Il ne faut pas se fier aux apparences, cette BD est franchement sombre voir désespérée. Partant de cette idée originale de voir la vie des parents de ces enfants qui partent explorer un monde merveilleux et vivre des aventures palpitantes (on a de nombreuses possibilités d'histoires derrière, comme souligné dans la BD), la BD plonge rapidement dans le sérieux et le sombre. C'est une lente agonie de parents dépossédés de leur enfant, de moyens d'actions et progressivement de vie sociale. Ostracisé car suspects, sans doute meurtriers ou cachant quelque ignoble crime dans leur cave, qui sait ?
La BD file son sujet, avec la police débordée, la douleur des parents mais surtout une pression sociale parce que, quand même, qui sait ce qu'ils ont fait ? C'est le fil rouge de l'histoire, l'aspect social. Avec ce complotiste qui vient débattre à la radio chaque jour, gagnant en audience au fil des disparitions, les interviews de voisins qui n'ont jamais rien vu (mais on ne sait pas vraiment, pas vrai ?) et la lente descente aux enfers du couple. C'est traité presque cliniquement, on verra chaque étape progressivement affecter ces gens sans histoires.
Il y a quelques détails moins bien traités, comme l'association de parents d'enfants enlevés, dont certains membres semblent paranoïaques quand on écoute leur histoire, mais disons que ça permet d'englober tout les styles littéraires qui utilisent ce trope commun. D'autre part, je trouve que malgré la fin assez touchante qui semble tendre vers une explication, l'ensemble s'est arrêté à un "réalisme" concret : comment ça serait si ? L'histoire ne parle jamais vraiment d'autre choses, il n'y a pas de métaphore qui pourrait englober l'ensemble et extrapoler l'histoire vers autre chose. C'est le gros reproche que je ferais à la BD qui rate l'opportunité de développer son propos en plus grand.
Mais pour le reste, la BD réussie son ambiance et son propos. Certaines scènes sont horriblement dures à voir, et la BD ne se prive pas de finir sur une touche aussi sombre que le reste. A peine surnagent quelques moments qui pourraient presque sembler heureux.
Soyez prévenus de la teneur avant de la lire, mais je trouve qu'elle vaut le coup tout de même. Personnellement j'ai été entrainée dedans et j'ai eu du mal à la lâcher. Une belle découverte !
C’est ma première incursion dans l’univers de Mutafukaz – mais cette série peut se suffire à elle-même, ne pas connaitre la série mère ne m’a pas gêné. Et c’est plutôt une bonne pioche, qui m’a donné envie d’aller plus loin et de lire Mutafukaz.
C’est par Neyef que je suis arrivé là, après la lecture du très beau Hoka Hey !. Si son dessin est un peu différent ici (mais l’univers carcéral qui occupe le premier tiers est très éloigné des grands espaces de Hoka Hey ! !), je l’ai encore bien aimé. Comme j’ai apprécié la colorisation.
L’histoire est violente, très crue, très dynamique aussi, c’est son point fort. Du rythme, et un personnage que l’on suit à travers ses « mues ». En effet, son aspect et son caractère évolue au fur et à mesure qu’il intègre différents groupes – en prison ou ensuite. L’intrigue est bien fichue. J’ai juste moins apprécié la dernière partie (les 20/30 dernières pages, lorsqu’il semble rencontrer la foi, et lorsqu’il devient catcheur - moins fan du dessin aussi, avec ce corps trop bodybuildé), c’est dommage, mais ça n’enlève rien au plaisir de lecture global.
Note réelle 3,5/5.
Parker Girls est un one shot qui reprend les personnages de la série principale Strangers in Paradise, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu pour comprendre et apprécier ce spin-off. D'ailleurs le style de récit est bien différent, le roman graphique axé sur les relations humaines laisse place à un pur polar : le corps sans vie d'une des Parker Girls est retrouvé sur une plage de Malibu. Le reste de l'organisation mettra tout en oeuvre pour élucider le meurtre, retrouver le coupable et lui faire payer comme il se doit.
Tout fonctionne à merveille dans ce récit. L'univers est bien trouvé, l'idée de mettre en scène une organisation du crime menée uniquement par des femmes dures à cuire est originale et amusante à la fois. Le ton est également très bon : une touche d'humour, une pointe de cynisme et quelques répliques biens senties rythment efficacement le récit. Le découpage de l'intrigue est juste comme on les aimes dans les polars : les chapitres se finnissent régulièrement par un rebondissement qui donne envie d'enchainer le chapitre suivant. Et enfin le scénario en lui-même est efficace. On se laisse porter par l'intrigue jusqu'a son dénouement, même si on est pas trop inquiet pour notre équipe, la façon dont elles mènent cette enquête est plutôt prenante.
