Un truc génIAAAL comme c'est pas permis !
Quelques activistes écologistes se retrouvent au premier rang pour assister à la fin du monde. À coups de flash-back pas du tout handicapants pour le déroulé de l'histoire proprement dite, tant ils sont riches d'informations captivantes ET sur les personnages ET sur la réalité du monde où nous vivons (rappel plein de sens étant donné le sujet abordé), les auteurs nous offrent une course-poursuite maritime pleine de péripéties très excitantes tout en nous confrontant à beaucoup de vérités primordiales extrêmement bien introduites par le récit.
Les personnages sont profonds et sensibles, même les plus secondaires ; et leurs interactions et affrontements sont tous sauf gratuits. Les dialogues sont particulièrement bien troussés : pas une bulle de perdue !
Une épopée dont le jusqu'au-boutisme finit par sonner presque biblique dans sa démesure, pourtant assez réaliste ; et le scénariste se permet même un écart (que je trouve assez couillu, tant le contexte est "sérieux" ; mais que d'autres, j'en suis sûrs, qualifieront de racoleur/facile/idiot...) qui touche tout à la fois au fantastique et au mythologique... La série n'en avait nul besoin pour être d'avantage passionnante ; mais cela ne fait que lui faire "embrasser" -et éclater, par la même occasion- un cadre plus large que le contexte originel ne le laissait supposer. Et pourquoi pas, après tout, puisque tout le reste y passe ?!
Le dessin est plus qu'honnête (même si pas trop jojo !) quasi tout le long des TRENTE Comics (... Pour l'édition originale, en tous cas ; il ne semble y avoir que trois tomes disponibles traduits par Panini, si j'ai bien compris ?!), n'accusant quelques faiblesses que lors du passage d'encreurs moins doués que les dessinateurs eux-mêmes. Le rythme de parution force néanmoins quelques planches moins léchées que les autres -surtout vers la fin- mais le "look" général est très figuratif et les personnages comme les décors sont parfaitement "équilibrés". La colorisation n'est pas en reste, pleine de parti-pris. Beaucoup d'atmosphère dans ces planches parfaitement composées : une leçon d'efficacité "simple" propre au Comic-Book, et dont pas mal de monde peut s'inspirer.
... Très sympa à lire ! J'aurais mis cinq étoiles mais "culte" ne voudrait rien dire, dans ce cas-précis : c'est juste une BD trop chouette :)
Une série que j’ai découverte sur le tard, et c’est dommage, car je crois que je l’aurais probablement davantage appréciée étant plus jeune – même si certains jeux de mots de Greg, et la sensualité latente développée par Dany visent plutôt des lecteurs plus adultes.
La série est un peu fourre-tout, joue beaucoup sur du loufoque, un humour bon enfant, en développant une ambiance extrêmement positive, à la limite de la naïveté parfois, mais sans jamais tomber dans la mièvrerie. Greg a su créer un univers enchanté, qui doit sans doute beaucoup à Lewis Carroll, avec moins de noirceur.
Dans le pays des rêves de Rêverose, tout est possible, les objets parlent et agissent, et tout le monde collabore pour entretenir la bonne entente et la bonne humeur. Au cœur de cet univers, Olivier Rameau et son amoureuse, la jolie Colombe, sont entourés de beaucoup de personnages secondaires qui sont pour beaucoup dans la réussite des histoires : le faux sérieux Monsieur Pertinent, les trois Ziroboudons et bien d’autres participent de cette étrange folie.
Enfin, le succès de cette série doit aussi beaucoup au dessin de Dany, qui mélange avec bonheur dessin semi caricatural (pour beaucoup de personnages et d’objets) et un trait un peu plus réaliste pour Rameau et Colombe. Colombe justement, apporte une touche sexy (elle se balade toujours en mini mini jupe et décolleté plongeant !) sans que jamais cela ne tourne aux grivoiseries qu’il publiera dans d’autres séries plus ou moins coquines. Plusieurs autres personnages féminins – moins récurrents – ont aussi des tenues ou postures sexy.
Quelques bémols toutefois. Sur les derniers albums, j’ai trouvé que c’était globalement moins réussi (Greg laisse parfois la main à Dany pour les scénarios – comme dans le tome 10). Et dans la plupart des albums, j’ai trouvé les dialogues trop abondants.
J’ai lu les 6 premiers et les tomes 10 et 11, et je conseillerais surtout les premiers.
