Cette création de fin 1975 dans le journal Tintin est une bande superbe et injustement méconnue car jamais publiée en album jusqu'ici. Elle renoue avec la grande tradition du "private eye" cher à Raymond Chandler ou Dashiell Hammett, un style qui revenait à la mode dans les années 70. Qu'en sera-t-il aujourd'hui ? Malgré cet à-priori, la série vaut le coup d'être découverte.
Elle conte les aventures de Peter Blast, un privé fantasque et parfois naïf, épaulé par son assistante, la jeune Chinoise Lilian Chang ; ils se lancent dans des enquêtes tortueuses au sein du quartier chinois de San Francisco, qui donne son titre à la série. On est dans une mythologie de roman et de film noir, aussi, les amateurs devraient apprécier Blast en privé traditionnel (chapeau mou, trench, cigarette) qui prend souvent des baffes et qui semble souvent dépassé en raisonnement analytique par Lilian (son faire-valoir ?). En tout cas, sa sagesse orientale évite à son patron quelques ennuis.
Le petit plus de cette bande, c'est l'ambiance ; la touche d'exotisme s'ajoute au ton voulu par les auteurs, celui de rendre une vraie atmosphère : les rues chaudes, les enseignes lumineuses tape-à-l'oeil, les maisons sordides, les tripots inquiétants, les arrières-cours douteuses et les trottoirs mouillés constituent un catalogue de clichés mais contribuent à rendre ce grouillement menaçant et authentique. Parras se régale avec des cadrages, des angles insolites, des contre-plongées cinématographiques, et des dégradés de couleurs accompagnant un beau jeu d'ombres et de clair-obscur accentuant cet univers trouble, on s'y croirait.
Parras est un dessinateur espagnol de talent qui arrive en France en 1955 et entre au journal Pilote où il crée plusieurs Bd sympas, mais il se fera connaître du grand public en 1982 avec les Inoxydables dans Charlie Mensuel.
Il y a quelques années, on m'avait prêté la réédition Glénat de 1977, où je me suis dit après lecture, quelle bonne idée avait eu cet éditeur ; à cette époque, il rééditait beaucoup de Bd oubliées du patrimoine BD français ou belge, mais même en 1977, personne ne se souvenait d'Eugène Gire et de ce petit chef-d'oeuvre de drôlerie irrésistible. C'est certainement l'une des bandes les plus loufoques de la bande dessinée, qui a de lointains points communs avec Pim Pam Poum , célèbre comics de Dirks, pour son humour dévastateur et frénétique, et remarquablement servie par le dessin clair et dynamique de Gire.
Dessinateur génial au trait reconnaissable, il est l'auteur de nombreuses bandes pour la jeunesse, dont certaines paraissaient en petits formats ("A. Babord" en 1949, "Jim Ouragan" en 1954, "Kam et Rah" en 1955 ou "Cap'tain Vir de bord" en 1958 ). Il fut l'un des créateurs les plus prolifiques du groupe Vaillant où est née "la Pension Radicelle" en 1947.
Une véritable perle, non seulement par sa folie, qui frôle l'absurde, son habileté graphique constituée par une accumulation de détails et de gags délirants logés à chaque page et pas seulement en chute d'histoire, mais aussi pour sa pléiade de personnages farfelus : Isidore le poète, vieux broussard retraité, Saturnin l'inventeur fou, Tante Bouille la cuisinière, mademoiselle Radicelle, propriétaire de la pension, et son polisson de neveu, Nestor....
En 1967, Gire, malade, ne peut continuer ses planches, il est remplacé par son fils Michel jusqu'en 1968.
Il sera plus facile de trouver cet album de 1977, si c'est le cas, n'hésitez pas à essayer un grand moment de rire.
