Je viens juste de finir cette bd et j’en suis toute retournée.
On m’avait prévenu sur le sujet quelque peu spécial de cette histoire mais je ne pensais pas que j’allais la « vivre » de cette façon. Au contraire, je me suis dis que ce sujet justement allait « aveugler » certaines personnes et que certains avis ne sont donc pas objectifs… Mais ce n’est pas le cas.
D’après moi, les auteurs n’auraient certainement pas pu la raconter différemment. On se sent de suite avec le petit Olivier, on vit et grandit avec lui. Riant avec lui, tremblant pour lui et on aimerait pouvoir entrer dans la bd pour pouvoir casser la gueule du gros Pierre…
Dès le début, il m’avait l’air louche celui-là… Trop gentil pour être gentil.
La claque à la fin ! J’imagine très bien les réactions de nos deux amis Alfred et Olivier. On a envie de les accompagner dans ce lieu plein de souvenirs pour apporter notre soutien et d’une certaine façon, nous le faisons en lisant leur bd et en en parlant autour de nous. Voilà un sujet, malheureusement pas le seul, que nous ne devons pas garder sous silence. La preuve avec cette histoire. Le fait de se taire a bouffé Olivier à l’intérieur et se confier lui a enfin permis de se libérer.
Graphiquement aussi c’est le choc. Habituée aux dessins d’Alfred, je me suis laissée bercer par ceux-ci lors des premières pages. Le sujet assez fort exposé par la douceur d’Alfred nous permet de parcourir cette bd sans peine. Grâce aux dessins, aux traits nets, flous, aux couleurs, aux cases irrégulières, on se sent parmi eux. Apporter en plus des images réelles nous permet de sentir qu’Olivier et Alfred veulent vraiment partager ce récit avec nous. La fin laisse visuellement sans voix.
Un gros 4.5 pour une bd qui m’a scotchée et me donne envie de continuer à en lire.
Merci Messieurs :)
Et pan dans la figure ! Après Garduno, en temps de paix, Philippe Squarzoni nous revient en pleine forme pour (nous) taper sur le système libéralo-"socialo"-démocrate et ses fâcheux effets secondaires (ou primaires, c'est selon).
Toujours aussi engagé et convaincu (pour ne pas dire fanatique), on sent que l'auteur a la haine, et il nous explique magistralement pourquoi.
Tout ça pour aboutir à un bouquin pas franchement agréable à lire, tellement il va nous titiller là où ça fait mal... En lisant le bouquin, je n'ai cessé de penser : "mais putain, dans quel monde de merde on vit, et que fais-je pour que ça change un peu ? Rien, ou si peu...".
Certes, comme dans ses précédents ouvrages, l'auteur ne fait pas dans le consensuel, et cherche avant tout à faire passer son message, en usant parfois de procédés scénaristico-stylistiques un peu faciles. Mais dans l'ensemble, je pense que son discours tient parfaitement la route, et que Squarzoni a, plus qu'auparavant, tenu à ce qu'on ne puisse pas lui reprocher de raconter n'importe quoi : j'ai la nette impression qu'il fait preuve de nettement plus de rigueur dans son propos, et c'est tant mieux. Il cède en outre largement la parole à des interlocuteurs auxquels j'accorde tout mon crédit, notamment des membres de la rédaction du Monde diplomatique.
Bref, dans l'ensemble, une lecture très instructive, qui brise une foule d'idées préconçues tant rabâchées par les médias, et qui nous ouvre les yeux sur le monde pas joli-joli dans lequel nous vivons.
A lire absolument !
P.-S. Pour ceux que ça intéresse, voici la définition de Dol (par mon ami Robert) :
Dol : Manœuvres frauduleuses, agissements malhonnêtes tendant à surprendre et tromper quelqu'un en vue de lui faire contracter un engagement qu'il n'aurait pas pris.
(et c'est effectivement tout le sujet du bouquin, le dol commis par nos élus, et dont une large part de la population ne peut que pâtir).
Voilà un album surprenant comme je les aime, contrasté comme je les aime, polémique comme je les aime…
J'ai longtemps hésité à le classifier. Je penchais initialement pour du Fantastique avant, de par la narration, d'opter pour du roman graphique.
