Tome 1
Après le très sombre mais réussi Blast, Manu Larcenet nous revient avec un récit noir, dur adapté du roman éponyme de Philippe Claudel.
Tout d'abord, en ouvrant cet ouvrage (judicieusement édité sous un format à l'italienne), j'ai eu une claque, une claque graphique. Quelle maîtrise du noir et blanc, quelle maîtrise de l'espace où les planches muettes sont toutes aussi, voire plus, expressives que les pages commentées par Brodeck.
Certaines pages sont difficiles à supporter: celles consacrées aux camps de concentration par exemple. Le dessin de Larcenet, encore plus réaliste que celui qu'il avait adopté sur Blast, fait de ce premier volume le livre incontournable de cette année.
Le parti pris de l'auteur (peu de dialogues, un récit à la première personne, et des planches muettes) est si bien dosé que je n'ose pas, et c'est un comble, découvrir la suite rapidement en lisant le roman, de peur d'être déçu.
Une plongée très réussie dans les méandres de la noirceur humaine.
PS: l'éditeur aurait dû prévoir un étui plus aisé à retirer !!!
Tome 2
Dès la sortie du premier volume, j'avais souligné la beauté des planches, le plus souvent muettes. Changement de registre avec ce second volume, avec des dialogues beaucoup plus nombreux mais le talent de Manu Larcenet reste, heureusement, ici, intact.
Alors que les paysages champêtres étaient légions dans le précédent volume, Larcenet se recentre ici autour de deux personnages, ou plutôt de deux destins, qui, en apparence sont différents, mais qui au final se rejoignent, celui de Brodeck évidemment, et celui de l'autre, dit "l'anderer".
Larcenet, au fil des pages, réussit à nous transmettre une ambiance de plus en plus étouffante de ce village situé, situé où au fait... au cœur d'une Europe meurtrie par une guerre. Cela pourrait se dérouler en Pologne par exemple.
A travers ce rapport, on en apprend autant sur cet "étranger" que sur Brodeck (et sa famille), qui n'est pas loin non plus d'être un étranger au village.
Graphiquement Manu Larcenet est ici à son meilleur niveau, encore au dessus de ce qu'il nous avait livré pour Blast.
Les planches en n&b sont sublimes à tel point que l'on se demande, après le formidable Blast et ce diptyque inoubliable, ce que nous réserve l'ami Larcenet l'année prochaine.
Un sentiment étrange me traverse au travers de la lecture de ce second volume. Autant, je n'avais pas envie de connaître la conclusion de ce récit à l'issue du premier volume, en me plongeant dans le roman de Claudel, autant, après avoir lu ce second tome, je pense lire le roman éponyme de Claudel pour voir la plus-value que Larcenet a apporté à ce récit.
Un second volume très sombre, très riche, illustré de façon magistrale, d'après un roman, il ne faut pas l'oublier, de Philippe Claudel...bref une bd indispensable !
J'ai dévoré les deux volumes ce week-end mais je ne cesse d'y retourner pour admirer les superbes planches de Larcenet.
Un album à lire, à relire et à admirer...on est proche du chef d’œuvre, non?
Pour l'anecdote, les éditions Dargaud ont tenu compte des critiques sur la présentation du premier volume en offrant aux lecteurs un étui plus facile à retirer pour ce second volume !
Wouha !!
Encore un bel ouvrage. Un vrai emballage cadeau pour cette fin d'année. Superbe couverture. Lettres dorées sur un fond noir mat. Un bel objet.
Joli coup de crayon de Gatignol, personnellement, les œuvres noires et blanches commençaient à m'ennuyer. Et là, je retrouve une vraie intensité dans les contrastes, un réel jeu d'ombres. C'est vraiment très beau. Un noir et blanc utile à l'histoire. La richesse des détails est également très réussie. Les décors sont gigantesques, l'architecture représentée est tout à fait dans le propos. Nous sommes vers le 16ème siècle.
Le dessin de couverture devrait finir de vous convaincre et vous donner envie d'ouvrir cette BD.
L'histoire est loin d'être un conte de fée, au contraire. A ne pas donner aux enfants, sous peine de les retrouver dans le lit de papa et maman.
La famille des ogres est juste abominable, ils sont laids, ils n'ont pas inventé l'eau chaude, ils semblent dénués de toute sensibilité. Par dessus tout, ils sont cruels. Ils dévorent les humains, comme on mange des chips. Ambiance très sombre garantie.
Au milieu de cette famille vit Desdée, matriarche charismatique rejetée par les siens. Elle incarne la raison et la sagesse. Elle essaiera de guider et protéger petit.
On s'attache vite au héros, ce petit gars minuscule et fragile. Il doit grandir entre les humains et sa famille. Entre ces deux "populations", la haine est omniprésente.
Il aura bien du mal à trouver sa place dans un monde visiblement pas fait pour lui (d'ailleurs fait pour personne...).
Est-il réellement possible de se détacher de son héritage culturel, d'un patrimoine génétique trop lourd à assumer ? Quelles en seraient les conséquences ?
L'histoire est entrecoupée par des focus sur différents personnages de l'histoire. Elle est bien écrite et les dessins qui illustrent ces protagonistes sont magnifiques. Le doré sur le noir rend l'ensemble superbe, c'est du plus bel effet.
2ème partie -Demi-sang-
La maison d'édition continue de nous proposer un bel ouvrage, ces couvertures sont toujours aussi belles.
Néanmoins, pour ce deuxième tome, il ne faut pas s'attendre à la suite du premier volume.
Nous sommes bien toujours dans l'univers des ogres dieux où il règne une atmosphère classieuse, sombre et violente, et très gothique.
