Les derniers avis (31901 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Cyberpunk 2077 - Tu as ma parole
Cyberpunk 2077 - Tu as ma parole

Sans aucun doute le meilleur des albums de la licence Cyberpunk 2077 que j'ai lus, sa fin en demi-teinte m'empêche toutefois de mettre une meilleure note. Il s'agit d'une histoire complexe et dense qui donne l'impression d'être bien plus longue que celle de Cyberpunk 2077 - Trauma Team alors qu'elles comprennent le même nombre de pages. Elle se paie même le luxe de faire apparaitre quelques lieux et personnages rencontrés dans le jeu vidéo. Cela commence par l'embauche d'un petit groupe de mercenaires pour une mission donnée par un chef des Valentinos. Mais ce n'est que l'entame d'une histoire plus dramatique qui amènera un autre personnage à revenir à Night City pour régler dans le sang des comptes depuis longtemps oubliés. Une histoire de sang, de famille et de trahison. Graphiquement, c'est du bon boulot. Les personnages sont réussis, les décors plus basiques mais ils tiennent la route, les couleurs sont cyberpunk à souhait, et la mise en scène est très bonne. L'histoire m'a beaucoup plu par sa densité. On passe des Badlands au coeur de la ville, d'histoires de gangs, de corpos et de solos, à des histoires de famille, et des souvenirs des années 2040 au monde encore plus pourri de 2077. Il y a pas mal de dialogues et ils fonctionnent bien, ainsi que quelques retournements de situation inattendus. Et il y a tout ce mystère autour des motivations de l'héroïne et de ce qui a causé tout cela, qui tient autant le lecteur en haleine que son parcours implacable et sanglant. Dommage du coup que la révélation finale soit un peu bancale puisque son explication des comportements de deux principaux protagonistes, le moteur même de l'intrigue, peine à convaincre, ainsi que la fin soit un peu trop amère comme s'il fallait forcément rappeler que rien ne finit jamais bien à Night City. Note : 3.5/5

05/10/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Good Asian
The Good Asian

J’étais impatient de lire la superbe intégrale grand format. J’adore les polars noirs, et « The Good Asian » a reçu de nombreux prix en 2022, dont un Eisner Award (meilleure série courte) et un Harvey Award (meilleur album). Et je ressors ravi de ma lecture. Un détective américain d’origine chinoise enquête sur une disparition dans le Chinatown the San Francisco en 1936. Il va peu à peu mettre à jour une machination compliquée, qui va se ramifier sur 300 pages. La narration est fluide et maitrisée, et les sauts temporels clairement indiqués… Cependant les personnages abondent, et il faut rester concentré pour ne pas dérocher - un album à lire au calme, à tête reposée. Les deux derniers chapitres proposent un dénouement logique et bien amené, et surtout résument les évènements de l’intrigue, ce qui est quand même bien pratique pour tout remettre en place. La période et le lieu de l’histoire ne sont pas anodins, et fournissent un background riche et lourd de sens : la Loi d'exclusion des Chinois (Chinese Exclusion Act) mise en place en 1882 est toujours active, et les conséquences sociales sont énormes. L’histoire propose donc une réflexion pertinente et accessible sur l’intégration des immigrés, plus d’actualité que jamais en 2024. Le petit dossier en fin d’album démontre que l’auteur (lui-même d’origine thaïlandaise) s’est beaucoup documenté. La mise en image d’Alexandre Tefenkgi est exemplaire, et les couleurs de Lee Loughridge participent grandement aux ambiances du récit, mais aussi à la narration (pour représenter les sauts temporels). Du beau boulot. Une lecture un peu éprouvante par moment (le scenario est dense et nébuleux) mais passionnante, que je recommande aux amateurs de polars noirs. Un mot en fin d’album (« Edison Hark will return ») semble indiquer qu’une suite est prévue… j’espère que c’est le cas !

