Cette courte critique (que j'étofferai plus tard) repose sur la lecture de 15 tomes (les anglophones ont de l'avance sur nous).
En somme, voilà un très bon récit à la 'Walking Dead', mais sans les défauts de celui-ci.
Ici nous avons un fil conducteur et une évolution intéressante sur le long terme, des histoires parallèles qui finissent par converger, des créatures originales et mystérieuses qui se dévoilent petit à petit.
Comme d'habitude chez cet auteur, le personnage principal est un anti-héros réalistiquement dépeint qui se démène pour survivre et sortir de sa condition de looser. Il y a une grande part autobiographique dans l’œuvre de ce mangaka, d'où des personnages à la psychologie et aux réactions particulièrement réalistes.
EDIT : la série s'est terminée depuis peu et la fin... laisse sur sa faim. On aurait aimé en savoir plus sur ces mystérieux zombies, sur leur origine et leur devenir final (mais on a des indices). Je laisse quand même ma note d'origine car « l’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même ».
A lire aussi du même auteur : l'excellent Ressentiment.
Voilà une série quelque peu surprenante. Je l’ai empruntée en médiathèque, au rayon jeunesse, mais je ne sais pas si le lectorat visé est si jeune que ça.
En effet, si le dessin semble proche de celui du dessin animé « La famille pirate », il s’en écarte un peu, en particulier pour certaines trognes de l’équipage. Mais c’est surtout l’humour utilisé qui n’en fait pas un album jeunesse. En effet, il y a une avalanche de jeux de mots (le premier tome en déborde, mais les autres n’en sont pas non plus avares), plus ou moins subtils, mais qui échappent certainement pour beaucoup à nos chers bambins.
Alors, c’est sûr, au bout d’un moment, la surprise ne joue plus, cela peut être lassant, mais ça se lit quand même agréablement, avec une intrigue squelettique, juste bonne à permettre de placer ces jeux de mots, avec un capitaine énigmatique et loufoque au milieu d’un équipage improbable.
J’ai lu les quatre premiers tomes. Les deux premiers sont très sympas, les deux suivants sont un peu en deçà, sans doute moins créatifs, je ne sais pas (même si certains jeux de mots ou situations font encore mouche).
Série à découvrir.
Je lis le Monde diplomatique depuis près de vingt-cinq ans, et ai lu un bon nombre des publications d’Attac. C’est dire si je suis familier des références utilisées par Squarzoni (Ramonet, Halimi, Chomsky, etc), et si je les apprécie. Et si je suis d’accord avec les constats simples qu’il développe dans ce diptyque – qui l’a fait connaître du grand public.
Si la construction des deux albums peut sembler parfois brouillonne et partir dans tous les sens, les pièces du puzzle se mettent rapidement en place, et l’on suit alors une mise à jour de cette mondialisation néolibérale responsable d’une grande partie des maux qu’elle prétend pourtant combattre – avec l’aide de médias et de politiques complaisants, voire complices.
S’il faudrait réactualiser certains chiffres – les albums datent du début des années 2000, ce ne serait hélas que pour poursuivre les mêmes courbes, pour creuser encore davantage les inégalités, et dénoncer les mêmes scandales – seuls certains noms de protagonistes changent, mais ils portent les mêmes masques. L’analyse reste par contre pertinente.
Cela peut sembler déprimant de se dire que rien n’a changé. Certes, mais on peut aussi voir le verre à moitié plein, en se disant que ces idées, diffusées entre autres par Le Monde diplomatique trouveront peut-être un terreau où se développer. Qu’il ne faudra pas attendre que les catastrophes se multiplient pour que les gens soient suffisamment nombreux pour réagir efficacement.
A lire et à méditer en tout cas.
Une bonne BD à la fois originale, bien construite, au dessin parfois flamboyant qui va très bien à la trame de fond du propos.
Moi j'ai pris un réel plaisir à suivre ce personnage décalé, si étranger à la peur (et plus largement aux émotions), qui traverse des univers historiques différents sans qu'on s'y perde, et qui pose un regard sur le monde à la fois candide, ironique et abrupt, sur une vie qui ne l'est pas moins... On s'attache à ce personnage hors norme qui, l'air de rien, sans trop en avoir l'air, gagne en profondeur pour être davantage acteur de ses propres choix et que la boucle soit bouclée assez finement je trouve.
La Terre sera amenée à disparaître dans 5 milliards d'années avec l'explosion de notre soleil. Bref, c'est un processus irréversible qui nous indique qu'il y aura bien une fin. Les plus pessimistes pensent que la fin du monde sera beaucoup plus proche en raison des guerres, des conséquences sur le climat et de la disparition de nos ressources naturelles.
