Les derniers avis (7654 avis)

Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Stray toasters
Stray toasters

Dans la foulée d'Elektra : Assassin, pour le style, mais sans Frank Miller au récit. Une histoire de démon en balade à New York, qui constate nos mœurs de sauvages (carrément déstabilisantes pour lui !) et croise les héros de l'histoire -aux prises avec leurs propres démons personnels, pour le coup !- alors que des meurtres de petits garçons et de jeunes femmes défrayent les chroniques, plutôt heureuses d'avoir du sordide à raconter au public... La speakerine est hilarante, avec ses apartés loufoques ! Les personnages sont tangibles et leurs affres faciles à suivre -même la psychopathe de service ! Et la créature qui inspire le titre assez obscur du Comic m'apparait assez impressionnante/inquiétante, sous les coups de pinceaux du Grand Bill -sans parler du toubib...! J'aime aussi les audaces graphiques alliées à l'humour, qui m'autorisent -pauvre petit cœur sensible que je suis !- à parcourir cette histoire sans ressentir trop d'empathie pour l'aspect Thriller du sujet : c'est du spectacle, avant tout. Je l'adore, cet Artiste-là !

19/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Elektra - Assassin
Elektra - Assassin

Fin d'été 1988, festival de BD (supermarché, quoi !) de Hyères. Je viens d'acheter l'album de Daredevil (Miller/Mazzucchelli - j'en connaissais les pages) et, ma maigre paie en poche (service militaire à peine entamé !), je passe pour la troisième fois devant un étal exhibant le Elektra : Assassin de Frank Miller et Bill Sienkiewicz... Décidément, la couverture m'intrigue ! Bien sûr la couleur (rose pétant !), mais aussi le fait que je n'arrive pas à l'interpréter ! Et puis le vendeur m'interpelle, pour me dire que le recueil est réservé pour un client ; mais que ce dernier n'étant toujours pas revenu... C'est un des plus grands chocs graphiques de ma vie -et l'impact perdure aujourd'hui. Je n'ai jamais retrouvé pareille joie purement visuelle à parcourir un Comic, sinon à la lecture du Stray toasters, du seul Bill. J'ignorais alors qu'on pouvait à ce point s'amuser à raconter une histoire ; et surtout que, pour l'illustrer, on pouvait tout se permettre, si on parvenait à ne pas noyer le sens sous la forme donnée au récit par les images. Ce miracle-ci prouve qu'on peut même le magnifier en explosant ses codes et cadres, tout en jouant avec ses pinceaux/crayons/ciseaux/photos/photocopies Etc...!! Il est manifeste que Miller, habituellement prisonnier de ses tics et obsessions plutôt ras des pâquerettes (c'est très subjectif !), a vu sa prose transcendée par l'incessant va-et-vient des idées -et remaniements graphico-scénaristiques !- entre lui et son artiste ! Le placement des phylactères même participe au rythme du récit ; en guidant par exemple nos yeux le long d'une splash-page à l'apparence de peinture mythologique tant elle est mise en scène : "No, Garreth.". "You cannot die.". "Not yet.". "Breathe.". Aujourd'hui adoubé mais, à l'époque, encore en devenir, le Grand Bill s'offre un terrain de jeux et d'expérimentations picturales de presque 300 pages et les idées fusent tous azimuts, jusqu'à la fin (jouissive à tous les niveaux, aussi !). Un festin créatif pour les deux associés, j'en suis persuadé. Et je continue d'en apprécier une bonne tranche bien nourrissante, de temps à autre : l'innovation amusante s'est faite rare, dans le genre.

19/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Version
Version

Tombé dessus par hasard en farfouillant l'arrière-salle d'une bouquinerie alors que je m'échinais à déplacer des piles d'albums, magazines, livres et autres merveilles illustrées pour tenter de dénicher des exemplaires du 2001 Nights de Yukinobu Hoshino (en Anglais par Dark Horse Comics) et dont je découvrais ce même jour l'existence -il y a des moments où tous les astres sont alignés ! :)) J'ai adoré cette histoire très "punchy" et pleine d'humour (graphique et scénaristique), à l'intrigue Science-Fictionnesque ma foi pas mal originale, se déroulant de manière classique mais néanmoins agrémentée de magnifiques trouvailles philosophiques et poétiques -encore une fois aussi bien écrites qu'illustrées. Ce talentueux Mangaka à qui l'on doit les bien plus célèbres Fleurs de Pierre et Ikkyu (que je ne connais pas) est malheureusement décédé en 1995 ; Version ayant été une version -justement !- du côté plus "léger" de l'artiste. La fin du Manga reste ouverte ; mais que ça ne vous empêche pas d'aller courir l'Australie et les océans -entre autres !- à la recherche d'une sirène, et en compagnie du gaguesque Happo et de l'intrépide Eiko (flanquée de Punky, son Orang-outan !), ainsi que de quelques autres personnages bien savoureux. C'est qu'il y a non seulement du souffle et des embruns, dans cette passionnante aventure rocambolesque, mais aussi un lyrisme enivrant !

