Les gens comme nous, ça trime ou ça crève. Quand ça crève pas en trimant…
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, qui met en scène le personnage de Popeye, créé en 1919, par Elzie Crisler Segar (1894-1938), et qui est tombé dans le domaine public européen depuis le premier janvier 2009. Sa première publication date de 2019, et compte cent deux pages de bande dessinée. Il a été écrit par Antoine Ozanam, dessiné et mis en couleurs par Marcello Lelis.
Sur une mer d'huile, un petit bateau à cheminée est à l'arrêt, avec un filet de pêche à la traîne. Popeye ramène ses filets et constate qu'il n'y a qu'un seul poisson. Il décide que c'est fini pour aujourd'hui et qu'il peut rentrer. Il relâche le poisson à la mer et il met les machines en marche. Il rallie le port sans problème, avec quelques vagues. Il amarre son rafiot et il en descend. Il se fait interpeller par un groupe de trois marins qui raillent le fait qu'il rentre bredouille. le ton monte et ils sont prêts à en venir aux mains quand la voix de Bosco, un autre marin, se fait entendre. Il a haussé le ton pour indiquer aux policiers qu'ils n'ont pas le droit de faire ça : ils sont en train de mettre des scellés sur son bateau parce que ça fait six mois qu'il ne paye plus ses traites. Maturin quitte ceux contre qui il s'apprêtait à se battre, pour rejoindre son ami, le soutenir dans son épreuve, et lui éviter d'aggraver son cas. Maturin offre un coup à Bosco qui l'accompagne au troquet Rough House. Chemin faisant, Bosco lui avoue qu'il ne sait pas comment il va annoncer ça à sa femme Myrtille et à son fils Junior.
Arrivé au troquet, Maturin et Bosco s'installent à une table et le premier accepte d'offrir une bière à Wimpy qui vient s'installer avec eux. Il accepte même de leur payer à manger. Wimpy se lève pour aller passer commande auprès d'Olive Oyl la tenancière. Il écarte de son chemin Castor Oyl, le frère d'Olive, un homme de petite taille. Sa soeur le fait passer derrière le comptoir avant qu'il ne se lance dans une bagarre avec Wimpy. Elle lui demande ce qu'il est venu faire ici : Castor est venu pour lui emprunter de l'argent. Elle lui hurle dessus de déguerpir. À la fermeture, Maturin raccompagne Bosco chez lui. Ils sont accueillis par Myrtille et il lui demande de se montrer gentille avec son mari car les huissiers lui ont pris son bateau. Après avoir déposé un baiser sur le front de son ami déjà endormi, il va se mettre au calme à l'extrémité d'un ponton. Quelques instants plus tard, il entend le bruit d'une agression et il intervient. Il se bat contre les voyous qui s'en prenaient à Olive pour la dépouiller de la recette de la journée. Il prend quelques coups, mais les agresseurs le trouvent trop coriace et ils mettent les bouts. Olive le remercie, puis se tourne vers Ham qui vient d'arriver sur les lieux, et Maturin en profite pour s'éclipser discrètement. Il rentre chez lui : une maison en planches au bord de la plage. Il ouvre le placard et en sort une boîte de conserves contenant des épinards : son dîner du soir comme souvent, car il n'a pas péché de poisson aujourd'hui. le lendemain il est tiré de son sommeil par le soleil qui passe par la fenêtre et il découvre qu'Olive est dans sa chambre.
Le personnage de Popeye est apparu pour la première fois en 1929, dans le comic-strip créé en 1919, et réalisé par Elzie Crisler Segar (1894-1938). Par la suite il a été adapté à plusieurs reprises en dessin animé : une première série de 1933 à 1957, une deuxième de 1960 à 1962, une troisième de 1978 à 1987, et plus récemment un film en 1980 : une comédie musicale réalisée par Robert Altman, et écrite par Jules Feiffer. Grâce au passage du personnage dans le domaine public, les auteurs peuvent maintenant s'en servir en toute liberté. En entamant sa lecture, le lecteur ne trouve pas de repère sur le moment où se déroule cette histoire par rapport à ce qu'il peut savoir de Popeye. Pour que le récit prenne toute sa saveur, il vaut mieux qu'il en dispose d'une connaissance superficielle : un marin, une amoureuse, un goût immodéré pour les épinards dont l'ingestion est sensée lui donner de la force, et quelques potes, sans oublier un grand costaud qui entretient une solide inimitié à son égard. Avec ces quelques grands traits en tête, il peut jouir de la dimension du ludique de l'histoire, en repérant les éléments identiques et les éléments qui diffèrent, même s'il ne s'agit pas de l'intérêt principal de la lecture.
La couverture montre un étrange rafiot : des éléments très concrets et réalistes comme les bouées accrochées au bastingage et servant à amortir le choc lors de la mise à quai, l'étroite cabine de pilotage, la couleur rouge de la coque, ainsi que des éléments plus imaginaires comme le gouvernail en proue ou les cheminées démesurées par rapport au moteur de ce rafiot, le tout formant une vision plus onirique et poétique que réaliste et plausible. La première planche montre ce même bateau sur une mer étale, avec une cheminée principale peut-être encore plus imposante, d'une hauteur deux fois plus importante que celle de la cabine. le gouvernail n'est pas présent à la proue. Les mailles du filet semblent manquer de texture, ni cordage, ni matière plastique. le nom est griffonné en tout petit sur la coque 4 Cigare, une référence au nom du créateur de Popeye (for Segar). L'artiste détoure les formes d'un fin trait crayonné, pas toujours régulier, voire tremblotant. Il ajoute des éléments à l'intérieur des formes avec le même trait très fin, apparaissant parfois comme griffonné. Les silhouettes des personnages sont détourées de la même manière et présentent des exagérations morphologiques comme l'énorme mâchoire de Maturin et ses yeux plissés au point de ne voir ni leur blanc, ni leur iris, où le corps filiforme d'Olive, celui de Bosco qui évoque un nain de jardin, etc. Il se dégage de ces dessins éthérés une sensation un peu diaphane, surtout quand l'artiste décide de s'affranchir de dessiner l'arrière-plan pendant toute une page, voire toute une séquence.