Avis sur le tome 1 :
Vous voulez qu'on cause super-héros ? DC Comics ? Marvel ? Du dieu Thor ? Non ? Ça tombe super bien parce que là, on va quitter les sentiers éculés et les mecs en slips et sortir l'artillerie lourde pour partir vers les contrées sauvages avec Mjöllnir, une bande dessinée de Pierre-Denis Goux et Olivier Peru, deux péruviens qui ont du goût ;)
Tout commence dans les lointaines terres du grand Nord, là où les légendes ont commencé, sur les terres de Midgar. Depuis des siècles les hommes ont pris possession des terres et les anciennes créatures mythiques comme les nains, les elfes ou dragons ne sont plus que des êtres rares et oubliés ; peu sont ceux qui les croisent encore si ce n'est à travers les légendes elles-mêmes.
Thor est un ancien guerrier nain qui vit dorénavant paisiblement au sein de son clan avec ces deux enfants et comme vous pouvez vous en douter, il porte le lourd nom de la divinité nordique. Lourd tribu qu'est le sien car les hommes sont venus capturer des nains afin d'agrémenter leurs cirques et divertir la populace ... Mais la loi est la loi et selon celle des nains, il faut répondre au sang par le sang; ni une, ni deux, une expédition punitive, dont Thor fait partie, prend pied et marche fièrement, la hache à la main, afin de libérer les survivants et venger les morts.
Mais tout ne se passe pas comme prévu, et pris au piège, les nains vont devoir vendre chèrement leur peau et se battre à mort ... Thor luttera de manière acharnée; lors d'un ultime combat, désarmé, il défiera le chef du clan humain et celui-ci, le narguant , acceptera le défi en lui lançant un marteau de forgeron comme unique arme! Le combat commence et s'arrêtera quand un éclair foudroiera l'adversaire de Thor d'un seul coup. A partir de là, la légende peut enfin renaître. Thor est-il la réincarnation du dieu ? Et si la magie revenait sur Midgar ? C'est bien connu, chaque héros à son Nemesis ... Thor a Loki mais est ce que Loki a tort?
Voilà un calembour qui vous soulèvera un rictus niais je n'en doute pas, mais c'est pour dire qu'ici on a une histoire des plus solides et maîtrisées pour une invitation à revisiter certains mythes légendaires accompagnés de personnages dont on ne demande pas mieux d'approfondir leurs histoires ... Des couleurs sombres, appropriées qui vous donneront même une certaine impression de moiteur, et un dessin à ne plus dire que c'est bô.
Si en plus, on nous inclut dans cette première édition 6 planches de croquis qui nous montrent, comme si le besoin s'en faisait sentir (franchement!), le talent et la maîtrise du dessinateur , moi je dis que c'est à suivre.
Alors une chose est sûre , si le Thor tue ... à tort ou à raison, qu'est-ce que vous attendez pour aller l'acheter ? Perso, je suis curieux de savoir si la suite va être à la hauteur car le Ragnarok gronde et Loki n'est sûrement pas très loin ...
Avis sur le tome 2 :
Si j’avais un marteau … Claude François était un vrai visionnaire et avait déjà tout compris ; d’ailleurs sur ce coup-là voici Mjolnir tome 2 : Ragnarok , suite et fin de cette histoire de marteau et de dieu nordique avec un Thor et Loki qui se retrouvent réincarnés dans des corps d’humains afin qu’ils acquièrent un peu d’humilité.
On les avait quittés dans le premier épisode avec leur rencontre titanesque et la découverte de leurs identités prêts à se marteler les dents ; et les voici « copain-copine » dans cette suite qui annonce le grand retour de la magie dans le monde des hommes et qui va réveiller de vieilles querelles. C’est Odin qui va s’en mordre le bout des doigts car, d’un pas unis, les hommes, les nains et les elfes vont marcher sur Asgard menés par Loki et Thor ,histoire de montrer à Odin qu’ils ne sont pas contents.
Une épopée visuelle aux allures de Seigneur des Anneaux qui revisite sous format d’un diptique le mythe des frères Thor et Loki et plaira aux fans de fantasy et saga masculine (très peu de donzelles par ici ^^)
Déjà, l’objet nous présente une belle couverture avec effet relief, brillance et tout et tout mais on ne me la fait pas à moi. J'ouvre l'objet précautionneusement et, malgré un démarrage un peu hardu (difficile de trouver le raccord scénaristique avec le premier volume) et passé ce petit doigtage et douleur rectale, l’histoire bat son plein et nous envoie vitesse v-v’ dans l’histoire.
