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Couverture de la série La Terre, le ciel, les corbeaux
La Terre, le ciel, les corbeaux

J’ai beaucoup aimé cette lecture, qui aborde des thèmes forts, où la tension est permanente, la mort rôdant, alors même que l’essentiel est ailleurs, et que le récit, se déroulant pourtant dans l’URSS en 1943, est plus contemplatif que guerrier. On pourrait avoir l’impression qu’il ne se passe rien (nous suivons trois types errant dans les immensités neigeuses), qu’il n’y a pas de rythme. Et pourtant ! Jamais on ne s’ennuie. Deux prisonniers, un Allemands encore sûr de sa supériorité et de la victoire finale et un Italien, loin de toute idéologie, s’enfuient d’un camp de prisonnier soviétique, embarquant avec eux un soldat de l’Armée rouge : la suite est un très long périple, pour tenter d’échapper aux Soviétiques et gagner une zone « amie » plus à l’ouest. Les trois personnages sont très différents les uns des autres, et leur cohabitation, les relations qu’ils finissent par tisser (alors que tout semble les opposer) sont au cœur de l’histoire. Pour donner plus de force à ces différences, mais aussi pour bien marquer les efforts qu’ils finissent par faire pour se comprendre, la bonne idée est de les faire s’exprimer dans leur langue (sauf l’Italien dont les propos sont en Français). C’est une bonne idée, mais elle aurait gagné je pense à être accompagnée d’une traduction du texte – abondant – sous chaque case, lorsque le Russe et l’Allemand sont utilisés. En effet, si j’ai réussi à traduire la quasi-totalité des textes allemands (ce ne sera pas le cas de tous les lecteurs je le crains), ce n’est pas le cas du Russe. Beaucoup de lecteurs vont donc être frustrés, car cela arrive assez souvent. A propos du texte, il est vraiment très très abondant, et prend souvent une tournure littéraire. Cela semble avoir gêné certains lecteurs. Ça n’a pas été mon cas, je l’ai trouvé très bon pour accompagner les belles cases de la Russie sous la neige. Un bel album en tout cas, dont l’intrigue prend le temps de se développer.

29/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Frontier
Frontier

Bon on va pas tourner autour du pot, le label 619 a encore frappé !! J’adore cette collection, elle nous propose toujours des albums soignés et c’est mené par une chouette génération d’auteurs fidèles. Il y en a du talent et ils ne cessent de s’améliorer au fil du temps. Leur catalogue est rempli de pépites, Frontier ne déroge pas à la règle. A mes yeux, une aussi belle surprise que Hoka Hey ! de Neyef, j’adore ces albums que l’on n’attend pas et qui te font Waouh. Comme son comparse avant lui, Guillaume Singelin franchit un cap en tant qu’auteur complet. J’aime ses précédentes œuvres mais là c’est la belle claque, ce sentiment est renforcé par la taille et la beauté de l’écrin. J’ai adoré son style graphique et le parti pris du côté kawaii des personnages ne m’a absolument pas dérangé, chaque case est un délice de détails, et que dire des couleurs et des décors magnifiques, un plaisir pour les yeux. Le tout est dans une narration impeccable pour une histoire fluide et prenante, c’est rempli de persos charismatiques et attachants (notre trio et leur petit compagnon en tête). Les thématiques développées sont passionnantes, divertissantes et intelligentes pour un récit dur mais plein d’optimisme, il y a un côté feel good bien agréable. Un voyage spatial au top, je ne peux que conseiller sa découverte, un album fort attachant.