Le seul petit bémol serait peut être le nombre important de personnages féminins qu'on ne distingue pas forcément du premier coup d'oeil quand on ne les connait pas. Mais c'est pour chipoter car les 220 pages de cet album se dévorent d'une traite.
Du bon western.
Un gros album de 192 pages divisé en trois chapitres, les deux premiers se déroulent dans l'ouest encore sauvage de l'État du Texas et le dernier se poursuit dans l'Est civilisé de la ville de New-York.
Nous sommes au tout début du XXe siècle, en 1901, James Jennings, dit J.J., est un pied tendre qui travaille pour un cabinet d'avocat new-yorkais, il doit traiter une affaire d'héritage dans la petite ville de Fairdale au fin fond du Far West où le juge Duel fait campagne pour être élu gouverneur. Mais notre homme de la loi cache bien son jeux, c'est une fine gâchette et il fait mouche à chaque fois avec son Borchardt.
Deux premiers chapitres qui restent dans les standards du genre, rien de bien innovant mais un récit captivant et bien mené. De plus, les personnages apportent un petit plus à l'intrigue, un petit groupe hétéroclite et très sympathique.
La dernière partie va se concentrer sur le domaine de la bourse et de ses magouilles.
Manfredi retranscrit très bien cette période Historique, la violence de l'ouest, la transition d'une société vers la modernité, le capitalisme naissant ("Je ne sais pas trop... faire de l'argent avec de l'argent... ça me paraît absurde..."), tout en pointant la condition des noirs, mais aussi celle des amérindiens Mescaleros et des mexicains.
Un dessin classique dans le pur style western au trait gras, expressif et dynamique mais qui nécessite un minimum de concentration en début de lecture pour reconnaître certains des personnages, une colorisation sombre sur de nombreuses planches et des protagonistes se ressemblent (le shérif et J.J.).
Une mise en scène cinématographique.
Du beau travail.
Un bon western.
Ambre et Lucas sont lycéens dans la même classe mais tout les sépare. La première est la star de son lycée, charismatique et célèbre pour les soirées qu'elle organise dans son grand appartement, l'autre est un geek et musicien, avec le même petit groupe d'amis depuis la primaire. Mais quand tous les deux vont être aspergés par un produit mystérieux qui les transforme en monstres, ils vont devoir se soutenir mutuellement pour cacher leur secret et découvrir comment redevenir normaux.
C'est une série pour ados qui se lit avec plaisir par les adultes. Elle reprend un concept assez éculé, celui des origines de pas mal de super-héros qui gagnent leurs pouvoirs en étant éclaboussé d'un produit toxique. Sauf que cette fois là, le pouvoir en question consiste pour l'une à se transformer en loup-garou et l'autre en vampire. Et on constatera plus tard que d'autres créatures fantastiques sont aussi concernées par ces métamorphoses.
Très vite on s'amuse de voir ces deux jeunes subir leur transformation sans savoir la gérer. D'un côté, on a la greluche populaire qui est terrifiée à l'idée de voir des poils lui pousser partout en public et qui ne maîtrise pas ses poussées de violence instinctive. De l'autre, on a l'intello qui analyse bien davantage ce qui lui arrive et fait rapidement le rapprochement avec les pouvoirs d'un vampire, mais qui se retrouve à fuir le soleil et à écumer les boucheries pour acheter du sang à boire. Et assez rapidement, les deux sont plongés dans l'action puisque les créateurs de cette substance mystérieuse sont au courant de leur existence et n'apprécient pas qu'ils se soient appropriés les pouvoirs qu'ils réservaient à d'autres destinataires.