Sous des dessous assez repoussants selon mes critères je dois avouer que la lecture est extrêmement plaisante.
Ces dessous sont principalement un dessin noir et blanc assez brouillon, comme inachevé par bien des aspects. Des traits grossiers, imprécis dans LE trait, mais l'ensemble est parfaitement homogène et précis dans LES traits. L'impression globale est qu'il n'y a aucun trait individuel qui soit droit. Aucun trait 'long' n'est fait d'une traite, soit il sera interrompu sur une courte distance puis continué, soit il sera formé de plusieurs traits se chevauchant. C'est assez perturbant au début. Et pourtant, ce style de dessin dans le contexte de cette BD pourra être qualifié de baroque. Et pour ce 18ème siècle, à la représentation baroque cela convient plutôt bien.
La tortuosité du trait pour représenter la tortuosité de l'âme.
Mais ce qui m'a encore plus fait mal aux yeux, est l'impression des planches. On dirait que l'imprimante était une 20 dpi. Les nuances de gris font comme les vieux journaux d'il y a 60 ans avec les pixels gros, gras qui sautent aux yeux. Alors, je commençais par regarder les images à bout de bras afin de faire disparaître ce défaut énorme, puis revenant à distance normale, je lisais le texte. Après quelques pages, je me suis habitué, mais cela nuit vraiment à l'ensemble de l'œuvre. Bizarre pour un dépôt légal de janvier 2005…
Une fois passé ce récif, passons au récit.
Nous avons affaire à Vol de Galle, fidèle serviteur de l'église, qui toute sa vie durant a combattu le pêché avec les moyens humains. Et puis un jour, à force de croire et de prier Saint de Massard, celle-ci répond à son appel et lui délivre les armes absolues pour son combat. A travers les yeux du masque, il verra le démon qui a pris possession du corps humain et avec ses pistolets et son épée, il pourfendra les chairs et renverra le démon aux enfers. Son long combat commence alors. Obligé de taillader les corps, de découper les chairs des démons, les corps retrouvés sont abominablement mutilés. La mort des possédés est alors assimilée par tous les autres habitants de Venissalle à l'œuvre d'un démon qui tue des innocents. La question éternelle sur la lutte entre le bien et le mal, sur la frontière entre ces deux notions entrera alors pleinement en jeu. La foi de Vol de Galle, que tous les démons appelleront 'Le Marquis' sera mise à rude épreuve. Son combat est il juste ? Tuer des êtres humains, même possédés par le malin ne va-t-il pas à l'encontre de son enseignement religieux ? Mais les pontes de l'église eux-mêmes, on le verra utilisent des procédés à la limite de la justice afin d'obtenir les aveux qui alimentent en haine et en simili justice leur vie et leur volonté. Briser des volontés afin de renforcer la sienne…
Le monde parallèle inventé par l'auteur est très proche du nôtre. Venissalle ressemble étrangement à Venise, avec les masques et les bâtiments baroques. Le confessionnal, où les hommes à l'abri de leurs masques font se soumettre les gens à toutes les débauches fait froid dans le dos. L'univers de Guy Davis est sombre, malsain, perturbant mais hypnotisant.
Malgré quelques rebondissements prévisibles, malgré un sujet peu évident et forcément à polémique, qui plus est de nos jours, la question du bien et du mal est traitée de manière intelligente, surprenante et au final, jamais la limite entre les deux n'aura été si mince, si vulnérable, jamais l'existence de l'un n'aura été autant dépendante de l'existence de l'autre.
Une fois refermé on comprend peut être mieux la manière dont l'album a été dessiné, le bien et le mal, le noir et le blanc.
Voilà une BD qui commence comme je l'aime. Le scénario est un brin nostalgique, un brin poétique, un brin mystique, un brin mythologique...
Un joli mélange qui a permis à ce premier album d'aiguiser ma curiosité et de me donner une réelle envie de lire le second tome...
Sur la Terre (?) ou tout au moins un monde qui y ressemble, dans un futur dont il ne nous est rien précisé (mais certaines voitures n'ont plus de roues et avancent par lévitation (ou sur coussin d'air ?)), une mystérieuse ombre envahit tout, tuant tous les êtres vivants sur son avancée... Seule Arcan', une adolescente, semble avoir la clef du mystère.
