Les derniers avis (32079 avis)

Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série L'Oeil privé
L'Oeil privé

Voici un titre atypique qui ne m’aurait surement jamais interpellé sans les récentes publications des éditions Cornelius et du design de leur site par Blexbolex et son graphisme étrange qui rappelle le fauvisme de Matisse dont il se veut un héritier direct. Mais pour l’heure il s’agit d’un livre publié il y a quelques années déjà par les Requins Marteaux et le bouquin interpelle dès que j’ai eu le malheur d’y mettre les mains dessus… Cartonné, pages jaunies, vraiment une belle réalisation avec des dessins et une couverture rappelant fortement les dépliants publicitaires des années 50, ce bel objet attire et attise directement les regards… Pourtant l’histoire de ce privé dont on ne saura jamais véritablement le nom embauché pour retrouver une employée disparue mystérieusement pour le compte d’un industriel milliardaire est d’une affligeante banalité. Ce qui l’est moins c’est le découpage en chapitres de 4 pages dont une faisant office de couverture avec légende en bas de page et le graphisme atypique de Blexbolex qui n’hésite pas à déformer et découper des graphismes ronds et allongés de 4 couleurs maximum. Sans jamais perdre le lecteur, ce sont les réflexions absurdes de ce privé décidément pas très doué et au fort relent d’un looser désorganisé qui subit les évènements plus qu’il ne les contrôle. Ce qui laisse entrevoir quelques gags de bon aléa dans cet univers dont on ne saisit pas toutes les clés mais dont le décalage des dialogues procure quelques moments de pure grâce… Après je veux bien croire que le graphisme soit plus proche d’illustrations arty que d’une véritable bande dessinée mais le résultat est imparable : la bichromie ou trichromie a du charme et on peut y trouver beaucoup de plaisir. Il est difficile d’analyser ce bouquin tant il peut attirer ou au contraire révulser le lecteur qui sera soit amusé soit hagard mais le style si atypique de Blexbolex a le mérite d’être unique et me donne envie de prolonger l’expérience au-delà de la fin de ce bouquin OVNI. Le découpage en chapitres sérialesques ne fait qu’accroitre le plaisir mais l’échange de conversations en langage fleuri des protagonistes vaut son pesant d’or également. Un petit bouquin à redécouvrir pour ceux qui aiment se promener en terre inconnue.

14/01/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Rural !
Rural !

Une BD que je voulais lire depuis que j'avais fini enthousiasmé Les ignorants du même auteur. Et j'avoue que j'ai très agréablement retrouvé l'ambiance et le type d'écriture de ces reportages en bande-dessinée. C'est agréable à lire, bien dessinée, et surtout très bien construit. Le propos est également bien cherché et bien travaillé, allégé par l'humour de Davodeau. Bref, c'est un must-have. Davodeau à choisi cette fois-ci de se pencher sur l'exploitation paysanne biologique, ce qui m'intéresse beaucoup, je l'avoue, étant assez sensible à cette question. Le point de vue n'est clairement pas neutre, il faut bien le reconnaitre, et Davodeau est très orienté contre l'autoroute (ce qui peut se comprendre) et à tendance à faire aussi un peu de sentimentale, ce qui oriente assez lors de sa lecture. Mais ce sont des petits détails comparés à l'idée directrice, et j'ai pris plaisir à voir évoluer au fil de l'année les installations agricoles de ces sympathiques paysans. Autant les récoltes que les bêtes et la façon de les traiter, tout comme la reproduction, où Davodeau glissera d'ailleurs une petite pique sur le procédé. Et le propos de l'autoroute permet de ne pas se lasser, puisque nous suivrons l'évolution progressive de l'installation de celle-ci, avec son tracé, ses contraintes, et tout ce qu'elle chamboule. Le propos à de quoi choquer d'ailleurs autour de la maison qui doit être détruite, et il y a de quoi s'offusquer lorsqu'on voit le côté malhonnête du rachat. Au final, j'ai trouvé la bande-dessinée très agréable et très sympathique, différente de Les ignorants, mais en même temps très proche. Le système de narration est vraiment un plaisir et je l'ai lu avec ce sentiment. C'est de plus une BD qu'ont peut facilement prêter à toute personne s'intéressant au sujet. A lire, et à acheter. Pour ma part je continuerais la bibliographie de l'auteur, c'est sur.

13/01/2013 (modifier)
Par dut
Note: 4/5
Couverture de la série Batman - Noël
Batman - Noël

Clairement, j'ai acheté cet album à cause des dessins ! Je ne connaissais pas Lee Bermejo, mais les visuels que j'avais sur le net m'avaient vraiment séduit ! Quelle claque graphique, c'est vraiment manifique ! Comme le dit 666Raziel, c'est un style "realiste dark", et moi je trouve ça vraiment réussi ! Je ne connais pas spécialement bien les contes de Dickens mais on comprend vite que la narration de l'histoire est celle de Scrooge et elle colle parfaitement avec cette histoire du Dark Knight, c'est une vrai bonne idée ! Ce comics repose clairement sur cette idée, car on peut dire que l'histoire qui est dessinée est assez basique, mais efficace malgré tout ! Une lecture très agréable, une vraie réussite visuelle, je sens que je vais me pencher un peu plus sur les œuvres de Lee Bermejo.