Pour autant, le récit ne se déroule pas dans une ambiance cotonneuse déconnectée d'éléments concrets. Comme sur la couverture, Lelis prend le temps de représenter des lieux et des accessoires aussi concrets que possibles. Par exemple, la roue du gouvernail se trouve dans la cabine du bateau de Maturin ce que le lecteur peut voir en page quatre, avec à côté une boussole de navigation, des cadrans de contrôle. L'arrivée au port se fait avec un dessin en plongée depuis le ciel montrant un porte-conteneur, les pilotines et les bateaux pilote servant au lamanage, les grues de déchargement et les bâtiments de la capitainerie. Dans la page suivante, le lecteur découvre en plus des chariots élévateurs, des pontons et des bittes d'amarrage, ainsi que des escaliers pour accéder au quai haut. Ces éléments ancrent les personnages dans des lieux concrets, avec des éléments très pragmatiques. Toujours dans cette séquence, un chat est juché sur une caisse de poissons, en train de les détailler pour choisir son festin. le troquet Rough House est implanté en coin de rue, avec un rideau de fer tiré pour le magasin d'à côté. Ses tables et ses chaises sont de forme simple et endurante. Lorsqu'Olive se rend chez Maturin pour le remercier, le lecteur peut jeter un coup d'oeil dans sa pièce principale où se trouve également son lit. Il regarde l'aménagement : les stores vénitiens qui ont connu des jours meilleurs, la couverture en patchwork, le canapé, les commodes, les tableaux accrochés au mur, le parquet en lattes de bois très large, le coin cuisine à l'américaine, le fauteuil et le tapis. Un peu plus tard, Maturin et Bosco vont travailler comme manutentionnaires sur le port : les images montrent les installations techniques de l'entrepôt qui les emploie. Plus tard, Bosco et Myrtille passent la journée dans une immense fête foraine, avec des attractions bien détaillées qui donnent envie.
Ce dosage entre éléments concrets et détaillés, et apparences vaporeuses maintient le lecteur dans l'incertitude quant à la nature du récit, entre drame léger et conte fantastique. le pathos reste à un niveau très relatif, alors même que les personnages évoluent dans une situation sociale précaire. le bateau de Maturin tombe en panne, celui de Bosco a été mis sous scellés et les voilà dans l'impossibilité de prendre la mer, et dans l'obligation de travailler à terre, pour un boulot d'une très forte pénibilité, et une paye très basse. Olive retrouve son copain en train d'embrasser une autre. Les relations entre Maturin et son père sont à l'antagonisme. le frère d'Olive se raccroche à un espoir aussi fantaisiste qu'illusoire : une carte indiquant l'emplacement d'une épave de bateau dont les soutes contiendraient un trésor. Il n'y a pas de résolution miraculeuse, même s'il s'agit d'une histoire à chute. Ces individus doivent confronter leurs rêves et leurs aspirations, à la réalité et aux contraintes économiques, à leur faible valeur en tant que membre de l'écosystème professionnel. le lecteur se sent plus ou moins touché par leur situation, en fonction de sa sensibilité. Il peut y voir une forme de métaphore avec d'autres métiers passion qui ne nourrissent par leur homme, ou leur femme, ou leur créateur et créatrice quand il s'agit d'auteurs de bande dessinée par exemple. La scène des deux dernières pages vient modifier la perspective du récit de manière significative, modifiant le dosage entre réalité et conte.
Popeye est tombé dans le domaine public et les auteurs peuvent maintenant l'interpréter comme ils le souhaitent, en proposer leur révision, en faire la métaphore de questions d'actualité. le scénariste a choisi de raconter la vie quotidienne de Maturin au premier degré, dans une crise de l'industrie de la pèche, obligeant les indépendants à se tourner vers les grosses entreprises pour assurer un revenu permettant de vivre. La narration visuelle opte de naviguer entre réalisme concret et licence poétique propre aux contes. Le lecteur ressent bien la difficulté pour ces personnages de reconnaître la réalité de leurs perspectives professionnelles très limitées, de se résigner à abandonner leur vocation, le mode de vie qui contente leurs aspirations profondes. L'arrivée d'un nouveau personnage dans la conclusion vient modifier la perspective de cette situation, en ramenant une dose d'imaginaire dans leur vie.
J'adore. Je n'y connais pas grand chose en comics Marvel. Mes connaissances pour apprécier ce one shot se limitent aux films : Ghost Rider avec Nicolas Cage, Thanos et compagnie grâce aux Avengers, et je n'ai pas eu besoin de plus pour apprécier cette histoire. D'habitude, je suis assez exigeant avec les comics de superhéros, car je n'aime pas trop le format : le découpage des cases dans tous les sens + les couleurs criardes qui me donnent plus la nausée qu'autre chose.
Mais là, c'était différent. Ce comics m'a accroché sans que je me prenne la tête dans ma lecture, et c'est déjà un bon point.
Les seuls super-héros dont j'ai envie de lire des comics sont ceux qui sont soit complètement déjantés avec une bonne dose d'humour, soit très sombres. Les avis précédents m'ont donné envie d'accorder une chance à Ghost Rider, et j'ai bien fait !
Même si je ne suis pas familier avec tout l'univers Marvel, j'adore les scénarios qui jouent avec l'espace-temps, les lignes temporelles et les différentes versions des personnages. Donc forcément, en y ajoutant une touche de folie, je ne pouvais qu'adorer cette histoire !
Une BD fait avec honnêteté intellectuelle et une qualité de recherche à souligner. Même si on se serait un peu passé des quelques blagues sur le patriarcat, c'est une excellente BD.
ENFIN UNE BONNE ROMANCE PUTAIN ! Personnages au top, situation réaliste, dessin atypique qui ne plaira pas à tout le monde, et une fin qui se fait désirer, mais par pitié lisez le nom de dieu.
J'ai adoré cette BD, cependant ce n'est pas pour tout le monde, il faut déjà aimer les récits muets et avoir un bon vécu dans la BD pour l'apprécier comme il se doit. Ayant lu plus de 300 séries je l'ai donc adorée, car j'ai sûrement su comment le lire.
Un Taniguchi en forme, pour une adaptation réussie. Nous sommes sur autre chose que Quartier lointain, beaucoup plus contemplatif et plus porté sur l'aventure que la famille, ça change et c'est ce que le lecteur cherche.
Vous voyez le film Oppenheimer? bah c'est pareil mais en partant des débuts des recherches sur l'Uranium. C'était très intéressant, un peu lourd à lire parfois, avec un dessin magnifique qui traduit tout ce qu'il se passe avec une impressionnante justesse au point que cela en devienne terrifiant avec l'acte 4 de la BD que je ne divulguerai pas. Autre point intéressant, c'est que l'Uranium nous parle et j'ai adoré ce concept de faire parler cette force inconnue qui est selon moi le vrai personnage principale de la BD.
En adaptant le roman de Cormac McCarthy, Manu Larcenet nous prouve une fois encore, après « Blast » et « Le Rapport de Brodeck » (autre adaptation d’un livre de Philippe Claudel), qu’il n’est jamais aussi bon que quand il aborde la face sombre de l’humanité. Et on peut le dire, ce roman de l’écrivain américain, qui est d’abord un ouvrage de littérature avant d’être d’anticipation (le contexte « post-apo » n’est en fait qu’un prétexte pour explorer la nature humaine lorsqu’elle est confrontée à une situation catastrophique), en laissant passer si peu de lumière, fournissait au bédéiste français une matière première idéale.
Larcenet étant resté très fidèle au roman, l’effet de surprise est donc moindre pour ceux qui l’ont déjà lu et/ou ont eu l’occasion de voir le film de John Hillcoat avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. Mais l’auteur du « Combat ordinaire » ne s’est pas contenté d’être fidèle, il s’est parfaitement approprié le livre, ce que suffit à confirmer la puissance de son trait. Le chemin de croix de ce père et de son fils errant dans un univers de grisaille, pris en tenaille entre le froid et la terreur, poussant sur des routes défoncées un caddie rempli de rares provisions et de leurs maigres biens (quelle image forte !), a été mis en scène avec brio par celui qui fait figure de maître du neuvième art en France.