Contrairement à petit qui est bien le fils d'une ogresse, cette fois-ci le héros principal est né de l'union d'un noble et d'une femme de plus basse extraction. Le titre prête donc à confusion...
J'ai trouvé l'histoire moins originale que pour le premier, toute l'intrigue tourne autour de ce personnage qui ne cherche à servir qu'une seule chose : sa vengeance. Pour cela il usera de ruses politiques, de son habileté aux beaux discours et de son joli minois et sera prêt à s'oublier lui-même pour assouvir sa soif de pouvoir et d'estime en vue de sa vengeance. Il existe une relation complexe entre sa mère et lui, sa mère et son père qui rend par moment l'histoire trop dense psychologiquement.
Nous en apprenons toujours un peu plus sur l'univers des ogres dieux et c'est appréciable.
Les dessins sont toujours aussi beau, mais l'histoire est moins prenante, moins intense, moins rythmée. Ce qui faisait la beauté du premier s'est estompé par un scénario convenu où les surprises sont finalement peu nombreuses. Les ogres apparaissent peu, quelques liaisons avec "Petit" sont présentes pour maintenir le fil rouge de la série.
L'album reste entrecoupé par la généalogie des ogres dieux, les textes m'ont semblé plus étoffés (un peu trop?), toujours bien écrit encadrés par de très beaux cartouches et de belles "enluminures".
Est-ce que ce tome sert à immerger un peu plus le lecteur dans l'univers des ogres dieux ? Et-ce que le troisième volet sera à la hauteur du premier ? Beaucoup d'interrogation pour cette suite assez réussie mais pas à la hauteur de "Petit".
Pour ce 2ème tome, je note 3,5/5 pour la richesse des dessins et de l'univers. Mais je reste sur ma faim quant au scénario. J'attendais vraiment de connaître la suite des aventures de "Petit". Petite déception...
Dans la peau de Marilyn Monroe !
Blonde, lèvres pulpeuses, sourire enjôleur, regard hypnotique, grain de beauté sur la joue gauche et formes voluptueuses, Marilyn Monroe est encore aujourd'hui un mythe. À la fois fascinante d'élégance et déroutante de naïveté, elle demeure l'objet de fantasmes et d'indiscrétions.
Tommy Redolfi fait partie de ceux que le sex-symbol intrigue. Dans Holy Wood, il en dresse un portrait atypique. Mais attention aux faux-semblants ! Holy Wood n’est pas Hollywood. L'auteur aime jouer avec les mots et distordre la réalité. Ainsi, dans son imagination, le bois de houx s'est transformé en bois sacré. Sacré, car c'est là qu'ont débuté les carrières des plus grandes stars de cinéma.
L'intrigue commence alors que la jeune et timide Norma Jeane Baker débarque dans cette sombre et angoissante forêt de résineux à la suite d'un casting sans promesses. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'endroit ne ressemble en rien à la terre sainte suggérée par le titre. Les logements de fortune et autres caravanes y poussent comme des champignons. De prime abord, il est difficile d'imaginer qu'un trou aussi lugubre et obscur soit le berceau des personnalités qui évoluent maintenant sous la lumière des projecteurs. Pourtant, elle y croit et s’accroche à ses rêves. Motivée par l'envie d'inscrire son nom à côté de ceux des gloires du septième art, elle vient s'installer dans ce lieu en état de délabrement où a éclos la reconnaissance cinématographique de tant d'autres. Les castings s'enchaînent, souvent infructueux, avant que les époux Wilcox, étranges fondateurs d'Holy Wood, lui ouvrent la porte menant sur le devant de la scène. Ainsi naîtra Marilyn Monroe, l’icône. Celle dont l'Histoire retiendra le cliché de la jupe qui se soulève sur une grille de métro ou son interprétation de « Happy Birthday, Mister President ». Mais cette reconnaissance a un coût, celui de se soumettre au monde du paraître. Marilyn Monroe n'a physiquement plus rien de Norma Jeane Baker. Elle a été façonnée pour plaire, à coups de marketing et de chirurgie esthétique. Le risque de vivre à travers les yeux des autres est de finir irrémédiablement dépossédé de qui l'on est...
Tommy Redolfi a pris le parti de développer une biographie revisitée de l'artiste, la dépeignant sous des traits sombres et tristes. Il nous offre un récit tumultueux de la vie de la star, composée de propositions professionnelles douteuses. Une existence régie par l'ostentation. Les références à la mode des télé-réalités ainsi que l'exploitation faite de son image, qui n'a pas fléchi cinquante-quatre ans après sa disparition, sont évidentes. Montages, détournements... Marilyn Monroe apparaît, dans cet ouvrage, telle une égérie de Photoshop avant l'heure. Pour autant, elle n'en reste pas moins touchante par sa candeur de façade et ses addictions cachant son mal-être : alcool, drogue et peines de cœur médiatiques (Joe DiMaggio, les frères Kennedy, Arthur Miller, Yves Montand...).
L'auteur s'amuse à inventer une histoire, mais aussi un univers fourni, basés sur le réel, nous laissant constater la parfaite maîtrise de son sujet. Intelligent, bien écrit, graphiquement très plaisant, voici un truculent album à consommer sans modération !
