Ambassadeur de l'enfer, grand astrologue de la cour des miracles, magicien de cirque, exorciste indicateur de police, escroc vendeur de rêve et de fantaisie, rebouteux et devin foireux, Zèbre évolue dans le Paris interlope des charlatans, mendiants, lépreux, bêtes de cirques, faux fantômes, nains de jardin et géants aveugles. Publiés à la grande époque d'(A Suivre), ces histoires nous remettent en mémoire l'importance que joua cette revue pour renouveler la BD et la libérer de ses carcans traditionnels. Les chutes des histoires ont d'ailleurs elles aussi le goûts des récits d'(A Suivre) d'antan, en finissant plutôt mal dans une ambiance mi-mélancolique, mi-blasée. Cet album permet également de découvrir les premiers travaux de David B. sous l'angle d'un genre (abandonné par la suite) qu'il maîtrisait relativement bien. Bref, un David B. différent mais néanmoins très intéressant.
Gros, très gros avantage pour ce manga : l'histoire tient en un seul tome ! Et comme elle n'en est pas moins bien construite pour autant, je félicite l'auteur de ne pas avoir été tenté de la diluer sur plusieurs albums comme c'est le cas pour trop de scénarios de manga à mes yeux. On a même droit à une autre histoire courte en fin d'album.
Le dessin est très sympathique. Noir et blanc pour l'histoire longue, il est très maîtrisé en ce qui concerne les dessins des personnages. Quant à l'histoire courte, elle mélange 5 ou 6 styles de dessins très différents planches après planches, avec couleurs, peintures et très grande qualité graphique.
L'histoire de Duds Hunt n'est pas tellement originale et il faut avouer qu'on en devine les contours et la fin assez rapidement. Mais elle est intelligemment menée, prenante intéressante par bien des aspects. J'apprécie en outre beaucoup l'intégration véritable des technologies modernes, chat, wi-fi et autres palm : ça rend le tout nettement plus réaliste encore. Seuls reproches que je pourrais lui faire, ce sont sa violence que je trouve un peu facile (personne ne s'étonne que la police n'intervienne pas ?) et la nature de... d'une surprise stratégique en fin d'histoire que je ne saurais révéler sans spoiler.
Mais dans l'ensemble, c'est un bon thriller prenant et intelligent.
Quant à l'histoire courte de fin d'album, elle est très sympa aussi. Elle parait de narration chaotique et incompréhensible en première lecture mais la fin révèle la clé et j'ai pu vérifier que tout se tenait et c'est très appréciable. Même si à nouveau le scénario n'est pas véritablement original.
J’adore ! Excellente BD qui se passe sous le règne de Napoléon. Une des grosses différences avec l’histoire que nous avons apprise dans nos manuels est que dans l’univers de l’auteur, il y a de superbes machines à vapeurs toutes plus extravagantes les unes que les autres et franchement c’est très bien pensé. L’histoire est un mélange d’Indiana Jones, Mystère de l’ouest etc...Génial. Achat chaudement recommandé !
Ajout du 10/11/06 : Je viens de finir la lecture du troisième tome et mon avis reste très positif concernant cette série. L’intrigue s’épaissie, on en apprend un peu plus sur les personnages et leur histoire passée. Très bien
J'attendais le second tome pour émettre un avis, pour confirmer l'impression que m'avait laissée le premier. Et bien, c'est lu, et je ne suis pas déçu !
Moi qui ai généralement du mal avec les dessins "informatiques", il faut avouer qu'ici c'est magnifique et bien adapté au récit. Les décors sont d'une finesse et d'une richesse rares, les jeux de lumière sont éblouissants, du coup on ne se formalise pas du manque d'expression des visages.
Mais cette haute qualité graphique serait bien vaine si l'histoire était en reste. Et pour l'instant, pas du tout ! Après un premier tome assez mystérieux, le second apporte pas mal d'éléments, de nouvelles questions aussi, mais l'essentiel est que ça reste très intéressant. L'ambiance est extrêmement présente et efficace, dans un style sombre très "lovecraftien".
En résumé, ce tome 2 est la confirmation d'une bonne surprise. J'attends la suite avec impatience...