A coup sûr, le lecteur sera plongé dans un état d’effroi hypnotique en découvrant ce monde désespérément morne où toute vie semble avoir disparu, laissant apparaître les reliques d’une civilisation volatilisée corps et biens : distributeurs de canettes, boîtes de conserve empilées (clin d’œil warholien ?), panneaux publicitaires vantant les mérites d’une destination de rêve… Autant d’objets divers et variés qui, juxtaposés avec des crânes humains témoignant du retour à des pratiques d’un autre âge, nous rappellent par un effet de miroir grinçant notre inconséquence et notre aveuglement, celui de notre monde actuel individualiste et anthropocentré, que l’on nous pousse toujours à considérer comme le summum de la civilisation, le modèle à suivre sans aucune alternative possible.
Mais le plus terrifiant (âmes sensibles s’abstenir), ce sont surtout ces scènes récurrentes suggérant l’anthropophagie, encore plus terrifiantes peut-être du fait qu’elles ne soient que suggérées… Notamment celle où l’on voit défiler une cohorte d’hommes en guenilles, simulacre d’armée brandissant des drapeaux en lambeaux et escortant ses prisonniers humains, tels des garde-manger vivants, un choc visuel qui vient percuter violemment notre rétine.
Le trait de Larcenet, ici réaliste et minutieux, associé à un cadrage évocateur, joue à plein. Les paysages désolés sous la brume ou la neige laissent filtrer la beauté évanescente de ce qu’il reste d’une nature indifférente à la laideur ambiante. Il paraîtrait presque déplacé de dire que c’est superbe, entant donné le propos extrêmement âpre du livre, et pourtant c’est bien le cas. Vers la fin, une case (p.130) pourrait d’ailleurs rappeler certains tableaux du romantique allemand Caspar David Friedrich, où souvent des personnages font face à l’immensité de la nature. Ici, le père et le fils contemplent une mer grise, laissant apparaître au loin un bateau échoué.
Cette brillante version de « La Route », largement acclamée par la critique, est déjà un best-seller, ce dont on ne peut que se réjouir quand il s’agit d’une œuvre atteignant un tel niveau de qualité. Certes, ce n’est pas la lecture la plus « feel-good » de l’année, mais il faut parfois savoir s’infliger des chocs pour prendre conscience de la fragilité de notre monde, et peut-être, s’efforcer de le changer à son échelle. Si le propos de « La Route » est à la fois lucide et sans illusions sur la nature humaine, ce récit, qui décrit le basculement rapide d’une société dite « civilisée » dans la barbarie la plus extrême, n’a pas pour fonction de nous plomber le moral, sinon à quoi bon ? Il devrait plutôt, en nous délivrant un électrochoc mental, nous avertir quant à l’urgence de brandir notre humanité comme seule voie de salut, à l’image du jeune garçon, seul personnage doté d’empathie, et de fait, le plus touchant.
Sentiment de sécurité trompeur
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Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre. Il contient les épisodes 1 à 4, initialement parus en 2017/2018, écrits, dessinés et encrés par Gabriel Rodríguez, et mis en couleurs par Lovern Kindzierski. Il comprend également une introduction de 3 pages, écrite par Joe Hill en octobre 2018, ainsi que dix-sept pages d'illustrations en pleine page (couvertures en couleurs et en noir & blanc), un entretien de sept pages entre Ted Adams et Gabriel Rodríguez agrémenté de dessins d'étude, et 6 pages de représentations des principaux sites avec un logiciel de modélisation et de brèves explications du créateur. Gabriel Rodríguez et Joe Hill sont les auteurs de l'extraordinaire série Locke & Key, 37 épisodes publiés entre 2008 et 2013.
Le vaisseau spatial Pendragon approche de l'orbite d'une planète. À son bord : une famille avec le père Lotharr, sa femme Iggren et son fils Morgan. Ils décident de s'installer sur cette planète, la procédure indiquant qu'ils doivent détruire leur vaisseau après. Un temps indéterminé après, Avalon (une jeune femme) est venue faire ses adieux à sa famille d'adoption : des félins de grande taille dotés de conscience et de la parole, et vivant dans les montagnes. Elle étreint sa mère adoptive, tout en regrettant l'absence de sa sœur Kai. La mère dit son incompréhension de voir Avalon rejoindre le monde des êtres humains régi par la parole, outil dédié à la manipulation tellement trompeur. Dans le même temps, 5 déités contemplent le destin de l'humanité, la succession des cycles avec élévation vers un niveau supérieur, puis chute à nouveau vers une période d'obscurantisme. Ils considèrent le risque élevé de la rupture de ce cycle, et ont mis en œuvre ce qui était de leur ressort pour que l'humanité puisse prendre conscience de ce cycle et s'en délivrer. Merlin ressent les tenants et les aboutissants de cette discussion pendant sa transe. Il décide d'emmener Avalon à la ville de Caledia, tenue par l'ordre des Moines Blancs. Ils sont accompagnés par l'oiseau Nikola, doué de conscience et de parole.
Plus loin sur le chemin, au bord d'un lac, Trystan et Lancer Benveek sont en train de s'entraîner à l'épée, sous les yeux de Gawyn, et de 2 individus faisant payer pour le spectacle. Benveek n'arrête pas de faire des commentaires sur les qualités de bretteur de son opposant, tout en parant, évitant et portant des coups, alors que Trystan reste muet. Sur le chemin, Avalon a décidé d'attaquer un groupe de 6 gardes armés qui escortent un véhicule conduit par 2 autres gardes, transportant une cargaison d'esclaves. L'embuscade se déroule de manière très rapide, Avalon neutralisant 7 gardes avec une rapidité et une adresse extraordinaires. Merlin est obligé d'intervenir pour mettre le dernier hors d'état de nuire, Nikola ayant vu qu'elle allait se faire attaquer par derrière. Elle libère les prisonniers, dont le représentant s'inquiète de la distance à parcourir pour rallier Caledia, au risque de se faire dévorer par des bêtes sauvages. Avalon l'écoute gentiment, les laisse partir, et enferme les gardes dans la cage, leur promettant de venir les délivrer dans quelques jours. Peu de temps après, un groupe de templier de l'Étoile Noire arrive sur le site : le seigneur Morgan, le lieutenant Isolt, l'oiseau Gorice, et des soldats. Ils s'adressent à l'interprète resté sur place.
