Que cache la mort de Daredevil ?
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Il s'agit d'une série en 8 épisodes de 22 pages chacun (34 pour le premier), initialement parus en 2012/2013. le scénario est de Brian Michael Bendis et David Mack, les dessins de Klaus Janson, l'encrage de Bill Sienkiewicz, et la mise en couleurs de Matt Hollingsworth.
Dans un futur proche, Daredevil et Bullseye sont en train de s'affronter dans une rue de New York, dans un combat d'une violence inouïe et d'une sauvagerie meurtrière. Bullseye finit par fracasser le crâne de Matt Murdock (ayant perdu son masque pendant le combat), qui a juste le temps de dire un dernier mot avant de rendre l'âme : Mapone. Toute la scène a été filmée par de nombreux newyorkais avec leur téléphone portable, pendant une heure et quarante-cinq minutes d'affrontement. Dans la salle de rédaction du Daily Buggle, Ben Urich regarde les images diffusées en boucle sur les chaînes d'information. J. Jonah Jameson vient le houspiller en exigeant de lui qu'il rédige un papier sur cet événement, qu'il est le plus qualifié pour faire honneur à Daredevil. À l'instar de Jerry Thompson, Ben Urich finit par se laisser convaincre et entame une série d'entretiens avec des individus ayant côtoyé Matt Murdock / Daredevil, amis, ennemis, amantes, afin de trouver le sens du mot Mapone.
Cette histoire fut annoncée pour la première fois en 2007 par Marvel, s'inscrivant dans le cadre d'une série d'histoires parues dans la catégorie générique The end (La fin), comme Marvel Universe - The end ou Hulk - The end. Par la suite quelques autres projets se sont inscrits dans la même thématique : raconter les derniers jours d'un superhéros donné (même s'ils n'étaient pas affublés de l'étiquette The End) comme Spider-Man Empire de Kaare Andrews. 6 ans après la première annonce, les lecteurs découvrent enfin le résultat de cette longue gestation. Une partie de ce délai peut être imputable à Klaus Janson (encreur puis dessinateur historique de ce superhéros, avec Frank Miller) qui a peaufiné chacune de ses pages. Il est possible de reconnaître sa prédilection pour des perspectives anatomiques exagérées, mais fortement atténuées.
Il utilise une mise en page de 6 à 7 cases en moyenne par page, avec quelques pleines pages, et une adaptation du nombre de cases en fonction des séquences (jusqu'à 16 cases sur une même page). En tournant les pages, le lecteur peut constater une narration graphique irréprochable en termes de lisibilité et de facilité de compréhension, en particulier une magnifique scène muette où Urich reconstitue le parcours d'une balle de revolver en pointant simplement du doigt (magistral). Il est possible de détecter quelques clins d'œil, tels la pleine page rendant hommage à la couverture d'Amazing Fantasy 15 (première apparition de Spider-Man), ou une pluie de flèches s'abattant sur Urich, évoquant la propension à l'exagération de Frank Miller dans la minisérie Wolverine réalisée avec Chris Claremont.
En y regardant de plus près, le lecteur constate que Janson s'est vraiment appliqué pour réaliser des dessins complets, présentant une grande cohérence visuelle du début jusqu'à la fin. Son style reste marqué par les caractéristiques propres aux comics des années 1980 : décors simplistes, dialogues reposant régulièrement sur les visages, plutôt que sur une mise en scène totale (langage corporel et gestes des personnages). Malgré tout, Janson a su dépasser pour partie ces limites, en insérant les arrières plans très régulièrement (à l'exception d'un ou deux combats), et en conservant son approche adulte de dessiner, sans chercher à faire plaisir à l'œil du lecteur.
Le manque de densité d'informations visuelles est largement compensé par l'encrage de Bill Sienkiewicz. Lorsque Janson estime qu'il peut réduire le nombre d'éléments dans une case, l'encrage se révèle déterminant pour conserver la cohérence visuelle. Sienkiewicz utilise un encrage qui insiste sur les aspérités, les lignes tremblées, les tâches noires anguleuses. Sans être pénibles à regarder, les dessins reflètent une forme d'usure, de rugosité propre à des individus et des choses ayant subi les épreuves du temps et de la vie, sans apprêt particulier pour être plus présentables, plus agréables à la vue. Ce travail d'encrage correspond à une interprétation des dessins, fidèle à l'intention de Janson, tout en leur un apportant un soutien nécessaire du point de vue des textures, et de l'impression générale. Grâce à Sienkiewicz, les dessins de Janson passent d'un niveau acceptable mais un peu daté, à une vision artistique plus affirmée.
La participation picturale d'Alex Maleev et David Mack s'avère mineure par rapport à la pagination totale du récit. Maleev réalise 2 pleines pages (plus les couvertures, avec une apparition de Bendis en policier sur celle de l'épisode 3), Mack en réalise une dizaine (plus les couvertures alternatives, magnifiques). Sienkiewicz peint 2 ou 3 cases à l'intérieur du récit (magnifique case du Kingpin avec son gilet tel qu'il apparaissait dans Love and war), et il réalise la couverture alternative de l'épisode 8. Les apports de Maleev, Mack et Sinekiewicz constituent autant de clins d'oeil, sans se substituer à Klaus Janson, dessinateur de 95% des planches.
Il était légitime que cette "dernière histoire" de Daredevil soit écrite par un de ses scénaristes les plus importants : Brian Michael Bendis. Il a choisi de collaborer avec un de ses amis des plus talentueux : David Mack (avec qui il avait réalisé une des premières aventures qu'il avait écrites). Mack avait également écrit le scénario d'une autre histoire de Daredevil : Parts of a hole.
Bendis et Mack annoncent leur hommage dès le début : Ben Urich va partir à la recherche de la signification du mot Mapone en interrogeant les proches de Matt Murdock, comme l'avait fait le reporter Jerry Thompson, pour comprendre la signification du mot Rosebud dans Citizen Kane d'Orson Welles. Pour les lecteurs les moins convaincus, dans un dialogue, Urich évoque même la réponse qui a échappée à Thompson. Au péril de sa vie, Urich va donc aller à la recherche des personnages les plus évidents, comme d'autres moins connus (sans aller jusqu'à Jonathan Powers quand même). À partir de là, 2 possibilités. Soit le lecteur découvre le personnage de Daredevil ou ne connaît pas grand-chose sur lui. S'il n'a jamais vu "Citizen Kane", il découvre une enquête quasiment intelligible (peut-être pas complètement pour les femmes de la vie de Murdock), assez prenante, avec de beaux moments d'action. Soit il connaît parfaitement les personnages de la série, et il peut alors parier sur qui il retrouvera et découvrir l'avenir que leur ont concocté Bendis et Mack. le voyage reste agréable et prenant. Si le lecteur maîtrise la série Daredevil et a vu Citizen Kane, il ne pourra que faire le constat que Bendis et Mack ne sont pas Orson Welles et que chaque entretien n'est pas aussi révélateur que ceux conduits par Jerry Thompson. Il reste le plaisir indéniable d'une histoire bien racontée, d'un vrai suspense sur l'issue du récit, et d'une possibilité de dire adieu au personnage, dans une évocation prestigieuse, respectueuse et sensible.