C’est en tout cas une série rafraichissante qui, malgré mes remarques liminaires, s’adresse avant tout à un jeune lectorat, voire à de jeunes adolescents.
Note réelle 3,5/5.
J’ai beaucoup aimé ce récit. Je sais par expérience que je suis facilement séduit par un scénario si l’idée à l’origine de celui-ci est à la fois novatrice et évidente. Le genre d’idée dont on se dit « mais pourquoi personne n’y avait songé avant ? » Et de ce point de vue, ce n’est pas la première fois que Joe Hill me laisse pantois.
Ici, l’idée à la base du récit se matérialise par des pluies meurtrières. Ni acides, ni tornades, mais des pluies soudaines et violentes d’aiguilles de fulgurite. Ce concept permet à l’auteur de nous plonger dans un univers apocalyptique en lien direct avec nos inquiétudes actuelles concernant les changements climatiques.
Au cœur de cette apocalypse, l’héroïne va se lancer dans une quête un peu vaine, marquée par sa totale désorientation. Quête durant laquelle elle va découvrir le meilleur et le pire chez l’homme, des alliés fidèles, des lâches immondes… et enfin des êtres brisés qui présentent en eux-mêmes ces deux facettes. Le scénario est prenant même si très classique dans le genre apocalyptique. La fin fonctionne plutôt bien même si la révélation finale m’a laissé un peu dubitatif (je ne la trouve pas pleinement cohérente avec certains comportements situés au début du récit). Surtout, je me suis beaucoup attaché au personnage principal, archétype même de l’être fragile en apparence mais capable de puiser une force énorme dans les douloureuses épreuves traversées sans rien perdre de son humanité.
L’adaptation de David Booher me semble de qualité du simple fait que l’on ne ressent pas spécialement de coupures. Le déroulement de l’histoire est fluide et les personnages sont bien développés.
Le dessin de Zoé Thorogood, un peu à la manière d’un Jeff Lemire, laisse transparaître la fragilité des personnages. Ceux-ci sont un peu raides, un peu ‘de travers’ et c’est de ces petits défauts que nait le charme du dessin. La mise en page est soignée même si peu novatrice. Le découpage est bon. les couleurs sont étranges mais collent bien à l’univers.
Franchement, j’ai bien aimé !
Une vraie belle histoire, où la vague de l'enfance s'échoue contre la dure réalité de la domination politique.
Deux ados bretons qui viennent perfectionner leur anglais au milieu des évènements de Belfast, si ce n'était pas une vraie histoire, on n'y croirait pas ! Et pourtant ... Je trouve le scénario très bien tenu : on ne lâche pas le cours de l'histoire et le drame nous frappe à bout portant.
Contrairement à Mac Arthur, je pense que ce choix de nous secouer à la fin est un choix politique qui donne a cette histoire une envergure qu'elle n'aurait pas eu en restant sur une frayeur adolescente. D'une chronique sociale sympathique à la Baru avec ses années Spoutnik, Kris va vers autre chose qui n'est plus seulement engagé, mais tragique. Et bien n'ayons pas peur du tragique ! Les petits Mickey, c'est sympa, mais ça ne déplace pas les montagnes. Or, si on regarde autour de nous, il y a de sacrées montagnes à déplacer ! Il va donc nous falloir un paquet de coups de pied au cul, et celui-là est salutaire pour dénoncer les pouvoirs illégitimes qui se profilent en cette année chargée en élections.
Pour l'image, il y a un faux air de Baru, par les jus d'aquarelle aux couleurs vives et les visages peu fignolés. Mais on est un cran au dessus dans le flou, et cela accentue le sentiment d'être sous une pluie battante et perpétuelle, même à l'intérieur ! Vraiment, j'ai marché de bout en bout et cette indistinction des traits permet aussi de projeter ses propres souvenirs sur ces visages adolescents. Les autres BD de Kris m'avaient parue plus bavardes, genre la BD "à message", alors que celle-ci m'a vraiment prise par les sentiments, donc bravo Vincent Bailly, aux pinceaux!
Inspiré d'un fait historique réel, Rivière nous entraine dans un western original.
Les personnages principaux sont une famille composée de 3 enfants enlevée par des guerriers Abénaquis pour être vendue comme esclave. Nous sommes loin du western standard avec un héros classique et de méchants indiens, nous sommes au cœur d'une guerre de colonisation entre les Anglais et les Français décrite dans toute sa brutalité.
