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Couverture de la série Géronimo - Mémoires d'un résistant apache
Géronimo - Mémoires d'un résistant apache

Voilà un album qui rend hommage de manière plus complète, plus précise et de toute manière plus réussie que le Geronimo (Matz/Jef) paru quelques mois plus tard, et que j’avais trouvé décevant. Il faut dire qu’il s’inspire directement de la biographie de Geronimo publiée par Barett au début du XXème siècle. J’avais découvert le travail de ces auteurs avec Yékini, le roi des arènes. Si cet album m’avais intéressé, j’ai préféré leur « Géronimo ». Sans doute parce que le sujet m’intéresse plus de prime abord, certes. Mais aussi parce qu’il est mieux réussi je trouve. Comme pour « Yékini, le roi des arènes », cet album est construit au départ comme une sorte de reportage, mêlant des photos (récentes, prises par les auteurs, mais aussi « d’époque », fin XIXème-début XXème siècles) à un très long développement racontant une histoire. D’abord la rencontre entre Geronimo et celui qui deviendra son biographe, Barett, et surtout le récit de la vie de Geronimo par lui-même (une série de flash-back entrecoupe les dialogues entre les deux hommes). L’ensemble est bien fichu, captivant, et la personnalité forte et attachante de cet irréductible assoiffé de liberté qu’était le chef apache est bien rendue. Au travers de son témoignage – et des tracasseries, pour ne pas dire plus dont souffrent les apaches, mais aussi Barett, pour recueillir le témoignage de Geronimo, on en apprend un peu plus sur la colonisation, et sur un pan de la société américaine, mercantile et a-historique (les photos prises près de la tombe de Geronimo sont parfois involontairement éclairantes et tristement drôles…). En tout cas, je vous recommande vraiment la lecture de ce petit pavé (près de 400 pages), bien construit, et solidement documenté. La courte bibliographie en fin de volume est elle aussi pertinente et très bonne.

08/05/2017 (modifier)
Par canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Smoke City
Smoke City

Un sursaut d'énergie pour exhumer ce diptyque faramineux ! J'hésite à vous raconter la situation de départ, cela vous paraîtra si peu original ... Le scénario est pourtant très bien ficelé, même s'il utilise les ressorts du polar en se sortant d'impossibilités logiques par un recours au fantastique, qui permet de retomber parfaitement sur ses pattes, mais aussi d'amener les images vers une grande beauté surnaturelle. Beaucoup de rebondissements et d'arroseurs arrosés, en tout cas... L'image est d'une sensualité troublante, et réaliste à la fois. Une esthétique assez années 30, dans une ville imaginaire peuplée de gratte-ciels élégants, baignant dans une lumière de films noirs pluvieux, réchauffée par du rouge et du doré. Les visages ont tous un sex-appeal particulier, sans donner dans le déjà vu. Une sorte de séduction intime : des hard-boiled, des misfits, des garçonnes, des blacks et des ninjas qui vous fixent de leur regard perdu ou manipulateur, transparents ou sombres, tout neufs ou vieillissants. Bref j'en redemande, et je note le nom de ces 3 enchanteurs qui réussissent à créer une parenthèse, attirante et inquiétante à la fois...

07/05/2017 (modifier)
Par canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Funérailles de Luce
Les Funérailles de Luce

Un peu trop court mais très précis et juste et beau... Le dessin noir et blanc un peu trash, sans demi-mesure de gris, ni traits fins, se confronte à un scénario très nuancé : par moment quotidien, par moment symbolique. La mort, la vieillesse, l'enfance y sont convoquées dans un univers villageois un peu suranné. Comme dit Hervé c'est un album qui laisse des traces profondes, comme une sorte de non-dit qui restera à l'intérieur de nous quelles que soient les couches de vie qui recouvreront le moment de notre lecture... Le titre n'est peut-être pas le bon, ce ne sont pas les funérailles DE Luce, mais celles qu'elle a vu. Et que les autres ne voient pas. Le grand-père, son voisin, le fils du voisin, et la voisine (personne n'a parlé de cette voisine, je pense que c'est une des choses qui est aussi marquante dans cet album : des vieux qui font l'amour, et la mort qui vient, juste après). Et puis le couple improbable qui représente la mort : étrange, mais pas malveillant, simplement muet. Bonne lecture, ça vaut le coup !

