J'ai tellement adoré le graphisme de cette BD que je pourrais lui donner 5/5 directement ! Mais comme il faut un petit peu se modérer (sinon les modos le font à notre place), je considère cette BD comme un gros coup de cœur. Peut-être le plus gros que j'ai eu depuis le début de l'année, en BD.
Comme je le disais, le dessin est magnifique. Il y a les personnages ronds, mignons tout plein de Keramidas. Ils sont plein de vie et on dirait qu'ils sortent d'un dessin animé tellement ils sont dessinés d'une manière ultra dynamique.
Les décors sont a tomber par terre tellement ils sont grandioses, exceptionnellement riches et détaillés.
L'ambiance donnée par les magnifiques couleurs de Nob (que l'on connaissait, pour entre autre ses talents de coloriste sur Mamette) sublime le tout, quel régal pour les yeux.
Tebo et Keramidas s'amusent à faire exploser la narration, à jouer avec les codes de l’ellipse.
Que cela soit dans le look des personnages, dans les décors, dans les couleurs, dans la narration, de la couverture à la dernière page, l'album fourmille de trouvailles graphiques, ce qui fait que c'est un des albums que j'ai le plus apprécié parcourir et regarder le dessin, tellement cette partie est jouissive et virtuose. Pour moi, rien que pour le travail graphique, l'album mérite le coup d’œil.
Le scénario n'est pas en reste ; même si il est plus classique, c'est un détournement de conte pour enfant, c'est moins original mais complétement déjanté, loufoque et cocasse, dans les personnages, les situations et les dialogues (peut-être des fois un peu grossier pour de très jeunes enfants).
Le parti pris des auteurs d'utiliser l'imagerie Disney (les vêtements d'Alice, la description du pays des merveilles, Peter Pan, Tarzan et même le tigre qui ressemble étrangement à Shere Khan du "Livre de la jungle") renforce le fait que l'album est vraiment destiné à un public jeune, mais son côté déjanté le rend lisible par tous les publics.
On voit que les auteurs (tous les trois au sommet de leurs arts dans cet album) se sont bien éclaté à le réaliser, et avec moi, cet enthousiasme fut communicatif. Pari réussi !
Coup de coeur pour le premier tome de Karma Salsa, une histoire noire à mettre entre toutes les mains. Dès les premières pages on se laisse entraîner par ce héros pas comme les autres, un ancien malfrat qui sort de prison et qu'on découvre repenti grâce aux joies de la méditation. Si lui a profondément changé, ceux qu'il a côtoyés vingt ans plus tôt sont toujours aussi peu fréquentables. Et ils sont nombreux à l'attendre. Bref sa sortie ne manque pas de piment et de rebondissements. La manière dont il se retrouve trimbalé malgré lui de droite à gauche est un régal.
Cette aventure est prenante, le rythme va crescendo et au fur et à mesure des pages on rentre de plus en plus dans un sac de noeuds dont va devoir se sortir notre héros. Au final on se retrouve avec une histoire d'ex taulards et de magot planqué, mais le scénario est remarquablement construit, et on plonge pleinement dedans. Le ton employé est excellent, les personnages bien trouvés, l'ensemble en devient original et tient vraiment la route. Les dialogues sonnent juste, parfois piquants et noirs, mais aussi parfois plus légers, les bonnes répliques sont légions et donnent régulièrement un petit sourire au coin des lèvres.
Et enfin, le dessin lui aussi est un régal. Il colle à merveille à l'ambiance. Visages anguleux et saillants, trait nerveux, couleurs aux petits oignons. Tous les composants de cette BD sont une réussite. Une série à suivre de près.
La seule chose qui ne m’a pas plu dans cette B.D. ce sont les images de début et fin d’album que je trouve inappropriées, qu’elles soient fades ou juste vulgaires, elles ne sont pas du tout en adéquation avec le récit que propose Vivès, et j’irai même jusqu’à dire que ça le gâche un peu, lui donnant des airs de porno crade qu’il n’est absolument pas.
Le titre est foutrement bien trouvé et en totale adéquation avec le récit.
Je suis tombée sous le charme presque instantanément du dessin de Vivès, réduit au minimum à tous les niveaux, c’est un style généralement que je n’apprécie guère habituellement, mais il donne vie à ses personnages de manière totalement déconcertante, allant même jusqu’à ne pas dessiner les yeux mais leur gardant leurs expressions faciales.
Concernant le scénario je n’ai pas vraiment ressenti les choses comme les autres lecteurs, mis à part le fait qu’on est un peu dans l’exagération avec une pointe de burlesque.
Cette histoire pointe du doigt avant tout l’ignorance et la souffrance qui en découle. Tout d’abord, Magalie peut se faire réduire gratuitement la poitrine mais malheureusement pour elle sa famille ne le sait pas ; ensuite le recours à la justice dont ils semblent ignorer la procédure s’engageant dans une vengeance saignante qui aurait pu mener le père en prison ; la confiance absolue accordée aux médecins et autre cravatés qui profitent de la situation ; et pour finir la bêtise et l’égoïsme du vendeur de Darty trop occupé à faire du chiffre pour accorder ne serait-ce qu’un instant d‘attention à ces personnes qui semblent désespérées.
Tout ceci est certes traité de façon un peu désinvolte, ou en donne l'impression, mais ce sont des situations qui ne sont pas si éloignées de notre réalité.
Pour ce qui est du côté pornographique, je ne suis pas choquée par les relations entre Magalie et son petit frère, ce ne sont que deux jeunes qui découvrent leur sexualité, dont personne d’ailleurs ne leur a parlé, de plus, ces relations fraternelles arrivent bien plus souvent qu’on ne le pense. Est-ce que c’est excitant ? Tout dépendra des a priori de chacun, mais ce n’est pas le but premier de la B.D., tout comme dans les scènes de viol, il faut aimer les gros seins et les toutes jeunes filles.
Ce que je retiens avant tout de cette lecture c’est la grande sensibilité de cette famille si attachante et la touche finale humoristique offrant une fille qui ayant vécu le pire y fait face et se montre bien plus couillue que la majorité des hommes de l’histoire, lâches, profiteurs et pervers.
J’ai envie de commencer cet avis par mon sentiment vis-à-vis de la fin de cette série, notamment des deux derniers tomes, qui ne sont vraiment pas à la hauteur des vingt autres ! On pourrait même dire qu’elle est nulle !
