La Boucherie (Loïc Dauvillier, Thibault Poursin)
S’il est question de boucherie dans ce volume ce n’est pas seulement de par la boutique du village : tous les habitants du lieu, réunis autour du bistro, sont chacun leur tour bouchers dans l’âme. C’est un petit livre tranquille et cruel dont le personnage principal est… l’ennui chronique qui mine ces âmes rustres mais non dénuées d’épaisseur : le boucher qui est aussi le docteur du village, la mégère régulièrement visée par un cycliste lors de ses traversées, l’instituteur cynique… Tout ce petit monde à la fois attachant et répugnant est joliment croqué par une plume subtile et dansante, une trame sans artifice qui va à l’essentiel du personnage. C’est du Balzac revisité, on en redemande.
Evidement, pour apprécier Dilbert, il faut avoir un minimum d’expérience professionnelle, si possible dans une boite informatique. Sinon on risque de complètement passer à coté des innombrables clins d’œil aux situations tellement illogiques, énervantes et frustrantes que l’on rencontre tous les jours dans une boite portée sur le profit et la productivité.
Adam Scott est un génie, qui de toute évidence maitrise son sujet à la perfection. Alors certes c’est un peu répétitif, et c’est plus le genre de gag à lire sur le web, acheter des albums me parait un peu inutile. Mais pour moi, Dilbert est une série essentielle pour dédramatiser un peu, se sentir moins seul, se dire que « mon chef de projet est complètement idiot, mais je vois qu’il n’est pas le seul, ouf ».
Ah, Polly et les Pirates, j’adore! C’est léger, rigolo, et rempli d’aventure et de pirateries en tout genre. Le 1er tome est sympa, mais l’histoire décolle selon moi au 2d tome. Certains échanges entre Polly la prude et les pirates grossiers aux accents primaires sont à mourir de rire.
Bref, rien de bien nouveau sous le soleil de Polly, mais moi je suis tombé sous le charme… Si vous aviez aimé Courtney Crumrin, Polly et les pirates ne devrait pas vous décevoir.
Une petite remarque sur le format de l’édition française : Les Humanoïdes Associés ont décidé d’européaniser les comic book originaux (petit format, noir et blanc, couverture souple) en sortant un grand format cartonné, et colorisé. Bon pour le format je comprends, l’éditeur souhaite sans doute toucher une audience plus large…
Mais pourquoi avoir ajouté de la couleur au très beau noir et blanc de Ted Naifeh ? Le noir et blanc avait été respecté pour Courtney Crumrin, je suis donc un peu surpris. Bon, c’est pas bien grave, mais ça dénature un peu l’œuvre je trouve.
Enfin, le prix fait mal… l’intégrale petit format noir et blanc en VO coûte 10 euros … soit à peine plus que un seul tome de la VF ! (et je vous rappelle qu’il y en aura 6 !). Si lire la VO ne vous dérange pas, tournez-vous plutôt vers cette dernière.
J’ai trouvé ce manga aussi émouvant que les meilleurs Taniguchi, ce qui n’est pas peu dire. Certes c’est un peu plus larmoyant (comme le dit ThePatrick ci-dessous) et un peu plus typé manga (bonjour les têtes déformées et autres gouttes de sueur sur le front), mais au final mon plaisir de lecture a été aussi grand.
Les deux histoires sont biens, mais j’ai une préférence pour la 1ere, celle du cheminot, que j’ai trouvée touchante, triste, joyeuse, poétique, drôle (que de qualificatifs contradictoires), j’en avais le cœur serré après lecture (toujours un bon signe). La vie de ce cheminot qui sacrifie sa famille pour son travail, sans vraiment réaliser ce qu’il fait, est tout simplement poignante. Et la fin est tellement belle, tellement poétique et optimiste.
La 2eme histoire, « Love letter », est un peu plus bancale, mais finalement très belle aussi.
Le dessin est magnifique, lui aussi assez proche de ce que fait Taniguchi, mais peut-être encore plus fin et détaillé.
Et pour couronner le tout, le bouquin lui-même est très chouette. C’est certes un petit format, mais la couverture sous liseuse est très belle, les quelques premières pages de chaque histoire sont en couleurs, et une biographie des auteurs est incluse !
Vraiment mon coup de coeur du moment.
Le cancer de maman rejoint pour moins le club très fermé des œuvres autobiographiques traitant de la maladie avec justesse, sans verser dans le larmoyant (dans le genre on peut aussi citer Pilules bleues et L'Ascension du Haut Mal).
