Un livre qui brille par sa capacité à dévoiler les mécanismes subtils de la bande dessinée, tout en étant lui-même une bande dessinée. McCloud dissèque avec brio les composants de ce médium, explorant des concepts comme le langage visuel, la gestion du temps dans les cases, et la manière dont les images communiquent au-delà du texte. L’ouvrage se présente comme un outil pédagogique, accessible et bien construit, qui permet de voir la bande dessinée sous un autre angle, celui d’un art à part entière.
Le livre commence par une tentative de définition de la bande dessinée, un passage qui peut sembler purement théorique et un peu aride. En tous cas pas la partie la plus passionnante de mon point de vue. Toutefois, une fois passé ce premier chapitre, McCloud plonge dans des thèmes captivants, comme la manière dont le temps s’écoule entre les cases ou la façon dont les formes simples peuvent devenir des symboles puissants dans l’esprit du lecteur. Ces analyses sont non seulement pertinentes mais aussi super intéressantes pour nous qui nous intéressons forcément à l’art de la narration graphique.
McCloud parvient à rendre visible cet “art invisible” avec simplicité, tout en mettant en lumière les techniques et les processus que les auteurs de bande dessinée utilisent souvent inconsciemment.
L’humour léger que McCloud insère dans son discours est une bouffée d’air frais, surtout dans un livre qui pourrait, à tort, être perçu comme trop académique. Toutefois, il manque pour moi une analyse approfondie de la mise en page ou des techniques de scénarisation, qui auraient pu enrichir encore davantage cet ouvrage déjà dense et enrichissant.
Un incontournable pour les passionnés du 9e art.. Que vous soyez amateur de BD ou que vous aspiriez à en créer, ce livre vous apportera une nouvelle perspective sur un art souvent mal compris.
Pour commencer, c’est avant tout une claque visuelle. Rosinski se réinvente complètement, on est loin du trait classique de Thorgal, ici c’est plus brut, plus sensuel, avec des visages marqués et des ambiances magnifiques. Chaque planche respire le détail, la lumière, et ça colle parfaitement à l’univers du XIXe siècle parisien, celui des marchands d’art, des intrigues bourgeoises et des grandes trahisons.
Le scénario de Yves Sente est lui aussi bien ficelé, même si l’ombre de Monte-Cristo plane clairement au-dessus de l’histoire. Ce n’est pas un défaut, au contraire, ça donne au récit cette tension, cette tragédie en filigrane. Le procès au cœur du premier tome, puis les révélations en cascade dans le second, font monter la pression jusqu’à un final classique, mais efficace. On n’est jamais complètement surpris, mais tout est bien mené, sans fausse note.
L’histoire reste ancrée dans une certaine théâtralité, parfois un peu trop appuyée, mais les retournements de situation maintiennent l’intérêt. Si le premier tome pose les bases de la vengeance avec un rythme posé, le second fait voler en éclats toutes les certitudes, avec des rebondissements qui relancent sans cesse l’intrigue.
C’est avant tout une œuvre à savourer pour son esthétique. Le scénario, bien que classique, reste solide et bien structuré, avec suffisamment de surprises pour captiver jusqu’à la fin. C’est une lecture qui rappelle que parfois, l’important n’est pas tant d’innover à tout prix, mais de faire les choses bien. Une belle réussite.
Une chronique tranquille, simple mais savoureuse. Larcenet et Ferri racontent l’histoire de Manu, dessinateur parisien, qui quitte la ville pour s’installer à la campagne avec sa compagne Mariette. On n’est pas dans l’épique, mais dans le quotidien : les petites difficultés de la vie rurale, les décalages avec la mentalité citadine, et surtout cet humour fin et tendre qui fait le charme de la série.
Les personnages sont attachants, Manu avec ses angoisses d’urbain face à la nature, les villageois avec leur bon sens un peu rugueux. Les dialogues ne cherchent pas à en faire trop, et c’est ce qui rend l’humour si efficace : tout est dans l’observation du détail. L’humour est parfois absurde, mais toujours juste, bien dosé, sans surenchère.
Le dessin de Larcenet est simple mais expressif, et accompagne parfaitement le ton doux-amer.
Une série sans prétention, qui ne cherche pas à révolutionner le genre, mais qui touche juste en racontant la simplicité avec intelligence et humour.
Une très sympathique découverte que ces Contes de la Pieuvre avec ce quatrième opus.
