Tout simplement excellent : un scénario de grande qualité (qui rappelle un peu l'esprit de la série de romans "Le trône de fer") servi par un dessin d'une qualité époustouflante.
INDISPENSABLE.
La bonne surprise à la découverte des 2 premiers tomes en 2008 est confirmée avec la sortie du tome 3 : une exigence de qualité qui justifie largement le délai de publication - hélas bien long - entre 2 tomes. Armons-nous de patience pour attendre les 2 derniers opus de la série.
Mettons, grosso modo, que Candide ne fût pas un homme mais un batracien, que son histoire ne fût pas écrite par Voltaire mais Perrault et que la notion de manichéisme dans les contes soit plus complexe à saisir pour les enfants.
Vous l'aurez compris, Garulfo est un conte intelligent où les auteurs ont pioché dans divers récits existants (je vous laisse les découvrir) pour mettre sur pied une histoire incroyable.
Une grenouille qui devient prince, un prince qui devient grenouille ; une sorcière capricieuse, une princesse aux lèvres convoitées, des chevaliers, des rois et des reines, des paysans, des dragons, des châteaux.... Oui c'est un vrai conte dans lequel nous allons croiser une multitude de personnages et où chacun aura un rôle bien précis, parfois inattendu !
Les deux premiers tomes sont exquis. Ayroles nous prouve ici son talent sans faille pour les belles phrases, les belles rimes, les belles proses...et les belles blagues !
Les tomes suivants perdent un peu de leur superbe au niveau de la syntaxe mais le niveau reste plus que correct, les réflexions toujours intéressantes, la répartie des personnages exceptionnelle et l'humour omniprésent.
Le dessin est également une réussite et rend bien le côté médiéval de l'histoire. Un trait expressif et fin. Des personnages aux bouilles géniales, des décors bien rendus et des couleurs qui agrémentent à merveille ce chef d’œuvre du 9ème Art. L'ensemble met bien le lecteur dans cette ambiance de conte au final burlesque, loufoque mais qui suit toujours un fil conducteur bien précis et qui montre que les apparences sont très souvent trompeuses !
Garulfo : une série culte pour son scénario excellent, son dessin maitrisé, ses couleurs judicieuses !
Que de poésie, que de répartie, que d'humour et que de plaisir !
Que la force soit avec vous, vous qui lirez ce message.
Bien sûr pour apprécier cette parodie à sa juste valeur, il faut être fan de Star Wars.
Et plus on l'est, plus on se délectera à la lecture de cette BD.
Le sérieux de la saga a laissé la place à un humour décalé avec des personnages et des situations tous plus drôles les uns que les autres.
Mes mômes ont adoré, leur père tout autant.
Ça ne vous a jamais pris comme ça le fait de regarder Blade Runner ou Le Soleil Vert en vous mentionnant que si le monde établi par ces deux pépites du cinéma est tout simplement parfait, que cela manquait parfois cruellement d’action en lieu et place de la réflexion ?
C’est un peu le constat des auteurs de Fluorescent Black, une œuvre qui ressemble à beaucoup d’autres œuvres d’anticipation sans perdre pour autant son âme au diable qui ont voulu balayer d’un grand revers de main, majeur tendu, toute la réflexion vers de l’adrénaline pure et dure et de l’action.
