Les derniers avis (32092 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série La vie secrète de Marine Le Pen
La vie secrète de Marine Le Pen

Cette bd nous livre la vie secrète de Marine Le Pen qui actuellement préside un parti d’extrême droite qui a le vent en poupe. La démarche est un peu la même que celle de La Face karchée de Sarkozy parue un peu avant l’élection présidentielle de 2007. La parution des révélations n’avait pas empêché ce personnage contreversé de remporter haut la main l’élection présidentielle. Bref, ce n’est pas parce qu’on va connaître les sombres recoins d’un personnage politique que cela va influer sur l’opinion et finalement le vote de la population. Il y a désormais tellement de paramètres qui entrent en ligne de compte. J’avoue avoir trouvé assez passionnante cette lecture qui apprend bien des choses sur cette dynastie de politiciens et des gens qui tournent autour pour les servir. J’ajoute à toutes fins utiles que je ne suis pas vraiment le lecteur visé dans cette démarche de découverte d’un personnage pour infléchir mes opinions. L’œuvre se veut objective mais on sent bien le parti pris avec une fin tout à fait risible. Ce n’est pas très difficile quand on voit les idées ou même les faits qui conduisent à avoir une opinion. On découvre sous une tout autre dimension une fille à papa aussi colérique que son père avec un côté fort manipulatrice. Difficile de faire pire portrait! La bd semble occulter le principal à savoir la réussite de cette politicienne hors pair qui arrive à séduire au-delà des frontières de son parti. Il aurait été intéressant de voir les causes, c'est-à-dire ce qui amène une population en souffrance à un vote purement contestataire et nationaliste. Cependant, c’est tout de même assez intéressant de voir la vie privée autrement dit la vie secrète de cette femme qui va marquer durablement le paysage politique. Cela permet de la situer dans un contexte et de comprendre les mécanismes de cette machine politique. J’ai compris qu’on va encore en entendre parler au moins pour 30 ans! La relève semble d'ailleurs assurée dans la même famille avec la nièce.

18/06/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Enfants de Jessica (Le Pouvoir des innocents - cycle 3)
Les Enfants de Jessica (Le Pouvoir des innocents - cycle 3)

J’avoue avoir accepté assez difficilement l’idée d’une suite au Pouvoir des innocents. Cependant, étant assez ouvert par principe et surtout ayant eu la garantie directe que c’était bien voulu dès le départ, je me suis plongé dans cette lecture avec enthousiasme mais non sans un certain esprit critique qui me caractérise. L’originalité est la sortie presque simultanée de deux séries parallèles, l’une se situant après l’attentat dont on attribue à tort la responsabilité à Joshua et l’autre se situant 10 ans après. Alors que Jessica paraît assez âgée et fatiguée dans la série mère, on la voit mal rempiler au gouvernement des Etats-Unis bien des années après ! Mais bon, passons ! Ce qui tue un peu l’intrigue, c’est le fait de savoir d’emblée que Joshua ne sortira pas de sa prison alors que c’est, je crois, tout l’enjeu de la seconde saison. N’aurait-il pas été plus judicieux de terminer tranquillement la seconde saison avant d’entamer la troisième ? Cette question mérite d’être posée. Sur le fond, les enfants de Jessica nous présentent une Amérique bien étrange qui ne correspond pas à celle que nous connaissons en 2007. Là encore, il aurait été judicieux de mettre une date plus éloignée dans le futur mais cela aurait posé l’épineux problème de l’âge de Jessica. On devine tout doucement que ce personnage dont les desseins sont parfaitement louables doit cacher une face bien plus sombre. Le seul gros reproche que je ferai, c’est que j’ai constaté que l’action avance assez doucement dans cette troisième saison comme pour mieux installer une nouvelle intrigue. C’est intéressant car on se tourne vers le personnage d’Amy dont la psychologie est assez fragile. Cela promet ! Pour le reste, je me répète un peu : le scénario est diablement efficace avec une absence de temps mort et le dessin est correct. Le tout forme une série qu’on suivra avec plaisir ne serait-ce que pour la vision d’un nouvel aspect social et économique avec une autre alternative au capitalisme sauvage.

