Nouvelle BD de Simon Hureau, et nouveau coup de cœur. J’avais énormément apprécié son dernier album Intrus à l'Etrange (d’ailleurs récompensé à Angoulême en 2012). « Le massacre » m’a de nouveau enchanté.
L’intrigue est remarquablement construite. Elle débute par une bête vente aux enchères lors de laquelle un trophée de chasse est vendu pour une somme mirobolante… puis la narration nous ramène dans le passé pour nous expliquer l’incroyable histoire de cet objet pourtant assez commun. Pour ce faire on part au Cambodge, et on fait la connaissance de divers personnages dont la vie se mêle à l’Histoire troublée de ce pays. Découvrir tous les aboutissements de cette « intrigue » est absolument jubilatoire, quelle aventure ! L’histoire est assez dense, et les planches parfois un peu chargées en texte, mais cela n’affecte pas du tout la fluidité ou le plaisir de lecture.
J’adore le dessin de Simon, il fourmille de détails, et représente superbement les jungles cambodgiennes.
Si je devais faire un petit reproche, je dirais juste que je ne vois pas trop l’utilité des deux dernières planches, qui semblent servir de conclusion ou de « bonus ». Je ne les ai pas trouvées extraordinaires. M’enfin, rien de bien grave.
Un album indispensable selon moi, et mon premier coup de cœur 2013 !
Kris et Vincent Bailly, deux auteurs que j'affectionne et dont j'apprécie le travail, reprennent du service ensemble pour l'adaptation d'un des grands classiques de la littérature française : cool !
En même temps c'est le genre de défi qui peux se révéler casse-gueule tant les gens vous attendent au tournant pour ce genre de "sacrilège".
Rassurez-vous, je ne serai pas de ceux-là, car moi et la littérature classique imposée, ça fait deux. Grand lecteur, oui, mais j'ai toujours revendiqué le droit de choisir mes lectures, quitte à me planter ou à passer à côté de certains monuments malgré des appels du pied (trop) insistants. Du coup : pas de comparaison avec l'original pour ce qui me concerne, j'attaque un diamant brut.
Un grand merci donc, pour commencer, de m'avoir permis de découvrir ce fameux "Sac de billes" et ce, de la plus belle des manières. Deux tomes soignés et efficaces qui retracent le parcours chaotique mais ingénieux de ces deux gosses juifs laissés plus ou moins à eux même en France sous l'occupation Allemande. Mais loin de tomber dans le pathos ou de tirer les ficelles classiques d'une tragédie grecque, le récit s'attache ici à l'énergie, la vie et l'intelligence de ces deux frangins qui vont traverser ce conflit plus ou moins sans encombre.
Kris réussit en deux tomes à faire de ce roman un récit initiatique puissant, qui tout en distillant une certaine fraicheur et légèreté dans ce contexte, impose également questionnement et réflexion.
Le travail de Vincent Bailly ajoute encore à ce sentiment. Son coup de patte si particulier et vivant, allié à sa palette de couleurs intenses donnent à Maurice et Jo l'éclat et l'énergie que leur jeunesse dégage. Le sud de la France vibre sous la chaleur de ses planches !
Bref, du tout bon, tant pour ceux comme moi qui ne connaissaient pas ce roman autobiographique, que pour les autres qui auront déjà mis leurs pas dans ceux de la jeunesse de Joseph Joffo.
Ah ba voilà de la bonne SF en BD !
Un peu refroidi et perplexe devant les avis si partagés que j'avais pu lire à droite à gauche sur cette série lancée à grand renfort de com' par Delcourt, c'est avec une certaine curiosité que je me suis attaqué à cette lecture...
Fan du genre, on pourrait partir gagnant d'avance ; c'est sans compter sur une plus grande attente et exigence que ma connaissance de ce domaine sous-tend. Et avec Serge Lehman à la plume je reste vigilant : un énorme talent et des idées plein la tête ce gars là, mais parfois ça se bouscule un peu trop (Le dernier tome de La Saison de la Couloeuvre réalisé avec Jean-Marie Michaud m'avait assez déconcerté et certains points me sont restés assez obscurs...).
