Rien à ajouter aux jugements positifs sur cette série, dont je me rappelle avoir lu d'une traite, la nuit, les 12 premiers épisodes. Auparavant je n'avais même jamais cherché à la lire, car le titre, "XIII", me rebutait.
Par contre, je voudrais regretter ici, et ce, encore une fois malgré la qualité du scénario, les invraisemblances assez grosses qui se nichent surtout dans les premiers épisodes, et qui laissent à penser que Van Hamme a construit son scénario au fur et à mesure: On sait au bout du compte que Carington sait depuis le début que XIII est en réalité Jason MacLane, qu'il l'a recruté lui-même pour faire croire aux comploteurs que Steve Rowland n'était pas mort. Or, dans "Où va l'indien", il est bien persuadé d'avoir en face de lui Rowland, ce qui ne tient pas la route. Et on ne voit vraiment pas pourquoi, vu qu'il sait qui est en réalité XIII, il ne le lui dit pas ou ne l'aide pas à se retrouver. Pourquoi il l'envoie retrouver sa pseudo famille Rowland, ce qui ne sert à rien s'il sait qui est XIII, qui n'apporte rien non plus dans la résolution du complot, et ne fait que mettre XIII en danger. Et puis, le couplet sentimental sur Rowland dont la mort l'aurait presque fait pleurer alors que celui-ci est quand même assez proche d'une ordure, ça ne tient pas.
Cette invraisemblance dure tout de même un certain nombre d'épisodes. Je pense que Van Hamme a fait aussi de Kim la fille de Carington seulement au bout d'un certain temps. Il n'y avait pas pensé au début, cela se voit.
Autre petite invraisemblance: On ne comprend pas bien comment on peut trouver sur le fusil de Rowland (qui a tué Sheridan) les empreintes de XIII, et que celles-ci ne sont pas celles de Rowland. A moins que Rowland ne se soit lui aussi fait changer ses empreintes, et qu'on ait ensuite mis les mêmes à XIII, ce qui est incompréhensible. Le plus normal aurait été qu'on ait changé les empreintes de XIII en les remplaçant justement par celles de Rowland. Mais comme les empreintes de Rowland à la suite d'une verbalisation pour conduite en état d'ivresse sont le moyen de prouver que XIII n'est pas Rowland, tout ça se mord la queue!... ouf!
Bref, il y a aussi d'autres petites invraisemblances, mais malgré tout on reste toujours fasciné par cette série, et pour ma part je la relis régulièrement... en m'agaçant à chaque fois des invraisemblances, mais ce n'est pas grave.
Comme beaucoup, j'estime qu'après le 12e volume, la série perd de son intérêt, et j'ai arrêté d'acheter après le tome 19 (enfin j''ai acheté les trois ou 4 premiers de la nouvelle série, puis j'ai abandonné. Sans intérêt)
Quant aux volumes sur chaque personnage, je les trouve souvent (pas tous quand même) inintéressants, et même souvent trahissant les personnages.
Je ne savais pas à quoi m’attendre en entamant cet album, j’ai eu la bonne idée de ne pas lire le résumé de l’éditeur avant ma lecture, et le style graphique « jeunesse » m’avait fait croire à une histoire plutôt légère… et j’en suis ressorti bouleversé.
J’adore ce genre de narration « au travers les yeux d’enfants », qui n’explique pas tout, dévoile les faits au compte goûte, avec une naïveté et une sensibilité très touchante. Le crescendo émotionnel m’a pris aux tripes, et je n’ai pas réussi à reposer l’album avant sa conclusion… conclusion qui m’a fait lâcher une larme (pour de vrai). J’ai trouvé le ton juste, et la détermination de Phénix à vouloir à tout prix protéger sa petite sœur poignante au possible.
Voilà, je ne connaissais pas le roman « pour jeunes adultes » de Nastasia Rugani, mais j’ai adoré l’adaptation BD… j’attribue la note maximale sous le coup de l’émotion. Un album à la fois très dur et rempli de tendresse, que je vous encourage à découvrir.
On savait que l'école italienne était très en vue ces dernières années. J'ai personnellement l'impression d'avoir découvert d'un coup une génération spontanée d'auteurs de grand talent : Davide Reviati, Zerocalcare, Manuele Fior... Et là, voua !!!!! Une BD réalisée par deux ténors de la scène italienne !!! On n'osait même pas en rêver !
C'est Luigi Critone qui se colle au dessin. L'homme avait déjà commis les illustrations de Je, François Villon, superbe adaptation du roman de Jean Teulé sur une figure méconnue de la poésie française, sorte d'anarchiste bien avant la lettre. Son trait atteint avec Aldobrando un niveau de perfection quasi... parfait ! Et on ne parlera pas de la mise en couleur (signée Francesco Daniele et Claudia Palescandolo ; ils s'y sont mis à deux !)...
Son complice pour l'occasion, c'est Gipi, le type surdoué qui sait tout faire (crayonné, aquarelle...) avec la même virtuosité. Il délaisse ici ses pointes pour empoigner le scénario. Et quel scénario ! Une histoire d'Heroïc fantasy digne des meilleures intrigues de Denis Gerfaud, carrément !