07/05/2017 (modifier)
Couverture de la série L'Épée d'Ardenois
L'Épée d'Ardenois

J’avais déjà vu cette série dans les bacs il y a quelque temps, et ne m’y étais pas attardé – je ne l’avais d’ailleurs même pas feuilletée – croyant n’y trouver qu’une énième version franchisée de Walt Disney. En effet, cette couverture du premier tome – et l’intérieur le confirme, fait rudement penser à la version Disney de « Robin des Bois ». Et puis j’ai eu l’occasion de lire ces albums, mes préventions ayant été du coup chassées très loin. Car en effet, les personnages animaliers, dans un univers moyenâgeux, font furieusement penser au film précité – même si le dessin et la colorisation s’en écarte un peu à partir du deuxième tome. Mais le parallèle s’arrête là. D’abord parce que ce n’est pas la même histoire. Ensuite parce que le traitement est très éloigné de la gentillesse manichéenne de Disney. Ici le sang coule, on meurt. Un certain érotisme (certes très soft) affleure avec le personnage de La Fouine. Et les « gentils » et les « méchants » ne ont ni monolithiques ni forcément clairement identifiés. Il faut dire que l’intrigue est assez élaborée, pimentant d’un peu de fantastique l’univers médiéval, s’inspirant pas mal du « Seigneur des anneaux » de Tolkien (les cartes en intérieur de couvertures, certains noms de personnages ou de lieu, une partie de l’intrigue). C’est une chouette réussite que je vous encourage à découvrir !

07/05/2017 (modifier)
Couverture de la série La Main du singe
La Main du singe

La lecture de ce triptyque est relativement exigeante, et il faut savoir passer outre les circonvolutions du scénario. Mais au final cela en vaut la peine. En effet, j’ai mis du temps à m’y retrouver avec cette construction ante et post point de départ : le jour zéro, durant lequel, suite à un accident, deux hommes ont échangé une partie de leur corps. Nous suivons donc, de manière totalement « déconstruite » les mouvements de balancier du scénario, sur les quelques semaines qui suivent ce point zéro, et les jours, parfois les mois et même les siècles qui l’ont précédé, dans une intrigue qui n’a commencé à faire sens pour moi qu’au dernier tiers du premier tome. Mais quand tous les éléments du puzzle sont mis en place, que l’on s’est fait à cette construction spéciale, c’est une histoire que l’on savoure, et qui mérite un petit détour, pour les amoureux de thriller bien fichus. Ma seule petite déception vient du dessin, qui ne me convient pas vraiment. Trop souvent, l’impression d’inachevé, de flou – principalement les personnages, visages et corps, comme « fondus », des variations sur les traits de ces mêmes personnages m’ont quelque peu gêné. Mais pas au point de gâcher ma lecture d’une aventure assez prenante. Note réelle 3,5/5.

07/05/2017 (modifier)
Par canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cour royale
Cour royale

Tout simplement drôle ! Le scénario est bien goupillé, l'époque du roi soleil bien traduite, dans sa démesure, son ridicule, son obséquiosité. Mais les deux principales qualités résident dans la langue utilisée et l'habileté du dessin. Truculence des dialogues épicée par une langue du XVIIème siècle quelque peu imaginaire (comme la langue d'Agrippine imaginée par Claire Brétecher aujourd'hui, ou plus proche (aussi par le trait): celle du landais volant de Dumontheuil). Les noms des personnages rappellent l'humour d'Arleston dans ses trolls, c'est-à-dire pas bégueule, un peu gras mais ça glisse d'autant mieux ! Le contraste ménagé par le dessin entre les deux jeunes premiers (la belle et le grand costaud, pas très volubile) d'un coté et le reste de la cour de l'autre : ramassis de rondouillards emperruqués, et de damoiselles poudrées aux visages cadavériques, rappelle la caricature à la Uderzo, (dans le grand fossé par exemple) mais avec un souci plus juste des couleurs, et même des valeurs (ombres et lumières). Les excentricités de la cour sont mises en valeur dans un décors, certes simplifié, mais dans lequel on ressent très bien la richesse forcenée (cf les carrosses) L'humour, la caricature mais aussi une certaine fidélité historique donnent à cet album un caractère franchement sympathique ; j'en conseille chaleureusement la lecture. Un petit exemple de la langue du roi expliquant son souhait qu'on lui invente une chaise à porteur percée : "En cas de forte intempérie des entrailles, il doit être grisant de les soulager en pleine locomotion !"