Malgré la simplicité de son concept, j'ai trouvé cette série prenante et très agréable. Le dessin de Jonathan Aucomte fonctionne bien : dynamique, expressif et joliment colorisé. J'apprécie son sens du rythme et du découpage, ainsi que l'efficacité de ses quelques touches d'humour. Les personnages ont beau avoir l'air de gros stéréotypes au départ, ils révèlent une profondeur bien plus intéressante, que ce soit le geek et ses vieux amis avec qui ils ont monté un groupe de rock, ou l'apparente petite peste trop gâtée dont on découvre la sensibilité et le rôle social qu'elle s'est forcée à endosser. Leurs dialogues et réactions sonnent juste, réfléchis. Et l'intrigue en elle-même capte bien le lecteur, avec le classique passage de la découverte des pouvoirs, puis l'enquête, les adversaires qu'ils vont rencontrer et le mystère qui se dévoile peu à peu avec la promesse de rencontrer d'autres créatures dans leur genre.
Tout ça pour dire que je me suis laissé embarquer par cette série d'action, de fantastique et de divertissement, avec une petite dose de sentiments et d'humour. Vivement la suite !
Comment ? Les Américains n'auraient pas seulement été nos libérateurs en 1944 ? Ils auraient aussi été nos violeurs ? C'est la vérité historique souvent oubliée que cette bande dessinée a le mérite de remettre en évidence, et cela fait toujours du bien quand on prend le temps de rappeler que l'Histoire n'est jamais constituée d'événements tout noirs ou tout blancs. Ici, Chacma s'y entend assez bien, sans polémique, mais avec l'assurance de l'auteur qui a bien travaillé son sujet (le cahier historique en fin d'album le prouve). En mettant en scène des soldats américains avinés et prompts au viol et au meurtre, ainsi qu'un Obersturmführer SS étonnamment sympathique, l'auteur ne cherche pas à renverser la vision historique traditionnelle, mais à nuancer les images d'Epinal qu'on a souvent sur cette époque. Non, tous les Américains n'étaient pas des sauveurs, et non, tous les Allemands n'étaient pas des racistes antisémites convaincus. C'est assez évident, mais à une époque fort encline aux raccourcis idéologiques, on apprécie toujours l'effort de nuance.
Mais tout l'intérêt de cette bande dessinée ne repose pas sur la représentation nuancée de certains archétypes historiques. Chacma prend aussi le temps de construire une solide intrigue policière. Si, parfois, on pourra trouver certaines ficelles un peu grosses, j'ai, pour ma part, beaucoup apprécié le récit et ses méandres, jusqu'à une fausse piste franchement bien menée, qui ajoute une belle profondeur à certains personnages. Dans l'ensemble, si le twist final ne surprend pas forcément complètement (encore que l'effet de surprise y est bien ménagé), il touche au plus profond du cœur, preuve que l'auteur a savamment construit l'ensemble des personnages, principaux ou secondaires.
Enfin, le dessin de Holgado est efficace, rigoureux et réaliste, créant une belle ambiance, sombre mais pas excessivement glauque. Et il ne serait rien sans la magnifique colorisation de Léa Chrétien qui donne à cet album une identité graphique et visuelle fort appréciable.
Bref, une excellente surprise à mes yeux, tant sur le plan historique que sur le plan graphique et narratif, qui permet de faire de cette bande dessinée, non pas un chef-d'œuvre, mais un one-shot très solide, qui se lit avec un intérêt constant, non dénué d'un dégoût prononcé pour les horreurs qu'il a le mérite de mettre en lumière.
Mes dernières lectures de Davodeau furent décevantes et cette série me réconcilie avec son œuvre. J'ai toujours été riverain d'un grand fleuve (Seine, Loire, Meuse ou Danube), les réflexions et les contemplations de Louis sur les bords d'une Loire faussement apprivoisée ne peuvent que résonner fortement dans mon vécu.
J'ai trouvé l'idée de départ de l'auteur très originale. Cette idée directrice de présence/absence tout au long du récit qui permet à Louis d'évacuer le superficiel pour (re)découvrir l'essentiel de la vie. J'ai senti dans la narration une grande maturité de l'auteur qui comme Louis ne s'encombre pas de ses vieux oripeaux pour plonger dans un bain d'une humanité qui fait corps avec son environnement.
Le parcours de Louis pendant ces quelques jours résume notre parcours entre vie et mort dans une communion non triste avec l'univers où il vit. Sans abandonner son passé (il y a une allusion à la ZAC de ND des Landes) Louis découvre une perception qui le mène au-delà de son matérialisme positif.
Par moment j'ai eu l'impression de me retrouver chez Derib avec une initiation chamanique de Sioux. Davodeau a su créer des personnalités très attachantes autour d'une absence. Mais c'est une fausse absence qui est vide seulement si on ne prend pas le temps d'écouter ce silence comme nous y invite le fleuve.