J’ai été vraiment circonspect à l’annonce de la sortie de “Les 5 Terres”. Déjà, et je fais amende honorable, je suis parti avec un biais : autant de monde à la baguette (7 personnes !) ca sent le blockbuster version BD et comme je suis allergique aux blockbusters en film en général… Ajoutons à cela la promesse d’en sortir un tous les 3 mois… Je me suis dit qu’il y avait peu de chances que j’accroche.
Ca plus la succession des tomes, j’allais de toutes façons attendre les retours sur le premier cycle avant de m’y mettre.
Et force est d’avouer que les retours sont bons, voire très bons, voire très très bons, ici comme ailleurs. L’occasion des vacances d’hiver, le feu de cheminées, le bouquiniste du coin qui a l’ensemble des tomes en stock… Plus d'excuse…
Je ne vous refais pas le synopsis, je pense qu’il est maintenant dur de passer à côté.
Un monde fantastique divisé en cinq royaumes animaux : les félins, les ours, les cervidés, les reptiles et les singes. Chaque royaume a ses propres cultures, traditions et intrigues politiques.
Le scénario : il y a ici un boulot incontestable pour avoir une histoire aussi riche en intrigues politiques, complots, trahisons et alliances. Avec en plus de la profondeur et de la complexité dans les relations entre les personnages. Et le tout en parvenant à maintenir un équilibre entre des arcs narratifs multiples, chaque royaume ayant sa propre dynamique et ses propres enjeux.
Bim ! Oui grosse prod, mais oui gros travail aussi.
Les personnages sont bien développés, avec beaucoup de traits distinctifs malgré le nombre et des interactions entre les personnages denses qui apportent son lot d'émotions à l’histoire.
La narration est bien structurée avec un bon équilibre entre les moments de tension et les périodes plus calmes de développement des personnages. Je n’ai au final jamais trouvé un passage trop long, et pourtant il y en a des pages !
Visuellement, on atteint l’excellence, avec des dessins détaillés et une palette de couleurs riche qui donne vie à ce monde fantastique. C’est peut être même trop carré dans la mise en page qui se répète un peu d’un album à l’autre de manière très structurée.
Les paysages et les décors jouent bien leur rôle, essentiel dans ce genre de séries. C’est pro, super pro. En fait presque trop.
Tout est présent pour faire un cocktail parfait : richesse du scénario, narration maîtrisée, profondeur des personnages et pour couronner le tout, le dessin et les couleurs.... Que dire ? Eh bien pour une fois je vais même me fendre d’un peu plus de détails pour chaque album.
Ma conclusion avant la longue fin :
Les recettes des grosses production sont déroulées avec professionnalisme. Mais les auteurs resteront-ils toujours sur ce même montage de cycle pour maintenir leur productivité ou y’a t’il des surprises à venir à ce sujet ? En fonction de cela mon coeur balancera de 4 étoiles à 5, il faut sortir des carcans pour devenir culte. Je reste dans l’attente avec un 4 qui ne demande qu’à être mis à jour aujourd’hui.
------ Cycle I - Angleon ------
**** Tome 1 : “De toutes mes forces” ****
Le roi Cyrus est gravement malade et sa succession provoque des tensions au sein du royaume des félins (ça me rappelle quelque chose ?). Les complots et les intrigues de cour s’intensifient tandis que plusieurs prétendants se préparent à se disputer le trône.
Ce premier tome pose efficacement les bases de l’univers complexe des Cinq Terres, présentant les différents personnages et les enjeux politiques sans tomber dans l’ennui d’un didacticiel de prise en mains.
Heureusement, le tome met un peu de temps à vraiment démarrer, se concentrant beaucoup sur la mise en place.
**** Tome 2 : “Quelqu’un de vivant” ****
Les intrigues se poursuivent alors que la santé du roi Cyrus continue de décliner. Les prétendants au trône manœuvrent pour renforcer leur position et éliminer leurs rivaux.
Les jeux de pouvoir et les manœuvres politiques deviennent ici plus intenses et intéressants. Les personnages continuent d’évoluer, et prennent de la profondeur.
**** Tome 3 : “L’amour d’un imbécile” ****
Les tensions atteignent un point de rupture. La violence commence à éclater alors que les prétendants au trône montrent leurs véritables couleurs.
Les personnages sont confrontés à des choix difficiles qui révèlent leur véritable nature.
**** Tome 4 : “La même férocité” ****
Le conflit s’intensifie et les luttes pour le pouvoir deviennent de plus en plus violentes. Les personnages principaux sont poussés à leurs limites, révélant leurs forces et leurs faiblesses.
Ce tome est plus axé sur l’action qui en envoie visuellement.
**** Tome 5 : “L’objet de votre haine” ****
Les conflits atteignent leur paroxysme et la lutte pour le pouvoir touche à sa fin. Les destins des personnages se croisent et se résolvent. Je n’en dirai pas plus.
**** Tome 6 : “Pas la force” ****
Les conflits atteignent leur résolution finale, apportant une conclusion au premier cycle. Le tome offre une conclusion satisfaisante aux arcs narratifs du premier cycle, répondant aux questions et résolvant les conflits.
Les scènes finales sont magnifiquement illustrées, offrant une conclusion visuelle puissante.
------ Cycle II - Lys ------
Le second cycle se déplace des terres des félins vers celles des primates, à Alysandra, la capitale de Lys. Ce cycle explore les dynamiques de pouvoir, les luttes de clan, et les personnages de cette nouvelle région, tout en gardant un lien avec le premier cycle à travers le personnage de Keona.
On passe à présent dans un environnement d’inspiration asiatique.
