Les derniers avis (31902 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ulysse & Cyrano
Ulysse & Cyrano

Les auteurs nous proposent avec « Ulysse & Cyrano » une quête initiatique très humaine. Commençons par un avertissement : l’histoire est très classique, les évènements sont convenus et prévisibles, et la fin « feel good » sera sans doute trop sucrée pour certain-e-s (voir l’avis de Emka par exemple). Cela étant dit, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’ai adoré cette passion inconditionnelle et contagieuse de Cyrano pour la cuisine, et au travers l’apprentissage de Ulysse, la réflexion sur l’importance d’aimer son travail pour être heureux, de profiter de la vie et des amis, de ne jamais trahir ses valeurs… c’est un message auquel j’adhère à 100%. La mise en image est magnifique, le grand format permet d’apprécier le dessin précis et détaillé de Stéphane Servain, avec une mention spéciale pour les visages des personnages, mais aussi les vues champêtres de Bourgogne. Un album que j’ai dégusté assis au soleil avec un bon café, en prenant mon temps… un délice !

18/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série La Loi des Probabilités
La Loi des Probabilités

Du pur Rabaté. Un récit à la fois absurde et touchant, où le hasard mène la danse. On suit Martin Henry, un homme à qui l’on annonce par erreur qu’il n’a plus que trois mois à vivre à cause d’une confusion de dossiers médicaux. Ce point de départ nous plonge dans une aventure où Martin décide, enfin, de réaliser un vieux rêve : aller voir les baleines au Canada avec son épouse. Un voyage qui, comme on peut s’y attendre, ne se déroulera pas sans imprévus. Rabaté parvient à traiter avec légèreté un sujet grave, jouant avec la fatalité et le destin à travers des situations à la fois cocasses et mélancoliques. On retrouve sa patte subtilement drôle que j'adore, et les dialogues tombent juste, sans en faire trop. C’est un humour qui, sous des airs simples, dépeint avec justesse les aléas de la vie. Les scènes du quotidien, où Martin et son épouse se confrontent à des événements dérisoires, trouvent ainsi un charme particulier, renforçant le côté absurde et tranquille de cette escapade inattendue. Les personnages, bien qu’ordinaires, deviennent vite attachants et ce voyage devient un prétexte à réfléchir sur la vie, le hasard, et les petites choses qui rendent chaque moment précieux. Comme souvent avec Rabaté, on obtient une album doté d'un humour délicat et tendre. Une œuvre légère en apparence, mais en apparence seulement.

18/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Irena
Irena

Une série offerte à la base à ma fille de 13 ans mais dont j'ai beaucoup apprécié la lecture. Elle nous plonge dans l’horreur du ghetto de Varsovie en 1941 à travers les actions héroïques d’Irena Sendlerowa. Jean-David Morvan et Séverine Tréfouel réussissent à retracer, avec précision et sensibilité, le parcours de cette femme résistante, une Juste parmi les nations, qui a sauvé des milliers d’enfants juifs. Ce premier tome expose les dilemmes moraux auxquels elle est confrontée : aider un enfant, au risque de mettre en danger son réseau et sa propre vie. Et le moins que l'on puisse dire est que c'est réussi. Le dessin de David Evrard, accompagné des couleurs de Walter, contraste avec la gravité du sujet. Les traits ronds et les couleurs douces allègent un peu l’atmosphère tout en rendant les moments dramatiques plus accessibles, notamment pour un jeune public. Cet équilibre entre la violence de la réalité et un graphisme plus “naïf” permet d’aborder un sujet difficile sans tomber dans la surenchère. La BD parvient à allier un récit historique et une approche pédagogique, et donc en fait un album accessible aussi bien aux jeunes qu’aux adultes. Les auteurs évitent le pathos, mais ne cachent pas les horreurs vécues par les habitants du ghetto. Les scènes d’action sont mêlées à des moments plus introspectifs, où l’on perçoit toute la complexité du personnage d’Irena, à la fois intrépide et pleine de doutes. Les auteurs n’oublient pas de souligner l’importance du réseau autour d’Irena et l’immense danger encouru à chaque mission, tout en rendant hommage à cette femme de l’ombre. Grâce à une narration subtile et un dessin tout en rondeur, Irena réussit à sensibiliser à un pan important de l’histoire, sans concessions mais avec humanité.

