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Couverture de la série Canardo
Canardo

Dès ma découverte de cette Bd en 1978 dans A Suivre (qui deviendra un des gros succès de ce journal), j'ai immédiatement accroché et décelé une bande animalière d'un genre particulier qui n'avait plus rien à voir avec le monde gentil de Macherot. Le héros est un canard détective privé évoluant dans un univers sordide et corrompu, qui malgré son apparence de héros miteux, est devenu l'un des personnages les plus intéressants de la bande dessinée. Avec son imper crade, clope au bec, flingue à la ceinture et accro à la bouteille, Canardo s'est forgé un look de paumé pathétique ; l'humour qui imprègne toute la bande est un humour de polar Série Noire, dans le style des vieux films français des années 50 où Gabin campait des salauds magnifiques et des petits caïds bien sapés jactant un argot académique à la Michel Audiard jubilatoire. Ici, c'est pareil, en plus glauque, plus sombre, le climat est presque pourri, les nuits sont sales, les décors poisseux, les bars louches, l'atmosphère fétide. Les personnages qui croisent la route du héros sont lâches et serviles, rongés par la corruption ou l'avidité, des minables qui touchent le fond ou des assoiffés de pouvoir, hypocrites et méchants. Parmi certains de ces personnages anthropomorphes qui sont le reflet de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus vil ou de plus minable, figurent d'abord Raspoutine, le chat despote, ignoble et débauché, l'ennemi le plus redoutable de Canardo ; également Claradovna la cigogne intrigante, Alexandra la petite chatte timide, Fernand le clebs baroudeur, anti-héros du premier récit Le Chien debout (et peut-être le meilleur ?). On trouve aussi quelques humains égarés dans ce monde animalier impitoyable et cruel, comme Emily. Les réactions de ces animaux humanisés sont si criantes de vérité qu'on en oublie presque le fait qu'ils soient des animaux caricaturés. La qualité des premiers scénarios tranchent nettement avec ceux des albums suivant l'Amerzone, on est dans un monde déglingué et poisseux au début, Canardo est cynique à souhait, l'ambiance est sombre et ça s'attache plus aux personnages et à l'étude d'un milieu, alors qu'après, le ton change un peu et se concentre plutôt classiquement sur les enquêtes. Le dessin change aussi, plus fouillé au début, plus fluide en suivant. Assurément une grande série, au ton très spécial.

16/09/2013 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5
Couverture de la série Scott Zombi
Scott Zombi

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Il n’y a eu que trois tomes de cette série et il n’y en aura vraisemblablement pas d’autres, rrrraaahhh !!! Ce sont des histoires indépendantes mais, cri de frustration tellement l’on aurait aimé accompagner plus avant notre improbable et impayable duo d’enquêteurs. Etna Stromboli. Lieutenant Etna Stromboli, dont le nom vous laisserait à penser que la miss a un caractère volcanique : vous êtes loin de la vérité, un volcan, ça dort parfois ! Scott Zombi : un mort-vivant, qui pue, qui met un masque de clown pour ne pas que les gens fuient en voyant son visage décomposé, et qui se balade avec son inséparable animal familier ; un asticot, Karuso, qui se promène dans les trous à sa disposition dans le corps de Scott et qui est souvent d’une aide précieuse dans les enquêtes délirantes menées par les deux policiers. Le collègue de travail préféré de Scott et Karuso est le médecin légiste, grand amateur de crèmes glacées qu’il planque bien au frais dans la morgue. Le décor est planté, les criminels barrés peuvent trembler, notre duo de choc est prêt à résoudre les énigmes les plus tordues. Ca tombe bien parce qu’elles le sont vraiment, tordues, les énigmes. Tordues dans le bon sens, l’humour étant omniprésent. Avec quelques jeux de mots d’anthologie : "Oh, vous, le fort en chrysanthème, taisez-vous !" déclame Etna au gars du cimetière qui mettait des fleurs sur la tombe de sa femme et osait défier le lieutenant. En trois tomes, on se met à apprécier de plus en plus nos deux larrons, on prend de plus en plus de plaisir à les retrouver et franchement, on en aurait bien repris quelques couches tellement le troisième album est bon. Le dessin, d’un trait humoristique, est excellent, avec de temps en temps des petits détails qui valent leur pesant de cacahuètes, des clins d’œil (dans le bazar de la salle des pièces à conviction, 3e tome…) … 15/20