Pour perpétuer l'espèce humaine, il n'y a qu'une solution : explorer d'autres galaxies et coloniser une planète habitable. L'exoplanète la plus proche de la Terre se situe dans la constellation stellaire Alpha du Centaure. C'est seulement à 4,3 années lumières. La présente bd imagine un vaisseau-monde qui aurait mis 400 ans environ pour l'atteindre. C'est plutôt bien vu car c'est l'hypothèse actuellement la plus vraisemblable à savoir un équipage se renouvelant sur plusieurs générations avant que le voyage ne soit terminé.
Il n'y a rien à faire : j'aime beaucoup les histoires imaginées par Léo et Rodolphe. C'est à chaque fois une embarcation pour la grande aventure avec ce qu'il faut comme mystère. Cette série a un début très prometteur. Je la suivrai avec un grand plaisir car le thème me passionne véritablement.
Mon léger bémol proviendra du dessin de certains visages des protagonistes qui ont l'air d'avoir une peau assez rugueuse liée à des traits un peu intempestifs. Je ne crois pas que cela soit volontaire mais j'aurais préféré un graphisme plus lisse. Ce dessin fait quand même peur au niveau des visages. Les décors sont quant à eux parfaitement maîtrisés ce qui rassure.
Fort heureusement, les défauts inhérents au dessin seront presque corrigés pour le second tome qui nous entraîne sur une planète bien mystérieuse. On reconnait bien la patte scénaristique de Léo une fois passé le voyage intergalactique. Je suis réellement un grand fan pour suivre chacune de ses aventures de science-fiction. J'aime ça et j'en redemande à chaque fois.
Le troisième tome semble être un tome de transition où il ne se passe pas grand chose malgré l'attaque de certaines terrifiantes créatures animales ou végétales. La première victime sera ce pauvre chien. A quand un toutou qui arrive à survivre à ses maîtres dans la plus terrifiante des aventures ? Par ailleurs, il semblerait qu'il y ait un gros retournement de situation qui nous fait comprendre certains des mystères qui commençaient sérieusement à s'accumuler. Décidément, une planète peut en cacher une autre...
Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 4/5 - Notre Globale: 3.75/5
La série Urban Games devait tenir à coeur à Luc Brunschwig pour vouloir la reprendre malgré les 12 années passées et l'abandon du dessinateur initial.
La perle rare se nomme donc Roberto Ricci, qui avait fait forte impression dans Les Ames d'Hélios il y a quelques années. Là encore il frappe fort, dans un style, mais surtout des ambiances différentes. Les influences graphiques et narratives sont évidentes, et nul n'est besoin ici de les réitérer. Cependant je suis bluffé par la capacité du dessinateur à passer d'une ambiance intimiste à une scène d'action, par sa mise en scène très inventive ou encore ses couleurs pastel superbes. Il doit également gérer de nombreux paramètres visuels, entre les clins d'oeil, la mise en scène de l'intrigue et les personnages, qui conservent de bout en bout une expressivité aussi optimale que possible. Bref, de la (très) belle ouvrage.
Côté scénario, je ne connais pas la série originale de Brunschwig aux Humanos, mais j'imagine qu'il a dû "épaissir" sa trame, retravailler son récit pour le rendre plus logique, et le résultat est de suite très prenant. Le background, même s'il est proche de récits de SF classiques, me semble tout de même très cohérent. L'intrigue, éclatée sur plusieurs fils narratifs voisins a amené dès le premier tome son lot de situations très intéressantes, amenant à découvrir Monplaisir, l'omniprésence des media, la corruption due au pouvoir.
Les deuxième et troisièmes tomes apportent leur lot d'éléments aussi troublants que surprenants. En effet le récit va prendre une direction franchement inattendue, les personnages secondaires vont voir leur background s'épaissir, leurs postures changer. Et le récit est donc éclaté sur une quinzaine de personnages, dont aucun n'est laissé sur la touche, et tous vont jouer un rôle au fil du récit, qui va s'étaler sur 5 tomes. Le liant de l'histoire semble être Zach, ce colosse au coeur tendre, mais au fur et à mesure j'ai l'impression qu'il s'agit de Monplaisir, cette cité du vice plutôt que du plaisir... Enfin si, il y a une personne qui semble retirer beaucoup de plaisir de tout ça, agissant comme un despote (ce nettoyage des arrière-cours toutes les 5 heures ! Mais quelle idée de fou !) et elle n'a pas encore tout dévoilé de son dessein... Surtout ne suivez pas le lapin blanc.
Le tome 4 est très surprenant, il va revenir sur les "origines" de certains personnages, tandis que Zachary est réduit -momentanément- à l'impuissance... Sans parler d'un évènement qui va remettre en cause l'existence même de Monplaisir...
Plus j'avance dans la série, plus je me rends compte de sa complexité et de sa densité. Les récits, les personnages s'entrecroisent, ne faisant que se frôler parfois. Tous les éléments se mettent en place progressivement pour constituer un puzzle géant, où tout semble trouver une place bien précise. Le tueur de jeunes femmes, la personnalité de Springy Fool, le héros de série qui revit en tant qu'ami imaginaire ou en tant que robot, tout a un sens, RIEN n'est laissé au hasard.