Dans l'introduction, Joe Hill dit tout le bien qu'il pense de Gabriel Rodríguez, de sa capacité à créer des mondes, à faire s'incarner des personnages, à mettre en scène des situations complexes, à proposer une variation originale de la légende arthurienne. Effectivement, dès la première page, le lecteur remarque l'utilisation du mot Pendragon, un titre celtique qui signifie Chef dragon, porté par Arthur et par son père Uther. Parmi les autres éléments en provenance de la légende du roi Arthur, il relève le mot Avalon, les noms Merlin, Trystan, Morgan, la présence d'un dragon, et bien sûr l'épée retirée d'une grande gemme verte. L'auteur ne fait pas mystère de la source de son inspiration. Il indique dans l'interview qu'il a souhaité approcher la légende avec un angle un peu différent : avant Arthur, avec une pincée du principe de la Guerre des Étoiles, à savoir l'existence de vaisseaux spatiaux avant l'existence de l'homme sur la Terre. Finalement ces références à cette légende apparaissent comme l'auteur reconnaissant ce qu'il emprunte à un récit classique, une forme d'honnêteté vis-à-vis de son lecteur.
Pour autant, les aventures d'Avalon forment une quête qui ne se limite pas à suivre servilement la trame du cycle arthurien. Il ne transpose pas à l'identique la situation des personnages portant le même nom (Merlin, Trystan, Gawin, Morgan) et il a décomposé son histoire en une série projetée à 6 tomes, celui-ci correspondant donc au tout début. Comme indiqué dans l'introduction, il s'agit pour Gabriel Rodríguez de construire tout un monde, et de l'explorer. L'auteur a donc fort à faire pour présenter tous les concepts et toutes les situations sans donner l'impression d'établir une liste, ou un guide de voyage. Afin de donner du rythme, il a choisi une structure en chapitre, à la longueur variable, d'une page à une quinzaine pour le plus long. En feuilletant rapidement le tome, le lecteur observe une bonne quantité de phylactères, mais aussi quelques pages plus aérées. À l'épreuve de la lecture, il fait l'expérience de pages consistantes, mais se tournant rapidement, sans impression de lourdeur ou de surcharge. Effectivement, la narration de Gabriel Rodríguez est plus dense que celle d'un comics classique, plus proche de celle d'une bande dessinée européenne, sur 102 pages de BD. Rapidement, le lecteur constate que l'auteur ne se contente pas d'une lutte du bien contre le mal, d'une dichotomie entre 2 factions ennemies, et qu'il indique que la situation de ce monde est plus complexe, avec différents clans ayant différentes aspirations. de même l'usage de l'épée d'Avalon ne relève pas de la simple arme magique. le lecteur se laisse rapidement séduire par la découverte de ce monde inconnu, par les croyances des différents clans, par les résidus d'artefacts technologiques, par l'enjeu à l'échelle des créatures vivantes, par la fougue réfléchie d'Avalon.
Bien sûr, le lecteur est avant tout venu pour retrouver la richesse et l'inventivité de la narration visuelle de Gabriel Rodríguez, espérant bien un niveau similaire à celui de la série Locke & Key. Il est vite comblé au-delà de ses espérances. L'artiste mélange des éléments fantastiques attendus divers (vaisseau spatial, tigre dent de sabre, épée, uniforme avec ou sans cape, dragon, gros monstre), avec des apparences originales et spécifiques. de la même manière qu'il rend hommage à la légende du roi Arthur, il rend hommage à ces conventions de genre, par des versions qui lui appartiennent et qui servent son récit, plutôt que de ressembler à un catalogue de clichés servant à cacher un manque d'inspiration. En fonction de ses inclinations, le lecteur peut prendre son temps pour regarder les costumes et juger de leur praticité et de leur cohérence, prendre son temps pour regarder la faune et la comparer avec ce qu'il a déjà pu lire par ailleurs, la situer par rapport à son échelle de valeur, d'originalité. À chaque comparaison, la balance penche en faveur de Gabriel Rodríguez, de son inventivité, de son degré d'implication pour amener de la substance à chaque élément, pour construire sa vision. le lecteur éprouve donc un grand plaisir à se projeter dans ces endroits bien réalisés, au milieu de personnages consistants. Il observe les constructions et les environnements naturels, ainsi que les personnages se déplacer en fonction des caractéristiques de chaque lieu, à l'opposé d'individus plaqués indifféremment quel que soit l'endroit.
Même sans lire les 6 pages sur la modélisation des bâtiments et de la citadelle de Caledia, le lecteur perçoit l'impressionnante cohérence spatiale de chaque lieu. En particulier, il se rend compte qu'il comprend facilement les déplacements des différentes factions et de différents personnages lors de l'attaque de la citadelle de Caledia qui dure une quarantaine de pages. À l'opposé de quelques affrontements spectaculaires qui s'enchaînent, Gabriel Rodríguez raconte les affrontements singuliers de chaque personnage principal, sa progression, la manière dont la bataille globale se répercute sur sa situation, la manière dont 2 combats peuvent se rejoindre. Effectivement, les pages de fin viennent confirmer l'investissement dans la conception de ce moment spectaculaire, à la fois pour les caractéristiques géographiques du terrain, à la fois pour l'architecture de la citadelle et du bâtiment principal. Tout ce travail reste en arrière-plan, l'auteur privilégiant bien la narration, plutôt que de se montrer démonstratif. le lecteur se jette donc à corps perdu dans la bataille, au travers des différents combats, admirant le courage et la dextérité des assaillants, retenant son souffle devant l'intervention de monstres et l'ampleur de la destruction, voyant que la vie des civils ne vaut pas grand-chose.
En commençant ce tome, le lecteur prend vite conscience de son caractère de récit de genre, empruntant à droite et à gauche. La narration visuelle atteste vite du fait que Gabriel Rodríguez n'a rien perdu de sa verve ou de son inventivité. le récit utilise les différentes conventions de genre à bon escient, pour nourrir l'histoire, plutôt que comme prétexte pour cacher un manque de substance. le lecteur s'immerge dans un monde riche et bien pensé, suivant la progression difficile et pleine de périls d'Avalon vers une citadelle qui doit soutenir un siège. Il prend plaisir à découvrir les dangers et les créatures fantastiques. S'il y prête attention, il se rend aussi compte que l'auteur intègre naturellement des réflexions découlant de certaines situations, apportant une dimension littéraire à son récit de genre.
Une chasse au vampire à travers plusieurs générations, une famille condamnée à affronter des forces occultes qui la dépassent, un héritage qui prend la forme d’une malédiction héréditaire et encombrante. Chasseurs de vampires à travers les siècles, les Rougemont ont un ennemi mortel : Vladimir Kergan. Je viens de relire cette série avec grand plaisir. Je la trouve bien construite, elle progresse avec une mécanique bien huilée, respectant les codes du genre. Les deux premiers cycles sont les plus réussis. Le troisième qui commence par un focus sur le personnage de Kergan est peut-être en trop. Malgré ce petit bémol, ça tient bien la route, les dessins de Swolfs (ambiances et décors) toujours aussi beaux, et bien que ce thème ait déjà été traité à maintes reprises, il y a ici un petit truc en plus qui m’a plu. Une très bonne série.