"L’oreille gauche" est le 24e album publié dans l'étonnante collection Comix des Editions "Le Cycliste".
L’histoire est toute simple, basée sur le quotidien morose d’un jeune homme dont la lecture du comic’s Astra lui sert d’échappatoire. Histoire simple mais pas simpliste qui est à la fois cruelle et touchante comme un conte ou une fable moralisatrice. Cet album est riche d’enseignements et nous amène à réfléchir à nos actes, mêmes anodins. J’ai vraiment beaucoup apprécié la narration et la chute de l’histoire, aussi inattendue que très réussie. En outre, le dessin de Mathieu Sapin restitue parfaitement l’ambiance terne du récit.
Si mon résumé ne va pas enflammer les foules, j’espère que cet avis vous incitera à ouvrir cet album pour découvrir cette fable contemporaine.
Bref, une belle découverte . . . mon coup de cœur du mois !
Le traitement infographique dans une bd, pourquoi pas ? Je suis pas fan du procédé car souvent cela donne aux planches une impression de froideur et de statisme. Mais ici, les couleurs vives et le titre intriguant m’ont poussé à lire cet album. Ce huis clos "glauque" est assez prenant grâce à une narration accrocheuse et une trame bien réfléchie. C’est pas franchement horrifique mais beaucoup de choses ne sont que suggérées, ce qui donne une certaine ampleur dramatique à l’histoire. Ce premier opus suscite pas mal d’interrogations qui trouveront, je l’espère, leur épilogue dans le deuxième et dernier tome (qui devrait sortir d’ici peu).
A essayer . . .
Je suis très content de poster cette BD, et, j'espère vraiment que mon humble avis convaincra au moins l'une ou l'un d'entre vous de la lire.
Tout d'abord, la série compte cent quarante pages, est découpée en six chapitres, divisée en deux tomes, ou sous la forme plus luxueuse d'une Intégrale. Les albums sont grands beaux et soignés. Ma préférence va à l'Intégrale et son superbe Dragon en couverture (les illustrations des couvertures des tomes 1 et 2 sont présentes en pleine page à la fin de l'album).
Arrowsmith est une BD qui brasse les genres avec élégance:
Le fantastique domine, dans l'univers d'Arrowsmith, le progrès se concrétise grâce aux avancées de la magie et non de la technologie, une magie fortement utilisée par les militaires, les mages sont d'importants stratèges/maîtres d'armes. Le rôle de la magie dans cet univers se fait sentir tout au long de l'histoire.
Il y a aussi de petits relents d'héroic fantasy, avec les dragons, les nains, les trolls et autres béhémots... et des créatures encore plus fantastiques. Le côté "barbaresque" que ces créatures donnent parfois à ce monde est palpable.
Une résonance historique bien sûr! Certaines campagnes et lieux nous renvoient logiquement à la première guerre mondiale, sans pour autant la calquer. Arrowsmith n'est pas une réécriture de l'Histoire mais une fiction.
Et enfin de l'aventure, avec le parcours initiatique bercé d'illusions, de Fletcher Arrowsmith dans ce monde en guerre. Fletcher est un héros assez simple, un jeune homme naïf, droit et idéaliste qui parvient à éviter le carcan gnangnan que traîne souvent ce type de personnage.
Le tout est illustré de belle manière avec souvent de grands dessins en pleine ou double pages qui apportent grandement au souffle épique de cette histoire, on en prend plein les mirettes, je vous le garantis!
Sachez aussi que dans cette histoire, les sentiments forts que peuvent être l'amour, la rivalité ou de belles amitiés ont une place de choix.
Enfin, cette BD s'intensifie au fil de la lecture, s'achève dans le drame, quand le petit garçon devient finalement un homme. Tout cela conduit vers une vraie belle fin ouverte qui nous donne obligatoirement envie d'en avoir plus... Un jour peut-être, qui sait?
En attendant je me permets, mesdames, messieurs, de vous conseiller chaudement cette lecture.