Ebouriffant. Je suis persuadé que dans quelques années on étudiera les BD de Brunschwig, et celle-là en particulier, dans les études de sociologie, car il arrive à interroger notre société actuelle au travers de ses récits d'anticipation...
Les parents d’un enfant malade ou handicapé savent ce qui est décrit précisément dans cette œuvre et ils ressentent un peu la même chose face aux mêmes difficultés. C’est tout un parcours du combattant qui nous est décrit.
Il y a tout d’abord le diagnostic de la maladie qui est souvent faussé par des éléments que l’on ne découvre que par la suite. Il y a la culpabilisation au sein du couple alors qu’on mène une vie saine. Il y a toute cette panoplie de médecins et soi-disant spécialistes qui se contredisent et qui obligent à des solutions contre-productives pour le bien de l’enfant (vas-y pour porter un appareil lorsque l’enfant semble souffrir de le mettre).
Il y a également le peu de soutien de sa famille et de ses amis des beaux jours complètement à côté de la plaque. Il y a également l’incompréhension du monde professionnel et de ses supérieurs qui mettent encore plus de bâtons dans les roues pour se débarrasser d’un soi-disant cas social. Inutile de compter sur les syndicats dans ces cas-là et on constate le peu de solidarité de la part de ses collègues beaucoup trop occupés à gérer leur propre carrière.
Il y a toute la fumisterie de cette loi en faveur du handicap : que de jolies intentions dont les moyens de mise en pratique sont totalement absentes. Il y a la MDPH qui daigne bien répondre après des mois de dépôt d’un dossier absolument important. Il y a surtout l’Ecole et ses enseignants stupides. L’auteur y a d’ailleurs consacré une très grande partie. Celle-ci fait tout pour isoler l’enfant au lieu de l’intégrer. Quelques fois, il y a la mauvaise volonté et d’autres fois l’ignorance ou la bêtise. Malheureusement, on ne peut pas dire que l’éducation nationale soit une réussite en matière d’accueillir un enfant un peu différent et qui demande sans doute un peu plus d’attention pour que cela se passe bien.
L’auteur qui a raconté son expérience personnelle arrivera à bien s’en tirer tout à la fin. Parfois, cela ne se passe pas aussi convenablement et on peut perdre un enfant à cause de l’Ecole et cela prend un sens particulièrement dramatique. En tout cas, cela fait réfléchir sur le fait qu’on se sent moins seul mais cela ne console pas.
Au final, une superbe bd bien dessinée et bien écrite qui résonne comme un cri pour toutes les familles confrontées au handicap et à l'intégration de leurs enfants dans la société.
3.5
Je réécris mon avis après avoir enfin pu lire toutes les intégrales X-Men ces dernières semaines. Ma bibliothèque a enfin acheté les intégrales qu'elle ne possédait pas et qui ont été rééditées. J'ai donc une meilleure vue d’ensemble de la série.
Les histoires des années 60 sont assez moyennes et je comprends que la série n'ait pas décollé à l'époque. Je suis habitué aux histoires Marvel de ces années et d'autres séries de cette époque ont mieux vieilli. J'aime bien toutefois les numéros faits par le duo Roy Thomas-Neal Adams. Le dessin de Adams est exceptionnel et toujours aussi moderne après plusieurs décennies et c'est dommage qu'il soit arrivé aussi tard dans la série qui fut annulée car ses numéros sont les meilleurs de cette période et encore aujourd'hui comme un classique.
Puis vient la renaissance de l'équipe en 1975 avec de nouveaux personnages et très vite Chris Claremont arrive au scénario. Il y a de très bonnes idées et les histoires sont très prenantes. Il y a une galerie de personnages incroyables et les dessinateurs sont excellents, en particulier John Byrne qui a aussi co-scénarisé avec Claremont.
Puis les X-Men furent victimes de leur succès et on a droit à plein de séries et de mini-séries autour des mutants et il commence à en avoir tellement que j'ai décroché un peu vers les histoires de 1985-1986. Je trouvais que cela devenait un peu le bordel et cela empire avec les années. Peut-être que j'aurais mieux aimé si j'avais la chance de lire toute la série X-Factor et Les Nouveaux Mutants et pas juste les numéros qui font les crossover avec la série mère. Ajoutons qu'en plus Claremont avait la sale manie de lancer de plus en plus de sous-intrigues qui ne vont nulle part (pour sa décharge il devait souvent changer ses plans à cause des éditeurs) et que ses scénarios deviennent un peu plus difficile à suivre. Et certains scénaristes qui vont lui succéder ne sont pas mieux.
Donc je recommande surtout la lecture de l'intégrale 1969-1970 (pour les épisodes de Neal Adams) et des intégrales de 1975-1984. Après c'est à vos risque et périls !
