Les derniers avis (32429 avis)

Par Nevada
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Adèle Blanc-Sec
Adèle Blanc-Sec

J'ai adoré. Certes, ça part dans de gros délires, mais l'Art n'est pas fait pour décrire le réel, bien heureusement. Des dessins magnifiques, des couleurs idem, un texte délicieusement irrévérencieux envers l'ordre établi (il y a de quoi, surtout actuellement où il n'y a plus d'ordre). Tardi est un maître, non seulement dans cette série, mais également avec les scénarios de Léo Mallet où il y a symbiose. Le Démon des glaces ...

25/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Bad Ass
Bad Ass

Bah alors ?! Pas beaucoup d’avis à jour ;) Un bon comics de « super-héros » made in France je trouve. Ça rivalise amplement avec ses confrères outre Atlantique. Dead End est un vilain très attachant, j’adore son pouvoir et sa nonchalance. Les autres personnages sont bien pensés et il y a quelques pépites dans les répliques. J’aime beaucoup le ton de la série, fun et décomplexé. Herrik Hanna s’éclate, et Bruno Bessadi est parfait pour illustrer cette histoire, le format et le sujet lui vont bien je trouve. Une petite déception à la sortie du tome 3, il faut dire que la série démarrait sur les chapeaux de roues, mais le final m’a satisfait. Ça n’a pas d’autres ambitions que de nous divertir, pari réussi pour moi. Les 2 hors séries sont dans cette continuité, dessinateurs différents mais l’ensemble reste homogène. Dans le genre, lecture recommandable. 3,5+ A noter qu’il existe une version intégrale en n&b (malheureusement l’absence de 2nd plan s’y fait plus ressentir) pour ceux pour qui la couleur rebute.

25/03/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série La Forêt - Une enquête buissonnière
La Forêt - Une enquête buissonnière

Si cette BD est franchement bien, elle ne brille pas par son dessin. Mais passons sur ce dernier que je trouve personnellement hideux. Passons également sur le côté fourre-tout et labyrinthique de cette pseudo-enquête tout à fait spontanée qui lui confère un air d'improvisation qui pourra dérouter. C'est d'ailleurs annoncé d'emblée dans le sous titre : il s'agit effectivement d'une enquête buissonnière, entendez hors des sentiers battus, ignorant les schémas peut-être convenus et rigides de cet exercice. Claire Braud n'est pas journaliste, pas plus qu'inspectrice de police, et si elle se représente en Colombo sur de nombreuses pages, c'est bien par un sens tout à fait aiguisé de l'autodérision. Il y a donc un côté ludique, si l'on peut dire, tout à fait assumé. S’arrêter sur cela (le dessin moche) est à mon sens une erreur car ce livre est fantastique. D'une part parce qu'il respire le vécu, mais surtout parce qu'il assène des faits alarmants sur l'état de nos forêts qu'il est bon de dévoiler, au risque de sombrer dans les redites. Par exemple, je pense que Claire Braud enterre définitivement la question du bienfondé de la chasse. En tous cas, mon avis est désormais forgé et tranché définitivement : la chasse, c'est de la grosse chiasse ! Bien qu’extrêmement alarmiste (mais finalement pas plus que les rapports réguliers émanant du GIEC), il est grand temps d'agir et de FAIRE (Cf. p 196/197). Si ça part effectivement dans tous les sens, le portrait dressé permet une vue d’ensemble des questions qui se retrouvent reliées les unes aux autres, y compris cette histoire de gitans a priori totalement incongrue, ou celle d'Edith Stein évoquant en outre le sujet de la condition féminine. Cerise sur le gâteau, ce récit n’est pas dénué d’humour. Bref ! C'est chouette.