**** Tome 7 : “L’Heure du cadeau” ****
Keona, la fille de la reine, revient chez elle après avoir été otage des félins pendant des années. Pendant ce temps, Alissa, une primate redoutable, sort de prison et retrouve sa famille qui dirige le clan du Sistre.
Le déplacement de l’intrigue vers Lys apporte un souffle nouveau et permet d’explorer une nouvelle culture et de nouveaux conflits.
Les dessins restent de haute qualité, capturant l’essence et la culture de Lys.
Le tome prend du temps pour poser les bases de ce nouveau cycle, ce qui tranche avec la fin riche en action du cycle précédent.
**** Tome 8 : “Plus morte que morte” ****
On est repartis pour un tour, les intrigues et les luttes de pouvoir continuent de s’intensifier à Alysandra, alors que les personnages naviguent dans un environnement politique de plus en plus dangereux.
**** Tome 9 : “Ton rire intérieur” ****
Les luttes pour le pouvoir atteignent de nouveaux sommets. Les alliances se forment et se défont alors que les personnages sont poussés à leurs limites.
L’intrigue continue de se développer de manière très intéressante, avec des rebondissements et des révélations importantes.
Les personnages sont bien développés, montrant leurs évolutions et leurs luttes internes.
**** Tome 10 : “Réapprendre la peur” ****
Les personnages doivent affronter de nouvelles menaces et défis, testant leur courage et leurs alliances.
L’introduction de nouvelles menaces et défis ajoute de la tension et du suspense. Compliqué d’en dire plus ici sans spoil.
**** Tome 11 : “Tomber vraiment” ****
Les conflits et les intrigues atteignent leur paroxysme, mettant les personnages face à des choix décisifs. On arrive au climax de ce cycle.
**** Tome 12 : “La première à mourir” ****
Les conflits atteignent leur résolution finale, apportant une conclusion au second cycle et préparant le terrain pour les développements futurs. Encore une fois, j’ai trouvé la conclusion satisfaisante, la boucle est bouclée et on peut en relancer un autre.
On suit ici l’histoire de Lulu, une femme ordinaire qui décide de tout quitter et de partir seule à l’aventure. Ce road trip improvisé lui permet de rencontrer diverses personnes et de se redécouvrir. Étienne Davodeau nous offre ici un récit introspectif sur la quête de soi et la liberté.
J’ai trouvé l’intrigue globalement plaisante, même si elle avance à un rythme lent. Cette lenteur peut donner l’impression que l’histoire manque de substance. Cependant, ce rythme tranquille correspond bien au ton du récit, accentuant l’aspect contemplatif et introspectif de la vie de Lulu.
Lulu est un personnage attachant et complexe. Sa fuite et ses rencontres sont autant de miroirs de ses propres questionnements et désirs. Les personnages secondaires, bien que parfois stéréotypés, apportent des nuances et des perspectives intéressantes. Ils enrichissent l’histoire et permettent de mieux comprendre l’évolution de Lulu. Leur humanité simple et sincère m’a plue.
Étienne Davodeau excelle dans la création d’ambiances avec son style de dessin. Ses illustrations, bien que simples, sont expressives et servent bien l’atmosphère du récit. Les paysages, les scènes de la vie quotidienne et les expressions des personnages sont rendus avec une justesse qui accentue la proximité émotionnelle avec l’histoire de Lulu.
Au final c’est une BD que j’apprécie pour sa simplicité et sa sincérité. Le rythme lent peut donner une sensation de creux à certains. Comme beaucoup de livres de Davodeau, c’est une œuvre qui demande une certaine disposition d’esprit et une affection pour les histoires de vie contemplatives et sincères.
J’ai pris beaucoup de plaisir à relire cette BD que j’avais empruntée il y a maintenant … 25 ans :)
J’avais été bluffé à l’époque et je lui aurais clairement mis 5 étoiles. Avec quelques années et lectures de plus, je me rends compte que “Horologiom” n’est pas la seule série à avoir créé un monde aussi riche.
Fabrice Lebeault nous invite à explorer une métropole où les émotions humaines sont perçues comme des faiblesses et où les habitants sont prisonniers d’une bureaucratie implacable, dirigée par des horloges et des mécanismes minutieux.
L’histoire débute sur une note mystérieuse, et Lebeault parvient à maintenir une certaine tension tout au long de la série même si j’ai trouvé cette fois des longueurs inutiles.
Visuellement, je le trouve toujours aussi réussi. Lebeault excelle dans la création de cette cité steampunk, les horloges et les mécanismes qui peuplent chaque page sont autant de petites œuvres d’art.
Les thèmes abordés dans “Horologiom” ne sont pas nouveaux mais sont bien intégrés à l’intrigue. La critique de la bureaucratie et de la déshumanisation par la technologie résonne particulièrement dans notre époque contemporaine.
Un album collectif, réalisé par quelques piliers des éditions 6 Pieds sous Terre, dont j’attendais beaucoup, et qui ne m’a pas déçu.
Si j’ai préféré les passages développés par Fabcaro et Bouzard, c’est bien l’ensemble qui mérite le détour – pour peu que vous soyez réceptif à ce type d’humour con et surtout absurde, loufoque, genre dans lequel baignent ces péripéties hautement improbables, mais vraiment réjouissantes.
Les auteurs se mettent en scène. Rescapés d’un accident d’avion ancien, ils doivent se retrouver pour former un orchestre. Nous les voyons donc partir chacun de leur côté vers ce rendez-vous, pour finalement se retrouver. Chaque auteur « drive » son alter-ego, chacun alternant avec ses collègues (sur quelques pages, parfois dans la même planche) et je dois dire que le rendu d’ensemble est fluide, et, malgré les différences de style graphique, mais aussi narratif, j’ai bien aimé cette histoire, qui se laisse lire très bien et agréablement, avec de très nombreux passages amusants (le personnage d’imbécile tronçonneur de Bouzard est vraiment impayable !).
De l’humour indé drôle et bon enfant, un travail collectif qui fonctionne, on a là une lecture plus que sympathique !
Je suis assez impressionné par la manière dont Pozla a réussi à équilibrer douleur et humour dans un même album.
Il traite de manière brute et sincère la réalité de vivre avec la maladie de Crohn. Pozla partage son quotidien depuis les symptômes initiaux jusqu’aux diagnostics, en passant par les traitements et les opérations.
Malgré le sujet lourd, Pozla parvient à injecter une bonne dose d’humour dans son récit. Ses illustrations et commentaires désarmants rendent le récit plus accessible. L’humour sert certainement ici de mécanisme de défense et de survie, nous permettant de naviguer à travers les moments les plus difficiles avec une certaine légèreté.
