Capucine raconte sa grossesse de semaine en semaine, avec les joies, les angoisses, les fausses alertes, les tests, les nouveaux vêtements à acheter, les échographies, les mouvements du bébé, et finalement l'accouchement. La BD autobiographique se décline désormais au féminin, pour le plus grand plaisir des lecteurs des deux sexes. C'est souvent drôle, mais c'est surtout très beau.
Vous voulez rire ? Alors pas d’hésitation, cette bd est pour vous.
On y trouve vraiment de tout. De l’aventure avec les voyages dans le temps, de l’action avec des transformations physiques, du suspens avec la question fatidique : quelle arme utilise Henriette pour détruire la terre, de l’amour avec la rencontre de magnifiques créatures du passé.
Mais aussi cette histoire, qui est bien écrit cela dit en passant, me semble avoir de nombreuses similitudes avec la formidable série qu’est Valérian du talentueux Mézières.
Alors oser comparer ces deux séries qui n’ont, c’est vrai, absolument rien à voir au niveau du dessin, peut paraître grotesque à première vue, mais c’est bien cela qu’il s’agit, il ne faut pas s’arrêter à la première lecture, il faut être attentif aux détails, et là, vous verrez tout comme moi, que vous avez entre les mains un véritable petit chef-d’œuvre qui ne demande qu’à prendre de la bouteille.
Pour finir, l’éditeur qui ne paraît pas être radin, offre en fin d’album un cahier de dessins de 25 pages contenant des croquis, des dessins inédits et un entretien avec l’auteur Michel Achard.
Plus qu’un coup de coeur, c’est un must du rire.
Alors là, j'ai vraiment été séduit!
Cette BD a certes certains (petits défauts) de jeunesse, notamment, comme l'a mentionné Ro, un trait parfois approximatif dans le traitement des visages.
Mais, pour moi, ces légers travers ne sont rien à côté du talent de l'auteur, que je trouve remarquable et très prometteur. Enfin une BD de combat aérien pleine de vie, traitée avec une vision très cinématographique dans sa mise en cases, servies par des couleurs riches et innovantes. J'ai également énormément apprécié le fait que l'auteur, visiblement un grand connaisseur des vieux coucous, ne fasse pas de son oeuvre un traité d'expertise, et que la connaissance reste toujours au second plan par rapport à l'action.
Même si cela reste encore embryonnaire ici, il y a également, me semble-t-il, un bon rendement des émotions (je suis resté scotché plusieurs minutes sur le regard plein de tristesse/mélancolie que lance l'as allemand à l'Américain qui vient de l'abattre) et le scénario est somme toute bien conçu, avec un beau tour de force en bouclant la boucle sur la dernière historiette.
J'espère que l'auteur produira d'autres bijoux du même acabit, et sur des thèmes similaires. Buck Danny et sa poussière viennent de prendre une grosse, grosse baffe !
Qu'est-ce que la dépression ? Comment la représenter en BD ? Sur les traces de David B. qui donnait à la maladie de son frère les traits d'un serpent à pattes, Capucine représente la dépression de Marilou sous forme d'un monstre possesseur et envahissant, l'empêchant de vivre sa vie. Mais qui est ce monstre ? Il est tantôt extérieur, tantôt intérieur ; tantôt indispensable et tantôt menaçant, tantôt familier et tantôt étranger. Parfois le monstre disparaît et c'est Marilou qui se voit elle-même comme un monstre, exprimant ainsi son mal-être. Capucine et Olivier Ka explorent dans le Philibert de Marilou certains recoins de l'âme humaine. Ce n'est pas très joli, mais c'est admirablement bien raconté et dessiné.
J’ai été littéralement subjugué par cette bande dessinée qui sort des sentiers archi-battus de l'héroïc-fantasy de "Soleil".
De prime abord la couverture tranche avec les séries stéréotypées de chez "Soleil". Fini les blondes genre bimbos, place à la grâce et à la finesse. Pour ceux qui ont eu "les inédits d'héroïc-fantasy" de Soleil, vous pouvez admirer une couverture non retenue du tome 1.
Sinon, c'est évident qu'une certaine unité se dégage de la production de cette maison d'édition avec ici, la maladie mystérieuse liée au "Feul" et celle liée au "Veill" de La Geste des Chevaliers Dragons. Le scénario débute tragiquement et le désespoir de cette quête contre la maladie se sent tout au long de l'aventure.
Une course contre la montre, une course contre le temps, contre l'indifférence... un plaidoyer pour la tolérance qui est sous-jacent dans cette bd, servi par un dessin qui est tout, sauf labellisé "héroïc-fantasy".