Pierre-Denis Goux nous balance encore une fois une belle démonstration de son talent avec un choix du dessin et des couleurs particulièrement rudes, vivantes et sombres à la fois. Peru, quant à lui, nous a concocté un scénario bien charpenté avec des personnages à la personnalité beaucoup plus complexe qu'il n'y parait et une vision du mythe surprenante qui ma foi, m'a bien titillé le kilt.
Par contre l’on sent tout de même que Goux est plus qu’à l’étroit pour raconter visuellement la fin de l’histoire ; seule solution pour s’en sortir c’est de nous servir vers la fin du récit des raccourcis, flashbacks, découpages de cases trop agressifs qui font qu’au total, cette suite divinement menée aurait bien mérité quelques pages supplémentaires afin de finaliser cette quête.Et tout cela la faute à qui ? Un peu tout le monde en fait, vu que le format de bd franco-belge essaye de publier avec un nombre de pages bien précis (ici 48 planches, la misère comparativement avec d’autres éditeurs), les auteurs qui ont accepté le challenge avec un scénario audacieux mais avec la main un peu trop lourde pour le final-cut (bande de sauvage) ?
Mais je chipote encore une fois car malgré cela, ce Thor est un des must de l'année 2013.
Un excellent opus à la hauteur du projet et qui clôturera cette sombre saga et qui introduira le nom du nain Thor dans la légende (manque plus que des chœurs féminins et je me mets au karaoké, c’est du bon !).
Et voilà que je me fais rattraper par la mythologie celtique et les légendes arthuriennes...
Après y avoir, il y a quelques années, passé "quelques heures" de lecture et de recherche, à naviguer entre Jean Markal, Marion Zimmer Bradley et Chetien de Troyes, j'avais un peu contenté ma curiosité sur le sujet. Non pas que j'en ai fait le tour, mais bon, les passions, ça va ça vient, et puis un jour ça vous rattrape.
C'est donc avec curiosité que je me suis lancé dans la lecture de cet album, heureux de retrouver un univers qui m'est cher.
Première impression à l'ouverture, chouette dessin ! Alain Brion que je découvre avec cette BD a beaucoup de talent ! Ses personnages ont de la gueule, ses décors fourmillent de détails qui rendent son univers vivant, et ses paysages comme ses scènes de batailles sont majestueux !
J'ai juste été gêné par la colorisation sur certaines cases, quand Morgane, Uther ou Ygerne apparaissent. Leur cheveux orangés contrastent souvent trop avec le reste de la case et en cassent l'harmonie. Cela m'a surtout sauté aux yeux en comparaisons d'autres planches (dont certaines en pleine page) sont complètement maîtrisées tant dans la composition que dans la colorisation. On sent que le sieur s'est inspiré du travail de Frazetta.
Alors pourquoi un simple 3/5 me direz-vous ? Et bien à cause de deux points qui ont perturbés ma lecture.
Tout d'abord, j'ai été gêné dans ma lecture par la voix off qui fait office de fil conducteur à ce récit. Elle n'arrive pas à s'intégrer pleinement au récit, qui en devient un peu haché. Ça peine à trouver son rythme et la fluidité du récit s'en ressent. Rien de bien grave pourtant.
Ce qui m'a le plus déconcerté venant de la part de Jean-Luc Istin au vu de sa bibliographie sur le sujet, c'est les libertés qu'il a pris par rapport à la légende arthurienne.
La ruse de Merlin pour faire entrer Uther dans la forteresse de Gorlois et s'unir à Ygerne qui donnera naissance à Arthur, est ici remplacée par tout autre chose ! On suggère la référence, mais en la transformant sans raison valable... Perplexe le PAco sur ce coup là...
Enfin, dernier détail, au vu du titre de la série, je m'attendais plus à ce que l'épée de légende serve de prisme et de pivot au récit. Et bien non, pas vraiment. Même si bien sûr elle en assure quand même la trame, cela reste ténu et pas plus valorisé que cela.