Un récit qui démontre le cynisme des autorités pour qui la victoire l'emporte sur tout y compris la vie de leurs propres concitoyens. Les conditions de vie des premiers colons en Amérique du Nord sont proches de la réalité, les forts pour se protéger du risque d'attaques permanentes démontrent l'insécurité dans laquelle ils vivaient et donne tout l'intérêt à cette aventure, proche du réel tout étant romancée.
Une aventure sans temps mort, pleine de rebondissements au cours d'un périple qui met en évidence la beauté du nouveau monde encore peu impacté par l'empreinte du progrès.
Le dessin d'Olivier Ormière participe au réalisme de cette histoire, les couleurs naturelles accompagnent la diversité des décors et nous plongent au cœur d'un pays immense.
Un beau moment de lecture pour les amateurs de western.
Agréable surprise après cette relecture... j'avais peut-être acheté cette BD dans une brocante, il y a plus de 20 ans, ou c'était un apport de mon conjoint, je ne me souviens plus... et j'avais du la lire tout de suite et puis elle était restée dans ma bibliothèque dans un coin, à coté d'autres Gibrat. Comme je n'ai commencé à participer à Bdthèque qu'en 2014, je n'avais pas jugé bon revenir dessus. D'autant que les avis précédents, assez mitigés, ne m'avaient pas motivée.
Eh bien ! je ressors souriante : c'est une sorte de nuage de fantasmes masculins des années 80. Des savants fous, des machines infernales, des skippeuses, fées et sirènes à forte poitrine bien dénudée, des emprunts cinématographiques, des faucheuses sur des gondoles, des statues de la liberté échouées, des références à l'histoire de la Bd (scaphandriers et requins à la Hergé, little Némo en ami Pierrot, monstres tentaculaires à la Tardi, héros en uniforme à la Pratt...) peut-être aussi des jeux vidéo mais cela sort de mes références... Tout cela dans le dessin aquarellé de Gibrat qui saute de pont en canaux et de ruelles en palais, dans la lumière de Venise
Bref, c'est agréable à regarder et pas si absurde : D'une première page réaliste, nous sommes catapultés dans une machination de la dark ecology, qui finit par rattraper les personnages habituels de Gibrat, le beau jeune homme et la belle brune qui prend tous les rôles féminins successivement et sauve le jeune homme en le transformant en peluche. Si ! je vous assure, tout est prévu !
Çà ressemble à un hommage du scénariste au dessinateur, et vis et versa et ça pourrait s'appeler exercice de style...
Je suis agréablement surpris par cette BD, âgée de plus d'un siècle.
Il fallait bien un auteur néerlandais, avec des origines belges, né au Japon et immigré aux États-Unis pour nous pondre ça. Chaque page de cet album contient six images, mais en réalité, il faudrait plutôt dire douze !? En effet, il faut d'abord lire dans le sens normal, puis on retourne le bouquin pour continuer et terminer la lecture. Une sacrée prouesse technique que cette lecture palindromique. Unique à ce jour, enfin je crois.
On va suivre sur une planche les aventures grotesques de lady Lovekins et de père Muuffaroo. Des histoires absurdes qui se laissent lire agréablement même si elles sont d'un autre temps. Du texte au bas de chaque image pour nous expliquer ce qui s'y passe, un autre temps disais-je.
Un dessin qui fait lui aussi daté, mais avec le charme décrépit de la vieille pierre (c'est un compliment).
Deux préfaces de l'historien Pierre Couperie, une pour les enfants et l'autre pour les adultes.
Un album renversant pour un voyage dans le temps que je ne peux que conseiller.
Je suis preneur pour un autre album sous cette forme. Avis aux auteurs !
C’est à Angouleme que je me suis procuré les deux premiers albums de cette série qui revisite l’œuvre d’Alexandre Dumas. Et – ne tournons pas autour du pot - c’est fantastique ! j’ai adoré. Bravo à Jordan Mechner qui s’est emparé de cette œuvre remarquable pour signer un scénario audacieux et énergique. Quand vous commencerez le récit, vous ne pourrez plus vous arrêter avant d’avoir terminé la lecture de la dernière planche.
Au-delà du scénario, le dessin est magnifique. Ca bouge. Les rebondissements sont nombreux. Et même si les esprits chagrins diront que cela manque d’originalité, pas grave, cela ne doit pas vous décourager à découvrir cette série singulière où les complots sont pléthores.