Je découvre donc cet univers fantastique dans le Paris fin XIXe siècle avec cet album. La Pieuvre est un groupe criminel avec quatre personnages à sa tête : l'Oeil, le Nez, l'Oreille et la Bouche, un quatuor complémentaire.
Dans cette version de notre monde, certaines personnes ont un talent, c'est à dire qu'elles possèdent des pouvoirs, un peu comme les super-héros mais sans les collants moulants ou autres costumes excentriques. Et Fannie est l'une d'entre elles.
Paris, 1898, Gess propose un univers riche, complexe, bien structuré et inquiétant. Des personnages aux profils psychologiques bien travaillés et non manichéens, l'empathique Fannie, son frère Anatole dit chien fou, l'intrigante Bête, le cerbère Pluton et enfin la Bouche et sa fille Zélie qui se trouve dans un état végétatif. Une narration maîtrisée qui, par de petits chapitres qui vont se succéder sur un rythme soutenu, va nous fait découvrir tout ce petit monde avant que ceux-ci ne se retrouvent pour un final où le fantastique aura toute sa place. Un récit brillant qui met en avant les destins humains de ces hommes et de ces femmes aux talents surhumains. Mais aussi un rendu minutieux de cette période historique et de son climat social.
Avec cette BD, j'en ai pris plein les yeux. Un dessin qui m'a transporté dans cette fin XIXe siècle. Les décors sont authentiques et soignés avec de nombreux détails. Les couleurs ternes et vieillottes aident à ce retour dans le passé.
Les personnages ont des gueules qu'on n'oublie pas, parfois à la limite de la caricature, mais toujours expressives. J'ai particulièrement aimé certaines représentations féminines, celles au front large et au menton saillant, un peu néandertalien (première photo de la galerie), des femmes à la froide beauté.
Un dernier mot sur la mise en page où les contours des vignettes ne sont pas tirés à la règle, elle est immersive.
Très beau !
Un album qui me donne envie de plonger dans les tomes précédents.
Parade est sans doute la série la plus légère de tout l’univers Donjon, et c’est clairement assumé. Ici, on ne cherche pas à développer une intrigue complexe ou à approfondir des personnages, mais plutôt à enchaîner des situations comiques avec Herbert et Marvin en tête d’affiche.
C’est ce ton humoristique qui fait tout le charme de cette série. On est loin des autres cycles qui peuvent parfois se montrer plus sérieux ou sombres, ici, c’est avant tout de la détente.
Cela dit, cette légèreté a aussi ses limites. Les histoires se déroulent toutes entre les tomes 1 et 2 de Zénith, ce qui donne un cadre assez restreint. Résultat, ça manque parfois d’enjeu et on a un peu l’impression de tourner en rond avec des péripéties qui, bien qu’amusantes, ne marquent pas forcément. C’est sympathique à lire, mais ça ne transcende pas l’univers de Donjon. C’est plutôt du divertissement ponctuel, un peu comme une pause entre deux aventures plus ambitieuses.
Le dessin de Larcenet colle parfaitement à cet esprit léger. Ses personnages ont des têtes rondes, expressives, presque naïves, qui accentuent le côté comique des situations. C’est simple, efficace, et ça fonctionne bien avec l’humour du scénario. Mais là encore, si on est fan des intrigues plus profondes des autres séries, on peut être un peu déçu.
Il y a quand même des moments vraiment drôles et certaines histoires sortent du lot. Des passages comme celui où Herbert doit se déguiser en vampire ou encore les délires autour de Grogro sont mémorables. Pour le reste, ça reste agréable, mais pas indispensable si on n’est pas un fan inconditionnel de l’univers Donjon.
En résumé, Donjon Parade, c’est de la légèreté, de l’humour à foison, mais sans prétention. On le lit pour se détendre, sans chercher à y trouver la profondeur des autres cycles. Sympa, mais clairement dispensable.
Monster est une série qui explore des histoires parallèles à Donjon Zénith, mettant en lumière des personnages secondaires de cet univers vaste et loufoque. L’idée est simple mais séduisante : chaque tome est illustré par un dessinateur différent, et cela donne à la série une variété d’approches graphiques qui surprend à chaque fois mais pour le coup, je trouve que tous les tomes ne se valent pas.
Prenons Jean-Jean la Terreur par exemple. Ce premier tome est une réussite. Le personnage de Guillaume de la Cour, un agent d’assurance lâche et cynique, est particulièrement savoureux et ajoute une couche de cynisme qui fonctionne bien. Le scénario est simple mais efficace, et même si le dessin peut sembler un peu trop basique par moments, l’humour omniprésent rend la lecture agréable. On y retrouve tout ce qui fait le sel de Donjon : des répliques percutantes, des situations absurdes, et un monde fantasy complètement détourné.