JJJ
Cinq tomes parus et on y suit une bande de copains dans les petites histoires qui font les grandes joies et les grands drames de leur vie quotidienne. Speeddating, échange de numéro de téléphone avec une inconnue, frissons d'une rencontre dans laquelle on se sent tout à coup sexy et désiré(e), regrets et fantasmes attachés à l'ex-amant, Peyraud continue de décrire la vie sentimentale d'une génération de bobos Parisiens. C'est léger, c'est insignifiant, mais c'est raconté sur un ton doux-amer qui balance entre une gentille moquerie et un respect profond pour la vie des personnages. A la lecture des premiers tomes, je croyais que je me lasserais vite de cette série tellement tendance et contemporaine qu'elle en devient parfois "relou" et à la limite du cliché. Mais finalement non, je continue d'en apprécier la lecture. C'est dans l'air du temps et ça risque de très mal vieillir, mais ça fait mouche ici et maintenant.
Eh bien moi j'ai beaucoup aimé cet album. Je ne m'attendais à rien de particulier avant de le lire, mais je me suis senti plutôt touché par cette histoire d'amitié pure.
Ma vie ne ressemble pas à celle de Judd, ni à celle de Pedro, donc je ne me suis pas vraiment identifié à l'un ou à l'autre. Mais j'ai senti le parfum de l'authenticité en tournant les pages, la sincérité de Winick est quand même touchante.
Côté dessin, le style n'est pas forcément celui que je préfère, mais dans ce cas, cette gêne s'efface derrière le propos, propos qui peut paraître moralisateur, mais qui n'est tout de même pas inutile. J'ai même appris des choses sur le sida...
-- TOME 1 --
Premier tome de cette inclassable série du duo DeMatteis/Williams qui nous offrent ici un album à la fois initiatique et fantastique de très haut niveau.
Visuellement c'est impressionnant. Cet album est à milles lieues de ce que j'ai pu lire jusque là. Le dessin s'apparente plus à un mélange de crayonnés et d'aquarelles du plus bel effet, conférant une atmosphère onirique à ce premier opus. Le découpage est cependant très lisible et permet sans mal de suivre le fil de cet album.
Le scénario est très mystérieux et onirique pour le moment. Les personnages s'apparentent plus à des concepts qu'à de réels protagonistes, les informations que nous pouvons apprendre sur eux étant davantage tourné vers leur relation avec le personnage central que vers de réelles informations sur qui ils sont. Aucun prénom n'apparaît dans cet album, sinon des noms comme "Frère", "L'enfant","L'homme","La femme", "Nabot","Les vampires", le seul personnage auquel il est conféré un nom (et encore pas dès le début) étant le personnage central. Toute l'intrigue est donc tourné vers ce personnage principal, engagé depuis sa naissance dans la quête de ses origines et du pourquoi de sa venue en ce monde.
Mystérieux, onirique et initiatique, ce premier volume est un très bel album, autant sur le plan visuel que sur le plan narratif, et une vision originale de la quête des origines, le tout sur fond de vampirisme. Sulfureux.
-- TOME 2 --
Un deuxième album au moins aussi bon que le premier qui nous replonge à nouveau dans les tourments de l'âme de Blood, vampire en perpétuelle quête de connaissance.
Le dessin est réellement impressionnant, toujours issu d'un mélange idéal entre crayonnés et aquarelles du plus bel effet. Les couleurs, sombres et ocrées, rajoutent une touche d'onirisme et de noirceur qui collent réellement bien au scénario. DeMatteis nous offre par ailleurs ici sa propre vision de l'île des morts de Böcklin, vraiment superbe et exhalant des relents de noirceurs à pleine page.
Le scénario nous permet donc de poursuivre les errances de Blood qui, à travers sa poursuite du chant que lui seul entends, semble se diriger inexorablement vers la mort. Encore plus sombre et sulfureux que le premier opus, ce deuxième tome se concentre essentiellement autour de Blood, de la Femme et de Nabot, qui vont se retrouver chacun à leur tour face à leurs désirs, leurs craintes et leur destinée.
Une série hors norme qui s'achève donc sur un second tome à la mesure de son prédécesseur.
