Les derniers avis (32107 avis)

Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série L'Auberge du Bout du Monde
L'Auberge du Bout du Monde

Dieu quelle petite merveille que ce triptyque ! Prugne au dessin, c'est un enchantement pour les yeux. J'ai découvert l'artiste à l'envers, de Frenchman à l'Auberge en passant par Canoë Bay. Là encore, il nous émerveille. Entre la qualité du trait et la grande maîtrise des aquarelles, on ne cesse d'observer case après case, le travail de lumière sur le ciel breton, qu'il nous restitue au plus que parfait (parole de Finistérien), ces silhouettes, semblant à l'ébauche mais finalement si naturelles, de ce petit port que l'on voit revivre sous nos yeux. Il arrive par son dessin à restituer l'odeur de l'iode et les bruits de la pêcherie. C'est grandiose, ce dessinateur est à placer dans les très grands artistes. Le scénario est lui aussi très bon, la légende bretonne par excellence mais le rythme, le découpage rendent cette histoire tellement attractive que l'on ne lève les yeux qu'à la fin de la dernière case de la dernière page du dernier tome. Oger nous invite au voyage, délicatement, doucement, entre korrigans et autres esprits de la mer, il parvient aussi à instiller un parfum d'aventure, entre les comptoirs indiens et la royale, par petites touches. Sur ce bouquin, il se met au diapason de son dessinateur pour procéder lui aussi par petites touches d'une palette de mots et de situations. Merci, tout simplement merci.

30/11/2011 (modifier)
Couverture de la série Undercurrent
Undercurrent

L'histoire se passe dans un bain public au Japon, le mari de Kanaé a disparu mettant en danger la survie de l'entreprise familiale. C'est une histoire qui nous tient en haleine. Au niveau du dessin j'ai vraiment apprécié le rendu de l'eau et des reflets. C'est vrai que les personnages se ressemblent un peu. La psychologie des personnages principaux et secondaires est travaillée. Difficile de quitter la lecture de cet excellent manga une fois commencé.

30/11/2011 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chat du Rabbin
Le Chat du Rabbin

J'ai beaucoup aimé le Chat du Rabbin qui se cache derrière un dessin un peu rebutant pour mieux nous séduire par la suite. Le dessin est réellement parfois trop fouillé et cela pique aux yeux. Il est même à certains endroits bâclé si bien qu'il ressort encore moins bien que sur le reste des albums. Malgré tout, on reconnait bien chacun des protagonistes et les expressions de ce félin son tout bonnement extra. Concernant l'histoire ou plutôt les histoires, si celles ci ne sont pas vraiment bonnes elles servent à merveille les critiques douce amer de l'auteur sur les religions, le refus de l'autre (la scène des juifs noirs est en ce sens jubilatoire), le paraitre, la place des femmes dans les sociétés contemporaines et dans celles où la religion est prédominante (voir en cela la perte de liberté de la fille du rabbin malgré son arrivée dans une famille dite plus "moderne et civilisée"). J'ai bien apprécié la charge anti colonialiste surtout qu'elle se teinte aussi d'une nostalgie de cette période, il y a dans le regard de Sfar comme une perte d'innocence et de douceur de vivre malgré la violence de l'impérialisme de l'époque. Et que dire de l'énormissime passage Tintinesque. Après je dois aussi reconnaitre que j'ai adoré finalement quelques passages mais que j'ai trouvé certaines longueurs sur d'autres qui m'empêche malgré tout de "cultissimer" la série. Voila, j'aime bien, une lecture intelligente, drôle parfois, douce amer. Et quel plaisir de voir le félin croquer le perroquet puis le mainate pour prendre la parole. Et la qualité des questionnements du félin sur l'obscurantisme religieux est un vrai bon grand moment de lecture.

