Les derniers avis (7597 avis)

Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Habibi
Habibi

Ce pavé, car il n'y a pas d'autre mot pour nommer ce livre, m'attendait dans ma bibliothèque depuis plus de 6 mois. Il faut, un , du courage pour s'y attaquer, et deux, du temps , beaucoup de temps pour venir à bout de ses 670 pages ! Alors je me suis lancé et puis je n'ai pas laché ce livre, hop ! une lecture presque d'une traite. Pff! tout d'abord il faut souligner le travail d'orfèvre de Graig Thompson. Le dessin est magnifique, les calligraphies superbes; cela ne m'étonne pas qu'il ait mis 6 ans je crois, à batir cette oeuvre, pour ne pas dire ce chef d'oeuvre. Enfin, le scénario est habile, fin et surtout très bien construit, très bien huilé derrière un désordre apparent. En mélant le Coran, l'Ancien testament, et les époques (sommes nous à l'époque des milles et une nuit ou alors à l'ére industrielle?), Graigh Thompson nous fait voyager dans le temps, dans l'espace mais essentiellement nous fait voyager tout court avec le destin de ces 2 enfants,Dodola et Zam. Certes, le récit est dur (les sévices imposés à Dodola), parfois drôle (le changement d'eau en or) mais surtout prenant. A lire d'urgence.

07/06/2012 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Siegfried
Siegfried

Alex Alice propose une adaptation grandiose du mythe de Siegfried. L’intrigue est passionnante et l’auteur réussit à conserver le souffle épique de la saga nordique. S’il adapte à son goût certains éléments, il reste relativement fidèle à la légende. Les dessins d’une très grande qualité : décors, fluidité dans l’action, personnages magnifiques et charismatiques, design créatif… Tout est impeccable ! Mon seul bémol concerne l’épilogue de la trilogie. Alice choisit de proposer une fin personnelle qui me déçoit un peu. Mais l’émerveillement et le plaisir procuré par Siegfried en font pour moi une série culte.

05/06/2012 (modifier)
Par Polette
Note: 5/5
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

Si j'avais écrit mon avis il y a quelques mois ou années, la note aurait été moindre, c'est certain. J'ai été déçue par les tournures que prenait le récit : faut-il vraiment rallonger une série qui se vend bien ? La réponse est clairement non. D'abord le trésor des iles Tangerines, puis la Lune, puis le maitre d'armes, etc... Il suffit ! Ajoutée à cela la complexité de certains dialogues, j'avais abandonné ma lecture au tome 8. Puis vint la relecture ! Quel délice ! Je fus immédiatement entrainée dans les aventures de nos héros, me délectant de chaque case, et comprenant enfin l’enthousiasme de tous ces lecteurs. Je ne reprendrais pas l'ensemble des points forts de cette série, parfaitement énumérés dans les dizaines d'avis précédemment écrits, mais j'ai rarement vues d'aussi belles planches, et tant de recherche dans l'écriture des dialogues. Chapeau, messieurs Masbou et Ayrolles ! Bref, une série à posséder, à lire, mais surtout, à RELIRE !

04/06/2012 (modifier)
Couverture de la série Pyongyang
Pyongyang

Dans ce style de BD, récit autobiographique avec une plongée dans une culture méconnue, je n'y trouve aucun défaut même après une relecture quelques années plus tard. C'est toujours aussi drôle, très instructif et... réel ! Après la lecture du bouquin, tu te demandes comment les nord-coréens ont pu en arriver là. Cela me laisse perplexe. Le dessin qui est très simpliste n'en demeure pas moins très expressif et lisible. Les lieux et les personnages se reconnaissent sans difficulté. En tout cas, moi j'ai craqué, j'ai fini par l'acheter.