Sur le coup, j’avais l’impression qu'Urasawa tirait sur la ficelle commerciale, mais ce qui est étrange, c’est que cette histoire semble bel et bien prévue initialement en 22 tomes, car l’une des premières scène du tome 1 est en flash-forward issu du tome 22…et il y a d’autres exemples, comme des personnages ou d’autres scènes que l’on voit au début et qui sont repris à la fin. J’ai du mal à m’expliquer l’intérêt que l’auteur a pu trouver à prolonger sa série à ce point, si tel était effectivement son souhait au départ.
Si les deux derniers tomes sont vraiment en dessous du lot, la qualité de la série baisse globalement dans le temps…
Les 14 premiers tomes ( ) sont vraiment super (en fait, surtout jusqu’à la révélation de qui est Ami…), et je salue d'ailleurs la performance de l'auteur, qui, malgré une histoire très alambiquée et bourrée de personnages, ne nous égare pas pour autant. Malgré cette complexité, on arrive à suivre. Et truc, tout bête, merci de faire au début de chaque tome un rappel des personnages principaux et un résumé du tome précédent ! :) Ca aide, et certains auteurs et éditeurs aux mêmes prétentions devraient faire de même !
Les tomes 15 à 20 sont simplement « pas mal » (), j’ai beaucoup moins apprécié ma lecture lorsque le récit était empêtré dans cet univers futuriste après le fameux évènement qui survient entre Ami et le Pape.
De plus, à partir du tome 20 () surtout, Urasawa se permet des largesses scénaristiques plutôt indigestes, choses qu'il avait évité jusque là... (et vas-y que j’amadoue les militaires avec une chanson, ou un dessin, et paf ! je me prends une balle dans le thorax, mais c’est pas grave, parce que je chante ! Et Oh ! Ce jeune connard est un génie du mal ? et ben faisons le chialer en lui disant qu’il n’est pas un si mauvais garçon que ça !)
Graphiquement, nous avons ici un superbe manga, où les personnages sont travaillés, divers et variés, et auxquels les décors n’ont rien à envier…C’est du travail d’orfèvre !
C’est surtout une œuvre très fluide à lire, ce qui est très appréciable !! Encore une astuce qui rapporte gros: tout ce qui est écrit en Japonais est traduit et légendé discrètement ! Merci ! :) Nan, parce que ça m'énerve les séries qui sont pas, ou mal, sous-titrées !!!
On peut sans trop de problème s’enfiler 2 mangas dans la même soirée. Seul l’ennui devient un obstacle sur la fin…
Concernant la note, malgré mes critiques initiales, je mets 4 étoiles, car les 2 tiers de la série sont quand même vraiment bien. Cependant, et contrairement à certain(e)s, l’idée de mettre 5 étoiles ne m’a jamais effleuré l’esprit.
Malgré cette bonne note, je ne conseille pas l’achat, car, après avoir emprunté cette série, je n’ai pas du tout envie de l’acquérir. La longueur n’aide pas, c’est une série qui, au total, est onéreuse, et si la toute fin était de meilleure qualité, ça aurait pu se discuter, mais là…Je ne pense pas la relire un jour.
Bref, une très bonne série sur la plupart des tomes, mais pas culte.
(130)
J'ai beaucoup aimé cet album, et je déplore un peu la polémique qui entache sa réputation, même si je le conçois, elle lui a fait pas mal de pub aussi.
Donc cette série relate un épisode très intéressant, pour tout amateur de BDs (et pas forcément que pour les intégristes de la BD classique franco-belge).
Franchement, le scénario est très agréable à lire, c'est rigolo, frais, ça ne se prend pas au sérieux et on y voit nos auteurs favoris sous une facette différente (que je ne trouve pas aussi déplaisante que ce que tout le monde s'accorde à le dire, ça les rend juste plus humains).
Peu importe que le scénario s'éloigne de la vérité. Yann est scénariste de BD, et je trouve tout à fait normal et respectable qu'il arrange les évènements comme ça lui semble être mieux pour en faire un récit passionnant comme il nous propose ici.
Néanmoins, les litiges entre les auteurs et la famille de Franquin/Jijé fut une bonne chose, ça nous a permis d'avoir l'interview et le droit de réponse de la famille en fin d'opus, ce qui comblera notre attente de "renseignement documentaire" (même si malheureusement, je trouve que ce droit de réponse ressemble à un règlement de compte, on y sent pleinement l'amertume des proches des auteurs).
Enfin, le seul reproche que je fais au scénario, c'est que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus drôle, mais il reste quand même excellent.
Le dessin de Schwartz est juste magnifique, il mériterait à lui seul 5 étoiles.
L'influence ligne claire/classique de la BD de Marcinelle est superbement digéré pour avoir un dessin moderne, à l'encrage sûr et aux couleurs chatoyantes... Un régal !
J'espère que la suite arrivera le plus vite possible dans nos rayons.
Pour mes appréciations de BDs, ce qui a le plus le poids, c'est l'histoire.
Lorsqu'une BD possède un bon scénario mais un dessin plutôt médiocre, je la noterais mieux qu'une BD au dessin exceptionnel mais à l'histoire vraiment naze.
Cependant, lorsque le scénario est bon, mais que le dessin le surpasse largement, j'accorde un bonus dans ma note. Et c'est ce qui se passe lorsque je donne un 4/5 à "Le cadavre et le sofa", c'est pour remercier l'auteur de m'avoir fait passer un merveilleux moment en regardant les planches, disons-le, magnifiques de son album.
Tony Sandoval, je connaissais son travail de réputation, mais après avoir lu cet album, je vais m’intéresser de près à ce qu'il fait, car son style est vraiment magnifique.
Il y a deux styles graphiques bien distincts dans l'album ; des planches avec une magnifique colorisation informatique, avec des personnages aux traits ronds, aux expressions très caricaturées et un encrage pas très franc ; l'ambiance donnée par ces planches à l'album est une réussite.
Et puis, aléatoirement, il y a des planches beaucoup plus lâchées, anguleuses, hachurées, fourmillant de mille traits, en bichromie, avec un encrage plus appuyé et des perspectives et proportions moins précises.