Ici on ne parle pas de Cyberpunk et les robots ne rêvent pas de moutons électriques, d’ailleurs des machines il n’y en a guère. Elles sont remplacées de nouveau par la chair, celle de Cronenberg, sale et putride, sensuelle ou indispensable…
On traite ici de matière vivante, de corps comme une pompe à fric et peut être aussi un peu de l’âme par des émotions qui se veulent teintées de couleurs fluorescentes dans un monde définitivement sombre et mauvais…
Exit le cyberpunk donc et place au biopunk dans un futur toujours pas si éloigné où la santé se négocie par l’argent afin de corriger toute dégénérescence et de devenir un être parfait… Bien sur la frontière séparant les pauvres des riches, les nantis des biens portants est toujours très mince surtout lorsque Max, rouquin malade dealer d’organes et chef de bande croise Nina la femme parfaite, fruit de recherches génétiques et spécimen unique convoitée par tous…
Le mélange est hautement improbable et on est pris dès le départ dans un monde violent et crasseux où des enfants n’hésitent pas à vendre le cadavre de leur mère afin de subsister. On sent énormément l’influence d’un Akira (avec clin d’œil sur un blouson de Max :) ) dans ce comics hautement jouissif riche en couleurs et dont les cadrages explosent à chaque page ! Le style rappelle énormément celui d’un Paul Pope qui aurait bouffé des ecstasys. Il est juste dommage que certaines actions manquent parfois de lisibilité et que les propos ne soient pas un peu plus mis en avant car ici tout n’est qu’action, violence, sang et rythme…
Quelques pointes de poésie et de finesse émanent quelquefois par une nature trafiquée et omniprésente dans un monde définitivement de brutes où la morale n’est plus sauve… Voici ce qu’on pourrait exiger aujourd’hui d’un Bilal à la ramasse devant ce concentré d’energie pur et étayé par quelques tirades jouissives « Il faut mieux avoir des cicatrices et un passé que de ne rien avoir du tout »….
En dépit d’une fin convenue et peu satisfaisante, le point supplémentaire est attribué à l’édition unique et définitive concoctée par un petit éditeur qui deviendra grand : Milady !!!! ::
J’ai littéralement adoré cette lecture qui dépeint la vie d’un grand ministère comme celui des affaires étrangères de la grande époque où il avait une existence digne de ce nom en résistant à l’appel à la guerre lancée par les States. C’est tellement réaliste qu’on adhère immédiatement à Quai d’Orsay.
Pourtant, je n’étais pas un adepte de Blain. En l’occurrence, on ne s’attache pas trop au dessin mais on se concentre surtout sur les aventures de ce conseiller en communication. Et je dois même avouer que finalement, je trouve que ce graphisme colle parfaitement à ce genre d’histoire non dénuée d’humour. J’ai apprécié également que cela ne soit pas traité sous forme de strip.
J’ai un petit faible pour les rouages de la vie politique. C’est un sujet qui me passionne. On sent bien le vécu des situations diverses. Je trouve également que le portrait doit certainement correspondre à l’homme politique qui est visé. C’est instructif de voir les dessous qui se cachent derrière les crises et la communication qui en résulte. A la fin, on sent bien que notre conseiller naïf a prit goût à cette vie de dingue. Il va certainement en payer le prix fort au niveau de sa relation personnelle et privée. Cependant, on comprend le mécanisme qui conduit à cette perversion.
Le portrait du ministre est également nuancé et savoureux. On découvre ses travers mais également son génie : capable du pire comme du meilleur. Ce microcosme en tension continuelle montre des aspects souvent absurdes ce qui rend la lecture plutôt acide. Les dialogues avec toute cette galerie de personnages sont d’une grande réussite. Cette chronique diplomatique est réellement passionnante sur les rapports de pouvoir. C’est incontestable que cette bd va plus loin que la simple caricature.
Bref, on a là un album indispensable. Vivement la suite car c’est drôle et perspicace à la fois !
MAJ second tome
Et ce second tome confirme que la série est réellement excelllente. Nous avons droit aux coulisses de la mise en oeuvre de la guerre en Irak et de l'opposition courageuse du Quai d'Orsay de l'époque à travers son fameux ministre. Là encore, les noms ont été trafiqués mais personne ne sera dupe. Le Lousdem est ainsi accusé de fabriquer des armes de destruction massive. Les USA souhaitent avoir la bénédiction des Nations-Unis pour entrer en guerre.
La lecture de ce nouvel opus sera drôle et jubilatoire à la fois. Je pense que c'est certainement l'association d'auteurs la plus réussie du moment. Les arcanes du pouvoir fascinent. 120.000 exemplaires du 1er tome sont déjà partis à ce jour. Bref, une réussite totale ! Et puis enfin la consécration pour le second tome en remportant le grand prix à Angoulême en 2013: c'était mérité !
Note Dessin: 4/5 - Note scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Adapter en BD Peter Pan était un sacré pari et force est d'admettre que Loisel l'a formidablement remporté.