Avec "Chaussette" voilà sans doute une de mes meilleures lecture jeunesse de cette année !
Ou comment concilier de façon intelligente et de très belle manière poésie, sentiments, fraicheur, mais pour traiter d'un sujet toujours difficile à aborder avec les enfants : la mort.
En effet, Loïc Clément a su trouver un angle parfait et subtil pour traiter ce sujet en lui redonnant toute l'humanité et la place qu'il mérite. Car s'il y a bien un truc qui m'énerve dans notre société toujours plus aseptisée c'est cette mise à l'écart grandissante d'un tel sujet... alors qu'il serait plus simple de poser les mots sur quelque chose d’inéluctable ou au moins quelques menus cailloux pour baliser un sentier trop souvent inconnu.
Et c'est très justement ce que réussissent Loïc Clément et Anne Montel avec cet album en trouvant un cadre et des personnages bien campés qui, je pense, parleront à tout le monde. Cette "Chaussette" (Josette "pour de vrai") avec son chien Dagobert sont infiniment attachants et son jeune voisin Merlin qui va faire office de narrateur va nous faire découvrir son quotidien. Ce petit côté "Amélie Poulain" peut-être du à cette narration en voix off une bonne partie de l'album (j'suis pas plus fan du film que ça, mais c'est du côté "savourer les petits bonheurs du quotidien" dont je veux parler), nous transporte tranquillement jusqu'à ce que ce train train quotidien si bien huilé déraille... Qu'est-ce qui a donc bien pu pousser Chaussette à se comporter de la sorte ??? C'est ce que compte bien découvrir Merlin en allant trouver sa voisine... mais je n'en dévoilerai pas plus de l'histoire pour vous laisser le plaisir de le découvrir par vous même...
En tout cas, voilà un album très réussi, où l'équilibre entre le récit et le dessin est juste, chacun mettant l'autre en valeur. En effet, le dessin simple mais très expressif de Anne Montel rehaussé d'une colorisation dans les tons pastel colle parfaitement à l'histoire que développe Loïc Clément. J'ai beaucoup apprécié le soucis du détail dans ses planches ; on y trouve toujours un petit détail qui fait au moins sourire ou qui vous rappelle quelque chose. Mais c'est ce genre de chose qui fait la différence et donne vraiment corps à une BD.
Alors oui, le fond de l'album n'est pas ce qui se fait de plus gai (et encore tout ça n'est que culturel), mais quand on réussit à parler de la mort d'une si belle manière, je ne peux que chaudement recommander la lecture de cet album, tant pour les grands que les petits ; moi je me suis régalé !
C'est sans connaître la série initiale Innocent que je me suis lancé dans cette lecture. On retrouve donc Charles-Henri Sanson et sa famille juste avant la Révolution française, officiant toujours en tant que "maître des hautes oeuvres de Paris", c'est à dire bourreau. Mais c'est cette fois par le prisme de sa soeur Marie-Josèphe que cette série veut nous engager. Après la mort de son premier amour qu'elle venait de retrouver, elle tient à mener sa vengeance et ne recule devant rien pour renverser le système qui lui a couté la vie...
Première surprise à l'ouverture : la qualité du graphisme de Shin'Ichi Sakamoto. Wow ! Que ce soit dans les décors, les costumes, les personnages ou les paysages, quelle richesse et quel soin du détail ! C'est indéniablement le gros point fort de cette série qui semble très documentée. Je poserais quand même juste un léger bémol quant aux personnages principaux de la famille Sanson que je trouve un peu trop ressemblants au niveau des visages, et leur côté androgyne n'est pas du genre à arranger les choses.
Du côté du récit, c'est assez bien construit aussi et on est rapidement pris par l'histoire. C'est parfois dur, sans concession, mais en même temps, bourreau y'a plus gai comme boulot. Là où je reste assez surpris au niveau de la construction du récit c'est que l'histoire de Marie-Josèphe qui devait être l'axe central de ce nouvel opus tient plus lieu de fil rouge qu'autre chose. J'en ai même quasi oublié que c'était l'histoire de sa vengeance que cette nouvelle série se voulait le témoin, jusqu'à la scène finale de ce premier tome qui remet en perspective des faits historiques mais par des biais et pour des raisons qu'on n'attendait pas...
Alors, au final, cette série nous propose une plongée dans la France de cette fin du XVIIIe par des personnages intéressants, tout cela porté par un dessin réaliste impressionnant. L'intrigue si ténue semble-t-elle se tisse tranquillement au fil des pages pour revenir en toute fin d'album se rappeler brutalement à nous... Notre chère Marie-Josèphe Sanson aurait été une parfaite adepte de ce précepte de Gandhi avant l'heure "Ne cédez pas à la colère, vengez-vous"...
