Franchement même si ça peut surprendre, moi j'ai vraiment aimé. J'ai aimé le noir & blanc avec ses touches de sépia, ça fait un peu époque et les dessins sont éblouissants.
Entre réalisme et caricature, ça le fait vraiment. On s’y croit. Je n'ai pas trop remarqué le côté brouillon que l'on décrit dans les autres commentaires car je me suis entièrement plongée dans cette histoire. C'est sûr, ça ne se lit pas en 5 minutes et c'est ça qui est génial. Trop marre des BD que l'on lit entre 2 métros tellement l'histoire contient en 2 mots. Que l'on raconte l’histoire avec des flash back, pourquoi pas, ça m’a fait penser aux films de Tarantino ou de Guy Richie qui font des arrêt sur image pour ajouter un commentaire. J’en suis fan.
Alors chapeau d’avoir essayé ça en BD.
Une série qui est un très habile mélange de thriller et de fantastique.
J'aime bien ce postulat : à New York, dans les années 30, un astrologue va se trouver confronté à de curieuses innovations techniques et scientifiques ; innovations qui sont maintenant habituelles dans notre quotidien actuel.
Curieuse série aussi de par son héros : il apparaît en effet dans Rork, du même auteur. Dans le cinquième tome de cette série (paru chez Le Lombard en 1990), Rork lit un fascicule qui conte -entre autres- les exploits du chiromancien, et qu'il contactera.
Cette rencontre donnera alors la naissance de cette série autonome.
Pas grand chose -éventuellement- à jeter. Le postulat, le contexte sortent un peu du thème de séries "banalisées". Andréas n'a pas ici l'intention de me balancer tel ou tel message à la tête, de lancer des cris d'alarme. Mais par le biais de cette oeuvre de fiction, forte quand même, il tient à dénoncer -et à nous montrer- quelques errements et excès de notre société actuelle.
Le graphisme ?... c'est peut-être sa nationalité allemande qui "joue" ici. Andréas (bien qu'installé en Bretagne) y va d'un dessin un peu "gothique" de par son sens du traitement du trait.
J'ai la nette impression que cet auteur -qui peut tout faire- montrera bientôt qu'il est un des très grands de la BD contemporaine...
Vous ne me croyez pas ?.. Vous verrez...
Note approximative : 3.5/5
Est-ce que ce gros album de manga est bien ? Oui.
Est-ce qu'il vaut son prix assez élevé ? Oui, je pense.
Est-ce qu'il mérite d'obtenir le grand prix d'Angoulême ? Non, pas à mes yeux.
Car ce manga est très sympathique, c'est certain, mais rien ne le rend particulièrement excellent, ou du moins au même niveau que les meilleures BD parues en 2006.
Les qualités de cet album sont nombreuses.
Cornelius nous offre tout d'abord un bel objet, gros, solide et agréable à paginer.
Le dessin est tout à fait agréable. Pourtant j'ai eu du mal à me faire à ses personnages simples et assez caricaturaux, aux traits me rappelant ceux de personnages à la Tezuka. Mais ces faciès s'assimilent assez rapidement et surtout contrastent de belle manière avec des décors eux très réalistes et travaillés. Cela permet de bénéficier à la fois d'une narration graphique fluide et simple et de décors très intéressants et beaux. Une belle façon de raconter une histoire en image et de nous plonger de manière vivante dans le passé du Japon.
Le récit ensuite est assez original mêlant émotion douce, touche de fantastique et intérêt culturel et historique.
L'auteur parvient avec brio à retranscrire l'ambiance de cet authentique village japonais, ambiance empreinte de superstition, de vie de famille et de petites querelles de clocher/autel de prière. A bien des moments je me suis laissé entraîner, ressentant les frissons des enfants qui s'imaginent plongés dans la brume, la nuit, avec des Yokaï les suivant insidieusement dans l'obscurité. Et flschhh font les vagues sur la plage tranquille...
Le récit permet de découvrir une époque, celle de la vie plus ou moins rurale dans le Japon des années trente, vie relativement dure - les enfants mouraient jeunes à cette époque -, pleine de mille et un rites et croyances, mais aussi pleine de vie, d'amusement et de sentiments.
En outre, les personnages sont attachants et dotés de personnalités intéressantes. Le jeune héros et NonNonBâ en sont de bons exemples. Mais j'apprécie aussi beaucoup le père du héros, un japonais finalement très moderne avec sa philosophie de vie, ses ambitions, sa douce flemmardise et son imagination.