Le style graphique de Pozla est vif et expressif, utilisant des traits énergiques et une palette de couleurs variée pour illustrer ses douleurs et émotions. Les dessins oscillent entre réalisme et caricature, et cette combinaison de styles contribue à rendre le récit à la fois poignant et engageant.
J’ai beaucoup aimé la mise en page utilisant différentes structures de cases. En jouant avec les formats, Pozla souligne encore plus les hauts et les bas de sa vie avec la maladie
La sincérité des autobiographies est toujours un sujet qui me touche et ici on est dans une authenticité très marquée.
Pozla signe ici une oeuvre que j’ai trouvée sacrément forte en sensations, équilibrant les moments de douleur et de désespoir avec des éclats d’humour et de résilience.
Note réelle 4,5 / 5 mais je ne pense pas qu’on puisse parler d’une oeuvre culte.
"L’Oasis" de Simon Hureau est un album qui nous plonge dans… son jardin dont il décide de faire un véritable sanctuaire de biodiversité.
Mais c’est plus que le sujet de son jardin dont il est question ici, c’est aussi et surtout une réflexion sur notre rapport à la nature et à l’espace personnel.
Je ne suis pas certain d’être ici 100% objectif car je partage complètement sa philosophie du jardin.
J’ai trouvé la narration très fluide avec un savant mélange de pratique, réflexions philosophiques et poésie.
J’ai également beaucoup aimé le dessin de Simon Hureau que je découvre et que j’ai trouvé à la fois détaillé et expressif.
Comme dans Les Grands Espaces de Catherine Meurisse, je trouve que la beauté et la diversité de la faune et de la flore, ainsi que les saisons qui passent sont fidèlement mis en dessin. Ces deux auteurs aiment visiblement la nature et cela se voit dans leur dessin.
Je trouve ici l’auteur profondément attachant dans sa quête de transformation de son espace de vie en un écosystème riche et équilibré. Son enthousiasme et sa détermination sont très communicatifs.
Plus qu’une lecture sur la nature ou le jardinage, c’est un moment de lecture apaisant que nous offre Simon Hureau.
J'ai bien apprécié cette série qui mêle fiction et documentaire. La thématique du génocide Cambodgien est un sujet qui me touche beaucoup. La période décrite dans la série est postérieure mais dépend directement des événements que les Cambodgiens ont subi depuis près de 20 ans.
A la suite du génocide perpétué par les Khmers rouges puis la guerre contre le Vietnam, il a fallu reconstruire et stabiliser les institutions du pays. Ce fut la mission de l'UNTAC (United Nation Transitional Authority in Cambodia) à laquelle a participé Jacques Rochel au moment des élections de 1993.
Contrairement à l'avis précédent j'ai beaucoup aimé le scénario qui décrit les efforts des représentants de l'ONU dans un environnement pas simple. En effet des groupes de Khmers rouges n'avaient pas abdiqué surtout dans cette région du nord, berceau natal de l'ancien dictateur. La guérilla contre l'armée vietnamienne avait relégitimer ces meurtriers auprès d'une frange de la population.
L'élément fiction du récit permet d'éviter une simple énumération documentaire des actions de l'ONU et introduit un élément sentimental et humain qui permet de souligner la difficulté politique de neutralité que devait absolument conserver les agents de l'ONU.
Le graphisme fait le travail à mon goût. Les personnages sont un peu figés mais l'ambiance des villages est bonne.
Enfin je note que Jacques Rochel ne se donne pas spécialement un bon rôle dans la série.
Une belle initiative qui met en valeur un moment clé de la pacification du Cambodge grâce aux efforts de l'ONU. C'est à souligner avant le désastre du Rwanda un an plus tard.
Michel Rabagliati, à travers sa série "Paul", nous offre un voyage intime et touchant dans la vie de son alter ego, Paul.
Alter-égo car ce n’est pas à proprement parler une autobiographie même si très inspiré par la vie de l’auteur. Michel Rabagliati prend certaines libertés narratives pour enrichir les histoires et raconte des moments clés de sa propre vie, offrant ainsi une introspection sincère et personnelle à travers le prisme de la fiction.
Chaque album est une tranche de vie, une fenêtre ouverte sur les moments marquants ou quotidiens, de ce personnage attachant.
L’ensemble se déroule au Québec et ça n'a pas été pour rien dans mon plaisir de lecture, c’est particulièrement intéressant de rentrer dans l’intimité de nos cousins si proches et si loins en même temps.
C’est la sincérité que j’apprécie peut être le plus dans ce type d’autobiographies, comme Les Petits Riens de Lewis Trondheim ou Les Imbuvables ou comment j'ai arrêté de boire de Julia Wertz.
“Paul à la maison” se concentre sur une période difficile de la vie de Pau autour de la cinquantaine, il doit faire face à des défis personnels significatifs, notamment la solitude, le vieillissement, et la perte. Le ton est plus sombre et plus mélancolique que les précédents albums, ce qui reflète bien les luttes internes de Paul que Rabagliati arrive à rendre accessibles.
Le dessin a beaucoup gagné en maturité même si j'ai toujours aimé ses lignes claires et épurées, je trouve qu'ici les expressions des personnages sont plus finement rendues.
Il se dégage une sorte de mélancolie qui m’a touchée alors que je suis plus réceptif à la joie habituellement.
Bon bah encore un très bon album de la part de Lou Lubie, je suis ravi d’être blasé ;)
On retrouve sa patte fluide, drôle et didactique. J’aime sa façon de s’emparer de sujets divers et variés, à chaque fois je trouve son traitement complet et original.
Ici l’objet de l’album peut paraître « futile » mais se révèle passionnant à suivre (et c’est un mec qui n’a plus grand chose sur le caillou qui vous le dit). J’ai appris de nombreuses choses sur un univers que je ne soupçonnais pas, la narration de l’auteure est toujours aussi agréable. L’héroïne est attachante et son parcours soulève bien d’autres questions sur la société ou sur l’identité. C’est toujours aussi fin et intelligent. Chapeau.
Un chouette album très bien réalisé, j’encourage sa lecture. Petit bonus, la couverture est très classe avec son effet relief.
Petit coup de cœur perso, ça m’a ouvert les yeux sur le temps « Salle de bain » de mes nièces, deux ados métisses adorables. Un album qui va faire le tour de la famille.