En revanche, j'ai moins accroché par exemple avec Le Géant qui pleure. J'ai beaucoup moins aimé le dessin et ai trouvé les personnages méconnaissables. Marvin, qui est habituellement un monstre imposant mais attachant, se retrouve ici réduit à un personnage bêtement méchant, ce qui n’apporte pas grand-chose à l’intrigue.
Une série inégale, mais qui a le mérite d’offrir des variations intéressantes sur l’univers de Donjon. C’est un complément indispensable pour ceux qui veulent approfondir cet univers, avec des personnages secondaires qui révèlent parfois des facettes inattendues. On y trouve du bon et du moins bon, mais toujours avec cette inventivité et ce ton décalé qui caractérisent l’œuvre de Sfar et Trondheim.
Ce que j'aime avec cette série, c’est la manière dont elle dépasse le simple cadre du récit de zombies pour se concentrer sur la dynamique des survivants. À travers chaque page, on sent la tension croissante entre les protagonistes, et le danger constant que représentent à la fois les zombies et les autres humains. La construction psychologique des personnages est l’une des grandes forces de la série. Chacun d’eux évolue en fonction des événements, et ce qui frappe, c’est l’aspect profondément humain des relations qui se développent entre eux.
Le noir et blanc de Charlie Adlard sert parfaitement l’atmosphère de désolation. Il y a quelque chose de brut dans ses dessins, qui capte bien l’essence du chaos ambiant sans tomber dans le gore gratuit. On se rend vite compte que le véritable enjeu de Walking Dead, ce n’est pas simplement de tuer des zombies, mais d’explorer les dérives de l’âme humaine lorsqu’elle est poussée à ses limites.
Les arcs narratifs sont parfois étirés, ce qui peut donner l’impression que certains moments tournent en rond, mais cela permet aussi de mettre en avant les moments de calme avant les grandes vagues de violence. Les relations entre les personnages, leurs conflits internes et leurs décisions moralement ambiguës, donnent toute sa force à l’histoire. Rick, en particulier, se transforme au fil des tomes, passant de leader bienveillant à une figure plus sombre et pragmatique.
La série ne se contente pas d’être une suite d’affrontements avec des morts-vivants. Elle traite aussi de sujets lourds comme la trahison, la vengeance et la folie. Les scènes de tension entre humains sont souvent plus effrayantes que celles impliquant des zombies, un rappel constant que, même au cœur d’une apocalypse, l’humanité reste son propre pire ennemi. Kirkman fait preuve d’une écriture maîtrisée, bien que parfois un peu répétitive dans les arcs, mais l’ensemble reste très bon.
Une fable noire sur la nature humaine, où chaque personnage doit faire face à sa propre déchéance morale tout en luttant pour rester en vie. Une série dense, violente, mais étrangement captivante dans sa manière de refléter les dilemmes humains sous l’angle le plus brutal possible.
La période Potron-Minet nous plonge dans les origines du Donjon, dévoilant des éléments clefs sur les débuts d’Hyacinthe de Cavallère et la fondation du célèbre Donjon. Cette série est plus "sérieuse" que les autres arcs comme Zénith ou Crépuscule. Elle explore un univers plus sombre, centré sur l’évolution d’un personnage encore naïf, maladroit, mais déterminé. Hyacinthe incarne ici un justicier en devenir, pris dans les tourments d’Antipolis, ville oppressante et mal famée.
L’humour, bien que plus subtil, reste un atout. La série ne mise pas sur les gags légers des autres Donjons mais propose une forme de comique plus noir, parfois grinçant. Le dessin de Christophe Blain, moins “mignon” que celui de Trondheim, peut rebuter au départ, mais s’avère finalement adapté à l’ambiance de Potron-Minet. Son trait, plus rugueux et expressif, capte bien l’atmosphère nocturne et presque mélancolique de cette époque pré-Donjon.
Le rythme est plus lent, propice à une exploration des failles du personnage principal. On assiste à la lente transformation d’Hyacinthe, qui doit composer avec des désillusions, des trahisons et une dure réalité, loin de l’idéal de justice qu’il imaginait. Cette transition d’un jeune homme idéaliste à un futur gardien cynique fait partie des très bons ingrédients de cette série.