05/10/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Le Premier Meurtre (Les Mysteres du Meurtre)
Le Premier Meurtre (Les Mysteres du Meurtre)

Meurtre au Paradis - Neil Gaiman et Philip Craig Russell ont collaboré à plusieurs reprises : un épisode de Sandman (épisode 50 de Sandman), un épisode de Death (dans Nuits éternelles) et l'adaptation de Coraline, un roman de Gaiman. Murder Mysteries est l'adaptation d'une nouvelle de Neil Gaiman parue en prose dans Miroirs et fumées , sous forme d'une bande dessinée. Pour cette histoire, Neil Gaiman avait retenu un dispositif qu'il affectionne particulièrement : un vieil homme raconte à un jeune homme ce qui constitue le récit principal (une histoire dans l'histoire). Il explique qu'il a été Raguel, un ange, à une époque datant d'avant la création de l'univers. Il est l'ange qui incarne la vengeance de Dieu. Et Lucifer (avant sa chute) vient le tirer de son sommeil car un meurtre vient d'être commis dans la cité céleste. Raguel enquête auprès des anges qui travaillaient avec Carasel, la victime, il essaye de reconstituer les derniers temps avant sa mort. Neil Gaiman joue des contrastes entre ce jeune anglais coincé dans Los Angeles suite à une interruption du trafic aérien et qui rend visite à une ancienne connaissance et entre ce vieil homme et son histoire de crime dans un monde parfait et asexué. Les dessins de Philip Craig Russel sont exquis comme à leur habitude, tout en délicatesse. Les anges sont crédibles sans être bardés de plumes ou de toges romaines. La cité céleste est resplendissante. Il arrive à rendre en dessins les concepts les plus étranges de l'histoire tels que la maquette préparatoire grandeur nature à laquelle travaillent les anges pour la création de l'univers, sans sombrer dans le ridicule ou l'art abstrait. Cette histoire souffre de deux défauts. Le premier est que Russell manque de finesse dans son interprétation du texte (pourtant c'est un habitué des adaptations que ce soit d'Oscar Wilde ou d'opéras de Mozart ou de Wagner). Il a visiblement eu du mal à trouver le juste milieu entre conserver le texte de Gaiman et le transcrire en dessins. À plusieurs reprises, les cases comprennent la même information sous forme de texte et de dessins (exemple un personnage ouvre les yeux, une bulle le dit et c'est également visible sur l'illustration). Le deuxième défaut est inhérent à l'histoire elle-même qui s'apparente dans sa construction à une enquête d'Hercule Poirot : il y a plus de scènes de dialogues que d'action et le détective réunit tout le monde à la fin pour confondre le coupable. Ce genre de mise en scène constitue une lecture agréable dans un roman, mais il passe moins bien dans le format graphique qu'est la bande dessinée qui a besoin de visuels changeant régulièrement. Malgré ces deux reproches, le résultat est d'une beauté à couper le souffle et les thèmes développés par Gaiman sont sophistiqués, subtiles, parfois malhonnêtes avec le lecteur et parfois mystifiants. C'est une lecture différente, intrigante, divertissante, avec un final des plus ambigus.

05/10/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carcajou
Carcajou

Un très bon one-shot. J'avais quand même un peu peur au début parce que ça commence quand même de manière cliché: le riche homme d'affaire sans scrupules veut absolument un territoire pour ses ressources et le propriétaire est un vieux dur qui ne veut pas vendre du tout. Heureusement, le scénariste s'est comment rendre captivant un récit qui contient des éléments qu'on a déjà vu. Il faut dire qu'il a eu la bonne idée de développer le personnage de l'homme d'affaire qui se révèle un peu plus complexe que les méchants riches qu'on voit habituellement dans ce type de western. Le scénario est prenant et il y a de très bonnes surprises, tout n'est pas cousu de fil blanc comment on pourrait le penser en lisant les premières pages. Le dessin est très bon au niveau de la mise en scène et c'est dynamique, mais les personnages sont souvent un peu moches. Mais bon si je ne me trompe pas le dessinateur est débutant et il y a des chances qu'il s'améliore au fils du temps.