L'univers est très adulte sous ses airs de conte pour enfants. L’intrigue se révèle passionnante et les six volumes se dévorent littéralement.
Les dessins ne sont pas en reste avec un visuel superbe : ils sont sombres et oppressants à Londres et colorés et luxuriants sur l’île. D’ailleurs ils gagnent progressivement en finesse et en qualité tout au long de la série.
Les personnages, très nombreux, s’avèrent être beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît au début.
D’une richesse et d’une profondeur incroyables, Peter Pan est une lecture indispensable.
Chevalier Ardent est vraiment mon héros préféré depuis 40 ans ! Ses aventures sont charmantes, fascinantes et merveilleuses.
Craenhals est, certainement, l'un des plus grands artistes de B.D. Son dessin est très attirant. Peut-être qu'il n'est pas aussi précis que celui de Jacques Martin ou de E.P. Jacobs, surtout pour les bâtiments (châteaux, citadelles) ou pour les paysages, mais, d'un autre côté, les expressions et les émotions des personnages, en particulier Ardent et Arthus, sont beaucoup plus efficaces et expressives. Les personnages sont plus vivants, ils te touchent dans le coeur.
Pour les scénarios, on a de très belles histoires qui t'attirent du début à la fin. Elles sont à la fois excitantes et tristes, mais d'un charmant chagrin. C'est une vraie saga, une vraie épopée.
Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de lire les quelques derniers albums, que j'espère avoir un jour, mais les albums que je préfère parmi ceux que j'avais déjà lus, plusieurs fois, sont "Les loups de Rougecogne", "La corne de brume", "Le secret du roi Arthus", "La dame des sables", "La princesse captive", "Les chevaliers de l'apocalypse".
J'aime bien Francois Craenhals, et je regrette beaucoup de ne pas avoir pu le rencontrer dans sa vie. Comme je l'espérais !
A la lecture des tomes 1 & 2, même plaisir ressenti que pour le premier volet, sauf la mise en situation un peu lourde, s'apparentant plus à de gros haubans qu'à des ficelles scénaristiques !
Pour tout le reste, entre la cotation 4/5 et 5/5, je pencherais tout de même davantage vers le 5. Et pour les mêmes raisons d’originalité et fluidité du récit, d'humour décalé permanent, de personnages attachants, et de la très belle réalisation graphique aux couleurs toujours aussi chatoyantes, que pour le premier cycle. Vivement le tome 3... l'attente est insupportable ;-)
Un immense coup de coeur à la lecture.
Une originalité incroyable dans le scénario et les dialogues, un humour permanent et décalé, un graphisme simple mais efficace, agréable, avec des couleurs chatoyantes et très réussies, des personnages attachants... que demander de plus ?
Une découverte plus qu'heureuse d'un vrai petit chef d'oeuvre en BD !!!
C’est une histoire magnifique par un auteur de BD dont le talent n’est plus à prouver. Le trait y est encore plus minimaliste que dans ses productions passées, et sous une apparence faussement maladroite, les expressions et les attitudes des personnages sont hyper bien rendues. Et c’est peut-être cela le vrai talent : avec une économie de moyens, réussir à produire une histoire forte, à la poésie touchante et drôle, doublée d’une peinture acerbe des mœurs d’un village de province. Emile est extrêmement attachant par son humilité et sa candeur devant les découvertes qu’il fait sur lui-même.
Rabaté, fin observateur, vient briser tous les clichés qu’on peut avoir sur la vieillesse sans l’idéaliser, et ne fait que la rendre beaucoup moins glauque voire joyeuse. Il montre que l’aventure est toujours à portée de main, même à un âge de la vie où l’on serait plus enclin à se résigner à attendre la mort, et que la déchéance est d’abord dans les têtes. Cette BD est un vrai petit bijou à découvrir absolument pour apprécier la vie et ses vraies valeurs, telle une invitation à profiter de tous les petits bonheurs du présent en se moquant du regard des autres. En somme, une fable libératrice et optimiste sur notre condition d’humains pathétiques pris dans les fers d’une société figée dans les préjugés et la bêtise.