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Popeye - Un homme à la mer
Les gens comme nous, ça trime ou ça crève. Quand ça crève pas en trimant… - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, qui met en scène le personnage de Popeye, créé en 1919, par Elzie Crisler Segar (1894-1938), et qui est tombé dans le domaine public européen depuis le premier janvier 2009. Sa première publication date de 2019, et compte cent deux pages de bande dessinée. Il a été écrit par Antoine Ozanam, dessiné et mis en couleurs par Marcello Lelis. Sur une mer d'huile, un petit bateau à cheminée est à l'arrêt, avec un filet de pêche à la traîne. Popeye ramène ses filets et constate qu'il n'y a qu'un seul poisson. Il décide que c'est fini pour aujourd'hui et qu'il peut rentrer. Il relâche le poisson à la mer et il met les machines en marche. Il rallie le port sans problème, avec quelques vagues. Il amarre son rafiot et il en descend. Il se fait interpeller par un groupe de trois marins qui raillent le fait qu'il rentre bredouille. le ton monte et ils sont prêts à en venir aux mains quand la voix de Bosco, un autre marin, se fait entendre. Il a haussé le ton pour indiquer aux policiers qu'ils n'ont pas le droit de faire ça : ils sont en train de mettre des scellés sur son bateau parce que ça fait six mois qu'il ne paye plus ses traites. Maturin quitte ceux contre qui il s'apprêtait à se battre, pour rejoindre son ami, le soutenir dans son épreuve, et lui éviter d'aggraver son cas. Maturin offre un coup à Bosco qui l'accompagne au troquet Rough House. Chemin faisant, Bosco lui avoue qu'il ne sait pas comment il va annoncer ça à sa femme Myrtille et à son fils Junior. Arrivé au troquet, Maturin et Bosco s'installent à une table et le premier accepte d'offrir une bière à Wimpy qui vient s'installer avec eux. Il accepte même de leur payer à manger. Wimpy se lève pour aller passer commande auprès d'Olive Oyl la tenancière. Il écarte de son chemin Castor Oyl, le frère d'Olive, un homme de petite taille. Sa soeur le fait passer derrière le comptoir avant qu'il ne se lance dans une bagarre avec Wimpy. Elle lui demande ce qu'il est venu faire ici : Castor est venu pour lui emprunter de l'argent. Elle lui hurle dessus de déguerpir. À la fermeture, Maturin raccompagne Bosco chez lui. Ils sont accueillis par Myrtille et il lui demande de se montrer gentille avec son mari car les huissiers lui ont pris son bateau. Après avoir déposé un baiser sur le front de son ami déjà endormi, il va se mettre au calme à l'extrémité d'un ponton. Quelques instants plus tard, il entend le bruit d'une agression et il intervient. Il se bat contre les voyous qui s'en prenaient à Olive pour la dépouiller de la recette de la journée. Il prend quelques coups, mais les agresseurs le trouvent trop coriace et ils mettent les bouts. Olive le remercie, puis se tourne vers Ham qui vient d'arriver sur les lieux, et Maturin en profite pour s'éclipser discrètement. Il rentre chez lui : une maison en planches au bord de la plage. Il ouvre le placard et en sort une boîte de conserves contenant des épinards : son dîner du soir comme souvent, car il n'a pas péché de poisson aujourd'hui. le lendemain il est tiré de son sommeil par le soleil qui passe par la fenêtre et il découvre qu'Olive est dans sa chambre. Le personnage de Popeye est apparu pour la première fois en 1929, dans le comic-strip créé en 1919, et réalisé par Elzie Crisler Segar (1894-1938). Par la suite il a été adapté à plusieurs reprises en dessin animé : une première série de 1933 à 1957, une deuxième de 1960 à 1962, une troisième de 1978 à 1987, et plus récemment un film en 1980 : une comédie musicale réalisée par Robert Altman, et écrite par Jules Feiffer. Grâce au passage du personnage dans le domaine public, les auteurs peuvent maintenant s'en servir en toute liberté. En entamant sa lecture, le lecteur ne trouve pas de repère sur le moment où se déroule cette histoire par rapport à ce qu'il peut savoir de Popeye. Pour que le récit prenne toute sa saveur, il vaut mieux qu'il en dispose d'une connaissance superficielle : un marin, une amoureuse, un goût immodéré pour les épinards dont l'ingestion est sensée lui donner de la force, et quelques potes, sans oublier un grand costaud qui entretient une solide inimitié à son égard. Avec ces quelques grands traits en tête, il peut jouir de la dimension du ludique de l'histoire, en repérant les éléments identiques et les éléments qui diffèrent, même s'il ne s'agit pas de l'intérêt principal de la lecture. La couverture montre un étrange rafiot : des éléments très concrets et réalistes comme les bouées accrochées au bastingage et servant à amortir le choc lors de la mise à quai, l'étroite cabine de pilotage, la couleur rouge de la coque, ainsi que des éléments plus imaginaires comme le gouvernail en proue ou les cheminées démesurées par rapport au moteur de ce rafiot, le tout formant une vision plus onirique et poétique que réaliste et plausible. La première planche montre ce même bateau sur une mer étale, avec une cheminée principale peut-être encore plus imposante, d'une hauteur deux fois plus importante que celle de la cabine. le gouvernail n'est pas présent à la proue. Les mailles du filet semblent manquer de texture, ni cordage, ni matière plastique. le nom est griffonné en tout petit sur la coque 4 Cigare, une référence au nom du créateur de Popeye (for Segar). L'artiste détoure les formes d'un fin trait crayonné, pas toujours régulier, voire tremblotant. Il ajoute des éléments à l'intérieur des formes avec le même trait très fin, apparaissant parfois comme griffonné. Les silhouettes des personnages sont détourées de la même manière et présentent des exagérations morphologiques comme l'énorme mâchoire de Maturin et ses yeux plissés au point de ne voir ni leur blanc, ni leur iris, où le corps filiforme d'Olive, celui de Bosco qui évoque un nain de jardin, etc. Il se dégage de ces dessins éthérés une sensation un peu diaphane, surtout quand l'artiste décide de s'affranchir de dessiner l'arrière-plan pendant toute une page, voire toute une séquence. Pour autant, le récit ne se déroule pas dans une ambiance cotonneuse déconnectée d'éléments concrets. Comme sur la couverture, Lelis prend le temps de représenter des lieux et des accessoires aussi concrets que possibles. Par exemple, la roue du gouvernail se trouve dans la cabine du bateau de Maturin ce que le lecteur peut voir en page quatre, avec à côté une boussole de navigation, des cadrans de