Les dialogues sont rares mais très judicieux. L'auteur ouvre des portes sur l'écologie mais sans culpabiliser. J'ai trouvé cette proposition très intelligente et bien plus constructive qu'un discours de combat très stigmatisant mais bien limité.
La grande richesse de la série tient dans le formidable graphisme de ces bords de Loire où faune, flore, ouvrages d'art et habitants sont en parfait équilibre harmonique. C'est très contemplatif et d'une beauté saisissante.
Une très belle lecture de paix dans ce monde si bruyant.
J'aime bien les biographies de sportifs. Je trouve que la BD est un médium qui convient particulièrement bien à ce type de récit.
Comme d'autres de mes lectures (Panama al Brown ou Marathon) la série de Reinhard Kleist m'a permis de découvrir un homme qui fut au sommet de son sport avec une personnalité riche d'autres potentialité.
Dans un esprit du temps assez hostile, ces champions ont su vivre leurs aspirations profondes au risque de leur notoriété voire de leur sécurité.
Kleist propose un récit finement équilibré du boxeur Emile Griffith, multi champion du monde, Noir, Homosexuel et styliste de mode féminine.
Un melting pot qui le mettrait au pinacle aujourd'hui dans un équilibre masculin/féminin très poussé dans les deux genres. Il y a 50 ans dans un milieu aussi viril, cette réalité pouvait choquer voire détruire.
Reinhard ne tombe pas dans la facilité victimaire. Au contraire il montre que beaucoup l'ont soutenu toute sa vie (sa mère, son entraineur, son patron).
De même le racisme ou la politique sont peu présents dans l'univers du Griffith de la série. C'est en vivant sa vie de façon authentique voire naïve que Griffith reste un modèle pour abattre les préjugés.
La narration est fluide et bien soutenue par un graphisme très "masculin". Le trait de Reinhard ne fait pas dans les rondeurs mais ses lignes brisées dégagent une forte puissance qui resonne avec les combats extérieurs et intérieurs menés par le champion/homme.
Une belle lecture à la fois récréative et porteuse de sens. 3.5
J'ai été vraiment pris par l'histoire de Largo Winch. C'est un orphelin yougoslave qui devient milliardaire du jour au lendemain. Les rebondissements sont nombreux et chaque tome apporte son lot de surprises.
Les personnages secondaires ajoutent une belle profondeur à l'histoire. Simon, Freddy, Cochrane... ils rendent l'aventure plus vivante et plus humaine.
Le trait de Philippe Francq est détaillé et les couleurs sont vives. Cela donne beaucoup de dynamisme aux planches et rend la lecture agréable.
Même si le monde de la finance peut sembler complexe, la série rend ces concepts accessibles. J'ai appris des choses sur les holdings et les OPA, ce qui est un plus inattendu.
En lisant cette BD, j'ai ressenti une grande admiration pour la façon dont l'histoire est racontée. C'est une série qui ne prend pas la tête et qui assure un bon moment de détente. Je me suis attaché à Largo et à son univers, malgré quelques clichés. C'est une lecture que je recommande pour ceux qui aiment les histoires d'aventure avec une touche d'humour et d'action.
La série Thorgal m'a vraiment impressionné par son mélange unique de genres, combinant habilement des éléments de science-fiction avec la mythologie nordique et les aventures vikings. Le personnage principal, Thorgal, est attachant et ses quêtes sont à la fois épiques et personnelles, ce qui rend la lecture très agréable.
Les personnages sont bien développés, en particulier Thorgal et Aaricia, dont la relation est touchante et centrale à l'histoire.
L'intrigue est complexe et bien construite, avec des rebondissements qui maintiennent l'intérêt tout au long des tomes.
Le travail artistique est superbe, avec une évolution notable du style de dessin qui s'améliore au fil des albums.
J'ai été ému par les thèmes abordés, tels que l'identité, la famille et le destin, qui donnent une réelle profondeur à l'histoire.
Thorgal est donc une série que je recommande vivement pour son originalité et sa capacité à transporter le lecteur dans un univers riche et fascinant. Je ne donne pas la note maximale car, bien que la série soit globalement excellente, certains tomes m'ont semblé moins prenants que d'autres. Néanmoins, c'est une expérience de lecture que j'ai beaucoup appréciée.