Les anciens dieux greco-romains sont réveillés et se lancent eux aussi dans le combat pour sauver le monde.
Le graphisme est tout en douceur, tout en légèreté en ton pastel. Les couleurs bénéficient d'un traitement du meilleur effet. J'apprécie ce style loin d'être tape à l'oeil et tapageur.
Le trait est sûr, fin, posé.
Vraiment, j'ai été surpris par la qualité générale de l'oeuvre.
A suivre.
J’ai trouvé que l’histoire était assez simple : une histoire de gangsters et de trafiquants de drogue dans un milieu géré par un syndicat du crime, plutôt original et rigolo, dont les membres sont tous plus véreux les uns que les autres.
J’ai trouvé que les dessins étaient assez simples. Le style n’est pas franchement réaliste, mais il colle incroyablement à l’ambiance yéyé-groove-seventies de la BD. Ce graphisme donne un vrai charme à l’ensemble. J’ai trouvé certaines scènes marrantes uniquement grâce au dessin.
Simple, oui, mais j’ai trouvé l’ensemble franchement bien. J’ai beaucoup aimé cette histoire vue sous différents points de vue. Chaque tome apporte une autre vision et des éléments nouveaux et c’est bien fait.
J’ai vraiment accroché à cette ambiance, j’ai souvent rigolé et je suis particulièrement content de mon achat.
Attention... attention... OVNI en vue... mais quel OVNI !...
Pahé est un auteur africain que l'éditeur a dégoté. Et il est tombé sur quelqu'un de "bien"...
Pahé m'a ici raconté, tout en humour, les périodes marquantes de son existence.
C'est vraiment attachant et plein de drôlerie(s). Il narre sa destinée avec de grands yeux d'enfant, ses joies simples ; et m'explique même comment il en est arrivé à "faire de la bande dessinée".
Pahé narre et dessine comme il pense ; simplement, avec des mots qui touchent et un trait "d'enfant", simple, parfois rond, qui ne se pose pas la question de savoir où mettre la profondeur de champ.
Un album double : fait de lucidité et d'humour comme peuvent en avoir certains auteurs de talent.
Et du talent, Pahé, il en a !...
Un vrai ambassadeur de cette BD "africaine" que l'on connaît peu, et pourtant pleine de vie et de ressources. 48 pages d'un vrai bonheur...
J'aime beaucoup cette série, assez perplexe au départ, je me suis laissé envoûté par les tomes suivants.
Le scénario me plait bien, assez original, un homme détruit notre monde et pour le ressusciter il doit affronter ses pires défauts. Les défauts que la plupart des hommes ont.
J'adore le 3ème tome, le doute s'installe sur le Prophet malgré quelques épreuves réussies. Il doute de lui alors qu'il sentait la confiance des autres tout l'inverse du premier tome.
Les dessins sont très bons, à part quelques cases gigantesques (en même temps elles appuient un sentiment fort). Le découpage révèle une bonne maîtrise de l'histoire.
A noter que l'ensemble tourne d'un homme, c'est un peu plus facile que 2-3 voir 4 histoires qui se recoupent.
Je la conseille aux personnes qui apprécient la lutte, l'action et la remise en question.
Bonne bd, affaire à suivre.
Cette série est normalement prévue en 5 tomes.
Et ces quatre premiers forment ainsi 80% d'une chouette saga qui mêle de façon habile -et aussi réussie- le western à l'épouvante.
Sincèrement, il fallait oser de mélanger ces deux genres si différents et le réussir de cette façon.
Ce qui m'a surpris c'est que parfois le premier tome est "canon" et la suite un peu moindre. Pas ici justement. L'ensemble tient vraiment bien la route et chaque opus est même supérieur au précédent.
Quatre tomes m'ont ainsi permis d'apprécier cette geste de Warren Quinn qui poursuit un mystérieux tueur -"Mille Visages"- qui, comme son surnom l'indique, peut prendre n'importe quelle apparence.
Quatre albums dont l'épilogue s'annonce sous de très bons auspices ; et où toutes les interrogations posées en cours de lecture auront réponse(s). Pourtant, et malgré les auteurs qui en désirent un terme "rapide", je pense que cette série pourrait durer. Une impression... et je me trompe rarement.