contrôle. L'arrivée au port se fait avec un dessin en plongée depuis le ciel montrant un porte-conteneur, les pilotines et les bateaux pilote servant au lamanage, les grues de déchargement et les bâtiments de la capitainerie. Dans la page suivante, le lecteur découvre en plus des chariots élévateurs, des pontons et des bittes d'amarrage, ainsi que des escaliers pour accéder au quai haut. Ces éléments ancrent les personnages dans des lieux concrets, avec des éléments très pragmatiques. Toujours dans cette séquence, un chat est juché sur une caisse de poissons, en train de les détailler pour choisir son festin. le troquet Rough House est implanté en coin de rue, avec un rideau de fer tiré pour le magasin d'à côté. Ses tables et ses chaises sont de forme simple et endurante. Lorsqu'Olive se rend chez Maturin pour le remercier, le lecteur peut jeter un coup d'oeil dans sa pièce principale où se trouve également son lit. Il regarde l'aménagement : les stores vénitiens qui ont connu des jours meilleurs, la couverture en patchwork, le canapé, les commodes, les tableaux accrochés au mur, le parquet en lattes de bois très large, le coin cuisine à l'américaine, le fauteuil et le tapis. Un peu plus tard, Maturin et Bosco vont travailler comme manutentionnaires sur le port : les images montrent les installations techniques de l'entrepôt qui les emploie. Plus tard, Bosco et Myrtille passent la journée dans une immense fête foraine, avec des attractions bien détaillées qui donnent envie. Ce dosage entre éléments concrets et détaillés, et apparences vaporeuses maintient le lecteur dans l'incertitude quant à la nature du récit, entre drame léger et conte fantastique. le pathos reste à un niveau très relatif, alors même que les personnages évoluent dans une situation sociale précaire. le bateau de Maturin tombe en panne, celui de Bosco a été mis sous scellés et les voilà dans l'impossibilité de prendre la mer, et dans l'obligation de travailler à terre, pour un boulot d'une très forte pénibilité, et une paye très basse. Olive retrouve son copain en train d'embrasser une autre. Les relations entre Maturin et son père sont à l'antagonisme. le frère d'Olive se raccroche à un espoir aussi fantaisiste qu'illusoire : une carte indiquant l'emplacement d'une épave de bateau dont les soutes contiendraient un trésor. Il n'y a pas de résolution miraculeuse, même s'il s'agit d'une histoire à chute. Ces individus doivent confronter leurs rêves et leurs aspirations, à la réalité et aux contraintes économiques, à leur faible valeur en tant que membre de l'écosystème professionnel. le lecteur se sent plus ou moins touché par leur situation, en fonction de sa sensibilité. Il peut y voir une forme de métaphore avec d'autres métiers passion qui ne nourrissent par leur homme, ou leur femme, ou leur créateur et créatrice quand il s'agit d'auteurs de bande dessinée par exemple. La scène des deux dernières pages vient modifier la perspective du récit de manière significative, modifiant le dosage entre réalité et conte. Popeye est tombé dans le domaine public et les auteurs peuvent maintenant l'interpréter comme ils le souhaitent, en proposer leur révision, en faire la métaphore de questions d'actualité. le scénariste a choisi de raconter la vie quotidienne de Maturin au premier degré, dans une crise de l'industrie de la pèche, obligeant les indépendants à se tourner vers les grosses entreprises pour assurer un revenu permettant de vivre. La narration visuelle opte de naviguer entre réalisme concret et licence poétique propre aux contes. Le lecteur ressent bien la difficulté pour ces personnages de reconnaître la réalité de leurs perspectives professionnelles très limitées, de se résigner à abandonner leur vocation, le mode de vie qui contente leurs aspirations profondes. L'arrivée d'un nouveau personnage dans la conclusion vient modifier la perspective de cette situation, en ramenant une dose d'imaginaire dans leur vie.
Cosmic Ghost Rider
J'adore. Je n'y connais pas grand chose en comics Marvel. Mes connaissances pour apprécier ce one shot se limitent aux films : Ghost Rider avec Nicolas Cage, Thanos et compagnie grâce aux Avengers, et je n'ai pas eu besoin de plus pour apprécier cette histoire. D'habitude, je suis assez exigeant avec les comics de superhéros, car je n'aime pas trop le format : le découpage des cases dans tous les sens + les couleurs criardes qui me donnent plus la nausée qu'autre chose. Mais là, c'était différent. Ce comics m'a accroché sans que je me prenne la tête dans ma lecture, et c'est déjà un bon point. Les seuls super-héros dont j'ai envie de lire des comics sont ceux qui sont soit complètement déjantés avec une bonne dose d'humour, soit très sombres. Les avis précédents m'ont donné envie d'accorder une chance à Ghost Rider, et j'ai bien fait ! Même si je ne suis pas familier avec tout l'univers Marvel, j'adore les scénarios qui jouent avec l'espace-temps, les lignes temporelles et les différentes versions des personnages. Donc forcément, en y ajoutant une touche de folie, je ne pouvais qu'adorer cette histoire !
Nos Mondes perdus
Une BD fait avec honnêteté intellectuelle et une qualité de recherche à souligner. Même si on se serait un peu passé des quelques blagues sur le patriarcat, c'est une excellente BD.
Nana
ENFIN UNE BONNE ROMANCE PUTAIN ! Personnages au top, situation réaliste, dessin atypique qui ne plaira pas à tout le monde, et une fin qui se fait désirer, mais par pitié lisez le nom de dieu.
Tout seul
J'ai adoré cette BD, cependant ce n'est pas pour tout le monde, il faut déjà aimer les récits muets et avoir un bon vécu dans la BD pour l'apprécier comme il se doit. Ayant lu plus de 300 séries je l'ai donc adorée, car j'ai sûrement su comment le lire.
Le Sommet des dieux
Un Taniguchi en forme, pour une adaptation réussie. Nous sommes sur autre chose que Quartier lointain, beaucoup plus contemplatif et plus porté sur l'aventure que la famille, ça change et c'est ce que le lecteur cherche.
La Bombe
Vous voyez le film Oppenheimer? bah c'est pareil mais en partant des débuts des recherches sur l'Uranium. C'était très intéressant, un peu lourd à lire parfois, avec un dessin magnifique qui traduit tout ce qu'il se passe avec une impressionnante justesse au point que cela en devienne terrifiant avec l'acte 4 de la BD que je ne divulguerai pas. Autre point intéressant, c'est que l'Uranium nous parle et j'ai adoré ce concept de faire parler cette force inconnue qui est selon moi le vrai personnage principale de la BD.