06/05/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Travis
Travis

L’histoire se situe en 2050 à un moment où l’homme va commencer sa colonisation vers d’autres planètes. Ce futur n’est pas si éloigné du nôtre ce qui le rend intéressant car possible. Le héros « un peu trop sans peur ni reproche » Travis, pilote de navette, va combattre des grandes multinationales qui veulent conquérir l’espace. Le scénario est passionnant laissant une très grande place à l’action. Certaines planches sont excellentes. Les « méchants » de l’histoire sont bien exploités car on comprend ce qui les amène à commettre leurs actes répréhensibles. Cela les rend presque sympathiques. Des personnages secondaires très intéressants notamment Pacman et Vlad Nyrki… Une série qui se lit très bien avec beaucoup de rythme. Du pur divertissement digne des grosses productions hollywoodiennes avec son lot de révélations. J’ai presque honte d’avouer que j’aime bien cela, que je suis presque le lecteur tout désigné pour lire ce genre de série. Cependant, force est de constater que sur la longueur, cette série parvient toujours à conserver sa qualité graphique et narrative. Il y a 3 cycles assez distincts : - 1er cycle (du tome 1 au 5) : Les Cyberneurs - 2ème cycle (du tome 6.1 à 7) : Vitruvia - 3ème cycle (du tome 8 à 10) : H2O - 4ème cycle (du tome 11 à 12) : Les enfants de Marcos - 5ème cycle (du tome 13 à 16) : La révolte des EGM Il est vrai qu'avec les tomes 6.1 et 6.2, le 7ème tome est en réalité le 8ème et ainsi de suite ce qui pourra un peu troubler le lecteur cartésien. En conclusion, le scénario est véritablement haletant et les scènes d’action sont diablement efficaces. Une vraie bd d’anticipation de très bonne facture ! Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4/5

08/06/2006 (MAJ le 06/05/2017) (modifier)
Couverture de la série Les Gueules rouges
Les Gueules rouges

Voilà un album relativement original quant à son sujet, que l’on devine avec cette couverture, réunissant un mineur et un Indien. L’histoire se déroule essentiellement en 1905, dans le Nord de la France, près de la tranchée d’Arenberg (que personnellement je connais surtout à travers Paris-Roubaix…), autour de mineurs, et en particulier d’un gamin, Gervais, qui réussit bien à l’école, qui pourrait faire des études et devenir ingénieur, mais qui doit obéir à son père et descendre comme lui dans les boyaux de la mine. L’univers de ces mineurs, la vie des corons, tout est bien rendu, on est proche de Les Mangeurs de Cailloux ou de Sang noir - La catastrophe de Courrières, deux belles séries de Loyer se déroulant dans le même cadre à la même époque. Mais voilà, la richesse de cet album, c’est que Jean-Michel Dupont introduit dans ce cadre très noir, très « Germinal », et quelque peu rigide depuis un siècle, de multiples agents perturbateurs, qui propagent leurs secousses plus ou moins profondément dans l’intrigue et les personnages. L’arrivée du cirque de Buffalo Bill à Valenciennes va bouleverser Gervais, qui va se lier d’amitié avec deux Indiens, et les aider à se disculper d’une accusation de meurtre. C’est l’aventure, le rêve, la maturité qui bousculent Gervais, gueules noires et gueules rouges ayant tous affaire à la police et aux préjugés de classe et de race de la bonne société. C’est qu’en plus l’histoire est bien ancrée dans son époque : on est en pleine discussion à propos de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat qui renforcera la laïcité, et Eglise et bouffeurs de curés se déchirent, alors que certains ouvriers sont sensibles à la propagande anarchiste (certains ouvriers sont eux-aussi des « gueules rouges » !) : le monde de Gervais se fissure, mais au travers de ces fissures il entrevoit la lumière. L’épilogue, dans la boucherie des tranchées, laisse ouverte la conclusion qu’on peut tirer de cette histoire : la fin d’un monde, ou pas ? Les seuls petits bémols concernant cet album n’occultent en rien sa qualité. Le dessin d’Eddy Vaccaro, dans une sorte d’aquarelle, est parfois trop brouillon, même si la colorisation, sombre, rouille, colle elle très bien au sujet, au titre et aux idées développées. La narration est parfois un peu ralentie par certaines explications (de termes ou dates), mais je le répète, ce n’est pas trop gênant. Les personnages s’expriment dans le langage chti populaire, et j’ai eu aussi parfois du mal à m’y faire, mais il faut passer outre, car au final, j’ai plutôt bien aimé ce parti pris. En tout cas, c’est une belle découverte que cet album, pas exempt de menus défauts, mais qui est très riche, et qui mérite à l’évidence qu’on s’y intéresse.