Certes, l’humour est moins omniprésent que dans Zénith, mais l’intérêt de cette série repose davantage sur les dilemmes moraux et le développement de l’univers du Donjon dans un contexte plus âpre et poétique.
Crépuscule, c’est le moment où les héros tombent, où l’univers du Donjon atteint son apogée tragique. Dans cet arc, on plonge dans un monde sombre, en ruines, où la lumière faiblit peu à peu. On sent que les personnages n’ont plus rien à perdre.
L’humour caractéristique du Donjon est toujours là, mais il prend une teinte bien plus noire. Herbert et Marvin nous montrent des visages marqués par les épreuves, plus cyniques. Leurs dialogues, toujours drôles, ont un fond plus amer, et la légèreté s’efface au profit d’une réflexion plus profonde sur la fin d’un monde.
Le génie de Donjon Crépuscule, c’est d’avoir réussi à maintenir cette balance entre humour noir, drame épique et aventure tout en se rapprochant inexorablement de la fin d’un univers foisonnant. Les lecteurs qui ont suivi les cycles Potron-Minet et Zénith retrouvent ici une intensité dramatique croissante, une descente inexorable vers la déchéance, sans pour autant perdre l’essence de ce qui fait Donjon : des personnages complexes et une écriture impeccable.
Cet arc crépusculaire est peut-être le plus éprouvant à lire, mais c’est aussi celui qui donne à l’univers du Donjon sa dimension mythique.
Cette BD est une petite réussite, alors qu'elle part avec les pires handicaps pour une BD. C'est remarquable !
Quand je dis handicap, je n'exagère pas : la BD est verbeuse, très verbeuse. Personnellement j'ai du la lire sur deux jours, trop fatigué pour arriver à suivre. De plus c'est un dessin qui se veut réaliste mais retransmet surtout un procès. Donc des gens assis et un type debout qui cause. Autant dire que niveau visuel, c'est pas du tout l'éclate !
Mais justement, la BD se veut précise sur son procès et évite les fioritures. Le dessin est simple pour véhiculer le récit, qui est passionnant. Mais il faut directement signaler le souci : les auteurs se sont strictement intéressés au procès et arrêtent la BD lors de sa fin. Je comprends le choix, que je trouve pertinent, mais il revient au lecteur curieux de s'intéresser à l'origine de celui-ci (d'où sort Pétain, etc ...) tandis que la suite est tout aussi intéressante (procès de Laval, épuration dans les services mais aussi pardon/oubli massif). Bref, la BD se cantonne à son sujet et ne déborde pas.
C'est un choix que je trouve pertinent, puisque celui-ci resserre son sujet sans faire trop long ou indigeste. La BD est déjà suffisamment dense comme ça. Et il y a de quoi ! Pétain est une figure complètement disputée dans l'Histoire de France : héros et collabo, altruiste et dangereux, c'est une figure qu'il est difficile de cerner. La BD ajoute à la complexité, car je ne sais honnêtement pas quoi penser de Pétain au sortir de cette lecture.
C'est une présentation de la collaboration, mais aussi un rappel de la cuisante défaite préalable et tout ce qui a précédé. Pétain n'a pas sauvé la France, je pense, mais est-il responsable de tout ? Est-ce un vieil homme enhardi par ses succès passés qui a voulu le pouvoir et laissé faire les pires hommes ? Tout comme De Gaulle, Pétain se voyait au service de la France, grande et éternelle. C'est une figure qu'on peut ne pas aimer, mais il est difficile de la détester comme d'autres personnalités de cette période. C'est un personnage complexe, à l'image de son procès.
Parce qu'au-delà de ce procès dont j'avais entendu des échos, le procès fut une affaire tout aussi complexe que son sujet. Il s'agit de trancher sur la collaboration, reconstruire la France suite à la guerre en "purgeant" les mauvais éléments. Et le procès fut mouvementé, entre l'arrestation de Laval alors qu'il était en cours et les intervenants de toute sorte, c'était bien plus une affaire public qu'un procès réel. L'enjeu dépassait le maréchal qui s'endormait dans sa chaise.
Une BD lourde à lire, qui demande un effort et un investissement de temps par rapport à d'autres plus légères. C'est une BD qui permets d'appréhender à quel point il est difficile de comprendre cette période sans s'y investir des heures. Parler de méchants et de gentil, c'est bon pour les films. La réalité, elle, est au-delà de ces considérations simplistes.