Tout cela m'a procuré un intérêt et un plaisir simple de lecture.
Cependant, le récit ne m'a pas captivé plus que cela. Rien ne donne particulièrement envie de dévorer chaque page. Et les émotions, même quand elles sont bien distillées, ne m'ont pas marqué plus que cela. Tant et si bien qu'arrivé en fin d'album, j'avais l'impression d'avoir fait une lecture plaisante mais je ne quittais pas avec un réel regret les personnages et ce village. Et au moment où j'écris ces mots, je doute que NonNonBâ aie vraiment marqué mon esprit autant que je l'aurais souhaité.
Ce qui saute aux yeux quand on lit L'écorché, c'est la beauté des planches. Jetez un oeil à la galerie, vous en aurez un premier aperçu... La maîtrise graphique de Pellejero est impressionnante. Les couleurs soulignent son talent avec force, pour un rendu final magnifique, parfaitement adapté à l'époque historique traitée.
Ajoutons à cela une histoire intéressante, prometteuse, caractéristique des scénarios de Giroud, et vous obtenez une BD particulièrement agréable.
Avec son lot de mystères, L'écorché se révèle tout aussi bien construit que ses séries soeurs. Mais graphiquement, elle se situe bien au-dessus, pour notre plus grand plaisir.
Les meilleures histoires sont souvent les plus simples. Celle de Rosangella est de celles-là : une histoire pleine de souvenirs, forte, intense. On s'attache vite à ces personnages que l'on a tous croisés au moins une fois dans sa vie, directement ou par personne interposée.
Artistiquement, je suis par contre plus mitigé qu'enchanté : autant les couleurs sont le plus souvent splendides, autant le dessin pêche vraiment par moment (notamment au niveau des visages qui sont parfois franchement ratés, surtout dans les perspectives). C'est ce qui enlève une étoile à ma note finale.
Une très bonne BD.
J'ai pensé lire une histoire qui traite de pédophilie... mais non : c'est plutôt la difficulté de la construction d'un secret ; secret qui va poursuivre quelqu'un jusqu'à l'âge adulte.
Et c'est à cette période, à un moment de sa vie -décidé en un instant peut-être- qu'Olivier a décidé de parler de Pierre.
Et j'ai lu l'histoire d'Olivier Ka, le scénariste, maintenant âgé de 40 ans. Olivier qui aura traîné un long boulet pendant quelque 25 années. Un boulet qui a la forme d'un curé qui lui a demandé de lui masser le ventre lors de colonies de vacances.
Olivier a vécu 25 années de malaises, de souffrances que personne n'a comprises. Je l'ai accompagné dans cette sorte de quête mentale et morale, qu'il a menée en se disant "un jour, il faudra que j'en parle". C'est maintenant fait.
Et c'est sous le graphisme imaginatif -mais juste- de son copain Alfred que cette sorte "d'expulsion" est arrivée à se produire.
Une histoire, un album "règlement de comptes" ?... Pas vraiment. Dans son textuel, Olivier n'émet aucun jugement, ne stigmatise personne. Il a juste voulu dire "qu'un jour, ça c'est produit"... Son histoire d'ailleurs, fait aussi preuve d'humour, d'une sorte de "cocasserie" ; mais elle est terrible.
Olivier a traîné ce boulet pendant 25 ans, boulet relié par une chaîne. Est-elle brisée pour autant ? Je ne le pense pas... du tout.
Une "petite histoire", car en réalité elle n'aura(it) duré que quelques minutes réelles ; mais une histoire qui en fait un "grand livre".
Je suis quand même vraiment content d'une chose : les moeurs ont changé. Avant, "on ne parlait pas de ça...". Maintenant, on le fait... enfin, je crois...
Comment ne pas faire le parallèle avec la série Le Tueur de Luc Jacamon et Matz, publiée également chez Casterman, dans la collection "ligne rouge" ? Même si le thème est différent, on ne peut que faire allusion à cette formidable série à la lecture de "Malone".
J'ai été vraiment bluffé par ce premier numéro de ce diptyque. Ce premier opus alterne sans cesse scènes bavardes (voire très bavardes), et scènes muettes.
Nous suivons le parcours d'un tueur cynique et froid, que l'aspect souvent silencieux de certaines pages, rend encore plus mystérieux.