Mais là, j'ai trouvé ça (pour l'instant ;) ) limpide, et son association avec Stéphane Créty est juste parfaite. L'adéquation entre l'idée de ce Paris néo-futuriste et son rendu graphique est parfaite ! Personnages et décors dégagent et composent cette ambiance si particulière qui fait la force de cette série.
Et Stéphane Créty a du talent et de l'énergie à revendre ! Composition musclée et dynamique, rythme et fluidité, le tout allié à un sérieux coup de patte semi réaliste : ça fait plus que tenir la route !
Ajoutez à cela ce fonds de Mystère que Paris seul sait inspirer et vous avez de quoi vous régaler avec une série haute en promesses et en action.
Il ne reste plus qu'à patienter encore un tout petit peu pour transformer l'essai avec les 2 derniers tomes qui ne vont plus tarder...
A suivre donc...
Puisque la BD m’a donné envie de lire le roman original de Stefan Wul, personnellement je pense que le pari de cette adaptation est réussi ! D’autant plus que j’avoue ne pas être attirée, au départ, par la science-fiction…
Le découpage, selon moi, est parfait. J’ai été fascinée par les illustrations singulières d’Olivier Vatine, avec une mention coup de cœur pour les scènes de l’enfant avec l’ours, très touchantes. Les couleurs m’ont vraiment accrochée : après le « bleu Chagall », j’ai découvert le « bleu Vatine » (ou plutôt le « bleu Rabarot ») !
Une histoire incroyablement atemporelle… Vivement le tome 2 ! En attendant, je vais me pencher sur Piège sur Zarkass, qui paraît aujourd’hui dans la même collection sur « Les Univers de Stefan Wul ». Ces adaptations promettent de devenir culte, merci à Olivier Vatine d’avoir rouvert ce pan de l’Histoire de la S.-F. !
Cette BD pourrait devenir culte mais on pourra le dire une fois que tout sera sorti.
Le dessin est franchement de haute qualité comme souvent chez Olivier Vatine, mais pour moi c'est son ouvrage le plus abouti. Les têtes de chapitres en plus d'être de toute beauté, donnent une belle dynamique à l'ensemble et offrent un découpage qui n'est pas commun dans la BD.
Je la conseille vivement.
Bonne lecture à tous.
Ce diptyque, adapté du roman de Joseph Joffo, raconte la fuite d’une famille française juive lors de l’occupation nazie. Le sujet est un peu éculé, certes, mais toujours intéressant et édifiant. Certains passages ont une force narrative inouïe, comme cette toute première scène en début de tome 1.
J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ces deux enfants sur la route, les voir grandir beaucoup trop vite, échapper aux rafles, puis s’organiser et dénicher des combines pour se faire de l’argent. On découvre par ailleurs le quotidien de la population pendant l’occupation allemande, le background historique est donc intéressant.
Je n’ai pas lu le roman, mais l’adaptation semble réussie. L’auteur évite les erreurs classiques de ce genre d’exercice (passages trop chargés en textes, coupures rendant l’histoire incompréhensible) et le dessin élégant de Vincent Bailly apporte vraiment un plus. L’édition est magnifique, comme toujours chez Futuropolis.
La fin surprend, et ne verse pas dans le dramatique larmoyant souvent associé à ce genre d’histoire. Bref, un moment de lecture agréable et instructif.
Ah bon ?! C’est ça Tchernobyl ? C’est la réaction que j’ai eue en terminant la lecture d’ « Un Printemps à Tchernobyl ». En effet, un peu comme Emmanuel Lepage avant qu’il ne parte et comme la plupart de mes compatriotes, cette ville est pour moi synonyme de cimetière radioactif et de zone de non droit où les animaux et les hommes se mettent à avoir des déformations à tout va et où la moindre promenade dans ce lieu se solde systématiquement par la présence d’un cancer de la thyroïde ou autres...
Ce que je viens d'écrire, ce n’est pas faux mais c’est fortement exagéré au vu du séjour sur place d’Emmanuel Lepage.