Embarquez sans hésiter dans ces "Mystères de l'Ouest" nouvelle version. Et pas des moindres...
Christophe Blain est THE auteur que j’ai découvert récemment avec Isaac le pirate et qui m’enchante par ses histoires et ses dessins.
Dans "Gus", je me suis régalé.
Ces histoires en quelques pages qui se suivent plus ou moins chronologiquement de cowboys filous, brigands et tous aussi fleur bleue les uns que les autres sont un régal.
Blain gère à la perfection la dualité des personnages : ces mecs un peu rustres, pas toujours finauds, à la recherche de bons « mauvais coups » pour se faire de l’argent facile et qui en même temps essayent de conduire au mieux leurs vies amoureuses, que ce soient les plans dragues, les séparations, celles dont ils sont amoureux, femmes/enfants,…
J’ai trouvé ça beau. Attendrissant même je dirais…
Et notamment cette histoire, où pour couvrir la vie conjugale de leur pote, ils vont jusqu'à faire disparaître un gars. C’est énorme.
Dans cet album, il y a de l’aventure, de l’amour, de l’amitié, de l’humour… C’est plein de sentiments forts et sincères, loin des stéréotypes du genre dans le western. Bref, c’est riche.
Et puis le trait de crayon de Blain illustre parfaitement tout ça, ses visages et postures sont super expressives et ses couleurs superbes. Ca a de la gueule…
Une bd que je recommande chaudement.
Ah mais quelle nouvelle série nous avons là !
Eclipse possède tous les atouts pour être une belle série de science-fiction, avec tous les éléments du genre, mais aussi de belles incursions dans les sous-genres : planet fantasy, récit de guerre futuriste... Les personnages sont encore un peu difficiles à cerner, ce qui est normal pour un tome d'introduction. Mais il n'empêche qu'on prend beaucoup de plaisir à les suivre dans leurs quêtes diverses. D'autant plus que le dessin de Sébastien Vastra, s'il n'est pas exceptionnel, est quand même très soigné, accompagné de belles couleurs. Ce n'est pas (encore) au niveau de Sillage, mais c'est un début prometteur.
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Pourquoi j'ai tué Pierre
Je viens juste de finir cette bd et j’en suis toute retournée. On m’avait prévenu sur le sujet quelque peu spécial de cette histoire mais je ne pensais pas que j’allais la « vivre » de cette façon. Au contraire, je me suis dis que ce sujet justement allait « aveugler » certaines personnes et que certains avis ne sont donc pas objectifs… Mais ce n’est pas le cas. D’après moi, les auteurs n’auraient certainement pas pu la raconter différemment. On se sent de suite avec le petit Olivier, on vit et grandit avec lui. Riant avec lui, tremblant pour lui et on aimerait pouvoir entrer dans la bd pour pouvoir casser la gueule du gros Pierre… Dès le début, il m’avait l’air louche celui-là… Trop gentil pour être gentil. La claque à la fin ! J’imagine très bien les réactions de nos deux amis Alfred et Olivier. On a envie de les accompagner dans ce lieu plein de souvenirs pour apporter notre soutien et d’une certaine façon, nous le faisons en lisant leur bd et en en parlant autour de nous. Voilà un sujet, malheureusement pas le seul, que nous ne devons pas garder sous silence. La preuve avec cette histoire. Le fait de se taire a bouffé Olivier à l’intérieur et se confier lui a enfin permis de se libérer. Graphiquement aussi c’est le choc. Habituée aux dessins d’Alfred, je me suis laissée bercer par ceux-ci lors des premières pages. Le sujet assez fort exposé par la douceur d’Alfred nous permet de parcourir cette bd sans peine. Grâce aux dessins, aux traits nets, flous, aux couleurs, aux cases irrégulières, on se sent parmi eux. Apporter en plus des images réelles nous permet de sentir qu’Olivier et Alfred veulent vraiment partager ce récit avec nous. La fin laisse visuellement sans voix. Un gros 4.5 pour une bd qui m’a scotchée et me donne envie de continuer à en lire. Merci Messieurs :)
Dol