28/04/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ted, drôle de coco
Ted, drôle de coco

Lue dans le cadre professionnel, j'ai entamé cette BD avec certaines réticences qui sont rapidement tombées devant l'originalité de la chose. D'abord graphiquement, il y a une force indéniable qui, pour autant que je puisse en juger, rend parfaitement compte de la vie intérieure de son frère, personnage central et autiste avéré. On est dans sa tête, on ressent ses émotions et, oui, on comprend ses réactions. Le récit est électrique et file à la vitesse de l'éclair, à l'image de ce grand personnage dégingandé, son frère donc. Très vite s'installe un sentiment de connivence très fort tant on se sent proche de lui. C'est franchement très immersif. Quant au scénario, ma foi il est expédié d'une traite sans laisser aucun temps mort sur son passage. C'est souvent très drôle, oui. On imagine aisément la force de l'amour qui anima Emilie Gleason pour s'amuser de certaines situations, malgré le handicap, et surtout malgré cette fin dramatique qui vous coupe littéralement le souffle, au point qu'on se surprend à ressentir une tristesse aussi brutale qu'un coup de poing dans le bide. Sur le sujet, voilà une lecture marquante et très recommandable, drôle, tendre et sans filtre, dont la forme est on-ne-peut plus originale.

28/04/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Les 110 Pilules
Les 110 Pilules

Bon, je ne vais pas faire mystère de mes intentions en chroniquant ce titre : je veux pécho le trophée "Chaud Lapin" ! Blague à part, je viens de tomber inoPINEément sur la couverture de cette BD alors que je menais une recherche proFESSEionnelle sur un tout autre sujet. Des souvenirs enfouis sont soudain reviendus à la surface. Mais peu importe. Histoire de rendre hommage à ce titre qui a probablement fait de moi un obsédé sexuel dès mon plus jeune âge, je dirais qu'alors je n'avais d'yeux que pour le dessin. Découverte dans l'Echo des Savanes (magazine auquel le grand frangin était abonné), les 110 pilules ont éveillé mes sens, pour ainsi dire. L'histoire ? J'avoue qu'à cette époque, je n'ai pas trop pris la peine de lire entièrement la chose, sautant allégrement les pages trop verbeuses pour me consacrer à l'étude morphologique exclusive des personnages féminins qui la peuplaient. J'en avais néanmoins compris l'essentiel : un type chope des pilules magiques qui lui collent des érections de taureau, en abuse tout comme il abuse des femmes (sculpturales) qui l'entourent, tant et si bien qu'il finit par avoir un petit incident de coucougnettes. Inutile de préciser que je garde un excellent souvenir de ces premières transgressions. Je me souviens encore de ces frissons qui me parcouraient l'échine en feuilletant le magazine d'une main fébrile. Tiens ! D'ailleurs, je vais essayer de la lire entièrement. 35 ans après, il serait temps ! Je m'en vais de ce pas CONsulter le catalogue de ma médiathèque... Merci frangin ! ;)

28/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Quetzalcoatl
Quetzalcoatl