Alors espérons que la suite de cette saga très bien illustrée et mise en page se poursuive, mais sans écorcher plus avant les événements clés de cette saga arthurienne.
**** Après lecture du tome 2 ****
C'est donc sur une meilleure impression que je referme ce second tome. Les réticences et les quelques points qui m'avaient gêné lors de ma première lecture ont vite été oubliés. J'ai même enchaîné la lecture de ces deux tomes avec grand plaisir, et j'en attends maintenant la conclusion avec une certaine impatience.
C'est donc sur cette bonne impression que je remonte ma note à 4/5, principalement pour deux raisons.
Tout d'abord, le traitement personnel que propose Jean-Luc Istin de cette saga arthurienne m'a beaucoup moins dérangé qu'à ma première lecture. La transposition qu'il en fait, apparait avec ce second tome plus cohérente et tient vraiment la route. Ses personnages prennent de la profondeur et l'univers qu'il campe, à cheval entre légende et Histoire, fonctionne finalement très bien.
C'est ensuite la narration qui gagne en fluidité avec ce deuxième tome. La voix off qui m'avait un peu dérangé dans le premier tome par son omniprésence, est ici beaucoup plus discrète ; du coup les dialogues rendent le récit plus fluide et vivant.
Quant au dessin d'Alain Brion, il est toujours aussi efficace et magnifique. Je me suis même habitué à sa colorisation parfois assez tranchée, qui rends au final à merveille les ambiances qu'il crée. Ses compositions de planche restent également très bien pensées et donnent l'élan nécessaire pour mettre en valeur l'intensité des moments clés du récit.
Bref, un très bon second tome qui je l'espère donnera lieu à un dernier opus sorti du même tonneau pour conclure cette trilogie en beauté
J'avais bien aimé le film mais les BDs sont bien meilleures.
Le volume 1 est plus ou moins semblable au film, une enquête policière assez classique qui compose son originalité avec l'environnement extrême du Pôle Sud. Rien ne se déroule donc comme d'habitude, et les précautions à prendre sont de rigueur. La BD est par ailleurs moins lisse que le film ; les scènes d'action ne tombent pas dans le piège hollywoodien de l'excès, c'est bien plus crédible et d'autant plus aride. De même on a à la place de la jolie Kate Beckinsale une héroïne trapue, musclée, avec un sale caractère, taillée pour se faire une place dans un milieu majoritairement masculin.
Le volume 2 a un scénario plus léger et qui n'aboutit pas réellement au niveau de l'intrigue, mais il a un côté ludique ; il confronte une troupe de militaires d'élite de la Russie au Pôle Sud, et nous fait ainsi le récit des dangers visibles ou invisibles, de petits inconvénients de la vie de tous les jours qui deviennent des drames face à l'hostilité glaciale et capricieuse. Encore une fois l'environnement fait tout le sel de cette histoire, que j'aurais tout de même souhaité plus étoffée, avec le retour de la même héroïne.
À défaut d'être original sur les histoires, les deux volumes sont dépaysants à leur manière, avec des personnages tout en contrastes.
Une bonne série du regretté Chaland qui est mort bien trop tôt.
Déjà j'adore le dessin de Chaland qui était un grand dessinateur. Son trait est dynamique et c'est une version moderne du dessin des années 50 style Jijé ou Franquin. J'aime comment il dessine les personnages et les décors qui sont souvent de vrai bijoux.
Les différentes histoires m'ont bien fait rire. L'humour de Chaland peut être à la fois bon enfant et aller très loin dans le cynisme. De plus, il n'y a qu'un seul album donc Chaland n'a pas eu le temps de se répéter comme c'est le cas de plusieurs séries humoristiques qui durent trop longtemps.