19/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Yoko Tsuno
Yoko Tsuno

Yoko Tsuno a longtemps été une frustration enfantine : je n'avais pu qu'en feuilleter quelques pages, par-ci, par-là ; mais d'album, nenni. C'est donc laaaargement mature (!) que je me suis décidé à satisfaire ma curiosité ; et je ne l'ai jamais regretté. Alors, oui : Roger Leloup a, dans ses plus récentes publications, abordé des thématiques probablement plus personnelles et, surtout, semble les avoir explorées dans une optique beaucoup moins classique : il est manifeste que le soucis de vendre au plus grand nombre n'est pas sa priorité (bien que je ne m'inquiète en rien de la fidélité de ses lecteurs.). Mais pour qui aime les histoires bien écrites, distrayantes et inventives -ainsi que proches de la perfection graphique factuelle sur un assez grand nombre d'albums-, alors c'est une bonne idée de se plonger dans les aventures mouvementées et riches d'émotions de cette héroïne au caractère bien trempé, qui tranche dans le vif en paroles autant qu'en actes et dont la rectitude morale, remarquable, est heureusement adoucie par sa réelle vulnérabilité émotionnelle. De "Le Trio De L'Étrange" à "Le Dragon De Hong-Kong", je me suis, je dois dire, pas mal amusé -exception faite pour le laborieux "Les Archanges De Vinéa". Par la suite, il me semble que l'auteur s'est éloigné de la Yoko dont j'ai partagé les pages... Non ; plus exactement : il s'est éloigné du cadre "réaliste" de la construction de ses scénarios précédents pour donner à ses aventure une légèreté très -trop ?!- légère (!) ; presque enfantine par moments. Il m'a semblé aussi y avoir une sorte d'urgence pour Roger Leloup à étoffer la partie Vinéenne de l'univers de Yoko ; quitte à en mettre un peu beaucoup à la fois (Les Exilés De Kifa).

19/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

... Qu'ajouter ? Chapeau, Franquin, pour avoir eu le culot d'inventer ce héros-sans-emploi alors que personne ne devait y croire, et de l'avoir aussi rapidement cerné sans jamais l'avoir trahi ; assumant ta démarche jusqu'à nous offrir l'incarnation la plus humaine de la résistance -pas si passive...!- de l'individu face au système. Bravo Franquin pour, en si peu d'albums et probablement grâce à ton enthousiasme à les dessiner, avoir acquis ce graphisme prodigieusement moderne et dynamique (encore au jour d'aujourd'hui !) qui transfigure, pour ton lecteur énamouré, le plus simpliste des gags en infarctus potentiel... Félicitations Franquin pour avoir su, au travers d'une galerie de personnages aussi vrais que touchants -même les pires : salut, Longtarin !- dépeindre presque toute une époque avec une lucidité et une franchise qui témoignent, au travers de si nombreuses cases, de ton soucis de l'autre et de notre devenir. Et, sur un plan plus personnel : merci Franquin pour m'avoir -sans que je le comprenne à l'époque- offert un héros à qui m'identifier presque totalement et dont les nombreuses relectures de ses gaffes ont parsemé mes années de fou-rires, éclats de rire et, même une fois, une telle crise d'hilarité que ma mère a débarqué pour s'assurer que je ne faisais pas un malaise.

18/10/2023 (modifier)
Par Maxence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ultra Heaven
Ultra Heaven

Ce manga m'a littéralement retourné la tête. Les graphismes sont fous et super détaillés ! Un univers intriguant où tous les médias incitent à la consommation de drogues. Le tout pris avec beaucoup de légèreté comme quelque chose de tout à fait banal. Je recommande !

18/10/2023 (modifier)
Par Jacques H
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fumier !
Fumier !

C'est très drôle. Je recommande vivement. L'intérêt est surtout dans le texte, ciselé, et qui ne tourne pas autour du pot. Je l'ai acheté après avoir lu la première page et je ne regrette pas mon achat. (3 Eur) Un superbe petit cadeau à offrir à une personne qui a de l'humour.