"Cadet d’une famille de quatorze enfants, mon père a l’habitude de se faire respecter avec les poings. À 18 ans, galvanisé par un titre de champion de France Espoir, il interpella ma mère dans la cour de la filature Badin [à Barentin, en Seine-Maritime] pour lui raconter un rêve qu’il avait fait la nuit même : l’épouser. Durant dix-sept ans, ma mère accompagna ses victoires et ses défaites. Pourtant, de leur histoire je ne me souviens que des disputes, de mon père fou de rage, fou d’amour, fou de jalousie, fou d'une violence qui le dépassait." - Résumé Futuropolis
J'ai lu cette bd hier, et j'en suis encore toute émue. C'était pas une bd facile à "faire" pour les auteurs. Je sais pas comment Kris s'est débrouillé pour "fictionnariser" une histoire vraie, vécue par une petite fille devenue femme, une histoire de liens qui se délient, qui se relient entre une fille et son père. Je ne sais pas comment il a fait pour traiter ça avec respect pour tout le monde, sans pathos, avec pudeur mais sans froideur. Je ne sais pas non plus comment Vincent Bailly a fait pour ingérer cette histoire, ces personnages qui ont existé. Dépasser la caricature de ce père souvent violent, ce type qui prend autant de place, mais dans le fond est tellement fragile. J'ai aimé le dessin de Vincent. Cette aquarelle, ces jaunes qui illuminent les cases et ces rouges de violence. J'ai aimé cette aquarelle transparente qui laissent voir les traits, les bouilles, les sourires, les désarrois. Cette bd là, c'est ce que j'aime trouver dans une bd. Une intelligence, un respect, une humanité chez les auteurs. Je n'ai pas encore visionné le film.
Et puis il y a un deuxième thème, que l'on aperçoit après, un peu comme un parfum (vous savez les notes de tête, de coeur et de fond ), c'est l'importance du film. Le film super 8 des souvenirs de famille, donc forcément de joie de la petite fille. Et le film qu'elle fait, adulte, de son père. Et le fait qu'on la voit parler à son père, en même temps qu'elle le fait son film. Un peu comme si elle avait besoin de sa caméra pour entrer en contact avec lui. Et ça, pour moi, ça me laisse une impression bizarre. Le lien se reconstruit, certes. Un lien indirect, tout de même, un début de lien bien fragile.
A la fin de l'album, une superbe postface écrite par Barbara Pellerin, qui rend hommage au travail tout en nuance de Kris et Vincent.
J'ai été très touché par ce sujet qui nous dévoile la réalité de la jeunesse iranienne d'aujourd'hui. Ils ont entre 20 et 30 ans et ont accepté de livrer leur témoignage à deux journalistes occidentaux clandestins qui ont dû manoeuvrer car ils ne sont pas les bienvenus en Iran.
Il est vrai que l'élection truquée de 2009 et la terrible répression qui a suivi a mis fin aux espoirs de toute une génération. On croit que l'accord récent sur le programme nucléaire et le fait qu'un président considéré comme réformateur laissent penser que le régime s'assouplit. Dans la réalité, il n'en est rien puisque les arrestations et les exécutions par pendaison n'ont jamais été aussi nombreuses. Bref, c'est à contre-courant de ce qu'on peut lire tous les jours dans la presse. Ce sont des témoignages rares qui ont été recueillis dans tous le pays où les patrouilles de police sont omniprésentes.
Le problème est le suivant: le régime interdit les relations de toute nature entre les hommes et les femmes avant le mariage. Or, ce ne sont pas ces jeunes qui choisissent leur futur époux mais les parents attachés aux traditions. Comment savoir tomber amoureux dans de telles conditions ? C'est impossible et la majorité doivent faire avec. L'époux doit subvenir aux besoins de sa femme et avoir déjà une bonne situation (appartement et voiture). Les beaux parents se comportent comme des hyènes. Bref, c'est cela la love-story à l'iranienne !
La police pratique des tests de virginité et procède à l'arrestation des jeunes lorsqu'ils les surprennent dans des fêtes communes. Le régime a volé leur jeunesse. Pourtant les mollahs ne se privent pas d'aller voir des prostituées à Doha où ils usent de ce qu'on appelle le mariage temporaire à savoir le sigheh. Le contexte général du pays est celui où les gens sont démoralisés, et qu'ils sont de plus en plus lâches et habitués à ce régime. Inutile de rappeler que la femme n'est pas l'égale de l'homme dans le régime iranien. Il y a des jeunes hommes qui souffrent véritablement de cette situation. Les lois pourrissent la vie de ces gens.
Je vais le dire franco: c'est l'une des meilleures bd documentaires que j'ai lu jusqu'ici. C'est un coup de coeur. C'est une bd qu'il faut absolument découvrir. Elle ne doit pas passer inaperçue car elle apporte quelque chose. On ne sait pas tout. Il y a des témoignages qui vont véritablement nous surprendre dans notre vision occidentale. Oui, on va véritablement découvrir l'envers du décor. Une enquête qui nous permet de nous dire qu'on a bien de la chance de vivre dans notre démocratie où on peut aimer la personne que l'on aime. C'est quand même une liberté essentielle !
Un album d’exception, tout simplement. Et pas seulement pour les amateurs (éclairés) de la légende arthurienne.
Graphiquement d’abord, je vous invite à voir la galerie, ça se passe de commentaires. C’est pictural avec un jeu d’esquisses où les couleurs finissent par envoûter le lecteur.
Narrativement ensuite (et surtout), la légende arthurienne est complètement revisitée, voire chamboulée, malmenée, maltraitée. La femme qui était jusqu’alors reléguée au second plan et qui servait de potiche (pardon, de faire-valoir) est au centre du récit en la personne de Morgane. Merlin est un vil manipulateur (avec les traits du diable) et Arthur un sombre imbécile. Et … la sauce prend. Très bien même. Tout se tient. C’est bluffant. J’en suis pantois.
Chaudement recommandé !
Je lis très peu de comics. J'ai longtemps été hermétique à la BD américaine mais j'y fais de plus en plus d'incursions. J'ai découvert l'existence de cette série sur ce site et les nombreux avis élogieux m'ont convaincu d'en tenter la lecture en dépit d'un visuel qui, de prime abord, me rebutait quelque peu.