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Servitude
Tout simplement excellent : un scénario de grande qualité (qui rappelle un peu l'esprit de la série de romans "Le trône de fer") servi par un dessin d'une qualité époustouflante. INDISPENSABLE. La bonne surprise à la découverte des 2 premiers tomes en 2008 est confirmée avec la sortie du tome 3 : une exigence de qualité qui justifie largement le délai de publication - hélas bien long - entre 2 tomes. Armons-nous de patience pour attendre les 2 derniers opus de la série.
Garulfo
Mettons, grosso modo, que Candide ne fût pas un homme mais un batracien, que son histoire ne fût pas écrite par Voltaire mais Perrault et que la notion de manichéisme dans les contes soit plus complexe à saisir pour les enfants. Vous l'aurez compris, Garulfo est un conte intelligent où les auteurs ont pioché dans divers récits existants (je vous laisse les découvrir) pour mettre sur pied une histoire incroyable. Une grenouille qui devient prince, un prince qui devient grenouille ; une sorcière capricieuse, une princesse aux lèvres convoitées, des chevaliers, des rois et des reines, des paysans, des dragons, des châteaux.... Oui c'est un vrai conte dans lequel nous allons croiser une multitude de personnages et où chacun aura un rôle bien précis, parfois inattendu ! Les deux premiers tomes sont exquis. Ayroles nous prouve ici son talent sans faille pour les belles phrases, les belles rimes, les belles proses...et les belles blagues ! Les tomes suivants perdent un peu de leur superbe au niveau de la syntaxe mais le niveau reste plus que correct, les réflexions toujours intéressantes, la répartie des personnages exceptionnelle et l'humour omniprésent. Le dessin est également une réussite et rend bien le côté médiéval de l'histoire. Un trait expressif et fin. Des personnages aux bouilles géniales, des décors bien rendus et des couleurs qui agrémentent à merveille ce chef d’œuvre du 9ème Art. L'ensemble met bien le lecteur dans cette ambiance de conte au final burlesque, loufoque mais qui suit toujours un fil conducteur bien précis et qui montre que les apparences sont très souvent trompeuses ! Garulfo : une série culte pour son scénario excellent, son dessin maitrisé, ses couleurs judicieuses ! Que de poésie, que de répartie, que d'humour et que de plaisir !
Naguère les étoiles
Que la force soit avec vous, vous qui lirez ce message. Bien sûr pour apprécier cette parodie à sa juste valeur, il faut être fan de Star Wars. Et plus on l'est, plus on se délectera à la lecture de cette BD. Le sérieux de la saga a laissé la place à un humour décalé avec des personnages et des situations tous plus drôles les uns que les autres. Mes mômes ont adoré, leur père tout autant.
Fluorescent Black
Ça ne vous a jamais pris comme ça le fait de regarder Blade Runner ou Le Soleil Vert en vous mentionnant que si le monde établi par ces deux pépites du cinéma est tout simplement parfait, que cela manquait parfois cruellement d’action en lieu et place de la réflexion ? C’est un peu le constat des auteurs de Fluorescent Black, une œuvre qui ressemble à beaucoup d’autres œuvres d’anticipation sans perdre pour autant son âme au diable qui ont voulu balayer d’un grand revers de main, majeur tendu, toute la réflexion vers de l’adrénaline pure et dure et de l’action. Ici on ne parle pas de Cyberpunk et les robots ne rêvent pas de moutons électriques, d’ailleurs des machines il n’y en a guère. Elles sont remplacées de nouveau par la chair, celle de Cronenberg, sale et putride, sensuelle ou indispensable… On traite ici de matière vivante, de corps comme une pompe à fric et peut être aussi un peu de l’âme par des émotions qui se veulent teintées de couleurs fluorescentes dans un monde définitivement sombre et mauvais… Exit le cyberpunk donc et place au biopunk dans un futur toujours pas si éloigné où la santé se négocie par l’argent afin de corriger toute dégénérescence et de devenir un être parfait… Bien sur la frontière séparant les pauvres des riches, les nantis des biens portants est toujours très mince surtout lorsque Max, rouquin malade dealer d’organes et chef de bande croise Nina la femme parfaite, fruit de recherches génétiques et spécimen unique convoitée par tous… Le mélange est hautement improbable et on est pris dès le départ dans un monde violent et crasseux où des enfants n’hésitent pas à vendre le cadavre de leur mère afin de subsister. On sent énormément l’influence d’un Akira (avec clin