Le troisième tome – et dernier tome - sort en mai prochain. J’ai hâte de découvrir la fin !
je recommande vivement.
Voila une BD émouvante avec laquelle il faut aller doucement si l'on est sensible. C'est un sujet qui peut toucher beaucoup de monde, et il est indéniable qu'elle peut réveiller des souvenirs douloureux chez certain.
Le suicide assisté est une question épineuse, les partisans et les anti se déchirant autour de nombreuses questions morales et philosophique. C'est un débat dans lequel j'ai mon avis et Zelba aussi. Et cet avis est clair et net dans la BD, une démonstration de ce qu'on peut faire à des personnes qui vont mourir et qu'on laisse agoniser dans la souffrance pendant des jours parfois.
La BD est une inspiration de faits réels mais les personnages sont inventés, même si l'on reconnait quelques personnes (pour peu que vous ayez lu les autres BD de l'auteure). Zelba nous raconte la fin de vie de sa mère, la longue agonie après la décision, la difficulté alors que l'on perd un proche de devoir faire ce choix et cet acte. C'est dur, même si le récit ne parle pas que de cet évènement et mentionne aussi le remariage du père, épisode qui fait presque suite à la mort de la mère et la naissance de l'enfant de la narratrice. C'est donc un moment riche en émotion pour le personnage, et je trouve que l'auteure navigue assez bien entre les différents évènements et l'importance qu'ils ont eu dans la vie des protagonistes.
Son dessin reste le même, que j'apprécie particulièrement. Il est efficace et joue sur les cadrages et les changements de plan pour distiller les émotions.
Une BD qui énonce clairement la position pro-fin de vie, que je soutiens, dans un récit qui montre les raisons de ce choix. L'ajout final de l'auteure sur les raisons l'ayant poussées à écrire cette BD sont très parlantes et me semblent essentielles à la compréhension de cette position. Il est essentiel pour des centaines de personnes maintenues en vie dans la souffrance de pouvoir choisir également leur fin de vie.
Émouvant, réfléchi, une BD que je recommande.
J'ai beaucoup apprécié la lecture de cette série sur le Château de Versailles. Les auteurs ont choisi une approche particulière en ne montrant pratiquement pas les salles ni les œuvres d'art du Château.
Ainsi le scénario met l'accent sur la symbolique historique de l'édifice. Perçu comme une image de la royauté déchue, puis comme une insulte infligée par Bismark l'édifice aurait pu disparaître à cause d'une vision républicaine étroite et fausse.
C'est le grand mérite d'hommes de cette époque d'avoir fait comprendre que ces trésors architecturaux étaient l'héritage du peuple et dépassaient les clivages historiques ou partisans.
J'ai suivi avec intérêt les démarches et l'habileté politique de Pierre de Nolhac pour rendre à Versailles un lustre... républicain. En effet c'est cette thématique qui m'a le plus séduit. Les auteurs prennent le contrepied total de la maxime "du passé faisons table rase". Même si ce passé n'est pas conforme à l'esprit du moment, même s’il présente des aspects glorieux et des aspects sombres voire ignominieux, ce passé nous a forgé dans notre roman national. Y a-t-il un autre monument qui puisse faire la liaison entre royauté et république ? pouvoir absolu et démocratie ? Le Louvre peut-être et d'ailleurs les auteurs mettent souvent en évidence dans le récit les liens étroits qui se sont créés entre les deux institutions.
Je trouve cet aspect du scénario déjà bien riche mais Maïté Labat et J.B Véber y ajoutent un côté intimiste qui rend le roman très humain. C'est là où le château de mon père fait la liaison avec le château de ma mère.
Par un jeu de contrastes les auteurs renvoient à Pagnol avec les similitudes : esprit républicain, drames familiaux, une forte image du père et les oppositions : couleurs provençales et grisaille parisienne et bien sûr le Château ami ou ennemi de la mère.
Pour accentuer les contrastes Alexis Vitrebert propose un formidable graphisme en N&B avec de superbes gouaches qui travaillent à chaque case pour approfondir une ambiance "Belle époque" comme on pourrait la voir sur de vieilles pellicules.
Alexis Vitrebert nous rappelle par sa technicité, son originalité et sa maîtrise que la thématique principale reste la transmission, la conservation et le partage du génie artistique. Il y réussit formidablement bien à mes yeux.
Une très belle lecture qui donne du sens à la conservation du patrimoine pour ceux qui en doutent.