18/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Difficile de passer à côté de cette BD qui se démarque par son approche ultra-cinématographique, à mi-chemin entre un film d’action des années 80 et une satire pop-culturelle. Dès les premières pages, on est plongé dans une ambiance explosive avec des cadrages qui évoquent les plus grandes scènes de cinéma. Le personnage de Ramirez, réparateur d’aspirateurs muet au passé mystérieux, évolue dans un monde où chaque détail semble tiré d’un film d'action US : poursuites, fusillades, explosions, tout y est. Le ton décalé et l'humour utilisé auraient pu être casse gueule si mal dosés, mais pour moi ca fonctionne très bien. Ramirez, bien qu’il parle peu, devient vite attachant, et son mystère ajoute une vraie tension à l’histoire. Le mélange de sérieux et de second degré est parfaitement dosé, on retrouve ici des références à Tarantino ou aux frères Coen, tout en restant original dans sa manière de jouer avec les codes du genre. Graphiquement, c’est impressionnant. Nicolas Pétrimaux, qui vient du monde des cinématiques de jeux vidéo, maîtrise parfaitement le découpage et la mise en scène. Chaque page pourrait être une scène de film, et les fausses publicités insérées entre les chapitres apportent une touche encore plus décalée, donnant de petites pauses bienvenues entre les moments d’action pure. Le tout est soutenu par une palette de couleurs vives et des décors hyperréalistes. Certains pourront reprocher au scénario de ne pas aller en profondeur, mais c’est aussi ce qui fait le charme de Il faut flinguer Ramirez. On est ici pour le fun, pour se laisser porter par une histoire sans temps mort, où l’action prime sur le reste. L’intrigue est simple mais efficace, et les personnages secondaires apportent la touche de folie nécessaire pour garder l’attention du lecteur. Une très bonne BD, qui ne se prend pas au sérieux tout en étant réalisée avec une belle maîtrise. A lire, c'est certain.

18/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Siegfried
Siegfried

Je n'aurais jamais lu Siegfried sans le voir dans le haut des classements ici. Bien m'en a pris parce que je me suis pris une bonne claque visuelle ! Alex Alice utilise chaque page comme un espace d’expression, sortant du gaufrier traditionnel pour des pleines pages majestueuses, où chaque scène respire. Le découpage est fluide, les transitions se font naturellement, et c’est là que l’on mesure toute la maîtrise de l’auteur. Cette liberté donne une dimension épique au récit, une respiration que peu de bandes dessinées savent aussi bien exploiter. Les montagnes infranchissables, les forêts denses, les décors nordiques imposent leur grandeur et écrasent le lecteur. C’est une immersion totale, chapeau Monsieur Alice. Côté scénario, même si le mythe germanique n’est pas ce qui m’attire d’habitude, j’ai été agréablement surpris. Le récit réussit à me captiver, malgré mes réticences initiales envers les histoires de dieux, de géants et de création du monde. Alex Alice sait doser l’action tout en ménageant des moments d’introspection qui donnent du souffle à l’ensemble. Pourtant, certains aspects m’ont moins convaincu. Le personnage de Mime, qui apporte une touche d’humour, devient un peu lassant. Ce genre de sidekick comique, qu’on retrouve dans tant d’histoires de fantasy, finit par être trop prévisible et casse parfois l’intensité de l’histoire. On aurait pu espérer un peu plus de subtilité dans cet apport comique. Malgré tout, Siegfried reste une œuvre visuellement impressionnante. L’ambition du projet est palpable, et même si l’intrigue peut sembler un peu lente ou parfois prévisible, elle est magnifiquement servie par des dessins sublimes et une mise en page qui défie les conventions. Alex Alice sait faire rêver avec son univers grandiose, et même si tout n’est pas parfait, l’ensemble fonctionne. Une lecture effectivement incontournable.

18/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Dieu, Darwin, tout et n'importe quoi
Dieu, Darwin, tout et n'importe quoi

C’est un album qui mêle textes documentaires/philosophiques et parties BD. Pour chaque « animal » 4 pages de textes illustrées de quelques dessins et 4 pages de BD en mode strip gag. Si les dessins de Kroll sont sympas, son humour ne m’a pas toujours convaincu, loin de là. Mais son trait un peu caricatural (il est habitué aux dessins de presse) est vif, et il aère parfaitement les textes de Despret. Et ces textes justement, sont vraiment très intéressants. Le sujet est captivant : les « bizarreries » de la nature, ou comment certaines espèces se sont adaptées, avec un résultat plus que surprenant – et pas toujours bien compris/expliqué par les humains. Vinciane Despret s’inspire grandement des travaux de Darwin, qu’elle replace en perspective des avancées plus récentes (nombreuses références pour chaque « cas » étudié). Surtout, comme pour les dessins de Kroll, ses informations sérieuses s’accompagnent d’ironie, de traits d’humour souvent bien venus, la lecture est très agréable – et instructive ! On est là à la limite de la BD et du documentaire classique, mais la symbiose fonctionne bien, et l’album est vraiment plaisant à lire.