Si vous aimez les dessins soignés, recherchés qui vont vous happer dans le récit, je vous conseille "Le cadavre et le sofa" qui en plus d'un dessin exceptionnel, n'a pas une histoire mauvaise.
Elle m'a juste paru plus classique, l'album parle de mal de vivre, d'amour adolescente pendant l'été... La mort d'un camarade des héros et l’omniprésence de son cadavre rajoute une touche de glauque à cette jolie fable, mais ce n'est pas vraiment malsain.
Bref, une réussite (essentiellement graphique, mais une réussite quand même) !!!
Longtemps assimilé à la sous-culture popcorn US, le genre zombie, cette branche du fantastique a proliféré dans les domaines du cinéma, du jeu vidéo et de la BD. Et pourtant, le cinéaste Georges Romero, héritier de la culture contestataire des années 60, depuis sa cultissime « Nuit des morts-vivants » et les suites qui en avaient découlé, avait justement utilisé les zombies pour dénoncer le système consumériste de nos sociétés capitalistes. Avec Walking Dead, Robert Kirkman et Charlie Adlard transcendent le genre avec un format qui s’apparenterait plus au roman graphique qu’au comics typique à la Marvel, conférant à ses personnages (les vivants bien entendu…) une profondeur psychologique assez surprenante, aucun ne possédant les caractéristiques du héros classique. Le personnage central, Rick Grimes, censé endosser cette position, a lui-même ses failles et ses zones d’ombre.
Si le trait, nerveux, est assez classique, il est toutefois bien adapté à ce « survival horror comics », dont le scénario, très bien construit est si captivant qu’on oublie totalement que le dessin est en noir et blanc. Sur le plan de la mise en page et du cadrage, rien à dire, c’est parfait. Les personnages sont attachants et bien campés psychologiquement, ce qui, on pourrait le concevoir, est la moindre des choses face à des hordes de zombies hargneux et décervelés ! On se dit que décidément, les Ricains sont toujours très forts en la matière. Le récit est émaillé de multiples rebondissements mais le dosage entre scènes d’action et scènes plus calmes est équilibré, De façon générale, à peine a-t-on déposé le livre qu’on a déjà envie de le rouvrir pour découvrir la suite. Certaines scènes sont dignes de l’Enfer de Dante, et même si faire peur n’est pas le but premier des auteurs, certains risquent tout de même de faire quelques cauchemars… Mais cela serait oublier le vrai talent du dessinateur qui reproduit avec réalisme et sensibilité les différentes attitudes des personnages, sachant révéler avec justesse leurs états d’âme d’un simple coup de crayon… car la saga est aussi et surtout une aventure humaine, où les auteurs explorent les recoins de l’âme humaine, des plus nobles aux plus sombres. Avec cette question lancinante : jusqu’où peut-on aller pour assurer sa survie et celle de ses proches dans une situation difficile ?
Pendant une bonne partie de la série, aucun indice n’est fourni sur les raisons d’une catastrophe qui semble avoir touché le monde entier. Inutile d’allumer le poste pour avoir des informations ou d’attendre d’hypothétiques secours, il n’y a plus rien, seulement la mort qui rôde et ses charognards sans sommeil. Depuis Romero, le genre zombie est un mythe qui correspond complètement au Zeitgeist de la fin du XXème siècle et est repris avec brio par les auteurs qui en font une espèce de télé-réalité sombre et post-apocalyptique, avec ses maillons faibles, où les valeurs de l’Occident, du tout confort, de l’hyperconsommation, du « fun of life », sont réduites en charpie… Un mythe qui ne peut que fasciner, lié aux grandes épidémies et à la terreur qu’elles suscitent, de la Peste noire au Sida, en passant par la grippe espagnole… mais également au cannibalisme qui nous renvoie avec effroi à nos origines les plus primitives…
Toute américaine qu’elle soit, cette œuvre n’a rien d’une production typique US avec ses « happy ends » et ses héros invincibles sortant indemnes de toutes les chausse-trappes. Elle réussit à briser quelques conventions, notamment celle du manichéisme poisseux hérité d’Hollywood. Et à bien des égards, je peux vraiment dire que j’ai été scotché par cette série, qui, en recourant à des procédés parfois « bourrins » ou trash dans la forme, ne s’interdit rien pour mettre à jour les aspects les moins glorieux de l’âme humaine. C’est peut-être ce que permet la BD par rapport au cinéma, car quand on compare à la série TV qui en a été inspirée, on voit bien que cette dernière, malgré ses qualités, a été largement édulcorée par rapport à l’œuvre originale, sans doute dans le but de toucher un plus large public.
En résumé, Walking Dead est une bédé puissante, qui prend… aux tripes. C’est facile, je sais, mais c’est la meilleure définition….
1. Passé Décomposé
2. Cette Vie derrière nous...
3. Sains et saufs
4. Amour et mort –
5. Monstrueux
6. Vengeance –
7. Dans l’œil du cyclone -
8. Une vie de souffrance
9. Ceux qui restent
10. Vers quel avenir ?
11. Les Chasseurs
12. Un monde parfait
13. Point de non-retour
14. Piégés !
15. Deuil et espoir
16. Un vaste monde
17. Terrifiant
18. Lucille...
19. Ezéchiel
20. Sur le sentier de la guerre
Oh le bel ouvrage ....
La lecture du second "immanquable" de Comès m'apporte la confirmation sur son talent.
Les villages ardennais, les vieilles croyances, les sorciers et les curés, les gens de la ville, l'apparition du progrès ... Les thèmes déjà vus dans Silence sont ici encore présents, mais dans une forme assez différente, se concentrant non plus sur un seul personnage mais sur plusieurs.
Le dessin est toujours aussi bon, dans un sublime noir et blanc, où les gens apparaissent, peut-on dire, tels qu'ils sont intérieurement ? Ce qui expliquerait le taux de laideur. Mais que dire des paysages !
A ceci se rajoute le scénario, prenant jusqu'au bout, haletant, très bien mené. L'histoire se dévoile petit à petit, sans grosse révélation brutale. Ici tout se passe doucement, en finesse. A l'image de ce village où la vie est lente, le scénario se déroule petit à petit, pour notre plus grand plaisir.
Et Didier Comès ne se prive pas de rajouter en sus de superbes critiques, dans un peu tous les sens, sans pour autant altérer la qualité du récit. Un beau plus.