C’est un témoignage intéressant et très instructif sur la vie quotidienne des habitants des environs de Tchernobyl que nous propose Emmanuel Lepage. Captivant parce que l’auteur raconte son séjour avec honnêteté, il n’hésite pas à casser les stéréotypes qu’on se fait de Tchernobyl : alors, oui, il y a de la vie là-bas ! Oui, il y a -ce qu’on peut dire- une explosion de couleurs et non de la grisaille partout ! Oui, les gens et en particulier les jeunes ukrainiens débordent de joies et apparaissent optimistes sur leur avenir ! Oui, il y a des gens qui travaillent là-bas même si la ville en elle-même est vidée de ses habitants ! Certes, la radioactivité est présente mais l’être humain est d’une telle insouciance et d’une telle combativité qu’il en oublie ces problèmes. Dès lors, Emmanuel Lepage en travers son témoignage m’a délivré paradoxalement un gros message d’espoir alors que l’on sait bien que des milliers ukrainiens sont morts des suites de ce drame !
Je pense que vous avez compris mon ressenti sur ma lecture d’ « Un Printemps à Tchernobyl » : passionnant à tel point que je n’ai pu décrocher du livre qu’au dénouement. Après, est-ce que j’ai ressenti beaucoup d’émotions en lisant cette bande dessinée ? Non et franchement, je ne vois pas pourquoi Emmanuel Lepage nous en aurait mis au risque de dénaturer son récit en livrant une (ou plusieurs) séquence(s) qui ne nous aurai(en)t pas exprimer son vrai ressenti lors de son séjour là-bas.
Je suis impressionné par la beauté des planches d’Emmanuel Lepage étant donné les difficultés de santé qu’il a éprouvées pendant une bonne période de sa vie. J’ai apprécié son parti-pris de mettre de plus en plus de couleurs au fil des pages : C’est une façon de nous dire que plus il restait parmi la population locale, plus il ressentait leur joie de vivre et plus il « voyait » bien que l’atmosphère des lieux était plus « vivante » qu’il ne le pensait lors de son départ de France.
« Un printemps à Tchernobyl » est une bande dessinée qui m’a captivé, passionné et instruit. C’est un témoignage d’Emmanuel Lepage qui a su effacer tous les stéréotypes que je me faisais de Tchernobyl. Rien que pour ça, c’est un album que je n’hésiterais pas à prêter aux personnes qui souhaitent s’intéresser davantage à cette catastrophe. Paradoxalement, je ressors optimiste de ma lecture de ce livre parce que l’auteur y a mis en avant la bonté des Ukrainiens et la volonté des habitants (en particulier les enfants) de la région de croire en leur avenir.
Bizarre, beaucoup d’avis sur le tome 1, mais rien depuis la parution du tome 2. Moi j’ai découvert ce diptyque une fois les 2 tomes parus, et j’ai passé un excellent moment de lecture.
Je traverse une période « histoire guerrière » dans mes lectures… je me gave de BDs (et films, séries télé etc.) sur la première et seconde guerre mondiale. « Amère patrie » se démarque de la myriade de BDs sur le sujet en parlant non seulement de la Grande Guerre, mais aussi de l’avant-guerre et de l’après-guerre.
Le premier tome suit deux personnages qu’à priori rien ne rapproche, mais qui finiront par se retrouver dans les tranchées. Cette partie de l’histoire présente la vie en France et en Afrique (Sénégal) de l’époque, et montre la lente déstabilisation de l’Europe.
Le second tome montre le conflit même, mais finalement assez succinctement, avant de s’intéresser à l’après-guerre, et en particulier au calvaire des familles de soldats exécutés pour soi-disant trahison ou lâcheté au combat (difficulté pour une femme de trouver un emploi, enfants battus à l’école etc.) On suit son long et poignant combat pour faire restaurer l’honneur du nom de sa famille.
Par contre je trouve que ce 2eme tome a des petits soucis de rythme. Tout semble s’enchainer trop vite, comme si l’histoire était prévue en 3 tomes, avant d’être raccourcie… je me trompe peut-être, mais c’est vraiment l’impression que j’ai eue en lisant cet album.
Bon, rien de bien grave… Un diptyque intéressant, que je conseille aux amateurs du genre.
Je n'avais pas vu le premier album à sa sortie, mais ç'aurait été dommage de passer à côté...