13/01/2013 (modifier)
Par cubiman
Note: 4/5
Couverture de la série La Survie de l'Espèce
La Survie de l'Espèce

D'accord avec ce qui a été dit précédemment. Deux ou trois détails à ajouter: Certains dessins sont très expressifs et accroissent ainsi l'humour (noir certes) du propos. La thèse altermondialiste présuppose toujours l'inégalité de chances et remonte à la nuit des temps trouver l'origine de cette inégalité, à savoir la loi du plus fort. Mais si l'homme se comporte ainsi, peut-être est-ce que cela fait partie de sa vie en collectivité. Il est amusant de noter que libéraux et altermondialistes renvoient à cette même idée. Qu'il faille réguler par la société, j'en suis convaincu, mais pourquoi n'avons-nous pas trouvé de solutions raisonnables? La lecture de cette BD conduit à raisonner avec les propos tenus par les auteurs, dont le propos est intelligent, intelligible, humoristique et subversif.

12/01/2013 (modifier)
Par daggerman
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Magasin Sexuel
Magasin Sexuel

Je viens de terminer le diptyque "Magasin sexuel". Ca fait du bien, de temps en temps, de lire une histoire "franchouillarde"qui se passe dans la France profonde et qui tente de confronter une citadine du XXI siècle avec le maire d'une bourgade enraciné dans ses certitudes bornées issu directement du XIXème siècle. Autant le personnage d'Amandine est attachant que celui du Maire est "répugnant". Elle, une ravissante jeune fille : gentille, douce et sans méchanceté aucune. Lui un homme arriéré, franchement stupide et borné. J'ai apprécié le quiproquos de la relation qui se noue entre le maire et Amandine tout au long des deux tomes (avec les deux point de vue respectifs). Ici le "magasin sexuel" est plus un prétexte et un artifice humoristique et décalé pour mettre en place la confrontation de deux mondes que tout oppose. Je dirais qu'il s'agit ici d'une fable sociologique bien ficelée. Turf réalise là un diptyque de très bonne qualité avec son trait bien caractéristique que personnellement j'adore, il est aussi un des rares dessinateurs à mettre haut en couleur ses cases. Ce qui est un ravissement pour mes pupilles. Les fans de Turf vont adorer et pour ceux qui ne connaissent pas je les invite à découvrir l'imaginaire Turf.

12/01/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série 20 ans ferme
20 ans ferme

Ce genre d'album peut être mal interprété, je pense. Certains (les plus obtus) y verront une remise en cause de la punition des crimes et délits en France. Et même si plusieurs philosophes ont déjà écrit des textes qui sont contre l'utilisation de la prison, ce n'est pas le message de l'album (de toute manière le système carcéral est bien trop ancré dans la société pour qu'il puisse changer de forme, à mon avis). Non cet album remet en cause la partie abusive du système carcéral : développement de la haine du prisonnier envers la société, aucun effort pour le réinsérer à sa sortie, traitements inhumains administrés par la hiérarchie des établissements, l'insalubrité des lieux, le manque d'intimité, l'accès difficile à la culture et à l'éducation et tant d'autres... Personnellement, je savais qu'en France, on n'avait pas à être particulièrement fier de nos prisons (le taux de suicides de prisonniers le prouve), mais je ne pensais pas qu'à ce point là, la prison pouvait être un endroit où la loi est quasiment "abolie". Alors certes, on peut ne pas toujours être d'accord avec le comportement du personnage principal, Milan, prisonnier certes intelligent, mais aussi très violent, cependant, l'album nous montre sa longue plongée en enfer, et personnellement cette histoire m'a touché, m'a ému, même si je ne cautionne pas tous les messages que véhicule l'album. Le dessin, lui n'est pas exceptionnel, mais est bon pour ce récit ; assez brut et peu dégrossi. Pour moi, c'est une BD à lire, peu importe ce qu'on peut penser des prisons en France.

11/01/2013 (modifier)
Couverture de la série Wafwaf & Captain Miaou
Wafwaf & Captain Miaou

J'ai un avis assez proche des précédents. C'est une bd très sympathique. Si vous la croisez à la médiathèque prenez la sans hésiter. Le contenu est assez étonnant, c'est loufouque et drôle. Le dessin est peut être un peu trop gras pour moi par moments, mais il est beau.[EDIT : c'était surtout l'édition que j'avais. J'ai acheté d'occasion sous un autre format (plus petit) et les dessins ont un bien meilleur rendu] Le défaut à mon sens est sur les scénarios, certes bien goupillés, mais qui sont courts et manquent un peu de longueur consistante avec quelques envolées. L'univers m'a un peu fait penser à la série Donjon Zenith et Donjon Parade. Ensuite il y a quelques passages épiques qui m'ont bien fait marrer, et rien que pour ça, cette bd mérite sa lecture.