J'ai attendu la sortie du sixième et dernier tome pour lire la saga d'une traite. En fait, je l'ai plutôt dévorée ! Véritable hommage au génial Lovecraft, Locke & Key a su jouer avec les thématiques du maître du fantastique tout en développant un univers singulier et moderne. Le système des clés (que je ne développe pas pour ne pas spoiler) est tout simplement génial et incroyablement original. La créativité de l'écrivain Joe Hill, que je découvre à cette occasion, semble sans limite. Narration, suspense et rebondissements sont parfaitement maîtrisés. Le scénariste arrive à donner une atmosphère toute particulière à son histoire. Les (très nombreux) personnages sont soignés et intéressants et prennent rapidement de la densité psychologique .
Les dessins qui m'avaient un peu gênés au début de ma lecture se révèlent finalement magnifiques et collent avec beaucoup de justesse à cette ambiance horreur / fantastique. Le travail de Rodriguez gagne progressivement en qualité et en audace. Bref, c'est du très beau boulot !
Locke & Key est sans conteste l'une des meilleures séries fantastiques actuelles et comblera tous les amateurs d'imaginaire.
- Mes chers amis internautes, au nom de tout l'équipage, je vous remercie...
- Oh, ne vous fatiguez pas Capitaine. Nous ne figurons même pas parmi les immanquables de Bdthèque.
- Mille milliards de mille sabords ! Que dites-vous là, Tintin ! Quels sont donc ces sapajous, ces moules à gaufres, ces bachi-bouzouks...
- Ne vous énervez pas Capitaine. Peut-être est-ce tellement évident qu'ils n'y pensent même pas. Peut-être aussi sommes-nous un peu trop datés pour les nouvelles générations.
- C'est sûr que s'ils commencent par vos premières aventures, ils ne doivent pas être très enthousiastes pour lire la suite.
- Il est vrai qu'avant « Les cigares du Pharaon », je n'ai pas de quoi me vanter, Capitaine.
- Les cigares, humm...Pour citer le président Clinton, je dirais que le meilleur des cigares ne vaudra jamais une bonne vieille pipe. Après tout, c'est lorsque j'arrive, que vos aventures confinent aux chefs d'oeuvre du 9e Art. Ce grand réalisateur américain ne s'y est pas trompé. D'ailleurs je pense qu'on devrait dire « les aventures de Tintin et du capitaine Haddock ». N'en déplaise à Milou.
- Ho Capitaine ! Vous savez comme ça me rend triste de penser à ce pauvre Milou depuis que je l'ai fait piquer...
- Ah Tintin...je ne voulais pas vous blesser. Je l'aimais bien aussi ce sac à puces. Et vous n'aviez pas le choix, il était impossible que son état s'améliore...
- Ha non ! Pas la Castafiore ! Saperlipopette ! Elle nous les a assez brisés menues avec ses bijoux !
- Je dirais même plus : elle nous a assez bruger les minous avec ses bises !
- Professeur ! Dupond ! Vous êtes réveillés...Nestor, allez chercher leurs médications s'il vous plaît. Et ne vous trompez pas cette fois !
Vous vous rappelez Capitaine lorsqu'il leur a donné par erreur vos pilules bleues...vous savez celles pour la toux.
- La toux, humm...du diable si je m'en souviens ! Après ça, pour faire les zouaves, ils ont fait les zoua...Heu, Nestor ! Amenez les calmants pour Tryphon aussi !
Non, voyez-vous mon vieux Tintin, ce qu'il nous faudrait, ce sont de nouvelles aventures pour nous relancer.
- Ooh, je ne sais pas Capitaine. Quand je vois le résultat avec nos amis Astérix, Luke, Blake et Mortimer...
- Humm, vous n'avez pas tort mon vieil ami, vous n'avez pas tort...allons, tout ceci m'a donné soif...je vous sers un verre ?
J'attendais avec impatience la sortie de cette nouvelle série de Yuki Urushibara, dont j'ai déjà lu et très apprécié la série Mushishi.
Pour rendre hommage au style incomparable de l'auteur, Ki-oon a eu la très bonne idée d'éditer cette série (qui comporte deux tomes) dans sa prestigieuse édition "Latitudes" et c'est une excellente initiative : rien que la couverture et les premières pages en couleur sont une invitation irrépressible à plonger sous l'eau et à suivre Chinami dans son voyage extraordinaire.
Chinami, notre héroïne donc, est une collégienne qui, lors d'un entrainement d'athlétisme en pleine canicule, perd connaissance et se réveille sur les berges d'une rivière inconnue. Il s'avèrera au fil des pages que cette rivière coule à proximité du village natal de ses parents, village immergé depuis des années suite à la construction d'un barrage.
J'ai trouvé le T2 encore plus touchant, poétique et émouvant : il s'agit là de couper le lien avec un être cher disparu trop tôt et ce n'est pas facile.
Entre mystère, traditions, légendes et voyage dans les souvenirs de plusieurs générations de villageois, on découvre l'histoire de ce village et de certains de ses habitants.
J'adore le style graphique de l'auteur, il se dégage quelque chose de zen et de reposant de ces pages, il y a de la poésie et du mystère, mais aussi des émotions fortes (joyeuses ou tristes voire les deux à la fois) : je suis fan et ça mérite un 5/5.
A lire et posséder sans hésitation !
J'ai lu des BD de Picsou toute ma vie. Même si je suis adulte aujourd'hui, j'ai gardé une âme d'enfant pour pouvoir continuer à lire mes BD favorites. Les histoires sont toujours pleines d'aventures et de gags, on ne peut qu'aimer. Et pour les fans de Picsou, comme moi, il est important et surtout intéressant de savoir comment était Picsou quand il était jeune et de savoir comment il est devenu riche. Bonne lecture à tous !