En effet, Olivier Berlion, en passe de devenir l'un des meilleurs auteurs de polars en BD, s'associe à Antonin Varenne pour concocter un scénario de polar contemporain, dynamique et accrocheur. Il y a cette figure de costaud au coeur d'artichaut, cet homme dont le quotidien morne est rythmé par son travail aliénant aux Chantiers de l'Atlantique, et qui un jour voit ce train-train basculer dans le fait divers. Naïf, il va offrir à cette jeune femme dont il ne sait rien son aide, s'embarquant dans une cavale dont il risque de ne jamais revenir... Face à lui donc, cette nana qui semble faire partie du réseau ETA, qui essaie de survivre en acceptant des coups foireux, et qui décide de doubler ses commanditaires. La poursuite s'engage...
Une trame relativement simple, même si les auteurs s'attachent à nous donner un récit dense (forcément, il est bouclé en deux tomes), assez fluide pour être dévoré. Le deuxième tome n'est pas en reste, proposant une trame centrée sur l'action, et qui nous fait voyager jusqu'à Marseille, sur les pas de ces deux fuyards...
Il faut dire qu'aux pinceaux se trouve Olivier Thomas, au style graphique proche de celui de Berlion, et qui se montre rien moins que prodigieux ici. Acéré, collant à un découpage très accrocheur, son dessin procure à ce récit une noirceur et une présence dignes des meilleurs.
Même si la fin est somme toute assez classique, elle est suffisamment bien amenée et logique pour tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout, ou presque. J'adore.
L'histoire n'est pas là pour son originalité, je dirais même que c'est le postulat de départ de l'auteur. Ce postulat est d'autant plus souligné que le pirate, qui raconte sa vie ordinaire de pirate, ment à son auditeur pour la rendre un peu plus spectaculaire. La fluidité et la simplicité de l'histoire sont ses deux forces vives.
Les dessins sont beaux et s'inscrivent dans des constructions de planches très réfléchies, toujours impeccablement adaptées, originales et terriblement belles, ce qui les rend encore plus beaux.
On pourra en revanche reprocher la morale pirate un peu trop lisse à mon goût mais qui n'a rien enlevé à mon plaisir de lecture.
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Le Massacre
Nouvelle BD de Simon Hureau, et nouveau coup de cœur. J’avais énormément apprécié son dernier album Intrus à l'Etrange (d’ailleurs récompensé à Angoulême en 2012). « Le massacre » m’a de nouveau enchanté. L’intrigue est remarquablement construite. Elle débute par une bête vente aux enchères lors de laquelle un trophée de chasse est vendu pour une somme mirobolante… puis la narration nous ramène dans le passé pour nous expliquer l’incroyable histoire de cet objet pourtant assez commun. Pour ce faire on part au Cambodge, et on fait la connaissance de divers personnages dont la vie se mêle à l’Histoire troublée de ce pays. Découvrir tous les aboutissements de cette « intrigue » est absolument jubilatoire, quelle aventure ! L’histoire est assez dense, et les planches parfois un peu chargées en texte, mais cela n’affecte pas du tout la fluidité ou le plaisir de lecture. J’adore le dessin de Simon, il fourmille de détails, et représente superbement les jungles cambodgiennes. Si je devais faire un petit reproche, je dirais juste que je ne vois pas trop l’utilité des deux dernières planches, qui semblent servir de conclusion ou de « bonus ». Je ne les ai pas trouvées extraordinaires. M’enfin, rien de bien grave. Un album indispensable selon moi, et mon premier coup de cœur 2013 !