Et pan dans la figure ! Après Garduno, en temps de paix, Philippe Squarzoni nous revient en pleine forme pour (nous) taper sur le système libéralo-"socialo"-démocrate et ses fâcheux effets secondaires (ou primaires, c'est selon). Toujours aussi engagé et convaincu (pour ne pas dire fanatique), on sent que l'auteur a la haine, et il nous explique magistralement pourquoi. Tout ça pour aboutir à un bouquin pas franchement agréable à lire, tellement il va nous titiller là où ça fait mal... En lisant le bouquin, je n'ai cessé de penser : "mais putain, dans quel monde de merde on vit, et que fais-je pour que ça change un peu ? Rien, ou si peu...". Certes, comme dans ses précédents ouvrages, l'auteur ne fait pas dans le consensuel, et cherche avant tout à faire passer son message, en usant parfois de procédés scénaristico-stylistiques un peu faciles. Mais dans l'ensemble, je pense que son discours tient parfaitement la route, et que Squarzoni a, plus qu'auparavant, tenu à ce qu'on ne puisse pas lui reprocher de raconter n'importe quoi : j'ai la nette impression qu'il fait preuve de nettement plus de rigueur dans son propos, et c'est tant mieux. Il cède en outre largement la parole à des interlocuteurs auxquels j'accorde tout mon crédit, notamment des membres de la rédaction du Monde diplomatique. Bref, dans l'ensemble, une lecture très instructive, qui brise une foule d'idées préconçues tant rabâchées par les médias, et qui nous ouvre les yeux sur le monde pas joli-joli dans lequel nous vivons. A lire absolument ! P.-S. Pour ceux que ça intéresse, voici la définition de Dol (par mon ami Robert) : Dol : Manœuvres frauduleuses, agissements malhonnêtes tendant à surprendre et tromper quelqu'un en vue de lui faire contracter un engagement qu'il n'aurait pas pris. (et c'est effectivement tout le sujet du bouquin, le dol commis par nos élus, et dont une large part de la population ne peut que pâtir).
Le Marquis (G. Davis)
Voilà un album surprenant comme je les aime, contrasté comme je les aime, polémique comme je les aime… J'ai longtemps hésité à le classifier. Je penchais initialement pour du Fantastique avant, de par la narration, d'opter pour du roman graphique. Sous des dessous assez repoussants selon mes critères je dois avouer que la lecture est extrêmement plaisante. Ces dessous sont principalement un dessin noir et blanc assez brouillon, comme inachevé par bien des aspects. Des traits grossiers, imprécis dans LE trait, mais l'ensemble est parfaitement homogène et précis dans LES traits. L'impression globale est qu'il n'y a aucun trait individuel qui soit droit. Aucun trait 'long' n'est fait d'une traite, soit il sera interrompu sur une courte distance puis continué, soit il sera formé de plusieurs traits se chevauchant. C'est assez perturbant au début. Et pourtant, ce style de dessin dans le contexte de cette BD pourra être qualifié de baroque. Et pour ce 18ème siècle, à la représentation baroque cela convient plutôt bien. La tortuosité du trait pour représenter la tortuosité de l'âme. Mais ce qui m'a encore plus fait mal aux yeux, est l'impression des planches. On dirait que l'imprimante était une 20 dpi. Les nuances de gris font comme les vieux journaux d'il y a 60 ans avec les pixels gros, gras qui sautent aux yeux. Alors, je commençais par regarder les images à bout de bras afin de faire disparaître ce défaut énorme, puis revenant à distance normale, je lisais le texte. Après quelques pages, je me suis habitué, mais cela nuit vraiment à l'ensemble de l'œuvre. Bizarre pour un dépôt légal de janvier 2005… Une fois passé ce récif, passons au récit. Nous avons affaire à Vol de Galle, fidèle serviteur de l'église, qui toute sa vie durant a combattu le pêché avec les moyens humains. Et puis un jour, à force de croire et de prier Saint de Massard, celle-ci répond à son appel et lui délivre les armes absolues pour son combat. A travers les yeux du masque, il verra le démon qui a pris possession du corps humain et avec ses pistolets et son épée, il pourfendra les chairs et renverra le démon aux enfers. Son long combat commence alors. Obligé de taillader les corps, de découper les chairs des démons, les corps retrouvés sont abominablement mutilés. La mort des possédés est alors assimilée par tous les autres habitants de Venissalle à l'œuvre d'un démon qui tue des innocents. La question éternelle sur la lutte entre le bien et le mal, sur la frontière entre ces deux notions