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L'Art Invisible
Un livre qui brille par sa capacité à dévoiler les mécanismes subtils de la bande dessinée, tout en étant lui-même une bande dessinée. McCloud dissèque avec brio les composants de ce médium, explorant des concepts comme le langage visuel, la gestion du temps dans les cases, et la manière dont les images communiquent au-delà du texte. L’ouvrage se présente comme un outil pédagogique, accessible et bien construit, qui permet de voir la bande dessinée sous un autre angle, celui d’un art à part entière. Le livre commence par une tentative de définition de la bande dessinée, un passage qui peut sembler purement théorique et un peu aride. En tous cas pas la partie la plus passionnante de mon point de vue. Toutefois, une fois passé ce premier chapitre, McCloud plonge dans des thèmes captivants, comme la manière dont le temps s’écoule entre les cases ou la façon dont les formes simples peuvent devenir des symboles puissants dans l’esprit du lecteur. Ces analyses sont non seulement pertinentes mais aussi super intéressantes pour nous qui nous intéressons forcément à l’art de la narration graphique. McCloud parvient à rendre visible cet “art invisible” avec simplicité, tout en mettant en lumière les techniques et les processus que les auteurs de bande dessinée utilisent souvent inconsciemment. L’humour léger que McCloud insère dans son discours est une bouffée d’air frais, surtout dans un livre qui pourrait, à tort, être perçu comme trop académique. Toutefois, il manque pour moi une analyse approfondie de la mise en page ou des techniques de scénarisation, qui auraient pu enrichir encore davantage cet ouvrage déjà dense et enrichissant. Un incontournable pour les passionnés du 9e art.. Que vous soyez amateur de BD ou que vous aspiriez à en créer, ce livre vous apportera une nouvelle perspective sur un art souvent mal compris.
La Vengeance du Comte Skarbek
Pour commencer, c’est avant tout une claque visuelle. Rosinski se réinvente complètement, on est loin du trait classique de Thorgal, ici c’est plus brut, plus sensuel, avec des visages marqués et des ambiances magnifiques. Chaque planche respire le détail, la lumière, et ça colle parfaitement à l’univers du XIXe siècle parisien, celui des marchands d’art, des intrigues bourgeoises et des grandes trahisons. Le scénario de Yves Sente est lui aussi bien ficelé, même si l’ombre de Monte-Cristo plane clairement au-dessus de l’histoire. Ce n’est pas un défaut, au contraire, ça donne au récit cette tension, cette tragédie en filigrane. Le procès au cœur du premier tome, puis les révélations en cascade dans le second, font monter la pression jusqu’à un final classique, mais efficace. On n’est jamais complètement surpris, mais tout est bien mené, sans fausse note. L’histoire reste ancrée dans une certaine théâtralité, parfois un peu trop appuyée, mais les retournements de situation maintiennent l’intérêt. Si le premier tome pose les bases de la vengeance avec un rythme posé, le second fait voler en éclats toutes les certitudes, avec des rebondissements qui relancent sans cesse l’intrigue. C’est avant tout une œuvre à savourer pour son esthétique. Le scénario, bien que classique, reste solide et bien structuré, avec suffisamment de surprises pour captiver jusqu’à la fin. C’est une lecture qui rappelle que parfois, l’important n’est pas tant d’innover à tout prix, mais de faire les choses bien. Une belle réussite.
Le Retour à la terre
Une chronique tranquille, simple mais savoureuse. Larcenet et Ferri racontent l’histoire de Manu, dessinateur parisien, qui quitte la ville pour s’installer à la campagne avec sa compagne Mariette. On n’est pas dans l’épique, mais dans le quotidien : les petites difficultés de la vie rurale, les décalages avec la mentalité citadine, et surtout cet humour fin et tendre qui fait le charme de la série. Les personnages sont attachants, Manu avec ses angoisses d’urbain face à la nature, les villageois avec leur bon sens un peu rugueux. Les dialogues ne cherchent pas à en faire trop, et c’est ce qui rend l’humour si efficace : tout est dans l’observation du détail. L’humour est parfois absurde, mais toujours juste, bien dosé, sans surenchère. Le dessin de Larcenet est simple mais expressif, et accompagne parfaitement le ton doux-amer. Une série sans prétention, qui ne cherche pas à révolutionner le genre, mais qui touche juste en racontant la simplicité avec intelligence et humour.