11/01/2013 (modifier)
Par dut
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)

J’étais un fervent lecteur de Picsou magasine étant enfant, mais bizarrement, je n'avais aucun souvenir d'histoire de la jeunesse de Picsou par Don Rosa. Je profite donc de la réédition des aventures de Picsou par Glénat. C'est simple, La jeunesse de Picsou, c'est de l'aventure ! Quel plaisir de découvrir comment Picsou a obtenu son 1er sou fétiche, comment il a rencontré pour la 1ere fois les Rapetou, son ennemi Gripsou, comment il a dégoté sa vieille redingote, son chapeau haut de forme, etc. Don Rosa a fait un travail énorme de cohérence pour que tout soit crédible avec les récits de Carl Barks. Les explications de Don Rosa entre chaque chapitre sont un vrai plaisir ! Beau travail éditorial de Glénat. Tout y est, de l'aventure, des voyages aux 4 coins du globe (de l’Écosse, en passant par le Mississippi, le Far West, l’Australie ou encore l’Afrique du sud). Les histoire sont bien rythmées, j'avais peur de trouver ça un peu enfantin, mais pas du tout, même un adulte peut se mettre à Picsou ! Les dessins sont excellents, ça fourmille de détails (j'avoue ne pas avoir cherché les easter-eggs mis dans chaque chapitre par Don Rosa). J'attends la suite avec impatience !

11/01/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Pleine lune
Pleine lune

Cette BD est particulière. Le protagoniste est détestable au possible (raciste, misogyne etc.), ce qui semble avoir dérangé certains lecteurs. C’était pourtant le but de l’auteur : dresser le portrait d’un personnage horrible, puis au travers d'une série de situations plus loufoques les unes que les autres, le mettre face à ses pires cauchemars et préjugés. Malgré des personnages et situations un peu clichés j’ai trouvé cette course en avant vraiment hilarante, à chaque fois qu’il se tirait du pétrin j’attendais l’obstacle suivant avec impatience. Lors de la lecture on se dit que l’auteur y va fort, et que notre antihéros n’a vraiment pas de bol, mais la fin vient nous expliquer cette avalanche de malchances… bien vu ! Un bon moment de lecture.

11/01/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il était une fois en France
Il était une fois en France

Quelle série. C'est pour le moment ma plus belle lecture depuis longtemps. Graphiquement c'est irréprochable, un style semi réaliste un peu arrondi qui sied à merveille à cette histoire. Les protagonistes principaux sont reconnaissables, la dynamique et le rythme sont très bons, et mis à part le premier tome qui multiplie un peu les flash back sans crier gare (mais on s'y fait), la narration est excellente. Je ne vais pas faire ici un nouvel avis reprenant le scénario, ça a été fait de multiples fois plus bas. Cette série mi-documentaire, mi-fictive prend pied dans le terreau d'une période sombre, celle de la seconde guerre, de l'occupation et de la relation ambigüe des autorités françaises avec le Reich, relation ambigüe qui s'étendait de fait jusqu'aux industriels et hommes de peu. Outre ce récit tiré d'un personnage réel, revient la question du silence, de la complicité du peuple français. Et chacun de nous de nous interroger également sur ce que nous aurions fait, sur ce qui est bien ou pas. Le personnage de Joseph est à ce point ambigu qu'il abandonne sa famille pour l'appât du gain mais vu son passé cela en fait-il pour autant un mauvais homme, qu'il sauve des résistants dans un but de réhabilitation n'enlève pas le fait qu'il les ait sauvé..... Que lui, petit juif analphabète ait pu survivre et s'enrichir au su de tous à cette époque nous laisse un goût bizarre dans la bouche, entre admiration et dédain. Et c'est bien cette complexité dans ce personnage et ses actions qui amène ce double ressenti. Et in fine, nous ramène nos propres parts d'ombre et les compromissions que l'on accepte, quelle qu'en soit la finalité. Et finalement, on débouche sur ce bras de fer entre deux hommes qui lâchent toute morale au nom de la leur, qui abandonnent tout, y compris leurs enfants, pour ne pas tomber, autant par orgueil que par une nécessité qui nous échappe. Très grande série, qui mérite vraiment de figurer dans toutes les bibliothèques, qui nous force à nous interroger sur nous même, qui relance notre intérêt pour une période sombre, bref du grand art. Comme le dit l'auteur en petite préface, il mélange le documentaire, la fiction et finalement, le tome 6 fermé, on en vient à regretter ne pas savoir ce qui est fictif et dans quelle mesure surtout.

11/01/2013 (modifier)