30/11/2011 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Planète Nabiroo (Carrion)
Planète Nabiroo (Carrion)

Que la couverture est attrayante ! J’avais peur que la bd s’adresse exclusivement à un public jeune, heureusement non, elle s'adresse à tous ! Hourra ! La surprise a été d’autant plus grande que je n’avais pas la moindre idée du contenu du scénario, ça a été une vraie découverte. Le tout début est un peu déroutant et on découvre tout doucement ce que cache ce monde de prime abord assez étrange, un peu à la minimoys, et une fois le tout décanté on s’embarque dans cette aventure le cœur joyeux. Elle est d’ailleurs réglée comme du papier à musique, tous les évènements s’enchaînent à la perfection et les personnages sont attachants. Il y a de l’humour juste ce qu’il faut et quand il le faut, et surtout, surtout, elle fourmille de cases toutes plus jolies les unes que les autres. Si vous voulez garder tout le suspense il est préférable de ne pas lire le résumé - qui en dit trop d’ailleurs - et de vous lancer sans filet dans cette incroyable lecture. Le dessin est réellement super mignon ! Les personnages ont des visages excellents, très diversifiés et aux expressions étonnantes. Les décors ne sont pas des plus riches mais il y en a suffisamment pour créer une ambiance. Et les couleurs ! Belles ! Mais belles ! Tome 2 Le second tome est tout aussi agréable que le premier, tout d'abord la qualité du graphisme reste la même, joyeux et expressif, et le scénario est encore plus riche que le tome précédent. C'est d'ailleurs plutôt original, le scénariste prend le parti d'en dire suffisamment tout en laissant une petite dose de suspense planer sur le monde - pas sur l'intrigue en elle-même - ce qui se révèle être une idée intéressante, plutôt que de se lancer dans une chute trop classique. Cependant, même si on nous propose une histoire complète j'aimerais bien avoir une suite, histoire de suivre un peu plus loin les personnages et leur environnement. Quitte à me répéter, l'autre avantage de ce diptyque est qu'il s'adresse à tous, ce n'est ni naïf ni nais pour les adultes et tout à fait abordable pour les plus jeunes.

23/09/2010 (MAJ le 30/11/2011) (modifier)
Par Beaujo
Note: 4/5
Couverture de la série Paf & Hencule
Paf & Hencule

Paf et Hencule c'est méchant, c'est grinçant mais qu'est ce que c'est drôle ! Tout le monde y passe, des blagues dérangeantes sur tout les sujets : la maladie, le racisme, l'homosexualité, le sexisme... Bref un album à prendre au second degré. Certes, les dessins ne sont pas travaillés outre mesure, les personnages sont surtout là pour illustrer les gags mais l'ensemble est efficace. Les strips sont d'un niveau inégal mais l'ensemble m'a vraiment fait beaucoup rire! PS : la bd est en petit format flexible ce qui m'a un peu étonné mais cela ne gêne en rien la lecture !