Fannie la renoueuse
Une très sympathique découverte que ces Contes de la Pieuvre avec ce quatrième opus. Je découvre donc cet univers fantastique dans le Paris fin XIXe siècle avec cet album. La Pieuvre est un groupe criminel avec quatre personnages à sa tête : l'Oeil, le Nez, l'Oreille et la Bouche, un quatuor complémentaire. Dans cette version de notre monde, certaines personnes ont un talent, c'est à dire qu'elles possèdent des pouvoirs, un peu comme les super-héros mais sans les collants moulants ou autres costumes excentriques. Et Fannie est l'une d'entre elles. Paris, 1898, Gess propose un univers riche, complexe, bien structuré et inquiétant. Des personnages aux profils psychologiques bien travaillés et non manichéens, l'empathique Fannie, son frère Anatole dit chien fou, l'intrigante Bête, le cerbère Pluton et enfin la Bouche et sa fille Zélie qui se trouve dans un état végétatif. Une narration maîtrisée qui, par de petits chapitres qui vont se succéder sur un rythme soutenu, va nous fait découvrir tout ce petit monde avant que ceux-ci ne se retrouvent pour un final où le fantastique aura toute sa place. Un récit brillant qui met en avant les destins humains de ces hommes et de ces femmes aux talents surhumains. Mais aussi un rendu minutieux de cette période historique et de son climat social. Avec cette BD, j'en ai pris plein les yeux. Un dessin qui m'a transporté dans cette fin XIXe siècle. Les décors sont authentiques et soignés avec de nombreux détails. Les couleurs ternes et vieillottes aident à ce retour dans le passé. Les personnages ont des gueules qu'on n'oublie pas, parfois à la limite de la caricature, mais toujours expressives. J'ai particulièrement aimé certaines représentations féminines, celles au front large et au menton saillant, un peu néandertalien (première photo de la galerie), des femmes à la froide beauté. Un dernier mot sur la mise en page où les contours des vignettes ne sont pas tirés à la règle, elle est immersive. Très beau ! Un album qui me donne envie de plonger dans les tomes précédents.
Donjon Parade
Parade est sans doute la série la plus légère de tout l’univers Donjon, et c’est clairement assumé. Ici, on ne cherche pas à développer une intrigue complexe ou à approfondir des personnages, mais plutôt à enchaîner des situations comiques avec Herbert et Marvin en tête d’affiche. C’est ce ton humoristique qui fait tout le charme de cette série. On est loin des autres cycles qui peuvent parfois se montrer plus sérieux ou sombres, ici, c’est avant tout de la détente. Cela dit, cette légèreté a aussi ses limites. Les histoires se déroulent toutes entre les tomes 1 et 2 de Zénith, ce qui donne un cadre assez restreint. Résultat, ça manque parfois d’enjeu et on a un peu l’impression de tourner en rond avec des péripéties qui, bien qu’amusantes, ne marquent pas forcément. C’est sympathique à lire, mais ça ne transcende pas l’univers de Donjon. C’est plutôt du divertissement ponctuel, un peu comme une pause entre deux aventures plus ambitieuses. Le dessin de Larcenet colle parfaitement à cet esprit léger. Ses personnages ont des têtes rondes, expressives, presque naïves, qui accentuent le côté comique des situations. C’est simple, efficace, et ça fonctionne bien avec l’humour du scénario. Mais là encore, si on est fan des intrigues plus profondes des autres séries, on peut être un peu déçu. Il y a quand même des moments vraiment drôles et certaines histoires sortent du lot. Des passages comme celui où Herbert doit se déguiser en vampire ou encore les délires autour de Grogro sont mémorables. Pour le reste, ça reste agréable, mais pas indispensable si on n’est pas un fan inconditionnel de l’univers Donjon. En résumé, Donjon Parade, c’est de la légèreté, de l’humour à foison, mais sans prétention. On le lit pour se détendre, sans chercher à y trouver la profondeur des autres cycles. Sympa, mais clairement dispensable.