Je déplore pourtant certains effets de style à la "matrix" (voir page 16 ) qui n'apporte rien à l'histoire et font plus sourire qu'autre chose, atténuant ainsi le côté spectaculaire de l'intrigue.
Le scénario de Michel Rio repose essentiellement sur le personnage du tueur (dont on ne connaît même pas le nom tout au long de cet épisode); élément assez paradoxal pour une série qui s'intitule "Malone", du nom du commissaire divisionnaire chargé de l'enquête, que l'on découvre seulement à la fin de l'album.
J'ai apprécié la maîtrise scénaristique mettant en évidence le sang froid de ce tueur, sans état d'âme et calculateur.
Convaincu par cette nouvelle série, j'en conseille évidemment la lecture.
"Le Marquis d’Anaon" ou le Marquis des âmes défuntes...
Entre conte, légende et le fantastique, Vehlmann, fait vivre à son héros Jean-Baptiste Poulain, le fameux Marquis, des aventures mystérieuses et surnaturelles. Nous sommes au XVIIème siècle, les croyances, les superstitions et les on-dit font foi et mène la vie dur au esprit cartésien et à la science. C’est dans cette atmosphère très sombres et pesant que le jeune aventurier va tenter de lever le voile sur d’affreux mystères. Chaque tome est une histoire indépendante mais il est préférable d’entamer la série par le début pour voir progresser Jean-Baptiste. Au départ, il est un spectateur et un dépositaire de l’ordre morale et cartésienne, pour devenir un vrai protagoniste actif mais pessimiste, toujours profondément scientifique mais beaucoup plus ouvert à l’inconnu. Les scénarii de cette série sont bien tournés et m’ont bien accroché à partir de la fin du premier tome. Série à découvrir si ce n’est pas encore fait.
Graphiquement, ce n’est pas ma tasse de thé, mais je dois bien avouer que c’est tout de même plutôt bon, tout en sortant des sentiers battus sans pour autant tomber dans -l’abstrait intello pseudo branché-. Les traits de Bonhomme sont francs, secs et rectilignes, il y a peu de place pour la rondeur. Ça donne des planches nerveuses et un style semi réaliste assez original.
Les couleurs de Delf suivent bien le dessin avec des tons assez sombres mais bien tranchés qui ne laissent pas de place aux dégradés et qui accentuent le côté anguleux de l’encrage.
D'habitude, je fuis comme la peste les BD primées à Angoulême.
En 2007, il se trouve que c'est Trondheim qui était président, que j'aime bien Trondheim (l'homme, pas trop ses BD), et qu'il voulait donner un petit coup de pied dans la fourmilière institutionnelle qu'est le Festival Angoulême.
Il se trouve aussi que pour la première fois, c'est un manga qui est primé, et que de toute façon, je l'avais déjà acheté bien avant son prix ;)
Donc : "NonNonBâ" raconte sous forme de petites histoires courtes les souvenirs d'enfance de son auteur. Cette petite mémé (NonNonBâ) a le don de raconter la vie à travers les croyances populaires japonaises centrées autour des yokai, les fantômes (âmes) se trouvant dans toute chose.
Le dessin paraîtra un peu vieillot pour certain, mais il n'est pas désagréable pour autant : il faut dire que son auteur est loin d'être tout jeune.
La narration est inégale, mais ces chroniques très simples sont d'autant plus touchantes que l'on avance dans le livre. Un peu d'humour, beaucoup de tendresse, des réflexions sur la vie que peut se poser un enfant, ses rapports avec la mort ou l'amour.
Cette BD est au final très rafraîchissante et donne, à nous occidentaux, une vision très particulière et inhabituelle du Japon rural des années 30. Un petit bijou.
Bonne histoire, simple, assez fraîche.
Un scénario pas si mal que ça, même bien, assez drôle mais manquant un peu d'humour à mon goût. J'en demande trop peut être. Une bd qui se lit assez vite, avec une simplicité et une fluidité très intéressantes.
Par contre les dessins, c'est du schématique classique (mais les traits sont nets). Ils manquent un peu de caractère.
Les textes sont pas mal, c'est ce que j'apprécie le plus avec le scénar et la fin qui d'ailleurs est très réaliste.
Ouais, j'aime bien.
Je conseille à tout le monde de la lire au moins une fois, pour changer un peu.