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The Massive
Un truc génIAAAL comme c'est pas permis ! Quelques activistes écologistes se retrouvent au premier rang pour assister à la fin du monde. À coups de flash-back pas du tout handicapants pour le déroulé de l'histoire proprement dite, tant ils sont riches d'informations captivantes ET sur les personnages ET sur la réalité du monde où nous vivons (rappel plein de sens étant donné le sujet abordé), les auteurs nous offrent une course-poursuite maritime pleine de péripéties très excitantes tout en nous confrontant à beaucoup de vérités primordiales extrêmement bien introduites par le récit. Les personnages sont profonds et sensibles, même les plus secondaires ; et leurs interactions et affrontements sont tous sauf gratuits. Les dialogues sont particulièrement bien troussés : pas une bulle de perdue ! Une épopée dont le jusqu'au-boutisme finit par sonner presque biblique dans sa démesure, pourtant assez réaliste ; et le scénariste se permet même un écart (que je trouve assez couillu, tant le contexte est "sérieux" ; mais que d'autres, j'en suis sûrs, qualifieront de racoleur/facile/idiot...) qui touche tout à la fois au fantastique et au mythologique... La série n'en avait nul besoin pour être d'avantage passionnante ; mais cela ne fait que lui faire "embrasser" -et éclater, par la même occasion- un cadre plus large que le contexte originel ne le laissait supposer. Et pourquoi pas, après tout, puisque tout le reste y passe ?! Le dessin est plus qu'honnête (même si pas trop jojo !) quasi tout le long des TRENTE Comics (... Pour l'édition originale, en tous cas ; il ne semble y avoir que trois tomes disponibles traduits par Panini, si j'ai bien compris ?!), n'accusant quelques faiblesses que lors du passage d'encreurs moins doués que les dessinateurs eux-mêmes. Le rythme de parution force néanmoins quelques planches moins léchées que les autres -surtout vers la fin- mais le "look" général est très figuratif et les personnages comme les décors sont parfaitement "équilibrés". La colorisation n'est pas en reste, pleine de parti-pris. Beaucoup d'atmosphère dans ces planches parfaitement composées : une leçon d'efficacité "simple" propre au Comic-Book, et dont pas mal de monde peut s'inspirer. ... Très sympa à lire ! J'aurais mis cinq étoiles mais "culte" ne voudrait rien dire, dans ce cas-précis : c'est juste une BD trop chouette :)
Olivier Rameau
Une série que j’ai découverte sur le tard, et c’est dommage, car je crois que je l’aurais probablement davantage appréciée étant plus jeune – même si certains jeux de mots de Greg, et la sensualité latente développée par Dany visent plutôt des lecteurs plus adultes. La série est un peu fourre-tout, joue beaucoup sur du loufoque, un humour bon enfant, en développant une ambiance extrêmement positive, à la limite de la naïveté parfois, mais sans jamais tomber dans la mièvrerie. Greg a su créer un univers enchanté, qui doit sans doute beaucoup à Lewis Carroll, avec moins de noirceur. Dans le pays des rêves de Rêverose, tout est possible, les objets parlent et agissent, et tout le monde collabore pour entretenir la bonne entente et la bonne humeur. Au cœur de cet univers, Olivier Rameau et son amoureuse, la jolie Colombe, sont entourés de beaucoup de personnages secondaires qui sont pour beaucoup dans la réussite des histoires : le faux sérieux Monsieur Pertinent, les trois Ziroboudons et bien d’autres participent de cette étrange folie. Enfin, le succès de cette série doit aussi beaucoup au dessin de Dany, qui mélange avec bonheur dessin semi caricatural (pour beaucoup de personnages et d’objets) et un trait un peu plus réaliste pour Rameau et Colombe. Colombe justement, apporte une touche sexy (elle se balade toujours en mini mini jupe et décolleté plongeant !) sans que jamais cela ne tourne aux grivoiseries qu’il publiera dans d’autres séries plus ou moins coquines. Plusieurs autres personnages féminins – moins récurrents – ont aussi des tenues ou postures sexy. Quelques bémols toutefois. Sur les derniers albums, j’ai trouvé que c’était globalement moins réussi (Greg laisse parfois la main à Dany pour les scénarios – comme dans le tome 10). Et dans la plupart des albums, j’ai trouvé les dialogues trop abondants. J’ai lu les 6 premiers et les tomes 10 et 11, et je conseillerais surtout les premiers. C’est en tout cas une série rafraichissante qui, malgré mes remarques liminaires, s’adresse avant tout à un jeune lectorat, voire à de jeunes adolescents. Note réelle 3,5/5.