Qui ? Ben Denis Gerfaud quoi !!! Le légendaire créateur du meilleur Jeu de Rôle jamais édité dans l'univers, j'ai nommé Rêve de Dragon. Ceux qui ont été comme moi des rolistes acharnés depuis leur prime jeunesse sauront de quoi je parle. Les autres pourront aller zieuter ce site (https://scriptarium.fr/fr/reve-de-dragon/) histoire de se faire une idée. Me resterait alors à leur souhaiter d'avoir le bonheur sans nom de faire un jour une partie entière de ce jeu hors normes.
Aldobrando, c'est tout à fait ça : une atmosphère médiévale sans chevalier mais avec des pégus aussi baraqués que des coton-tige. Pas de grande quête avec gloire et richesse pour récompense, point de dragon (mais une princesse !)... Juste des personnages atypiques, voyageurs curieux ou largués qui s'accoquinent un peu par la force des circonstances, formant ainsi une petite communauté de parias jouissant d'une grande liberté, toujours prêts à prendre des risques afin de connaître une part du rêve qu'ils n'avaient pas imaginée, acceptant fatalités et contraintes avec une sorte d'humilité déterminée, juste pour le simple plaisir de raccommoder un monde qui part sérieusement en vrille.
Bref ! Je ne vais pas m'étendre car d'autres l'ont fait mieux que moi, mais voici une BD à lire et à relire sans faim, qui m'aura accessoirement redonné l'envie folle de remettre le nez dans Rêve de Dragon. Bon, allez ! C'est décidé : ce weekend, je planche sur un scénar !...
Jérémie Moreau est décidément un auteur à suivre. S'il n'a (presque) pas toujours réalisé des chefs d’œuvre (Penss et les plis du monde était une déception du point de vue graphique avec ses personnages à moitié mangaïsés), il sait cependant se renouveler. C'est un auteur qui cherche, explore, trouve souvent... On sent le gars généreux, plein d'audace, qui a des choses à dire et à faire voir, et surtout, qui ne s'assoie pas sur le succès. Rien que pour cette raison, avec Le Discours de la panthère, l'ami Moreau confirme tout le bien qu'on pensait de lui et s'impose comme un artiste incontournable. C'est finalement assez rare pour être souligné me semble-t-il.
Ce nouvel essai est, une fois encore, marqué d'emblée par un changement de style graphique tout à fait saisissant. Même si l'on retrouve par moments ce goût pour les fonds texturés qui avaient conféré une puissance phénoménale à La Saga de Grimr, les dessins, épurés et chatoyants donnent ici l'impression d'un parti pris très fort et parfaitement assumé. "Penss", son ouvrage précédent, m'avait au contraire laissé un goût d'inachevé. On sentait clairement que l'ami Moreau hésitait alors entre plusieurs voies possibles. Au contraire, la sobriété lumineuse du Discours de la panthère tranche net et nous invite à pénétrer dans un monde merveilleux. L'expressivité des personnages (ici exclusivement des animaux) a toute la place pour s'exprimer. Moreau parvient à capter l'essence de chaque animal et à la fixer dans des gestes et des attitudes tout à fait typiques : mouvements de tête caractéristiques de l'autruche, marche lourde et chaloupée de l'éléphant, pas rapides du pagure (le fameux bernard l'hermite)... Mention spéciale aux vols acrobatiques et si féériques des étourneaux. Le dessin vibre et s'anime comme dans un trip sous LSD. De toute beauté !
Ce livre est d'abord un enchantement pour les yeux, à plus forte raison parce que les éditions 2024 ont su apporter à ce conte animalier l'écrin qui lui sied comme un gant.
Mais ce magnifique dépouillement, tout en aplat de couleurs, souvent réduit à une ligne d'horizon, une dune, un arbre, une montagne, un nuage... permet également à l'histoire de s'étirer dans les moindres recoins. Cet ensemble de fables, comme autant de paraboles habilement imbriquées les unes dans les autres, voit son graphisme mis entièrement au service du propos, autant spirituel que philosophique. Au fil du livre, à travers chaque expérience de vie, le lecteur assemble peu à peu ce puzzle dont la dernière pièce (l'histoire du singe, sorte de proto humain en quelque sorte) donne tout son sens à cette réflexion sur la vie et ce qui nous unit à elle de manière intime. C'est beau et profond dans la forme et tout autant, sinon plus, dans le fond. Et tout ça sans jamais verser dans la lourdeur, le pathos ou la morale à papa. Une gageure !
En réalité, Jérémie Moreau choisit bien l'animal en fonction de ce qu'il lui fait vivre. Par exemple, de manière certes un peu convenue mais qu'importe puisque ça fonctionne, l'éléphant illustrera l'Histoire et la mémoire, ainsi que la manière dont on se construit aussi en fonction d'elle. L'autruche, animal a fortiori nettement moins gracieux qu'un chaton, symbolisera quant à elle l'image que l'on a de soi-même... Ainsi, chaque histoire s'attache à un aspect de la vie (et de la mort) pour former un ensemble parfaitement dense et cohérent.