Donjon Monsters
Monster est une série qui explore des histoires parallèles à Donjon Zénith, mettant en lumière des personnages secondaires de cet univers vaste et loufoque. L’idée est simple mais séduisante : chaque tome est illustré par un dessinateur différent, et cela donne à la série une variété d’approches graphiques qui surprend à chaque fois mais pour le coup, je trouve que tous les tomes ne se valent pas. Prenons Jean-Jean la Terreur par exemple. Ce premier tome est une réussite. Le personnage de Guillaume de la Cour, un agent d’assurance lâche et cynique, est particulièrement savoureux et ajoute une couche de cynisme qui fonctionne bien. Le scénario est simple mais efficace, et même si le dessin peut sembler un peu trop basique par moments, l’humour omniprésent rend la lecture agréable. On y retrouve tout ce qui fait le sel de Donjon : des répliques percutantes, des situations absurdes, et un monde fantasy complètement détourné. En revanche, j'ai moins accroché par exemple avec Le Géant qui pleure. J'ai beaucoup moins aimé le dessin et ai trouvé les personnages méconnaissables. Marvin, qui est habituellement un monstre imposant mais attachant, se retrouve ici réduit à un personnage bêtement méchant, ce qui n’apporte pas grand-chose à l’intrigue. Une série inégale, mais qui a le mérite d’offrir des variations intéressantes sur l’univers de Donjon. C’est un complément indispensable pour ceux qui veulent approfondir cet univers, avec des personnages secondaires qui révèlent parfois des facettes inattendues. On y trouve du bon et du moins bon, mais toujours avec cette inventivité et ce ton décalé qui caractérisent l’œuvre de Sfar et Trondheim.
Walking Dead
Ce que j'aime avec cette série, c’est la manière dont elle dépasse le simple cadre du récit de zombies pour se concentrer sur la dynamique des survivants. À travers chaque page, on sent la tension croissante entre les protagonistes, et le danger constant que représentent à la fois les zombies et les autres humains. La construction psychologique des personnages est l’une des grandes forces de la série. Chacun d’eux évolue en fonction des événements, et ce qui frappe, c’est l’aspect profondément humain des relations qui se développent entre eux. Le noir et blanc de Charlie Adlard sert parfaitement l’atmosphère de désolation. Il y a quelque chose de brut dans ses dessins, qui capte bien l’essence du chaos ambiant sans tomber dans le gore gratuit. On se rend vite compte que le véritable enjeu de Walking Dead, ce n’est pas simplement de tuer des zombies, mais d’explorer les dérives de l’âme humaine lorsqu’elle est poussée à ses limites. Les arcs narratifs sont parfois étirés, ce qui peut donner l’impression que certains moments tournent en rond, mais cela permet aussi de mettre en avant les moments de calme avant les grandes vagues de violence. Les relations entre les personnages, leurs conflits internes et leurs décisions moralement ambiguës, donnent toute sa force à l’histoire. Rick, en particulier, se transforme au fil des tomes, passant de leader bienveillant à une figure plus sombre et pragmatique. La série ne se contente pas d’être une suite d’affrontements avec des morts-vivants. Elle traite aussi de sujets lourds comme la trahison, la vengeance et la folie. Les scènes de tension entre humains sont souvent plus effrayantes que celles impliquant des zombies, un rappel constant que, même au cœur d’une apocalypse, l’humanité reste son propre pire ennemi. Kirkman fait preuve d’une écriture maîtrisée, bien que parfois un peu répétitive dans les arcs, mais l’ensemble reste très bon. Une fable noire sur la nature humaine, où chaque personnage doit faire face à sa propre déchéance morale tout en luttant pour rester en vie. Une série dense, violente, mais étrangement captivante dans sa manière de refléter les dilemmes humains sous l’angle le plus brutal possible.
Donjon Potron-minet
La période Potron-Minet nous plonge dans les origines du Donjon, dévoilant des éléments clefs sur les débuts d’Hyacinthe de Cavallère et la fondation du célèbre Donjon. Cette série est plus "sérieuse" que les autres arcs comme Zénith ou Crépuscule. Elle explore un univers plus sombre, centré sur l’évolution d’un personnage encore naïf, maladroit, mais déterminé. Hyacinthe incarne ici un justicier en devenir, pris dans les tourments d’Antipolis, ville oppressante et mal famée. L’humour, bien que plus subtil, reste un atout. La série ne mise pas sur les gags légers des autres Donjons mais propose une forme de comique plus noir, parfois grinçant. Le dessin de Christophe Blain, moins “mignon” que celui de Trondheim, peut rebuter au départ, mais s’avère finalement adapté à l’ambiance de Potron-Minet. Son trait, plus rugueux et expressif, capte bien l’atmosphère nocturne et presque mélancolique de cette époque pré-Donjon. Le rythme est plus lent, propice à une exploration des failles du personnage principal. On assiste à la lente transformation d’Hyacinthe, qui doit composer avec des désillusions, des trahisons et une dure réalité, loin de l’idéal de justice qu’il imaginait. Cette transition d’un jeune homme idéaliste à un futur gardien cynique fait partie des très bons ingrédients de cette série. Certes, l’humour est moins omniprésent que dans Zénith, mais l’intérêt de cette série repose davantage sur les dilemmes moraux et le développement de l’univers du Donjon dans un contexte plus âpre et poétique.