Peur du noir ? Frigorifié par les préceptes moraux du comique et son éthos sévère du comment et de qui se moque-t-on ? Non ? Tant mieux ! Car l’humour de potence n’a pas de tabou. Et il m’est pénible de concevoir une culture BD équilibrée et sage spoliée de sa poésie ébène. Amputée des plaisirs masochistes, incontournables, d’un libre arbitre tiraillé entre la spontanéité du rire et le flegme de la décence. Haro donc ! Décrassons nos inhibitions ! Fustiger la stupidité, conjurer les angoisses en nous gloussant de la réalité (pour ne pas en pleurer ?) ! Si le panorama de cette politesse du désespoir (joliment baptisé par Achille Chavée) ne nous autorisait qu’une œillade orpheline, adoptons les sentiers imagés de Macadam Valley.
Alors bienvenue !
Dès les premiers pas, d’aucuns relèveront une filiation singulière. Du format italien aux tonalités gémellaires de la couverture, depuis la construction narrative jusqu’en toile de fond, voire un clin d’œil ironique dans le titre, l’album transpire l’aura du sensationnel « Ice Haven ». Hommage décalé ou hasard croustillant ? Passons. Les chemins divergent là où Clowes acère son pamphlet social en exhibant la banalité du quotidien alors que Dessy emprunte les voies de la loufoquerie acide.
En effet – revenons à notre bourgade avenante –, la bande à Ben, avec ses bouilles à croquer et ses éraflures à la tirelire, trimballe son déphasage existentiel aux quatre coins de la vie de tous les jours. Et c’est Monsieur le Maire qui régale ! Castagnant les conventions du savoir-vivre à coups de strips ravageurs, boxant les convenances avec un cynisme hilarant, rimant irrévérence avec intelligence dans l’acuité de la figuration. Crédulité, effronterie, surprise, fatalité, inquiétude (même les ustensiles jouent du sentiment) ; l’attirail de la bonhommie est prodigue et chaque nouvelle expression, chacune des mues émotionnelles confond par son éloquence unique. Affinant les perceptions, épurant les images, la ligne sobre, minutieuse, émancipe les ultimes idées encore dissimulées. Les saynètes achèveront de se dénuder aux outils de la dérision : mots valises librement réinterprétés, symbole ou propos empoigné au pied de la lettre, croche-pieds graphiques et parodie salée… Soumis par le talent, aiguisés de subtilité, ils façonnent le détachement glacé de chutes à plusieurs temps. Absurdes ou choquantes. Jubilatoires, mais sans mépris.
Je voue une reconnaissance affectueuse à l’auteur pour tous ces courts tableaux salutaires qui continuent d’habiter ma mémoire, longtemps après les avoir lus. Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer l’un de mes favoris (Strip 51 du blog ; il n’est pas dans le bouquin, mais on s’en fout).
Un petit garçon en chemise de nuit se tient immobile sur le pas de la porte. Une moustache « brosse à dents » tristement célèbre orne sa lèvre supérieure et une longue mèche balaye son front. Visiblement, le gamin sort d’un sommeil agité et il observe son père lisant le journal dans son fauteuil.
Le papa : « - retourne te coucher Adolf… Ça n’existe pas les monstres »
*Terrassé par le triple effet kill cool : se figurer un des pires criminels de l’humanité en mouflet inoffensif / s’interroger sur ce qui pouvait bien lui coller les miquettes (qui hantait ses cauchemars ?) / LA réplique laconique assenant le coup de grâce
Prêt à succomber ?
Que Belzébuth vous patafiole si vous n’y trouvez pas le bonheur !
Apostille : c’est avec une mauvaise foi occasionnelle que je conseille l’achat. Il serait déloyal de soutenir l’urgence impérative à acquérir l’objet. Il y a beaucoup moins de matière dans le bouquin que sur le blog (y’a un blog, je ne vous l’avais pas dit ?), et l’on peut, avec la même injustice, reprocher la brièveté d’une lecture réclamant moins de temps qu’il n’en faudra pour parcourir cette assommante exceptionnelle chronique. Pour ma part, je privilégie le support papier et, par dessus tout, il faut encourager l’auteur…
La collection BD cul des Requins Marteaux confirme avec cet opus sa qualité d’ensemble. Et je pense qu’on tient là le plus réussi et le plus original de la collection !