Blindée de discrètes références (on songe pêle-mêle au douanier Rousseau, à Kipling, La Fontaine, Esope...), le Discours de la panthère et son style naïf ne manquera pas d'interpeller. Magnifiquement illustrée, soutenue par des textes malins, le lecteur se voit tout entier absorbé par cette histoire d'une originalité certaine. Ajoutons que ce livre s'adresse aussi bien aux adultes qu'aux enfants, et on comprendra que l'on tient ici une bande-dessinée aussi originale qu'universelle. Cette lecture fut un véritable enchantement qui m'a scotché un sourire béat aux commissures toute la journée. Ben moi, j'appelle ça un coup de cœur !
Je rejoins les commentaires les plus enthousiastes relatifs à cette BD, découverte dans une bibliothèque.
Une fripouille amorale nous entraîne dans une aventure débridée au siècle de Philippe III d'Espagne, avec un récit magnifiquement mis en images par le dessinateur de Blacksad aussi à l'aise au fond des geôles qu'en pleine mer ou dans la jungle, et dont les personnages possèdent une expressivité remarquable. L'humour n'empêche pas une vision sans concession de la colonisation, des missionnaires et de la dureté de la société.
Une très grande réussite.
Quelle bonne surprise, je comprends mieux l'accueil réservé à ce premier tome. Avec un titre pareil, je m'attendais à un classique règlement de compte entre truands et je découvre une aventure menée tambour battant ponctuée d'humour et de clins d'œil aux années 80.
C'est toujours juste, l'auteur fait preuve d'un talent rare pour nous raconter cette histoire, il nous transmet l'ambiance d'une époque avec un enthousiasme et un plaisir ressenti à la lecture.
Notre héros traverse une vendetta orchestrée par des mafieux avec un tel flegme que la situation est juste surréaliste.
Ce contraste entre un employé modèle et docile et des truands cyniques et ultra violents est la réussite et l'originalité de ce premier tome.
Partant de cette situation, l'auteur nous plonge au début de la société de consommation aux Etats Unis.
Attention ce n'est pas une dénonciation de plus de notre société de consommation, c'est plutôt un regard nostalgique sur cette époque avec des produits datés et des techniques de commercialisation toujours d'actualité.
Le dessin fait partie de la réussite de cette bd, un graphisme particulier qui rappelle les comics avec des publicités (à lire absolument) entre chaque chapitre.
Et maintenant place au deuxième acte, je l'espère aussi dynamique et surprenant car l'auteur a placé la barre très haut.
Acte 2
Nous sommes dans la continuité du premier acte, le rythme ne change pas. Notre héros est toujours au cœur d'une vendetta qui le dépasse, l'acte 2 nous donne des réponses sur l'histoire de Ramirez qui nous éclaire sur l'origine de cette vendetta.
Les coupures publicitaires sont toujours drôles avec des clins d'œil toujours pertinents sur notre société de consommation.
Le dessin reste au même niveau, un vrai plaisir visuel. Un style propre à cette série qui correspond à l'époque et au lieu.
Vivement l'acte 3
Jean-Luc Masbou, c'est bien sûr le formidable dessinateur de l'excellente série De Cape et de Crocs. Et si on pense aux incroyables aventures du Baron de Münchhausen, quelle meilleure affiliation que cette dernière ? Elles partagent en effet la même âme, la même fantaisie et le même goût pour les récits truculents, imaginaires, exotiques et colorés.
Le Baron de Münchhausen est un personnage qui a véritablement existé. Petit artistocrate allemand du 18e siècle ayant servi comme capitaine mercenaire auprès de différentes cours Européennes, il s'est fait connaître par son sens du récit fantasque et de l'affabulation au point qu'un écrivain, Rudolf Erich Raspe, a compilé ses histoires et les a publiées dans un livre qui rendra célère le personnage dans toute l'Europe.
L'album de Masbou met en scène le moment où ce fameux livre, édité initialement en Angleterre avant d'être traduit en Allemand, arrive dans le village du Baron et est découvert par ses habitants et par le Baron lui-même à leur grande surprise mais aussi avec un certain plaisir. Et c'est l'occasion pour notre fameux conteur de nous narrer une fois de plus avec la verve qui a fait sa renommée un florilège de ses plus amusantes histoires parfaitement véridiques, nul ne saurait en douter !
C'est un formidable album que nous offre là Jean-Luc Masbou !
Tout d'abord, il y a son dessin qui fait sa force. C'est pour le style qu'il a utilisé dans De Cape et de Crocs que je le préfère, avec son trait guilleret, et ses couleurs enchanteresses. Et c'est bien ce style là, toujours aussi beau et toujours aussi travaillé, qu'il utilise pour le récit principal de cet album. Outre des personnages très attachants, cela donne notamment quelques scènes de campagne allemande parfaitement magnifiques. Mais il alterne également de nombreux autres styles graphiques pour chacun des différents flash-back et autres contes qui ponctuent l'ouvrage. Et ils sont tous admirables et impressionnants de maîtrise.
Puis il y a l'intrigue elle-même.