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Zèbre
Ambassadeur de l'enfer, grand astrologue de la cour des miracles, magicien de cirque, exorciste indicateur de police, escroc vendeur de rêve et de fantaisie, rebouteux et devin foireux, Zèbre évolue dans le Paris interlope des charlatans, mendiants, lépreux, bêtes de cirques, faux fantômes, nains de jardin et géants aveugles. Publiés à la grande époque d'(A Suivre), ces histoires nous remettent en mémoire l'importance que joua cette revue pour renouveler la BD et la libérer de ses carcans traditionnels. Les chutes des histoires ont d'ailleurs elles aussi le goûts des récits d'(A Suivre) d'antan, en finissant plutôt mal dans une ambiance mi-mélancolique, mi-blasée. Cet album permet également de découvrir les premiers travaux de David B. sous l'angle d'un genre (abandonné par la suite) qu'il maîtrisait relativement bien. Bref, un David B. différent mais néanmoins très intéressant.
Duds Hunt
Gros, très gros avantage pour ce manga : l'histoire tient en un seul tome ! Et comme elle n'en est pas moins bien construite pour autant, je félicite l'auteur de ne pas avoir été tenté de la diluer sur plusieurs albums comme c'est le cas pour trop de scénarios de manga à mes yeux. On a même droit à une autre histoire courte en fin d'album. Le dessin est très sympathique. Noir et blanc pour l'histoire longue, il est très maîtrisé en ce qui concerne les dessins des personnages. Quant à l'histoire courte, elle mélange 5 ou 6 styles de dessins très différents planches après planches, avec couleurs, peintures et très grande qualité graphique. L'histoire de Duds Hunt n'est pas tellement originale et il faut avouer qu'on en devine les contours et la fin assez rapidement. Mais elle est intelligemment menée, prenante intéressante par bien des aspects. J'apprécie en outre beaucoup l'intégration véritable des technologies modernes, chat, wi-fi et autres palm : ça rend le tout nettement plus réaliste encore. Seuls reproches que je pourrais lui faire, ce sont sa violence que je trouve un peu facile (personne ne s'étonne que la police n'intervienne pas ?) et la nature de... d'une surprise stratégique en fin d'histoire que je ne saurais révéler sans spoiler. Mais dans l'ensemble, c'est un bon thriller prenant et intelligent. Quant à l'histoire courte de fin d'album, elle est très sympa aussi. Elle parait de narration chaotique et incompréhensible en première lecture mais la fin révèle la clé et j'ai pu vérifier que tout se tenait et c'est très appréciable. Même si à nouveau le scénario n'est pas véritablement original.
Hauteville House
J’adore ! Excellente BD qui se passe sous le règne de Napoléon. Une des grosses différences avec l’histoire que nous avons apprise dans nos manuels est que dans l’univers de l’auteur, il y a de superbes machines à vapeurs toutes plus extravagantes les unes que les autres et franchement c’est très bien pensé. L’histoire est un mélange d’Indiana Jones, Mystère de l’ouest etc...Génial. Achat chaudement recommandé ! Ajout du 10/11/06 : Je viens de finir la lecture du troisième tome et mon avis reste très positif concernant cette série. L’intrigue s’épaissie, on en apprend un peu plus sur les personnages et leur histoire passée. Très bien
Freaks Agency
J'attendais le second tome pour émettre un avis, pour confirmer l'impression que m'avait laissée le premier. Et bien, c'est lu, et je ne suis pas déçu ! Moi qui ai généralement du mal avec les dessins "informatiques", il faut avouer qu'ici c'est magnifique et bien adapté au récit. Les décors sont d'une finesse et d'une richesse rares, les jeux de lumière sont éblouissants, du coup on ne se formalise pas du manque d'expression des visages. Mais cette haute qualité graphique serait bien vaine si l'histoire était en reste. Et pour l'instant, pas du tout ! Après un premier tome assez mystérieux, le second apporte pas mal d'éléments, de nouvelles questions aussi, mais l'essentiel est que ça reste très intéressant. L'ambiance est extrêmement présente et efficace, dans un style sombre très "lovecraftien". En résumé, ce tome 2 est la confirmation d'une bonne surprise. J'attends la suite avec impatience...