Un sac de billes
Kris et Vincent Bailly, deux auteurs que j'affectionne et dont j'apprécie le travail, reprennent du service ensemble pour l'adaptation d'un des grands classiques de la littérature française : cool ! En même temps c'est le genre de défi qui peux se révéler casse-gueule tant les gens vous attendent au tournant pour ce genre de "sacrilège". Rassurez-vous, je ne serai pas de ceux-là, car moi et la littérature classique imposée, ça fait deux. Grand lecteur, oui, mais j'ai toujours revendiqué le droit de choisir mes lectures, quitte à me planter ou à passer à côté de certains monuments malgré des appels du pied (trop) insistants. Du coup : pas de comparaison avec l'original pour ce qui me concerne, j'attaque un diamant brut. Un grand merci donc, pour commencer, de m'avoir permis de découvrir ce fameux "Sac de billes" et ce, de la plus belle des manières. Deux tomes soignés et efficaces qui retracent le parcours chaotique mais ingénieux de ces deux gosses juifs laissés plus ou moins à eux même en France sous l'occupation Allemande. Mais loin de tomber dans le pathos ou de tirer les ficelles classiques d'une tragédie grecque, le récit s'attache ici à l'énergie, la vie et l'intelligence de ces deux frangins qui vont traverser ce conflit plus ou moins sans encombre. Kris réussit en deux tomes à faire de ce roman un récit initiatique puissant, qui tout en distillant une certaine fraicheur et légèreté dans ce contexte, impose également questionnement et réflexion. Le travail de Vincent Bailly ajoute encore à ce sentiment. Son coup de patte si particulier et vivant, allié à sa palette de couleurs intenses donnent à Maurice et Jo l'éclat et l'énergie que leur jeunesse dégage. Le sud de la France vibre sous la chaleur de ses planches ! Bref, du tout bon, tant pour ceux comme moi qui ne connaissaient pas ce roman autobiographique, que pour les autres qui auront déjà mis leurs pas dans ceux de la jeunesse de Joseph Joffo.
Masqué
Ah ba voilà de la bonne SF en BD ! Un peu refroidi et perplexe devant les avis si partagés que j'avais pu lire à droite à gauche sur cette série lancée à grand renfort de com' par Delcourt, c'est avec une certaine curiosité que je me suis attaqué à cette lecture... Fan du genre, on pourrait partir gagnant d'avance ; c'est sans compter sur une plus grande attente et exigence que ma connaissance de ce domaine sous-tend. Et avec Serge Lehman à la plume je reste vigilant : un énorme talent et des idées plein la tête ce gars là, mais parfois ça se bouscule un peu trop (Le dernier tome de La Saison de la Couloeuvre réalisé avec Jean-Marie Michaud m'avait assez déconcerté et certains points me sont restés assez obscurs...). Mais là, j'ai trouvé ça (pour l'instant ;) ) limpide, et son association avec Stéphane Créty est juste parfaite. L'adéquation entre l'idée de ce Paris néo-futuriste et son rendu graphique est parfaite ! Personnages et décors dégagent et composent cette ambiance si particulière qui fait la force de cette série. Et Stéphane Créty a du talent et de l'énergie à revendre ! Composition musclée et dynamique, rythme et fluidité, le tout allié à un sérieux coup de patte semi réaliste : ça fait plus que tenir la route ! Ajoutez à cela ce fonds de Mystère que Paris seul sait inspirer et vous avez de quoi vous régaler avec une série haute en promesses et en action. Il ne reste plus qu'à patienter encore un tout petit peu pour transformer l'essai avec les 2 derniers tomes qui ne vont plus tarder... A suivre donc...
Niourk
Puisque la BD m’a donné envie de lire le roman original de Stefan Wul, personnellement je pense que le pari de cette adaptation est réussi ! D’autant plus que j’avoue ne pas être attirée, au départ, par la science-fiction… Le découpage, selon moi, est parfait. J’ai été fascinée par les illustrations singulières d’Olivier Vatine, avec une mention coup de cœur pour les scènes de l’enfant avec l’ours, très touchantes. Les couleurs m’ont vraiment accrochée : après le « bleu Chagall », j’ai découvert le « bleu Vatine » (ou plutôt le « bleu Rabarot ») ! Une histoire incroyablement atemporelle… Vivement le tome 2 ! En attendant, je vais me pencher sur Piège sur Zarkass, qui paraît aujourd’hui dans la même collection sur « Les Univers de Stefan Wul ». Ces adaptations promettent de devenir culte, merci à Olivier Vatine d’avoir rouvert ce pan de l’Histoire de la S.-F. !
Niourk
Cette BD pourrait devenir culte mais on pourra le dire une fois que tout sera sorti. Le dessin est franchement de haute qualité comme souvent chez Olivier Vatine, mais pour moi c'est son ouvrage le plus abouti. Les têtes de chapitres en plus d'être de toute beauté, donnent une belle dynamique à l'ensemble et offrent un découpage qui n'est pas commun dans la BD. Je la conseille vivement. Bonne lecture à tous.