18/09/2024 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

De l'association Van Hamme-Rosinski était sorti au début des années 80 le légendaire Thorgal. C'est vers la fin des années 80 que les deux artistes (génies ?) se lancèrent un nouveau défi avec "Le Grand Pouvoir du Chninkel" J'ON est une petite créature, un Chninkel, réduit en esclavage et servant de chair à canon dans son monde en guerre perpétuelle. Laissé pour mort, J'ON se verra confié une tache importante: ramener la paix sur DAAR sous peine de destruction complète du monde. Charmant programme pour un " pauvre petit Chninkel" Une fois n'est pas coutume, je commencerai par le dessin. Rosinski maitrise ici parfaitement son art. C'est clairement plus beau que Thorgal. Pour ma part, et remis dans l'époque, je trouve l'utilisation du noir et blanc excellente tant j'ai eu du mal avec la colorisation de Légendes des Contrées Oubliées sorti à peu près à la même époque. Dans la préface de l'intégrale, on annonçait un scénario plutôt "tolkien". Et s'il est vrai que de par sa stature et sa mission J'ON se rapproche de Frodon, qu'ils évoluent l'un comme l'autre dans un monde fantastique on en restera là pour l'inspiration La faute à un autre ouvrage, et non des moindres, dont la présence est encore plus grande : LA BIBLE Et oui jusque dans son dénouement "Le Grand Pouvoir du Chninkel" est biblique. Pêle-mêle j'ai retrouvé Moise et l'exode des Juifs, les apôtres, etc... Il n'en demeure pas moins que Van Hamme arrive à nous captiver et à nous maintenir en haleine "Le Grand Pouvoir du Chninkel" a donc du être à sa sortie, j'imagine, un ovni dans le paysage. Et c'est peut être cette interprétation "païenne" du livre sacré qui aura marqué les lecteurs de la fin des années 80. Pour ma part, découvrant l'ouvrage 36 ans après sa sortie et à un âge raisonnable, je n'ai pas été gêné par ces références, par contre elles m'ont clairement surpris, car complètement inattendues (je n'avais pas lu les avis précédents). Il en reste aujourd'hui une belle aventure d'Héroic-fantasy, à découvrir absolument. Et si l'on s'en donne la peine, un questionnement sur le divin, les croyances, le mystique

18/09/2024 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Tout va bien (Delcourt)
Tout va bien (Delcourt)

Très bonne surprise que la lecture de cet album, acheté un peu par hasard sur une brocante, où il était accompagné d'Intrus à l'Etrange et de Woo-lee et moi. C'est celui qui m'attirait le moins dans les trois et au final celui qui m'a le plus plu. De par la charte graphique et le style, j'ai d'abord cru à une bd dont le coeur de cible était plutôt les ados. Que nenni. Nous avons ici droit à un joli récit, assez intimiste, où l'on suit Ellie, jeune étudiante, dans son passage à l'âge adulte et tout ce qu écart implique, dont la fameuse relation amoureuse. En effet, Ellie se dit que c'est marre, il faudrait qu'elle se lance : la prochaine personne qui lui demandera de sortir avec elle, ce sera oui. Elle se retrouve donc à sortir avec Archimède, un camarade de classe. Nous suivons ses doutes, ses angoisses, ses craintes, ses traumatismes, de façon toujours très juste et délicate. On s'identifie vraiment à Ellie, et on a envie qu'elle réussisse à trouver un chemin qui lui convienne, avec ce qu'elle ressent et ce qu'elle a vécu. Ce récit autobiographique est un manifeste à l'acceptation de soi, et au fait que chacun peut trouver sa voie, à son rythme. L'histoire d'amour entre les deux protagonistes est touchante et très bien racontée, sans, je trouve, tomber dans le gnangnan. Cette bd est, en définitive, l'histoire normale d'une personne pas bien dans sa peau, à la recherche du bonheur, tout simplement. Quant au dessin, je ne suis pas particulièrement fan, mais j'ai beaucoup aimé la colorisation bleue, et notamment le passage de la crise d'angoisse de Holly où j'ai trouvé que la couleur était très bien utilisée.