d’œil sur un blouson de Max :) ) dans ce comics hautement jouissif riche en couleurs et dont les cadrages explosent à chaque page ! Le style rappelle énormément celui d’un Paul Pope qui aurait bouffé des ecstasys. Il est juste dommage que certaines actions manquent parfois de lisibilité et que les propos ne soient pas un peu plus mis en avant car ici tout n’est qu’action, violence, sang et rythme… Quelques pointes de poésie et de finesse émanent quelquefois par une nature trafiquée et omniprésente dans un monde définitivement de brutes où la morale n’est plus sauve… Voici ce qu’on pourrait exiger aujourd’hui d’un Bilal à la ramasse devant ce concentré d’energie pur et étayé par quelques tirades jouissives « Il faut mieux avoir des cicatrices et un passé que de ne rien avoir du tout »…. En dépit d’une fin convenue et peu satisfaisante, le point supplémentaire est attribué à l’édition unique et définitive concoctée par un petit éditeur qui deviendra grand : Milady !!!! ::
Quai d'Orsay
J’ai littéralement adoré cette lecture qui dépeint la vie d’un grand ministère comme celui des affaires étrangères de la grande époque où il avait une existence digne de ce nom en résistant à l’appel à la guerre lancée par les States. C’est tellement réaliste qu’on adhère immédiatement à Quai d’Orsay. Pourtant, je n’étais pas un adepte de Blain. En l’occurrence, on ne s’attache pas trop au dessin mais on se concentre surtout sur les aventures de ce conseiller en communication. Et je dois même avouer que finalement, je trouve que ce graphisme colle parfaitement à ce genre d’histoire non dénuée d’humour. J’ai apprécié également que cela ne soit pas traité sous forme de strip. J’ai un petit faible pour les rouages de la vie politique. C’est un sujet qui me passionne. On sent bien le vécu des situations diverses. Je trouve également que le portrait doit certainement correspondre à l’homme politique qui est visé. C’est instructif de voir les dessous qui se cachent derrière les crises et la communication qui en résulte. A la fin, on sent bien que notre conseiller naïf a prit goût à cette vie de dingue. Il va certainement en payer le prix fort au niveau de sa relation personnelle et privée. Cependant, on comprend le mécanisme qui conduit à cette perversion. Le portrait du ministre est également nuancé et savoureux. On découvre ses travers mais également son génie : capable du pire comme du meilleur. Ce microcosme en tension continuelle montre des aspects souvent absurdes ce qui rend la lecture plutôt acide. Les dialogues avec toute cette galerie de personnages sont d’une grande réussite. Cette chronique diplomatique est réellement passionnante sur les rapports de pouvoir. C’est incontestable que cette bd va plus loin que la simple caricature. Bref, on a là un album indispensable. Vivement la suite car c’est drôle et perspicace à la fois ! MAJ second tome Et ce second tome confirme que la série est réellement excelllente. Nous avons droit aux coulisses de la mise en oeuvre de la guerre en Irak et de l'opposition courageuse du Quai d'Orsay de l'époque à travers son fameux ministre. Là encore, les noms ont été trafiqués mais personne ne sera dupe. Le Lousdem est ainsi accusé de fabriquer des armes de destruction massive. Les USA souhaitent avoir la bénédiction des Nations-Unis pour entrer en guerre. La lecture de ce nouvel opus sera drôle et jubilatoire à la fois. Je pense que c'est certainement l'association d'auteurs la plus réussie du moment. Les arcanes du pouvoir fascinent. 120.000 exemplaires du 1er tome sont déjà partis à ce jour. Bref, une réussite totale ! Et puis enfin la consécration pour le second tome en remportant le grand prix à Angoulême en 2013: c'était mérité ! Note Dessin: 4/5 - Note scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Peter Pan
Adapter en BD Peter Pan était un sacré pari et force est d'admettre que Loisel l'a formidablement remporté. L'univers est très adulte sous ses airs de conte pour enfants. L’intrigue se révèle passionnante et les six volumes se dévorent littéralement. Les dessins ne sont pas en reste avec un visuel superbe : ils sont sombres et oppressants à Londres et colorés et luxuriants sur l’île. D’ailleurs ils gagnent progressivement en finesse et en qualité tout au long de la série. Les personnages, très nombreux, s’avèrent être beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît au début. D’une richesse et d’une profondeur incroyables, Peter Pan est une lecture indispensable.