Et puis surtout, la justification de ma note, le plus qui permet d'ajouter le 4/5, c'est bel et bien l'atmosphère de ce récit. L'ambiance rustique (très bien retranscrite, si vous avez déjà vécu dans un village c'est assez semblable), le caractère des gens, les dialogues, le cadre naturel, l'ambiance de ces vieux cultes et de ces sorciers. Une réussite totale.
Ce récit est une véritable perle. Pleine de qualités (même si on peut lui reconnaitre des défauts, mais quelle BD en est exempte ?), pleine de charme, prenante, cette BD a tout pour plaire, et m'a conquise. La sorcellerie marche encore, même à travers du papier et de l'encre.
Un 4/5 à la fois pour la BD, mais aussi pour son auteur et mon coup de cœur du moment
Je suis toujours dans ma quête initiatique de Batman suite au relaunch DC. Je profite donc du bon travail éditorial d'Urban Comics pour découvrir Sombre Reflet qui s'avère être une très bonne histoire du Dark Knight.
En passant, le petit rappel des protagonistes de l'histoire au début du livre est plutôt le bienvenu, ça permet au néophytes comme moi de s'y retrouver et de ne pas galérer pour bien cerner les personnages.
Au scénario, Scott Snyder (qui paraît-il est la nouvelle star des comics) nous livre une histoire sombre, bien ficelée, bien prenante !
Ici, Batman n'est pas incarné par Bruce Wayne, mais par Dick Grayson qui est le tout 1er Robin (ne vous inquiétez pas, c'est expliqué par le rappel au début du livre). Je le trouve plutôt crédible d’ailleurs dans le rôle de Batman.
La 1ere intrigue sera un prétexte pour amener l'intrigue principale, ou la famille du commissaire Gordon est très impliqué !
Présent sur la couverture du tome 2 (quelle couv' d’ailleurs !) le Joker n'aura finalement qu'un rôle plutôt court quoiqu'assez intense. J’étais presque un peu déçu, mais on peut pas avoir le Joker au centre de toutes les histoires de Batman, ça deviendrait lassant.
Rassurez vous, les méchants sont très sympa dans Sombre Reflet (J'essaye de pas trop Spoiler, mais c'est pas évident).
Une histoire en tout cas qui nous garde en haleine jusqu'au bout.
Le dessin de Jock et Francavilla est plutôt bon, ce qui ne gâche rien au plaisir que l'on a en lisant ces 2 tomes.
Quelle claque ! Et quelle déprime en même temps…
J'ai trouvé dans cette "Saison Brune" et dans son auteur Philippe Squarzoni le parfait écho de ma sensibilité, de mon optimisme et de mon pessimisme en matière d'environnement, de réchauffement climatique, de petites solutions individuelles indispensables mais quasi vaines et de grands bouleversements socio-économiques nécessaires mais utopiques.
Le constat dressé ici est tiré de tout un tas d'ouvrages que l'auteur a lus afin de se cultiver en la matière lorsqu'il a dû écrire le chapitre "environnement" de Dol. Il entremêle habilement statistiques, interviews, réflexions personnelles et souvenirs d'enfance ce qui évite la lassitude par un rythme de lecture tout sauf monotone.
Servie par un dessin en noir et blanc clair, sobre et efficace, cette "Saison brune" tente de nous ouvrir les yeux sur le côté quasi inéluctable de la catastrophe climatique qui nous attend si nous continuons à vivre comme nous le faisons, tout en faisant en même temps la triste démonstration que, vue la mentalité des individus qui dirigent le monde, on va droit dans le mur et que c'est uniquement quand on se sera encastré dedans qu'on (qu'ils) se décidera (se décideront) à faire quelque chose, contraints et forcés, donc trop tard.
La notion de rétroaction évoquée dans un des chapitres du livre est assez effrayante, c'est à dire qu'à un moment donné, c'est la nature elle-même qui va contribuer à l'augmentation de la production des gaz à effet de serre, du fait de la fonte des glaciers ou de la calotte polaire, de la disparition de certains courants marins ou de l'augmentation de la température des océans par exemple. Dans un sens la nature a bien raison de se venger ainsi, mais peut-on laisser à nos enfants et aux générations futures un tel héritage ? Et que penser des conséquences sur les inégalités dans le monde ? L'écart va encore s'aggraver, les plus riches sauront sans doute s'adapter un minimum, mais leur mode de vie inconscient causera encore plus de souffrances chez les plus pauvres, cette partie de l'humanité déjà bien mal lotie.
Comme le dit Philippe Squarzoni, il y a de quoi devenir schizophrène ! Qui, même l'écologiste le plus convaincu, accepterait de vivre dans les conditions qui seraient nécessaires au désemballement de la machine ? Au niveau individuel, et selon la personnalité de chacun, on est tiraillé entre l'envie/le besoin d'un minimum de confort et le sentiment que chaque écart de conduite est un grain de sable qui vient s'ajouter à ce tas sur le point de s'écrouler sous son propre poids.
Et puis on finit invariablement par se dire "A quoi bon ? A quoi bon faire quelque chose dans mon coin ? Ca me donne bonne conscience et après ? Si ça reste individuel et ponctuel, ça ne suffit pas."
Cette BD ne se lit pas, elle se dévore malgré soi et malgré sa noirceur et son pessimisme. Certaines notions sont abordées et ré-abordées comme pour mieux imprégner notre cerveau et lui faire bien prendre conscience de la gravité de la situation. Bien que certains passages d'interviews soient parfois un peu longuets, le contenu est tellement intéressant qu'on reste scotché aux propos malgré tout. Je me dis que le chapitre sur le nucléaire aurait trouvé un sacré complément si le livre avait été terminé 3 ou 4 mois plus tard, Philippe Squarzoni aurait certainement évoqué le désastre de Fukushima !
Si vous n'avez pas peur de voir la vérité en face et d'égratigner votre bonne conscience, lisez ce documentaire, il est édifiant autant qu'instructif ! Il faudrait également songer à le distribuer à tous les grands de ce monde, politiques ou grands patrons, mais je pense malheureusement que seul un état d'esprit déjà ouvert sur le sujet peut y être sensible avant l'impact et c'est bien ça le problème.