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Il ne faut pas se fier aux apparences, cette BD est franchement sombre voir désespérée. Partant de cette idée originale de voir la vie des parents de ces enfants qui partent explorer un monde merveilleux et vivre des aventures palpitantes (on a de nombreuses possibilités d'histoires derrière, comme souligné dans la BD), la BD plonge rapidement dans le sérieux et le sombre. C'est une lente agonie de parents dépossédés de leur enfant, de moyens d'actions et progressivement de vie sociale. Ostracisé car suspects, sans doute meurtriers ou cachant quelque ignoble crime dans leur cave, qui sait ? La BD file son sujet, avec la police débordée, la douleur des parents mais surtout une pression sociale parce que, quand même, qui sait ce qu'ils ont fait ? C'est le fil rouge de l'histoire, l'aspect social. Avec ce complotiste qui vient débattre à la radio chaque jour, gagnant en audience au fil des disparitions, les interviews de voisins qui n'ont jamais rien vu (mais on ne sait pas vraiment, pas vrai ?) et la lente descente aux enfers du couple. C'est traité presque cliniquement, on verra chaque étape progressivement affecter ces gens sans histoires. Il y a quelques détails moins bien traités, comme l'association de parents d'enfants enlevés, dont certains membres semblent paranoïaques quand on écoute leur histoire, mais disons que ça permet d'englober tout les styles littéraires qui utilisent ce trope commun. D'autre part, je trouve que malgré la fin assez touchante qui semble tendre vers une explication, l'ensemble s'est arrêté à un "réalisme" concret : comment ça serait si ? L'histoire ne parle jamais vraiment d'autre choses, il n'y a pas de métaphore qui pourrait englober l'ensemble et extrapoler l'histoire vers autre chose. C'est le gros reproche que je ferais à la BD qui rate l'opportunité de développer son propos en plus grand. Mais pour le reste, la BD réussie son ambiance et son propos. Certaines scènes sont horriblement dures à voir, et la BD ne se prive pas de finir sur une touche aussi sombre que le reste. A peine surnagent quelques moments qui pourraient presque sembler heureux. Soyez prévenus de la teneur avant de la lire, mais je trouve qu'elle vaut le coup tout de même. Personnellement j'ai été entrainée dedans et j'ai eu du mal à la lâcher. Une belle découverte !
Mutafukaz - Puta Madre
C’est ma première incursion dans l’univers de Mutafukaz – mais cette série peut se suffire à elle-même, ne pas connaitre la série mère ne m’a pas gêné. Et c’est plutôt une bonne pioche, qui m’a donné envie d’aller plus loin et de lire Mutafukaz. C’est par Neyef que je suis arrivé là, après la lecture du très beau Hoka Hey !. Si son dessin est un peu différent ici (mais l’univers carcéral qui occupe le premier tiers est très éloigné des grands espaces de Hoka Hey ! !), je l’ai encore bien aimé. Comme j’ai apprécié la colorisation. L’histoire est violente, très crue, très dynamique aussi, c’est son point fort. Du rythme, et un personnage que l’on suit à travers ses « mues ». En effet, son aspect et son caractère évolue au fur et à mesure qu’il intègre différents groupes – en prison ou ensuite. L’intrigue est bien fichue. J’ai juste moins apprécié la dernière partie (les 20/30 dernières pages, lorsqu’il semble rencontrer la foi, et lorsqu’il devient catcheur - moins fan du dessin aussi, avec ce corps trop bodybuildé), c’est dommage, mais ça n’enlève rien au plaisir de lecture global. Note réelle 3,5/5.
Parker Girls
Parker Girls est un one shot qui reprend les personnages de la série principale Strangers in Paradise, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu pour comprendre et apprécier ce spin-off. D'ailleurs le style de récit est bien différent, le roman graphique axé sur les relations humaines laisse place à un pur polar : le corps sans vie d'une des Parker Girls est retrouvé sur une plage de Malibu. Le reste de l'organisation mettra tout en oeuvre pour élucider le meurtre, retrouver le coupable et lui faire payer comme il se doit. Tout fonctionne à merveille dans ce récit. L'univers est bien trouvé, l'idée de mettre en scène une organisation du crime menée uniquement par des femmes dures à cuire est originale et amusante à la fois. Le ton est également très bon : une touche d'humour, une pointe de cynisme et quelques répliques biens senties rythment efficacement le récit. Le découpage de l'intrigue est juste comme on les aimes dans les polars : les chapitres se finnissent régulièrement par un rebondissement qui donne envie d'enchainer le chapitre suivant. Et enfin le scénario en lui-même est efficace. On se laisse porter par l'intrigue jusqu'a son dénouement, même si on est pas trop inquiet pour notre équipe, la façon dont elles mènent cette enquête est plutôt prenante. Le seul petit bémol serait peut être le nombre important de personnages féminins qu'on ne distingue pas forcément du premier coup d'oeil quand on ne les connait pas. Mais c'est pour chipoter car les 220 pages de cet album se dévorent d'une traite.