L’histoire avait d’abord été publiée sur le blog de l’auteur, et a gagné le 1er Eisner Award de la nouvelle catégorie « BD numérique », en 2005. Et c’est selon moi mérité…
C’est touchant sans trop en faire, instructif et intéressant sans verser dans le voyeurisme, et surtout, c’est d’un optimisme inébranlable, même dans les moments les plus difficiles… Il y a même quelques touches d’humour aussi inattendues que bienvenues…
A lire si le sujet vous intéresse.
C’est marrant les opinions extrêmes engendrées par cette série. Beaucoup de gens la trouvent culte, ce que je trouve quand même exagéré, et encore plus de gens la trouvent complètement nulle, ce qui me paraît encore plus exagéré.
Non, Olivier Milhiet n’a pas la prétention de réaliser la BD culte du siècle. Il a crée un univers foutrement original (si, si) et déjanté, rempli de monstres hideux, de villages aux architectures improbables et d’humains peut-être plus hideux que les monstres.
Le scénario est prenant, et le dessin classe, même si la couleur directe peut parfois sembler brouillonne pour les néophytes dans mon genre (surtout dans le tome 2). Mais bon, je ne peux que saluer le travail d’un auteur qui écrit son scénario, dessine et met ses dessins en couleur lui-même !
A noter que l’humour, les gags d’arrière plan et les détails idiots sont moins présents dans les tomes 2 et 3. Moi je trouve ça un peu dommage, vu que c’était selon moi LE point fort du tome 1, mais bon c’est vrai qu’il faut bien que l’histoire avance hein ! Quant à ceux qui trouvent l’humour idiot, ben oui, il est idiot, mais vu que l’auteur est idiot, que je suis moi-même idiot et que les lecteurs de Spoogue sont idiots… ça va, ça colle. Pardonnez-nous notre faiblesse, et laissez nous ricaner bêtement en paix. :)
Moi, Spoogue, j’adore, ça me fait marrer, et ça me divertit. Un « must » dans le genre « gros délire bourrin ».
Cette BD a été pour moi une bonne surprise. En effet, ça avait mal commencé : le dessin n'est franchement pas top au premier abord, car beaucoup trop "numérisé", ça se voit trop que ça a été colorisé sur ordinateur. Mais ce détail s'efface rapidement au profit du reste !
L'histoire, elle, est vraiment très prenante ! L’exploration tourne rapidement à la catastrophe, tout s’enchaîne mal, et on ressent vraiment la claustrophobie propre à ce genre d'histoire de sous-marin coincé au fond de la mer. Un petit coté surnaturel fait rapidement son apparition, genre sauce X-Files. Le 3ème tome conclut brillamment l’histoire.
En conclusion, si vous aimez tout ce qui est histoire militaire, et tout ce qui touche au surnaturel, cette BD est faite pour vous!
Alors là, pas de doute, si vous voulez vous mettre aux mangas, Quartier Lointain est la BD qu’il vous faut!
C’est d’une sensibilité sans pareil. Le mélange d’ « intrigue » (pourquoi le père décide de partir ?) et de vie quotidienne m’a vraiment tenu en haleine du début jusqu’à la fin. Revivre son enfance avec une conscience d’adulte, c’est une trouvaille. J’ai souvent interrompu ma lecture pour rêver, et me demander ce que je pourrais faire différemment si je pouvais moi-même revivre mon enfance. Une BD pour rêveurs ? En tout cas pas une BD pour les fans d’action, vous voilà prévenus !
Le dénouement est très bien, sans être renversant. J’ai quand même le sentiment qu’en partant de la même idée, il y aurait moyen d’écrire un scénario encore plus délirant ! Mais ne nous plaignons pas, c’est déjà très sympa, et puis faire compliqué n’était visiblement pas le but de l’auteur.
Voilà, des raisons pour NE PAS lire cette BD, il n’y en a pas vraiment. Je vous conseille Quartier Lointain, même si vous êtes allergique aux mangas. A part quelques traces de naïveté propre aux œuvres japonaises (les mauvaises langues diront niaiserie), et les désormais classiques bruitages rigolos (genre "splich sploch" quand le héros se lave les mains), on a plus affaire à une œuvre « à l’européenne », prouvant, si besoin en est, que les Japonais ont une culture BD bien à eux, et qu’ils peuvent en être fiers !
J’avais un a priori plutôt négatif en commençant cette BD.
D’abord parce que la couverture de la VO est absolument épouvantable (voir ici) dans le genre affiche publicitaire pour une émission télé-réalité américaine. Pouah. Heureusement que les éditions « Cà et là » ne l’ont pas conservé pour la version française.