Rain
J’ai beaucoup aimé ce récit. Je sais par expérience que je suis facilement séduit par un scénario si l’idée à l’origine de celui-ci est à la fois novatrice et évidente. Le genre d’idée dont on se dit « mais pourquoi personne n’y avait songé avant ? » Et de ce point de vue, ce n’est pas la première fois que Joe Hill me laisse pantois. Ici, l’idée à la base du récit se matérialise par des pluies meurtrières. Ni acides, ni tornades, mais des pluies soudaines et violentes d’aiguilles de fulgurite. Ce concept permet à l’auteur de nous plonger dans un univers apocalyptique en lien direct avec nos inquiétudes actuelles concernant les changements climatiques. Au cœur de cette apocalypse, l’héroïne va se lancer dans une quête un peu vaine, marquée par sa totale désorientation. Quête durant laquelle elle va découvrir le meilleur et le pire chez l’homme, des alliés fidèles, des lâches immondes… et enfin des êtres brisés qui présentent en eux-mêmes ces deux facettes. Le scénario est prenant même si très classique dans le genre apocalyptique. La fin fonctionne plutôt bien même si la révélation finale m’a laissé un peu dubitatif (je ne la trouve pas pleinement cohérente avec certains comportements situés au début du récit). Surtout, je me suis beaucoup attaché au personnage principal, archétype même de l’être fragile en apparence mais capable de puiser une force énorme dans les douloureuses épreuves traversées sans rien perdre de son humanité. L’adaptation de David Booher me semble de qualité du simple fait que l’on ne ressent pas spécialement de coupures. Le déroulement de l’histoire est fluide et les personnages sont bien développés. Le dessin de Zoé Thorogood, un peu à la manière d’un Jeff Lemire, laisse transparaître la fragilité des personnages. Ceux-ci sont un peu raides, un peu ‘de travers’ et c’est de ces petits défauts que nait le charme du dessin. La mise en page est soignée même si peu novatrice. Le découpage est bon. les couleurs sont étranges mais collent bien à l’univers. Franchement, j’ai bien aimé !
Coupures irlandaises
Une vraie belle histoire, où la vague de l'enfance s'échoue contre la dure réalité de la domination politique. Deux ados bretons qui viennent perfectionner leur anglais au milieu des évènements de Belfast, si ce n'était pas une vraie histoire, on n'y croirait pas ! Et pourtant ... Je trouve le scénario très bien tenu : on ne lâche pas le cours de l'histoire et le drame nous frappe à bout portant. Contrairement à Mac Arthur, je pense que ce choix de nous secouer à la fin est un choix politique qui donne a cette histoire une envergure qu'elle n'aurait pas eu en restant sur une frayeur adolescente. D'une chronique sociale sympathique à la Baru avec ses années Spoutnik, Kris va vers autre chose qui n'est plus seulement engagé, mais tragique. Et bien n'ayons pas peur du tragique ! Les petits Mickey, c'est sympa, mais ça ne déplace pas les montagnes. Or, si on regarde autour de nous, il y a de sacrées montagnes à déplacer ! Il va donc nous falloir un paquet de coups de pied au cul, et celui-là est salutaire pour dénoncer les pouvoirs illégitimes qui se profilent en cette année chargée en élections. Pour l'image, il y a un faux air de Baru, par les jus d'aquarelle aux couleurs vives et les visages peu fignolés. Mais on est un cran au dessus dans le flou, et cela accentue le sentiment d'être sous une pluie battante et perpétuelle, même à l'intérieur ! Vraiment, j'ai marché de bout en bout et cette indistinction des traits permet aussi de projeter ses propres souvenirs sur ces visages adolescents. Les autres BD de Kris m'avaient parue plus bavardes, genre la BD "à message", alors que celle-ci m'a vraiment prise par les sentiments, donc bravo Vincent Bailly, aux pinceaux!