Un petit chef-d’oeuvre dont j'attends la suite avec impatience.
J'ai découvert Riad Satouff avec "Retour au collège", et je ne m'en plains pas!
Cette BD m'a réellement fait rire, certains passages sont géniaux, par exemple les passages où il se rappelle ses années de collège. J'ai rarement autant ri devant une BD (à part devant du Gotlib mais c'est une autre histoire...).
De plus je trouve le concept vraiment intéressant. Si cette BD n'est pas un documentaire, elle s'en rapproche quand même. Disons que c'est une immersion (humoristique certes). J'ai été jeune il y a peu de temps, et je peux vraiment dire que les portraits que nous brossent Satouff sont loin de la caricature gratuite. Tout juste exagère-t-il le trait, mais la plupart des collégiens sont VRAIMENT comme ça. Je pense que ça pourrait être instructif pour tout le monde.
Mais n'oublions pas ce qui fait l'essence de cette BD: une oeuvre cathartique destinée à chasser les vieux démons de la pré-adolescence. En effectuant ce travail, Satouff nous offre une oeuvre hilarante et qui peut nous parler à tous. Pas un chef-d'oeuvre, mais il n'empêche que je le relirai plusieurs fois avec plaisir...
C'est grâce à BDthèque que j'ai appris l'existence de cette série, c'est grâce aux avis tous plus dythirambiques les uns que les autres que je m'y suis lancé, et c'est maintenant après plus d'un an d'une interminable lecture entrecoupée de longues coupures que fais part de mes sentiments sur les "Passagers du vent".
Le maître-mot est avant tout: bluffant. Jamais je n'aurais cru qu'on pouvait faire de la bande-dessinée de la sorte. Une série courte -cinq tomes, pas plus- pour une histoire qui peut s'apparenter à une tranche de vie d'une galerie de personnages.
L'esprit de cette série exprime le grand large, l'Océan avec un grand O. Le parfum de l'aventure transporté par les alizées. Et en effet, on ne quitte jamais les grands navires, et l'on ne s'éloigne jamais trop des ports, de la mer. La série commence par l'image du l'océan, et se termine de même. Comme si tout revenait à l'Océan. Comme si tous les personnages étaient prisonniers de l'appel du large. Ils sont bien les "passagers du vent", et ce bien souvent contre leur gré.
Cette série a le goût d'une tragédie grecque. Le poids du Destin pèse plus que toute autre chose sur les protagnistes de ce ballet de pantonymes. Ils ne sont pas les maîtres de leur vie, et un rien suffit pour que leur existence bascule du meilleur vers le pire. Jouets d'une Destinée aveugle et froide plus que cruelle, nos héros ne peuvent que combattre ou s'accomoder de leurs mésaventures, et leurs efforts pour influer sur le cours des choses se révèlent souvent vains ou à côté du but initial.
Face à des événements qu'ils ne choisissent pas, qu'ils refusent parfois, nos héros ne peuvent opposer que l'amitié et l'amour. Amitié parfois trahie, amour souvent brutal, érotisme par moment vulgaire, humour désespéré ou blasé. Paradoxe des sentiments et des comportements, comme quoi même leur coeur n'est pas à l'abris de soubresauts. C'est sans doute cela qui les rend tellement humains.
Leurs aventures en mer sur les vaisseaux de guerre ou les négriers, en Angleterre, sur les côtes africaines, je ne les oublierai sans doute pas. La fin de la série surprend, mais elle emplit de joie car on comprend qu'en fin de compte, "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir".
Ce qui m'empêche de qualifier cette série de "culte", c'est sans doute le fait qu'Isa soit trop en avance sur ses contemporains sur la question de l'esclavage, et peut-être le déroulement du récit parfois trop confus.
Mais cette série, malgré son âge, n'a pas vieilli, les dessins restent somptueux, et le fond toujours aussi fort. La documentation annexe est très intéressante. "Les Passagers du vent", une série-phare, à lire et à relire.
Criminal Macabre, ou retour aux sources.
Car pour être franc, le vampire de base ça se tue comme un boucher le ferait, pas de classe, pas de costume de héros de comics, un flingue et ça va! D'ailleurs le héros le dit lui-même "Je ne connais rien sur cette terre qu'un bon coup de fusil ne puisse buter", ou un truc dans le genre...
Pourquoi retour aux sources ? Et bien parce que le héros n'est pas un jeune dandy immortel, mais bien un humain comme les autres (mis à part le fait qu'il voit les morts, on a tous nos faiblesses...), qu'il est alcoolique, toxicomane et qu'après tout il fait son boulot, pas avec plaisir, mais c'est comme ça.
