Une série culte datant des années 80 et adaptée des romans de Paul-Jacques Bonzon. Sous le trait, très dans l'air du temps de Nicolas Wintz, les deux scénaristes nous entraînent dans l'univers du célèbre auteur, mais un univers modifié où l'humour est omniprésent, bien plus que dans les romans originaux, dont d'ailleurs seul le troisième titre de la série est tiré. Il s'en suit donc un impression de décalage qui n'est pas pour déplaire.
Noob est un univers nouveau, rafraichissant et vraiment original (précurseurs dans le milieu des mmorpg en France avec leur série live). Des personnages haut en couleur, des anecdotes qui parlent à tous les joueurs de jeux vidéo en ligne. J'ai adoré, et l'évolution au fil des tomes me donne raison. De plus, j'adore leur approche crossmédia !!!
Serre ! Toute ma jeunesse. J'ai découvert ces albums chez un cousin avant de les collectionner moi-même.
Comme Quino, comme Mordillo, Serre a l'art de faire rire en une case, avec des idées venues de nulle part.
Virtuose du dessin, il croque des trognes d'humains moyens avec un savoureux sens de la caricature. On passe plusieurs minutes sur chaque dessin, après avoir rit de la situation de base, à s'amuser de tous les détails, des visages et des postures.
Surtout, Serre est un adepte revendiqué de l'humour noir, de l'idée poil à gratter, des blagues limites -mais jamais douteuses- sur nos tabous et nos passions.
Un très grand nom de l'humour dessiné !
La vie, la mort, les remords, les regrets, la vengeance...
Tels sont les thèmes abordés dans cette oeuvre majestueuse qui trouve un souffle épique dans les pinceaux de l'artiste Tenuta qui considère chaque case comme une peinture unique d'un vaste tableau éclaté en guise de mosaïque.
L'histoire n'est guère complexe mais n'est pas simpliste pour autant et revêt de multiples couches de lecture selon la sensibilité de chacun.
Le pari est simple mais très honnête : proposer un véritable melting-pot européen sur les légendes asiatiques tout en conservant une identité unique. Cette légende rassemble les atouts des chambaras japonais sans en ressembler toutefois à un seul spécifiquement.
On pense une fois de plus à la légende du sabreur manchot en ronin solitaire magnifié par l'insurmontable "The Blade" de Tsui Hark mais aussi et surtout par son utilisation de la faune et de la flore à Princesse Mononoke.
Outre le fait d'utiliser des dominantes blanche et rouge pour symboliser par évidence la vie et la mort, Tenuta découpe son histoire de façon fort intelligente avec des combats sanglants et rapides (Je n'avais vu découpage aussi fluide et réussi y compris dans Okko) à une narration ponctuée de scènes d'action d'anthologie (la traque par les loups des premières pages pourrait servir de storyboard) à des flashbacks plus tempérés se greffant au fur et à mesure à l'histoire principale.
Cette quête de mémoire par un ronin mutilé et amnésique ne s'accompagne d'aucune scène inutile. On ressent le désespoir de chacun des personnages qui, au delà de gloire et de pouvoir, a faim de rédemption et d'attention.
J'ai également beaucoup apprécié comme les éléments fantastiques à peine effleurés et sans explication se greffent sans encombres à l'ambiance principale. Qu'il s'agisse de l'évolution physique de l'impératrice ou de son bras droit invulnérable , le lecteur ne sera pas pris par la main pour en deviner leurs origines et ne se sentira jamais pour autant perdu.
La force d'un tel récit ne serait rien sans la maitrise évidente d'un auteur sorti de nulle part et maitrisant les estampes japonaises et leur animation. Car les êtres comme les animaux bougent et se mouvent comme des ombres sans être écrasés par des décors omniprésents.
Le plaisir fut tel que les 4 tomes ont été lus à la suite, peut être trop rapidement et sans temps morts mais avec le sentiment équivoque d'y retourner vite et prochainement. Une claque ébouriffante sur un terrain parallèle et dissociable d'Okko. La récente parution du magnifique coffret ou de l'intégrale devraient achever de vous convaincre de l'utilité publique d'une telle œuvre dans votre bibliothèque.
Je regrette juste de ne pas avoir pris le temps de l'avoir lue plus tôt mais pour des raisons personnelles les Nuées Écarlates sont arrivées à point nommé dans mon évolution pour autant de réflexion comme de distraction...
Je viens d'achever la lecture de ce 3ème tome de Siegfried. Cette série est une des meilleures jamais lues, c'est une leçon de bande dessinée que nous donne là Alex Alice, un chef-d'oeuvre du 9ème art.