Captifs
Inspiré d'un fait historique réel, Rivière nous entraine dans un western original. Les personnages principaux sont une famille composée de 3 enfants enlevée par des guerriers Abénaquis pour être vendue comme esclave. Nous sommes loin du western standard avec un héros classique et de méchants indiens, nous sommes au cœur d'une guerre de colonisation entre les Anglais et les Français décrite dans toute sa brutalité. Un récit qui démontre le cynisme des autorités pour qui la victoire l'emporte sur tout y compris la vie de leurs propres concitoyens. Les conditions de vie des premiers colons en Amérique du Nord sont proches de la réalité, les forts pour se protéger du risque d'attaques permanentes démontrent l'insécurité dans laquelle ils vivaient et donne tout l'intérêt à cette aventure, proche du réel tout étant romancée. Une aventure sans temps mort, pleine de rebondissements au cours d'un périple qui met en évidence la beauté du nouveau monde encore peu impacté par l'empreinte du progrès. Le dessin d'Olivier Ormière participe au réalisme de cette histoire, les couleurs naturelles accompagnent la diversité des décors et nous plongent au cœur d'un pays immense. Un beau moment de lecture pour les amateurs de western.
Marée Basse
Agréable surprise après cette relecture... j'avais peut-être acheté cette BD dans une brocante, il y a plus de 20 ans, ou c'était un apport de mon conjoint, je ne me souviens plus... et j'avais du la lire tout de suite et puis elle était restée dans ma bibliothèque dans un coin, à coté d'autres Gibrat. Comme je n'ai commencé à participer à Bdthèque qu'en 2014, je n'avais pas jugé bon revenir dessus. D'autant que les avis précédents, assez mitigés, ne m'avaient pas motivée. Eh bien ! je ressors souriante : c'est une sorte de nuage de fantasmes masculins des années 80. Des savants fous, des machines infernales, des skippeuses, fées et sirènes à forte poitrine bien dénudée, des emprunts cinématographiques, des faucheuses sur des gondoles, des statues de la liberté échouées, des références à l'histoire de la Bd (scaphandriers et requins à la Hergé, little Némo en ami Pierrot, monstres tentaculaires à la Tardi, héros en uniforme à la Pratt...) peut-être aussi des jeux vidéo mais cela sort de mes références... Tout cela dans le dessin aquarellé de Gibrat qui saute de pont en canaux et de ruelles en palais, dans la lumière de Venise Bref, c'est agréable à regarder et pas si absurde : D'une première page réaliste, nous sommes catapultés dans une machination de la dark ecology, qui finit par rattraper les personnages habituels de Gibrat, le beau jeune homme et la belle brune qui prend tous les rôles féminins successivement et sauve le jeune homme en le transformant en peluche. Si ! je vous assure, tout est prévu ! Çà ressemble à un hommage du scénariste au dessinateur, et vis et versa et ça pourrait s'appeler exercice de style...
Dessus-dessous
Je suis agréablement surpris par cette BD, âgée de plus d'un siècle. Il fallait bien un auteur néerlandais, avec des origines belges, né au Japon et immigré aux États-Unis pour nous pondre ça. Chaque page de cet album contient six images, mais en réalité, il faudrait plutôt dire douze !? En effet, il faut d'abord lire dans le sens normal, puis on retourne le bouquin pour continuer et terminer la lecture. Une sacrée prouesse technique que cette lecture palindromique. Unique à ce jour, enfin je crois. On va suivre sur une planche les aventures grotesques de lady Lovekins et de père Muuffaroo. Des histoires absurdes qui se laissent lire agréablement même si elles sont d'un autre temps. Du texte au bas de chaque image pour nous expliquer ce qui s'y passe, un autre temps disais-je. Un dessin qui fait lui aussi daté, mais avec le charme décrépit de la vieille pierre (c'est un compliment). Deux préfaces de l'historien Pierre Couperie, une pour les enfants et l'autre pour les adultes. Un album renversant pour un voyage dans le temps que je ne peux que conseiller. Je suis preneur pour un autre album sous cette forme. Avis aux auteurs !
Monte-Cristo
C’est à Angouleme que je me suis procuré les deux premiers albums de cette série qui revisite l’œuvre d’Alexandre Dumas. Et – ne tournons pas autour du pot - c’est fantastique ! j’ai adoré. Bravo à Jordan Mechner qui s’est emparé de cette œuvre remarquable pour signer un scénario audacieux et énergique. Quand vous commencerez le récit, vous ne pourrez plus vous arrêter avant d’avoir terminé la lecture de la dernière planche. Au-delà du scénario, le dessin est magnifique. Ca bouge. Les rebondissements sont nombreux. Et même si les esprits chagrins diront que cela manque d’originalité, pas grave, cela ne doit pas vous décourager à découvrir cette série singulière où les complots sont pléthores. Le troisième tome – et dernier tome - sort en mai prochain. J’ai hâte de découvrir la fin ! je recommande vivement.