Ensuite parce que justement, la BD parle d’une émission de télé-réalité américaine, « The real world », diffusée sur MTV, sur le principe bien connu : une poignée de gens plus ou moins célèbres aménagent tous ensemble dans une maison, et sont filmés 24h/24. Et franchement je ne supporte pas ces nouvelles pseudo stars qui envahissent les plateaux de télévision ou sortent un bouquin « ma vie après The Real World » ou « Comment je suis devenu un star alors que je n’ai aucun talent ».
Voila, impression négative avant lecture donc. Mais j’ai finalement beaucoup aimé, et si le ton est définitivement plus larmoyant et moralisateur que dans une BD comme Pilules bleues par exemple, l’histoire est quand même un témoignage touchant, instructif et cruel sur l’ignorance, la séropositivité, l’homosexualité et l’amitié.
En conclusion, une BD très américaine, très médiatisée, qui ne plaira pas à tout le monde, mais touchante et intéressante, et qui je l’espère trouvera son public dans nos contrées où « The real World » et « Pedro » sont aussi connus que les règles du baseball. Peut-être le meilleur titre du catalogue de Cà et Là à ce jour…
Excellent !
Le mélange SF + roman graphique fonctionne à merveille. Le coté SF nous fait découvrir une diversité d’environnements incroyable (villes surpeuplées, mer acide, planète recouverte d’arbres…). Un beau dessin en couleur aurait peut-être été plus adapté pour les représenter, mais le noir et blanc est quand même très joli.
L’histoire est pleine de tendresse. Ca commence en insistant bien sur le coté drogue, et j’avais peur que l’histoire ne tourne qu’autour de ça, mais non, ça parle de doute, d’amour, de jalousie, d’amitié… La fin est très belle.
En fait je dirais que « Lupus » est une version plus adulte de Aldébaran de Léo. Ces deux œuvres ont en commun qu’elles se concentrent sur de chouettes environnements et sur les sentiments des personnages. Mais alors qu’Aldébaran traite ça de façon très « ado » (ce n’est pas un reproche hein, j’aime beaucoup les BDs de Léo), « Lupus » est beaucoup plus mûr, plus adulte, plus posé.
Une chouette série, pas de doute.
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La Boucherie
La Boucherie (Loïc Dauvillier, Thibault Poursin) S’il est question de boucherie dans ce volume ce n’est pas seulement de par la boutique du village : tous les habitants du lieu, réunis autour du bistro, sont chacun leur tour bouchers dans l’âme. C’est un petit livre tranquille et cruel dont le personnage principal est… l’ennui chronique qui mine ces âmes rustres mais non dénuées d’épaisseur : le boucher qui est aussi le docteur du village, la mégère régulièrement visée par un cycliste lors de ses traversées, l’instituteur cynique… Tout ce petit monde à la fois attachant et répugnant est joliment croqué par une plume subtile et dansante, une trame sans artifice qui va à l’essentiel du personnage. C’est du Balzac revisité, on en redemande.
Dilbert
Evidement, pour apprécier Dilbert, il faut avoir un minimum d’expérience professionnelle, si possible dans une boite informatique. Sinon on risque de complètement passer à coté des innombrables clins d’œil aux situations tellement illogiques, énervantes et frustrantes que l’on rencontre tous les jours dans une boite portée sur le profit et la productivité. Adam Scott est un génie, qui de toute évidence maitrise son sujet à la perfection. Alors certes c’est un peu répétitif, et c’est plus le genre de gag à lire sur le web, acheter des albums me parait un peu inutile. Mais pour moi, Dilbert est une série essentielle pour dédramatiser un peu, se sentir moins seul, se dire que « mon chef de projet est complètement idiot, mais je vois qu’il n’est pas le seul, ouf ».
Polly et les Pirates
Ah, Polly et les Pirates, j’adore! C’est léger, rigolo, et rempli d’aventure et de pirateries en tout genre. Le 1er tome est sympa, mais l’histoire décolle selon moi au 2d tome. Certains échanges entre Polly la prude et les pirates grossiers aux accents primaires sont à mourir de rire. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil de Polly, mais moi je suis tombé sous le charme… Si vous aviez aimé Courtney Crumrin, Polly et les pirates ne devrait pas vous décevoir. Une petite remarque sur le format de l’édition française : Les Humanoïdes Associés ont décidé d’européaniser les comic book originaux (petit format, noir et blanc, couverture souple) en sortant un grand format cartonné, et colorisé. Bon pour le format je comprends, l’éditeur souhaite sans doute toucher une audience plus large… Mais pourquoi avoir ajouté de la couleur au très beau noir et blanc de Ted Naifeh ? Le noir et blanc avait été respecté pour Courtney Crumrin, je suis donc un peu surpris. Bon, c’est pas bien grave, mais ça dénature un peu l’œuvre je trouve. Enfin, le prix fait mal… l’intégrale petit format noir et blanc en VO coûte 10 euros … soit à peine plus que un seul tome de la VF ! (et je vous rappelle qu’il y en aura 6 !). Si lire la VO ne vous dérange pas, tournez-vous plutôt vers cette dernière.
