un rôle de courtisane dont elle ne veut pas et d’un nain banni injustement de son pays et en quète de rédemption. Pour parfaire le tout, ce conte ne serait pas parfait sans l’intervention d’un méchant charismatique et à l’allure imposante… Le Cobra, tyran incompris en quête d’amour et de reconnaissance et symbole du mal absolu manipulant plus ou moins directement tous ces protagonistes…. L’issue risque d’être fatale et inattendue… Car en dépit de ses apparences disneyennes rappelant le très joli Aladin par la beauté de ses décors et les caractéristiques physiques de ses personnages, ce conte oriental lorgne très rapidement vers un drame humain et résolument adulte dans sa résolution… Irvi a tout du héros parfait mais ses infidélités vont lui apporter le courroux de sa douce et sa colère le transformera en démon dévoreur de cœur tel un Vlad Tepes oriental… La belle Sian se marie par dépit à un sombre prince pédophile qui va l’ignorer royalement pendant qu’elle épanche sa peine avec des amants telle une mante religieuse. L’homme qui se fait appeler le Cobra a également un passé trouble qui le rendrait presque sympathique sous l’appelation d’autres sobriquets s’il ne répandait pas tristesse et malheur autour de lui… Finalement le nain comédien reste le personnage le plus sympathique et son apparition tardive dans le récit renverse toute la donne en redonnant une autre ouverture au récit. N’en déplaise aux esprits chagrins pouvant trouver l’histoire banale, je n’ai ressenti aucun ennui lors de sa lecture et ai été littéralement transporté dans un monde différent et réellement enchanteur malgré son coté très obscur. Il faut dire que la narration d’Enrique Fernandez est toute aussi naturelle qu’elle suscite la curiosité au fil des pages... Les scènes d’action succèdent à des tableaux de pure contemplation et procurent un certain plaisir coupable… Les personnages secondaires comme ce mystérieux européen muet ou ce vendeur de potions maléfiques sont riches de détail et le récit pourrait presque se tenir en un seul tome tant il est réussi en bien des points. On retrouve les épreuves des contes classiques comme l’escalade de la maison des princesses en plusieurs « essais », la légende et les origines du Cobra et même les méfaits du Démon Noir, le tout en quelques pages habilement découpées et modernes dans leur narration… Cerise sur le gâteau, l’histoire se conclut au second tome qui sera édité en septembre de cette année me laissant bien des espoirs de tenir une histoire culte qui fera peut être même date si tout comme moi vous faites l’erreur d’ouvrir ce premier volume aussi cruel que sensuel…. En tous cas un conte si peu manichéen se doit d'être salué et on est en droit de préférer le Cobra et le nain comme personnages préférés aux décevants amants éconduits ! Une excellente surprise et peut être le véritable premier coup de cœur bd de cette année pour ma part… Merci à Enrique Fernandez pour ce joli trésor de sensations qui devrait plaire aux plus exigeant(e)s !