Mes mauvaises filles
Voila une BD émouvante avec laquelle il faut aller doucement si l'on est sensible. C'est un sujet qui peut toucher beaucoup de monde, et il est indéniable qu'elle peut réveiller des souvenirs douloureux chez certain. Le suicide assisté est une question épineuse, les partisans et les anti se déchirant autour de nombreuses questions morales et philosophique. C'est un débat dans lequel j'ai mon avis et Zelba aussi. Et cet avis est clair et net dans la BD, une démonstration de ce qu'on peut faire à des personnes qui vont mourir et qu'on laisse agoniser dans la souffrance pendant des jours parfois. La BD est une inspiration de faits réels mais les personnages sont inventés, même si l'on reconnait quelques personnes (pour peu que vous ayez lu les autres BD de l'auteure). Zelba nous raconte la fin de vie de sa mère, la longue agonie après la décision, la difficulté alors que l'on perd un proche de devoir faire ce choix et cet acte. C'est dur, même si le récit ne parle pas que de cet évènement et mentionne aussi le remariage du père, épisode qui fait presque suite à la mort de la mère et la naissance de l'enfant de la narratrice. C'est donc un moment riche en émotion pour le personnage, et je trouve que l'auteure navigue assez bien entre les différents évènements et l'importance qu'ils ont eu dans la vie des protagonistes. Son dessin reste le même, que j'apprécie particulièrement. Il est efficace et joue sur les cadrages et les changements de plan pour distiller les émotions. Une BD qui énonce clairement la position pro-fin de vie, que je soutiens, dans un récit qui montre les raisons de ce choix. L'ajout final de l'auteure sur les raisons l'ayant poussées à écrire cette BD sont très parlantes et me semblent essentielles à la compréhension de cette position. Il est essentiel pour des centaines de personnes maintenues en vie dans la souffrance de pouvoir choisir également leur fin de vie. Émouvant, réfléchi, une BD que je recommande.
Le Château de mon père - Versailles ressuscité
J'ai beaucoup apprécié la lecture de cette série sur le Château de Versailles. Les auteurs ont choisi une approche particulière en ne montrant pratiquement pas les salles ni les œuvres d'art du Château. Ainsi le scénario met l'accent sur la symbolique historique de l'édifice. Perçu comme une image de la royauté déchue, puis comme une insulte infligée par Bismark l'édifice aurait pu disparaître à cause d'une vision républicaine étroite et fausse. C'est le grand mérite d'hommes de cette époque d'avoir fait comprendre que ces trésors architecturaux étaient l'héritage du peuple et dépassaient les clivages historiques ou partisans. J'ai suivi avec intérêt les démarches et l'habileté politique de Pierre de Nolhac pour rendre à Versailles un lustre... républicain. En effet c'est cette thématique qui m'a le plus séduit. Les auteurs prennent le contrepied total de la maxime "du passé faisons table rase". Même si ce passé n'est pas conforme à l'esprit du moment, même s’il présente des aspects glorieux et des aspects sombres voire ignominieux, ce passé nous a forgé dans notre roman national. Y a-t-il un autre monument qui puisse faire la liaison entre royauté et république ? pouvoir absolu et démocratie ? Le Louvre peut-être et d'ailleurs les auteurs mettent souvent en évidence dans le récit les liens étroits qui se sont créés entre les deux institutions. Je trouve cet aspect du scénario déjà bien riche mais Maïté Labat et J.B Véber y ajoutent un côté intimiste qui rend le roman très humain. C'est là où le château de mon père fait la liaison avec le château de ma mère. Par un jeu de contrastes les auteurs renvoient à Pagnol avec les similitudes : esprit républicain, drames familiaux, une forte image du père et les oppositions : couleurs provençales et grisaille parisienne et bien sûr le Château ami ou ennemi de la mère. Pour accentuer les contrastes Alexis Vitrebert propose un formidable graphisme en N&B avec de superbes gouaches qui travaillent à chaque case pour approfondir une ambiance "Belle époque" comme on pourrait la voir sur de vieilles pellicules. Alexis Vitrebert nous rappelle par sa technicité, son originalité et sa maîtrise que la thématique principale reste la transmission, la conservation et le partage du génie artistique. Il y réussit formidablement bien à mes yeux. Une très belle lecture qui donne du sens à la conservation du patrimoine pour ceux qui en doutent.