04/06/2012 (modifier)
Par pol
Note: 5/5
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

La sortie du 10e et dernier tome est l'occasion parfaite pour relire l'intégralité de la série et réécrire mon avis. Je me rappelle de ma première lecture, la première chose qui me revient ce sont ces longs dialogues écrits en vers ou en français plus ou moins vieux.... J'avais bien mis 15 pages avant de rentrer dedans et de succomber au style génial de la série. De cape et de crocs est une réussite totale car la série réussit à allier un dessin absolument génial et un scénario et des dialogues merveilleux. Une osmose parfaite entre toutes les composantes d'une bande dessinée. Coté dessin, le trait est splendide, les couleurs sont magnifiques, les personnages parfaitement réussis, idem pour les décors variés et détaillés ! Bref l'ensemble est harmonieux pour le plus grand bonheur des yeux. Il faut bien sûr regarder attentivement chaque case parce que des petits détails marrants se sont glissés par ci par là... et oui, l'humour est omniprésent dans cette série ! Coté scénario, que dire ? Une histoire prenante, des héros attachants comme dans aucune autre série ! Eusèbe... Ah Eusèbe... il me fait mourir de rire à chacune de ses apparitions. Alors oui c'est vrai que l'histoire a été rallongée par rapport à ce qui était prévu initialement. Ca se ressent un peu par moments qu'on l'a étirée en longueur. J'ai été moins emballé par certaines orientations de l'intrigue, notamment sur la lune. J'espérais sans doute une tournure différente. Mais au final peu importe ! Car ce qui compte, au delà de l'orientation de la trame de l'histoire, c'est que la qualité d'écriture d'Ayrolles reste incroyable tout au long des 10 tomes. Les dialogues sont parfois sensationnels. On ne compte pas les passages où ils sont en alexandrins, ce qui n'est déjà pas courant, mais en plus ils ont un sens et pour couronner le tout ils sont souvent très drôles. Chapeau ! Autre prouesse de la même trempe il y a un tome où chaque région de la lune est peuplé par des gens dont le nom rappelle une figure de style littéraire (les contrepétins, les litotiens)... et chacun parle uniquement grâce à cette figure de style. Je pourrais continuer cette liste avec pas mal d'autres éléments. C'est dingue comme Ayrolles manie la langue française et comment il parvient à garder cette qualité pendant 10 tomes. Quelle autre série peut se vanter d'avoir ce niveau d'écriture ? Pas beaucoup à mon avis. En conclusion une série merveilleuse à posséder absolument dans toute bédéthèque qui se respecte.

23/11/2005 (MAJ le 01/06/2012) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série H.O.P.E.
H.O.P.E.

J'ai franchement été séduit par les trois tomes que je viens de lire. Les planches de dessin sont magnifiques avec ces décors sophistiqués. C’est surtout le scénario qui a retenu toute mon attention. Le plaisir de lecture a été au maximum ce qui est assez rare pour le souligner. Il est vrai qu'on retrouve tous les éléments du genre science-fiction d'anticipation avec un mélange Matrix, Indépendance Day, Stargate, La fin du monde, Alien, La planète des singes, Starship Troopers, Terminator etc... Ce sont autant de références qui en font une œuvre résolument bien ancrés dans son temps. Pour les fans de science-fiction, c'est en tout cas un vrai must à découvrir ! Le concept est d'ailleurs fort intéressant : la Terre a été détruite partiellement par une invasion extraterrestre en 2055. En 5 ans, les hommes ont tous été exterminé au terme d’une guerre sans pitié. Des scientifiques voulant sauvés la race humaine ont conservé dans des laboratoires souterrains des formes d'embryons qui reprennent leur place près de 400 ans après le désastre. Entre temps, ces fameux extraterrestres les Drachs ont quitté notre planète mais ils ont laissé derrière eux des Sentinelles, une sorte de robots insectoïdes qui détruisent toute forme de vie au cas où. Il est vrai qu’il est difficile dans ces conditions extrêmes de reconstruire une nouvelle société. C’est donc un véritable combat entre les derniers survivants qui sont tous des enfants ou des adolescents et des machines tueuses avec la peur du retour de ces entités d’un autre monde. Cela ressemble un peu à la fameuse série Seuls de Vehlmann mais en plus dramatique et en plus psychologique. Si les protagonistes avaient été des adultes, je pense que cela aurait sans doute gagné en crédibilité auprès d'un plus large public. Il y a également des facilités scénaristiques qui vont agacer plus d’un lecteur. Pour autant, on se laisse prendre par cette aventure qu'on suivra avec plaisir car c'est intrigant et effrayant à la fois. Les trois premiers tomes forment un cycle d'après l'éditeur alors que la fin du 3ème ne semblait pas clairement le laisser entendre. On en saura un peu plus avec la parution du 4ème tome qui est très attendu. En tout cas, cela faisait longtemps que je n'avais plus lu une aussi bonne histoire de science-fiction. Je conseille vivement l'achat et la découverte de cette série. Un must depuis Universal War One ! C’est dire ! Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

