Les derniers avis (7532 avis)

Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Souvenirs d'un jeune homme
Souvenirs d'un jeune homme

Décidément, Lauzier a un sacré don pour croquer la société et ses malaises. Pour un troisième ouvrage de l'auteur, j'ai été plus qu'enchanté, je dois bien le dire. Tout est bon là-dedans. Déjà, le trait est soigné par rapport à La Course du rat du même auteur, avec de petites améliorations notables. Le dessin n'est toujours pas beau mais je l'ai trouvé un poil plus sympathique. Peut-être une plus grande maturité (bien qu'il n'y ait pas dix ans entre les deux). Les couleurs sont toujours autant abominables, là-dessus il n'y a rien à sauver. Par contre, un effort énorme a été fourni au niveau des phylactères, et enfin c'est lisible ! La lecture est fluide, les bulles sont bien taillées, c'est un régal ! Rien à voir avec l'ancien système complètement brouillon. Et encore une fois, c'est l'histoire qui est juste superbe. J'ai littéralement a-d-o-r-é ! Le principe de base est un peu semblable à La Course du rat, avec une personne qui décide de changer sa vie en profondeur et se casse un peu la figure. Mais par contre, le propos va se tourner vers une autre forme de critique sociale. Là, c'est la jeunesse et ses fameuses illusions qui vont s'en prendre plein la poire (et sans gants je vous prie !). Et sans cette fois-ci de slogan tel que "Tous pourris !". Des pourris, il y en a, mais aussi beaucoup de gens normaux qui sont abusés par le système. Les désillusions vont être nombreuses, et encore plus de questions sont posées à la fin qu'au début de l'ouvrage au final. Un adolescent qui fait sa crise d'ado, c'est bateau comme sujet. Mais lorsqu'on pousse le concept un peu plus loin, c'est très intéressant. Les relations avec le père sont ici poussées à l’extrême, de même avec la mère, et pourtant au final, alors qu'on plaignait le père tout le livre durant, on en vient à se demander si il ne le mérite pas. Aucune limite claire n'est posée entre le salaud et l'homme de bien dans toute la BD. Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes ! Nul n'est à l'abri. Le plus important à ce niveau, c'est bien le héros. Narrateur de tous les événements, personnage haïssable par ses manières, ses réflexions et tout le mal qu'il fait autour de lui, il n'est néanmoins que perdu dans un monde qu'il doit découvrir comme un adulte désormais mais dans lequel il ne trouve pas sa place. Une sensation qu'on a aussi pu ressentir. Mais là, le héros fait dans tous les extrêmes possibles, ne se rendant même pas compte de sa propre connerie (qui est monumentale), se haïssant lui même tellement fort que c'en est presque malsain. On ne peut pas le prendre en pitié, et pourtant, on ne peut pas le blâmer de tout. C'est du coup un personnage encore une fois ambigu. Il n'est pas tout blanc, pas tout noir, pas tout gris. Il oscille entre tout en permanence. Et hautain, arrogant, haïssable ... Tout est fait pour qu'on le déteste. Lauzier a bien travaillé. En fait, je crois que Lauzier a voulu retranscrire ici tout ce qui est haïssable en nous lorsque nous passons du monde de l'enfance à celui des adultes. Le héros est chargé autant que possible, mais c'est une dénonciation. De ce que le jeune peut ressentir, de ce que la société en fait, de ce qui ne va pas. Tout est passé encore une fois au crible, des bobos aux hippies, les familles strictes et les nouveaux artistes, la mère poule et le père dépassé par son temps, les considérations philosophiques de bas étage, ... Et peut-être que, nous reconnaissant dans ce héros, nous ne le haïssons que d'avantage, aussi méchant et mesquin qu'il est. Si j'ai mis 5 étoiles à ce récit, c'est que je l'ai trouvé excellent, vraiment, avec les plus gros défauts que j'imputais à Lauzier qui ont été gommés. L'histoire marque, étant très sombre, très noire, et ne finissant ni bien ni mal. Je ne peux pas vraiment expliquer autrement, mais la fin est étrange, sans qu'on ne sache encore une fois sur quel pied danser. Lauzier nous emmène dans un tourbillon des 18 ans qui laisse perplexe, la morale n'étant pas simple du tout. Je pense que le récit s'adresse avant tout aux adultes, mais je crois que ceux qui connaissent cette période peuvent aussi comprendre beaucoup de choses à travers cet être complexe et tourmenté. Personnellement, j'ai été marqué par cette BD, et j'en recommande la lecture. Déjà pour se faire son propre avis. Mais également pour apprécier une lecture à la philosophie très particulière, par une satire de la société efficace et une satire de l'homme encore plus efficace. Nijal dit qu'il voit la BD comme la représentation de l'écueil des 18 ans. Je pense que c'est vrai. 18 ans, c'est un cap qu'il faut franchir. Et Lauzier tente de nous montrer une voie à ne pas emprunter. C'est un bon avertissement, et il mérite d'être écouté.