15/09/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Indicible
Indicible

On passe véritablement un agréable moment de lecture avec ce récit de science-fiction sur fond apocalyptique d'invasion extra-terrestre. C'est un genre Independance day que j'aime bien. Bon, c'est vrai que le film de Roland Emmerich symbolise à lui seul le cinéma pop-corn... En l'occurrence, le récit est plutôt bien construit à partir d'une expérience scientifique qui tourne mal. Il y a tout ce qui faut dans le scénario pour ne pas s'ennuyer. Le rythme est efficace et le lecteur est tenu en haleine malgré toutes les grosses ficelles du genre. La parution se fera en deux tomes donc cela ne sera pas trop long. La série de Bec à savoir Prométhée aurait dû sans doute s'en inspirer ! La sobriété sera de mise. On retiendra surtout l'efficacité de ce thriller fantastique. Indicible demeure une bonne surprise à découvrir pour son scénario, pour ses dessins sobres et pour son ambiance.

15/09/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série La Splendeur du Pingouin
La Splendeur du Pingouin

Le Pingouin, c'est un méchant bien particulier de l'univers de Gotham, puisqu'il ne s'agit pas d'un personnage fou, nullement enfermé à l'asile d'Arkham, mais d'un homme d'affaire corrompu, verreux, trafiquant tout ce qui peut se faire, tirant les ficelles dans l'ombre. Un vrai Al Capone de Gotham, petit, obèse, moche, méchant et hargneux, rancunier et surtout riche, maitre de la ville, au moins des affaires crapuleuses juteuses. Le principe d'un spin-off sur le Pingouin m'intéressait beaucoup, le fait est qu'il n'est pas le méchant le plus mis en valeur dans l'univers du Chevalier Noir, alors même qu'il est très charismatique aussi (pas autant que le Joker -chose je pense impossible-, que Dent ou Poison Ivy, certes, mais je dirais quatrième) et présente une facette plus réaliste, celle du truand-homme d'affaire à la Al Capone (ils ont d'ailleurs plusieurs points communs). Passionné d'oiseaux et porteur de parapluie, c'est un personnage curieux, perclus de défaut et qui ne semble avoir qu'un mauvais côté. Cet ouvrage nous ouvre une autre possibilité en présentant le Pingouin sous un meilleur jour, examinant sa vie antérieure, ses motivations et ses pulsions. J'ai adhéré au concept, car après tout, il faut bien avouer qu'un héros se défini vraiment par ses méchants (ce qui fait que Batman reste pour moi le meilleur), et sa grandeur d'âme se mesure à la noirceur de ses opposants. Le Pingouin c'est aussi apporter de l'épaisseur à un méchant qu'on trouve souvent comme second rôle d'autres (je pense à ses apparitions dans Un long Halloween ou Joker par exemple). Bref, le principe m'a plu. Ensuite, le livre ne compile pas que une, mais bien deux histoires du Pingouin. Deux histoires qui permettent de mieux appréhender le personnage simple mais intéressant du Pingouin. La première (et en fait la principale), c'est une triple histoire : l'histoire du Pingouin enfant, étouffé entre une mère trop aimante, une famille qui le rejette, l'humiliation constante, un physique ingrat et une passion pour les oiseaux, qui vont le pousser à vouloir se venger de l'ensemble de la société et rejeter en bloc ses composants. Et surtout, à effacer les sourires de tous les personnages vivants qu'il croise (sauf celui de Batman). Ce côté "naissance du personnage" se couple avec ses relations familiales, notamment avec sa mère (je vous laisse découvrir comment). S'ajoute dessus l'histoire des activités du Pingouin, toute son organisation, ses combines et ses manières d'agir, bref, tout le côté gangster du personnage. Enfin s'ajoute une autre dimension, avec cette rencontre d'une jeune femme (Cassandre) dont il tombera amoureux, alors que la jeune fille est aveugle et qu'elle ne peut pas voir son visage ni savoir ses