Mitton a développé là une belle série, sur un sujet qui a priori m’intéresse, à savoir le monde Aztèque, au moment de sa malheureuse rencontre avec les conquistadors de Cortès. La série est bâtie sur un long flash-back, une prisonnière (la Malinche !) racontant sa vie depuis sa capture par les Aztèques dans une de leurs guerres fleuries (au passage c’est une des rares fois où cet aspect de la culture politique et religieuse aztèque est présenté en BD) jusqu’à son arrivée dans une geôle espagnole à Vera Cruz. C’est dans cette geôle qu’elle attend son procès et que l’interroge un inquisiteur directement venu d’Espagne (et franchement tolérant et plus ouvert que cela ne devait être à l’époque pour un personnage de son espèce). A la demande de l’évêque local, l’inquisiteur doit surtout arracher à la prisonnière des informations sur un éventuel trésor, l’or des Aztèques. Régulièrement, cet évêque vient rappeler, dans un décompte qui scande chaque album, que le temps passe, au matin tout doit être réglé (et donc d’album en album la femme raconte son histoire). Mitton se passionne pour son sujet et a mené des recherches, on sent qu’il a beaucoup de connaissances sur le monde aztèque, il utilise énormément de termes aztèques (sans que ce soit lourd), un important lexique en fin d’album permet à qui veut de compléter sa culture en ce domaine. Cette volonté de crédibilité dans la représentation du monde aztèque s’est aussi retrouvé récemment dans la série de Hub Le Serpent et la Lance. Conformément à son habitude, Mitton montre la violence de la société (aztèque vis-à-vis des peuples dominés, des esclaves sacrifiés, mais aussi espagnols vis-à-vis des Indiens (mais il ne doit pas être éloigné de la réalité), et il n’hésite pas non plus à jouer d’un certain érotisme (l’héroïne est rarement très habillée et il y a de nombreuses scènes de sexe, voire de viols – surtout au début). Mais ça ne déborde pas trop (à part une ou deux longues scènes entre l’héroïne et Moctezuma dans le tome 4), et là aussi ça reste crédible. La série prend le temps de s’installer (7 tomes quand même !), et elle est très dense. En particulier il y a des textes très abondants – je dirais trop abondants souvent. De même, Mitton n’est pas avare de son encre, et les cases sont bien remplies, là non plus il ne se moque pas de ses lecteurs, avec un dessin classique et efficace. Alors, c’est sûr, il y a des longueurs (je pense qu’avec un tome ou deux en moins cela aurait pu avantageusement resserrer la série), et quelques grosses facilités scénaristiques (Fleur de Maïs échappe quand même miraculeusement à une foule de dangers, mais aussi la façon et la rapidité avec laquelle elle apprend et maîtrise l’Espagnol). On peut sans doute chipoter sur les quelques libertés prises avec l’Histoire. Mais ça n’en reste pas moins l’une des meilleures séries de cette collection Vécu. Note réelle 3,5/5.

28/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Planeta Extra
Planeta Extra

L’histoire se laisse lire. Agréablement. C’est fluide, sympa, vraiment pas prise de tête, dans une ambiance SF/polar relativement originale, avec des personnages assez typés (au niveau de leur physique et de leur personnalité). Intrigue sympathique donc, mais sans plus. Je ne lui aurais mis pour elle seule que trois étoiles (méritées). Mais voilà, le dessin et la colorisation d’Ippoliti sont vraiment très chouettes. L’univers transforme nos sociétés – on est semble-t-il dans un futur plus ou moins proche, et les véhicules – d’apparence ordinaire – roulent autant qu’ils volent, mais on reconnait les décors. En tout cas c’est le côté graphique qui est le plus original et le plus emballant. Il me fait en tout cas passer aux quatre étoiles. Un album assez vite lu, mais Agrimbau confirme qu’il est un auteur à suivre : très éclectique, mais bourré d’idées, ce n’est pas la première de ses créations que j’ai eu l’occasion d’apprécier (j’avais déjà bien aimé les deux précédentes collaborations de ces deux auteurs argentins que j’avais lues, La Bulle De Bertold et La Grande Toile).

27/04/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Bonne Fête Maman !
Bonne Fête Maman !

J’avais déjà beaucoup aimé Qu'elle crève, la charogne ! de Dieter et Moynot, et j’ai retrouvé les mêmes qualités dans « Bonne Fête Maman ! », les mêmes ingrédients : un protagoniste encore plus taré, une narration en voix off qui nous fait partager ses pensées morbides, une intrigue noire bien construite et rondement menée, et un dénouement satisfaisant. J’ai beaucoup aimé le dessin de Moynot, le trait précis, le style qui rappelle un peu Tardi, les touches de couleurs rajoutées à l’occasion de la réédition chez Les Enfants Rouges. Un polar classique mais efficace, et un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.