Sur la forme, elle est essentiellement un prétexte à permettre au fameux Baron de nous raconter ses histoires les unes après les autres. Ce sont des contes épiques excentriques, parfaitement dans l'esprit de ceux du film que Terry Gilliam lui a dédié, emplis de fantaisie et aussi d'une grande part d'humour. Leur diversité et leur gaieté est exaltante. C'est un vrai bonheur qui amène le sourire en permanence.
Mais sur le fond, le véritable thème de cet album est de louer la capacité des raconteurs d'histoires eux-mêmes, de ces saltimbanques qui préfèrent faire rire et rêver les gens au détriment de leur gloire personnelle ou de leurs ambitions dans la société. C'est une ode aux poètes et aux rêveurs, à ceux qui vivent dans la Lune ou qui en reviennent pour nous narrer les beautés qu'ils y ont vues. Et la toute dernière page de l'album m'a particulièrement touché à ce propos.
Bravo l'auteur !
Bordel !!!!
Ca ne serait que mon seul avis en vrai mais je ne vais pas m’en contenter.
Ayant vécu en cité, je n’ai que trop connu cet univers comme spectatrice. Tout sonne et résonne fidèlement. Qu’importe la ville, le quartier, on y retrouve forcément des caractéristiques de ce bout de territoire dans un territoire. Oz, merci d’avoir été si (trop?) proche d’une réalité sans tomber dans le pathos. J’ai souri, ri même, j’ai retrouvé mon adolescence. La caillera qui sommeille en moi s’est un peu réveillée grâce ou à cause de toi. Quant à l’illustration, je ne connaissais pas mais je m’y suis bien accommodée. Bravo en tout cas. A suivre...
Bwouf...je viens de terminer La Bête et c'est excellent.
Le dessin et surtout la mise en page sont très bien maîtrisés et parcourir les pages de cet album est un véritable plaisir.
La scène d'introduction est parfaite, la cohérence de l'ensemble, le travail de présentation des personnages... du très beau boulot et on ne peut que se prendre d'affection pour Fran(z)çois, sa mère, Monsieur Boniface et autres seconds rôles.
Le tout a un côté cinématographique très prononcé, notamment dans les angles de vue et le déroulement. Certaines planches retranscrivent à merveille les émotions des personnages sans avoir besoin de montrer leur visage ou de les faire parler...
Bref, une très très bonne surprise et je recommande vivement la lecture de cet album riche en émotions.
Lorsque « Torpedo 1972 » a été posté, ma curiosité a été immédiatement piquée. Ma faiblesse a fait le reste en me conduisant chez mon libraire. Un an plus tard, je viens d’achever ma lecture et… QUELLE CLAQUE ! J’ai pris la torpille droit dans le citron !
L’album débute sur une introduction qui permet au lecteur profane, comme moi, de faire connaissance avec Lucas Torelli, dit Torpedo. On comprend ce qu’il était et ce qu’il est devenu, s’épargnant ainsi un prologue rébarbatif pour les connaisseurs et des planches inutiles. On entre donc directement dans le vif du sujet, c’est le moins que l’on puisse dire.
Autant être clair, cette histoire n’est pas à mettre entre toutes les mains. Violence, langage fleuri et sexe explosent à chaque page. Torpedo, ancienne gloire du grand banditisme, a claqué sa fortune en vivant comme un roi. Ne lui reste plus que son passé, sa réputation, son expérience, son caractère de merde, son fidèle second, Rascal, quelques billets (encore que…), et une santé sur le déclin, conséquence probable d’une vie de bâton de chaise. Un journaliste peu scrupuleux et sa plantureuse blonde vont réveiller la bête en s’intéressant à la mort d’un mafieux, père des frères Caputo.
« Torpedo 1972 » est un polar noir et violent, mais pas seulement. Plusieurs passages sont très drôles. C’est un peu comme si Tarantino avait fait équipe avec l’équipe du film « Red » tiré du comics éponyme, ou si Joe Pesci était devenu un sombre bad ass. Le tout est bien rythmé et tient le lecteur en haleine. L’équilibre entre la noirceur et l’humour est savamment dosé. S’ajoute à cela un petit twist final bien trouvé.
Le dessin me rappelle énormément Far South, au point que je me suis demandé si le dessinateur était le même. C’est sombre, avec une touche flashy très 70’s, cohérente avec le New York de l’époque. Les couleurs, pouvant paraître un peu faciles de prime abord, se révèlent finalement judicieuses et soulignent idéalement le dessin et le scénario. Elles varient également au gré du récit. J'ai donc été conforté dans mon choix d’acquérir l’album en couleur. La mise en scène est très cinématographique, à juste titre. J’ai énormément apprécié les variations de découpages lors de certaines scènes, en particulier celle du viol qui reste pour moi le passage le plus réussi, le plus marquant et finalement celui qui résume le mieux cet album irrévérencieux, drôle et violent à la fois.
Je pensais pouvoir apprécier « Torpedo 1972 ». Tel n’a pas été le cas… j’ai adoré ! J’avoue que je balance entre l’envie de lire une suite et le souhait que ce bel album reste unique et magnifique. Sans hésitation mon coup de cœur du moment !