activités. Bref, tout un autre pan, mais cette fois-ci amoureux. La BD se centre cette fois-ci uniquement sur le Pingouin, Gordon et Batman ne sont que spectateurs (presque absents), et le Joker aura le droit à deux cases (très sympathiques d'ailleurs). Le propos est vraiment de comprendre ce personnage. Et c'est très intéressant ! La BD va nous présenter un personnage par tout ses côtés odieux et affreux (dès l'ouverture de la BD), mais qui va nous présenter toutes ses raisons d'agir. Et là, ce personnage, sans l'excuser, nous allons le comprendre. Comprendre comment un homme peut en arriver là. Et plus d'une fois nous serions presque tenté de le plaindre. Mais le récit est suffisamment bien construit pour que lorsqu'on commence à le prendre en pitié, quelque chose arrive alors comme pour nous dire qu'il ne le mérite pas. Bref, nous oscillons entre plusieurs points de vue sur le Pingouin, pour finir par un personnage qui semble à la fois bon et mauvais. Le deuxième récit est lui plus court et présenté par le Joker, qui nous raconte comment le Pingouin vécu une de ses histoires d'amour (le problème avec les femmes semble être récurrent au personnage). Si le récit est plus court, je l'ai trouvé aussi intéressant, surtout avec la morale développée sur la fin. Le tout est moins développé mais tout aussi intéressant. Je n'ai pas parlé du dessin, très noir dans le premier récit (avec quelques cases parfois que j'ai moins appréciées, notamment lorsque Cassandre sourit), et plus proche du cartoon dans le second (bien que le récit, un peu humoristique, soit très noir), mais dans les deux cas très beau. Les ambiances ressortent bien et apportent la dimension très sombre au comics. En résumé, j'ai trouvé ce livre très intéressant, autant sur le personnage du Pingouin qui prend de l'épaisseur que sur les relations compliqués qu'il entretient avec tout le monde (sa famille, ses amours, Batman aussi d'ailleurs). Le Pingouin gagne une nouvelle place dans les criminels de Gotham, n'étant pas seulement un fou ou une création improbable, il est un criminel de grande envergure qui pourrait très bien être née dans notre monde. Et, s'il devient plus humain, il n'en reste pas moins un bandit. La BD n'excuse aucun de ses crimes, et le personnage devient plus ambivalent comme cela. J'ai beaucoup aimé. Le récit apporte un bon compléments au Batman normaux et montre encore une fois à quel point l'univers de ce héros est développé, peut-être plus du côté des méchants que du héros d'ailleurs ... Et le Pingouin rentre largement dans le top de ces méchants intéressant. Je ne peux que recommander la lecture.

15/09/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Steve Lumour - L'Art de la Winne
Steve Lumour - L'Art de la Winne

Steve Lumour gagnerait à être connu tant il nous fait rire aux éclats car il s'agit d'un humoriste comme son nom l'indique. Cet ouvrage est une biographie qui lui est consacré pour le meilleur et pour le rire. Ses sketches vont faire sensation non pas à l'Olympia mais au supermarché du coin. Vous aurez compris qu'il s'agit bien d'un looser qui cherche l'art de la winne. J'ai adoré ce côté attachant de la biographie de l'homme le moins connu de notre siècle qui sera tout de même honoré d'un fameux prix: le Bidor. On va ainsi suivre son «épopée», de bides en bides, de spectacles miteux en interventions minables, en passant par des plateaux d'émissions TV régionales, jusqu'à la commercialisation du DVD de son spectacle... Bref, le parcours d'un humoriste au rabais. C'est toujours la franche rigolade qui nous attend avec un enchaînement de gags parfaitement maîtrisé. Fabcaro n'a rien perdu de son talent pour une série qui se révèle assez prometteuse. C'est toujours aussi décalé et parfois ringard. Cette dérision fait tout le charme de l'ensemble. J'apprécie réellement.