entrera alors pleinement en jeu. La foi de Vol de Galle, que tous les démons appelleront 'Le Marquis' sera mise à rude épreuve. Son combat est il juste ? Tuer des êtres humains, même possédés par le malin ne va-t-il pas à l'encontre de son enseignement religieux ? Mais les pontes de l'église eux-mêmes, on le verra utilisent des procédés à la limite de la justice afin d'obtenir les aveux qui alimentent en haine et en simili justice leur vie et leur volonté. Briser des volontés afin de renforcer la sienne… Le monde parallèle inventé par l'auteur est très proche du nôtre. Venissalle ressemble étrangement à Venise, avec les masques et les bâtiments baroques. Le confessionnal, où les hommes à l'abri de leurs masques font se soumettre les gens à toutes les débauches fait froid dans le dos. L'univers de Guy Davis est sombre, malsain, perturbant mais hypnotisant. Malgré quelques rebondissements prévisibles, malgré un sujet peu évident et forcément à polémique, qui plus est de nos jours, la question du bien et du mal est traitée de manière intelligente, surprenante et au final, jamais la limite entre les deux n'aura été si mince, si vulnérable, jamais l'existence de l'un n'aura été autant dépendante de l'existence de l'autre. Une fois refermé on comprend peut être mieux la manière dont l'album a été dessiné, le bien et le mal, le noir et le blanc.
La Grande ombre
Voilà une BD qui commence comme je l'aime. Le scénario est un brin nostalgique, un brin poétique, un brin mystique, un brin mythologique... Un joli mélange qui a permis à ce premier album d'aiguiser ma curiosité et de me donner une réelle envie de lire le second tome... Sur la Terre (?) ou tout au moins un monde qui y ressemble, dans un futur dont il ne nous est rien précisé (mais certaines voitures n'ont plus de roues et avancent par lévitation (ou sur coussin d'air ?)), une mystérieuse ombre envahit tout, tuant tous les êtres vivants sur son avancée... Seule Arcan', une adolescente, semble avoir la clef du mystère. Les anciens dieux greco-romains sont réveillés et se lancent eux aussi dans le combat pour sauver le monde. Le graphisme est tout en douceur, tout en légèreté en ton pastel. Les couleurs bénéficient d'un traitement du meilleur effet. J'apprécie ce style loin d'être tape à l'oeil et tapageur. Le trait est sûr, fin, posé. Vraiment, j'ai été surpris par la qualité générale de l'oeuvre. A suivre.
Inner City Blues
J’ai trouvé que l’histoire était assez simple : une histoire de gangsters et de trafiquants de drogue dans un milieu géré par un syndicat du crime, plutôt original et rigolo, dont les membres sont tous plus véreux les uns que les autres. J’ai trouvé que les dessins étaient assez simples. Le style n’est pas franchement réaliste, mais il colle incroyablement à l’ambiance yéyé-groove-seventies de la BD. Ce graphisme donne un vrai charme à l’ensemble. J’ai trouvé certaines scènes marrantes uniquement grâce au dessin. Simple, oui, mais j’ai trouvé l’ensemble franchement bien. J’ai beaucoup aimé cette histoire vue sous différents points de vue. Chaque tome apporte une autre vision et des éléments nouveaux et c’est bien fait. J’ai vraiment accroché à cette ambiance, j’ai souvent rigolé et je suis particulièrement content de mon achat.
La Vie de Pahé
Attention... attention... OVNI en vue... mais quel OVNI !... Pahé est un auteur africain que l'éditeur a dégoté. Et il est tombé sur quelqu'un de "bien"... Pahé m'a ici raconté, tout en humour, les périodes marquantes de son existence. C'est vraiment attachant et plein de drôlerie(s). Il narre sa destinée avec de grands yeux d'enfant, ses joies simples ; et m'explique même comment il en est arrivé à "faire de la bande dessinée". Pahé narre et dessine comme il pense ; simplement, avec des mots qui touchent et un trait "d'enfant", simple, parfois rond, qui ne se pose pas la question de savoir où mettre la profondeur de champ. Un album double : fait de lucidité et d'humour comme peuvent en avoir certains auteurs de talent. Et du talent, Pahé, il en a !... Un vrai ambassadeur de cette BD "africaine" que l'on connaît peu, et pourtant pleine de vie et de ressources. 48 pages d'un vrai bonheur...