La Route
En adaptant le roman de Cormac McCarthy, Manu Larcenet nous prouve une fois encore, après « Blast » et « Le Rapport de Brodeck » (autre adaptation d’un livre de Philippe Claudel), qu’il n’est jamais aussi bon que quand il aborde la face sombre de l’humanité. Et on peut le dire, ce roman de l’écrivain américain, qui est d’abord un ouvrage de littérature avant d’être d’anticipation (le contexte « post-apo » n’est en fait qu’un prétexte pour explorer la nature humaine lorsqu’elle est confrontée à une situation catastrophique), en laissant passer si peu de lumière, fournissait au bédéiste français une matière première idéale. Larcenet étant resté très fidèle au roman, l’effet de surprise est donc moindre pour ceux qui l’ont déjà lu et/ou ont eu l’occasion de voir le film de John Hillcoat avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. Mais l’auteur du « Combat ordinaire » ne s’est pas contenté d’être fidèle, il s’est parfaitement approprié le livre, ce que suffit à confirmer la puissance de son trait. Le chemin de croix de ce père et de son fils errant dans un univers de grisaille, pris en tenaille entre le froid et la terreur, poussant sur des routes défoncées un caddie rempli de rares provisions et de leurs maigres biens (quelle image forte !), a été mis en scène avec brio par celui qui fait figure de maître du neuvième art en France. A coup sûr, le lecteur sera plongé dans un état d’effroi hypnotique en découvrant ce monde désespérément morne où toute vie semble avoir disparu, laissant apparaître les reliques d’une civilisation volatilisée corps et biens : distributeurs de canettes, boîtes de conserve empilées (clin d’œil warholien ?), panneaux publicitaires vantant les mérites d’une destination de rêve… Autant d’objets divers et variés qui, juxtaposés avec des crânes humains témoignant du retour à des pratiques d’un autre âge, nous rappellent par un effet de miroir grinçant notre inconséquence et notre aveuglement, celui de notre monde actuel individualiste et anthropocentré, que l’on nous pousse toujours à considérer comme le summum de la civilisation, le modèle à suivre sans aucune alternative possible. Mais le plus terrifiant (âmes sensibles s’abstenir), ce sont surtout ces scènes récurrentes suggérant l’anthropophagie, encore plus terrifiantes peut-être du fait qu’elles ne soient que suggérées… Notamment celle où l’on voit défiler une cohorte d’hommes en guenilles, simulacre d’armée brandissant des drapeaux en lambeaux et escortant ses prisonniers humains, tels des garde-manger vivants, un choc visuel qui vient percuter violemment notre rétine. Le trait de Larcenet, ici réaliste et minutieux, associé à un cadrage évocateur, joue à plein. Les paysages désolés sous la brume ou la neige laissent filtrer la beauté évanescente de ce qu’il reste d’une nature indifférente à la laideur ambiante. Il paraîtrait presque déplacé de dire que c’est superbe, entant donné le propos extrêmement âpre du livre, et pourtant c’est bien le cas. Vers la fin, une case (p.130) pourrait d’ailleurs rappeler certains tableaux du romantique allemand Caspar David Friedrich, où souvent des personnages font face à l’immensité de la nature. Ici, le père et le fils contemplent une mer grise, laissant apparaître au loin un bateau échoué. Cette brillante version de « La Route », largement acclamée par la critique, est déjà un best-seller, ce dont on ne peut que se réjouir quand il s’agit d’une œuvre atteignant un tel niveau de qualité. Certes, ce n’est pas la lecture la plus « feel-good » de l’année, mais il faut parfois savoir s’infliger des chocs pour prendre conscience de la fragilité de notre monde, et peut-être, s’efforcer de le changer à son échelle. Si le propos de « La Route » est à la fois lucide et sans illusions sur la nature humaine, ce récit, qui décrit le basculement rapide d’une société dite « civilisée » dans la barbarie la plus extrême, n’a pas pour fonction de nous plomber le moral, sinon à quoi bon ? Il devrait plutôt, en nous délivrant un électrochoc mental, nous avertir quant à l’urgence de brandir notre humanité comme seule voie de salut, à l’image du jeune garçon, seul personnage doté d’empathie, et de fait, le plus touchant.
L'Epée sacrée
Sentiment de sécurité trompeur - Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre. Il contient les épisodes 1 à 4, initialement parus en 2017/2018, écrits, dessinés et encrés par Gabriel Rodríguez, et mis en couleurs par Lovern Kindzierski. Il comprend également une introduction de 3 pages, écrite par Joe Hill en octobre 2018, ainsi que dix-sept pages d'illustrations en pleine page (couvertures en couleurs et en noir & blanc), un entretien de sept pages entre Ted Adams et Gabriel Rodríguez agrémenté de dessins d'étude, et 6 pages de représentations des principaux sites avec un logiciel de modélisation et de brèves explications du créateur. Gabriel Rodríguez et Joe Hill sont les auteurs de l'extraordinaire série Locke & Key, 37 épisodes publiés entre 2008 et 2013. Le vaisseau spatial Pendragon approche de l'orbite d'une planète. À son bord : une famille avec le père Lotharr, sa femme Iggren et son fils Morgan. Ils décident de s'installer sur cette planète, la procédure indiquant qu'ils doivent détruire leur vaisseau après. Un temps indéterminé après, Avalon (une jeune femme) est venue faire ses adieux à sa famille d'adoption : des félins de grande taille dotés de conscience et de la parole, et vivant dans les montagnes. Elle étreint sa mère adoptive, tout en regrettant l'absence de sa sœur Kai. La mère dit son incompréhension de voir Avalon rejoindre le monde des êtres humains régi par la parole, outil dédié à la manipulation tellement trompeur. Dans le même temps, 5 déités contemplent le destin de l'humanité, la succession des cycles avec élévation vers un niveau supérieur, puis chute à nouveau vers une période d'obscurantisme. Ils considèrent le risque élevé de la rupture de ce cycle, et ont mis en œuvre ce qui était de leur ressort pour que l'humanité puisse prendre conscience de ce cycle et s'en délivrer. Merlin ressent les tenants et les aboutissants de cette discussion pendant sa transe. Il décide d'emmener Avalon à la ville de Caledia, tenue par l'ordre des Moines Blancs. Ils sont accompagnés par l'oiseau Nikola, doué de conscience et de parole. Plus loin sur le chemin, au bord d'un lac, Trystan et Lancer Benveek sont en train de s'entraîner à l'épée, sous les yeux de Gawyn, et de 2 individus faisant payer pour le spectacle. Benveek n'arrête pas de faire des commentaires sur les qualités de bretteur de son opposant, tout en parant, évitant et portant des coups, alors que Trystan reste muet. Sur le chemin, Avalon a décidé d'attaquer un groupe de 6 gardes armés qui escortent un véhicule conduit par 2 autres gardes, transportant une cargaison d'esclaves. L'embuscade se déroule de manière très rapide, Avalon neutralisant 7 gardes avec une rapidité et une adresse extraordinaires. Merlin est obligé d'intervenir pour mettre le dernier hors d'état de nuire, Nikola ayant vu qu'elle allait se faire attaquer par derrière. Elle libère les prisonniers, dont le représentant s'inquiète de la distance à parcourir pour rallier Caledia, au risque de se faire dévorer par des bêtes sauvages. Avalon l'écoute gentiment, les laisse partir, et enferme les gardes dans la cage, leur promettant de venir les délivrer dans quelques jours. Peu de temps après, un groupe de templier de l'Étoile Noire arrive sur le site : le seigneur Morgan, le lieutenant Isolt, l'oiseau