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Daredevil - End of Days
Que cache la mort de Daredevil ? - Il s'agit d'une série en 8 épisodes de 22 pages chacun (34 pour le premier), initialement parus en 2012/2013. le scénario est de Brian Michael Bendis et David Mack, les dessins de Klaus Janson, l'encrage de Bill Sienkiewicz, et la mise en couleurs de Matt Hollingsworth. Dans un futur proche, Daredevil et Bullseye sont en train de s'affronter dans une rue de New York, dans un combat d'une violence inouïe et d'une sauvagerie meurtrière. Bullseye finit par fracasser le crâne de Matt Murdock (ayant perdu son masque pendant le combat), qui a juste le temps de dire un dernier mot avant de rendre l'âme : Mapone. Toute la scène a été filmée par de nombreux newyorkais avec leur téléphone portable, pendant une heure et quarante-cinq minutes d'affrontement. Dans la salle de rédaction du Daily Buggle, Ben Urich regarde les images diffusées en boucle sur les chaînes d'information. J. Jonah Jameson vient le houspiller en exigeant de lui qu'il rédige un papier sur cet événement, qu'il est le plus qualifié pour faire honneur à Daredevil. À l'instar de Jerry Thompson, Ben Urich finit par se laisser convaincre et entame une série d'entretiens avec des individus ayant côtoyé Matt Murdock / Daredevil, amis, ennemis, amantes, afin de trouver le sens du mot Mapone. Cette histoire fut annoncée pour la première fois en 2007 par Marvel, s'inscrivant dans le cadre d'une série d'histoires parues dans la catégorie générique The end (La fin), comme Marvel Universe - The end ou Hulk - The end. Par la suite quelques autres projets se sont inscrits dans la même thématique : raconter les derniers jours d'un superhéros donné (même s'ils n'étaient pas affublés de l'étiquette The End) comme Spider-Man Empire de Kaare Andrews. 6 ans après la première annonce, les lecteurs découvrent enfin le résultat de cette longue gestation. Une partie de ce délai peut être imputable à Klaus Janson (encreur puis dessinateur historique de ce superhéros, avec Frank Miller) qui a peaufiné chacune de ses pages. Il est possible de reconnaître sa prédilection pour des perspectives anatomiques exagérées, mais fortement atténuées. Il utilise une mise en page de 6 à 7 cases en moyenne par page, avec quelques pleines pages, et une adaptation du nombre de cases en fonction des séquences (jusqu'à 16 cases sur une même page). En tournant les pages, le lecteur peut constater une narration graphique irréprochable en termes de lisibilité et de facilité de compréhension, en particulier une magnifique scène muette où Urich reconstitue le parcours d'une balle de revolver en pointant simplement du doigt (magistral). Il est possible de détecter quelques clins d'œil, tels la pleine page rendant hommage à la couverture d'Amazing Fantasy 15 (première apparition de Spider-Man), ou une pluie de flèches s'abattant sur Urich, évoquant la propension à l'exagération de Frank Miller dans la minisérie Wolverine réalisée avec Chris Claremont. En y regardant de plus près, le lecteur constate que Janson s'est vraiment appliqué pour réaliser des dessins complets, présentant une grande cohérence visuelle du début jusqu'à la fin. Son style reste marqué par les caractéristiques propres aux comics des années 1980 : décors simplistes, dialogues reposant régulièrement sur les visages, plutôt que sur une mise en scène totale (langage corporel et gestes des personnages). Malgré tout, Janson a su dépasser pour partie ces limites, en insérant les arrières plans très régulièrement (à l'exception d'un ou deux combats), et en conservant son approche adulte de dessiner, sans chercher à faire plaisir à l'œil du lecteur. Le manque de densité d'informations visuelles est largement compensé par l'encrage de Bill Sienkiewicz. Lorsque Janson estime qu'il peut réduire le nombre d'éléments dans une case, l'encrage se révèle déterminant pour conserver la cohérence visuelle. Sienkiewicz utilise un encrage qui insiste sur les aspérités, les lignes tremblées, les tâches noires anguleuses. Sans être pénibles à regarder, les dessins reflètent une forme d'usure, de rugosité propre à des individus et des choses ayant subi les épreuves du temps et de la vie, sans apprêt particulier pour être plus présentables, plus agréables à la vue. Ce travail d'encrage correspond à une interprétation des dessins, fidèle à l'intention de Janson, tout en leur un apportant un soutien nécessaire du point de vue des textures, et de l'impression générale. Grâce à Sienkiewicz, les dessins de Janson passent d'un niveau acceptable mais un peu daté, à une vision artistique plus affirmée. La participation picturale d'Alex Maleev et David Mack s'avère mineure par rapport à la pagination totale du récit. Maleev réalise 2 pleines pages (plus les couvertures, avec une apparition de Bendis en policier sur celle de l'épisode 3), Mack en réalise une dizaine (plus les couvertures alternatives, magnifiques). Sienkiewicz peint 2 ou 3 cases à l'intérieur du récit (magnifique case du Kingpin avec son gilet tel qu'il apparaissait dans Love and war), et il réalise la couverture alternative de l'épisode 8. Les apports de Maleev, Mack et Sinekiewicz constituent autant de clins d'oeil, sans se substituer à Klaus Janson, dessinateur de 95% des planches. Il était légitime que cette "dernière histoire" de Daredevil soit écrite par un de ses scénaristes les plus importants : Brian Michael Bendis. Il a choisi de collaborer avec un de ses amis des plus talentueux : David Mack (avec qui il avait réalisé une des premières aventures qu'il avait écrites). Mack avait également écrit le scénario d'une autre histoire de Daredevil : Parts of a hole. Bendis et Mack annoncent leur hommage dès le début : Ben Urich va partir à la recherche de la signification du mot Mapone en interrogeant les proches de Matt Murdock, comme l'avait fait le reporter Jerry Thompson, pour comprendre la signification du mot Rosebud dans Citizen Kane d'Orson Welles. Pour les lecteurs les moins convaincus, dans un dialogue, Urich évoque même la réponse qui a échappée à Thompson. Au péril de sa vie, Urich va donc aller à la recherche des personnages les plus évidents, comme d'autres moins connus (sans aller jusqu'à Jonathan Powers quand même). À partir de là, 2 possibilités. Soit le lecteur découvre le personnage de Daredevil ou ne connaît pas grand-chose sur lui. S'il n'a jamais vu "Citizen Kane", il découvre une enquête quasiment intelligible (peut-être pas complètement pour les femmes de la vie de Murdock), assez prenante, avec de beaux moments d'action. Soit il connaît parfaitement les personnages de la série, et il peut alors parier sur qui il retrouvera et découvrir l'avenir que leur ont concocté Bendis et Mack. le voyage reste agréable et prenant. Si le lecteur maîtrise la série Daredevil et a vu Citizen Kane, il ne pourra que faire le constat que Bendis et Mack ne sont pas Orson Welles et que chaque entretien n'est pas aussi révélateur que ceux conduits par Jerry Thompson. Il reste le plaisir indéniable d'une histoire bien racontée, d'un vrai suspense sur l'issue du récit, et d'une possibilité de dire adieu au personnage, dans une évocation prestigieuse, respectueuse et sensible.
