Les derniers avis (32292 avis)

Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Billy Brouillard
Billy Brouillard

De superbes couvertures pour une superbe série. Si vous aimez les enfants se questionnant et plongeant dans des univers qui sont invisibles à ceux n'ayant pas le don de trouble-vue, si vous appréciez l'univers de Tim Burton à base de bestioles bizarres couchées sur pellicule sombre dans une ambiance humoristo-lugubre, vous êtes à la bonne enseigne. Le ton des couleurs, les cases sans cadre, le bestiaire varé (et détaillé), rien à redire concernant le dessin. On dirait du Sfar mais en mieux pour ceux que cela rebute (comme moi). Et même s'il est évidemment semblable à celui de Zizi chauve-souris, les cases plus espacées donnent un aspect un peu plus mystérieux à ces hsitoires. Une BD jeunesse promettant de vraies aventures pleines de fantaisie sans faire dans le simpliste avec une patte graphique propre, j'adhère de suite.

05/09/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Les Pizzlys
Les Pizzlys

Très bonne découverte. La couverture est évidemment intrigante et bien flashy donc on ne peut pas passer devant en l'ignorant. Bien sûr c'est bourré d'incohérences et d'événements "tac-tac-badaboum" qui facilitent le récit. Mais le propos du livre n'est pas la reconstitution méticuleuse d'une année en autarcie en Alaska mais une aventure mystique pour se retrouver soi-même et sa connexion aux mondes qui nous entourent - le réel touché par le dérèglement climatique et le spirituel, lui-même bien bouleversé. Bref, un livre dans le vent actuel, dans le sillage du mouvement des Colibris. Et dans cette catégorie, il fait très bien le boulot. Le lectorat visé se retrouvera (ou reconnaitra quelqu'un de son entourage) forcément dans l'un des protagonistes qui sentent, consciemment ou non, que leur moi leur échappe. Les personnages sont attachants, à une exception près évidemment, on se sent bien au milieu de leur petite communauté qui se redécouvre dans ces contrées à l'écart. Concernant le dessin, des plus et des moins. Des plus pour l'épure moderne, le choix audacieux de la colorisation et les scènes de vertige de Nathan. Des moins pour les nez bizarrement absents sur la plupart des visages. Le livre est épais mais le papier agréable à feuilleter. Bref, un bon moment de lecture.

05/09/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série La Malédiction de Gustave Babel
La Malédiction de Gustave Babel

Gustave Babel est mort… ou plutôt, Gustave Babel est quasiment mort. Ainsi commence cet album. Il a été exécuté d’une balle dans la poitrine. Alors que la vie le quitte lentement, il revoit son passé dans un long flash-back et cherche à comprendre d’où viennent ces cauchemars qui le hantent et le ramènent inlassablement à L’Hypnotiseur, son pire ennemi. Gustave Babel est un tueur à gages. Il travaille pour la Pieuvre, une entreprise mafieuse dont on apprendra finalement peu de choses. Mais Gustave Babel a failli... Ce thriller poétique se déroule dans un petit monde clôt avec le Paris du début du XXe comme décor et les poèmes de Baudelaire que Gustave Babel lit pour se réconforter. Pour son dessin, ses couleurs et son ambiance, c’est un album qui mérite qu’on prenne le temps de s’immerger dans l’histoire pour ne manquer aucun détail, aucun personnage secondaire, plus étonnants les uns que les autres.

05/09/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Enfances perdues
Enfances perdues

Vous vous souvenez du film Police ? De ses histoires à gerber, du quotidien glauque de ces fonctionnaires de police ? Eh bien le sujet de cette série est strictement le même. Mais il y a une couche d'authenticité en plus : Agnès Naudin, la co-scénariste de ce troublant roman graphique, fut, jusqu'à peu de temps avant l'écriture de cette histoire, capitaine de police au sein de la brigade territoriale de protection de la famille. On suppose qu'elle a changé les noms, et probablement la localisation de cette brigade. Mais peu importe finalement, ce qui compte c'est la véracité. La véracité de ce pasteur évangélique qui a mis enceinte sa fille de 11 ans, et l'a faite avorter avant de violer la grande soeur de 13. La véracité de ces enquêteurs, qui pour prouver l'assassinat d'un enfant né après un déni de grossesse, doivent chercher dans des sacs poubelle à la décharge. Un quotidien loin d'être rose bien sûr, d'autant plus quand on doit essayer de vivre en tant que mère célibataire, qu'on est en butte au dédain ou aux moqueries de certaines de ses collègues... Sans oublier cet homme, à l'allure solitaire, qui semble rôder aux alentours du commissariat. On se doute qu'il va se passer un truc dégueulasse avec lui. Il y a un fort goût d'authenticité dans ces anecdotes, et on est admiratif de ces gens doté d'une résistance hors normes (mais qui peut aussi atteindre des limites et leur faire commettre l'irréparable). Agnès Naudin a bénéficié de l'aide au scénario de Jean-Claude Bartoll, auteur chevronné qui bosse plutôt dans les fresques politiques avec une ambiance de guerre. Il est cette fois plus proche de nous, et nous fait toucher du doigt l'un des métiers les plus durs qui soient. Eric Nosal est un dessinateur qui n'avait jusque-là fait qu'un album confidentiel aux requins Marteaux, et qui propose une mise en page propre, avec un style graphique réaliste, dans une ambiance glaciale, presque clinique, permettant de faire ressentir toute l'horreur (seulement suggérée, quasiment jamais montrée) de ces récits.