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Franchement même si ça peut surprendre, moi j'ai vraiment aimé. J'ai aimé le noir & blanc avec ses touches de sépia, ça fait un peu époque et les dessins sont éblouissants. Entre réalisme et caricature, ça le fait vraiment. On s’y croit. Je n'ai pas trop remarqué le côté brouillon que l'on décrit dans les autres commentaires car je me suis entièrement plongée dans cette histoire. C'est sûr, ça ne se lit pas en 5 minutes et c'est ça qui est génial. Trop marre des BD que l'on lit entre 2 métros tellement l'histoire contient en 2 mots. Que l'on raconte l’histoire avec des flash back, pourquoi pas, ça m’a fait penser aux films de Tarantino ou de Guy Richie qui font des arrêt sur image pour ajouter un commentaire. J’en suis fan. Alors chapeau d’avoir essayé ça en BD.
Capricorne
Une série qui est un très habile mélange de thriller et de fantastique. J'aime bien ce postulat : à New York, dans les années 30, un astrologue va se trouver confronté à de curieuses innovations techniques et scientifiques ; innovations qui sont maintenant habituelles dans notre quotidien actuel. Curieuse série aussi de par son héros : il apparaît en effet dans Rork, du même auteur. Dans le cinquième tome de cette série (paru chez Le Lombard en 1990), Rork lit un fascicule qui conte -entre autres- les exploits du chiromancien, et qu'il contactera. Cette rencontre donnera alors la naissance de cette série autonome. Pas grand chose -éventuellement- à jeter. Le postulat, le contexte sortent un peu du thème de séries "banalisées". Andréas n'a pas ici l'intention de me balancer tel ou tel message à la tête, de lancer des cris d'alarme. Mais par le biais de cette oeuvre de fiction, forte quand même, il tient à dénoncer -et à nous montrer- quelques errements et excès de notre société actuelle. Le graphisme ?... c'est peut-être sa nationalité allemande qui "joue" ici. Andréas (bien qu'installé en Bretagne) y va d'un dessin un peu "gothique" de par son sens du traitement du trait. J'ai la nette impression que cet auteur -qui peut tout faire- montrera bientôt qu'il est un des très grands de la BD contemporaine... Vous ne me croyez pas ?.. Vous verrez...
NonNonBâ
Note approximative : 3.5/5 Est-ce que ce gros album de manga est bien ? Oui. Est-ce qu'il vaut son prix assez élevé ? Oui, je pense. Est-ce qu'il mérite d'obtenir le grand prix d'Angoulême ? Non, pas à mes yeux. Car ce manga est très sympathique, c'est certain, mais rien ne le rend particulièrement excellent, ou du moins au même niveau que les meilleures BD parues en 2006. Les qualités de cet album sont nombreuses. Cornelius nous offre tout d'abord un bel objet, gros, solide et agréable à paginer. Le dessin est tout à fait agréable. Pourtant j'ai eu du mal à me faire à ses personnages simples et assez caricaturaux, aux traits me rappelant ceux de personnages à la Tezuka. Mais ces faciès s'assimilent assez rapidement et surtout contrastent de belle manière avec des décors eux très réalistes et travaillés. Cela permet de bénéficier à la fois d'une narration graphique fluide et simple et de décors très intéressants et beaux. Une belle façon de raconter une histoire en image et de nous plonger de manière vivante dans le passé du Japon. Le récit ensuite est assez original mêlant émotion douce, touche de fantastique et intérêt culturel et historique. L'auteur parvient avec brio à retranscrire l'ambiance de cet authentique village japonais, ambiance empreinte de superstition, de vie de famille et de petites querelles de clocher/autel de prière. A bien des moments je me suis laissé entraîner, ressentant les frissons des enfants qui s'imaginent plongés dans la brume, la nuit, avec des Yokaï les suivant insidieusement dans l'obscurité. Et flschhh font les vagues sur la plage tranquille... Le récit permet de découvrir une époque, celle de la vie plus ou moins rurale dans le Japon des années trente, vie relativement dure - les enfants mouraient jeunes à cette époque -, pleine de mille et un rites et croyances, mais aussi pleine de vie, d'amusement et de sentiments. En outre, les personnages sont attachants et dotés de personnalités intéressantes. Le jeune héros et NonNonBâ en sont de bons exemples. Mais j'apprécie aussi beaucoup le père du héros, un japonais finalement très moderne avec sa philosophie de vie, ses ambitions, sa douce flemmardise et son imagination. Tout cela m'a procuré un intérêt et un plaisir simple de lecture. Cependant, le récit ne m'a pas captivé plus que cela. Rien ne donne particulièrement envie de dévorer chaque page. Et les émotions, même quand elles sont bien distillées, ne m'ont pas marqué plus que cela. Tant et si bien qu'arrivé en fin d'album, j'avais l'impression d'avoir fait une lecture plaisante mais je ne quittais pas avec un réel regret les personnages et ce village. Et au moment où j'écris ces mots, je doute que NonNonBâ aie vraiment marqué mon esprit autant que je l'aurais souhaité.