J’ai vraiment apprécié le dessin, en Noir et Blanc (sauf à la fin), presque façon gravure de mode parfois, en tout cas simple et efficace. Et poétique – oui, un érotisme poétique où l’on abuserait du stupéfiant image !
Si ces dessins (une illustration par page, narrant les tribulations de madame Main et de monsieur Bite qui peinent à vivre ensemble une histoire d’amour) sont fortement érotiques, on est souvent plus dans l’évocation, voire l’humour (assez foutraque) qu’autre chose. N’achetez pas ce livre pour y trouver des copulations orgiaques comme peuvent le proposer d’autres titres faisant moins confiance à l’imagination.
Lecture et achat recommandés donc pour cette oeuvre rafraichissante.
3.5
Je précise que je n'ai lu que le premier cycle de 10 tomes car le deuxième ne me donne pas trop envie et spécialement après avoir lu les premières pages du tome 11 qui se trouvent à la fin du tome 10.
J'ai lu cette série parce que j'aime beaucoup lire des récits sur les gangsters et la mafia. Je trouve cet univers fascinant et j'aime lire des scènes où des mafieux font des alliances, se trahissent entre eux.... Les complots et tout ça je trouve cela intéressant. De plus, il y a un coté historique qui fait que j'ai appris plusieurs choses quoique j'aurais préféré savoir distinguer ce que le scénariste a inventé et ce qui est arrivé dans la vie réelle.
Il y a aussi quelques défauts dans le scénario : il y a un peu trop de personnages, on parle aussi d'autres mafia que de la sicilienne et cela donne l'impression que le scénario va un peu dans tous les sens et cela n'aurait pas fait de mal d'avoir moins de tomes, mais globalement j'ai eu un réel plaisir à lire cette série.
Pour ce qui est des dessinateurs, j'ai surtout apprécié le travail de Mitton. J'adore son graphisme réaliste (tellement que je trouve dommage que le format ne soit pas plus grand car j'aurais aimé pouvoir admirer avec précision son dessin) et le choix des couleurs est souvent excellent.
Ma révérence, ou les péripéties de deux protagonistes qui se prennent pour Raskalnikov de Crime & Châtiments de Dostoïevski.
Et le récit tourne autour de comment braquer un fourgon.
Pour l'un, afin de faire ensuite la belle à Las Vegas, et pour l'autre, tel Robin des Bois, soutenir des œuvres humanitaires.
Mais comme les deux personnages - aussi différents l'un que l'autre - qui mènent la danse sont surtout des super-loosers en puissance, l'on passe tout le long de la BD, d'un dérapage à l'autre, et à une succession d’événements inattendus coquasses.
La qualité de la narration nous amène aussi à quelques passages hilares ! D'autres, humainement touchants. La fin est surprenante puisque du meilleur "happy end" qui soit !
Le dessin a d'emblée trouvé ses marques dès la première planche, et convient exactement au récit proposé !
C'est LE casting de rêve !
Un sans faute.
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Les Mystères de Chinatown
Cette création de fin 1975 dans le journal Tintin est une bande superbe et injustement méconnue car jamais publiée en album jusqu'ici. Elle renoue avec la grande tradition du "private eye" cher à Raymond Chandler ou Dashiell Hammett, un style qui revenait à la mode dans les années 70. Qu'en sera-t-il aujourd'hui ? Malgré cet à-priori, la série vaut le coup d'être découverte. Elle conte les aventures de Peter Blast, un privé fantasque et parfois naïf, épaulé par son assistante, la jeune Chinoise Lilian Chang ; ils se lancent dans des enquêtes tortueuses au sein du quartier chinois de San Francisco, qui donne son titre à la série. On est dans une mythologie de roman et de film noir, aussi, les amateurs devraient apprécier Blast en privé traditionnel (chapeau mou, trench, cigarette) qui prend souvent des baffes et qui semble souvent dépassé en raisonnement analytique par Lilian (son faire-valoir ?). En tout cas, sa sagesse orientale évite à son patron quelques ennuis. Le petit plus de cette bande, c'est l'ambiance ; la touche d'exotisme s'ajoute au ton voulu par les auteurs, celui de rendre une vraie atmosphère : les rues chaudes, les enseignes lumineuses tape-à-l'oeil, les maisons sordides, les tripots inquiétants, les arrières-cours douteuses et les trottoirs mouillés constituent un catalogue de clichés mais contribuent à rendre ce grouillement menaçant et authentique. Parras se régale avec des cadrages, des angles insolites, des contre-plongées cinématographiques, et des dégradés de couleurs accompagnant un beau jeu d'ombres et de clair-obscur accentuant cet univers trouble, on s'y croirait. Parras est un dessinateur espagnol de talent qui arrive en France en 1955 et entre au journal Pilote où il crée plusieurs Bd sympas, mais il se fera connaître du grand public en 1982 avec les Inoxydables dans Charlie Mensuel.