L'Homme de la loi
Du bon western. Un gros album de 192 pages divisé en trois chapitres, les deux premiers se déroulent dans l'ouest encore sauvage de l'État du Texas et le dernier se poursuit dans l'Est civilisé de la ville de New-York. Nous sommes au tout début du XXe siècle, en 1901, James Jennings, dit J.J., est un pied tendre qui travaille pour un cabinet d'avocat new-yorkais, il doit traiter une affaire d'héritage dans la petite ville de Fairdale au fin fond du Far West où le juge Duel fait campagne pour être élu gouverneur. Mais notre homme de la loi cache bien son jeux, c'est une fine gâchette et il fait mouche à chaque fois avec son Borchardt. Deux premiers chapitres qui restent dans les standards du genre, rien de bien innovant mais un récit captivant et bien mené. De plus, les personnages apportent un petit plus à l'intrigue, un petit groupe hétéroclite et très sympathique. La dernière partie va se concentrer sur le domaine de la bourse et de ses magouilles. Manfredi retranscrit très bien cette période Historique, la violence de l'ouest, la transition d'une société vers la modernité, le capitalisme naissant ("Je ne sais pas trop... faire de l'argent avec de l'argent... ça me paraît absurde..."), tout en pointant la condition des noirs, mais aussi celle des amérindiens Mescaleros et des mexicains. Un dessin classique dans le pur style western au trait gras, expressif et dynamique mais qui nécessite un minimum de concentration en début de lecture pour reconnaître certains des personnages, une colorisation sombre sur de nombreuses planches et des protagonistes se ressemblent (le shérif et J.J.). Une mise en scène cinématographique. Du beau travail. Un bon western.
Métamorphes
Ambre et Lucas sont lycéens dans la même classe mais tout les sépare. La première est la star de son lycée, charismatique et célèbre pour les soirées qu'elle organise dans son grand appartement, l'autre est un geek et musicien, avec le même petit groupe d'amis depuis la primaire. Mais quand tous les deux vont être aspergés par un produit mystérieux qui les transforme en monstres, ils vont devoir se soutenir mutuellement pour cacher leur secret et découvrir comment redevenir normaux. C'est une série pour ados qui se lit avec plaisir par les adultes. Elle reprend un concept assez éculé, celui des origines de pas mal de super-héros qui gagnent leurs pouvoirs en étant éclaboussé d'un produit toxique. Sauf que cette fois là, le pouvoir en question consiste pour l'une à se transformer en loup-garou et l'autre en vampire. Et on constatera plus tard que d'autres créatures fantastiques sont aussi concernées par ces métamorphoses. Très vite on s'amuse de voir ces deux jeunes subir leur transformation sans savoir la gérer. D'un côté, on a la greluche populaire qui est terrifiée à l'idée de voir des poils lui pousser partout en public et qui ne maîtrise pas ses poussées de violence instinctive. De l'autre, on a l'intello qui analyse bien davantage ce qui lui arrive et fait rapidement le rapprochement avec les pouvoirs d'un vampire, mais qui se retrouve à fuir le soleil et à écumer les boucheries pour acheter du sang à boire. Et assez rapidement, les deux sont plongés dans l'action puisque les créateurs de cette substance mystérieuse sont au courant de leur existence et n'apprécient pas qu'ils se soient appropriés les pouvoirs qu'ils réservaient à d'autres destinataires. Malgré la simplicité de son concept, j'ai trouvé cette série prenante et très agréable. Le dessin de Jonathan Aucomte fonctionne bien : dynamique, expressif et joliment colorisé. J'apprécie son sens du rythme et du découpage, ainsi que l'efficacité de ses quelques touches d'humour. Les personnages ont beau avoir l'air de gros stéréotypes au départ, ils révèlent une profondeur bien plus intéressante, que ce soit le geek et ses vieux amis avec qui ils ont monté un groupe de rock, ou l'apparente petite peste trop gâtée dont on découvre la sensibilité et le rôle social qu'elle s'est forcée à endosser. Leurs dialogues et réactions sonnent juste, réfléchis. Et l'intrigue en elle-même capte bien le lecteur, avec le classique passage de la découverte des pouvoirs, puis l'enquête, les adversaires qu'ils vont rencontrer et le mystère qui se dévoile peu à peu avec la promesse de rencontrer d'autres créatures dans leur genre. Tout ça pour dire que je me suis laissé embarquer par cette série d'action, de fantastique et de divertissement, avec une petite dose de sentiments et d'humour. Vivement la suite !