13/03/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série L'Homme qui n'existait pas
L'Homme qui n'existait pas

Après La Belle Image qui conte le changement du visage d'un homme qui remet toute sa vie en question, l'auteur Cyril Bonin poursuit sur ce thème avec l'homme qui n'existait pas. En effet, en l'espèce, l'homme devient invisible aux yeux du monde. Pour l'originalité de l'oeuvre, il faudra repasser. Néanmoins, j'ai beaucoup apprécié ce nouvel opus qui plonge également dans les vieux films de cinéma comme pour donner une nouvelle dimension. L'homme est informaticien. Il ne réagit pas avec les sentiments mais avec les faits. Il est seul et travaille constamment avec la machine. C'est lui qui va disparaître comme pour nous faire comprendre de la vacuité de l'existence. A force de s'isoler pour se protéger des autres, il finit par disparaître. Il est condamné à hanter les lieux. Or, il va faire une rencontre qui va tout changer et mettre un peu de piment à sa vie. En réalité, c'est sa passion pour le cinéma qui va lui ouvrir certaines portes. J'ai aimé cette fable sur l'identité humaine. Elle est très subtile d'autant que sa conclusion laisse place à l'espoir. Encore une fois, l'auteur arrive à nous subjuguer grâce à une incroyable lisibilité de son récit malgré une approche très intimiste et le peu de dialogue.

10/03/2013 (modifier)
Par Andrus
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Agrippine
Agrippine

Agrippine est un chef-d'oeuvre. Non seulement à cause du superbe humour ou des expressions personnelles, mais aussi parce que Bretécher s'est impliquée dans sa bd ; au lieu de coloriser à la palette graphique, elle a pris le temps de peindre à l'aquarelle tous les détails. Si les deux derniers albums sont un peu moins bien que les autres (sans doute parce qu'on y reconnait la société actuelle), Agrippine est, par son humour et sa réalisation, une bd culte. Que ce soit "Agrippine et l'ancêtre", où l'on fait connaissance de la charmante Zonzon (ce tome est le meilleur) ou "Agrippine", où l'on fait connaissance avec les personnages et le vocabulaire, ou "Agrippine et la secte à Raymonde", qui donne l'occasion de montrer à quel point les sectes sont dangereuses ou même "Allergies", qui reste un bon album, il faut tous les lire. Par contre cette série n'est pas forcément accessible au premier coup ; il faut avoir lu deux ou trois tomes avant de comprendre le vocabulaire, le contexte et l'humour. Petit bémol pour "Agrippine déconfite": il n'y a aucun mot propre au vocabulaire d'Agrippine, pas vraiment de gags... Les meilleurs sont pour moi "Agrippine et l'ancêtre", "Agrippine prend vapeur" et "Agrippine et la secte à Raymonde".