13/02/2011 (MAJ le 30/05/2012) (modifier)
Par zébu
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

J'attendais d'avoir lu la totalité des albums pour donner mon avis ; et bien comme beaucoup je trouve cette série formidable ; à posséder absolument et à classer au panthéon de la BD. Nous voila face à une superbe histoire très bien écrite et merveilleusement contée renfermant un univers original et incroyable peuplé d'innombrables personnages vraiment attachants ; mais aussi de l'aventure, de l'action, beaucoup d'humour, des histoires d'amours contrariées, de la poésie, de nombreuses références à des films ou des oeuvres littéraires; le tout desservi par de très beaux dessins (quoique d'un style assez spécial). Bref, une série impressionnante de maîtrise qui parvient à nous séduire tout au long de ses 10 tomes ; une des rares qui plaira aussi bien à un public féminin que masculin et de toutes générations confondues ; en deux mots : chapeau l'artiste.

29/05/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série L'Ordre de Cicéron
L'Ordre de Cicéron

Une saga familiale au travers de la lutte de deux familles dans le milieu des grands cabinets d’avocat aux manières des "Maîtres de l’Orge". Un scénario béton et un dessin agréable, sobre et élégant. Une couverture accrocheuse. De la maîtrise également dans la narration. La lecture est très agréable. On suit avec plaisir cette enquête judiciaire bâtie sur un fond historique. Une réelle bonne histoire servie par une qualité de dialogues et une authenticité des personnages. Par ailleurs, le trait du dessinateur contribue à l’esprit de ce récit. Bref, un très bon cocktail ! Je me rappelle que mon vendeur de bd habituel le proposait très souvent aux clients hésitants à la recherche d’un bon scénario. Pour ma part, je ne me suis pas laissé prier. Les deux premiers tomes ont été publié assez rapidement puis plus rien. On attend un troisième tome qui est à chaque fois repoussé. C’est dommage car on avait bien l’histoire en tête puis cela s’estompe petit à petit. J'ai appris plus tard que le retard de cette publication était lié à l'état de santé du dessinateur. Après coup, on se dit qu'on a réagit un peu égoïstement... Le tome 4 vient clore une excellente série initiée par Malka et Gillion. Ce dernier est malheureusement décédé à l’âge de 85 ans après de bons et loyaux services dans le monde de la bande dessinée. Personnellement, j’appréciais beaucoup son graphisme. Le remplacement s’est fait au profit d’un système photoshop sur certaines vignettes à l’image des romans- photos. Je dois dire que je ne suis pas vraiment satisfait du résultat que je juge trop artificiel et dénaturé. Je sais que c’est actuellement la grande mode. Cependant, cela me dérangerait moins sur une nouvelle série qui choisit d’emblée ce procédé de facilité. Ce dernier tome est d’ailleurs dédié à Paul Gillion qui se retournerait peut-être dans sa tombe, lui qui avait le talent du dessin bien fait. Concernant le fond, je suis d’accord qu’il fallait terminer l’histoire de cette saga familiale. Sur un plan historique, après les horreurs de la seconde guerre mondiale commises par les nazis sur les populations juives, on va avoir droit à celles des victimes du maccarthysme. C’est intéressant mais il était temps véritablement de clôre le chapitre. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5

14/02/2007 (MAJ le 29/05/2012) (modifier)
Par Chalybs
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage avec Bill
Le Voyage avec Bill