27/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Forgotten Blade
Forgotten Blade

Très sympa cet album, j’encourage les amateurs de s’attarder dessus à l’occasion. Je ne connaissais pas les auteurs mais ils m’ont interpellé positivement chacun dans leurs parties. Dans un genre archi éculé, j’ai trouvé que le scénariste arrivait à bien tirer son épingle du jeu. Il nous propose du classique, un récit d’aventure entre Fantasy et science fiction mais bien amené et construit, je n’ai pas lâché. J’ai trouvé que l’univers mis en place avait un petit côté old school savoureux, forcément en 6 chapitres on ne s’attarde pas trop sur son fonctionnement mais ça m’a bien plu. Je l’ai trouvé originale, cohérent et d’une belle densité. Conclusion, un plaisir de suivre la quête un rien mythologique de notre tandem improbable. Ce ressenti est bien sûr accentué par le fabuleux graphisme de Toni Fejzula complètement immersif. Son trait est sympa mais le charme vient surtout de sa science de la mise en page et de ses couleurs magnifiques, on en prend plein les yeux niveau ambiance et narration. J’ai eu un peu peur au 1er feuilletage (surtout des couleurs bizarrement), comme pour l’histoire je lui trouve un côté désuet mais ne vous y trompez pas, vous serez vite happés. La qualité de l’édition enfonce le clou, un grand format comics pour apprécier, quelques bonus toujours agréables (croquis, couvertures des comics, effet brillant sur la couverture ..) et au prix modeste. Rien de bien sorcier mais pour ma part, une lecture très satisfaisante en plus d’une agréable surprise. Un album qui dégage quelque chose, je m’y replongerai avec plaisir.

26/04/2023 (modifier)
Couverture de la série La Vision de Bacchus
La Vision de Bacchus

Jean Dytar aime questionner l’art, et/ou l’histoire dans ses albums, et celui-ci ne fait pas exception. Il y fait preuve d’une belle culture, et réussit à bâtir une intrigue dans la Venise artistique de la fin du XVème et du début du XVIème siècle, sans que ce soit ennuyeux ni pédant. En effet, j’ai trouvé équilibrée son histoire, qui baigne pourtant dans le questionnement autour de la création, de ses techniques (ici l’influence flamande sur la peinture italienne de la Renaissance, l’un des peintres utilisant une technique pour fixer son modèle et débuter son tableau qui ressemble aux débuts de la photographie). La narration est fluide, et le dessin est plutôt chouette. Agréable en tout cas, et se mêlant très bien aux tableaux qui parsèment ces pages. Une lecture recommandable. A noter que la belle Claudia qui accompagne le héros m’a semblé avoir les yeux d’une autre Claudia (Cardinale en l’occurrence) ? Note réelle 3,5/5.

26/04/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Monde de Sophie
Le Monde de Sophie

3.5 C'est l'adaptation d'un roman philosophique que je ne connaissais pas. Je ne peux donc pas comparer, mais il y a clairement eu des libertés de la part des auteurs parce qu'on a intégré des problèmes du monde moderne (le réchauffement climatique, le covid). L'histoire est un prétexte pour qu'une petite fille apprenne sur la philosophie, surtout occidentale. Certes pour un adulte un peu cultivé sur la question, on n’apprend pas grand chose de nouveau, mais cela reste captivant à lire parce que c'est bien. C'est un bel ouvrage de vulgarisation qui explique bien l'histoire de la philosophie. Ce que j'ai aimé est qu'on a pas peur de montrer le côté sombre de certaines philosophies (la misogynie surtout) tout en étant pas trop moraliste, on préfère poser des questions philosophiques qui vont ouvrir l'esprit aux plus jeunes qui se questionnent sur la vie. En tout cas si J'avais un enfant de 10-12 ans curieux de tout, je pense que ça serait une bonne BD pour lui. En plus, il y a aussi une vraie histoire, l'héroïne Sophie est victime d'événements étranges et les dernières pages se terminent sur un cliffhanger surprenant qui me donne vraiment envie de lire la suite. Le dessin est vraiment agréable à regarder. La narration est fluide et en lit cet album de plus de 250 pages sans trop de problème.

25/04/2023 (modifier)