Je regrette que cet ouvrage ne soit même pas sélectionné à Angoulême à la place de ces "Bds pour Bobos" que l'on peut voir chaque année. C'est plus que regrettable car on ne peut nier tant de qualités dans une BD. Tout d'abord un scénario millimétré, d'une régularité incroyable, une mise en scène et un découpage parfait. Je n'ai jamais vu d'aussi belles scènes en bande dessiné, on croirait voir un film, je pense notamment à la scène où Crane décolle entre les géants. Dessins et couleurs sont sublimes. Des doubles pages explosives. C'est absolument TOUT ce que j'attends d'une BD.
Je trouve cette série réaliste variée et pleine d'émotion. Les ados en mal de rêve peuvent facilement s'identifier au héros sans passer pour des naifs. La simplicité des textes est parfois plus marquante que de grandes phrases sans intérêt. Ces aventures me vont droit au cœur pour ma part, j'aimerais tant qu'un jour on puisse trouver la suite du tome 5.
Qu'un mot à dire : chapeau!!!
Je suis complètement "i love you " de ce personnage : sa vie, ses galères, son sens pratique, son feeling et surtout sa démerde quand il est en panique me rappelle tout à fait les galères que l'on pouvait vivre dans toutes les villes et banlieues de France dans la période fin 70 début 80 : les écarts de langage qui gênent certains s'apprenaient en lisant San Antonio et se développaient dans la rue (ou l'inverse).
Ses potes avec qui il a des relations un peu tordues sont le miroir des difficultés et un peu de l'arnaque que l'on pouvait vivre tous les jours, ces histoires parfois fantastiques reflètent le délire de l'époque et il s'en amuse. Pour la jeunesse c'est un peu du surnaturel, pour les plus vieux c'est comme un miroir, mon seul regret c'est que la source soit tarie. J'ai toute la collec d'abord pour l'ambiance, ensuite pour la qualité et l'humour des dessins. Jano où es-tu, que fais-tu ? Reviens avec de nouvelles histoires, ton public est toujours là.
Il arrive un moment ou des choses comme le bon sens, la droiture d'esprit, la bien séance, n'ont plus cours dans l'art. Ce genre de moment où on ne peut vraiment critiquer une œuvre car son audace est justifiée par la folie de son auteur, la folie de la perte, du malheur...
Comment critiquer une œuvre pareil quand on sait qu'elle a servi d'exutoire à la douleur la plus intense que peut ressentir un homme dans son existence ?
Comment critiquer ses dialogues primaires, incompréhensibles, et lourdingues ? Car ces adjectifs sont justement justifiés par une douleur sans fin, une espèce d'écriture automatique qui fait ressurgir les pulsions les plus malsaines de l'homme. Les tensions les plus grandes.
Dire que l'on a aimé cette BD est un mensonge, dire qu'on l'a détesté l'est tout autant. Non, on ne peut pas juger cette BD sur une échelle de goût tel qu'on peut le faire avec les autres. Elle est dans son exubérance et son exagération, l'archétype même de la souffrance symbolisée dans sa plus belle expression.
Je ris envoyant certaines personnes tentant de donner du sens à une œuvre pareil. Bien sûr qu'elle a du sens, mais pas ce genre de sens terre à terre que certains lui trouve. Ne posez pas cette BD après lecture en vous disant que vous n'avez rien compris (tel que moi-même j'ai fait à ma première lecture...), relisez-là, essayez d'en comprendre l'essence et de faire correspondre le sentiment qui sort de cette œuvre à un sentiment que vous avez déjà ressentis (sauf si vous vivez dans un monde de bisounours et que rien ne vous a jamais fait souffrir...). Redonnez une chance à cette BD et surtout ne la jugez pas. Ne la jugez pas, car cela reviendrait à juger la souffrance elle-même.
Je considère cette BD comme culte pour toutes les raisons évoquées précédemment.
A vous maintenant d'essayer de comprendre la signification de cette BD, d'échouez, et de vous émouvoir.
Une bédé fantastique, parmi les quelques meilleures en français.
Des images somptueuses, au trait avec des belles couleurs, illustrent des histoires intéressantes et crédibles, mélangeant harmonieusement fantasy (Elfes, sylphes...) et science fiction (vaisseaux spatiaux, confédération galactique...)
Quant au fond philosophique, il est résolument moderne et positif: harmonie, nature, contacts entre civilisations... ce qui place cette série très à part!
Ces 7 albums méritent bien 5, et même 6 si il y en avait un.
J'avais même vu le premier album dans les rayons du supermarché, où ils partaient comme des petits pains... mais ils en ont vite été retirés!