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Le Rapport de Brodeck
Tome 1 Après le très sombre mais réussi Blast, Manu Larcenet nous revient avec un récit noir, dur adapté du roman éponyme de Philippe Claudel. Tout d'abord, en ouvrant cet ouvrage (judicieusement édité sous un format à l'italienne), j'ai eu une claque, une claque graphique. Quelle maîtrise du noir et blanc, quelle maîtrise de l'espace où les planches muettes sont toutes aussi, voire plus, expressives que les pages commentées par Brodeck. Certaines pages sont difficiles à supporter: celles consacrées aux camps de concentration par exemple. Le dessin de Larcenet, encore plus réaliste que celui qu'il avait adopté sur Blast, fait de ce premier volume le livre incontournable de cette année. Le parti pris de l'auteur (peu de dialogues, un récit à la première personne, et des planches muettes) est si bien dosé que je n'ose pas, et c'est un comble, découvrir la suite rapidement en lisant le roman, de peur d'être déçu. Une plongée très réussie dans les méandres de la noirceur humaine. PS: l'éditeur aurait dû prévoir un étui plus aisé à retirer !!! Tome 2 Dès la sortie du premier volume, j'avais souligné la beauté des planches, le plus souvent muettes. Changement de registre avec ce second volume, avec des dialogues beaucoup plus nombreux mais le talent de Manu Larcenet reste, heureusement, ici, intact. Alors que les paysages champêtres étaient légions dans le précédent volume, Larcenet se recentre ici autour de deux personnages, ou plutôt de deux destins, qui, en apparence sont différents, mais qui au final se rejoignent, celui de Brodeck évidemment, et celui de l'autre, dit "l'anderer". Larcenet, au fil des pages, réussit à nous transmettre une ambiance de plus en plus étouffante de ce village situé, situé où au fait... au cœur d'une Europe meurtrie par une guerre. Cela pourrait se dérouler en Pologne par exemple. A travers ce rapport, on en apprend autant sur cet "étranger" que sur Brodeck (et sa famille), qui n'est pas loin non plus d'être un étranger au village. Graphiquement Manu Larcenet est ici à son meilleur niveau, encore au dessus de ce qu'il nous avait livré pour Blast. Les planches en n&b sont sublimes à tel point que l'on se demande, après le formidable Blast et ce diptyque inoubliable, ce que nous réserve l'ami Larcenet l'année prochaine. Un sentiment étrange me traverse au travers de la lecture de ce second volume. Autant, je n'avais pas envie de connaître la conclusion de ce récit à l'issue du premier volume, en me plongeant dans le roman de Claudel, autant, après avoir lu ce second tome, je pense lire le roman éponyme de Claudel pour voir la plus-value que Larcenet a apporté à ce récit. Un second volume très sombre, très riche, illustré de façon magistrale, d'après un roman, il ne faut pas l'oublier, de Philippe Claudel...bref une bd indispensable ! J'ai dévoré les deux volumes ce week-end mais je ne cesse d'y retourner pour admirer les superbes planches de Larcenet. Un album à lire, à relire et à admirer...on est proche du chef d’œuvre, non? Pour l'anecdote, les éditions Dargaud ont tenu compte des critiques sur la présentation du premier volume en offrant aux lecteurs un étui plus facile à retirer pour ce second volume !
Les Ogres-Dieux
Wouha !! Encore un bel ouvrage. Un vrai emballage cadeau pour cette fin d'année. Superbe couverture. Lettres dorées sur un fond noir mat. Un bel objet. Joli coup de crayon de Gatignol, personnellement, les œuvres noires et blanches commençaient à m'ennuyer. Et là, je retrouve une vraie intensité dans les contrastes, un réel jeu d'ombres. C'est vraiment très beau. Un noir et blanc utile à l'histoire. La richesse des détails est également très réussie. Les décors sont gigantesques, l'architecture représentée est tout à fait dans le propos. Nous sommes vers le 16ème siècle. Le dessin de couverture devrait finir de vous convaincre et vous donner envie d'ouvrir cette BD. L'histoire est loin d'être un conte de fée, au contraire. A ne pas donner aux enfants, sous peine de les retrouver dans le lit de papa et maman. La famille des ogres est juste abominable, ils sont laids, ils n'ont pas inventé l'eau chaude, ils semblent dénués de toute sensibilité. Par dessus tout, ils sont cruels. Ils dévorent les humains, comme on mange des chips. Ambiance très sombre garantie. Au milieu de cette famille vit Desdée, matriarche charismatique rejetée par les siens. Elle incarne la raison et la sagesse. Elle essaiera de guider et protéger petit. On s'attache vite au héros, ce petit gars minuscule et fragile. Il doit grandir entre les humains et sa famille. Entre ces deux "populations", la haine est omniprésente. Il aura bien du mal à trouver sa place dans un monde visiblement pas fait pour lui (d'ailleurs fait pour personne...). Est-il réellement possible de se détacher de son héritage culturel, d'un patrimoine génétique trop lourd à assumer ? Quelles en seraient les conséquences ? L'histoire est entrecoupée par des focus sur différents personnages de l'histoire. Elle est bien écrite et les dessins qui illustrent ces protagonistes sont magnifiques. Le doré sur le noir rend l'ensemble superbe, c'est du plus bel effet. 2ème partie -Demi-sang- La maison d'édition continue de nous proposer un bel ouvrage, ces couvertures sont toujours aussi belles. Néanmoins, pour ce deuxième tome, il ne faut pas s'attendre à la suite du premier volume. Nous sommes bien toujours dans l'univers des ogres dieux où il règne une atmosphère classieuse, sombre et violente, et très gothique. Contrairement à petit qui est bien le fils d'une ogresse, cette fois-ci le héros principal est né de l'union d'un noble et d'une femme de plus basse extraction. Le titre prête donc à confusion... J'ai trouvé l'histoire moins originale que pour le premier, toute l'intrigue tourne autour de ce personnage qui ne cherche à servir qu'une seule chose : sa vengeance. Pour cela il usera de ruses politiques, de son habileté aux beaux discours et de son joli minois et sera prêt à s'oublier lui-même pour assouvir sa soif de pouvoir et d'estime en vue de sa vengeance. Il existe une relation complexe entre sa mère et lui, sa mère et son père qui rend par moment l'histoire trop dense psychologiquement. Nous en apprenons toujours un peu plus sur l'univers des ogres dieux et c'est appréciable. Les dessins sont toujours aussi beau, mais l'histoire est moins prenante, moins intense, moins rythmée. Ce qui faisait la beauté du premier s'est estompé par un scénario convenu où les surprises sont finalement peu nombreuses. Les ogres apparaissent peu, quelques liaisons avec "Petit" sont présentes pour maintenir le fil rouge de la série. L'album reste entrecoupé par la généalogie des ogres dieux, les textes m'ont semblé plus étoffés (un peu trop?), toujours bien écrit encadrés par de très beaux cartouches et de belles "enluminures". Est-ce que ce tome sert à immerger un peu plus le lecteur dans l'univers des ogres dieux ? Et-ce que le troisième volet sera à la hauteur du premier ? Beaucoup d'interrogation pour cette suite assez réussie mais pas à la hauteur de "Petit". Pour ce 2ème tome, je note 3,5/5 pour la richesse des dessins et de l'univers. Mais je reste sur ma faim quant au scénario. J'attendais vraiment de connaître la suite des aventures de "Petit". Petite déception...
Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe
Dans la peau de Marilyn Monroe ! Blonde, lèvres pulpeuses, sourire enjôleur, regard hypnotique, grain de beauté sur la joue gauche et formes voluptueuses, Marilyn Monroe est encore aujourd'hui un mythe. À la fois fascinante d'élégance et déroutante de naïveté, elle demeure l'objet de fantasmes et d'indiscrétions. Tommy Redolfi fait partie de ceux que le sex-symbol intrigue. Dans Holy Wood, il en dresse un portrait atypique. Mais attention aux faux-semblants ! Holy Wood n’est pas Hollywood. L'auteur aime jouer avec les mots et distordre la réalité. Ainsi, dans son imagination, le bois de houx s'est transformé en bois sacré. Sacré, car c'est là qu'ont débuté les carrières des plus grandes stars de cinéma. L'intrigue commence alors que la jeune et timide Norma Jeane Baker débarque dans cette sombre et angoissante forêt de résineux à la suite d'un casting sans promesses. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'endroit ne ressemble en rien à la terre sainte suggérée par le titre. Les logements de fortune et autres caravanes y poussent comme des champignons. De prime abord, il est difficile d'imaginer qu'un trou aussi lugubre et obscur soit le berceau des personnalités qui évoluent maintenant sous la lumière des projecteurs. Pourtant, elle y croit et s’accroche à ses rêves. Motivée par l'envie d'inscrire son nom à côté de ceux des gloires du septième art, elle vient s'installer dans ce lieu en état de délabrement où a éclos la reconnaissance cinématographique de tant d'autres. Les castings s'enchaînent, souvent infructueux, avant que les époux Wilcox, étranges fondateurs d'Holy Wood, lui ouvrent la porte menant sur le devant de la scène. Ainsi naîtra Marilyn Monroe, l’icône. Celle dont l'Histoire retiendra le cliché de la jupe qui se soulève sur une grille de métro ou son interprétation de « Happy Birthday, Mister President ». Mais cette reconnaissance a un coût, celui de se soumettre au monde du paraître. Marilyn Monroe n'a physiquement plus rien de Norma Jeane Baker. Elle a été façonnée pour plaire, à coups de marketing et de chirurgie esthétique. Le risque de vivre à travers les yeux des autres est de finir irrémédiablement dépossédé de qui l'on est... Tommy Redolfi a pris le parti de développer une biographie revisitée de l'artiste, la dépeignant sous des traits sombres et tristes. Il nous offre un récit tumultueux de la vie de la star, composée de propositions professionnelles douteuses. Une existence régie par l'ostentation. Les références à la mode des télé-réalités ainsi que l'exploitation faite de son image, qui n'a pas fléchi cinquante-quatre ans après sa disparition, sont évidentes. Montages, détournements... Marilyn Monroe apparaît, dans cet ouvrage, telle une égérie de Photoshop avant l'heure. Pour autant, elle n'en reste pas moins touchante par sa candeur de façade et ses addictions cachant son mal-être : alcool, drogue et peines de cœur médiatiques (Joe DiMaggio, les frères Kennedy, Arthur Miller, Yves Montand...). L'auteur s'amuse à inventer une histoire, mais aussi un univers fourni, basés sur le réel, nous laissant constater la parfaite maîtrise de son sujet. Intelligent, bien écrit, graphiquement très plaisant, voici un truculent album à consommer sans modération !