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I am a hero
Cette courte critique (que j'étofferai plus tard) repose sur la lecture de 15 tomes (les anglophones ont de l'avance sur nous). En somme, voilà un très bon récit à la 'Walking Dead', mais sans les défauts de celui-ci. Ici nous avons un fil conducteur et une évolution intéressante sur le long terme, des histoires parallèles qui finissent par converger, des créatures originales et mystérieuses qui se dévoilent petit à petit. Comme d'habitude chez cet auteur, le personnage principal est un anti-héros réalistiquement dépeint qui se démène pour survivre et sortir de sa condition de looser. Il y a une grande part autobiographique dans l’œuvre de ce mangaka, d'où des personnages à la psychologie et aux réactions particulièrement réalistes. EDIT : la série s'est terminée depuis peu et la fin... laisse sur sa faim. On aurait aimé en savoir plus sur ces mystérieux zombies, sur leur origine et leur devenir final (mais on a des indices). Je laisse quand même ma note d'origine car « l’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même ». A lire aussi du même auteur : l'excellent Ressentiment.
Ratafia
Voilà une série quelque peu surprenante. Je l’ai empruntée en médiathèque, au rayon jeunesse, mais je ne sais pas si le lectorat visé est si jeune que ça. En effet, si le dessin semble proche de celui du dessin animé « La famille pirate », il s’en écarte un peu, en particulier pour certaines trognes de l’équipage. Mais c’est surtout l’humour utilisé qui n’en fait pas un album jeunesse. En effet, il y a une avalanche de jeux de mots (le premier tome en déborde, mais les autres n’en sont pas non plus avares), plus ou moins subtils, mais qui échappent certainement pour beaucoup à nos chers bambins. Alors, c’est sûr, au bout d’un moment, la surprise ne joue plus, cela peut être lassant, mais ça se lit quand même agréablement, avec une intrigue squelettique, juste bonne à permettre de placer ces jeux de mots, avec un capitaine énigmatique et loufoque au milieu d’un équipage improbable. J’ai lu les quatre premiers tomes. Les deux premiers sont très sympas, les deux suivants sont un peu en deçà, sans doute moins créatifs, je ne sais pas (même si certains jeux de mots ou situations font encore mouche). Série à découvrir.
Garduno, en temps de paix
Je lis le Monde diplomatique depuis près de vingt-cinq ans, et ai lu un bon nombre des publications d’Attac. C’est dire si je suis familier des références utilisées par Squarzoni (Ramonet, Halimi, Chomsky, etc), et si je les apprécie. Et si je suis d’accord avec les constats simples qu’il développe dans ce diptyque – qui l’a fait connaître du grand public. Si la construction des deux albums peut sembler parfois brouillonne et partir dans tous les sens, les pièces du puzzle se mettent rapidement en place, et l’on suit alors une mise à jour de cette mondialisation néolibérale responsable d’une grande partie des maux qu’elle prétend pourtant combattre – avec l’aide de médias et de politiques complaisants, voire complices. S’il faudrait réactualiser certains chiffres – les albums datent du début des années 2000, ce ne serait hélas que pour poursuivre les mêmes courbes, pour creuser encore davantage les inégalités, et dénoncer les mêmes scandales – seuls certains noms de protagonistes changent, mais ils portent les mêmes masques. L’analyse reste par contre pertinente. Cela peut sembler déprimant de se dire que rien n’a changé. Certes, mais on peut aussi voir le verre à moitié plein, en se disant que ces idées, diffusées entre autres par Le Monde diplomatique trouveront peut-être un terreau où se développer. Qu’il ne faudra pas attendre que les catastrophes se multiplient pour que les gens soient suffisamment nombreux pour réagir efficacement. A lire et à méditer en tout cas.
La Drôle de vie de Bibow Bradley
Une bonne BD à la fois originale, bien construite, au dessin parfois flamboyant qui va très bien à la trame de fond du propos. Moi j'ai pris un réel plaisir à suivre ce personnage décalé, si étranger à la peur (et plus largement aux émotions), qui traverse des univers historiques différents sans qu'on s'y perde, et qui pose un regard sur le monde à la fois candide, ironique et abrupt, sur une vie qui ne l'est pas moins... On s'attache à ce personnage hors norme qui, l'air de rien, sans trop en avoir l'air, gagne en profondeur pour être davantage acteur de ses propres choix et que la boucle soit bouclée assez finement je trouve.