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XIII
Rien à ajouter aux jugements positifs sur cette série, dont je me rappelle avoir lu d'une traite, la nuit, les 12 premiers épisodes. Auparavant je n'avais même jamais cherché à la lire, car le titre, "XIII", me rebutait. Par contre, je voudrais regretter ici, et ce, encore une fois malgré la qualité du scénario, les invraisemblances assez grosses qui se nichent surtout dans les premiers épisodes, et qui laissent à penser que Van Hamme a construit son scénario au fur et à mesure: On sait au bout du compte que Carington sait depuis le début que XIII est en réalité Jason MacLane, qu'il l'a recruté lui-même pour faire croire aux comploteurs que Steve Rowland n'était pas mort. Or, dans "Où va l'indien", il est bien persuadé d'avoir en face de lui Rowland, ce qui ne tient pas la route. Et on ne voit vraiment pas pourquoi, vu qu'il sait qui est en réalité XIII, il ne le lui dit pas ou ne l'aide pas à se retrouver. Pourquoi il l'envoie retrouver sa pseudo famille Rowland, ce qui ne sert à rien s'il sait qui est XIII, qui n'apporte rien non plus dans la résolution du complot, et ne fait que mettre XIII en danger. Et puis, le couplet sentimental sur Rowland dont la mort l'aurait presque fait pleurer alors que celui-ci est quand même assez proche d'une ordure, ça ne tient pas. Cette invraisemblance dure tout de même un certain nombre d'épisodes. Je pense que Van Hamme a fait aussi de Kim la fille de Carington seulement au bout d'un certain temps. Il n'y avait pas pensé au début, cela se voit. Autre petite invraisemblance: On ne comprend pas bien comment on peut trouver sur le fusil de Rowland (qui a tué Sheridan) les empreintes de XIII, et que celles-ci ne sont pas celles de Rowland. A moins que Rowland ne se soit lui aussi fait changer ses empreintes, et qu'on ait ensuite mis les mêmes à XIII, ce qui est incompréhensible. Le plus normal aurait été qu'on ait changé les empreintes de XIII en les remplaçant justement par celles de Rowland. Mais comme les empreintes de Rowland à la suite d'une verbalisation pour conduite en état d'ivresse sont le moyen de prouver que XIII n'est pas Rowland, tout ça se mord la queue!... ouf! Bref, il y a aussi d'autres petites invraisemblances, mais malgré tout on reste toujours fasciné par cette série, et pour ma part je la relis régulièrement... en m'agaçant à chaque fois des invraisemblances, mais ce n'est pas grave. Comme beaucoup, j'estime qu'après le 12e volume, la série perd de son intérêt, et j'ai arrêté d'acheter après le tome 19 (enfin j''ai acheté les trois ou 4 premiers de la nouvelle série, puis j'ai abandonné. Sans intérêt) Quant aux volumes sur chaque personnage, je les trouve souvent (pas tous quand même) inintéressants, et même souvent trahissant les personnages.
Tous les héros s'appellent Phénix
Je ne savais pas à quoi m’attendre en entamant cet album, j’ai eu la bonne idée de ne pas lire le résumé de l’éditeur avant ma lecture, et le style graphique « jeunesse » m’avait fait croire à une histoire plutôt légère… et j’en suis ressorti bouleversé. J’adore ce genre de narration « au travers les yeux d’enfants », qui n’explique pas tout, dévoile les faits au compte goûte, avec une naïveté et une sensibilité très touchante. Le crescendo émotionnel m’a pris aux tripes, et je n’ai pas réussi à reposer l’album avant sa conclusion… conclusion qui m’a fait lâcher une larme (pour de vrai). J’ai trouvé le ton juste, et la détermination de Phénix à vouloir à tout prix protéger sa petite sœur poignante au possible. Voilà, je ne connaissais pas le roman « pour jeunes adultes » de Nastasia Rugani, mais j’ai adoré l’adaptation BD… j’attribue la note maximale sous le coup de l’émotion. Un album à la fois très dur et rempli de tendresse, que je vous encourage à découvrir.