17/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Coucous Bouzon
Coucous Bouzon

Je me rends compte en écrivant mon avis sur Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle que je n'ai pas avisé cet autre chef d'oeuvre d'humour absurde. Les deux sont complètement cons et se passent au bureau, difficile de ne pas les avoir en tête en même temps. Anouk Ricard dont j'apprécie beaucoup l'humour nous plonge dans un des ses univers où la débilité ambiante est reine. Richard, notre héros, se retrouve embauché dans une boîte de coucous suisses et découvre rapidement que ses collègues sont tous plus à côté de la plaque les uns que les autres. Le dessin naïf est en total décalage avec les dialogues mordants et le ton résolument adulte. On pourrait croire à un univers enfantin avec ces animaux colorés, mais c’est bien tout l’inverse. Anouk Ricard balance un pastiche de la vie de bureau qui fait mouche, à la fois dans ses situations surréalistes et ses punchlines bien senties. Tout y passe : le management incompétent, les réunions absurdes, les sorties d’entreprise où tout le monde se tire dans les pattes. Et puis il y a cette pseudo-enquête sur un employé disparu, qui finit par devenir un prétexte pour des situations encore plus débiles. L’humour est léger, presque con, mais c’est ce qui fonctionne. Le quotidien de Richard devient une succession de moments tragicomiques et ce n’est pas tant l’intrigue qui nous retient, mais bien la galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres. Lecture recommandée comme Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle à ceux qui aiment l'humour bien décalé, pas sûr que cela fasse mouche avec tout le monde.

17/09/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

Est il encore besoin ici de présenter Riad Sattouf et son Arabe du futur ? Sattouf nous amène à travers son enfance entre la Bretagne, la Syrie et la Libye avec un mélange d’humour et de brutalité. Dès les premières pages, on est pris dans ce monde où le père, Abdel, prend toute la place, personnage complexe avec ses idées parfois progressistes, souvent rétrogrades, et cette obsession de faire de son fils “l’Arabe du futur”. C’est un récit autobiographique, mais ça ressemble plus à une épopée. Le choc des cultures est là, à chaque page, mais Sattouf ne tombe jamais dans le moralisme. Il nous balance les événements avec cette distance qu’il a su cultiver depuis l’enfance. Et c’est drôle, vraiment drôle, même quand ça parle de trucs affreux comme des exécutions publiques ou des gamins qui brûlent des chiens. Cette capacité à rendre légers des moments aussi durs, c’est ce qui fait toute la force de cette série. L’humour est partout, que ce soit dans les contradictions du père ou dans les décalages absurdes entre les visions françaises et arabes du monde. Et puis, il y a ces petites anecdotes qui nous rappellent que, derrière le tableau géopolitique, il y a la vie d’un enfant qui essaie de comprendre son père et les règles absurdes du monde qui l’entoure. Le trait de Sattouf est une épure qui ne se prend pas la tête, avec ces aplats de couleurs qui changent en fonction du pays. C’est simple, efficace, et ça colle parfaitement à l’histoire. Ce qui me bluffe vraiment ici est le décalage constant entre la France tranquille et les dictatures militaires où l’on pend les gens en pleine rue. Et pourtant, le tout reste léger, presque poétique par moments. Une vraie prouesse. La série ne faiblit pas, et à mesure que Riad grandit, la dynamique change. Ce n’est plus juste un gamin fasciné par son père, c’est un ado qui commence à comprendre que son modèle a des failles, des préjugés et des contradictions énormes. C’est là que la BD prend une tournure plus amère. On se rend compte que le père, qui rêvait d’un fils parfait, est lui-même prisonnier d’un idéal impossible. L’Arabe du futur, c’est un voyage entre deux mondes, deux cultures, mais surtout une sacrée histoire de famille. Pourquoi 4 et pas 5 ? Je rejoins Bamiléké sur un sujet qui m'a aussi interpelé, les adultes ne vieillissent pas en dessin, en particulier son père et je trouve que cela nuit un peu à la perception du temps qui passe et qui est important ici, parce que Riad, lui, grandit.

17/09/2024 (modifier)