05/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Dans la combi de Thomas Pesquet
Dans la combi de Thomas Pesquet

Avec son ton léger, drôle et surtout très accessible, Marion Montaigne arrive à rendre compréhensibles des sujets scientifiques qui pourraient être assez lourds. Pesquet devient presque un personnage de BD, avec ses petits moments de galère et ses grands moments d’aventure spatiale. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que Montaigne ne fait pas juste l’apologie de l’astronaute-héros. Elle montre aussi les aspects plus terre-à-terre de la préparation pour une mission : les entraînements intenses, les sacrifices, les épreuves qu’il doit surmonter. Le tout raconté avec des dessins simples mais expressifs qui collent parfaitement à l’esprit de l’album. Les anecdotes sur la vie quotidienne dans l’espace sont vraiment marrantes. Et derrière l’humour, il y a aussi un vrai respect pour le travail des astronautes et des scientifiques. C’est un hommage à la fois sincère et décalé, avec un humour qui marche bien ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de BD. Un bon mélange entre documentaire et BD humoristique. J’ai trouvé ça très fluide à lire, même si c’est assez dense en contenu.

04/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Shenzhen
Shenzhen

Un carnet de voyage bien particulier dans lequel on suit Delisle en Chine, dans une ville en plein développement, mais qui reste loin des grandes métropoles comme Pékin ou Shanghai. Premiere oeuvre du genre qui deviendra familier chez lui, ce qui est intéressant ici comme dans Pyongyang c’est l’isolement de Delisle dans un environnement où la barrière de la langue et de la culture est omniprésente. Il observe tout avec une certaine distance, souvent ironique, sans jamais sombrer dans la caricature facile. Ce que j’aime dans Shenzhen, c’est que Delisle ne cherche pas à embellir son expérience. On ressent bien l’ennui qui l’accompagne, ses journées monotones dans un pays où il ne comprend presque rien et où les contacts humains restent limités. Ça donne un côté très authentique à son récit. Il ne fait pas semblant d’être fasciné ou ébloui par la culture locale, et c’est cette honnêteté qui rend le tout intéressant. Graphiquement, Delisle est dans son style habituel, simple et direct. Il parvient à capter l’essentiel des ambiances, que ce soit dans les rues grises et anonymes de Shenzhen ou dans les interactions plus intimes qu’il réussit parfois à avoir avec les locaux. L’humour est là, mais souvent discret, presque mélancolique. C’est un humour de décalage, un regard un peu désabusé sur son quotidien et sur ses propres limites face à l’immensité de la culture chinoise. Et même si l’album peut sembler lent ou répétitif par moments, c’est justement cette lenteur qui donne toute sa saveur à l’expérience. Un regard sincère, parfois un peu perdu, mais toujours curieux, sur une Chine en pleine transformation. Ce n’est pas un récit d’aventures ou un voyage exaltant, mais c’est une exploration intérieure tout aussi captivante, un livre que j’ai apprécié pour sa simplicité et son ton détaché, presque contemplatif.

04/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Jean-Claude Tergal
Jean-Claude Tergal

Jean-Claude Tergal, c’est un personnage qui me fait toujours sourire. Un vrai loser, mais un de ceux qu’on ne peut pas s’empêcher de trouver attachants. Ses mésaventures sont tellement improbables que ça en devient savoureux. Il peut même tirer une situation improbable d'un point de départ commun, comme par exemple avec l'étron flotteur, j'adore. C’est gênant, c’est absurde, mais qu’est-ce que c’est drôle ! Certains trouvent Jean-Claude pathétique, moi je le vois plutôt comme un gars qui fait de son mieux. Ses tentatives désespérées de séduire ou de simplement se sentir à la hauteur dans un monde qui ne lui fait aucun cadeau me le rendent touchant. Ce que j’aime, c’est que sous l’humour, il y a une certaine tendresse. Même si Jean-Claude s’en prend plein la figure, on sent bien que ça ne le casse pas complètement. Il persiste, il continue, même quand tout semble aller de travers. On rit de ses galères, mais on est aussi un peu avec lui, parce qu’au fond, qui n’a pas déjà vécu un moment de solitude à la Jean-Claude Tergal ? Les dessins servent bien cet humour, avec des expressions faciales qui accentuent le côté loser de Tergal. C’est visuellement simple mais efficace, et ça colle parfaitement à l’ambiance de ce type d’humour, à la fois décalé et gentiment cruel. Bref, Jean-Claude Tergal, c’est du bon, surtout si on aime les personnages qui sont loin d’avoir la vie facile, mais qui nous font quand même rire à chaque page.