Aldobrando
On savait que l'école italienne était très en vue ces dernières années. J'ai personnellement l'impression d'avoir découvert d'un coup une génération spontanée d'auteurs de grand talent : Davide Reviati, Zerocalcare, Manuele Fior... Et là, voua !!!!! Une BD réalisée par deux ténors de la scène italienne !!! On n'osait même pas en rêver ! C'est Luigi Critone qui se colle au dessin. L'homme avait déjà commis les illustrations de Je, François Villon, superbe adaptation du roman de Jean Teulé sur une figure méconnue de la poésie française, sorte d'anarchiste bien avant la lettre. Son trait atteint avec Aldobrando un niveau de perfection quasi... parfait ! Et on ne parlera pas de la mise en couleur (signée Francesco Daniele et Claudia Palescandolo ; ils s'y sont mis à deux !)... Son complice pour l'occasion, c'est Gipi, le type surdoué qui sait tout faire (crayonné, aquarelle...) avec la même virtuosité. Il délaisse ici ses pointes pour empoigner le scénario. Et quel scénario ! Une histoire d'Heroïc fantasy digne des meilleures intrigues de Denis Gerfaud, carrément ! Qui ? Ben Denis Gerfaud quoi !!! Le légendaire créateur du meilleur Jeu de Rôle jamais édité dans l'univers, j'ai nommé Rêve de Dragon. Ceux qui ont été comme moi des rolistes acharnés depuis leur prime jeunesse sauront de quoi je parle. Les autres pourront aller zieuter ce site (https://scriptarium.fr/fr/reve-de-dragon/) histoire de se faire une idée. Me resterait alors à leur souhaiter d'avoir le bonheur sans nom de faire un jour une partie entière de ce jeu hors normes. Aldobrando, c'est tout à fait ça : une atmosphère médiévale sans chevalier mais avec des pégus aussi baraqués que des coton-tige. Pas de grande quête avec gloire et richesse pour récompense, point de dragon (mais une princesse !)... Juste des personnages atypiques, voyageurs curieux ou largués qui s'accoquinent un peu par la force des circonstances, formant ainsi une petite communauté de parias jouissant d'une grande liberté, toujours prêts à prendre des risques afin de connaître une part du rêve qu'ils n'avaient pas imaginée, acceptant fatalités et contraintes avec une sorte d'humilité déterminée, juste pour le simple plaisir de raccommoder un monde qui part sérieusement en vrille. Bref ! Je ne vais pas m'étendre car d'autres l'ont fait mieux que moi, mais voici une BD à lire et à relire sans faim, qui m'aura accessoirement redonné l'envie folle de remettre le nez dans Rêve de Dragon. Bon, allez ! C'est décidé : ce weekend, je planche sur un scénar !...
Le Discours de la panthère
Jérémie Moreau est décidément un auteur à suivre. S'il n'a (presque) pas toujours réalisé des chefs d’œuvre (Penss et les plis du monde était une déception du point de vue graphique avec ses personnages à moitié mangaïsés), il sait cependant se renouveler. C'est un auteur qui cherche, explore, trouve souvent... On sent le gars généreux, plein d'audace, qui a des choses à dire et à faire voir, et surtout, qui ne s'assoie pas sur le succès. Rien que pour cette raison, avec Le Discours de la panthère, l'ami Moreau confirme tout le bien qu'on pensait de lui et s'impose comme un artiste incontournable. C'est finalement assez rare pour être souligné me semble-t-il. Ce nouvel essai est, une fois encore, marqué d'emblée par un changement de style graphique tout à fait saisissant. Même si l'on retrouve par moments ce goût pour les fonds texturés qui avaient conféré une puissance phénoménale à La Saga de Grimr, les dessins, épurés et chatoyants donnent ici l'impression d'un parti pris très fort et parfaitement assumé. "Penss", son ouvrage précédent, m'avait au contraire laissé un goût d'inachevé. On sentait clairement que l'ami Moreau hésitait alors entre plusieurs voies possibles. Au contraire, la sobriété lumineuse du Discours de la panthère tranche net et nous invite à pénétrer dans un monde merveilleux. L'expressivité des personnages (ici exclusivement des animaux) a toute la place pour s'exprimer. Moreau parvient à capter l'essence de chaque animal et à la fixer dans des gestes et des attitudes tout à fait typiques : mouvements de tête caractéristiques de l'autruche, marche lourde et chaloupée de l'éléphant, pas rapides du pagure (le fameux bernard l'hermite)... Mention spéciale aux vols acrobatiques et si féériques des étourneaux. Le dessin vibre et s'anime comme dans un trip sous LSD. De toute beauté ! Ce livre est d'abord un enchantement pour les yeux, à plus forte raison parce que les éditions 2024 ont su apporter à ce conte animalier l'écrin qui lui sied comme un gant. Mais ce magnifique dépouillement, tout en aplat de couleurs, souvent réduit à une ligne d'horizon, une dune, un arbre, une montagne, un nuage... permet également à l'histoire de s'étirer dans les moindres recoins. Cet ensemble de fables, comme autant de paraboles habilement imbriquées les unes dans les autres, voit son graphisme mis entièrement au service du propos, autant spirituel que philosophique. Au fil du livre, à travers chaque expérience de vie, le lecteur assemble peu à peu ce puzzle dont la dernière pièce (l'histoire du singe, sorte de proto humain en quelque sorte) donne tout son sens à cette réflexion sur la vie et ce qui nous unit à elle de manière intime. C'est beau et profond dans la forme et tout autant, sinon plus, dans le fond. Et tout ça sans jamais verser dans la lourdeur, le pathos ou la morale à papa. Une gageure ! En réalité, Jérémie Moreau choisit bien l'animal en fonction de ce qu'il lui fait vivre. Par exemple, de manière certes un peu convenue mais qu'importe puisque ça fonctionne, l'éléphant illustrera l'Histoire et la mémoire, ainsi que la manière dont on se construit aussi en fonction d'elle. L'autruche, animal a fortiori nettement moins gracieux qu'un chaton, symbolisera quant à elle l'image que l'on a de soi-même... Ainsi, chaque histoire s'attache à un aspect de la vie (et de la mort) pour former un ensemble parfaitement dense et cohérent. Blindée de discrètes références (on songe pêle-mêle au douanier Rousseau, à Kipling, La Fontaine, Esope...), le Discours de la panthère et son style naïf ne manquera pas d'interpeller. Magnifiquement illustrée, soutenue par des textes malins, le lecteur se voit tout entier absorbé par cette histoire d'une originalité certaine. Ajoutons que ce livre s'adresse aussi bien aux adultes qu'aux enfants, et on comprendra que l'on tient ici une bande-dessinée aussi originale qu'universelle. Cette lecture fut un véritable enchantement qui m'a scotché un sourire béat aux commissures toute la journée. Ben moi, j'appelle ça un coup de cœur !