18/06/2012 (modifier)
Couverture de la série Deuxième génération
Deuxième génération

Deuxième génération est mon gros coup de cœur du moment. Dans ce témoignage, Michel Kichka aborde les relations avec son père, rescapé du camp d’Auschwitz. On découvre alors à quel point la Shoah peut peser sur les enfants des déportés : comment en vouloir à son père quand on sait l’horreur qu’il a vécu ? Michel, ainsi que ses frères et sœurs, doivent grandir en supportant le poids des tabous et des espoirs qui reposent sur leurs épaules. L'auteur évoque tour à tour son enfance, dans des planches qui laissent transparaître une certaine nostalgie, et sa vie d'adulte, alors qu’il a quitté sa Belgique natale pour s’installer en Israël. Malgré la gravité du sujet, il opte pour un ton souvent drôle, renforcé par son dessin. Les planches regorgent de petits détails amusants et de clins d’œil à la bande dessinée. Traiter un tel sujet avec finesse, entre humour et émotion, était un véritable pari que Michel Kichka a su, à mon sens, parfaitement relever.

18/06/2012 (modifier)
Par Toinou
Note: 4/5
Couverture de la série Le Horla
Le Horla

Le Horla de Maupassant en BD. Curieux que cela n'ai jamais été fait. Une idée sympa et dangereuse pour leurs auteurs. Il fallait oser, car tous les ingrédients sont réunis pour un massacre. Amoureux de Maupassant, et notamment de cette oeuvre, j'étais très intrigué et surtout curieux de voir comment les auteurs ont pu traiter un sujet, sachant qu'il ne se passe rien ou presque, dans la nouvelle de Maupassant. Et là, surprise ! Le scénariste Bertocchini s'en est magnifiquement bien sorti avec beaucoup d'ingéniosité au passage. Le narrateur, jamais nommé dans la nouvelle, est ici Guy de Maupassant lui-même. Les portraits de Puech (dessin) sont frappants et saisissants. L'auteur de Bel-Ami est, dans ce one-shot, entouré de personnages secondaires à peine esquissés dans l'oeuvre originelle, et mis en avant dans la BD. Ainsi, les délires de Maupassant sont observés par la cuisinière, le cocher, le jardinier, sa cousine, etc. Bertocchini parvient donc à prendre le lecteur à contre-pied avec cette pirouette, mettant même en action des personnages inexistants dans l'oeuvre, comme un certain Gustave, ami et confident de Maupassant (sans doute un clin d'oeil à Flaubert). Le scénario est donc bien ficelé. La tension est palpable, grandissante, maîtrisée, et les dialogues sont vraiment crédibles. Il me semble que ceux-ci sont tous originaux, c'est-à-dire qu'ils ne reprennent pas les textes de Maupassant. Du coté du dessin, c'est un régal pour les yeux. Visiblement, Puech a réalisé de la couleur directe sur les planches. Les couleurs sont vives, parfois trop, mais cela rajoute à la tension dramatique et au fantastique du récit. Le découpage est bon, les cadrages dynamiques et quelquefois originaux. Bref, un bon moment de lecture. J'ai franchement hésité à mettre un 5 étoiles.

17/06/2012 (modifier)
Par etoilawst
Note: 4/5
Couverture de la série Alex Clément est mort
Alex Clément est mort

Le thème de l'enlèvement et d'une demande d'une rançon est bien du genre policier, cependant je classerais plus cette bd dans le genre humoristique. En effet, certaines scènes sont vaudevillesques et valent le détour. Si l'histoire est un peu longuette à se mettre en place les scènes s'enchainent ensuite merveilleusement bien et la séquence finale est un véritable régal. Les dessins de Lepage sont tout en nuance de gris. Parfaitement adaptés pour une œuvre policière ils contribuent à surprendre le lecteur. Celui-ci pensait parcourir une histoire policière sombre et découvre qu'il s'agit d'un vaudeville.