08/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Que dire de cette bd qui avec La Quête de l'Oiseau du Temps a rangé Loisel dans la catégorie des grands de la bd ? C’est brillant tellement c’est sombre ! Voilà un Peter Pan qui dénote franchement du Pan de Walt Disney. La vie ne l’a pas épargnée, et quand Clochette l’emmène avec lui, ce n’est pas beaucoup plus joli. On a ici une adaptation de l’histoire bien ancrée dans son temps, avec des aventures qui se déroulent dans un monde sans concession ou la loi du plus fort et du plus malin prime. Et dans la fourberie, Clochette n’est pas en reste. Mais le tout est d’une justesse imparable et Disney est vite oublié pour se plonger dans ce Londres glauque et sombre et suivre un Peter Pan tourmenté. Au dessin, on retrouve la patte du maître, de la féminité callipyge, des visages aux couteaux. C’est beau… A lire absolument.

06/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 5/5
Couverture de la série La Quête de l'Oiseau du Temps
La Quête de l'Oiseau du Temps

Cette bd est aussi magique que le monde qu’elle décrit… Il n’y a rien à jeter là-dedans : tout est beau. L’histoire est brillante, bien menée, d’une grande justesse et on ne peut fermer le dernier tome sans avoir un petit quelque chose dans la gorge. L’univers créé ici est complet, sans fausse note et on s’y plonge comme dans un bain chaud un soir d’hiver. Les aventures de Pélisse et Bragon nous emmènent au confins de notre imagination et on ne peut que louer le talent de Letendre pour avoir imaginer tout cela au regard de notre seul plaisir. Loisel parachève le coup de maître avec son trait d’une grande justesse qui vient illustrer magnifiquement ce scénario en or. Il nous immerge dans une ambiance pleine de nuances, avec une galerie de personnages, de décors et de bêtes tout aussi juste les uns que les autres. Vous l’avez compris, les superlatifs et les compliments manquent pour cette bd, alors pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, ne passez plus à côté, lisez cette merveille.

06/03/2013 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Souvenirs de l'empire de l'atome
Souvenirs de l'empire de l'atome

Un véritable Ovni que cette bd intitulée sobrement "Souvenirs de l'Empire de l'Atome", de Thierry Smolderen (à qui l'on doit déjà cette superbe série Ghost money) et A. Clérisse, dont je découvre le dessin. Tout d'abord, un objet éditorial de grande qualité édité étrangement par Dargaud alors que le format le rapprochait plus des albums en provenance de Futuropolis. Découpée en plusieurs chapitres, qui vont dans le désordre de 1926 à l'an 110 000 dans le futur, en passant par l'année charnière 1958, cette histoire peut paraître confuse, voire compliquée mais elle bénéficie d'un scénario en béton qui en fait une lecture très fluide et très agréable. Bref, cette bande dessinée est un véritable régal, voire la révélation de l'année 2013. Véritable hommage aux thèmes de science-fiction developpés dans les années 50 (et inspiré apparemment d'un fait divers réel), cet album réconcilie à la fois le franco-belge (avec l'exposition universelle de Bruxelles de 1958 ) et l'inspiration des bd américaines de science-fiction. On y croise d'ailleurs un André Franquin et une rousse plantureuse et incendiaire issue de Mad Men, un clone de Zorglub, et certainement d'autres références (une Ford T, un Georges Bush Sr) qui mériteraient une seconde lecture. Ouvrage fort riche et à plus d'un titre intéressant, qui, s'il le fallait, est encore réhaussé par le magnifique dessin décalé d'Alexandre Clérisse qui donne à cet album à la fois cet aspect désuet des années 50 et toute sa modernité. Un comble, non ? Bref, s'il ne fallait conseiller qu'un seul livre à lire depuis ce début 2013, ce serait sans nul doute celui-là.