29/11/2011 (modifier)
Par gdev
Note: 4/5
Couverture de la série Légende
Légende

Voici une petite série qui n'a pas d'autres prétentions que divertir, et elle atteint parfaitement son but. Difficile d'être original en parlant d'une série qui elle, ne l'est pas du tout. Mais la sobriété de ce récit en fait sa force et son efficacité. Finalement, prendre les recettes qui ont marché, les reprendre un petit peu à sa sauce, et les resservir agencées différemment, c'est prendre le risque de ne pas en prendre. Certains pourront reprocher ce manque d'originalité, cette absence d'audace, mais le classicisme est rassurant, et également bien confortable. Moi, en tout cas, je m'y suis retrouvé. Ce qui est super appréciable, dans cette série, c'est le confort de lecture. Une lecture fluide car tout est assez linéaire, les flash backs n'étant là que pour servir d'amorce aux quatre premiers tomes (le cinquième étant un peu à part dans ce domaine, le passé ayant rejoint le présent). On suit ainsi l'enfance puis la jeunesse d'un homme qui devra se battre pour récupérer le trône qui lui revient de droit et la sœur qu'il n'a jamais (ou presque) connue. Swolfs s'y connaît pour rythmer son récit, présenter les événements clairement, et retenir ainsi l'intérêt du lecteur. Et même si le récit est classique, même si ca sent le déjà-vu, j'ai eu du plaisir à attendre les scènes dont je me doutais qu'elles arriveraient. Un peu comme on regarde son film préféré pour la xème fois : il n'y pas de surprise, ce qui n'empêche pas de prendre du plaisir. Seule le cinquième tome m'a paru moins bien dosé que les précédent, un peu comme si le scénariste s'était dépêché d'en finir : dans le même tome, de nouveaux personnages sont présentés et c'est par eux que la série connaîtra son dénouement. Tout cela donne une impression de précipitation... Ce que je pourrai reprocher à Swolfs, en revanche, c'est de rester au milieu du gué en matière d'événements surnaturels. Un peu comme s'il n'avait jamais réellement tranché s'il devait ou non insister sur ce point pour donner une couleur un peu ésotérique à son récit. Shaggan en grand prêtre aux pouvoirs peu compréhensibles, l'histoire d'un livre de magie qui apparaît à la va-vite dans le dernier tome, une représentation des forces du mal et du bien et sous forme de dragon, l'espèce de sorcellerie sous-jacentes à deux ou trois personnages dans la série : on sent que Swolfs voulait y aller, dans ce côté surnaturel, mais qu'il s'est retenu, peut-être par peur d'abandonner le confortable petit récit classique qui plaisait bien à tout le monde. Moi ca m'a déçu parce que d'une part, je suis un peu frustré d'être appâté par quelques touches ésotériques desservies à des doses homéopathiques dont on est très vite sevré, et d'autre part parce que je pense que cet aspect ésotérique, poussé un peu plus, aurait pu donner plus de dimension à cette histoire. Le dessin et les couleurs sont précis, clairs, et participent grandement au confort de lecture évoqué plus haut. Des forêts enneigées ou baignées de soleil, des grottes ou des salles de trône éclairées à la bougie, des châteaux fastueux ou des fermes crasseuses : on évolue avec facilité dans cet univers médiéval dont le dessin, comme le scénario, s'appuie sur des images classiques. Et pourtant, comme c'est bien fait, comme c'est rigoureux, c'est efficace. Voici donc une belle petite série (5 tomes seulement), menée avec une rigueur presque académique, dans laquelle on sent que le scénariste voulait insuffler une dose de folie qui reste malheureusement trop anecdotique pour pimenter le récit. Mais l'ensemble est construit avec soin et j'ai bien aimé cette chronique médiévale.

29/11/2011 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Smoke City
Smoke City

Bonne surprise que ce diptyque. C’est un mélange entre Ocean Eleven, Dark City et Faust. J’ai beaucoup aimé l’ambiance glauque et froide de Smoke City grâce aux magnifiques dessins proches de la photographie. Le cadre urbain, style Gotham city, constamment sombre et pluvieux marche parfaitement. Côté scénar, j’ai apprécié le mélange des genres. La BD débute en roman noir avec la reconstitution d’une équipe de casseurs puis se transforme en thriller fantastique. C’est à la fois dynamique et bien orchestré. A découvrir.

29/11/2011 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Satanie (Voyage en Satanie)
Satanie (Voyage en Satanie)

Ce voyage en Satanie fut ma foi tout à fait divertissant, Vehlmann fait preuve de beaucoup d'imagination et il m'a complètement embarqué avec lui pour ce voyage au centre de la Terre. On suit une petite troupe hétéroclite de plusieurs personnages où l'on trouve un curé et une jeune fille à la recherche de son frère. Cela démarre par une expédition de spéléologie et puis le récit bascule dans le fantastique quand les héros croisent le chemin d'une civilisation souterraine assez élaborée élevant des araignées comme du bétail. Bref les idées du scénariste sont riches et cohérentes avec une théorie à laquelle on pourrait presque croire sur les origines de la figure de satan. Le dessin est quant à lui réussi, les personnages sont typés et un peu enfantins dans le style donc qui pourrait plaire aux plus jeunes, par exemple des collégiens, tout en restant bien maîtrisé sur les décors d'un monde usuellement de ténèbres et de mort que sont les Enfers.