Donjon Crépuscule
Crépuscule, c’est le moment où les héros tombent, où l’univers du Donjon atteint son apogée tragique. Dans cet arc, on plonge dans un monde sombre, en ruines, où la lumière faiblit peu à peu. On sent que les personnages n’ont plus rien à perdre. L’humour caractéristique du Donjon est toujours là, mais il prend une teinte bien plus noire. Herbert et Marvin nous montrent des visages marqués par les épreuves, plus cyniques. Leurs dialogues, toujours drôles, ont un fond plus amer, et la légèreté s’efface au profit d’une réflexion plus profonde sur la fin d’un monde. Le génie de Donjon Crépuscule, c’est d’avoir réussi à maintenir cette balance entre humour noir, drame épique et aventure tout en se rapprochant inexorablement de la fin d’un univers foisonnant. Les lecteurs qui ont suivi les cycles Potron-Minet et Zénith retrouvent ici une intensité dramatique croissante, une descente inexorable vers la déchéance, sans pour autant perdre l’essence de ce qui fait Donjon : des personnages complexes et une écriture impeccable. Cet arc crépusculaire est peut-être le plus éprouvant à lire, mais c’est aussi celui qui donne à l’univers du Donjon sa dimension mythique.
Juger Pétain
Cette BD est une petite réussite, alors qu'elle part avec les pires handicaps pour une BD. C'est remarquable ! Quand je dis handicap, je n'exagère pas : la BD est verbeuse, très verbeuse. Personnellement j'ai du la lire sur deux jours, trop fatigué pour arriver à suivre. De plus c'est un dessin qui se veut réaliste mais retransmet surtout un procès. Donc des gens assis et un type debout qui cause. Autant dire que niveau visuel, c'est pas du tout l'éclate ! Mais justement, la BD se veut précise sur son procès et évite les fioritures. Le dessin est simple pour véhiculer le récit, qui est passionnant. Mais il faut directement signaler le souci : les auteurs se sont strictement intéressés au procès et arrêtent la BD lors de sa fin. Je comprends le choix, que je trouve pertinent, mais il revient au lecteur curieux de s'intéresser à l'origine de celui-ci (d'où sort Pétain, etc ...) tandis que la suite est tout aussi intéressante (procès de Laval, épuration dans les services mais aussi pardon/oubli massif). Bref, la BD se cantonne à son sujet et ne déborde pas. C'est un choix que je trouve pertinent, puisque celui-ci resserre son sujet sans faire trop long ou indigeste. La BD est déjà suffisamment dense comme ça. Et il y a de quoi ! Pétain est une figure complètement disputée dans l'Histoire de France : héros et collabo, altruiste et dangereux, c'est une figure qu'il est difficile de cerner. La BD ajoute à la complexité, car je ne sais honnêtement pas quoi penser de Pétain au sortir de cette lecture. C'est une présentation de la collaboration, mais aussi un rappel de la cuisante défaite préalable et tout ce qui a précédé. Pétain n'a pas sauvé la France, je pense, mais est-il responsable de tout ? Est-ce un vieil homme enhardi par ses succès passés qui a voulu le pouvoir et laissé faire les pires hommes ? Tout comme De Gaulle, Pétain se voyait au service de la France, grande et éternelle. C'est une figure qu'on peut ne pas aimer, mais il est difficile de la détester comme d'autres personnalités de cette période. C'est un personnage complexe, à l'image de son procès. Parce qu'au-delà de ce procès dont j'avais entendu des échos, le procès fut une affaire tout aussi complexe que son sujet. Il s'agit de trancher sur la collaboration, reconstruire la France suite à la guerre en "purgeant" les mauvais éléments. Et le procès fut mouvementé, entre l'arrestation de Laval alors qu'il était en cours et les intervenants de toute sorte, c'était bien plus une affaire public qu'un procès réel. L'enjeu dépassait le maréchal qui s'endormait dans sa chaise. Une BD lourde à lire, qui demande un effort et un investissement de temps par rapport à d'autres plus légères. C'est une BD qui permets d'appréhender à quel point il est difficile de comprendre cette période sans s'y investir des heures. Parler de méchants et de gentil, c'est bon pour les films. La réalité, elle, est au-delà de ces considérations simplistes.