Centaurus
La Terre sera amenée à disparaître dans 5 milliards d'années avec l'explosion de notre soleil. Bref, c'est un processus irréversible qui nous indique qu'il y aura bien une fin. Les plus pessimistes pensent que la fin du monde sera beaucoup plus proche en raison des guerres, des conséquences sur le climat et de la disparition de nos ressources naturelles. Pour perpétuer l'espèce humaine, il n'y a qu'une solution : explorer d'autres galaxies et coloniser une planète habitable. L'exoplanète la plus proche de la Terre se situe dans la constellation stellaire Alpha du Centaure. C'est seulement à 4,3 années lumières. La présente bd imagine un vaisseau-monde qui aurait mis 400 ans environ pour l'atteindre. C'est plutôt bien vu car c'est l'hypothèse actuellement la plus vraisemblable à savoir un équipage se renouvelant sur plusieurs générations avant que le voyage ne soit terminé. Il n'y a rien à faire : j'aime beaucoup les histoires imaginées par Léo et Rodolphe. C'est à chaque fois une embarcation pour la grande aventure avec ce qu'il faut comme mystère. Cette série a un début très prometteur. Je la suivrai avec un grand plaisir car le thème me passionne véritablement. Mon léger bémol proviendra du dessin de certains visages des protagonistes qui ont l'air d'avoir une peau assez rugueuse liée à des traits un peu intempestifs. Je ne crois pas que cela soit volontaire mais j'aurais préféré un graphisme plus lisse. Ce dessin fait quand même peur au niveau des visages. Les décors sont quant à eux parfaitement maîtrisés ce qui rassure. Fort heureusement, les défauts inhérents au dessin seront presque corrigés pour le second tome qui nous entraîne sur une planète bien mystérieuse. On reconnait bien la patte scénaristique de Léo une fois passé le voyage intergalactique. Je suis réellement un grand fan pour suivre chacune de ses aventures de science-fiction. J'aime ça et j'en redemande à chaque fois. Le troisième tome semble être un tome de transition où il ne se passe pas grand chose malgré l'attaque de certaines terrifiantes créatures animales ou végétales. La première victime sera ce pauvre chien. A quand un toutou qui arrive à survivre à ses maîtres dans la plus terrifiante des aventures ? Par ailleurs, il semblerait qu'il y ait un gros retournement de situation qui nous fait comprendre certains des mystères qui commençaient sérieusement à s'accumuler. Décidément, une planète peut en cacher une autre... Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 4/5 - Notre Globale: 3.75/5
Urban
La série Urban Games devait tenir à coeur à Luc Brunschwig pour vouloir la reprendre malgré les 12 années passées et l'abandon du dessinateur initial. La perle rare se nomme donc Roberto Ricci, qui avait fait forte impression dans Les Ames d'Hélios il y a quelques années. Là encore il frappe fort, dans un style, mais surtout des ambiances différentes. Les influences graphiques et narratives sont évidentes, et nul n'est besoin ici de les réitérer. Cependant je suis bluffé par la capacité du dessinateur à passer d'une ambiance intimiste à une scène d'action, par sa mise en scène très inventive ou encore ses couleurs pastel superbes. Il doit également gérer de nombreux paramètres visuels, entre les clins d'oeil, la mise en scène de l'intrigue et les personnages, qui conservent de bout en bout une expressivité aussi optimale que possible. Bref, de la (très) belle ouvrage. Côté scénario, je ne connais pas la série originale de Brunschwig aux Humanos, mais j'imagine qu'il a dû "épaissir" sa trame, retravailler son récit pour le rendre plus logique, et le résultat est de suite très prenant. Le background, même s'il est proche de récits de SF classiques, me semble tout de même très cohérent. L'intrigue, éclatée sur plusieurs fils narratifs voisins a amené dès le premier tome son lot de situations très intéressantes, amenant à découvrir Monplaisir, l'omniprésence des media, la corruption due au pouvoir. Les deuxième et troisièmes tomes apportent leur lot d'éléments aussi troublants que surprenants. En effet le récit va prendre une direction franchement inattendue, les personnages secondaires vont voir leur background s'épaissir, leurs postures changer. Et le récit est donc éclaté sur une quinzaine de personnages, dont aucun n'est laissé sur la touche, et tous vont jouer un rôle au fil du récit, qui va s'étaler sur 5 tomes. Le liant de l'histoire semble être Zach, ce colosse au coeur tendre, mais au fur et à mesure j'ai l'impression qu'il s'agit de Monplaisir, cette cité du vice plutôt que du plaisir... Enfin si, il y a une personne qui semble retirer beaucoup de plaisir de tout ça, agissant comme un despote (ce nettoyage des arrière-cours toutes les 5 heures ! Mais quelle idée de fou !) et elle n'a pas encore tout dévoilé de son dessein... Surtout ne suivez pas le lapin blanc. Le tome 4 est très surprenant, il va revenir sur les "origines" de certains personnages, tandis que Zachary est réduit -momentanément- à l'impuissance... Sans parler d'un évènement qui va remettre en cause l'existence même de Monplaisir... Plus j'avance dans la série, plus je me rends compte de sa complexité et de sa densité. Les récits, les personnages s'entrecroisent, ne faisant que se frôler parfois. Tous les éléments se mettent en place progressivement pour constituer un puzzle géant, où tout semble trouver une place bien précise. Le tueur de jeunes femmes, la personnalité de Springy Fool, le héros de série qui revit en tant qu'ami imaginaire ou en tant que robot, tout a un sens, RIEN n'est laissé au hasard. Ebouriffant. Je suis persuadé que dans quelques années on étudiera les BD de Brunschwig, et celle-là en particulier, dans les études de sociologie, car il arrive à interroger notre société actuelle au travers de ses récits d'anticipation...