04/09/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Allez raconte (Papa raconte)
Allez raconte (Papa raconte)

Des BD comme ça rendent jaloux : comment improviser en permanence du tac au tac au gré des questions incessantes des enfants ? Eh bien je n'ai pas la réponse mais les auteurs de ces 2 albums connaissent le secret. Le dessin hyper minimaliste et le nombre écrasant de cases laissent place à une cascade de lapins tirés du chapeau pour le plus grand bonheur de ces enfants qui veulent tout sauf dormir. Et nous non plus car on veut connaître le fin mot de l'histoire. C'est un livre pour enfants mais qui ne prend pas sa cible pour des bêbêtes, ils comprennent bien qu'on peut jouer avec les codes et c'est finalement une bonne introduction aux parodies et au second degré. Un gros oui, recommandé à tous ceux qui aiment raconter des histoires tout en les découvrant soi-même.

04/09/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Les Sept Ours Nains
Les Sept Ours Nains

Un grand Bravo à Émile pour ce cocktail poilant de contes connus de tous permettant aux petits comme aux grands de se marrer ensemble. On mélange les princes, les fées, les belles etc. et ça redonne des contes finalement proches des originaux: bah oui, un prince c'est un prince quoi. Un nain, que ce soit un ours ou un mineur ne change pas grand chose quand il crève la dalle. Les aventures se suivent, on y prend goût, on savoure les runnings jokes comme celle des recommandations du cochon maçon. Le côté "et si" qui rebat les cartes fait penser aux impros de l'excellent Allez raconte (Papa raconte), un gage de qualité pour de belles soirées de lecture en famille. Le format à l'italienne et les grandes cases sont parfaits pour lire ces 3 histoires avec les enfants qui peuvent facilement tourner les pages.

04/09/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Les Quatre de Baker Street
Les Quatre de Baker Street

3.5 Les bondissantes aventures des francs-tireurs du célèbre Sherlock Holmes. Bondissant est l'adjectif qui convient à cette série : ça court, ça saute dans tous les sens, on change de quartier, on se faufile... bref tout ce qu'il faut pour attirer rapidement le lecteur (ciblé jeune alors que le tome 1 laisse penser que tout élève de CM2 sait ce qu'est un maquereau...). C'est étrange, je ne saisis pas la voie que veulent les auteurs : des enquêtes ou de l'aventure ? Du familial ou du crasseux ? C'est tout à la fois. Par contre le dessin a vraiment un style, on perçoit bien la vitesse des actions et la façon dont les corps déformés se dandinent. Les minois des enfants ont un côté un peu trop manga alors que certains loubards pouilleux sortent d'un animé de Bill Plympton et Sherlock est classique, un parti-pris sûrement assumé donc c'est ok. La colorisation, les effets de lumière, les angles... tout est maîtrisé rien à redire.