25/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Alex Clément est mort
Alex Clément est mort

Avant de se lancer en solo dans ses excellents documentaires, Emmanuel Lepage a participé à quelques séries très sympathiques, comme cet album. Son dessin y est déjà très bon (même si ici la palette de couleurs est bien moins large). Quant au scénario de Delphine Rieu, il est à la fois simple et malin. L’intrigue en elle-même est assez légère, mais elle est traitée avec légèreté, et surtout en trois parties montrant chacune un point de vue, chacune d’entre-elle permettant de mieux comprendre tous les détails, mais aussi donnant quelques touches humoristiques. Il faut dire que c’est un polar sans réelle violence, traité sur le ton de la farce vaudevillesque, avec pas mal de branquignoles (mention spéciale à la famille qui se lance dans un kidnapping du pauvre !). Seule la chute au cimetière, si elle rattache tous les protagonistes, m’est apparue presque trop « réaliste », avec un humour sommes toutes moins loufoque. En tout cas j’ai bien aimé cette lecture.

24/03/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Malcolm McLaren - L'Art du désastre
Malcolm McLaren - L'Art du désastre

Hé bé ! C'était pourtant pas gagné ! Moi qui attache énÔrmément d'importance au dessin, j'étais ici loin, très loin d'être conquis, et c'est avec un gros a priori que je démarrais la lecture. Loin d'être mauvais, évoquant même vaguement celui de Foerster (mais en version croquis), le trait saillant de Lionel Chouin ne me faisait pas vraiment de l'œil. Juste pas mon style. Et pourtant, j'ai dévoré ce biopic échevelé qui est tout autant une synthèse de l'esprit punk. Si j'ai assez peu accroché aux dessins, je dois en revanche bien reconnaitre qu'il est tout à fait dans l’esprit de l’esthétique Punk et de son folklore no-futuriste. Et passé cet obstacle préliminaire, on plonge avec délectation dans l’histoire de ce trublion visionnaire du rock, histoire indissociable de celle des Sex Pistols auxquels la couverture fait un clin d’œil sympatoche. Au fil des pages, on croise des vieilles gloires, des New York Dolls à Jean-Charles de Castelbajac, en passant par l’inévitable Vivienne Westwood qui partagea un temps sa vie. C'est truffé d'anecdotes qui valent leur pesant de cacahuètes… C’est très bien documenté et souvent très drôle. Au passage, j'éprouvais déjà beaucoup de sympathie à l'égard de ce cher John Lydon/Johnny Rotten, mais là, il devient carrément mythique, s'il ne l'était pas déjà. Chacune de ses réflexions devient slogan, y compris les innombrables "je t'emmerde" et autres "va te faire foutre". Le rythme du récit évoque celui de La Fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont : ça fonce à la vitesse de la lumière, chaque case (que les personnages débordent allégrement) trouve un sens. Il n'y a pas de gras, pas de superflu. Et puis j'ai aimé le fait que les auteurs ne se prononcent pas vraiment sur les véritables mobiles qui animèrent McLaren, aussi referme-t-on cette BD, certes avec le sourire aux lèvres, mais avec un sentiment mitigé à son endroit. McLaren était-il réellement agité par autre chose que son accomplissement personnel ? La question appartient à chaque lecteur, mais je crois que tous les points de vue sont, pour le coup, vrais, parce que s'il parait indéniable que le bonhomme a éprouvé de sincères sentiments de détestation de cette société consumériste (selon moi à raison), il faut quand même bien reconnaître que les Pistols sont ses créatures et qu'il les a largement instrumentalisés. Ajoutons sans spoiler, que la fin, écho à un court préambule, est vraiment géniale, empreinte d'une sublime ironie, et ponctue à merveille ce récit truculent. Bonne BD donc, voire excellente, sur un type qui fut, peut-être à son corps défendant, le précurseur des techniques de marketing moderne. Et quelque part, on se dit que tant qu'il y aura commerce, il y aura des punks. Comme le dit la maxime : Punk's Not Dead !