Les Indes fourbes
Je rejoins les commentaires les plus enthousiastes relatifs à cette BD, découverte dans une bibliothèque. Une fripouille amorale nous entraîne dans une aventure débridée au siècle de Philippe III d'Espagne, avec un récit magnifiquement mis en images par le dessinateur de Blacksad aussi à l'aise au fond des geôles qu'en pleine mer ou dans la jungle, et dont les personnages possèdent une expressivité remarquable. L'humour n'empêche pas une vision sans concession de la colonisation, des missionnaires et de la dureté de la société. Une très grande réussite.
Il faut flinguer Ramirez
Quelle bonne surprise, je comprends mieux l'accueil réservé à ce premier tome. Avec un titre pareil, je m'attendais à un classique règlement de compte entre truands et je découvre une aventure menée tambour battant ponctuée d'humour et de clins d'œil aux années 80. C'est toujours juste, l'auteur fait preuve d'un talent rare pour nous raconter cette histoire, il nous transmet l'ambiance d'une époque avec un enthousiasme et un plaisir ressenti à la lecture. Notre héros traverse une vendetta orchestrée par des mafieux avec un tel flegme que la situation est juste surréaliste. Ce contraste entre un employé modèle et docile et des truands cyniques et ultra violents est la réussite et l'originalité de ce premier tome. Partant de cette situation, l'auteur nous plonge au début de la société de consommation aux Etats Unis. Attention ce n'est pas une dénonciation de plus de notre société de consommation, c'est plutôt un regard nostalgique sur cette époque avec des produits datés et des techniques de commercialisation toujours d'actualité. Le dessin fait partie de la réussite de cette bd, un graphisme particulier qui rappelle les comics avec des publicités (à lire absolument) entre chaque chapitre. Et maintenant place au deuxième acte, je l'espère aussi dynamique et surprenant car l'auteur a placé la barre très haut. Acte 2 Nous sommes dans la continuité du premier acte, le rythme ne change pas. Notre héros est toujours au cœur d'une vendetta qui le dépasse, l'acte 2 nous donne des réponses sur l'histoire de Ramirez qui nous éclaire sur l'origine de cette vendetta. Les coupures publicitaires sont toujours drôles avec des clins d'œil toujours pertinents sur notre société de consommation. Le dessin reste au même niveau, un vrai plaisir visuel. Un style propre à cette série qui correspond à l'époque et au lieu. Vivement l'acte 3
Le Baron (Masbou)
Jean-Luc Masbou, c'est bien sûr le formidable dessinateur de l'excellente série De Cape et de Crocs. Et si on pense aux incroyables aventures du Baron de Münchhausen, quelle meilleure affiliation que cette dernière ? Elles partagent en effet la même âme, la même fantaisie et le même goût pour les récits truculents, imaginaires, exotiques et colorés. Le Baron de Münchhausen est un personnage qui a véritablement existé. Petit artistocrate allemand du 18e siècle ayant servi comme capitaine mercenaire auprès de différentes cours Européennes, il s'est fait connaître par son sens du récit fantasque et de l'affabulation au point qu'un écrivain, Rudolf Erich Raspe, a compilé ses histoires et les a publiées dans un livre qui rendra célère le personnage dans toute l'Europe. L'album de Masbou met en scène le moment où ce fameux livre, édité initialement en Angleterre avant d'être traduit en Allemand, arrive dans le village du Baron et est découvert par ses habitants et par le Baron lui-même à leur grande surprise mais aussi avec un certain plaisir. Et c'est l'occasion pour notre fameux conteur de nous narrer une fois de plus avec la verve qui a fait sa renommée un florilège de ses plus amusantes histoires parfaitement véridiques, nul ne saurait en douter ! C'est un formidable album que nous offre là Jean-Luc Masbou ! Tout d'abord, il y a son dessin qui fait sa force. C'est pour le style qu'il a utilisé dans De Cape et de Crocs que je le préfère, avec son trait guilleret, et ses couleurs enchanteresses. Et c'est bien ce style là, toujours aussi beau et toujours aussi travaillé, qu'il utilise pour le récit principal de cet album. Outre des personnages très attachants, cela donne notamment quelques scènes de campagne allemande parfaitement magnifiques. Mais il alterne également de nombreux autres styles graphiques pour chacun des différents flash-back et autres contes qui ponctuent l'ouvrage. Et ils sont tous admirables et impressionnants de maîtrise. Puis il y a l'intrigue elle-même. Sur la forme, elle est essentiellement un prétexte à permettre au fameux Baron de nous raconter ses histoires les unes après les autres. Ce sont des contes épiques excentriques, parfaitement dans l'esprit de ceux du film que Terry Gilliam lui a dédié, emplis de fantaisie et aussi d'une grande part d'humour. Leur diversité et leur gaieté est exaltante. C'est un vrai bonheur qui amène le sourire en permanence. Mais sur le fond, le véritable thème de cet album est de louer la capacité des raconteurs d'histoires eux-mêmes, de ces saltimbanques qui préfèrent faire rire et rêver les gens au détriment de leur gloire personnelle ou de leurs ambitions dans la société. C'est une ode aux poètes et aux rêveurs, à ceux qui vivent dans la Lune ou qui en reviennent pour nous narrer les beautés qu'ils y ont vues. Et la toute dernière page de l'album m'a particulièrement touché à ce propos. Bravo l'auteur !