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Alice au pays des singes
J'ai tellement adoré le graphisme de cette BD que je pourrais lui donner 5/5 directement ! Mais comme il faut un petit peu se modérer (sinon les modos le font à notre place), je considère cette BD comme un gros coup de cœur. Peut-être le plus gros que j'ai eu depuis le début de l'année, en BD. Comme je le disais, le dessin est magnifique. Il y a les personnages ronds, mignons tout plein de Keramidas. Ils sont plein de vie et on dirait qu'ils sortent d'un dessin animé tellement ils sont dessinés d'une manière ultra dynamique. Les décors sont a tomber par terre tellement ils sont grandioses, exceptionnellement riches et détaillés. L'ambiance donnée par les magnifiques couleurs de Nob (que l'on connaissait, pour entre autre ses talents de coloriste sur Mamette) sublime le tout, quel régal pour les yeux. Tebo et Keramidas s'amusent à faire exploser la narration, à jouer avec les codes de l’ellipse. Que cela soit dans le look des personnages, dans les décors, dans les couleurs, dans la narration, de la couverture à la dernière page, l'album fourmille de trouvailles graphiques, ce qui fait que c'est un des albums que j'ai le plus apprécié parcourir et regarder le dessin, tellement cette partie est jouissive et virtuose. Pour moi, rien que pour le travail graphique, l'album mérite le coup d’œil. Le scénario n'est pas en reste ; même si il est plus classique, c'est un détournement de conte pour enfant, c'est moins original mais complétement déjanté, loufoque et cocasse, dans les personnages, les situations et les dialogues (peut-être des fois un peu grossier pour de très jeunes enfants). Le parti pris des auteurs d'utiliser l'imagerie Disney (les vêtements d'Alice, la description du pays des merveilles, Peter Pan, Tarzan et même le tigre qui ressemble étrangement à Shere Khan du "Livre de la jungle") renforce le fait que l'album est vraiment destiné à un public jeune, mais son côté déjanté le rend lisible par tous les publics. On voit que les auteurs (tous les trois au sommet de leurs arts dans cet album) se sont bien éclaté à le réaliser, et avec moi, cet enthousiasme fut communicatif. Pari réussi !
Karma Salsa
Coup de coeur pour le premier tome de Karma Salsa, une histoire noire à mettre entre toutes les mains. Dès les premières pages on se laisse entraîner par ce héros pas comme les autres, un ancien malfrat qui sort de prison et qu'on découvre repenti grâce aux joies de la méditation. Si lui a profondément changé, ceux qu'il a côtoyés vingt ans plus tôt sont toujours aussi peu fréquentables. Et ils sont nombreux à l'attendre. Bref sa sortie ne manque pas de piment et de rebondissements. La manière dont il se retrouve trimbalé malgré lui de droite à gauche est un régal. Cette aventure est prenante, le rythme va crescendo et au fur et à mesure des pages on rentre de plus en plus dans un sac de noeuds dont va devoir se sortir notre héros. Au final on se retrouve avec une histoire d'ex taulards et de magot planqué, mais le scénario est remarquablement construit, et on plonge pleinement dedans. Le ton employé est excellent, les personnages bien trouvés, l'ensemble en devient original et tient vraiment la route. Les dialogues sonnent juste, parfois piquants et noirs, mais aussi parfois plus légers, les bonnes répliques sont légions et donnent régulièrement un petit sourire au coin des lèvres. Et enfin, le dessin lui aussi est un régal. Il colle à merveille à l'ambiance. Visages anguleux et saillants, trait nerveux, couleurs aux petits oignons. Tous les composants de cette BD sont une réussite. Une série à suivre de près.
Les Melons de la colère
La seule chose qui ne m’a pas plu dans cette B.D. ce sont les images de début et fin d’album que je trouve inappropriées, qu’elles soient fades ou juste vulgaires, elles ne sont pas du tout en adéquation avec le récit que propose Vivès, et j’irai même jusqu’à dire que ça le gâche un peu, lui donnant des airs de porno crade qu’il n’est absolument pas. Le titre est foutrement bien trouvé et en totale adéquation avec le récit. Je suis tombée sous le charme presque instantanément du dessin de Vivès, réduit au minimum à tous les niveaux, c’est un style généralement que je n’apprécie guère habituellement, mais il donne vie à ses personnages de manière totalement déconcertante, allant même jusqu’à ne pas dessiner les yeux mais leur gardant leurs expressions faciales. Concernant le scénario je n’ai pas vraiment ressenti les choses comme les autres lecteurs, mis à part le fait qu’on est un peu dans l’exagération avec une pointe de burlesque. Cette histoire pointe du doigt avant tout l’ignorance et la souffrance qui en découle. Tout d’abord, Magalie peut se faire réduire gratuitement la poitrine mais malheureusement pour elle sa famille ne le sait pas ; ensuite le recours à la justice dont ils semblent ignorer la procédure s’engageant dans une vengeance saignante qui aurait pu mener le père en prison ; la confiance absolue accordée aux médecins et autre cravatés qui profitent de la situation ; et pour finir la bêtise et l’égoïsme du vendeur de Darty trop occupé à faire du chiffre pour accorder ne serait-ce qu’un instant d‘attention à ces personnes qui semblent désespérées. Tout ceci est certes traité de façon un peu désinvolte, ou en donne l'impression, mais ce sont des situations qui ne sont pas si éloignées de notre réalité. Pour ce qui est du côté pornographique, je ne suis pas choquée par les relations entre Magalie et son petit frère, ce ne sont que deux jeunes qui découvrent leur sexualité, dont personne d’ailleurs ne leur a parlé, de plus, ces relations fraternelles arrivent bien plus souvent qu’on ne le pense. Est-ce que c’est excitant ? Tout dépendra des a priori de chacun, mais ce n’est pas le but premier de la B.D., tout comme dans les scènes de viol, il faut aimer les gros seins et les toutes jeunes filles. Ce que je retiens avant tout de cette lecture c’est la grande sensibilité de cette famille si attachante et la touche finale humoristique offrant une fille qui ayant vécu le pire y fait face et se montre bien plus couillue que la majorité des hommes de l’histoire, lâches, profiteurs et pervers.