Love letter / Poppoya (Le Cheminot)
J’ai trouvé ce manga aussi émouvant que les meilleurs Taniguchi, ce qui n’est pas peu dire. Certes c’est un peu plus larmoyant (comme le dit ThePatrick ci-dessous) et un peu plus typé manga (bonjour les têtes déformées et autres gouttes de sueur sur le front), mais au final mon plaisir de lecture a été aussi grand. Les deux histoires sont biens, mais j’ai une préférence pour la 1ere, celle du cheminot, que j’ai trouvée touchante, triste, joyeuse, poétique, drôle (que de qualificatifs contradictoires), j’en avais le cœur serré après lecture (toujours un bon signe). La vie de ce cheminot qui sacrifie sa famille pour son travail, sans vraiment réaliser ce qu’il fait, est tout simplement poignante. Et la fin est tellement belle, tellement poétique et optimiste. La 2eme histoire, « Love letter », est un peu plus bancale, mais finalement très belle aussi. Le dessin est magnifique, lui aussi assez proche de ce que fait Taniguchi, mais peut-être encore plus fin et détaillé. Et pour couronner le tout, le bouquin lui-même est très chouette. C’est certes un petit format, mais la couverture sous liseuse est très belle, les quelques premières pages de chaque histoire sont en couleurs, et une biographie des auteurs est incluse ! Vraiment mon coup de coeur du moment.
Le Cancer de Maman
Le cancer de maman rejoint pour moins le club très fermé des œuvres autobiographiques traitant de la maladie avec justesse, sans verser dans le larmoyant (dans le genre on peut aussi citer Pilules bleues et L'Ascension du Haut Mal). L’histoire avait d’abord été publiée sur le blog de l’auteur, et a gagné le 1er Eisner Award de la nouvelle catégorie « BD numérique », en 2005. Et c’est selon moi mérité… C’est touchant sans trop en faire, instructif et intéressant sans verser dans le voyeurisme, et surtout, c’est d’un optimisme inébranlable, même dans les moments les plus difficiles… Il y a même quelques touches d’humour aussi inattendues que bienvenues… A lire si le sujet vous intéresse.
Spoogue
C’est marrant les opinions extrêmes engendrées par cette série. Beaucoup de gens la trouvent culte, ce que je trouve quand même exagéré, et encore plus de gens la trouvent complètement nulle, ce qui me paraît encore plus exagéré. Non, Olivier Milhiet n’a pas la prétention de réaliser la BD culte du siècle. Il a crée un univers foutrement original (si, si) et déjanté, rempli de monstres hideux, de villages aux architectures improbables et d’humains peut-être plus hideux que les monstres. Le scénario est prenant, et le dessin classe, même si la couleur directe peut parfois sembler brouillonne pour les néophytes dans mon genre (surtout dans le tome 2). Mais bon, je ne peux que saluer le travail d’un auteur qui écrit son scénario, dessine et met ses dessins en couleur lui-même ! A noter que l’humour, les gags d’arrière plan et les détails idiots sont moins présents dans les tomes 2 et 3. Moi je trouve ça un peu dommage, vu que c’était selon moi LE point fort du tome 1, mais bon c’est vrai qu’il faut bien que l’histoire avance hein ! Quant à ceux qui trouvent l’humour idiot, ben oui, il est idiot, mais vu que l’auteur est idiot, que je suis moi-même idiot et que les lecteurs de Spoogue sont idiots… ça va, ça colle. Pardonnez-nous notre faiblesse, et laissez nous ricaner bêtement en paix. :) Moi, Spoogue, j’adore, ça me fait marrer, et ça me divertit. Un « must » dans le genre « gros délire bourrin ».