Secrets - L'écorché
Ce qui saute aux yeux quand on lit L'écorché, c'est la beauté des planches. Jetez un oeil à la galerie, vous en aurez un premier aperçu... La maîtrise graphique de Pellejero est impressionnante. Les couleurs soulignent son talent avec force, pour un rendu final magnifique, parfaitement adapté à l'époque historique traitée. Ajoutons à cela une histoire intéressante, prometteuse, caractéristique des scénarios de Giroud, et vous obtenez une BD particulièrement agréable. Avec son lot de mystères, L'écorché se révèle tout aussi bien construit que ses séries soeurs. Mais graphiquement, elle se situe bien au-dessus, pour notre plus grand plaisir.
Rosangella
Les meilleures histoires sont souvent les plus simples. Celle de Rosangella est de celles-là : une histoire pleine de souvenirs, forte, intense. On s'attache vite à ces personnages que l'on a tous croisés au moins une fois dans sa vie, directement ou par personne interposée. Artistiquement, je suis par contre plus mitigé qu'enchanté : autant les couleurs sont le plus souvent splendides, autant le dessin pêche vraiment par moment (notamment au niveau des visages qui sont parfois franchement ratés, surtout dans les perspectives). C'est ce qui enlève une étoile à ma note finale. Une très bonne BD.
Pourquoi j'ai tué Pierre
J'ai pensé lire une histoire qui traite de pédophilie... mais non : c'est plutôt la difficulté de la construction d'un secret ; secret qui va poursuivre quelqu'un jusqu'à l'âge adulte. Et c'est à cette période, à un moment de sa vie -décidé en un instant peut-être- qu'Olivier a décidé de parler de Pierre. Et j'ai lu l'histoire d'Olivier Ka, le scénariste, maintenant âgé de 40 ans. Olivier qui aura traîné un long boulet pendant quelque 25 années. Un boulet qui a la forme d'un curé qui lui a demandé de lui masser le ventre lors de colonies de vacances. Olivier a vécu 25 années de malaises, de souffrances que personne n'a comprises. Je l'ai accompagné dans cette sorte de quête mentale et morale, qu'il a menée en se disant "un jour, il faudra que j'en parle". C'est maintenant fait. Et c'est sous le graphisme imaginatif -mais juste- de son copain Alfred que cette sorte "d'expulsion" est arrivée à se produire. Une histoire, un album "règlement de comptes" ?... Pas vraiment. Dans son textuel, Olivier n'émet aucun jugement, ne stigmatise personne. Il a juste voulu dire "qu'un jour, ça c'est produit"... Son histoire d'ailleurs, fait aussi preuve d'humour, d'une sorte de "cocasserie" ; mais elle est terrible. Olivier a traîné ce boulet pendant 25 ans, boulet relié par une chaîne. Est-elle brisée pour autant ? Je ne le pense pas... du tout. Une "petite histoire", car en réalité elle n'aura(it) duré que quelques minutes réelles ; mais une histoire qui en fait un "grand livre". Je suis quand même vraiment content d'une chose : les moeurs ont changé. Avant, "on ne parlait pas de ça...". Maintenant, on le fait... enfin, je crois...