MP - Police Militaire
Comment ? Les Américains n'auraient pas seulement été nos libérateurs en 1944 ? Ils auraient aussi été nos violeurs ? C'est la vérité historique souvent oubliée que cette bande dessinée a le mérite de remettre en évidence, et cela fait toujours du bien quand on prend le temps de rappeler que l'Histoire n'est jamais constituée d'événements tout noirs ou tout blancs. Ici, Chacma s'y entend assez bien, sans polémique, mais avec l'assurance de l'auteur qui a bien travaillé son sujet (le cahier historique en fin d'album le prouve). En mettant en scène des soldats américains avinés et prompts au viol et au meurtre, ainsi qu'un Obersturmführer SS étonnamment sympathique, l'auteur ne cherche pas à renverser la vision historique traditionnelle, mais à nuancer les images d'Epinal qu'on a souvent sur cette époque. Non, tous les Américains n'étaient pas des sauveurs, et non, tous les Allemands n'étaient pas des racistes antisémites convaincus. C'est assez évident, mais à une époque fort encline aux raccourcis idéologiques, on apprécie toujours l'effort de nuance. Mais tout l'intérêt de cette bande dessinée ne repose pas sur la représentation nuancée de certains archétypes historiques. Chacma prend aussi le temps de construire une solide intrigue policière. Si, parfois, on pourra trouver certaines ficelles un peu grosses, j'ai, pour ma part, beaucoup apprécié le récit et ses méandres, jusqu'à une fausse piste franchement bien menée, qui ajoute une belle profondeur à certains personnages. Dans l'ensemble, si le twist final ne surprend pas forcément complètement (encore que l'effet de surprise y est bien ménagé), il touche au plus profond du cœur, preuve que l'auteur a savamment construit l'ensemble des personnages, principaux ou secondaires. Enfin, le dessin de Holgado est efficace, rigoureux et réaliste, créant une belle ambiance, sombre mais pas excessivement glauque. Et il ne serait rien sans la magnifique colorisation de Léa Chrétien qui donne à cet album une identité graphique et visuelle fort appréciable. Bref, une excellente surprise à mes yeux, tant sur le plan historique que sur le plan graphique et narratif, qui permet de faire de cette bande dessinée, non pas un chef-d'œuvre, mais un one-shot très solide, qui se lit avec un intérêt constant, non dénué d'un dégoût prononcé pour les horreurs qu'il a le mérite de mettre en lumière.
Loire
Mes dernières lectures de Davodeau furent décevantes et cette série me réconcilie avec son œuvre. J'ai toujours été riverain d'un grand fleuve (Seine, Loire, Meuse ou Danube), les réflexions et les contemplations de Louis sur les bords d'une Loire faussement apprivoisée ne peuvent que résonner fortement dans mon vécu. J'ai trouvé l'idée de départ de l'auteur très originale. Cette idée directrice de présence/absence tout au long du récit qui permet à Louis d'évacuer le superficiel pour (re)découvrir l'essentiel de la vie. J'ai senti dans la narration une grande maturité de l'auteur qui comme Louis ne s'encombre pas de ses vieux oripeaux pour plonger dans un bain d'une humanité qui fait corps avec son environnement. Le parcours de Louis pendant ces quelques jours résume notre parcours entre vie et mort dans une communion non triste avec l'univers où il vit. Sans abandonner son passé (il y a une allusion à la ZAC de ND des Landes) Louis découvre une perception qui le mène au-delà de son matérialisme positif. Par moment j'ai eu l'impression de me retrouver chez Derib avec une initiation chamanique de Sioux. Davodeau a su créer des personnalités très attachantes autour d'une absence. Mais c'est une fausse absence qui est vide seulement si on ne prend pas le temps d'écouter ce silence comme nous y invite le fleuve. Les dialogues sont rares mais très judicieux. L'auteur ouvre des portes sur l'écologie mais sans culpabiliser. J'ai trouvé cette proposition très intelligente et bien plus constructive qu'un discours de combat très stigmatisant mais bien limité. La grande richesse de la série tient dans le formidable graphisme de ces bords de Loire où faune, flore, ouvrages d'art et habitants sont en parfait équilibre harmonique. C'est très contemplatif et d'une beauté saisissante. Une très belle lecture de paix dans ce monde si bruyant.