28/11/2011 (modifier)
Par raistlin
Note: 4/5
Couverture de la série La Légende des nuées écarlates
La Légende des nuées écarlates

Ce sont de beaux livres, d'une réalisation impeccable et qui font plaisir à ouvrir. Le dessin est à l'avenant, couleurs profondes, traits élégants et riches, cadrages et mises en pages recherchées, univers de conte japonais joliment retranscrit. J'ai également beaucoup apprécié la narration, et la qualité du texte. Associées à une impression de mystère bienvenue comme le soulignait l'avis précédent. Reste l'intrigue : au départ, on est curieux, intrigué, puis elle apparaît assez classique malheureusement. Il y a peu de profondeurs sur les personnages (difficile sans doute sur 4 tomes), encore que le dénouement tend à afficher une complexité un peu plus raffinée que prévue via une conclusion morale relativement inattendue. Du coup, globalement, je reste sur du 4/5 car c'est une bd vraiment de belle qualité, avec un univers japonais médiéval-fantastique esthétique que j'ai beaucoup aimé, et réalisée par une seule personne (ce que j'admire). Mais je ne sais pas si une relecture ultérieure me ferait rester sur cet avis à cause de l'histoire un peu trop simple dans sa trame principale (d'où mon hésitation à conseiller l'achat). Dessinateur à suivre en tout cas.

28/11/2011 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série La Tête en l'air (Rides)
La Tête en l'air (Rides)

Même s’il existe des critères objectifs pour juger de la qualité d’une bd, c’est bien souvent le côté émotionnel qui prend le pas. La subjectivité est donc de mise. Elle dépend de nos affinités, de nos goûts mais aussi de notre vécu. Et il n’y a rien de plus prenant qu’une bd qui nous parle directement comme c’est le cas avec "Rides" me concernant. Cette bd aborde le quotidien d’une personne âgée se retrouvant placée par sa famille dans un home (ou résidence 3e âge pour faire socialement plus acceptable). La maladie d’Alzheimer n’est pas l’élément central du récit mais plutôt celui qui justifie la présence d’Ernest dans ce genre d’établissement. Les événements décrits ici, je les ai vécus à travers l’exemple de ma grand-mère. Jusqu’à ses 93 ans, elle a toujours été indépendante et gardait un esprit vif et enjoué. Elle vivait seule dans une petite maison de plain pied à côté de celle de mes parents et ne demandait que peu d’aide (à part aller lui faire les courses). Il y a un an environ, sa bonne santé psychique s’est rapidement dégradée. Elle avait des trous de mémoire, ne savait plus ce qu’elle faisait ou devait faire. Ces moments d’absence ne sont pas le fait d’Alzheimer mais simplement celui du temps qui a fait son oeuvre. Ils devinrent de plus en plus fréquents, ce qui a obligé mes parents à trouver une solution. Nécessitant une assistance médicale, ma grand-mère s’est retrouvée à l’hôpital dans l’attente de lui trouver une place dans une maison de repos spécialisée. Ce choix n’a pas été facile à prendre mais son état de dépendance (non pas physique mais psychique) était tel qu’il n’était pas envisageable qu’elle reste chez elle et mes parents n’étaient pas armés pour s’occuper d’elle. Bon nombre de situations décrites dans ce livre sont communes à celles que ma grand-mère vit en maison de repos. En ce sens, rarement une bd m’aura autant parlé, c’en est même troublant. En réponse au questionnement de Mac Arthur, je peux dire que les propos tenus ne sont en rien exagérés. Toutefois, je ne pense pas que ce soit une vue pessimiste car, à cet âge, on ne se rend plus trop compte des réalités. Ma grand-mère est très heureuse là où elle vit maintenant. Bien sûr, on est attristé de ne plus pouvoir tenir une discussion avec elle mais la savoir épanouie dans le monde qu’elle s’est créée nous réconforte. Elle y a trouvé de la compagnie, fait beaucoup d’activités et on s’occupe bien d’elle. L’image de mouroir de ces homes est révolue. Un livre à la fois troublant et criant de vérités.

28/11/2011 (modifier)