Etrange OVNI (Oeuvre Visuelle Non Identifiée) que cet ouvrage là. Petit format compact, épais, je me suis dit que si je l'ouvrais, la lecture allait forcément me prendre du temps. 284 pages ! Pensez donc ! Malheureusement, la couverture ne m'inspirait pas, le trait, la couleur, la composition, tout dans cette page me repoussait. Un trait brouillon, des couleurs qui ne réussissent pas à cacher les défauts du trait et une composition qui ne lève aucune question particulière mais laisse plutôt entrevoir un sujet banal et soporifique. Bon, mon ami me l'a prêté, voire chaudement conseillé sa lecture, je dois donc lui faire confiance. J'ouvre. Malheur ! Le dessin de la couverture est le même que celui à l'intérieur ! J'ai bien du mal à me convaincre... Allez, je me lance. Et là, c'est la révélation, je comprends mon ami et son coup de cœur. Je comprends tout : le dessin, la couleur directe, la composition ! Ce père et sa fille parcourent les USA sans but, en vacances à la recherche d'une bonne surprise. Nous ne savons pas ce qui s'est passé exactement, mais nous avons l'impression que le père cherche à fuir une partie de son histoire récente. Il semble perdu, rempli de désillusion, légèrement amer. Sa petite fille, toute mignonne, semble subir ce voyage en voiture où elle n'a rien à faire, surtout avec ce père distant, peu loquace qui ne sait pas donner de sens à leur voyage, à leur vie... Alors, pensez donc ! Quand il croise Bill, un handicapé en fauteuil roulant qui cherche un magicien pour lui redonner ses jambes, la petite fille trouve enfin un but à son histoire. Un magicien ! Quoi de mieux pour faire rêver un enfant ? Le père désabusé accepte de prendre Bill en stop. Et l'aventure peut réellement commencer ! Le trio va parcourir les routes Américaines, rencontrer de nombreuses personnes. Bill va redonner de l'espoir à Tweety et Tweety va aider Bill à continuer d'y croire. Le voyage physique prend alors une tournure, fantastique. Enfin... Jamais nous ne saurons réellement démêler le rêve de la réalité, le fantastique du mystique, le délire de la raison terrestre. Nous allons sombrer avec Tweety, son père et Bill dans un monde où tout peut se produire, où les rêves croisent notre réalité. Où un autre monde s'ouvre à ceux qui veulent l'accepter. Progressivement cet état va augmenter, enfler et nous emporter sans même que nous ne nous en rendions compte. Comme les protagonistes, l'auteur Matthias Schultheiss, maîtrise son récit afin de nous emmener avec lui dans d'autres contrées. C'est brillant, c'est beau, c'est lyrique, c'est magique. Et pour cela, il va s'appuyer sur son dessin si particulier. Je ne l'aimais pas au début, je l'adore à la fin. Matthias Schultheiss maîtrise son art de manière très personnelle et cela fait mouche. Si son trait peut paraitre brouillon, l'ensemble aidé de magnifiques couleurs directes et d'une composition au final excellente nous font plonger au cœur de cette histoire avec aisance. Voilà pourquoi je lis de la BD. Pour de telles réalisations. De la BD qui confine réellement à la littérature. Pour de la littérature qui sait utiliser le graphisme pour faire passer des émotions, utiliser les silences, faire comprendre les interrogations et les non-dits. L'ambiance de cet album est aussi due à sa construction particulière. En effet, tous les dialogues sont détachés des cases. les seuls phylactères sont ceux de la voix off, minimaliste. Les textes sont présentés comme dans un roman classique, lettres noires sur fond blanc, à côté des images. Les images prennent donc plus de poids, débarrassées de leur contraignantes paroles. Les images donnent encore plus le sentiment de solitude, de lenteur. On sent d'autant plus le pouvoir des longs moments silencieux entre le père et sa fille. Chaque instant peint et dépeint donne l'impression d'un instantané, d'un moment de vie prit sur le vif dans l'histoire de ce père qui se cherche et de sa fille, Tweety, qui enfin a trouvé une raison à son voyage. La fin, magnifique permet de clore ce livre sans regret, si ce n'est celui d'avoir déjà à refermer ce livre...