Un sac de billes
Ce diptyque, adapté du roman de Joseph Joffo, raconte la fuite d’une famille française juive lors de l’occupation nazie. Le sujet est un peu éculé, certes, mais toujours intéressant et édifiant. Certains passages ont une force narrative inouïe, comme cette toute première scène en début de tome 1. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ces deux enfants sur la route, les voir grandir beaucoup trop vite, échapper aux rafles, puis s’organiser et dénicher des combines pour se faire de l’argent. On découvre par ailleurs le quotidien de la population pendant l’occupation allemande, le background historique est donc intéressant. Je n’ai pas lu le roman, mais l’adaptation semble réussie. L’auteur évite les erreurs classiques de ce genre d’exercice (passages trop chargés en textes, coupures rendant l’histoire incompréhensible) et le dessin élégant de Vincent Bailly apporte vraiment un plus. L’édition est magnifique, comme toujours chez Futuropolis. La fin surprend, et ne verse pas dans le dramatique larmoyant souvent associé à ce genre d’histoire. Bref, un moment de lecture agréable et instructif.
Un printemps à Tchernobyl
Ah bon ?! C’est ça Tchernobyl ? C’est la réaction que j’ai eue en terminant la lecture d’ « Un Printemps à Tchernobyl ». En effet, un peu comme Emmanuel Lepage avant qu’il ne parte et comme la plupart de mes compatriotes, cette ville est pour moi synonyme de cimetière radioactif et de zone de non droit où les animaux et les hommes se mettent à avoir des déformations à tout va et où la moindre promenade dans ce lieu se solde systématiquement par la présence d’un cancer de la thyroïde ou autres... Ce que je viens d'écrire, ce n’est pas faux mais c’est fortement exagéré au vu du séjour sur place d’Emmanuel Lepage. C’est un témoignage intéressant et très instructif sur la vie quotidienne des habitants des environs de Tchernobyl que nous propose Emmanuel Lepage. Captivant parce que l’auteur raconte son séjour avec honnêteté, il n’hésite pas à casser les stéréotypes qu’on se fait de Tchernobyl : alors, oui, il y a de la vie là-bas ! Oui, il y a -ce qu’on peut dire- une explosion de couleurs et non de la grisaille partout ! Oui, les gens et en particulier les jeunes ukrainiens débordent de joies et apparaissent optimistes sur leur avenir ! Oui, il y a des gens qui travaillent là-bas même si la ville en elle-même est vidée de ses habitants ! Certes, la radioactivité est présente mais l’être humain est d’une telle insouciance et d’une telle combativité qu’il en oublie ces problèmes. Dès lors, Emmanuel Lepage en travers son témoignage m’a délivré paradoxalement un gros message d’espoir alors que l’on sait bien que des milliers ukrainiens sont morts des suites de ce drame ! Je pense que vous avez compris mon ressenti sur ma lecture d’ « Un Printemps à Tchernobyl » : passionnant à tel point que je n’ai pu décrocher du livre qu’au dénouement. Après, est-ce que j’ai ressenti beaucoup d’émotions en lisant cette bande dessinée ? Non et franchement, je ne vois pas pourquoi Emmanuel Lepage nous en aurait mis au risque de dénaturer son récit en livrant une (ou plusieurs) séquence(s) qui ne nous aurai(en)t pas exprimer son vrai ressenti lors de son séjour là-bas. Je suis impressionné par la beauté des planches d’Emmanuel Lepage étant donné les difficultés de santé qu’il a éprouvées pendant une bonne période de sa vie. J’ai apprécié son parti-pris de mettre de plus en plus de couleurs au fil des pages : C’est une façon de nous dire que plus il restait parmi la population locale, plus il ressentait leur joie de vivre et plus il « voyait » bien que l’atmosphère des lieux était plus « vivante » qu’il ne le pensait lors de son départ de France. « Un printemps à Tchernobyl » est une bande dessinée qui m’a captivé, passionné et instruit. C’est un témoignage d’Emmanuel Lepage qui a su effacer tous les stéréotypes que je me faisais de Tchernobyl. Rien que pour ça, c’est un album que je n’hésiterais pas à prêter aux personnes qui souhaitent s’intéresser davantage à cette catastrophe. Paradoxalement, je ressors optimiste de ma lecture de ce livre parce que l’auteur y a mis en avant la bonté des Ukrainiens et la volonté des habitants (en particulier les enfants) de la région de croire en leur avenir.