Au moins ça change.
L'ambiance est magnifique, elle marque avec perfection le contraste entre le héros, qui trouve tout à fait normal la tournure que les évènements prennent, et les autres humains (des couillons comme vous et moi) qui refusent de croire au fantastique et qui se bouffent tout ça d'un bloc en une journée montre en main !
Et l'histoire ? Rahh l'histoire ! Génialement menée, classique, on nous sort pas des vampires apocalyptiques, mais bien des vraies rumeurs moyenâgeuses, enfin voilà quoi... retour aux sources.
Le dessin quant à lui, c'est ça qui m'a fait découvrir Templemsith, et là, je ne dirai rien. Le mélange de dessin et de photos est vraiment le style rêvé pour ces histoires glauques, c'est le novateur qui s'oppose à ce retour aux sources, génial quoi !
Et là vous vous demandez certainement pourquoi je n'ai pas mis 5/5 ?
Bug de souris, tout simplement...
J’ai découvert assez tardivement cette série qui tranche avec la production habituelle de "Soleil", celle des quêtes et des bimbos.
Ici, c'est le destin de quatre personnages que l'on suit et dans le présent volume deux d'entre eux vont se revoir pour faire cause commune. Certes, le titre de cet opus est "Olgo" (un des quatre personnages principaux), pourtant à l'image de la couverture (comme celle des trois autres), c'est la belle Sylène qui est toujours mise en avant. Il faut dire que Laurent Sieurac sait particulièrement la mettre en valeur. Le dessin est extrêmement soigné, et le scénario est riche en rebondissements (même si comme certains l'ont écrit précédemment, l'esprit du film "the gang of New York" plane sur cette aventure).
A l'image du très réussi Le Feul, du même scénariste, Jean-Charles Gaudin, les éditions "Soleil" arrivent à nous proposer une bande dessinée hors des canons de l'heroic-fantasy traditionnelle tout en en conservant l'univers.
14/20
Un premier tome qui se lit peut-être vite mais qui est déjà bien consistant. J'ai été carrément charmé par l'exotisme un peu kitsch qui se dégage de cette aventure fantastique. Le dessin très classique rappelle un peu le trait de Gillon. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Une série à suivre de près.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Corps de Rêves
Capucine raconte sa grossesse de semaine en semaine, avec les joies, les angoisses, les fausses alertes, les tests, les nouveaux vêtements à acheter, les échographies, les mouvements du bébé, et finalement l'accouchement. La BD autobiographique se décline désormais au féminin, pour le plus grand plaisir des lecteurs des deux sexes. C'est souvent drôle, mais c'est surtout très beau.
Les Z'aventures du Prince Nunki
Vous voulez rire ? Alors pas d’hésitation, cette bd est pour vous. On y trouve vraiment de tout. De l’aventure avec les voyages dans le temps, de l’action avec des transformations physiques, du suspens avec la question fatidique : quelle arme utilise Henriette pour détruire la terre, de l’amour avec la rencontre de magnifiques créatures du passé. Mais aussi cette histoire, qui est bien écrit cela dit en passant, me semble avoir de nombreuses similitudes avec la formidable série qu’est Valérian du talentueux Mézières. Alors oser comparer ces deux séries qui n’ont, c’est vrai, absolument rien à voir au niveau du dessin, peut paraître grotesque à première vue, mais c’est bien cela qu’il s’agit, il ne faut pas s’arrêter à la première lecture, il faut être attentif aux détails, et là, vous verrez tout comme moi, que vous avez entre les mains un véritable petit chef-d’œuvre qui ne demande qu’à prendre de la bouteille. Pour finir, l’éditeur qui ne paraît pas être radin, offre en fin d’album un cahier de dessins de 25 pages contenant des croquis, des dessins inédits et un entretien avec l’auteur Michel Achard. Plus qu’un coup de coeur, c’est un must du rire.
Le Dernier Envol
Alors là, j'ai vraiment été séduit! Cette BD a certes certains (petits défauts) de jeunesse, notamment, comme l'a mentionné Ro, un trait parfois approximatif dans le traitement des visages. Mais, pour moi, ces légers travers ne sont rien à côté du talent de l'auteur, que je trouve remarquable et très prometteur. Enfin une BD de combat aérien pleine de vie, traitée avec une vision très cinématographique dans sa mise en cases, servies par des couleurs riches et innovantes. J'ai également énormément apprécié le fait que l'auteur, visiblement un grand connaisseur des vieux coucous, ne fasse pas de son oeuvre un traité d'expertise, et que la connaissance reste toujours au second plan par rapport à l'action. Même si cela reste encore embryonnaire ici, il y a également, me semble-t-il, un bon rendement des émotions (je suis resté scotché plusieurs minutes sur le regard plein de tristesse/mélancolie que lance l'as allemand à l'Américain qui vient de l'abattre) et le scénario est somme toute bien conçu, avec un beau tour de force en bouclant la boucle sur la dernière historiette. J'espère que l'auteur produira d'autres bijoux du même acabit, et sur des thèmes similaires. Buck Danny et sa poussière viennent de prendre une grosse, grosse baffe !