Knock out !
J'aime bien les biographies de sportifs. Je trouve que la BD est un médium qui convient particulièrement bien à ce type de récit. Comme d'autres de mes lectures (Panama al Brown ou Marathon) la série de Reinhard Kleist m'a permis de découvrir un homme qui fut au sommet de son sport avec une personnalité riche d'autres potentialité. Dans un esprit du temps assez hostile, ces champions ont su vivre leurs aspirations profondes au risque de leur notoriété voire de leur sécurité. Kleist propose un récit finement équilibré du boxeur Emile Griffith, multi champion du monde, Noir, Homosexuel et styliste de mode féminine. Un melting pot qui le mettrait au pinacle aujourd'hui dans un équilibre masculin/féminin très poussé dans les deux genres. Il y a 50 ans dans un milieu aussi viril, cette réalité pouvait choquer voire détruire. Reinhard ne tombe pas dans la facilité victimaire. Au contraire il montre que beaucoup l'ont soutenu toute sa vie (sa mère, son entraineur, son patron). De même le racisme ou la politique sont peu présents dans l'univers du Griffith de la série. C'est en vivant sa vie de façon authentique voire naïve que Griffith reste un modèle pour abattre les préjugés. La narration est fluide et bien soutenue par un graphisme très "masculin". Le trait de Reinhard ne fait pas dans les rondeurs mais ses lignes brisées dégagent une forte puissance qui resonne avec les combats extérieurs et intérieurs menés par le champion/homme. Une belle lecture à la fois récréative et porteuse de sens. 3.5
Largo Winch
J'ai été vraiment pris par l'histoire de Largo Winch. C'est un orphelin yougoslave qui devient milliardaire du jour au lendemain. Les rebondissements sont nombreux et chaque tome apporte son lot de surprises. Les personnages secondaires ajoutent une belle profondeur à l'histoire. Simon, Freddy, Cochrane... ils rendent l'aventure plus vivante et plus humaine. Le trait de Philippe Francq est détaillé et les couleurs sont vives. Cela donne beaucoup de dynamisme aux planches et rend la lecture agréable. Même si le monde de la finance peut sembler complexe, la série rend ces concepts accessibles. J'ai appris des choses sur les holdings et les OPA, ce qui est un plus inattendu. En lisant cette BD, j'ai ressenti une grande admiration pour la façon dont l'histoire est racontée. C'est une série qui ne prend pas la tête et qui assure un bon moment de détente. Je me suis attaché à Largo et à son univers, malgré quelques clichés. C'est une lecture que je recommande pour ceux qui aiment les histoires d'aventure avec une touche d'humour et d'action.
Thorgal
La série Thorgal m'a vraiment impressionné par son mélange unique de genres, combinant habilement des éléments de science-fiction avec la mythologie nordique et les aventures vikings. Le personnage principal, Thorgal, est attachant et ses quêtes sont à la fois épiques et personnelles, ce qui rend la lecture très agréable. Les personnages sont bien développés, en particulier Thorgal et Aaricia, dont la relation est touchante et centrale à l'histoire. L'intrigue est complexe et bien construite, avec des rebondissements qui maintiennent l'intérêt tout au long des tomes. Le travail artistique est superbe, avec une évolution notable du style de dessin qui s'améliore au fil des albums. J'ai été ému par les thèmes abordés, tels que l'identité, la famille et le destin, qui donnent une réelle profondeur à l'histoire. Thorgal est donc une série que je recommande vivement pour son originalité et sa capacité à transporter le lecteur dans un univers riche et fascinant. Je ne donne pas la note maximale car, bien que la série soit globalement excellente, certains tomes m'ont semblé moins prenants que d'autres. Néanmoins, c'est une expérience de lecture que j'ai beaucoup appréciée.