La Pension Radicelle
Il y a quelques années, on m'avait prêté la réédition Glénat de 1977, où je me suis dit après lecture, quelle bonne idée avait eu cet éditeur ; à cette époque, il rééditait beaucoup de Bd oubliées du patrimoine BD français ou belge, mais même en 1977, personne ne se souvenait d'Eugène Gire et de ce petit chef-d'oeuvre de drôlerie irrésistible. C'est certainement l'une des bandes les plus loufoques de la bande dessinée, qui a de lointains points communs avec Pim Pam Poum , célèbre comics de Dirks, pour son humour dévastateur et frénétique, et remarquablement servie par le dessin clair et dynamique de Gire. Dessinateur génial au trait reconnaissable, il est l'auteur de nombreuses bandes pour la jeunesse, dont certaines paraissaient en petits formats ("A. Babord" en 1949, "Jim Ouragan" en 1954, "Kam et Rah" en 1955 ou "Cap'tain Vir de bord" en 1958 ). Il fut l'un des créateurs les plus prolifiques du groupe Vaillant où est née "la Pension Radicelle" en 1947. Une véritable perle, non seulement par sa folie, qui frôle l'absurde, son habileté graphique constituée par une accumulation de détails et de gags délirants logés à chaque page et pas seulement en chute d'histoire, mais aussi pour sa pléiade de personnages farfelus : Isidore le poète, vieux broussard retraité, Saturnin l'inventeur fou, Tante Bouille la cuisinière, mademoiselle Radicelle, propriétaire de la pension, et son polisson de neveu, Nestor.... En 1967, Gire, malade, ne peut continuer ses planches, il est remplacé par son fils Michel jusqu'en 1968. Il sera plus facile de trouver cet album de 1977, si c'est le cas, n'hésitez pas à essayer un grand moment de rire.
Mjöllnir
Avis sur le tome 1 : Vous voulez qu'on cause super-héros ? DC Comics ? Marvel ? Du dieu Thor ? Non ? Ça tombe super bien parce que là, on va quitter les sentiers éculés et les mecs en slips et sortir l'artillerie lourde pour partir vers les contrées sauvages avec Mjöllnir, une bande dessinée de Pierre-Denis Goux et Olivier Peru, deux péruviens qui ont du goût ;) Tout commence dans les lointaines terres du grand Nord, là où les légendes ont commencé, sur les terres de Midgar. Depuis des siècles les hommes ont pris possession des terres et les anciennes créatures mythiques comme les nains, les elfes ou dragons ne sont plus que des êtres rares et oubliés ; peu sont ceux qui les croisent encore si ce n'est à travers les légendes elles-mêmes. Thor est un ancien guerrier nain qui vit dorénavant paisiblement au sein de son clan avec ces deux enfants et comme vous pouvez vous en douter, il porte le lourd nom de la divinité nordique. Lourd tribu qu'est le sien car les hommes sont venus capturer des nains afin d'agrémenter leurs cirques et divertir la populace ... Mais la loi est la loi et selon celle des nains, il faut répondre au sang par le sang; ni une, ni deux, une expédition punitive, dont Thor fait partie, prend pied et marche fièrement, la hache à la main, afin de libérer les survivants et venger les morts. Mais tout ne se passe pas comme prévu, et pris au piège, les nains vont devoir vendre chèrement leur peau et se battre à mort ... Thor luttera de manière acharnée; lors d'un ultime combat, désarmé, il défiera le chef du clan humain et celui-ci, le narguant , acceptera le défi en lui lançant un marteau de forgeron comme unique arme! Le combat commence et s'arrêtera quand un éclair foudroiera l'adversaire de Thor d'un seul coup. A partir de là, la légende peut