06/05/2017 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Forçats
Forçats

Après L'Homme qui s'évada, c'est la deuxième fois que le livre-reportage d'Albert Londres sur le bagne guyanais est adapté en BD. Pat Perna semble avoir intégré un peu plus Londres à son récit, ses sources semblent être plus diverses que celles de Laurent Maffre, comme la biographie de Londres et l'ouvrage d'Eugène Dieudonné. Cela donne un récit très vivant, avec un point de vue peut-être plus extérieur. Un reportage qui se transforme peu à peu en récit d'aventure, rythmé par les tentatives d'évasion de Dieudonné. J'avais beaucoup aimé le ton du premier tome, alors que le second est bien différent. Pat Perna nous propose en effet de suivre encore Albert Londres, dans son combat, après son retour, afin d'améliorer les conditions de vie des forçats à Cayenne. L'action y est moins présente, même si Dieudonné parle de façon plus libérée (et pour cause). Un tome plus calme, mais pas moins intéressant que le premier. Le dessin de Fabien Bedouel est puissant, presque mégalithique, il se montre à l'aise dans les extérieurs autant qu'avec des décors froids de prison. L'apport aux couleurs de Florence Fantini est essentiel, elle confère des ambiances presque inoubliables à ce récit rondement mené.

14/09/2016 (MAJ le 06/05/2017) (modifier)
Couverture de la série Esteban (Le Voyage d'Esteban)
Esteban (Le Voyage d'Esteban)

J’ai emprunté cette série – dont je n’avais auparavant jamais entendu parler – en médiathèque, dans le rayon jeunesse, au vu du nom de Matthieu Bonhomme. Eh bien le moins que l’on puisse dire, c’est que, si le public jeunesse peut y trouver son compte, il n’est pas le seul, c’est vraiment une série tout public. En effet, dès les premières pages du tome inaugural, la mort violente des proches et de la mère d’Esteban efface tout risque de mièvrerie. Par la suite, les aventures se lisent agréablement, avec un capitaine bourru – comme le veulent les clichés, mais pas monolithique, ni sans défaut. Son sale caractère, mais aussi son égoïsme vont même plonger Esteban et le reste de l’équipage dans une aventure aux multiples rebondissements, au milieu de la banquise, dans un pénitencier du bout du monde, etc. Une lecture agréable et fluide (le dessin de Bonhomme y est pour beaucoup, du « Dupuis Modernisé », sans copier sur Franquin), que je vous recommande chaudement. Les cinq albums que j’ai lus forment le premier cycle, même si je ne sais s’il y aura une suite, plusieurs années s’étant écoulées depuis la parution du dernier tome.

05/05/2017 (modifier)