Le Philibert de Marilou
Qu'est-ce que la dépression ? Comment la représenter en BD ? Sur les traces de David B. qui donnait à la maladie de son frère les traits d'un serpent à pattes, Capucine représente la dépression de Marilou sous forme d'un monstre possesseur et envahissant, l'empêchant de vivre sa vie. Mais qui est ce monstre ? Il est tantôt extérieur, tantôt intérieur ; tantôt indispensable et tantôt menaçant, tantôt familier et tantôt étranger. Parfois le monstre disparaît et c'est Marilou qui se voit elle-même comme un monstre, exprimant ainsi son mal-être. Capucine et Olivier Ka explorent dans le Philibert de Marilou certains recoins de l'âme humaine. Ce n'est pas très joli, mais c'est admirablement bien raconté et dessiné.
Le Feul
J’ai été littéralement subjugué par cette bande dessinée qui sort des sentiers archi-battus de l'héroïc-fantasy de "Soleil". De prime abord la couverture tranche avec les séries stéréotypées de chez "Soleil". Fini les blondes genre bimbos, place à la grâce et à la finesse. Pour ceux qui ont eu "les inédits d'héroïc-fantasy" de Soleil, vous pouvez admirer une couverture non retenue du tome 1. Sinon, c'est évident qu'une certaine unité se dégage de la production de cette maison d'édition avec ici, la maladie mystérieuse liée au "Feul" et celle liée au "Veill" de La Geste des Chevaliers Dragons. Le scénario débute tragiquement et le désespoir de cette quête contre la maladie se sent tout au long de l'aventure. Une course contre la montre, une course contre le temps, contre l'indifférence... un plaidoyer pour la tolérance qui est sous-jacent dans cette bd, servi par un dessin qui est tout, sauf labellisé "héroïc-fantasy". Un petit chef-d’oeuvre dont j'attends la suite avec impatience.
Retour au collège
J'ai découvert Riad Satouff avec "Retour au collège", et je ne m'en plains pas! Cette BD m'a réellement fait rire, certains passages sont géniaux, par exemple les passages où il se rappelle ses années de collège. J'ai rarement autant ri devant une BD (à part devant du Gotlib mais c'est une autre histoire...). De plus je trouve le concept vraiment intéressant. Si cette BD n'est pas un documentaire, elle s'en rapproche quand même. Disons que c'est une immersion (humoristique certes). J'ai été jeune il y a peu de temps, et je peux vraiment dire que les portraits que nous brossent Satouff sont loin de la caricature gratuite. Tout juste exagère-t-il le trait, mais la plupart des collégiens sont VRAIMENT comme ça. Je pense que ça pourrait être instructif pour tout le monde. Mais n'oublions pas ce qui fait l'essence de cette BD: une oeuvre cathartique destinée à chasser les vieux démons de la pré-adolescence. En effectuant ce travail, Satouff nous offre une oeuvre hilarante et qui peut nous parler à tous. Pas un chef-d'oeuvre, mais il n'empêche que je le relirai plusieurs fois avec plaisir...