L'Oreille gauche
"L’oreille gauche" est le 24e album publié dans l'étonnante collection Comix des Editions "Le Cycliste". L’histoire est toute simple, basée sur le quotidien morose d’un jeune homme dont la lecture du comic’s Astra lui sert d’échappatoire. Histoire simple mais pas simpliste qui est à la fois cruelle et touchante comme un conte ou une fable moralisatrice. Cet album est riche d’enseignements et nous amène à réfléchir à nos actes, mêmes anodins. J’ai vraiment beaucoup apprécié la narration et la chute de l’histoire, aussi inattendue que très réussie. En outre, le dessin de Mathieu Sapin restitue parfaitement l’ambiance terne du récit. Si mon résumé ne va pas enflammer les foules, j’espère que cet avis vous incitera à ouvrir cet album pour découvrir cette fable contemporaine. Bref, une belle découverte . . . mon coup de cœur du mois !
Les quartiers de l'étrange
Le traitement infographique dans une bd, pourquoi pas ? Je suis pas fan du procédé car souvent cela donne aux planches une impression de froideur et de statisme. Mais ici, les couleurs vives et le titre intriguant m’ont poussé à lire cet album. Ce huis clos "glauque" est assez prenant grâce à une narration accrocheuse et une trame bien réfléchie. C’est pas franchement horrifique mais beaucoup de choses ne sont que suggérées, ce qui donne une certaine ampleur dramatique à l’histoire. Ce premier opus suscite pas mal d’interrogations qui trouveront, je l’espère, leur épilogue dans le deuxième et dernier tome (qui devrait sortir d’ici peu). A essayer . . .
Arrowsmith
Je suis très content de poster cette BD, et, j'espère vraiment que mon humble avis convaincra au moins l'une ou l'un d'entre vous de la lire. Tout d'abord, la série compte cent quarante pages, est découpée en six chapitres, divisée en deux tomes, ou sous la forme plus luxueuse d'une Intégrale. Les albums sont grands beaux et soignés. Ma préférence va à l'Intégrale et son superbe Dragon en couverture (les illustrations des couvertures des tomes 1 et 2 sont présentes en pleine page à la fin de l'album). Arrowsmith est une BD qui brasse les genres avec élégance: Le fantastique domine, dans l'univers d'Arrowsmith, le progrès se concrétise grâce aux avancées de la magie et non de la technologie, une magie fortement utilisée par les militaires, les mages sont d'importants stratèges/maîtres d'armes. Le rôle de la magie dans cet univers se fait sentir tout au long de l'histoire. Il y a aussi de petits relents d'héroic fantasy, avec les dragons, les nains, les trolls et autres béhémots... et des créatures encore plus fantastiques. Le côté "barbaresque" que ces créatures donnent parfois à ce monde est palpable. Une résonance historique bien sûr! Certaines campagnes et lieux nous renvoient logiquement à la première guerre mondiale, sans pour autant la calquer. Arrowsmith n'est pas une réécriture de l'Histoire mais une fiction. Et enfin de l'aventure, avec le parcours initiatique bercé d'illusions, de Fletcher Arrowsmith dans ce monde en guerre. Fletcher est un héros assez simple, un jeune homme naïf, droit et idéaliste qui parvient à éviter le carcan gnangnan que traîne souvent ce type de personnage. Le tout est illustré de belle manière avec souvent de grands dessins en pleine ou double pages qui apportent grandement au souffle épique de cette histoire, on en prend plein les mirettes, je vous le garantis! Sachez aussi que dans cette histoire, les sentiments forts que peuvent être l'amour, la rivalité ou de belles amitiés ont une place de choix. Enfin, cette BD s'intensifie au fil de la lecture, s'achève dans le drame, quand le petit garçon devient finalement un homme. Tout cela conduit vers une vraie belle fin ouverte qui nous donne obligatoirement envie d'en avoir plus... Un jour peut-être, qui sait? En attendant je me permets, mesdames, messieurs, de vous conseiller chaudement cette lecture. JJJ
Premières chaleurs
Cinq tomes parus et on y suit une bande de copains dans les petites histoires qui font les grandes joies et les grands drames de leur vie quotidienne. Speeddating, échange de numéro de téléphone avec une inconnue, frissons d'une rencontre dans laquelle on se sent tout à coup sexy et désiré(e), regrets et fantasmes attachés à l'ex-amant, Peyraud continue de décrire la vie sentimentale d'une génération de bobos Parisiens. C'est léger, c'est insignifiant, mais c'est raconté sur un ton doux-amer qui balance entre une gentille moquerie et un respect profond pour la vie des personnages. A la lecture des premiers tomes, je croyais que je me lasserais vite de cette série tellement tendance et contemporaine qu'elle en devient parfois "relou" et à la limite du cliché. Mais finalement non, je continue d'en apprécier la lecture. C'est dans l'air du temps et ça risque de très mal vieillir, mais ça fait mouche ici et maintenant.