29/05/2012 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5
Couverture de la série Les Cités obscures
Les Cités obscures

Avec ce projet ambitieux et au long cours que sont les Cités obscures, les deux démiurges belges Peeters et Schuiten ont contribué à donner à la BD ses lettres de noblesse en créant un monde vaste et complexe, ne négligeant aucun aspect qu’il soit géographique, historique, technologique ou architectural (un peu comme avait pu le faire Tolkien en matière de littérature). Chacun des épisodes peut se lire indépendamment les uns des autres mais tous restent reliés par un même fil rouge : l’univers parallèle des Cités obscures, inspiré de notre monde terrestre au XIXème siècle en mode futuriste (comme si Jules Verne en était le concepteur), avec des jours et des années de même durée mais avec un calendrier différent, avec des villes dont le nom évoque parfois celles que nous connaissons (Pâhry, Brüsel, Genova…), avec des êtres semblables qu’ils soient humains ou animaux… Mises à part toutes ces différences de l’ordre du rationnel, cet univers est toujours d’une étrangeté troublante, car si certains aspects évoquent le nôtre par ses technologies, son architecture et ses administrations toutes aussi écrasantes les unes que les autres, le fantastique n’est jamais bien loin, toujours prêt à ouvrir une brèche dans les certitudes gravées dans le marbre. Pour tout lecteur normalement constitué, il s’agit d’une expérience unique, car à peine a-t-on le temps de s’habituer à l’univers proposé (chaque cité ayant sa spécificité) que déjà les murs se fissurent et le sol s’ouvre sous vos pieds, perturbant la logique qu’on avait cru pouvoir échafauder depuis le début du récit, vous projetant de nouveau dans une nouvelle dimension… un peu comme dans un jeu de poupées russes, dont chacune abrite le morceau d’un puzzle mystérieux et gigantesque. Les personnages quant à eux semblent évoluer dans un monde dont les enjeux leur échappent complètement, à la manière de marionnettes désincarnées… L’architecture tient aussi une place très importante dans l’univers des auteurs, au point d’apparaître souvent comme le personnage central. Le dessin est tout à fait adapté à la philosophie de cette série, de par sa ligne claire, son style à la fois sobre, détaillé et rigoureux, avec des cases alternant les scènes les plus intimes avec les décors les plus grandioses. Un style qui pourra peut-être paraître désuet à certains, mais que d’autres pourront fort bien juger intemporel et poétique… Cela étant, les deux auteurs ne s’interdisent rien et au fil des tomes, explorent des techniques graphiques variées, passant du noir et blanc à la couleur, alternent les formats (à la française, à l’italienne, texte avec illustrations en pleine page, guide de voyage…). Ces mondes obscurs parallèles peuvent être vus comme un miroir tendu au nôtre, comme une sorte d’image inversée, dont plusieurs thématiques traversent toute la série : l’étrangeté de notre monde, la solitude de l’être humain face à la machine administrative omnipotente et froide, l’architecture utilisée par le pouvoir politique pour tenir en respect les citoyens, la démesure architecturale vouée à l’échec, le grain de sable s’insinuant dans les rouages d’un système trop bien huilé, la croyance inébranlable envers le progrès, lui-même porteur des germes du chaos, la femme et la sensualité comme refuge face à un environnement inhumain… Une série de grande qualité d’après moi incontournable pour tout amateur de bédé qui se respecte. D’ailleurs, si la bande-dessinée devait être enseignée un jour à l’université, je ne doute pas un instant que cette fantastique série fasse référence chez les enseignants… C’est pourquoi j’attribue 5 étoiles comme note globale, même si la moyenne est de 4. 1 - Les murailles de Samaris - Derrière les façades… 2 - La fièvre d'Urbicande – Quand l’insignifiant menace l’ordre établi 3 - La tour – Une fable sur l’arrogance 4 - La route d'Armilia - Carnet de voyage vernien 5 – Brüsel - What goes up must come down 6 - L'enfant penchée – L’imagination contre la mesquinerie et la bêtise 7 - L'ombre d'un homme - La vengeance d’une ombre… 8 - La Frontière Invisible, tome 1 – Jeux avec frontières 9 - La Frontière Invisible, tome 2 – La frontière est la mère de la guerre 10 - La Théorie du grain de sable – Grain de folie 11 - La Théorie du Grain de Sable, tome 2 – L’effet boomerang en pratique 12 - Souvenirs de l'éternel présent – Un livre pour enfants sombre et surréaliste 13 - Le Retour du Capitaine Nemo – Poulpe fiction ! 101 - L'archiviste – Les portes de l’imagination

26/05/2012 (modifier)