24/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Pygmalion et la vierge d'ivoire
Pygmalion et la vierge d'ivoire

Troisième tome de la collection Mythologies de Dargaud, cet album voit un changement dans l’équipe puisque, si Serge Le Tendre reste aux commandes au niveau du scénario, Frédéric Peynet remplace Rossi au dessin. Et franchement, ce changement de dessinateur n’est pas pour me déplaire ! En effet, Frédéric Peynet dispose d’un trait qui convient à merveille au genre. Ses décors sont riches et à l’occasion grandioses, ses personnages sont très séduisants (on a droit à une superbe Aphrodite, entre autres) et ses couleurs subliment l’ensemble. Franchement, au niveau du visuel, c’est très beau à voir. Et en plus, le découpage est soigné, la mise en page est académique et élégante et l’équilibre entre narration et dessin m’a agréablement charmé. Au niveau du scénario, d’ailleurs, Serge Le Tendre revisite un mythe grec dont je ne savais pour ainsi dire rien. Sa narration très vivante dépoussière ce récit, le rendant accessible et léger à lire malgré son caractère dramatique. Certes, je connaissais Pygmalion de nom mais j’ignorais tout de son destin, de sa passion et de sa folie. Voici donc une lacune de comblée grâce à un récit fluide et touchant. Si vous êtes amateurs de récits antiques, voici donc un album extrêmement plaisant, qui s’intéresse à un personnage peut-être moins connu que ceux si souvent utilisés par des récits de ce genre… mais certainement pas le moins passionnant. Une excellente lecture !

24/03/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Game au vert
Game au vert

Le sujet de fond de cette BD pourrait paraitre trop didactique et rébarbatif. C'est l'histoire d'un gamin forcé de passer ses vacances chez ses grands-parents en pleine nature et déconnecté de ses jeux vidéo en ligne alors qu'il en est accro. Mais ses grands-parents ont bien l'intention de lui faire partager leur amour pour les grands espaces et la vie au naturel, et l'amener à réaliser à quel point cela peut être plus agréable mais aussi plus amusant que le monde virtuel. Moi-même, quand on m'annonce un tel sujet, j'y vais à reculons, sans doute parce que je suis moi-même un geek. Mais l'album réussit à faire passer son message de manière convaincante, en évitant heureusement une vision manichéenne et la critique de l'univers des jeux vidéo, en montrant simplement qu'il y a aussi d'autres bonheurs à côté de cela et que la vie au grand air peut en apporter beaucoup. Les auteurs sont tous les deux espagnols. Il s'agit du premier album publié en France pour le dessinateur, Esteban Hernandez. Il a un style indéniable et très personnel qui ne m'en rappelle aucun autre en particulier. Ses décors sont relativement épurés, légèrement anguleux. Ses personnages ont des anatomies surprenantes, entre caricature, webcomics et semi-réalisme. Ils ont parfois des expressions très cartoonesques qui peuvent surprendre mais on s'y fait vite. Entre ce trait si particulier et des couleurs lumineuses, il se dégage une certaine joie de vivre de ce dessin qui colle parfaitement au ton du récit. L'histoire se place dans un cadre légèrement futuriste mais c'est pour mieux nous emmener ensuite dans un décor forestier sans âge. Tout au plus pourra-t-on être étonné par l'audace de donner au jeune héros deux mamans pour parents. Cela coule naturellement et s'oublie rapidement pour laisser la place à la simple relation entre un enfant, ses grands-parents et la famille de leurs voisins. Cet enfant, j'ai eu toutefois un peu de mal à juger de son âge véritable : il a parfois des comportements de jeune adolescents, et d'autres fois des réactions de tout petit enfant, qui pleure pour dormir dans le lit de ses parents. Mais là encore, ce n'est pas l'important car je me suis assez vite laissé emporter par les jeux et les missions auxquels tout ce petit monde va participer, donnant un vrai sens de l'aventure et de l'animation à ce séjour campagnard. C'est très sympathique et en tant que parent, cela m'a donné grandement l'envie de faire passer de tels vacances à mes enfants, ou plutôt un jour mes petits-enfants puisque mes enfants sont trop âgés maintenant. Dans les faits, je ne sais pas si cet album s'adresse davantage aux enfants qu'aux parents, j'ai un peu l'impression que c'est plutôt la deuxième option. Et effectivement, ça m'a beaucoup plu. Un moment de détente intelligente qui met le sourire aux lèvres.