Sanctuaire
Cette BD a été pour moi une bonne surprise. En effet, ça avait mal commencé : le dessin n'est franchement pas top au premier abord, car beaucoup trop "numérisé", ça se voit trop que ça a été colorisé sur ordinateur. Mais ce détail s'efface rapidement au profit du reste ! L'histoire, elle, est vraiment très prenante ! L’exploration tourne rapidement à la catastrophe, tout s’enchaîne mal, et on ressent vraiment la claustrophobie propre à ce genre d'histoire de sous-marin coincé au fond de la mer. Un petit coté surnaturel fait rapidement son apparition, genre sauce X-Files. Le 3ème tome conclut brillamment l’histoire. En conclusion, si vous aimez tout ce qui est histoire militaire, et tout ce qui touche au surnaturel, cette BD est faite pour vous!
Quartier lointain
Alors là, pas de doute, si vous voulez vous mettre aux mangas, Quartier Lointain est la BD qu’il vous faut! C’est d’une sensibilité sans pareil. Le mélange d’ « intrigue » (pourquoi le père décide de partir ?) et de vie quotidienne m’a vraiment tenu en haleine du début jusqu’à la fin. Revivre son enfance avec une conscience d’adulte, c’est une trouvaille. J’ai souvent interrompu ma lecture pour rêver, et me demander ce que je pourrais faire différemment si je pouvais moi-même revivre mon enfance. Une BD pour rêveurs ? En tout cas pas une BD pour les fans d’action, vous voilà prévenus ! Le dénouement est très bien, sans être renversant. J’ai quand même le sentiment qu’en partant de la même idée, il y aurait moyen d’écrire un scénario encore plus délirant ! Mais ne nous plaignons pas, c’est déjà très sympa, et puis faire compliqué n’était visiblement pas le but de l’auteur. Voilà, des raisons pour NE PAS lire cette BD, il n’y en a pas vraiment. Je vous conseille Quartier Lointain, même si vous êtes allergique aux mangas. A part quelques traces de naïveté propre aux œuvres japonaises (les mauvaises langues diront niaiserie), et les désormais classiques bruitages rigolos (genre "splich sploch" quand le héros se lave les mains), on a plus affaire à une œuvre « à l’européenne », prouvant, si besoin en est, que les Japonais ont une culture BD bien à eux, et qu’ils peuvent en être fiers !
Pedro et moi
J’avais un a priori plutôt négatif en commençant cette BD. D’abord parce que la couverture de la VO est absolument épouvantable (voir ici) dans le genre affiche publicitaire pour une émission télé-réalité américaine. Pouah. Heureusement que les éditions « Cà et là » ne l’ont pas conservé pour la version française. Ensuite parce que justement, la BD parle d’une émission de télé-réalité américaine, « The real world », diffusée sur MTV, sur le principe bien connu : une poignée de gens plus ou moins célèbres aménagent tous ensemble dans une maison, et sont filmés 24h/24. Et franchement je ne supporte pas ces nouvelles pseudo stars qui envahissent les plateaux de télévision ou sortent un bouquin « ma vie après The Real World » ou « Comment je suis devenu un star alors que je n’ai aucun talent ». Voila, impression négative avant lecture donc. Mais j’ai finalement beaucoup aimé, et si le ton est définitivement plus larmoyant et moralisateur que dans une BD comme Pilules bleues par exemple, l’histoire est quand même un témoignage touchant, instructif et cruel sur l’ignorance, la séropositivité, l’homosexualité et l’amitié. En conclusion, une BD très américaine, très médiatisée, qui ne plaira pas à tout le monde, mais touchante et intéressante, et qui je l’espère trouvera son public dans nos contrées où « The real World » et « Pedro » sont aussi connus que les règles du baseball. Peut-être le meilleur titre du catalogue de Cà et Là à ce jour…
Lupus
Excellent ! Le mélange SF + roman graphique fonctionne à merveille. Le coté SF nous fait découvrir une diversité d’environnements incroyable (villes surpeuplées, mer acide, planète recouverte d’arbres…). Un beau dessin en couleur aurait peut-être été plus adapté pour les représenter, mais le noir et blanc est quand même très joli. L’histoire est pleine de tendresse. Ca commence en insistant bien sur le coté drogue, et j’avais peur que l’histoire ne tourne qu’autour de ça, mais non, ça parle de doute, d’amour, de jalousie, d’amitié… La fin est très belle. En fait je dirais que « Lupus » est une version plus adulte de Aldébaran de Léo. Ces deux œuvres ont en commun qu’elles se concentrent sur de chouettes environnements et sur les sentiments des personnages. Mais alors qu’Aldébaran traite ça de façon très « ado » (ce n’est pas un reproche hein, j’aime beaucoup les BDs de Léo), « Lupus » est beaucoup plus mûr, plus adulte, plus posé. Une chouette série, pas de doute.