04/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Le Coup du lapin
Le Coup du lapin

Franchement, on a tous adoré à la maison, au point que je me demande parfois si ça ne fait pas de nous une famille un peu bizarre. Le concept est simple : des lapins qui se mettent en scène pour trouver des façons toujours plus absurdes de se suicider. Dit comme ça, ça paraît un peu tordu, mais c’est justement ce côté décalé qui a fait mouche. Chaque page est une petite trouvaille, un gag visuel qui ne nécessite aucun mot. C’est à la fois inventif et complètement barré, avec ces situations improbables où les lapins cherchent la fin la plus étrange et souvent la plus drôle possible. Le contraste entre leur côté mignon et la noirceur du sujet donne un résultat plutôt léger et vraiment drôle. On feuillette l’album, on rigole, on passe à une autre page, et ça continue. A priori et cela me rassure, on n’est pas les seuls à aimer ce genre d’humour un peu décalé. C’est simple, drôle, et même après plusieurs lectures, il y a toujours un gag qui nous fait marrer.

04/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Joe Bar Team
Joe Bar Team

Je ne suis vraiment pas un fan de sports mécaniques, et tout ce qui tourne autour des motos et moteurs à essence, ce n’est pas mon truc habituellement. Mais Joe Bar Team a quand même réussi à m’accrocher. Ce qui m’a plu, c’est avant tout le dessin. Certains font référence au Maître Franquin et force est d'avouer qu'il y a un truc là. Les situations absurdes, les excès des personnages, tout est traité avec un ton léger et décalé qui rend la lecture vraiment sympa. L’autre point fort, c’est l’atmosphère qui règne dans cette série. C’est un univers de motards, mais on sent surtout la camaraderie et les petites rivalités entre les personnages, avec une touche de caricature bien dosée. Ça parle évidemment de mécanique, mais sans tomber dans des détails techniques trop lourds. À la place, ça reste accessible et surtout drôle, même pour quelqu’un qui ne connaît rien aux motos. Et c’est peut-être là que Joe Bar Team me parle le plus : l’humour et le côté un peu fou des personnages prennent le dessus sur le reste. Même si l’univers des sports mécaniques me laisse de marbre, le dessin, l’humour et cette ambiance conviviale font que j’ai quand même passé un bon moment avec Joe Bar Team. Ce n’est pas une série que j’aurais imaginé apprécier, mais elle a ce petit truc qui la rend attachante.

04/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Ce qui m’a vraiment plu dans Aldebaran, c’est la profondeur de l’histoire et la richesse de l’univers que Léo met en place. Dès le départ, on est plongé dans un monde fascinant, loin de la Terre, avec des créatures étranges, des paysages qui mêlent exotisme et danger, et une intrigue qui évolue avec un bon sens du mystère. Il y a un vrai travail de construction, et ça se ressent à chaque étape du récit. L’exploration de cette planète, ses secrets, les tensions politiques et les enjeux humains sont bien dosés, et on se laisse prendre par cette ambiance à la fois intrigante et un peu angoissante. J’aime la façon dont l’histoire prend son temps, on découvre au fur et à mesure, sans être précipité. Par contre, là où j’ai vraiment eu du mal, c’est avec le dessin des personnages. Autant les décors sont soignés et immersifs, autant les visages me laissent souvent perplexe. Ils manquent de vie, leurs expressions sont parfois un peu figées, et j’ai eu du mal à ressentir les émotions que les personnages sont censés traverser. Il y a un côté un peu rigide dans leur manière d’être dessinés, surtout quand il s’agit des interactions entre eux. Les visages manquent de subtilité, et ça me sortait un peu de l’histoire à certains moments. C’est dommage, parce que pour une série qui repose autant sur les relations humaines, ça aurait mérité plus de nuances dans le trait. Cela dit, l’histoire est tellement bien ficelée que ce défaut n’a pas gâché mon plaisir de lecture. Malgré ces réserves sur le dessin des personnages, le scénario reste solide et ca vaut vraiment le détour. On est curieux de voir où tout ça va nous mener, et c’est là que Léo réussit son pari.

04/10/2024 (modifier)