Gorice, et des soldats. Ils s'adressent à l'interprète resté sur place. Dans l'introduction, Joe Hill dit tout le bien qu'il pense de Gabriel Rodríguez, de sa capacité à créer des mondes, à faire s'incarner des personnages, à mettre en scène des situations complexes, à proposer une variation originale de la légende arthurienne. Effectivement, dès la première page, le lecteur remarque l'utilisation du mot Pendragon, un titre celtique qui signifie Chef dragon, porté par Arthur et par son père Uther. Parmi les autres éléments en provenance de la légende du roi Arthur, il relève le mot Avalon, les noms Merlin, Trystan, Morgan, la présence d'un dragon, et bien sûr l'épée retirée d'une grande gemme verte. L'auteur ne fait pas mystère de la source de son inspiration. Il indique dans l'interview qu'il a souhaité approcher la légende avec un angle un peu différent : avant Arthur, avec une pincée du principe de la Guerre des Étoiles, à savoir l'existence de vaisseaux spatiaux avant l'existence de l'homme sur la Terre. Finalement ces références à cette légende apparaissent comme l'auteur reconnaissant ce qu'il emprunte à un récit classique, une forme d'honnêteté vis-à-vis de son lecteur. Pour autant, les aventures d'Avalon forment une quête qui ne se limite pas à suivre servilement la trame du cycle arthurien. Il ne transpose pas à l'identique la situation des personnages portant le même nom (Merlin, Trystan, Gawin, Morgan) et il a décomposé son histoire en une série projetée à 6 tomes, celui-ci correspondant donc au tout début. Comme indiqué dans l'introduction, il s'agit pour Gabriel Rodríguez de construire tout un monde, et de l'explorer. L'auteur a donc fort à faire pour présenter tous les concepts et toutes les situations sans donner l'impression d'établir une liste, ou un guide de voyage. Afin de donner du rythme, il a choisi une structure en chapitre, à la longueur variable, d'une page à une quinzaine pour le plus long. En feuilletant rapidement le tome, le lecteur observe une bonne quantité de phylactères, mais aussi quelques pages plus aérées. À l'épreuve de la lecture, il fait l'expérience de pages consistantes, mais se tournant rapidement, sans impression de lourdeur ou de surcharge. Effectivement, la narration de Gabriel Rodríguez est plus dense que celle d'un comics classique, plus proche de celle d'une bande dessinée européenne, sur 102 pages de BD. Rapidement, le lecteur constate que l'auteur ne se contente pas d'une lutte du bien contre le mal, d'une dichotomie entre 2 factions ennemies, et qu'il indique que la situation de ce monde est plus complexe, avec différents clans ayant différentes aspirations. de même l'usage de l'épée d'Avalon ne relève pas de la simple arme magique. le lecteur se laisse rapidement séduire par la découverte de ce monde inconnu, par les croyances des différents clans, par les résidus d'artefacts technologiques, par l'enjeu à l'échelle des créatures vivantes, par la fougue réfléchie d'Avalon. Bien sûr, le lecteur est avant tout venu pour retrouver la richesse et l'inventivité de la narration visuelle de Gabriel Rodríguez, espérant bien un niveau similaire à celui de la série Locke & Key. Il est vite comblé au-delà de ses espérances. L'artiste mélange des éléments fantastiques attendus divers (vaisseau spatial, tigre dent de sabre, épée, uniforme avec ou sans cape, dragon, gros monstre), avec des apparences originales et spécifiques. de la même manière qu'il rend hommage à la légende du roi Arthur, il rend hommage à ces conventions de genre, par des versions qui lui appartiennent et qui servent son récit, plutôt que de ressembler à un catalogue de clichés servant à cacher un manque d'inspiration. En fonction de ses inclinations, le lecteur peut prendre son temps pour regarder les costumes et juger de leur praticité et de leur cohérence, prendre son temps pour regarder la faune et la comparer avec ce qu'il a déjà pu lire par ailleurs, la situer par rapport à son échelle de valeur, d'originalité. À chaque comparaison, la balance penche en faveur de Gabriel Rodríguez, de son inventivité, de son degré d'implication pour amener de la substance à chaque élément, pour construire sa vision. le lecteur éprouve donc un grand plaisir à se projeter dans ces endroits bien réalisés, au milieu de personnages consistants. Il observe les constructions et les environnements naturels, ainsi que les personnages se déplacer en fonction des caractéristiques de chaque lieu, à l'opposé d'individus plaqués indifféremment quel que soit l'endroit. Même sans lire les 6 pages sur la modélisation des bâtiments et de la citadelle de Caledia, le lecteur perçoit l'impressionnante cohérence spatiale de chaque lieu. En particulier, il se rend compte qu'il comprend facilement les déplacements des différentes factions et de différents personnages lors de l'attaque de la citadelle de Caledia qui dure une quarantaine de pages. À l'opposé de quelques affrontements spectaculaires qui s'enchaînent, Gabriel Rodríguez raconte les affrontements singuliers de chaque personnage principal, sa progression, la manière dont la bataille globale se répercute sur sa situation, la manière dont 2 combats peuvent se rejoindre. Effectivement, les pages de fin viennent confirmer l'investissement dans la conception de ce moment spectaculaire, à la fois pour les caractéristiques géographiques du terrain, à la fois pour l'architecture de la citadelle et du bâtiment principal. Tout ce travail reste en arrière-plan, l'auteur privilégiant bien la narration, plutôt que de se montrer démonstratif. le lecteur se jette donc à corps perdu dans la bataille, au travers des différents combats, admirant le courage et la dextérité des assaillants, retenant son souffle devant l'intervention de monstres et l'ampleur de la destruction, voyant que la vie des civils ne vaut pas grand-chose. En commençant ce tome, le lecteur prend vite conscience de son caractère de récit de genre, empruntant à droite et à gauche. La narration visuelle atteste vite du fait que Gabriel Rodríguez n'a rien perdu de sa verve ou de son inventivité. le récit utilise les différentes conventions de genre à bon escient, pour nourrir l'histoire, plutôt que comme prétexte pour cacher un manque de substance. le lecteur s'immerge dans un monde riche et bien pensé, suivant la progression difficile et pleine de périls d'Avalon vers une citadelle qui doit soutenir un siège. Il prend plaisir à découvrir les dangers et les créatures fantastiques. S'il y prête attention, il se rend aussi compte que l'auteur intègre naturellement des réflexions découlant de certaines situations, apportant une dimension littéraire à son récit de genre.
Le Prince de la Nuit
Une chasse au vampire à travers plusieurs générations, une famille condamnée à affronter des forces occultes qui la dépassent, un héritage qui prend la forme d’une malédiction héréditaire et encombrante. Chasseurs de vampires à travers les siècles, les Rougemont ont un ennemi mortel : Vladimir Kergan. Je viens de relire cette série avec grand plaisir. Je la trouve bien construite, elle progresse avec une mécanique bien huilée, respectant les codes du genre. Les deux premiers cycles sont les plus réussis. Le troisième qui commence par un focus sur le personnage de Kergan est peut-être en trop. Malgré ce petit bémol, ça tient bien la route, les dessins de Swolfs (ambiances et décors) toujours aussi beaux, et bien que ce thème ait déjà été traité à maintes reprises, il y a ici un petit truc en plus qui m’a plu. Une très bonne série.