Amère patrie
Bizarre, beaucoup d’avis sur le tome 1, mais rien depuis la parution du tome 2. Moi j’ai découvert ce diptyque une fois les 2 tomes parus, et j’ai passé un excellent moment de lecture. Je traverse une période « histoire guerrière » dans mes lectures… je me gave de BDs (et films, séries télé etc.) sur la première et seconde guerre mondiale. « Amère patrie » se démarque de la myriade de BDs sur le sujet en parlant non seulement de la Grande Guerre, mais aussi de l’avant-guerre et de l’après-guerre. Le premier tome suit deux personnages qu’à priori rien ne rapproche, mais qui finiront par se retrouver dans les tranchées. Cette partie de l’histoire présente la vie en France et en Afrique (Sénégal) de l’époque, et montre la lente déstabilisation de l’Europe. Le second tome montre le conflit même, mais finalement assez succinctement, avant de s’intéresser à l’après-guerre, et en particulier au calvaire des familles de soldats exécutés pour soi-disant trahison ou lâcheté au combat (difficulté pour une femme de trouver un emploi, enfants battus à l’école etc.) On suit son long et poignant combat pour faire restaurer l’honneur du nom de sa famille. Par contre je trouve que ce 2eme tome a des petits soucis de rythme. Tout semble s’enchainer trop vite, comme si l’histoire était prévue en 3 tomes, avant d’être raccourcie… je me trompe peut-être, mais c’est vraiment l’impression que j’ai eue en lisant cet album. Bon, rien de bien grave… Un diptyque intéressant, que je conseille aux amateurs du genre.
Dos à la mer
Je n'avais pas vu le premier album à sa sortie, mais ç'aurait été dommage de passer à côté... En effet, Olivier Berlion, en passe de devenir l'un des meilleurs auteurs de polars en BD, s'associe à Antonin Varenne pour concocter un scénario de polar contemporain, dynamique et accrocheur. Il y a cette figure de costaud au coeur d'artichaut, cet homme dont le quotidien morne est rythmé par son travail aliénant aux Chantiers de l'Atlantique, et qui un jour voit ce train-train basculer dans le fait divers. Naïf, il va offrir à cette jeune femme dont il ne sait rien son aide, s'embarquant dans une cavale dont il risque de ne jamais revenir... Face à lui donc, cette nana qui semble faire partie du réseau ETA, qui essaie de survivre en acceptant des coups foireux, et qui décide de doubler ses commanditaires. La poursuite s'engage... Une trame relativement simple, même si les auteurs s'attachent à nous donner un récit dense (forcément, il est bouclé en deux tomes), assez fluide pour être dévoré. Le deuxième tome n'est pas en reste, proposant une trame centrée sur l'action, et qui nous fait voyager jusqu'à Marseille, sur les pas de ces deux fuyards... Il faut dire qu'aux pinceaux se trouve Olivier Thomas, au style graphique proche de celui de Berlion, et qui se montre rien moins que prodigieux ici. Acéré, collant à un découpage très accrocheur, son dessin procure à ce récit une noirceur et une présence dignes des meilleurs. Même si la fin est somme toute assez classique, elle est suffisamment bien amenée et logique pour tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout, ou presque. J'adore.
Renégat
L'histoire n'est pas là pour son originalité, je dirais même que c'est le postulat de départ de l'auteur. Ce postulat est d'autant plus souligné que le pirate, qui raconte sa vie ordinaire de pirate, ment à son auditeur pour la rendre un peu plus spectaculaire. La fluidité et la simplicité de l'histoire sont ses deux forces vives. Les dessins sont beaux et s'inscrivent dans des constructions de planches très réfléchies, toujours impeccablement adaptées, originales et terriblement belles, ce qui les rend encore plus beaux. On pourra en revanche reprocher la morale pirate un peu trop lisse à mon goût mais qui n'a rien enlevé à mon plaisir de lecture.