Prophet
J'aime beaucoup cette série, assez perplexe au départ, je me suis laissé envoûté par les tomes suivants. Le scénario me plait bien, assez original, un homme détruit notre monde et pour le ressusciter il doit affronter ses pires défauts. Les défauts que la plupart des hommes ont. J'adore le 3ème tome, le doute s'installe sur le Prophet malgré quelques épreuves réussies. Il doute de lui alors qu'il sentait la confiance des autres tout l'inverse du premier tome. Les dessins sont très bons, à part quelques cases gigantesques (en même temps elles appuient un sentiment fort). Le découpage révèle une bonne maîtrise de l'histoire. A noter que l'ensemble tourne d'un homme, c'est un peu plus facile que 2-3 voir 4 histoires qui se recoupent. Je la conseille aux personnes qui apprécient la lutte, l'action et la remise en question. Bonne bd, affaire à suivre.
Mille Visages
Cette série est normalement prévue en 5 tomes. Et ces quatre premiers forment ainsi 80% d'une chouette saga qui mêle de façon habile -et aussi réussie- le western à l'épouvante. Sincèrement, il fallait oser de mélanger ces deux genres si différents et le réussir de cette façon. Ce qui m'a surpris c'est que parfois le premier tome est "canon" et la suite un peu moindre. Pas ici justement. L'ensemble tient vraiment bien la route et chaque opus est même supérieur au précédent. Quatre tomes m'ont ainsi permis d'apprécier cette geste de Warren Quinn qui poursuit un mystérieux tueur -"Mille Visages"- qui, comme son surnom l'indique, peut prendre n'importe quelle apparence. Quatre albums dont l'épilogue s'annonce sous de très bons auspices ; et où toutes les interrogations posées en cours de lecture auront réponse(s). Pourtant, et malgré les auteurs qui en désirent un terme "rapide", je pense que cette série pourrait durer. Une impression... et je me trompe rarement. Embarquez sans hésiter dans ces "Mystères de l'Ouest" nouvelle version. Et pas des moindres...
Gus
Christophe Blain est THE auteur que j’ai découvert récemment avec Isaac le pirate et qui m’enchante par ses histoires et ses dessins. Dans "Gus", je me suis régalé. Ces histoires en quelques pages qui se suivent plus ou moins chronologiquement de cowboys filous, brigands et tous aussi fleur bleue les uns que les autres sont un régal. Blain gère à la perfection la dualité des personnages : ces mecs un peu rustres, pas toujours finauds, à la recherche de bons « mauvais coups » pour se faire de l’argent facile et qui en même temps essayent de conduire au mieux leurs vies amoureuses, que ce soient les plans dragues, les séparations, celles dont ils sont amoureux, femmes/enfants,… J’ai trouvé ça beau. Attendrissant même je dirais… Et notamment cette histoire, où pour couvrir la vie conjugale de leur pote, ils vont jusqu'à faire disparaître un gars. C’est énorme. Dans cet album, il y a de l’aventure, de l’amour, de l’amitié, de l’humour… C’est plein de sentiments forts et sincères, loin des stéréotypes du genre dans le western. Bref, c’est riche. Et puis le trait de crayon de Blain illustre parfaitement tout ça, ses visages et postures sont super expressives et ses couleurs superbes. Ca a de la gueule… Une bd que je recommande chaudement.
Eclipse
Ah mais quelle nouvelle série nous avons là ! Eclipse possède tous les atouts pour être une belle série de science-fiction, avec tous les éléments du genre, mais aussi de belles incursions dans les sous-genres : planet fantasy, récit de guerre futuriste... Les personnages sont encore un peu difficiles à cerner, ce qui est normal pour un tome d'introduction. Mais il n'empêche qu'on prend beaucoup de plaisir à les suivre dans leurs quêtes diverses. D'autant plus que le dessin de Sébastien Vastra, s'il n'est pas exceptionnel, est quand même très soigné, accompagné de belles couleurs. Ce n'est pas (encore) au niveau de Sillage, mais c'est un début prometteur. A quand la suite ?