17/06/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Le Horla
Le Horla

Je l'attendais cette sortie... Guy de Maupassant a été l'un des premiers écrivains que j'ai lu avec plaisir. Maître de la nouvelle, il a écrit quelques textes mémorables, comme Le Horla, considéré comme un classique du genre fantastique. Pourtant, si on le lit avec attention, il ne s'y passe presque rien, mais la tension monte inexorablement dans ce récit. Le récit est troublant quand on sait qu'il anticipe la folie qui causera la perte de l'auteur. Bertocchini a voulu revenir "aux sources" du récit, ne pas se focaliser sur Maupassant, qui se met lui-même en scène comme personnage principal, mais redonner une vraie place aux personnages secondaires : la cousine, la maîtresse de maison, l'ami Gustave (Flaubert, probablement)... C'est au travers de leur regard que l'on peut mesurer la descente dans la folie de Guy, cette hantise qui ne le lâchera pas. Je me souviens d'avoir fait quelques cauchemars à l'époque de la lecture du bouquin (je devais avoir 12 ans, voire moins), mais une lecture adulte serait sans doute moins impressionnante. Bertocchini et Puech ont fait le pari de ne faire basculer le visuel dans le dérangeant que lorsque notre héros est effectivement en prise avec ce démon intérieur qui le ronge, le plus souvent la nuit. L'obscurité, propice à nombre de tromperies et de fantasmes est habilement utilisée. Ainsi le fameux Horla est-il représenté d'une certaine façon, détournée, assez proche de l'idée que je m'en faisais. Je ne connaissais pas le travail d'Eric Puech, mais je suis assez admiratif. Son style est réaliste sans être hyper appuyé, ses cadrages dynamiques appuyés par des couleurs -directes- franchement magnifiques (même si je trouve son rouge trop intense) rendent la lecture de cette adaptation vraiment marquante. Une adaptation réussie, avec un parti pris narratif intéressant. Mais attention, ne vous attendez pas à de l'action échevelée, le fantastique est ici ténu.

16/06/2012 (modifier)
Par etoilawst
Note: 4/5
Couverture de la série 3 Instincts
3 Instincts

Excellente Bd qui prend toute sa saveur lors de la seconde voire de la troisième lecture. A la première lecture en effet on découvre tout d'abord 3 actes, 3 histoires apparemment indépendantes qui peuvent être lues dans n'importe quel ordre. Elles sont intéressantes sans être d'une grande originalité (si ce n'est la dernière). Ce n'est que lors de la lecture du dernier acte que toutes les pièces du puzzle s'imbriquent les unes dans les autres et que l'on comprend les liens entre les différents protagonistes de ces différentes histoires.

16/06/2012 (modifier)
Par Tetsuo
Note: 4/5
Couverture de la série La Carotte aux étoiles
La Carotte aux étoiles

Excellente petite bande dessinée que cette Carotte aux étoiles. Voilà un petit conte moderne sur les multiples facettes de l’Homme et surtout son mauvais côté. A partir d’une géniale invention, l’engrenage se met en route, jusqu’à l’inéluctable, l’irréparable. Notre petit lapin savant se retrouve vite dépossédé de son invention, signant contrats sur contrats, autorisations sur autorisations, croyant modestement les promesses des académies, des médias, des financiers et des dirigeants. Mais la réalité est toute autre. Il se fera chaque fois spolier son invention, détourner de son but premier : créer quelque chose d’époustouflant. Chacun y verra ce qu’il veut. J’y vois pour ma part une dénonciation de la bêtise humaine avec l’hyperconsommation, les magnats de la finance, l’industrialisation à outrance, la course à l’armement et l’abrutissement de masse. Dans ce court récit, la dénonciation de ces méfaits tellement communs est particulièrement bien amenées. Concis et sans exploitation moralisatrice, Régis Lejonc nous livre un récit brut et bizarrement poétique. Le texte est merveilleusement ciselé et magnifiquement mis en dessin par Riff Reb’s. Quelle réussite ! Alors oui ça se lit vite, mais on effectue quasiment une deuxième lecture pour s’attarder sur les détails du texte et du dessin. Tout a un sens, le dessin renvoyant à des images connues de chacun de nous, l’exemple le plus parlant symbolisé par le requin de la finance. La nuit on dort et souvent on rêve. Parfois, on rêve même éveillé. Certains rêvent d’amour en dansant sous la lune, d’autres rêvent d’impossible ---------------------------------------------------------------- Dans la nuit devenue noire, certains ne dansent plus sous la lune en rêvant d’amour Et d’autres ont perdu le goût de l’impossible.