Les 5 Terres
J’ai été vraiment circonspect à l’annonce de la sortie de “Les 5 Terres”. Déjà, et je fais amende honorable, je suis parti avec un biais : autant de monde à la baguette (7 personnes !) ca sent le blockbuster version BD et comme je suis allergique aux blockbusters en film en général… Ajoutons à cela la promesse d’en sortir un tous les 3 mois… Je me suis dit qu’il y avait peu de chances que j’accroche. Ca plus la succession des tomes, j’allais de toutes façons attendre les retours sur le premier cycle avant de m’y mettre. Et force est d’avouer que les retours sont bons, voire très bons, voire très très bons, ici comme ailleurs. L’occasion des vacances d’hiver, le feu de cheminées, le bouquiniste du coin qui a l’ensemble des tomes en stock… Plus d'excuse… Je ne vous refais pas le synopsis, je pense qu’il est maintenant dur de passer à côté. Un monde fantastique divisé en cinq royaumes animaux : les félins, les ours, les cervidés, les reptiles et les singes. Chaque royaume a ses propres cultures, traditions et intrigues politiques. Le scénario : il y a ici un boulot incontestable pour avoir une histoire aussi riche en intrigues politiques, complots, trahisons et alliances. Avec en plus de la profondeur et de la complexité dans les relations entre les personnages. Et le tout en parvenant à maintenir un équilibre entre des arcs narratifs multiples, chaque royaume ayant sa propre dynamique et ses propres enjeux. Bim ! Oui grosse prod, mais oui gros travail aussi. Les personnages sont bien développés, avec beaucoup de traits distinctifs malgré le nombre et des interactions entre les personnages denses qui apportent son lot d'émotions à l’histoire. La narration est bien structurée avec un bon équilibre entre les moments de tension et les périodes plus calmes de développement des personnages. Je n’ai au final jamais trouvé un passage trop long, et pourtant il y en a des pages ! Visuellement, on atteint l’excellence, avec des dessins détaillés et une palette de couleurs riche qui donne vie à ce monde fantastique. C’est peut être même trop carré dans la mise en page qui se répète un peu d’un album à l’autre de manière très structurée. Les paysages et les décors jouent bien leur rôle, essentiel dans ce genre de séries. C’est pro, super pro. En fait presque trop. Tout est présent pour faire un cocktail parfait : richesse du scénario, narration maîtrisée, profondeur des personnages et pour couronner le tout, le dessin et les couleurs.... Que dire ? Eh bien pour une fois je vais même me fendre d’un peu plus de détails pour chaque album. Ma conclusion avant la longue fin : Les recettes des grosses production sont déroulées avec professionnalisme. Mais les auteurs resteront-ils toujours sur ce même montage de cycle pour maintenir leur productivité ou y’a t’il des surprises à venir à ce sujet ? En fonction de cela mon coeur balancera de 4 étoiles à 5, il faut sortir des carcans pour devenir culte. Je reste dans l’attente avec un 4 qui ne demande qu’à être mis à jour aujourd’hui. ------ Cycle I - Angleon ------ **** Tome 1 : “De toutes mes forces” **** Le roi Cyrus est gravement malade et sa succession provoque des tensions au sein du royaume des félins (ça me rappelle quelque chose ?). Les complots et les intrigues de cour s’intensifient tandis que plusieurs prétendants se préparent à se disputer le trône. Ce premier tome pose efficacement les bases de l’univers complexe des Cinq Terres, présentant les différents personnages et les enjeux politiques sans tomber dans l’ennui d’un didacticiel de prise en mains. Heureusement, le tome met un peu de temps à vraiment démarrer, se concentrant beaucoup sur la mise en place. **** Tome 2 : “Quelqu’un de vivant” **** Les intrigues se poursuivent alors que la santé du roi Cyrus continue de décliner. Les prétendants au trône manœuvrent pour renforcer leur position et éliminer leurs rivaux. Les jeux de pouvoir et les manœuvres politiques deviennent ici plus intenses et intéressants. Les personnages continuent d’évoluer, et prennent de la profondeur. **** Tome 3 : “L’amour d’un imbécile” **** Les tensions atteignent un point de rupture. La violence commence à éclater alors que les prétendants au trône montrent leurs véritables couleurs. Les personnages sont confrontés à des choix difficiles qui révèlent leur véritable nature. **** Tome 4 : “La même férocité” **** Le conflit s’intensifie et les luttes pour le pouvoir deviennent de plus en plus violentes. Les personnages principaux sont poussés à leurs limites, révélant leurs forces et leurs faiblesses. Ce tome est plus axé sur l’action qui en envoie visuellement. **** Tome 5 : “L’objet de votre haine” **** Les conflits atteignent leur paroxysme et la lutte pour le pouvoir touche à sa fin. Les destins des personnages se croisent et se résolvent. Je n’en dirai pas plus. **** Tome 6 : “Pas la force” **** Les conflits atteignent leur résolution finale, apportant une conclusion au premier cycle. Le tome offre une conclusion satisfaisante aux arcs narratifs du premier cycle, répondant aux questions et résolvant les conflits. Les scènes finales sont magnifiquement illustrées, offrant une conclusion visuelle puissante. ------ Cycle II - Lys ------ Le second cycle se déplace des terres des félins vers celles des primates, à Alysandra, la capitale de Lys. Ce cycle explore les dynamiques de pouvoir, les luttes de clan, et les personnages de cette nouvelle région, tout en gardant un lien avec le premier cycle à travers le personnage de Keona. On passe à présent dans un environnement d’inspiration asiatique. **** Tome 7 : “L’Heure du cadeau” **** Keona, la fille de la reine, revient chez elle après avoir été otage des félins pendant des années. Pendant ce temps, Alissa, une primate redoutable, sort de prison et retrouve sa famille qui dirige le clan du Sistre. Le déplacement de l’intrigue vers Lys apporte un souffle nouveau et permet d’explorer une nouvelle culture et de nouveaux conflits. Les dessins restent de haute qualité, capturant l’essence et la culture de Lys. Le tome prend du temps pour poser les bases de ce nouveau cycle, ce qui tranche avec la fin riche en action du cycle précédent. **** Tome 8 : “Plus morte que morte” **** On est repartis pour un tour, les intrigues et les luttes de pouvoir continuent de s’intensifier à Alysandra, alors que les personnages naviguent dans un environnement politique de plus en plus dangereux. **** Tome 9 : “Ton rire intérieur” **** Les luttes pour le pouvoir atteignent de nouveaux sommets. Les alliances se forment et se défont alors que les personnages sont poussés à leurs limites. L’intrigue continue de se développer de manière très intéressante, avec des rebondissements et des révélations importantes. Les personnages sont bien développés, montrant leurs évolutions et leurs luttes internes. **** Tome 10 : “Réapprendre la peur” **** Les personnages doivent affronter de nouvelles menaces et défis, testant leur courage et leurs alliances. L’introduction de nouvelles menaces et défis ajoute de la tension et du suspense. Compliqué d’en dire plus ici sans spoil. **** Tome 11 : “Tomber vraiment” **** Les conflits et les intrigues atteignent leur paroxysme, mettant les personnages face à des choix décisifs. On arrive au climax de ce cycle. **** Tome 12 : “La première à mourir” **** Les conflits atteignent leur résolution finale, apportant une conclusion au second cycle et préparant le terrain pour les développements futurs. Encore une fois, j’ai trouvé la conclusion satisfaisante, la boucle est bouclée et on peut en relancer un autre.