14/09/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Prince
Le Prince

Ah, ben en voila une très bonne BD éducative ! C'est assez impressionnant comme les BD peuvent servir, jusqu'au master d'histoire (oui, je m'éduque en master avec des BD, je fais ce que je veux). J'ai acheté ce manga principalement parce que j'adore Machiavel (et que je trouve son œuvre extraordinaire, mais là n'est pas le propos), et que le manga ne me semblait pas trop raté, même si le dessin me semblait suspect. Ce que je dois avouer, c'est que je ne pensais pas qu'ils avaient fait un tel travail. Vraiment, c'est admirable, et cela rend d'ailleurs l’œuvre d'autant plus accessible au grand public. Le tout est très bien mis en dessin (même si je ne trouve pas le principe du manga indispensable, notamment avec certains codes trop exagéré, et des têtes un peu bizarre, Cesar Borgia est quand même peu reconnaissable). Et quel scénario ! Excellente idée que d'expliquer le Prince de Machiavel en détaillant d'abord clairement sa vie (qui ne fut pas de tout repos) et en permettant de comprendre la construction mentale et pratique des idées de Machiavel, entre leurs applications et leurs théorisations, pour aboutir à ce livre et la raison de son écriture. La vie de Machiavel étant très lié à la politique dans les états italiens de cette époque, nous aurons également un bel aperçu de la façon dont celle-ci s'organisait. Là, j'ai été ébahis. Rien n'est oublié, entre alliances et pays voisins, et tout ce qu'il se passait alors dans la péninsule italique. Le tout est très très bien expliqué, bien mis en scène, c'est vraiment très bon. J'ai été ravi d'enfin comprendre cet imbroglio de politiques et d'états changeants tout le temps. Mais le détail est bien renforcé par Machiavel, cet homme diplomate et génial, qui va évoluer dans cette Italie mouvante et qui amène, dans une toute petite partie à la fin, à l'explication du livre du Prince. La mise en contexte et en situation est tellement bien faite, que lorsqu'on lit la dernière partie, c'est presque une rediffusion, une conclusion de l'ensemble de la vie de Machiavel. Bon, il y aurait des reproches, notamment le dessin qui n'est pas franchement ma tasse de thé (du manga trèès typé !) et des passages un peu "naïf" qui contrastent avec le ton assez précis et carré de l'ouvrage. Je dirais aussi que, bien que le titre annonce le livre, nous suivrons plus Machiavel que son œuvre (les deux étant bien évidemment totalement liés), et finalement l'explication du Prince est très rapide (mais bien complète), tout en restant parfaitement clair (grâce à cette première partie qui contextualise parfaitement). Du coup, j'ai grandement apprécié cet ouvrage qui va beaucoup me servir, j'en suis convaincu, et qui permet à mon avis de placer cet ouvrage de politique à la portée de n'importe qui. C'est une excellente vulgarisation que nous avons là, je ne peux que vous dire de le lire.

14/09/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Premières fois
Premières fois

Un très bon recueil de récits, avec dix auteurs et une seule scénariste pour tout l'ouvrage. Les histoires sont assez différentes, avec des points de vues variés, des chutes parfois assez différentes de celles que je pensais. Le principe des changements de dessinateurs est pas mal, certains sont vraiment agréables à l'oeil et correspondaient assez bien avec l'intérieur, et généralement l'ambiance colle assez bien au ton du récit. Le fait est que pour un récit érotique, il réussit le pari d'allier avec un bon scénario, et de très bonnes idées, des dialogues pas mauvais non plus, bref, des bonnes histoires (sans pour autant délaisser la part érotique qui reste largement présente). En plus, les histoires parlant d'une première fois (pas nécessairement premier acte sexuel) sont variées, traitant de différentes thématiques. Le tout est bien orchestré, les points de vues sont intéressant ... Non, c'est vraiment une très bonne mise en scène qui est faite. En fait, le recueil à réussi le pari de développer des histoires dans le domaine de la BD érotique, mais aussi de le faire de manière intelligente. Les histoires donnent matière à réfléchir (dans tout les sens que ce terme peut prendre ici), et ce n'est pas pour me déplaire. Enfin une bonne BD érotique dans ma BDthèque !