Mon père était boxeur
"Cadet d’une famille de quatorze enfants, mon père a l’habitude de se faire respecter avec les poings. À 18 ans, galvanisé par un titre de champion de France Espoir, il interpella ma mère dans la cour de la filature Badin [à Barentin, en Seine-Maritime] pour lui raconter un rêve qu’il avait fait la nuit même : l’épouser. Durant dix-sept ans, ma mère accompagna ses victoires et ses défaites. Pourtant, de leur histoire je ne me souviens que des disputes, de mon père fou de rage, fou d’amour, fou de jalousie, fou d'une violence qui le dépassait." - Résumé Futuropolis J'ai lu cette bd hier, et j'en suis encore toute émue. C'était pas une bd facile à "faire" pour les auteurs. Je sais pas comment Kris s'est débrouillé pour "fictionnariser" une histoire vraie, vécue par une petite fille devenue femme, une histoire de liens qui se délient, qui se relient entre une fille et son père. Je ne sais pas comment il a fait pour traiter ça avec respect pour tout le monde, sans pathos, avec pudeur mais sans froideur. Je ne sais pas non plus comment Vincent Bailly a fait pour ingérer cette histoire, ces personnages qui ont existé. Dépasser la caricature de ce père souvent violent, ce type qui prend autant de place, mais dans le fond est tellement fragile. J'ai aimé le dessin de Vincent. Cette aquarelle, ces jaunes qui illuminent les cases et ces rouges de violence. J'ai aimé cette aquarelle transparente qui laissent voir les traits, les bouilles, les sourires, les désarrois. Cette bd là, c'est ce que j'aime trouver dans une bd. Une intelligence, un respect, une humanité chez les auteurs. Je n'ai pas encore visionné le film. Et puis il y a un deuxième thème, que l'on aperçoit après, un peu comme un parfum (vous savez les notes de tête, de coeur et de fond ), c'est l'importance du film. Le film super 8 des souvenirs de famille, donc forcément de joie de la petite fille. Et le film qu'elle fait, adulte, de son père. Et le fait qu'on la voit parler à son père, en même temps qu'elle le fait son film. Un peu comme si elle avait besoin de sa caméra pour entrer en contact avec lui. Et ça, pour moi, ça me laisse une impression bizarre. Le lien se reconstruit, certes. Un lien indirect, tout de même, un début de lien bien fragile. A la fin de l'album, une superbe postface écrite par Barbara Pellerin, qui rend hommage au travail tout en nuance de Kris et Vincent.
Love story à l'iranienne
J'ai été très touché par ce sujet qui nous dévoile la réalité de la jeunesse iranienne d'aujourd'hui. Ils ont entre 20 et 30 ans et ont accepté de livrer leur témoignage à deux journalistes occidentaux clandestins qui ont dû manoeuvrer car ils ne sont pas les bienvenus en Iran. Il est vrai que l'élection truquée de 2009 et la terrible répression qui a suivi a mis fin aux espoirs de toute une génération. On croit que l'accord récent sur le programme nucléaire et le fait qu'un président considéré comme réformateur laissent penser que le régime s'assouplit. Dans la réalité, il n'en est rien puisque les arrestations et les exécutions par pendaison n'ont jamais été aussi nombreuses. Bref, c'est à contre-courant de ce qu'on peut lire tous les jours dans la presse. Ce sont des témoignages rares qui ont été recueillis dans tous le pays où les patrouilles de police sont omniprésentes. Le problème est le suivant: le régime interdit les relations de toute nature entre les hommes et les femmes avant le mariage. Or, ce ne sont pas ces jeunes qui choisissent leur futur époux mais les parents attachés aux traditions. Comment savoir tomber amoureux dans de telles conditions ? C'est impossible et la majorité doivent faire avec. L'époux doit subvenir aux besoins de sa femme et avoir déjà une bonne situation (appartement et voiture). Les beaux parents se comportent comme des hyènes. Bref, c'est cela la love-story à l'iranienne ! La police pratique des tests de virginité et procède à l'arrestation des jeunes lorsqu'ils les surprennent dans des fêtes communes. Le régime a volé leur jeunesse. Pourtant les mollahs ne se privent pas d'aller voir des prostituées à Doha où ils usent de ce qu'on appelle le mariage temporaire à savoir le sigheh. Le contexte général du pays est celui où les gens sont démoralisés, et qu'ils sont de plus en plus lâches et habitués à ce régime. Inutile de rappeler que la femme n'est pas l'égale de l'homme dans le régime iranien. Il y a des jeunes hommes qui souffrent véritablement de cette situation. Les lois pourrissent la vie de ces gens. Je vais le dire franco: c'est l'une des meilleures bd documentaires que j'ai lu jusqu'ici. C'est un coup de coeur. C'est une bd qu'il faut absolument découvrir. Elle ne doit pas passer inaperçue car elle apporte quelque chose. On ne sait pas tout. Il y a des témoignages qui vont véritablement nous surprendre dans notre vision occidentale. Oui, on va véritablement découvrir l'envers du décor. Une enquête qui nous permet de nous dire qu'on a bien de la chance de vivre dans notre démocratie où on peut aimer la personne que l'on aime. C'est quand même une liberté essentielle !
Morgane
Un album d’exception, tout simplement. Et pas seulement pour les amateurs (éclairés) de la légende arthurienne. Graphiquement d’abord, je vous invite à voir la galerie, ça se passe de commentaires. C’est pictural avec un jeu d’esquisses où les couleurs finissent par envoûter le lecteur. Narrativement ensuite (et surtout), la légende arthurienne est complètement revisitée, voire chamboulée, malmenée, maltraitée. La femme qui était jusqu’alors reléguée au second plan et qui servait de potiche (pardon, de faire-valoir) est au centre du récit en la personne de Morgane. Merlin est un vil manipulateur (avec les traits du diable) et Arthur un sombre imbécile. Et … la sauce prend. Très bien même. Tout se tient. C’est bluffant. J’en suis pantois. Chaudement recommandé !