La légende des nuées écarlates est une fantaisie graphique située dans un Japon médiéval. Cet album est en soi d’une beauté visuelle époustouflante. De magnifiques graphismes et une mise en couleur hors normes! Le rouge et le blanc semblent être les couleurs dominantes de cette oeuvre d'ambiance. J'ai littéralement succombé au style torturé et aérien de l'auteur, un parfait inconnu surgit de nulle part et qui nous offre un spectacle d'une rare maîtrise notamment dans les combats au sabre.
Le début pseudo-poétique m’a un peu perturbé car on ne comprend pas grand chose. L’histoire de la rédemption du héros est intéressante même si elle n’évite pas les clichés du genre (la vengeance…). L’ambiance un peu onirique fait penser un peu à celle d’Okko (légende du Japon médiéval avec ses geishas, shogun et autres samouraïs). La fantasy se manifeste par la présence de créatures surnaturelles, de magie, d’une ville prisonnière des glaces. La poésie morbide de cette histoire violente explose à chaque page!
Un jeune rônin amnésique, samouraï sans maître et sans passé, erre à la recherche de ses souvenirs. Sa première étape est une ville parlant au ciel qui constitue un ultime rempart contre la glace qui envahit le pays du soleil levant. Pourquoi le héros a t'il perdu un bras et un oeil? Pourquoi fuit 'il? Bref, autant de questions que l'on se pose et qui trouveront ultérieurement des réponses. Cette série qui débute semble être véritablement passionnante.
La lecture du second tome confirme en tout point les réelles qualités de cette série hors norme. Les dessins semblent relever du prodige. Les interrogations trouvent leur réponse. L'intensité dramatique monte d'un cran. Cette série a tout pour devenir culte. Et elle l'est devenue au fil des tomes où la qualité n'a fait que renforcer mon idée de départ. Le troisième tome à l'instar du trait parfait est l'album qui se rapproche le plus de la perfection pour un bdphile.
Le dernier tome s'est révélé pour moi un peu décevant. Je m'attendais sans doute à un final grandiose. Alors, oui, on ne peut être que sublimé par autant de grâce dans le dessin. On regrettera juste que le scénario ne soit pas réellement à ce niveau d'excellence.
Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5
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Les Six Compagnons
Une série culte datant des années 80 et adaptée des romans de Paul-Jacques Bonzon. Sous le trait, très dans l'air du temps de Nicolas Wintz, les deux scénaristes nous entraînent dans l'univers du célèbre auteur, mais un univers modifié où l'humour est omniprésent, bien plus que dans les romans originaux, dont d'ailleurs seul le troisième titre de la série est tiré. Il s'en suit donc un impression de décalage qui n'est pas pour déplaire.
Noob
Noob est un univers nouveau, rafraichissant et vraiment original (précurseurs dans le milieu des mmorpg en France avec leur série live). Des personnages haut en couleur, des anecdotes qui parlent à tous les joueurs de jeux vidéo en ligne. J'ai adoré, et l'évolution au fil des tomes me donne raison. De plus, j'adore leur approche crossmédia !!!
Serre
Serre ! Toute ma jeunesse. J'ai découvert ces albums chez un cousin avant de les collectionner moi-même. Comme Quino, comme Mordillo, Serre a l'art de faire rire en une case, avec des idées venues de nulle part. Virtuose du dessin, il croque des trognes d'humains moyens avec un savoureux sens de la caricature. On passe plusieurs minutes sur chaque dessin, après avoir rit de la situation de base, à s'amuser de tous les détails, des visages et des postures. Surtout, Serre est un adepte revendiqué de l'humour noir, de l'idée poil à gratter, des blagues limites -mais jamais douteuses- sur nos tabous et nos passions. Un très grand nom de l'humour dessiné !