14/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Bon, je vais essayer d’être bref, en joignant ma petite voix au concert de louanges concernant cette très belle série. C’est en effet une grande réussite. Des animaux très humains, et des intrigues très bien ficelées, dans un décor états-unien des années 1950. Les quatre tomes parus sont intéressants et recommandés, mais je préfère tout de même les tomes 2 et 4, pour le thème et son traitement, vraiment prenant. Si les scénarii sont bons, que dire du dessin ? C’est indéniablement un des points forts de cette série, et je reste bluffé par le talent de Guarnido, que ce soit pour les personnages ou les décors. Le rythme est souvent nonchalant, comme le sont certains personnages de détectives des romans policiers américains des années 1950, le dessin étant à l’unisson : c’est aussi une bande dessinée d’ambiance. Et pourtant il y a de l’action, et elle nous captive, l’air de rien. Cela doit être ça le talent…

14/09/2013 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Pawnee
Pawnee

Frustrée à la fin de Frenchman tellement je sentais que cette histoire n'était pas terminée, c'est avec grand plaisir que j'ai appris la sortie de Pawnee et je n'ai pas été déçue par ma lecture. Cette fois l'histoire est vraiment bouclée ! Graphiquement c'est toujours au top (avec cet orange si caractéristique déjà évoqué dans Canoë Bay et Frenchman), j'adore le style, les paysages et les indiens sont grandioses. Au niveau de l'histoire, le seul point négatif (que j'ai surtout ressenti au début de ma lecture avant de me familiariser avec les personnages), c'est le ping pong incessant entre Alban et Angèle sans réelle distinction graphique permettant au lecteur de se situer d'emblée au bon endroit. Une fois le plis pris, ça a été mieux, mais les premières pages ont été un peu rudes de ce point de vue. Le cahier graphique final avec les petites annotations de l'auteur est un plus indéniable. J'aime beaucoup. Franchement bien ! Bel objet, belle histoire.

14/09/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série Le Bleu est une couleur chaude
Le Bleu est une couleur chaude

Depuis sa sortie, je voulais lire ce roman graphique sur une histoire d'amour passionnelle (qui plus est, homosexuelle, même si je m'en veux un peu de le préciser, puisque je considère que c'est une forme de ségrégation , surtout que moi-même je l'ai juste lue comme une histoire d'amour, le côté homosexualité apporte juste au récit des enjeux d'acceptation de soi-même, ou dans la société). Je trouve que le récit met pas mal de temps à se mettre en place. On remonte aux premières relations sentimentales adolescentes de la protagoniste, même si j'ai trouvé la phase "questionnement" intéressante. Par la suite, et même si de temps en temps, il y a quelques temps morts ou le récit est moins passionnant, j'ai trouvé que suivre l'ensemble de cette relation passionnée mais compliquée fut très touchant. Et bien sûr, vers la fin, avec ce crescendo dramatique, l'émotion fut à son apogée (avec les larmes qui montent aux yeux). Alors il est vrai que, je ne trouve pas le récit exempt de clichés et autres maladresses (notamment dans les scènes avec les parents de la protagoniste), mais dans l'ensemble, les scènes poignantes et intéressantes/instructives l'emportent sur ces petits défauts. Le dessin est loin d'être laid, le jeu sur la couleur aquarelle qu'est le bleu est intéressant, mais je trouve que, si, dans l'ensemble, le style de cette BD me plait, il est quand même encore trop immature, avec pas mal de petits défauts et ratés au grès des planches... C'est dommage, mais nulle doute que Julie Maroh s'améliora lors de ses prochaines productions. Une lecture poignante...

14/09/2013 (modifier)