Chevalier Ardent
Chevalier Ardent est vraiment mon héros préféré depuis 40 ans ! Ses aventures sont charmantes, fascinantes et merveilleuses. Craenhals est, certainement, l'un des plus grands artistes de B.D. Son dessin est très attirant. Peut-être qu'il n'est pas aussi précis que celui de Jacques Martin ou de E.P. Jacobs, surtout pour les bâtiments (châteaux, citadelles) ou pour les paysages, mais, d'un autre côté, les expressions et les émotions des personnages, en particulier Ardent et Arthus, sont beaucoup plus efficaces et expressives. Les personnages sont plus vivants, ils te touchent dans le coeur. Pour les scénarios, on a de très belles histoires qui t'attirent du début à la fin. Elles sont à la fois excitantes et tristes, mais d'un charmant chagrin. C'est une vraie saga, une vraie épopée. Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de lire les quelques derniers albums, que j'espère avoir un jour, mais les albums que je préfère parmi ceux que j'avais déjà lus, plusieurs fois, sont "Les loups de Rougecogne", "La corne de brume", "Le secret du roi Arthus", "La dame des sables", "La princesse captive", "Les chevaliers de l'apocalypse". J'aime bien Francois Craenhals, et je regrette beaucoup de ne pas avoir pu le rencontrer dans sa vie. Comme je l'espérais !
Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona
A la lecture des tomes 1 & 2, même plaisir ressenti que pour le premier volet, sauf la mise en situation un peu lourde, s'apparentant plus à de gros haubans qu'à des ficelles scénaristiques ! Pour tout le reste, entre la cotation 4/5 et 5/5, je pencherais tout de même davantage vers le 5. Et pour les mêmes raisons d’originalité et fluidité du récit, d'humour décalé permanent, de personnages attachants, et de la très belle réalisation graphique aux couleurs toujours aussi chatoyantes, que pour le premier cycle. Vivement le tome 3... l'attente est insupportable ;-)
Le Voyage des Pères
Un immense coup de coeur à la lecture. Une originalité incroyable dans le scénario et les dialogues, un humour permanent et décalé, un graphisme simple mais efficace, agréable, avec des couleurs chatoyantes et très réussies, des personnages attachants... que demander de plus ? Une découverte plus qu'heureuse d'un vrai petit chef d'oeuvre en BD !!!
Les Petits Ruisseaux
C’est une histoire magnifique par un auteur de BD dont le talent n’est plus à prouver. Le trait y est encore plus minimaliste que dans ses productions passées, et sous une apparence faussement maladroite, les expressions et les attitudes des personnages sont hyper bien rendues. Et c’est peut-être cela le vrai talent : avec une économie de moyens, réussir à produire une histoire forte, à la poésie touchante et drôle, doublée d’une peinture acerbe des mœurs d’un village de province. Emile est extrêmement attachant par son humilité et sa candeur devant les découvertes qu’il fait sur lui-même. Rabaté, fin observateur, vient briser tous les clichés qu’on peut avoir sur la vieillesse sans l’idéaliser, et ne fait que la rendre beaucoup moins glauque voire joyeuse. Il montre que l’aventure est toujours à portée de main, même à un âge de la vie où l’on serait plus enclin à se résigner à attendre la mort, et que la déchéance est d’abord dans les têtes. Cette BD est un vrai petit bijou à découvrir absolument pour apprécier la vie et ses vraies valeurs, telle une invitation à profiter de tous les petits bonheurs du présent en se moquant du regard des autres. En somme, une fable libératrice et optimiste sur notre condition d’humains pathétiques pris dans les fers d’une société figée dans les préjugés et la bêtise.