La Légende des nuées écarlates
La vie, la mort, les remords, les regrets, la vengeance... Tels sont les thèmes abordés dans cette oeuvre majestueuse qui trouve un souffle épique dans les pinceaux de l'artiste Tenuta qui considère chaque case comme une peinture unique d'un vaste tableau éclaté en guise de mosaïque. L'histoire n'est guère complexe mais n'est pas simpliste pour autant et revêt de multiples couches de lecture selon la sensibilité de chacun. Le pari est simple mais très honnête : proposer un véritable melting-pot européen sur les légendes asiatiques tout en conservant une identité unique. Cette légende rassemble les atouts des chambaras japonais sans en ressembler toutefois à un seul spécifiquement. On pense une fois de plus à la légende du sabreur manchot en ronin solitaire magnifié par l'insurmontable "The Blade" de Tsui Hark mais aussi et surtout par son utilisation de la faune et de la flore à Princesse Mononoke. Outre le fait d'utiliser des dominantes blanche et rouge pour symboliser par évidence la vie et la mort, Tenuta découpe son histoire de façon fort intelligente avec des combats sanglants et rapides (Je n'avais vu découpage aussi fluide et réussi y compris dans Okko) à une narration ponctuée de scènes d'action d'anthologie (la traque par les loups des premières pages pourrait servir de storyboard) à des flashbacks plus tempérés se greffant au fur et à mesure à l'histoire principale. Cette quête de mémoire par un ronin mutilé et amnésique ne s'accompagne d'aucune scène inutile. On ressent le désespoir de chacun des personnages qui, au delà de gloire et de pouvoir, a faim de rédemption et d'attention. J'ai également beaucoup apprécié comme les éléments fantastiques à peine effleurés et sans explication se greffent sans encombres à l'ambiance principale. Qu'il s'agisse de l'évolution physique de l'impératrice ou de son bras droit invulnérable , le lecteur ne sera pas pris par la main pour en deviner leurs origines et ne se sentira jamais pour autant perdu. La force d'un tel récit ne serait rien sans la maitrise évidente d'un auteur sorti de nulle part et maitrisant les estampes japonaises et leur animation. Car les êtres comme les animaux bougent et se mouvent comme des ombres sans être écrasés par des décors omniprésents. Le plaisir fut tel que les 4 tomes ont été lus à la suite, peut être trop rapidement et sans temps morts mais avec le sentiment équivoque d'y retourner vite et prochainement. Une claque ébouriffante sur un terrain parallèle et dissociable d'Okko. La récente parution du magnifique coffret ou de l'intégrale devraient achever de vous convaincre de l'utilité publique d'une telle œuvre dans votre bibliothèque. Je regrette juste de ne pas avoir pris le temps de l'avoir lue plus tôt mais pour des raisons personnelles les Nuées Écarlates sont arrivées à point nommé dans mon évolution pour autant de réflexion comme de distraction...
Siegfried
Je viens d'achever la lecture de ce 3ème tome de Siegfried. Cette série est une des meilleures jamais lues, c'est une leçon de bande dessinée que nous donne là Alex Alice, un chef-d'oeuvre du 9ème art. Je regrette que cet ouvrage ne soit même pas sélectionné à Angoulême à la place de ces "Bds pour Bobos" que l'on peut voir chaque année. C'est plus que regrettable car on ne peut nier tant de qualités dans une BD. Tout d'abord un scénario millimétré, d'une régularité incroyable, une mise en scène et un découpage parfait. Je n'ai jamais vu d'aussi belles scènes en bande dessiné, on croirait voir un film, je pense notamment à la scène où Crane décolle entre les géants. Dessins et couleurs sont sublimes. Des doubles pages explosives. C'est absolument TOUT ce que j'attends d'une BD.
Jimmy Boy
Je trouve cette série réaliste variée et pleine d'émotion. Les ados en mal de rêve peuvent facilement s'identifier au héros sans passer pour des naifs. La simplicité des textes est parfois plus marquante que de grandes phrases sans intérêt. Ces aventures me vont droit au cœur pour ma part, j'aimerais tant qu'un jour on puisse trouver la suite du tome 5. Qu'un mot à dire : chapeau!!!
Kebra
Je suis complètement "i love you " de ce personnage : sa vie, ses galères, son sens pratique, son feeling et surtout sa démerde quand il est en panique me rappelle tout à fait les galères que l'on pouvait vivre dans toutes les villes et banlieues de France dans la période fin 70 début 80 : les écarts de langage qui gênent certains s'apprenaient en lisant San Antonio et se développaient dans la rue (ou l'inverse). Ses potes avec qui il a des relations un peu tordues sont le miroir des difficultés et un peu de l'arnaque que l'on pouvait vivre tous les jours, ces histoires parfois fantastiques reflètent le délire de l'époque et il s'en amuse. Pour la jeunesse c'est un peu du surnaturel, pour les plus vieux c'est comme un miroir, mon seul regret c'est que la source soit tarie. J'ai toute la collec d'abord pour l'ambiance, ensuite pour la qualité et l'humour des dessins. Jano où es-tu, que fais-tu ? Reviens avec de nouvelles histoires, ton public est toujours là.