03/03/2013 (modifier)
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

Tomes 1 à 7: Tomes 8 et 9: Tome 10: Note moyenne: 4.5/5 Une très belle série, assurément, qui a sa place dans les immanquables. En effet, elle possède de nombreuses qualités qui m'ont souvent bluffé, à plusieurs niveaux. Déjà, le scénario est très original, et bien construit. J'étais assez dubitatif sur le fait de faire cohabiter des animaux anthropomorphes et des humains, mais finalement, ce mariage est réussi, et je n'en fus plus troublé au bout de quelques pages. Cette histoire prend tour à tour différentes saveurs au fil des albums: d'une chasse au trésor dans une ambiance piratesque et loufoque, on passe à un conte empreint d'une ambiance lunaire et onirique, pour finir sur une guerre fratricide entre deux monarques, certes assez manichéenne. L'imaginaire développé par Ayroles est époustouflant. Quelle richesse en personnages! De fiers canidés à l'escrime digne de Dartagnan, un lapin qui a oeuvré dans la garde du cardinal, un savant fou pas si fou que ça, un radin qui n'a rien à envier à l'avare de Molière, un détestable roi banni au faciès crochu comme un croissant de lune, maitre d'une armée de mimes, et des pirates bouleversés par des inquiétudes métaphysiques, sont entre autres de la partie, c'est dire.... La tournure du récit prend volontiers celle d'un roman d'apprentissage, comme aurait pu le faire le grand Voltaire, avec des critiques subtilement suggérées sur l'espèce humaine et ses plus grands travers: avarice, convoitise, égocentrisme, mégalomanie, obscurantisme, hégémonisme. On distingue notamment une critique assez acerbe du feu Louis XIV. Impossible de faire la critique de cette oeuvre sans louer l'immense qualité des dialogues. D'un niveau et d'une richesse lexicale inouie, cette lecture m'a permis d'apprendre de nouveaux mots. Chose qui devient de plus en plus rare, hélas, il n'y a pas une faute d'orthographe à déplorer. Et que dire des nombreux poèmes en alexandrins et tirades qui n'ont rien à envier aux plus grands dramaturges? La saveur de cette lecture est telle que les dialogues seuls la rendraient unique. Non content de nous ravir avec un scénario palpitant, des personnages des plus attachants, et des répliques qui nous transportent littéralement, Alain Ayroles a su s'entourer d'un brillantissisme dessinateur: Jean-Luc Masbou, que j'ai découvert avec cette oeuvre. Je suis stupéfait par autant de talent... La justesse dans le trait, pour rendre l'anatomie animale ou humaine fidèle, les éléments d'arrière plan qui viennent souvent agrémenter une case pour lui donner un côté comique, les mimiques des personnages, toujours justes, pour chaque émotion possible et imaginable, de la tristesse à la joie, de la colère à la bonhomie. Et que dire des couleurs !!! J'ai plusieurs fois été scotché devant certaines cases, notamment celles se déroulant sur (ou sous!) la mer, mais aussi par ses aubes et ses couchers de soleil, par le réalisme avec lequel il donne l'image de la lumière, que ce soit celles d'une torche, d'un luxeux et royal lustre, ou d'un étoile céleste. J'ai hélas tout de même quelques brefs griefs à formuler... Mon enthousiasme s'est un peu étiolé à partir du tome 8. Le personnage du maitre d'arme m'a un peu déçu, je m'attendais à un peu plus de mystère sur sa nature, un peu plus de charisme aussi. Après avoir entendu parler de lui dans les tomes précedents, je m'attendais à trouver autre chose qu'un mousquetaire au nez Cyranesque et ne conversant qu'en poème, mais bon... Même l'histoire commence un peu à s'essoufler à partir de là. Alors que le rythme était effréné auparavant, j'ai trouvé que les auteurs mettaient un frein pour faire durer inutilement cette histoire, et malheureusement on finirait presque par s'enliser... Quant au tome 10, il est très surfait, superflu. Seules les premières pages apportent quelquechose, et on aurait sans peine pu fusionner ce tome avec le précedent. L'essentiel de ce dernier album est du remplissage inutile en bonne et due forme...Certaines scènes sont tout bonnement ridicules ou baclées (comme celle avec le duel entre Raïs Kader et Don Lope, par exemple). Malgré tout, cela reste fort heureusement une oeuvre colossale. Originale, captivante, agréable à lire et à regarder, incontestablement, un monument de la BD ! (200)