23/03/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Cette bd est un tourbillon qui va vous secouer dans tous les sens. Il est fait référence à Tarantino ci-dessous dans quelques avis, je ne dis pas que je ne suis pas d'accord mais pour moi cette bd se rapproche plus de l'univers des frères Joël et Ethan Coen. Comment ne pas faire un rapprochement avec Fargo ou Burn After Reading, on y retrouve cette violence omniprésente, cet humour décalé et ces situations grotesques. Je ne vais pas vous faire le pitch de ces deux tomes, vous devez seulement savoir que Jacques Ramirez, meilleur employé du SAV, travaille pour Robotop les rois de l'aspirateur, qu'il est muet et que tout le monde va vouloir le flinguer. Sous un scénario gonflé de testostérones, Nicolas Pétrimaux sait aussi glisser des piques sur la société de consommation, les médias et la relation entre Jacquo et son padre. Une ribambelle de personnages truculents gravitent autour de notre héros, un duo de braqueuses des plus sexy, des flics à la ramasse, un chef de la mafia particulier ...... Mais le point fort reste la mise en forme et sa narration qui m'a aspiré (la faute au vacuumizer 2000 ?) de chapitre en chapitre sans me laisser le temps de reprendre mon souffle, impossible de lâcher prise. Un dessin soigné, précis, détaillé et dynamique. Des faciès aux décors, aucunes fausses notes. Et que dire des couleurs, éblouissantes. Un découpage cinématographique. Que du plaisir. Vivement le dernier tome. Et de découvrir un nouveau Ramirez ? A lire absolument. Note réelle : 4,5.

23/03/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Education des assassins
L'Education des assassins

Bon j’en avais marre de parler d’Etienne Le Roux comme d’un « mercenaire », une bonne part de sa production rentrant dans des collections où son talent ne m’éblouissait pas (Conan le Cimmérien, WW2.2, Sept ..., Wul etc). Sur L’éducation des assassins, c’est tout autre, j’adore son travail. Il me semble que c’est la 1ère fois qu’il officiait en tant qu’auteur complet. A lui tout seul, il nous propose : un univers original et cohérent, une histoire intéressante et pleine d’incertitude, une narration aux petits oignons, et surtout un dessin soigné et des couleurs magnifiques, c’était du très lourd à mes yeux, une œuvre comme je les aime. C’était, car malheureusement la série a été abandonnée depuis, nous ne connaîtrons donc jamais la fin. Je RAGE, je BOUILLONNE, je FULMINE de cette décision, d’autant que la conclusion n’était pas bien loin. J’imagine que ça n’a pas été une décision de l’auteur (enfin j’espère !!) mais de l’éditeur faute de vente ?! Bref les boules !!! L’acquisition en l’état ne vaut rien, mais abstraction de l’abandon je mets un gros 4* Nota : je suis dur avec l’auteur depuis mais quand on voit ici la qualité, on ne peut être que déçu par « ses travaux de commande » postérieurs à cette série.

23/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Mort d'un Banquier
Mort d'un Banquier

Étonnant que ce diptyque n’ait pas été davantage lu ou avisé depuis sa sortie ! En effet, j’ai trouvé l’histoire très bien construite, pleine de fausses pistes, comme il se doit, mais aussi d’une certaine réflexion autour de l’argent, du cynisme, et du sentiment de toute puissance des financiers (il n’y a qu’à voir la cathédrale gigantesque du siège de la banque, ou la sorte de pyramide de Ponzi élaborée autour d’une spéculation sur la mort). Le scénario tient en haleine le lecteur, avec une intrigue qui dès le départ pousse les principaux protagonistes à dépasser les limites de la morale : un riche banquier se sachant mourant propose à ses deux principaux collaborateurs de lui proposer la meilleure « fin », le vainqueur héritant de tout. Les entourloupes vont se succéder… Quant au dessin, il est surprenant (et la colorisation l’est encore plus, parfois criarde), mais j’ai trouvé cet habillage très bon, original. Lecture sympathique, qui ravira les amateurs de polars bien construits. Si le dessin vous rebute, passer outre vos préventions, l’histoire vaut le détour.

23/03/2022 (modifier)