16/06/2012 (modifier)
Par Tetsuo
Note: 4/5
Couverture de la série Run Day Burst
Run Day Burst

Ce manga va à 100 à l’heure ! Trigger le pilote, Barrel le mécanicien, Cylinder la gardienne de Barrel et Loader la religieuse forment une équipe qui relève tous les défis, même les plus fous. Et des aventures folles, ils vont en rencontrer lors de leur périple. Ils participent à la RDB, la Run Day Burst, la course de voiture la plus originale de tout le pays car elle traverse tous les continents, sillonne tous les pays et parcourt la moitié du globe. Cette course a pour but d’atteindre la ville finale de Losdon, mégalopole qui se trouve à l’autre bout de la terre. Les règles ? Aucune sinon essayer d’arriver au bout en entier ! A partir de ce postulat, on pourrait penser avoir déjà lu cette histoire. Mais Yuko Osada parvient à apporter un vent de fraîcheur sur son scénario. Il parvient à insuffler une certaine folie tout en mettant un certain cadre à son histoire. Disons que la course où tous les coups sont permis lui permet de créer des situations rocambolesques et spectaculaires. L’humour est présent, pas du gros gag potache, mais distillé de façon intelligent et épisodique (on n'a pas un gag par page). Les personnages sont immédiatement sympathiques. Celui dont on connaît le plus d’éléments est le héros Barrel, petit garçon ordinaire, timide mais génie de la mécanique, capable de réparer n’importe quelle machine. Trigger parait au premier abord rustre et antipathique mais il se révèle être un personnage au grand cœur, conducteur surdoué, capable des plus grands coups de folie pour avancer dans la course. Cylinder reste le personnage le plus mystérieux, ex (?) policier, elle se retrouve embrigadée dans la course pour veiller sur Barrel. Loader prend position dès le tome 3 et apporte une touche de naïveté bien sympathique. Bref, cette petite équipe improvisée va se forger un destin des plus exceptionnels. Le dessin est franchement réussi, très ligne claire et épuré. Osada n’hésite pas à user et abuser de gros plans et de cadrages en tous genres pour donner cette impression de vie et de mouvement. Et oui, on est dans une course de voitures tout de même, faut que ça bouge ! J’apprécie son trait fin et sa façon de mettre en scène son scénario. Il donne un côté épique aux scènes d’actions. Voilà qui change un peu des nekketsu* classiques des shonens. L’histoire en premier lieu qui n’accumule pas une succession de combats aux techniques aussi idiotes qu’incompréhensibles et, d’autre part, un dessin soigné et rigoureux, totalement en adéquation avec ce qui est présenté. Bon malgré tout ça, ça reste du shonen basique, un peu bourrin, avec un humour assez simple. Je ne pense pas que cela pourra intéresser le non lecteur de manga, mais ce titre peut d’avantage s’envisager pour le lectorat traditionnel du shonen et lui faire découvrir un autre univers. *Nekketsu = Littéralement : sang chaud. Genre du manga qui met en avant le dépassement de soi, le fait de se sublimer, d’affronter les situations les plus dures avec courage et abnégation.

16/06/2012 (modifier)
Par Tetsuo
Note: 4/5
Couverture de la série Tony Chu Détective Cannibale
Tony Chu Détective Cannibale

Très bon petit comics que ce Tony Chu. La série allie une bonne idée de scénario, une réalisation entrainante et un dessin original. En témoigne ce troisième tome, qui ne baisse pas au niveau de l’intensité et des surprises ! Un petit point au niveau des jeux de mots, ça n’arrête pas, toujours en rapport avec la nourriture ou les cadavres. Ils sont souvent bien amenés et dérident les situations les plus incongrues. Ca permet de donner moins de sérieux à la série, d’apporter une certaine distance comique. C’est entièrement réussi. S’il est vrai que dans son travail le don de Tony Chu est une bénédiction, dans la vie de tous les jours, cela est nettement moins le cas... Ressentir à chaque bouchées la provenance de la viande, la période de récolte du fruit, reconnaître la marque des pesticides… de quoi passer l’envie de manger ! Les albums sont construits sous forme de petits chapitres, qui imbriqués les uns dans les autres, forment le récit. Des éléments sont distillés au fur et à mesure sur les personnages, le passé de chacun, le contexte politique et économique, l’état de l’industrie alimentaire du pays… La mise en image est sobre, mais Guillory possède un trait spécial que le différencie de la production et surtout qui fait contrepoint avec les séries comics. A conseiller à tous les lecteurs de bande dessinée qui veulent lire un scénario décapant et original.

16/06/2012 (modifier)