26/02/2013 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl

Je ne sais pas comment les moins de 25 ans perçoivent cette catastrophe aujourd’hui, mais je me souviens qu’à l’époque ce fut (pour moi en tous cas) un énorme traumatisme malgré les tentatives du gouvernement et des médias français pour en minimiser la portée. Tout d’abord, ce qui frappe au premier coup d’œil dans cette BD, c’est la beauté du graphisme, avec le recours à une aquarelle sépia et monochrome aux tonalités parfois très sombres, conférant une atmosphère oppressante dès les premières pages. C’est ainsi que l’on va suivre l’auteur dans son expédition avec la boule au ventre, comme si on y était, vers ce no man’s land terrifiant où le danger est invisible mais omniprésent. TCHER-NO-BYL . Ces trois syllabes, qui sonnent comme une explosion, une sorte d’éternuement atomique, exercent toujours le même pouvoir de fascination morbide mêlée d’effroi. Les voyeurs, eux, seront très certainement déçus, car ici Lepage évacue la question des malformations dès le début en ne faisant que reproduire – pudiquement - quelques photos d’enfants difformes prises quelques années après l’explosion, histoire de mettre les choses au clair. Une fois passés les questionnements liés à l’appréhension d’un tel voyage, l’arrivée dans la zone maudite, la découverte d’une ville fantôme et de ses ruines, l’approche de la centrale, gueule béante des enfers, comme un défi face à un monstre endormi, le récit va évoluer vers quelque chose d’inattendu, posant à Lepage et ses camarades artistes mille questions, leur imposant un virage à 180° - le titre résume tout. En effet, force leur est de constater, avec l’arrivée de la belle saison, que la nature s’est adaptée et a repris le dessus. La couleur, très rare au début, se fait de plus en plus fréquente, conférant à l’ensemble de la légèreté et éloignant la chape de plomb nucléaire. Telle est la question se posant aux auteurs : comment décrire l’invisible ? Une nature exubérante aux couleurs chatoyantes, comme dopée par la radioactivité, contre toute attente. Une nature accueillante et omniprésente tout en restant très dangereuse pour quiconque s’y attarderait. Plus largement, se pose la question de l’objectivité de l’œuvre documentaire. Mandatés par une association humanitaire pour dénoncer les dangers du nucléaire, les auteurs sont confrontés à un vrai dilemme : doivent-ils dessiner ce qu’on attend d’eux ou dépeindre la réalité telle qu’ils la voient ? A travers cette magnifique BD, l’auteur nous livre une œuvre libre, personnelle et sincère. Avec humilité et sensibilité, Lepage nous donne également à voir de beaux portraits des habitants de la région (et n’oublie pas au passage de rendre hommage aux « liquidateurs » qui se sont littéralement sacrifiés). Certains moments sont véritablement poignants, je peux affirmer sans hésitation qu’il s’agit de la meilleure BD documentaire qu’il m’ait été donnée de lire. Et en ce qui me concerne, malgré l’ « optimisme » dégagé par cette histoire, je ne suis pas devenu pour autant partisan du nucléaire. Cela reste une énergie terriblement dangereuse pour l’homme (qui voudrait habiter Tchernobyl à moins d’être suicidaire ?). Cet ouvrage ne fait que prouver que la nature s’en est toujours très bien sortie – et mieux – sans l’Homme, et devrait donc nous inciter à plus d’humilité devant des forces que l’on ne contrôle pas, comme en témoigne la catastrophe plus récente de Fukushima.