Lulu Femme Nue
On suit ici l’histoire de Lulu, une femme ordinaire qui décide de tout quitter et de partir seule à l’aventure. Ce road trip improvisé lui permet de rencontrer diverses personnes et de se redécouvrir. Étienne Davodeau nous offre ici un récit introspectif sur la quête de soi et la liberté. J’ai trouvé l’intrigue globalement plaisante, même si elle avance à un rythme lent. Cette lenteur peut donner l’impression que l’histoire manque de substance. Cependant, ce rythme tranquille correspond bien au ton du récit, accentuant l’aspect contemplatif et introspectif de la vie de Lulu. Lulu est un personnage attachant et complexe. Sa fuite et ses rencontres sont autant de miroirs de ses propres questionnements et désirs. Les personnages secondaires, bien que parfois stéréotypés, apportent des nuances et des perspectives intéressantes. Ils enrichissent l’histoire et permettent de mieux comprendre l’évolution de Lulu. Leur humanité simple et sincère m’a plue. Étienne Davodeau excelle dans la création d’ambiances avec son style de dessin. Ses illustrations, bien que simples, sont expressives et servent bien l’atmosphère du récit. Les paysages, les scènes de la vie quotidienne et les expressions des personnages sont rendus avec une justesse qui accentue la proximité émotionnelle avec l’histoire de Lulu. Au final c’est une BD que j’apprécie pour sa simplicité et sa sincérité. Le rythme lent peut donner une sensation de creux à certains. Comme beaucoup de livres de Davodeau, c’est une œuvre qui demande une certaine disposition d’esprit et une affection pour les histoires de vie contemplatives et sincères.
Horologiom
J’ai pris beaucoup de plaisir à relire cette BD que j’avais empruntée il y a maintenant … 25 ans :) J’avais été bluffé à l’époque et je lui aurais clairement mis 5 étoiles. Avec quelques années et lectures de plus, je me rends compte que “Horologiom” n’est pas la seule série à avoir créé un monde aussi riche. Fabrice Lebeault nous invite à explorer une métropole où les émotions humaines sont perçues comme des faiblesses et où les habitants sont prisonniers d’une bureaucratie implacable, dirigée par des horloges et des mécanismes minutieux. L’histoire débute sur une note mystérieuse, et Lebeault parvient à maintenir une certaine tension tout au long de la série même si j’ai trouvé cette fois des longueurs inutiles. Visuellement, je le trouve toujours aussi réussi. Lebeault excelle dans la création de cette cité steampunk, les horloges et les mécanismes qui peuplent chaque page sont autant de petites œuvres d’art. Les thèmes abordés dans “Horologiom” ne sont pas nouveaux mais sont bien intégrés à l’intrigue. La critique de la bureaucratie et de la déshumanisation par la technologie résonne particulièrement dans notre époque contemporaine.
T'inquiète
Un album collectif, réalisé par quelques piliers des éditions 6 Pieds sous Terre, dont j’attendais beaucoup, et qui ne m’a pas déçu. Si j’ai préféré les passages développés par Fabcaro et Bouzard, c’est bien l’ensemble qui mérite le détour – pour peu que vous soyez réceptif à ce type d’humour con et surtout absurde, loufoque, genre dans lequel baignent ces péripéties hautement improbables, mais vraiment réjouissantes. Les auteurs se mettent en scène. Rescapés d’un accident d’avion ancien, ils doivent se retrouver pour former un orchestre. Nous les voyons donc partir chacun de leur côté vers ce rendez-vous, pour finalement se retrouver. Chaque auteur « drive » son alter-ego, chacun alternant avec ses collègues (sur quelques pages, parfois dans la même planche) et je dois dire que le rendu d’ensemble est fluide, et, malgré les différences de style graphique, mais aussi narratif, j’ai bien aimé cette histoire, qui se laisse lire très bien et agréablement, avec de très nombreux passages amusants (le personnage d’imbécile tronçonneur de Bouzard est vraiment impayable !). De l’humour indé drôle et bon enfant, un travail collectif qui fonctionne, on a là une lecture plus que sympathique !