Les Passagers du vent
C'est grâce à BDthèque que j'ai appris l'existence de cette série, c'est grâce aux avis tous plus dythirambiques les uns que les autres que je m'y suis lancé, et c'est maintenant après plus d'un an d'une interminable lecture entrecoupée de longues coupures que fais part de mes sentiments sur les "Passagers du vent". Le maître-mot est avant tout: bluffant. Jamais je n'aurais cru qu'on pouvait faire de la bande-dessinée de la sorte. Une série courte -cinq tomes, pas plus- pour une histoire qui peut s'apparenter à une tranche de vie d'une galerie de personnages. L'esprit de cette série exprime le grand large, l'Océan avec un grand O. Le parfum de l'aventure transporté par les alizées. Et en effet, on ne quitte jamais les grands navires, et l'on ne s'éloigne jamais trop des ports, de la mer. La série commence par l'image du l'océan, et se termine de même. Comme si tout revenait à l'Océan. Comme si tous les personnages étaient prisonniers de l'appel du large. Ils sont bien les "passagers du vent", et ce bien souvent contre leur gré. Cette série a le goût d'une tragédie grecque. Le poids du Destin pèse plus que toute autre chose sur les protagnistes de ce ballet de pantonymes. Ils ne sont pas les maîtres de leur vie, et un rien suffit pour que leur existence bascule du meilleur vers le pire. Jouets d'une Destinée aveugle et froide plus que cruelle, nos héros ne peuvent que combattre ou s'accomoder de leurs mésaventures, et leurs efforts pour influer sur le cours des choses se révèlent souvent vains ou à côté du but initial. Face à des événements qu'ils ne choisissent pas, qu'ils refusent parfois, nos héros ne peuvent opposer que l'amitié et l'amour. Amitié parfois trahie, amour souvent brutal, érotisme par moment vulgaire, humour désespéré ou blasé. Paradoxe des sentiments et des comportements, comme quoi même leur coeur n'est pas à l'abris de soubresauts. C'est sans doute cela qui les rend tellement humains. Leurs aventures en mer sur les vaisseaux de guerre ou les négriers, en Angleterre, sur les côtes africaines, je ne les oublierai sans doute pas. La fin de la série surprend, mais elle emplit de joie car on comprend qu'en fin de compte, "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir". Ce qui m'empêche de qualifier cette série de "culte", c'est sans doute le fait qu'Isa soit trop en avance sur ses contemporains sur la question de l'esclavage, et peut-être le déroulement du récit parfois trop confus. Mais cette série, malgré son âge, n'a pas vieilli, les dessins restent somptueux, et le fond toujours aussi fort. La documentation annexe est très intéressante. "Les Passagers du vent", une série-phare, à lire et à relire.
Criminal Macabre
Criminal Macabre, ou retour aux sources. Car pour être franc, le vampire de base ça se tue comme un boucher le ferait, pas de classe, pas de costume de héros de comics, un flingue et ça va! D'ailleurs le héros le dit lui-même "Je ne connais rien sur cette terre qu'un bon coup de fusil ne puisse buter", ou un truc dans le genre... Pourquoi retour aux sources ? Et bien parce que le héros n'est pas un jeune dandy immortel, mais bien un humain comme les autres (mis à part le fait qu'il voit les morts, on a tous nos faiblesses...), qu'il est alcoolique, toxicomane et qu'après tout il fait son boulot, pas avec plaisir, mais c'est comme ça. Au moins ça change. L'ambiance est magnifique, elle marque avec perfection le contraste entre le héros, qui trouve tout à fait normal la tournure que les évènements prennent, et les autres humains (des couillons comme vous et moi) qui refusent de croire au fantastique et qui se bouffent tout ça d'un bloc en une journée montre en main ! Et l'histoire ? Rahh l'histoire ! Génialement menée, classique, on nous sort pas des vampires apocalyptiques, mais bien des vraies rumeurs moyenâgeuses, enfin voilà quoi... retour aux sources. Le dessin quant à lui, c'est ça qui m'a fait découvrir Templemsith, et là, je ne dirai rien. Le mélange de dessin et de photos est vraiment le style rêvé pour ces histoires glauques, c'est le novateur qui s'oppose à ce retour aux sources, génial quoi ! Et là vous vous demandez certainement pourquoi je n'ai pas mis 5/5 ? Bug de souris, tout simplement...
Les Princes d'Arclan
J’ai découvert assez tardivement cette série qui tranche avec la production habituelle de "Soleil", celle des quêtes et des bimbos. Ici, c'est le destin de quatre personnages que l'on suit et dans le présent volume deux d'entre eux vont se revoir pour faire cause commune. Certes, le titre de cet opus est "Olgo" (un des quatre personnages principaux), pourtant à l'image de la couverture (comme celle des trois autres), c'est la belle Sylène qui est toujours mise en avant. Il faut dire que Laurent Sieurac sait particulièrement la mettre en valeur. Le dessin est extrêmement soigné, et le scénario est riche en rebondissements (même si comme certains l'ont écrit précédemment, l'esprit du film "the gang of New York" plane sur cette aventure). A l'image du très réussi Le Feul, du même scénariste, Jean-Charles Gaudin, les éditions "Soleil" arrivent à nous proposer une bande dessinée hors des canons de l'heroic-fantasy traditionnelle tout en en conservant l'univers.
Mandalay
14/20 Un premier tome qui se lit peut-être vite mais qui est déjà bien consistant. J'ai été carrément charmé par l'exotisme un peu kitsch qui se dégage de cette aventure fantastique. Le dessin très classique rappelle un peu le trait de Gillon. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Une série à suivre de près.