20th Century Boys
J’ai envie de commencer cet avis par mon sentiment vis-à-vis de la fin de cette série, notamment des deux derniers tomes, qui ne sont vraiment pas à la hauteur des vingt autres ! On pourrait même dire qu’elle est nulle ! Sur le coup, j’avais l’impression qu'Urasawa tirait sur la ficelle commerciale, mais ce qui est étrange, c’est que cette histoire semble bel et bien prévue initialement en 22 tomes, car l’une des premières scène du tome 1 est en flash-forward issu du tome 22…et il y a d’autres exemples, comme des personnages ou d’autres scènes que l’on voit au début et qui sont repris à la fin. J’ai du mal à m’expliquer l’intérêt que l’auteur a pu trouver à prolonger sa série à ce point, si tel était effectivement son souhait au départ. Si les deux derniers tomes sont vraiment en dessous du lot, la qualité de la série baisse globalement dans le temps… Les 14 premiers tomes (
) sont vraiment super (en fait, surtout jusqu’à la révélation de qui est Ami…), et je salue d'ailleurs la performance de l'auteur, qui, malgré une histoire très alambiquée et bourrée de personnages, ne nous égare pas pour autant. Malgré cette complexité, on arrive à suivre. Et truc, tout bête, merci de faire au début de chaque tome un rappel des personnages principaux et un résumé du tome précédent ! :) Ca aide, et certains auteurs et éditeurs aux mêmes prétentions devraient faire de même !
Les tomes 15 à 20 sont simplement « pas mal » (
), j’ai beaucoup moins apprécié ma lecture lorsque le récit était empêtré dans cet univers futuriste après le fameux évènement qui survient entre Ami et le Pape.
De plus, à partir du tome 20 (
) surtout, Urasawa se permet des largesses scénaristiques plutôt indigestes, choses qu'il avait évité jusque là... (et vas-y que j’amadoue les militaires avec une chanson, ou un dessin, et paf ! je me prends une balle dans le thorax, mais c’est pas grave, parce que je chante ! Et Oh ! Ce jeune connard est un génie du mal ? et ben faisons le chialer en lui disant qu’il n’est pas un si mauvais garçon que ça !)
Graphiquement, nous avons ici un superbe manga, où les personnages sont travaillés, divers et variés, et auxquels les décors n’ont rien à envier…C’est du travail d’orfèvre !
C’est surtout une œuvre très fluide à lire, ce qui est très appréciable !! Encore une astuce qui rapporte gros: tout ce qui est écrit en Japonais est traduit et légendé discrètement ! Merci ! :) Nan, parce que ça m'énerve les séries qui sont pas, ou mal, sous-titrées !!!
On peut sans trop de problème s’enfiler 2 mangas dans la même soirée. Seul l’ennui devient un obstacle sur la fin…
Concernant la note, malgré mes critiques initiales, je mets 4 étoiles, car les 2 tiers de la série sont quand même vraiment bien. Cependant, et contrairement à certain(e)s, l’idée de mettre 5 étoiles ne m’a jamais effleuré l’esprit.
Malgré cette bonne note, je ne conseille pas l’achat, car, après avoir emprunté cette série, je n’ai pas du tout envie de l’acquérir. La longueur n’aide pas, c’est une série qui, au total, est onéreuse, et si la toute fin était de meilleure qualité, ça aurait pu se discuter, mais là…Je ne pense pas la relire un jour.
Bref, une très bonne série sur la plupart des tomes, mais pas culte.
(130)
Gringos locos
J'ai beaucoup aimé cet album, et je déplore un peu la polémique qui entache sa réputation, même si je le conçois, elle lui a fait pas mal de pub aussi. Donc cette série relate un épisode très intéressant, pour tout amateur de BDs (et pas forcément que pour les intégristes de la BD classique franco-belge). Franchement, le scénario est très agréable à lire, c'est rigolo, frais, ça ne se prend pas au sérieux et on y voit nos auteurs favoris sous une facette différente (que je ne trouve pas aussi déplaisante que ce que tout le monde s'accorde à le dire, ça les rend juste plus humains). Peu importe que le scénario s'éloigne de la vérité. Yann est scénariste de BD, et je trouve tout à fait normal et respectable qu'il arrange les évènements comme ça lui semble être mieux pour en faire un récit passionnant comme il nous propose ici. Néanmoins, les litiges entre les auteurs et la famille de Franquin/Jijé fut une bonne chose, ça nous a permis d'avoir l'interview et le droit de réponse de la famille en fin d'opus, ce qui comblera notre attente de "renseignement documentaire" (même si malheureusement, je trouve que ce droit de réponse ressemble à un règlement de compte, on y sent pleinement l'amertume des proches des auteurs). Enfin, le seul reproche que je fais au scénario, c'est que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus drôle, mais il reste quand même excellent. Le dessin de Schwartz est juste magnifique, il mériterait à lui seul 5 étoiles. L'influence ligne claire/classique de la BD de Marcinelle est superbement digéré pour avoir un dessin moderne, à l'encrage sûr et aux couleurs chatoyantes... Un régal ! J'espère que la suite arrivera le plus vite possible dans nos rayons.
Le Cadavre et le Sofa
Pour mes appréciations de BDs, ce qui a le plus le poids, c'est l'histoire. Lorsqu'une BD possède un bon scénario mais un dessin plutôt médiocre, je la noterais mieux qu'une BD au dessin exceptionnel mais à l'histoire vraiment naze. Cependant, lorsque le scénario est bon, mais que le dessin le surpasse largement, j'accorde un bonus dans ma note. Et c'est ce qui se passe lorsque je donne un 4/5 à "Le cadavre et le sofa", c'est pour remercier l'auteur de m'avoir fait passer un merveilleux moment en regardant les planches, disons-le, magnifiques de son album. Tony Sandoval, je connaissais son travail de réputation, mais après avoir lu cet album, je vais m’intéresser de près à ce qu'il fait, car son style est vraiment magnifique. Il y a deux styles graphiques bien distincts dans l'album ; des planches avec une magnifique colorisation informatique, avec des personnages aux traits ronds, aux expressions très caricaturées et un encrage pas très franc ; l'ambiance donnée par ces planches à l'album est une réussite. Et puis, aléatoirement, il y a des planches beaucoup plus lâchées, anguleuses, hachurées, fourmillant de mille traits, en bichromie, avec un encrage plus appuyé et des perspectives et proportions moins précises. Si vous aimez les dessins soignés, recherchés qui vont vous happer dans le récit, je vous conseille "Le cadavre et le sofa" qui en plus d'un dessin exceptionnel, n'a pas une histoire mauvaise. Elle m'a juste paru plus classique, l'album parle de mal de vivre, d'amour adolescente pendant l'été... La mort d'un camarade des héros et l’omniprésence de son cadavre rajoute une touche de glauque à cette jolie fable, mais ce n'est pas vraiment malsain. Bref, une réussite (essentiellement graphique, mais une réussite quand même) !!!