Tombé dans l'oreille d'un sourd
Les parents d’un enfant malade ou handicapé savent ce qui est décrit précisément dans cette œuvre et ils ressentent un peu la même chose face aux mêmes difficultés. C’est tout un parcours du combattant qui nous est décrit. Il y a tout d’abord le diagnostic de la maladie qui est souvent faussé par des éléments que l’on ne découvre que par la suite. Il y a la culpabilisation au sein du couple alors qu’on mène une vie saine. Il y a toute cette panoplie de médecins et soi-disant spécialistes qui se contredisent et qui obligent à des solutions contre-productives pour le bien de l’enfant (vas-y pour porter un appareil lorsque l’enfant semble souffrir de le mettre). Il y a également le peu de soutien de sa famille et de ses amis des beaux jours complètement à côté de la plaque. Il y a également l’incompréhension du monde professionnel et de ses supérieurs qui mettent encore plus de bâtons dans les roues pour se débarrasser d’un soi-disant cas social. Inutile de compter sur les syndicats dans ces cas-là et on constate le peu de solidarité de la part de ses collègues beaucoup trop occupés à gérer leur propre carrière. Il y a toute la fumisterie de cette loi en faveur du handicap : que de jolies intentions dont les moyens de mise en pratique sont totalement absentes. Il y a la MDPH qui daigne bien répondre après des mois de dépôt d’un dossier absolument important. Il y a surtout l’Ecole et ses enseignants stupides. L’auteur y a d’ailleurs consacré une très grande partie. Celle-ci fait tout pour isoler l’enfant au lieu de l’intégrer. Quelques fois, il y a la mauvaise volonté et d’autres fois l’ignorance ou la bêtise. Malheureusement, on ne peut pas dire que l’éducation nationale soit une réussite en matière d’accueillir un enfant un peu différent et qui demande sans doute un peu plus d’attention pour que cela se passe bien. L’auteur qui a raconté son expérience personnelle arrivera à bien s’en tirer tout à la fin. Parfois, cela ne se passe pas aussi convenablement et on peut perdre un enfant à cause de l’Ecole et cela prend un sens particulièrement dramatique. En tout cas, cela fait réfléchir sur le fait qu’on se sent moins seul mais cela ne console pas. Au final, une superbe bd bien dessinée et bien écrite qui résonne comme un cri pour toutes les familles confrontées au handicap et à l'intégration de leurs enfants dans la société.
X-Men - L'intégrale
3.5 Je réécris mon avis après avoir enfin pu lire toutes les intégrales X-Men ces dernières semaines. Ma bibliothèque a enfin acheté les intégrales qu'elle ne possédait pas et qui ont été rééditées. J'ai donc une meilleure vue d’ensemble de la série. Les histoires des années 60 sont assez moyennes et je comprends que la série n'ait pas décollé à l'époque. Je suis habitué aux histoires Marvel de ces années et d'autres séries de cette époque ont mieux vieilli. J'aime bien toutefois les numéros faits par le duo Roy Thomas-Neal Adams. Le dessin de Adams est exceptionnel et toujours aussi moderne après plusieurs décennies et c'est dommage qu'il soit arrivé aussi tard dans la série qui fut annulée car ses numéros sont les meilleurs de cette période et encore aujourd'hui comme un classique. Puis vient la renaissance de l'équipe en 1975 avec de nouveaux personnages et très vite Chris Claremont arrive au scénario. Il y a de très bonnes idées et les histoires sont très prenantes. Il y a une galerie de personnages incroyables et les dessinateurs sont excellents, en particulier John Byrne qui a aussi co-scénarisé avec Claremont. Puis les X-Men furent victimes de leur succès et on a droit à plein de séries et de mini-séries autour des mutants et il commence à en avoir tellement que j'ai décroché un peu vers les histoires de 1985-1986. Je trouvais que cela devenait un peu le bordel et cela empire avec les années. Peut-être que j'aurais mieux aimé si j'avais la chance de lire toute la série X-Factor et Les Nouveaux Mutants et pas juste les numéros qui font les crossover avec la série mère. Ajoutons qu'en plus Claremont avait la sale manie de lancer de plus en plus de sous-intrigues qui ne vont nulle part (pour sa décharge il devait souvent changer ses plans à cause des éditeurs) et que ses scénarios deviennent un peu plus difficile à suivre. Et certains scénaristes qui vont lui succéder ne sont pas mieux. Donc je recommande surtout la lecture de l'intégrale 1969-1970 (pour les épisodes de Neal Adams) et des intégrales de 1975-1984. Après c'est à vos risque et périls !