18/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Dédales (Burns)
Dédales (Burns)

J'ai été intrigué et envouté par la lecture du tome 1.... Où voulait bien nous emmener cette fois l'immense Charles Burns?... Le tome 2 prolongeait l'histoire sur un rythme assez lent, restait intéressant, mais ne nous donnait pas beaucoup plus de réponses. Je me laissais porter par le récit mais l'ensemble restait assez nébuleux.... Eh bien, je dois dire que le tome 3 m'a scotché (du début à la fin) et apporte une forte cohésion à l'ensemble. Cet album est juste admirable et sa très belle conclusion très cinématographique ne vous laissera pas de marbre je l'espère ! Même si Burns joue sa partition en terrain connu, il le fait d'une si brillante manière que l'on ne peut que se résigner. Ce gars est un génie et Dédales, après Black Hole et la trilogie Toxic / La Ruche / Calavera, un nouveau chef d'oeuvre !!

17/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Djinn Djinn
Djinn Djinn

... De l'Humour, évidemment ; sauf que c'est juste prodigieusement bien fichu, c'est tout. Bon, c'est culturel aussi, même si ça n'est pas (jamais !) l'argument important, pour moi : je n'en profite guère car peu ou prou de mémoire... Et il y a encore tout un tas de personnages attachants et de répliques qui tuent : on dirait presque qu'il les éparpille dans ses Bédés juste pour nous rappeler à quel point l'échange et le discours peuvent être nourrissants et bénéfiques, en plus d'être utiles ! Qui a lu du Ralf König ne peut rester entièrement mauvais, je pense. Je défie quiconque de ne pas rire -de désespoir, même ; et par identification, par dessus le marché !- en réalisant à quelles extrémités (vestimentaires et/ou de comportements grotesques !) le désir de plaire à son Mufti pousse le héros, complètement dévoré par sa libido en folie. Et, encore une fois, tous les personnages secondaires -même juste aperçus pour les besoins de l'histoire- sont élaborés et riches d'Humanité, ne serait-ce que graphiquement. La moindre attitude, le moindre trait traduit (trahit ?!) l'empathie de l'Artiste : de la bonne enrhumée et voleuse au couple en devenir, formé par la meilleure amie et cette espèce de vieux garçon dont les maladroites -mais si sincères !- tentatives d'approche ne peuvent qu'augurer d'une joyeuse conclusion. Moi, à chaque fois, j'ai le sentiment d'un shoot d'Arnica ou d'un truc approchant -je sais, mais j'ai un organisme très sensible, alors je fais gaffe ! Je souhaiterais que la lecture de ses albums ait le même effet sur tout le monde.

17/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Calvin et Hobbes
Calvin et Hobbes

J'ai reçu "Complètement surbookés !" à un anniversaire (je devais déjà avoir plus de quarante ans...). Je n'avais plus rien lu de neuf depuis longtemps et mes expériences récentes spécifiques du genre consistaient en quelques (vieilles !) BD de Garfield (John est irrésistible et tangible dans sa solitude gaguesque !) et Grimmy, ce chien tellement trash dont l'auteur/dessinateur ne s'embarrasse d'aucune règle ni contrainte. Par flemme autant que par indifférence, aucun des deux ne m'a donné envie de creuser (sans que ça remette en question leur légitimité en tant que bandes humoristiques : vive la diversité !)... Et POUF ! Voilà ce monstrueux gamin si horripilant dans sa malice égoïste et sa cruauté infantile -mais logique, puisqu'il a six ans tout au long des albums !- flanqué de son Tigre archi-blasé ; et je me suis retrouvé à rire sur trois niveaux différents et à m'émouvoir à en avoir mal au ventre. Ce coup-ci j'ai creusé : l'intégrale et quelques articles sur l'auteur et, comme le Grand Art est TOUJOURS le résultat d'une forme de souffrance et/ou de frustration, j'ai compris pourquoi j'ai adhéré instantanément. Alors, oui : chapeau bas à Bill Watterson qui, pendant près de deux ans, a dû faire face LÉGALEMENT aux volontés mercantiles de son propre syndicat (entre autres !) pour finalement réussir à empêcher le "marchandisage" de sa création et, ainsi, sauver l'âme et la raison d'être de sa démarche artistique. Car Calvin, tout matérialiste qu'il paraisse, ne cesse avec Hobbes de mettre en valeur les plus hautes et les plus nobles aspirations de l'homme (la soif de liberté et de justice, en particulier) tout au long des cases qu'ils partagent. L'auteur est d'une honnêteté confondante et, son immense talent graphique comme principal argument de séduction (trait dépouillé, simple, franc, direct : comme lui, quoi !), il se régale à nous fait rire, ricaner, glousser mais aussi réfléchir, s'émouvoir et s'attrister. Il m'a fait avoir honte de ma nullité humaine et m'a rempli d'espoir quant à la foi qu'on place dans l'autre. Le gars peut littéralement vous faire voyager dans le temps, en une planche, sans même un phylactère. Mais il faut la lire, pourtant, pour que ça marche...

17/10/2023 (modifier)