Malone
Comment ne pas faire le parallèle avec la série Le Tueur de Luc Jacamon et Matz, publiée également chez Casterman, dans la collection "ligne rouge" ? Même si le thème est différent, on ne peut que faire allusion à cette formidable série à la lecture de "Malone". J'ai été vraiment bluffé par ce premier numéro de ce diptyque. Ce premier opus alterne sans cesse scènes bavardes (voire très bavardes), et scènes muettes. Nous suivons le parcours d'un tueur cynique et froid, que l'aspect souvent silencieux de certaines pages, rend encore plus mystérieux. Je déplore pourtant certains effets de style à la "matrix" (voir page 16 ) qui n'apporte rien à l'histoire et font plus sourire qu'autre chose, atténuant ainsi le côté spectaculaire de l'intrigue. Le scénario de Michel Rio repose essentiellement sur le personnage du tueur (dont on ne connaît même pas le nom tout au long de cet épisode); élément assez paradoxal pour une série qui s'intitule "Malone", du nom du commissaire divisionnaire chargé de l'enquête, que l'on découvre seulement à la fin de l'album. J'ai apprécié la maîtrise scénaristique mettant en évidence le sang froid de ce tueur, sans état d'âme et calculateur. Convaincu par cette nouvelle série, j'en conseille évidemment la lecture.
Le Marquis d'Anaon
"Le Marquis d’Anaon" ou le Marquis des âmes défuntes... Entre conte, légende et le fantastique, Vehlmann, fait vivre à son héros Jean-Baptiste Poulain, le fameux Marquis, des aventures mystérieuses et surnaturelles. Nous sommes au XVIIème siècle, les croyances, les superstitions et les on-dit font foi et mène la vie dur au esprit cartésien et à la science. C’est dans cette atmosphère très sombres et pesant que le jeune aventurier va tenter de lever le voile sur d’affreux mystères. Chaque tome est une histoire indépendante mais il est préférable d’entamer la série par le début pour voir progresser Jean-Baptiste. Au départ, il est un spectateur et un dépositaire de l’ordre morale et cartésienne, pour devenir un vrai protagoniste actif mais pessimiste, toujours profondément scientifique mais beaucoup plus ouvert à l’inconnu. Les scénarii de cette série sont bien tournés et m’ont bien accroché à partir de la fin du premier tome. Série à découvrir si ce n’est pas encore fait. Graphiquement, ce n’est pas ma tasse de thé, mais je dois bien avouer que c’est tout de même plutôt bon, tout en sortant des sentiers battus sans pour autant tomber dans -l’abstrait intello pseudo branché-. Les traits de Bonhomme sont francs, secs et rectilignes, il y a peu de place pour la rondeur. Ça donne des planches nerveuses et un style semi réaliste assez original. Les couleurs de Delf suivent bien le dessin avec des tons assez sombres mais bien tranchés qui ne laissent pas de place aux dégradés et qui accentuent le côté anguleux de l’encrage.
NonNonBâ
D'habitude, je fuis comme la peste les BD primées à Angoulême. En 2007, il se trouve que c'est Trondheim qui était président, que j'aime bien Trondheim (l'homme, pas trop ses BD), et qu'il voulait donner un petit coup de pied dans la fourmilière institutionnelle qu'est le Festival Angoulême. Il se trouve aussi que pour la première fois, c'est un manga qui est primé, et que de toute façon, je l'avais déjà acheté bien avant son prix ;) Donc : "NonNonBâ" raconte sous forme de petites histoires courtes les souvenirs d'enfance de son auteur. Cette petite mémé (NonNonBâ) a le don de raconter la vie à travers les croyances populaires japonaises centrées autour des yokai, les fantômes (âmes) se trouvant dans toute chose. Le dessin paraîtra un peu vieillot pour certain, mais il n'est pas désagréable pour autant : il faut dire que son auteur est loin d'être tout jeune. La narration est inégale, mais ces chroniques très simples sont d'autant plus touchantes que l'on avance dans le livre. Un peu d'humour, beaucoup de tendresse, des réflexions sur la vie que peut se poser un enfant, ses rapports avec la mort ou l'amour. Cette BD est au final très rafraîchissante et donne, à nous occidentaux, une vision très particulière et inhabituelle du Japon rural des années 30. Un petit bijou.
Voleurs de Chien
Bonne histoire, simple, assez fraîche. Un scénario pas si mal que ça, même bien, assez drôle mais manquant un peu d'humour à mon goût. J'en demande trop peut être. Une bd qui se lit assez vite, avec une simplicité et une fluidité très intéressantes. Par contre les dessins, c'est du schématique classique (mais les traits sont nets). Ils manquent un peu de caractère. Les textes sont pas mal, c'est ce que j'apprécie le plus avec le scénar et la fin qui d'ailleurs est très réaliste. Ouais, j'aime bien. Je conseille à tout le monde de la lire au moins une fois, pour changer un peu.