04/09/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Furieuse
Furieuse

Je ne m'attendais à rien du tout concernant cette BD, mais je suis complètement sous le charme ! C'est typiquement le genre de BD sur laquelle je ne connais rien et qui m'est tombé entre les mains par hasard. Avec une lecture rapide et qui m'a complètement charmé, dans le genre qui laisse avec un sourire et une bonne humeur, je peux le dire : c'est de la bombe ! Le scénario est assez bien foutu, avec un peu d'humour, un peu d'aventures, un peu de rebondissements et quelques messages bien distillés, à la fois sur le pouvoir, sur la place des femmes, sur les légendes aussi. On suit une refonte de l'histoire d'Arthur, vieux roi alcoolique qui veut marier sa fille sans qu'elle ne soit d'accord. A le lire, ça me fait penser à toutes ces histoires qui sortent sur des femmes en les insérant dans des contextes de contes ou d'histoires légendaires. Mais ici, je ne sais pas pourquoi, j'ai trouvé que l'histoire s'inscrivait parfaitement bien dans ce dont elle parle. Le seul souci que j'y verrais, c'est qu'on aurait pu remplacer Arthur et Merlin par n'importe quel autre couple roi/mage, puisque le cycle d'Arthur n'est pas mentionné en dehors de ces simples noms. Bref, le récit développe un personnage féminin assez monodimensionnel (en même temps elle est le moteur du scénario) dans une quête aux nombreux rebondissements qui font plaisir à voir. Il y a presque là une fable sur le pouvoir et la puissance, un détournement des codes du genre fantasy et conte pour mieux parler de réalités. La façon dont les hommes se comportent avec les femmes, par exemple, est plutôt bien mis en avant. Entre les jeunes paysans et le vieux baron, ça ressemble quand même beaucoup à des soucis qu'on voit encore beaucoup trop de nos jours. Le dessin accompagne parfaitement l'ensemble, avec ses couleurs marquées, ses personnages aux traits caractéristiques ou encore les environnements qui permettent de saisir en quelques planches l'ampleur d'un royaume qui décrépit. C'est bien mené d'un bout à l'autre, de surprises en surprises et l'évolution du dessin sur quelques cases suffit parfois à créer des effets dramatiques bien sentis. Ce genre de BD me plait à la fois par son contenu mais aussi par la surprise qu'elle provoque. Je n'en attendais franchement rien et j'ai eu plus que ma dose de contentement. Ne passez pas à côté, ce serait dommage, d'autant que la Bd est plaisante sur tous les aspects et que je la trouve personnellement drôle sur les répliques cinglantes. Une petite pépite récente que je n'aurais pas soupçonnée au premier abord !

04/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Automne en baie de Somme
Automne en baie de Somme

J'ai bien aimé cette série policière à la sauce Art-Déco. Le scénario est assez classique et prend pour référence les univers policiers des romans de cette époque avec une touche de Maigret qui nous rappelle presque son "Bon Dieu mais c'est bien sûr.". Les codes sont respectés avec un meurtre sous forme de punition, un indice mystérieux voire ésotérique et un inspecteur intègre qui affronte des milieux hostiles. Perso j'ai bien aimé la façon dont Philippe Pelaez nous conduit aux côtés de l'inspecteur Broyan à dépasser les apparences pour découvrir le fin mot de l'histoire. Le schéma est classique mais bien mené avec des rebondissements qui nous font voyager dans les mondes des Apaches, des artistes ou des grands bourgeois d'une ville aux mille visages. Alexis Chabert se régale et nous régale à travers ses peintures aux dominantes bleues des divers quartiers parisiens. Chabert en profite pour nous replonger dans des lieux mythiques comme le "Lapin Agile" qui ont marqué l'élan créatif de cette époque. J'ai trouvé cette lecture très plaisante à lire et franchement belle à regarder.

04/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Détective du Bizarre
Le Détective du Bizarre

Je découvre l'univers de Billy Brouillard et de son auteur Guillaume Bianco par le spin-off de la série mère. C'est probablement pour cela que je suis plus indulgent que mes prédécesseurs puisque je ne peux pas comparer les séries. En effet j'ai beaucoup aimé ce diptyque. Guillaume Bianco parvient à installer une ambiance qui emprunte à l'univers de Tim Burton avec une créativité personnelle remarquable. J'ai été particulièrement séduit par le tome 2 qui approfondit la personnalité du héros en nous dévoilant avec ironie les défauts inhérents à ce rôle de héros. Ces monstres intérieurs bien présents chez Billy sont probablement les mêmes chez tous nos super héros. Il y a tout un exposé sur la représentation du moi qui s'adresse bien plus à un public adulte par son niveau de langage. La prouesse de Bianco est de rendre ce niveau de langage lisible pour un public plus jeune en y incorporant beaucoup d'humour pour rendre l’abscons drôle. Le tome 1 est plus classique mais installe la personnalité de Billy au contact de la sorcière Célène comme un apprentissage de l'altérité. Le graphisme est très séduisant avec ces traits fins et très expressifs. La présentation est très moderne avec des planches aux découpages variés, avec des pauses journalistiques pour faire rebondir le récit en juxtaposant différentes visions de l'histoire que vit Billy. Une lecture très agréable qui me dirige au plus vite vers la série mère.

03/09/2023 (modifier)