Walking Dead
Longtemps assimilé à la sous-culture popcorn US, le genre zombie, cette branche du fantastique a proliféré dans les domaines du cinéma, du jeu vidéo et de la BD. Et pourtant, le cinéaste Georges Romero, héritier de la culture contestataire des années 60, depuis sa cultissime « Nuit des morts-vivants » et les suites qui en avaient découlé, avait justement utilisé les zombies pour dénoncer le système consumériste de nos sociétés capitalistes. Avec Walking Dead, Robert Kirkman et Charlie Adlard transcendent le genre avec un format qui s’apparenterait plus au roman graphique qu’au comics typique à la Marvel, conférant à ses personnages (les vivants bien entendu…) une profondeur psychologique assez surprenante, aucun ne possédant les caractéristiques du héros classique. Le personnage central, Rick Grimes, censé endosser cette position, a lui-même ses failles et ses zones d’ombre. Si le trait, nerveux, est assez classique, il est toutefois bien adapté à ce « survival horror comics », dont le scénario, très bien construit est si captivant qu’on oublie totalement que le dessin est en noir et blanc. Sur le plan de la mise en page et du cadrage, rien à dire, c’est parfait. Les personnages sont attachants et bien campés psychologiquement, ce qui, on pourrait le concevoir, est la moindre des choses face à des hordes de zombies hargneux et décervelés ! On se dit que décidément, les Ricains sont toujours très forts en la matière. Le récit est émaillé de multiples rebondissements mais le dosage entre scènes d’action et scènes plus calmes est équilibré, De façon générale, à peine a-t-on déposé le livre qu’on a déjà envie de le rouvrir pour découvrir la suite. Certaines scènes sont dignes de l’Enfer de Dante, et même si faire peur n’est pas le but premier des auteurs, certains risquent tout de même de faire quelques cauchemars… Mais cela serait oublier le vrai talent du dessinateur qui reproduit avec réalisme et sensibilité les différentes attitudes des personnages, sachant révéler avec justesse leurs états d’âme d’un simple coup de crayon… car la saga est aussi et surtout une aventure humaine, où les auteurs explorent les recoins de l’âme humaine, des plus nobles aux plus sombres. Avec cette question lancinante : jusqu’où peut-on aller pour assurer sa survie et celle de ses proches dans une situation difficile ? Pendant une bonne partie de la série, aucun indice n’est fourni sur les raisons d’une catastrophe qui semble avoir touché le monde entier. Inutile d’allumer le poste pour avoir des informations ou d’attendre d’hypothétiques secours, il n’y a plus rien, seulement la mort qui rôde et ses charognards sans sommeil. Depuis Romero, le genre zombie est un mythe qui correspond complètement au Zeitgeist de la fin du XXème siècle et est repris avec brio par les auteurs qui en font une espèce de télé-réalité sombre et post-apocalyptique, avec ses maillons faibles, où les valeurs de l’Occident, du tout confort, de l’hyperconsommation, du « fun of life », sont réduites en charpie… Un mythe qui ne peut que fasciner, lié aux grandes épidémies et à la terreur qu’elles suscitent, de la Peste noire au Sida, en passant par la grippe espagnole… mais également au cannibalisme qui nous renvoie avec effroi à nos origines les plus primitives… Toute américaine qu’elle soit, cette œuvre n’a rien d’une production typique US avec ses « happy ends » et ses héros invincibles sortant indemnes de toutes les chausse-trappes. Elle réussit à briser quelques conventions, notamment celle du manichéisme poisseux hérité d’Hollywood. Et à bien des égards, je peux vraiment dire que j’ai été scotché par cette série, qui, en recourant à des procédés parfois « bourrins » ou trash dans la forme, ne s’interdit rien pour mettre à jour les aspects les moins glorieux de l’âme humaine. C’est peut-être ce que permet la BD par rapport au cinéma, car quand on compare à la série TV qui en a été inspirée, on voit bien que cette dernière, malgré ses qualités, a été largement édulcorée par rapport à l’œuvre originale, sans doute dans le but de toucher un plus large public. En résumé, Walking Dead est une bédé puissante, qui prend… aux tripes. C’est facile, je sais, mais c’est la meilleure définition…. 1. Passé Décomposé