En Falsh
Bordel !!!! Ca ne serait que mon seul avis en vrai mais je ne vais pas m’en contenter. Ayant vécu en cité, je n’ai que trop connu cet univers comme spectatrice. Tout sonne et résonne fidèlement. Qu’importe la ville, le quartier, on y retrouve forcément des caractéristiques de ce bout de territoire dans un territoire. Oz, merci d’avoir été si (trop?) proche d’une réalité sans tomber dans le pathos. J’ai souri, ri même, j’ai retrouvé mon adolescence. La caillera qui sommeille en moi s’est un peu réveillée grâce ou à cause de toi. Quant à l’illustration, je ne connaissais pas mais je m’y suis bien accommodée. Bravo en tout cas. A suivre...
Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou - La Bête
Bwouf...je viens de terminer La Bête et c'est excellent. Le dessin et surtout la mise en page sont très bien maîtrisés et parcourir les pages de cet album est un véritable plaisir. La scène d'introduction est parfaite, la cohérence de l'ensemble, le travail de présentation des personnages... du très beau boulot et on ne peut que se prendre d'affection pour Fran(z)çois, sa mère, Monsieur Boniface et autres seconds rôles. Le tout a un côté cinématographique très prononcé, notamment dans les angles de vue et le déroulement. Certaines planches retranscrivent à merveille les émotions des personnages sans avoir besoin de montrer leur visage ou de les faire parler... Bref, une très très bonne surprise et je recommande vivement la lecture de cet album riche en émotions.
Torpedo 1972
Lorsque « Torpedo 1972 » a été posté, ma curiosité a été immédiatement piquée. Ma faiblesse a fait le reste en me conduisant chez mon libraire. Un an plus tard, je viens d’achever ma lecture et… QUELLE CLAQUE ! J’ai pris la torpille droit dans le citron ! L’album débute sur une introduction qui permet au lecteur profane, comme moi, de faire connaissance avec Lucas Torelli, dit Torpedo. On comprend ce qu’il était et ce qu’il est devenu, s’épargnant ainsi un prologue rébarbatif pour les connaisseurs et des planches inutiles. On entre donc directement dans le vif du sujet, c’est le moins que l’on puisse dire. Autant être clair, cette histoire n’est pas à mettre entre toutes les mains. Violence, langage fleuri et sexe explosent à chaque page. Torpedo, ancienne gloire du grand banditisme, a claqué sa fortune en vivant comme un roi. Ne lui reste plus que son passé, sa réputation, son expérience, son caractère de merde, son fidèle second, Rascal, quelques billets (encore que…), et une santé sur le déclin, conséquence probable d’une vie de bâton de chaise. Un journaliste peu scrupuleux et sa plantureuse blonde vont réveiller la bête en s’intéressant à la mort d’un mafieux, père des frères Caputo. « Torpedo 1972 » est un polar noir et violent, mais pas seulement. Plusieurs passages sont très drôles. C’est un peu comme si Tarantino avait fait équipe avec l’équipe du film « Red » tiré du comics éponyme, ou si Joe Pesci était devenu un sombre bad ass. Le tout est bien rythmé et tient le lecteur en haleine. L’équilibre entre la noirceur et l’humour est savamment dosé. S’ajoute à cela un petit twist final bien trouvé. Le dessin me rappelle énormément Far South, au point que je me suis demandé si le dessinateur était le même. C’est sombre, avec une touche flashy très 70’s, cohérente avec le New York de l’époque. Les couleurs, pouvant paraître un peu faciles de prime abord, se révèlent finalement judicieuses et soulignent idéalement le dessin et le scénario. Elles varient également au gré du récit. J'ai donc été conforté dans mon choix d’acquérir l’album en couleur. La mise en scène est très cinématographique, à juste titre. J’ai énormément apprécié les variations de découpages lors de certaines scènes, en particulier celle du viol qui reste pour moi le passage le plus réussi, le plus marquant et finalement celui qui résume le mieux cet album irrévérencieux, drôle et violent à la fois. Je pensais pouvoir apprécier « Torpedo 1972 ». Tel n’a pas été le cas… j’ai adoré ! J’avoue que je balance entre l’envie de lire une suite et le souhait que ce bel album reste unique et magnifique. Sans hésitation mon coup de cœur du moment !