21/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Incal
L'Incal

LE "Star Wars psychédélique" de la BD française. Un monument indétrônable. 6 tomes qui se lisent d'une traite, sans temps mort. Ils sont tous excellents. Jodorowsky et Moebius sont très en forme (1ère collaboration je crois) et livrent là leur oeuvre maîtresse (une des meilleures de Jodorowsky, en tout cas qui met tout le monde d'accord contrairement à d'autres). Pour ma part la meilleure série de Jodorowsky avec Le Lama blanc, Juan Solo et La Caste des Méta-barons (voire Face de Lune aussi). Nous suivons tout d'abord l'existence d'un citoyen lambda "John Difool" qui va, au fur et à mesure, devenir une sorte de "messie". Dans une "cité-puits" du futur. Les catégories sociales sont proportionnelles aux étages des différents niveaux (Le roi tout en haut, puis les aristocrates, puis les prolétaires et ainsi de suite jusqu'aux gueux et terroristes du lac d'acide tout en bas. Et puis il y a encore plus bas (album "ce qui est en bas" mais chut...). Et puis un autre album "ce qui est en haut" aussi. Au-dessus de la cité-puits, il y a la surface ou il n'y a... rien (ah si des champs labourés par des espèces de moissonneuses-batteuses du futur). Et plus haut le techno-pape et sa base en forme d'oeuf noir. Excellent ! Une sorte d'empereur de la force obscure. Voilà pour le décor. Après c'est du Star Wars complètement psychotronique. Les 2 derniers tomes partent dans un trip cosmico-psychédélico-mystique assez hallucinant absolument bien géré et limpide (ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de Jodorowsky qui peuvent se révéler indigestes ou bâclées). Là c'est divin. Une véritable illumination cosmique (que vous ne trouverez jamais dans Star Wars). J'ai entendu dire que Moebius et Jodo s'étaient inspirés entre autres de leur travail sur le film "Dune" que devait réaliser Jodorowsky mais repris par David Lynch. Les producteurs ayant pris peur car Jodorowsky avait pour idée (entre autres) de confier le rôle de l'empereur à Salvador Dali sur un trône en forme de chiotte... Je les comprends ^^. Mais là je m'égare. Pour en revenir à l'Incal je n'ai pas envie de raconter toute l'histoire et puis tout le monde a lu ce monument je pense. J'ai adoré également la suite ou plutôt la préquelle Avant l'Incal avec Janjetov. Mais on n'est pas au niveau - bien sûr - de la puissance de la série originelle.

21/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Broussaille
Broussaille

Une série que j'ai découverte grâce à l'album n°3 : "La nuit du chat" que je possédais dans ma jeunesse. Cet album je l'ai lu et relu pendant toutes ces années et chaque lecture n'a fait qu'augmenter mon amour et ma passion pour cette bd. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert "Les baleines publiques" et "Les sculpteurs de lumière". En général on est souvent déçu par une série qu'on a aimé dans sa jeunesse. Et bien là non. Pas du tout. C'est plutôt rare pour le signaler. Ces 3 albums sont des merveilles de poésie, d'amour de la nature, des animaux de toutes sortes et d'une certaine recherche de fantastique dans le quotidien. J'adhère totalement car moi aussi je suis en recherche d'une certaine atmosphère fantastique (je fais de la photo), que ce soit en forêt, en ville ou même dans un terrain vague. Et l'album de "La nuit du chat", que j'ai du lire pour la 1ère fois vers 10 ou 12 ans m'a profondément marqué voire inspiré inconsciemment. Cette "quête" de Brousaille pour retrouver son chat la nuit à travers les jardins, les voix ferrées est absolument magique voire mystique (c'est un peu fort ?). Et puis ce vieux clochard à la fin, qui garde secretement son petit désert de sable dans sa maison (qui logiquement ne sert à rien), de la poésie à l'état pur. Les sculpteurs de lumière est tout aussi bon, si ce n'est supérieur au niveau des dessins ( petite rectification après relecture: non, la nuit du chat est encore plus beau). Rien à jeter. Je ne m'étendrai pas sur l'intrigue. C'est une merveille. "Les baleines publiques" est très bon lui aussi mais peut être légèrement inférieur. Seul petit reproche cependant. Le personnage de Broussaille est un peu niais à mon goût (voire beaucoup). C'est le jeune écolo sympa, cliché à mort. C'est quand même un point important qui logiquement devrait m'empêcher de mettre 5/5 à cette série. Et bien non car pour moi ce héros n'est qu'un prétexte à Franck pour nous faire partager sa passion et son amour la nature. Inutile de préciser que les dessins et les couleurs sont fabuleux. Dans le genre franco-belge c'est du très haut niveau. Donc récapitulons: - Les baleines publiques: **** - Les sculpteurs de lumière: ***** - La nuit du chat: ***** Les autres je ne les ai malheureusement pas lus.

20/02/2013 (modifier)