Pedro et moi
Eh bien moi j'ai beaucoup aimé cet album. Je ne m'attendais à rien de particulier avant de le lire, mais je me suis senti plutôt touché par cette histoire d'amitié pure. Ma vie ne ressemble pas à celle de Judd, ni à celle de Pedro, donc je ne me suis pas vraiment identifié à l'un ou à l'autre. Mais j'ai senti le parfum de l'authenticité en tournant les pages, la sincérité de Winick est quand même touchante. Côté dessin, le style n'est pas forcément celui que je préfère, mais dans ce cas, cette gêne s'efface derrière le propos, propos qui peut paraître moralisateur, mais qui n'est tout de même pas inutile. J'ai même appris des choses sur le sida...
Blood
-- TOME 1 -- Premier tome de cette inclassable série du duo DeMatteis/Williams qui nous offrent ici un album à la fois initiatique et fantastique de très haut niveau. Visuellement c'est impressionnant. Cet album est à milles lieues de ce que j'ai pu lire jusque là. Le dessin s'apparente plus à un mélange de crayonnés et d'aquarelles du plus bel effet, conférant une atmosphère onirique à ce premier opus. Le découpage est cependant très lisible et permet sans mal de suivre le fil de cet album. Le scénario est très mystérieux et onirique pour le moment. Les personnages s'apparentent plus à des concepts qu'à de réels protagonistes, les informations que nous pouvons apprendre sur eux étant davantage tourné vers leur relation avec le personnage central que vers de réelles informations sur qui ils sont. Aucun prénom n'apparaît dans cet album, sinon des noms comme "Frère", "L'enfant","L'homme","La femme", "Nabot","Les vampires", le seul personnage auquel il est conféré un nom (et encore pas dès le début) étant le personnage central. Toute l'intrigue est donc tourné vers ce personnage principal, engagé depuis sa naissance dans la quête de ses origines et du pourquoi de sa venue en ce monde. Mystérieux, onirique et initiatique, ce premier volume est un très bel album, autant sur le plan visuel que sur le plan narratif, et une vision originale de la quête des origines, le tout sur fond de vampirisme. Sulfureux. -- TOME 2 -- Un deuxième album au moins aussi bon que le premier qui nous replonge à nouveau dans les tourments de l'âme de Blood, vampire en perpétuelle quête de connaissance. Le dessin est réellement impressionnant, toujours issu d'un mélange idéal entre crayonnés et aquarelles du plus bel effet. Les couleurs, sombres et ocrées, rajoutent une touche d'onirisme et de noirceur qui collent réellement bien au scénario. DeMatteis nous offre par ailleurs ici sa propre vision de l'île des morts de Böcklin, vraiment superbe et exhalant des relents de noirceurs à pleine page. Le scénario nous permet donc de poursuivre les errances de Blood qui, à travers sa poursuite du chant que lui seul entends, semble se diriger inexorablement vers la mort. Encore plus sombre et sulfureux que le premier opus, ce deuxième tome se concentre essentiellement autour de Blood, de la Femme et de Nabot, qui vont se retrouver chacun à leur tour face à leurs désirs, leurs craintes et leur destinée. Une série hors norme qui s'achève donc sur un second tome à la mesure de son prédécesseur.