2. Cette Vie derrière nous...
3. Sains et saufs
4. Amour et mort –
5. Monstrueux
6. Vengeance –
7. Dans l’œil du cyclone -
8. Une vie de souffrance
9. Ceux qui restent
10. Vers quel avenir ?
11. Les Chasseurs
12. Un monde parfait
13. Point de non-retour
14. Piégés !
15. Deuil et espoir
16. Un vaste monde
17. Terrifiant
18. Lucille...
19. Ezéchiel
20. Sur le sentier de la guerre 
La Belette
Oh le bel ouvrage .... La lecture du second "immanquable" de Comès m'apporte la confirmation sur son talent. Les villages ardennais, les vieilles croyances, les sorciers et les curés, les gens de la ville, l'apparition du progrès ... Les thèmes déjà vus dans Silence sont ici encore présents, mais dans une forme assez différente, se concentrant non plus sur un seul personnage mais sur plusieurs. Le dessin est toujours aussi bon, dans un sublime noir et blanc, où les gens apparaissent, peut-on dire, tels qu'ils sont intérieurement ? Ce qui expliquerait le taux de laideur. Mais que dire des paysages ! A ceci se rajoute le scénario, prenant jusqu'au bout, haletant, très bien mené. L'histoire se dévoile petit à petit, sans grosse révélation brutale. Ici tout se passe doucement, en finesse. A l'image de ce village où la vie est lente, le scénario se déroule petit à petit, pour notre plus grand plaisir. Et Didier Comès ne se prive pas de rajouter en sus de superbes critiques, dans un peu tous les sens, sans pour autant altérer la qualité du récit. Un beau plus. Et puis surtout, la justification de ma note, le plus qui permet d'ajouter le 4/5, c'est bel et bien l'atmosphère de ce récit. L'ambiance rustique (très bien retranscrite, si vous avez déjà vécu dans un village c'est assez semblable), le caractère des gens, les dialogues, le cadre naturel, l'ambiance de ces vieux cultes et de ces sorciers. Une réussite totale. Ce récit est une véritable perle. Pleine de qualités (même si on peut lui reconnaitre des défauts, mais quelle BD en est exempte ?), pleine de charme, prenante, cette BD a tout pour plaire, et m'a conquise. La sorcellerie marche encore, même à travers du papier et de l'encre. Un 4/5 à la fois pour la BD, mais aussi pour son auteur et mon coup de cœur du moment
Batman - Sombre Reflet
Je suis toujours dans ma quête initiatique de Batman suite au relaunch DC. Je profite donc du bon travail éditorial d'Urban Comics pour découvrir Sombre Reflet qui s'avère être une très bonne histoire du Dark Knight. En passant, le petit rappel des protagonistes de l'histoire au début du livre est plutôt le bienvenu, ça permet au néophytes comme moi de s'y retrouver et de ne pas galérer pour bien cerner les personnages. Au scénario, Scott Snyder (qui paraît-il est la nouvelle star des comics) nous livre une histoire sombre, bien ficelée, bien prenante ! Ici, Batman n'est pas incarné par Bruce Wayne, mais par Dick Grayson qui est le tout 1er Robin (ne vous inquiétez pas, c'est expliqué par le rappel au début du livre). Je le trouve plutôt crédible d’ailleurs dans le rôle de Batman. La 1ere intrigue sera un prétexte pour amener l'intrigue principale, ou la famille du commissaire Gordon est très impliqué ! Présent sur la couverture du tome 2 (quelle couv' d’ailleurs !) le Joker n'aura finalement qu'un rôle plutôt court quoiqu'assez intense. J’étais presque un peu déçu, mais on peut pas avoir le Joker au centre de toutes les histoires de Batman, ça deviendrait lassant. Rassurez vous, les méchants sont très sympa dans Sombre Reflet (J'essaye de pas trop Spoiler, mais c'est pas évident). Une histoire en tout cas qui nous garde en haleine jusqu'au bout. Le dessin de Jock et Francavilla est plutôt bon, ce qui ne gâche rien au plaisir que l'on a en lisant ces 2 tomes.
Saison brune
Quelle claque ! Et quelle déprime en même temps… J'ai trouvé dans cette "Saison Brune" et dans son auteur Philippe Squarzoni le parfait écho de ma sensibilité, de mon optimisme et de mon pessimisme en matière d'environnement, de réchauffement climatique, de petites solutions individuelles indispensables mais quasi vaines et de grands bouleversements socio-économiques nécessaires mais utopiques. Le constat dressé ici est tiré de tout un tas d'ouvrages que l'auteur a lus afin de se cultiver en la matière lorsqu'il a dû écrire le chapitre "environnement" de Dol. Il entremêle habilement statistiques, interviews, réflexions personnelles et souvenirs d'enfance ce qui évite la lassitude par un rythme de lecture tout sauf monotone. Servie par un dessin en noir et blanc clair, sobre et efficace, cette "Saison brune" tente de nous ouvrir les yeux sur le côté quasi inéluctable de la catastrophe climatique qui nous attend si nous continuons à vivre comme nous le faisons, tout en faisant en même temps la triste démonstration que, vue la mentalité des individus qui dirigent le monde, on va droit dans le mur et que c'est uniquement quand on se sera encastré dedans qu'on (qu'ils) se décidera (se décideront) à faire quelque chose, contraints et forcés, donc trop tard. La notion de rétroaction évoquée dans un des chapitres du livre est assez effrayante, c'est à dire qu'à un moment donné, c'est la nature elle-même qui va contribuer à l'augmentation de la production des gaz à effet de serre, du fait de la fonte des glaciers ou de la calotte polaire, de la disparition de certains courants marins ou de l'augmentation de la température des océans par exemple. Dans un sens la nature a bien raison de se venger ainsi, mais peut-on laisser à nos enfants et aux générations futures un tel héritage ? Et que penser des conséquences sur les inégalités dans le monde ? L'écart va encore s'aggraver, les plus riches sauront sans doute s'adapter un minimum, mais leur mode de vie inconscient causera encore plus de souffrances chez les plus pauvres, cette partie de l'humanité déjà bien mal lotie. Comme le dit Philippe Squarzoni, il y a de quoi devenir schizophrène ! Qui, même l'écologiste le plus convaincu, accepterait de vivre dans les conditions qui seraient nécessaires au désemballement de la machine ? Au niveau individuel, et selon la personnalité de chacun, on est tiraillé entre l'envie/le besoin d'un minimum de confort et le sentiment que chaque écart de conduite est un grain de sable qui vient s'ajouter à ce tas sur le point de s'écrouler sous son propre poids. Et puis on finit invariablement par se dire "A quoi bon ? A quoi bon faire quelque chose dans mon coin ? Ca me donne bonne conscience et après ? Si ça reste individuel et ponctuel, ça ne suffit pas." Cette BD ne se lit pas, elle se dévore malgré soi et malgré sa noirceur et son pessimisme. Certaines notions sont abordées et ré-abordées comme pour mieux imprégner notre cerveau et lui faire bien prendre conscience de la gravité de la situation. Bien que certains passages d'interviews soient parfois un peu longuets, le contenu est tellement intéressant qu'on reste scotché aux propos malgré tout. Je me dis que le chapitre sur le nucléaire aurait trouvé un sacré complément si le livre avait été terminé 3 ou 4 mois plus tard, Philippe Squarzoni aurait certainement évoqué le désastre de Fukushima ! Si vous n'avez pas peur de voir la vérité en face et d'égratigner votre bonne conscience, lisez ce documentaire, il est édifiant autant qu'instructif ! Il faudrait également songer à le distribuer à tous les grands de ce monde, politiques ou grands patrons, mais je pense malheureusement que seul un état d'esprit déjà ouvert sur le sujet peut y être sensible avant l'impact et c'est bien ça le problème.