La Nuit
Il arrive un moment ou des choses comme le bon sens, la droiture d'esprit, la bien séance, n'ont plus cours dans l'art. Ce genre de moment où on ne peut vraiment critiquer une œuvre car son audace est justifiée par la folie de son auteur, la folie de la perte, du malheur... Comment critiquer une œuvre pareil quand on sait qu'elle a servi d'exutoire à la douleur la plus intense que peut ressentir un homme dans son existence ? Comment critiquer ses dialogues primaires, incompréhensibles, et lourdingues ? Car ces adjectifs sont justement justifiés par une douleur sans fin, une espèce d'écriture automatique qui fait ressurgir les pulsions les plus malsaines de l'homme. Les tensions les plus grandes. Dire que l'on a aimé cette BD est un mensonge, dire qu'on l'a détesté l'est tout autant. Non, on ne peut pas juger cette BD sur une échelle de goût tel qu'on peut le faire avec les autres. Elle est dans son exubérance et son exagération, l'archétype même de la souffrance symbolisée dans sa plus belle expression. Je ris envoyant certaines personnes tentant de donner du sens à une œuvre pareil. Bien sûr qu'elle a du sens, mais pas ce genre de sens terre à terre que certains lui trouve. Ne posez pas cette BD après lecture en vous disant que vous n'avez rien compris (tel que moi-même j'ai fait à ma première lecture...), relisez-là, essayez d'en comprendre l'essence et de faire correspondre le sentiment qui sort de cette œuvre à un sentiment que vous avez déjà ressentis (sauf si vous vivez dans un monde de bisounours et que rien ne vous a jamais fait souffrir...). Redonnez une chance à cette BD et surtout ne la jugez pas. Ne la jugez pas, car cela reviendrait à juger la souffrance elle-même. Je considère cette BD comme culte pour toutes les raisons évoquées précédemment. A vous maintenant d'essayer de comprendre la signification de cette BD, d'échouez, et de vous émouvoir.
Altor
Une bédé fantastique, parmi les quelques meilleures en français. Des images somptueuses, au trait avec des belles couleurs, illustrent des histoires intéressantes et crédibles, mélangeant harmonieusement fantasy (Elfes, sylphes...) et science fiction (vaisseaux spatiaux, confédération galactique...) Quant au fond philosophique, il est résolument moderne et positif: harmonie, nature, contacts entre civilisations... ce qui place cette série très à part! Ces 7 albums méritent bien 5, et même 6 si il y en avait un. J'avais même vu le premier album dans les rayons du supermarché, où ils partaient comme des petits pains... mais ils en ont vite été retirés!
La Légende des nuées écarlates
La légende des nuées écarlates est une fantaisie graphique située dans un Japon médiéval. Cet album est en soi d’une beauté visuelle époustouflante. De magnifiques graphismes et une mise en couleur hors normes! Le rouge et le blanc semblent être les couleurs dominantes de cette oeuvre d'ambiance. J'ai littéralement succombé au style torturé et aérien de l'auteur, un parfait inconnu surgit de nulle part et qui nous offre un spectacle d'une rare maîtrise notamment dans les combats au sabre. Le début pseudo-poétique m’a un peu perturbé car on ne comprend pas grand chose. L’histoire de la rédemption du héros est intéressante même si elle n’évite pas les clichés du genre (la vengeance…). L’ambiance un peu onirique fait penser un peu à celle d’Okko (légende du Japon médiéval avec ses geishas, shogun et autres samouraïs). La fantasy se manifeste par la présence de créatures surnaturelles, de magie, d’une ville prisonnière des glaces. La poésie morbide de cette histoire violente explose à chaque page! Un jeune rônin amnésique, samouraï sans maître et sans passé, erre à la recherche de ses souvenirs. Sa première étape est une ville parlant au ciel qui constitue un ultime rempart contre la glace qui envahit le pays du soleil levant. Pourquoi le héros a t'il perdu un bras et un oeil? Pourquoi fuit 'il? Bref, autant de questions que l'on se pose et qui trouveront ultérieurement des réponses. Cette série qui débute semble être véritablement passionnante. La lecture du second tome confirme en tout point les réelles qualités de cette série hors norme. Les dessins semblent relever du prodige. Les interrogations trouvent leur réponse. L'intensité dramatique monte d'un cran. Cette série a tout pour devenir culte. Et elle l'est devenue au fil des tomes où la qualité n'a fait que renforcer mon idée de départ. Le troisième tome à l'instar du trait parfait est l'album qui se rapproche le plus de la perfection pour un bdphile. Le dernier tome s'est révélé pour moi un peu décevant. Je m'attendais sans doute à un final grandiose. Alors, oui, on ne peut être que sublimé par autant de grâce dans le dessin. On regrettera juste que le scénario ne soit pas réellement à ce niveau d'excellence. Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5