Carnet de santé foireuse
Je suis assez impressionné par la manière dont Pozla a réussi à équilibrer douleur et humour dans un même album. Il traite de manière brute et sincère la réalité de vivre avec la maladie de Crohn. Pozla partage son quotidien depuis les symptômes initiaux jusqu’aux diagnostics, en passant par les traitements et les opérations. Malgré le sujet lourd, Pozla parvient à injecter une bonne dose d’humour dans son récit. Ses illustrations et commentaires désarmants rendent le récit plus accessible. L’humour sert certainement ici de mécanisme de défense et de survie, nous permettant de naviguer à travers les moments les plus difficiles avec une certaine légèreté. Le style graphique de Pozla est vif et expressif, utilisant des traits énergiques et une palette de couleurs variée pour illustrer ses douleurs et émotions. Les dessins oscillent entre réalisme et caricature, et cette combinaison de styles contribue à rendre le récit à la fois poignant et engageant. J’ai beaucoup aimé la mise en page utilisant différentes structures de cases. En jouant avec les formats, Pozla souligne encore plus les hauts et les bas de sa vie avec la maladie La sincérité des autobiographies est toujours un sujet qui me touche et ici on est dans une authenticité très marquée. Pozla signe ici une oeuvre que j’ai trouvée sacrément forte en sensations, équilibrant les moments de douleur et de désespoir avec des éclats d’humour et de résilience. Note réelle 4,5 / 5 mais je ne pense pas qu’on puisse parler d’une oeuvre culte.
L'Oasis
"L’Oasis" de Simon Hureau est un album qui nous plonge dans… son jardin dont il décide de faire un véritable sanctuaire de biodiversité. Mais c’est plus que le sujet de son jardin dont il est question ici, c’est aussi et surtout une réflexion sur notre rapport à la nature et à l’espace personnel. Je ne suis pas certain d’être ici 100% objectif car je partage complètement sa philosophie du jardin. J’ai trouvé la narration très fluide avec un savant mélange de pratique, réflexions philosophiques et poésie. J’ai également beaucoup aimé le dessin de Simon Hureau que je découvre et que j’ai trouvé à la fois détaillé et expressif. Comme dans Les Grands Espaces de Catherine Meurisse, je trouve que la beauté et la diversité de la faune et de la flore, ainsi que les saisons qui passent sont fidèlement mis en dessin. Ces deux auteurs aiment visiblement la nature et cela se voit dans leur dessin. Je trouve ici l’auteur profondément attachant dans sa quête de transformation de son espace de vie en un écosystème riche et équilibré. Son enthousiasme et sa détermination sont très communicatifs. Plus qu’une lecture sur la nature ou le jardinage, c’est un moment de lecture apaisant que nous offre Simon Hureau.
Sur la route de Banlung
J'ai bien apprécié cette série qui mêle fiction et documentaire. La thématique du génocide Cambodgien est un sujet qui me touche beaucoup. La période décrite dans la série est postérieure mais dépend directement des événements que les Cambodgiens ont subi depuis près de 20 ans. A la suite du génocide perpétué par les Khmers rouges puis la guerre contre le Vietnam, il a fallu reconstruire et stabiliser les institutions du pays. Ce fut la mission de l'UNTAC (United Nation Transitional Authority in Cambodia) à laquelle a participé Jacques Rochel au moment des élections de 1993. Contrairement à l'avis précédent j'ai beaucoup aimé le scénario qui décrit les efforts des représentants de l'ONU dans un environnement pas simple. En effet des groupes de Khmers rouges n'avaient pas abdiqué surtout dans cette région du nord, berceau natal de l'ancien dictateur. La guérilla contre l'armée vietnamienne avait relégitimer ces meurtriers auprès d'une frange de la population. L'élément fiction du récit permet d'éviter une simple énumération documentaire des actions de l'ONU et introduit un élément sentimental et humain qui permet de souligner la difficulté politique de neutralité que devait absolument conserver les agents de l'ONU. Le graphisme fait le travail à mon goût. Les personnages sont un peu figés mais l'ambiance des villages est bonne. Enfin je note que Jacques Rochel ne se donne pas spécialement un bon rôle dans la série. Une belle initiative qui met en valeur un moment clé de la pacification du Cambodge grâce aux efforts de l'ONU. C'est à souligner avant le désastre du Rwanda un an plus tard.
Paul à la maison
Michel Rabagliati, à travers sa série "Paul", nous offre un voyage intime et touchant dans la vie de son alter ego, Paul. Alter-égo car ce n’est pas à proprement parler une autobiographie même si très inspiré par la vie de l’auteur. Michel Rabagliati prend certaines libertés narratives pour enrichir les histoires et raconte des moments clés de sa propre vie, offrant ainsi une introspection sincère et personnelle à travers le prisme de la fiction. Chaque album est une tranche de vie, une fenêtre ouverte sur les moments marquants ou quotidiens, de ce personnage attachant. L’ensemble se déroule au Québec et ça n'a pas été pour rien dans mon plaisir de lecture, c’est particulièrement intéressant de rentrer dans l’intimité de nos cousins si proches et si loins en même temps. C’est la sincérité que j’apprécie peut être le plus dans ce type d’autobiographies, comme Les Petits Riens de Lewis Trondheim ou Les Imbuvables ou comment j'ai arrêté de boire de Julia Wertz. “Paul à la maison” se concentre sur une période difficile de la vie de Pau autour de la cinquantaine, il doit faire face à des défis personnels significatifs, notamment la solitude, le vieillissement, et la perte. Le ton est plus sombre et plus mélancolique que les précédents albums, ce qui reflète bien les luttes internes de Paul que Rabagliati arrive à rendre accessibles. Le dessin a beaucoup gagné en maturité même si j'ai toujours aimé ses lignes claires et épurées, je trouve qu'ici les expressions des personnages sont plus finement rendues. Il se dégage une sorte de mélancolie qui m’a touchée alors que je suis plus réceptif à la joie habituellement.
Racines (Lou Lubie)
Bon bah encore un très bon album de la part de Lou Lubie, je suis ravi d’être blasé ;) On retrouve sa patte fluide, drôle et didactique. J’aime sa façon de s’emparer de sujets divers et variés, à chaque fois je trouve son traitement complet et original. Ici l’objet de l’album peut paraître « futile » mais se révèle passionnant à suivre (et c’est un mec qui n’a plus grand chose sur le caillou qui vous le dit). J’ai appris de nombreuses choses sur un univers que je ne soupçonnais pas, la narration de l’auteure est toujours aussi agréable. L’héroïne est attachante et son parcours soulève bien d’autres questions sur la société ou sur l’identité. C’est toujours aussi fin et intelligent. Chapeau. Un chouette album très bien réalisé, j’encourage sa lecture. Petit bonus, la couverture est très classe avec son effet relief. Petit coup de cœur perso, ça m’a ouvert les yeux sur le temps « Salle de bain » de mes nièces, deux ados métisses adorables. Un album qui va faire le tour de la famille.