Chaussette
Avec "Chaussette" voilà sans doute une de mes meilleures lecture jeunesse de cette année ! Ou comment concilier de façon intelligente et de très belle manière poésie, sentiments, fraicheur, mais pour traiter d'un sujet toujours difficile à aborder avec les enfants : la mort. En effet, Loïc Clément a su trouver un angle parfait et subtil pour traiter ce sujet en lui redonnant toute l'humanité et la place qu'il mérite. Car s'il y a bien un truc qui m'énerve dans notre société toujours plus aseptisée c'est cette mise à l'écart grandissante d'un tel sujet... alors qu'il serait plus simple de poser les mots sur quelque chose d’inéluctable ou au moins quelques menus cailloux pour baliser un sentier trop souvent inconnu. Et c'est très justement ce que réussissent Loïc Clément et Anne Montel avec cet album en trouvant un cadre et des personnages bien campés qui, je pense, parleront à tout le monde. Cette "Chaussette" (Josette "pour de vrai") avec son chien Dagobert sont infiniment attachants et son jeune voisin Merlin qui va faire office de narrateur va nous faire découvrir son quotidien. Ce petit côté "Amélie Poulain" peut-être du à cette narration en voix off une bonne partie de l'album (j'suis pas plus fan du film que ça, mais c'est du côté "savourer les petits bonheurs du quotidien" dont je veux parler), nous transporte tranquillement jusqu'à ce que ce train train quotidien si bien huilé déraille... Qu'est-ce qui a donc bien pu pousser Chaussette à se comporter de la sorte ??? C'est ce que compte bien découvrir Merlin en allant trouver sa voisine... mais je n'en dévoilerai pas plus de l'histoire pour vous laisser le plaisir de le découvrir par vous même... En tout cas, voilà un album très réussi, où l'équilibre entre le récit et le dessin est juste, chacun mettant l'autre en valeur. En effet, le dessin simple mais très expressif de Anne Montel rehaussé d'une colorisation dans les tons pastel colle parfaitement à l'histoire que développe Loïc Clément. J'ai beaucoup apprécié le soucis du détail dans ses planches ; on y trouve toujours un petit détail qui fait au moins sourire ou qui vous rappelle quelque chose. Mais c'est ce genre de chose qui fait la différence et donne vraiment corps à une BD. Alors oui, le fond de l'album n'est pas ce qui se fait de plus gai (et encore tout ça n'est que culturel), mais quand on réussit à parler de la mort d'une si belle manière, je ne peux que chaudement recommander la lecture de cet album, tant pour les grands que les petits ; moi je me suis régalé !
Innocent - Rouge
C'est sans connaître la série initiale Innocent que je me suis lancé dans cette lecture. On retrouve donc Charles-Henri Sanson et sa famille juste avant la Révolution française, officiant toujours en tant que "maître des hautes oeuvres de Paris", c'est à dire bourreau. Mais c'est cette fois par le prisme de sa soeur Marie-Josèphe que cette série veut nous engager. Après la mort de son premier amour qu'elle venait de retrouver, elle tient à mener sa vengeance et ne recule devant rien pour renverser le système qui lui a couté la vie... Première surprise à l'ouverture : la qualité du graphisme de Shin'Ichi Sakamoto. Wow ! Que ce soit dans les décors, les costumes, les personnages ou les paysages, quelle richesse et quel soin du détail ! C'est indéniablement le gros point fort de cette série qui semble très documentée. Je poserais quand même juste un léger bémol quant aux personnages principaux de la famille Sanson que je trouve un peu trop ressemblants au niveau des visages, et leur côté androgyne n'est pas du genre à arranger les choses. Du côté du récit, c'est assez bien construit aussi et on est rapidement pris par l'histoire. C'est parfois dur, sans concession, mais en même temps, bourreau y'a plus gai comme boulot. Là où je reste assez surpris au niveau de la construction du récit c'est que l'histoire de Marie-Josèphe qui devait être l'axe central de ce nouvel opus tient plus lieu de fil rouge qu'autre chose. J'en ai même quasi oublié que c'était l'histoire de sa vengeance que cette nouvelle série se voulait le témoin, jusqu'à la scène finale de ce premier tome qui remet en perspective des faits historiques mais par des biais et pour des raisons qu'on n'attendait pas... Alors, au final, cette série nous propose une plongée dans la France de cette fin du XVIIIe par des personnages intéressants, tout cela porté par un dessin réaliste impressionnant. L'intrigue si ténue semble-t-elle se tisse tranquillement au fil des pages pour revenir en toute fin d'album se rappeler brutalement à nous... Notre chère Marie-Josèphe Sanson aurait été une parfaite adepte de ce précepte de Gandhi avant l'heure "Ne cédez pas à la colère, vengez-vous"...