Locke & Key
Je lis très peu de comics. J'ai longtemps été hermétique à la BD américaine mais j'y fais de plus en plus d'incursions. J'ai découvert l'existence de cette série sur ce site et les nombreux avis élogieux m'ont convaincu d'en tenter la lecture en dépit d'un visuel qui, de prime abord, me rebutait quelque peu. J'ai attendu la sortie du sixième et dernier tome pour lire la saga d'une traite. En fait, je l'ai plutôt dévorée ! Véritable hommage au génial Lovecraft, Locke & Key a su jouer avec les thématiques du maître du fantastique tout en développant un univers singulier et moderne. Le système des clés (que je ne développe pas pour ne pas spoiler) est tout simplement génial et incroyablement original. La créativité de l'écrivain Joe Hill, que je découvre à cette occasion, semble sans limite. Narration, suspense et rebondissements sont parfaitement maîtrisés. Le scénariste arrive à donner une atmosphère toute particulière à son histoire. Les (très nombreux) personnages sont soignés et intéressants et prennent rapidement de la densité psychologique . Les dessins qui m'avaient un peu gênés au début de ma lecture se révèlent finalement magnifiques et collent avec beaucoup de justesse à cette ambiance horreur / fantastique. Le travail de Rodriguez gagne progressivement en qualité et en audace. Bref, c'est du très beau boulot ! Locke & Key est sans conteste l'une des meilleures séries fantastiques actuelles et comblera tous les amateurs d'imaginaire.
Les Aventures de Tintin
- Mes chers amis internautes, au nom de tout l'équipage, je vous remercie... - Oh, ne vous fatiguez pas Capitaine. Nous ne figurons même pas parmi les immanquables de Bdthèque. - Mille milliards de mille sabords ! Que dites-vous là, Tintin ! Quels sont donc ces sapajous, ces moules à gaufres, ces bachi-bouzouks... - Ne vous énervez pas Capitaine. Peut-être est-ce tellement évident qu'ils n'y pensent même pas. Peut-être aussi sommes-nous un peu trop datés pour les nouvelles générations. - C'est sûr que s'ils commencent par vos premières aventures, ils ne doivent pas être très enthousiastes pour lire la suite. - Il est vrai qu'avant « Les cigares du Pharaon », je n'ai pas de quoi me vanter, Capitaine. - Les cigares, humm...Pour citer le président Clinton, je dirais que le meilleur des cigares ne vaudra jamais une bonne vieille pipe. Après tout, c'est lorsque j'arrive, que vos aventures confinent aux chefs d'oeuvre du 9e Art. Ce grand réalisateur américain ne s'y est pas trompé. D'ailleurs je pense qu'on devrait dire « les aventures de Tintin et du capitaine Haddock ». N'en déplaise à Milou. - Ho Capitaine ! Vous savez comme ça me rend triste de penser à ce pauvre Milou depuis que je l'ai fait piquer... - Ah Tintin...je ne voulais pas vous blesser. Je l'aimais bien aussi ce sac à puces. Et vous n'aviez pas le choix, il était impossible que son état s'améliore... - Ha non ! Pas la Castafiore ! Saperlipopette ! Elle nous les a assez brisés menues avec ses bijoux ! - Je dirais même plus : elle nous a assez bruger les minous avec ses bises ! - Professeur ! Dupond ! Vous êtes réveillés...Nestor, allez chercher leurs médications s'il vous plaît. Et ne vous trompez pas cette fois ! Vous vous rappelez Capitaine lorsqu'il leur a donné par erreur vos pilules bleues...vous savez celles pour la toux. - La toux, humm...du diable si je m'en souviens ! Après ça, pour faire les zouaves, ils ont fait les zoua...Heu, Nestor ! Amenez les calmants pour Tryphon aussi ! Non, voyez-vous mon vieux Tintin, ce qu'il nous faudrait, ce sont de nouvelles aventures pour nous relancer. - Ooh, je ne sais pas Capitaine. Quand je vois le résultat avec nos amis Astérix, Luke, Blake et Mortimer... - Humm, vous n'avez pas tort mon vieil ami, vous n'avez pas tort...allons, tout ceci m'a donné soif...je vous sers un verre ?
Underwater - le village immergé
J'attendais avec impatience la sortie de cette nouvelle série de Yuki Urushibara, dont j'ai déjà lu et très apprécié la série Mushishi. Pour rendre hommage au style incomparable de l'auteur, Ki-oon a eu la très bonne idée d'éditer cette série (qui comporte deux tomes) dans sa prestigieuse édition "Latitudes" et c'est une excellente initiative : rien que la couverture et les premières pages en couleur sont une invitation irrépressible à plonger sous l'eau et à suivre Chinami dans son voyage extraordinaire. Chinami, notre héroïne donc, est une collégienne qui, lors d'un entrainement d'athlétisme en pleine canicule, perd connaissance et se réveille sur les berges d'une rivière inconnue. Il s'avèrera au fil des pages que cette rivière coule à proximité du village natal de ses parents, village immergé depuis des années suite à la construction d'un barrage. J'ai trouvé le T2 encore plus touchant, poétique et émouvant : il s'agit là de couper le lien avec un être cher disparu trop tôt et ce n'est pas facile. Entre mystère, traditions, légendes et voyage dans les souvenirs de plusieurs générations de villageois, on découvre l'histoire de ce village et de certains de ses habitants. J'adore le style graphique de l'auteur, il se dégage quelque chose de zen et de reposant de ces pages, il y a de la poésie et du mystère, mais aussi des émotions fortes (joyeuses ou tristes voire les deux à la fois) : je suis fan et ça mérite un 5/5. A lire et posséder sans hésitation !
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
J'ai lu des BD de Picsou toute ma vie. Même si je suis adulte aujourd'hui, j'ai gardé une âme d'enfant pour pouvoir continuer à lire mes BD favorites. Les histoires sont toujours pleines d'aventures et de gags, on ne peut qu'aimer. Et pour les fans de Picsou, comme moi, il est important et surtout intéressant de savoir comment était Picsou quand il était jeune et de savoir comment il est devenu riche. Bonne lecture à tous !