enfin renaître. Thor est-il la réincarnation du dieu ? Et si la magie revenait sur Midgar ? C'est bien connu, chaque héros à son Nemesis ... Thor a Loki mais est ce que Loki a tort? Voilà un calembour qui vous soulèvera un rictus niais je n'en doute pas, mais c'est pour dire qu'ici on a une histoire des plus solides et maîtrisées pour une invitation à revisiter certains mythes légendaires accompagnés de personnages dont on ne demande pas mieux d'approfondir leurs histoires ... Des couleurs sombres, appropriées qui vous donneront même une certaine impression de moiteur, et un dessin à ne plus dire que c'est bô. Si en plus, on nous inclut dans cette première édition 6 planches de croquis qui nous montrent, comme si le besoin s'en faisait sentir (franchement!), le talent et la maîtrise du dessinateur , moi je dis que c'est à suivre. Alors une chose est sûre , si le Thor tue ... à tort ou à raison, qu'est-ce que vous attendez pour aller l'acheter ? Perso, je suis curieux de savoir si la suite va être à la hauteur car le Ragnarok gronde et Loki n'est sûrement pas très loin ... Avis sur le tome 2 : Si j’avais un marteau … Claude François était un vrai visionnaire et avait déjà tout compris ; d’ailleurs sur ce coup-là voici Mjolnir tome 2 : Ragnarok , suite et fin de cette histoire de marteau et de dieu nordique avec un Thor et Loki qui se retrouvent réincarnés dans des corps d’humains afin qu’ils acquièrent un peu d’humilité. On les avait quittés dans le premier épisode avec leur rencontre titanesque et la découverte de leurs identités prêts à se marteler les dents ; et les voici « copain-copine » dans cette suite qui annonce le grand retour de la magie dans le monde des hommes et qui va réveiller de vieilles querelles. C’est Odin qui va s’en mordre le bout des doigts car, d’un pas unis, les hommes, les nains et les elfes vont marcher sur Asgard menés par Loki et Thor ,histoire de montrer à Odin qu’ils ne sont pas contents. Une épopée visuelle aux allures de Seigneur des Anneaux qui revisite sous format d’un diptique le mythe des frères Thor et Loki et plaira aux fans de fantasy et saga masculine (très peu de donzelles par ici ^^) Déjà, l’objet nous présente une belle couverture avec effet relief, brillance et tout et tout mais on ne me la fait pas à moi. J'ouvre l'objet précautionneusement et, malgré un démarrage un peu hardu (difficile de trouver le raccord scénaristique avec le premier volume) et passé ce petit doigtage et douleur rectale, l’histoire bat son plein et nous envoie vitesse v-v’ dans l’histoire. Pierre-Denis Goux nous balance encore une fois une belle démonstration de son talent avec un choix du dessin et des couleurs particulièrement rudes, vivantes et sombres à la fois. Peru, quant à lui, nous a concocté un scénario bien charpenté avec des personnages à la personnalité beaucoup plus complexe qu'il n'y parait et une vision du mythe surprenante qui ma foi, m'a bien titillé le kilt. Par contre l’on sent tout de même que Goux est plus qu’à l’étroit pour raconter visuellement la fin de l’histoire ; seule solution pour s’en sortir c’est de nous servir vers la fin du récit des raccourcis, flashbacks, découpages de cases trop agressifs qui font qu’au total, cette suite divinement menée aurait bien mérité quelques pages supplémentaires afin de finaliser cette quête.Et tout cela la faute à qui ? Un peu tout le monde en fait, vu que le format de bd franco-belge essaye de publier avec un nombre de pages bien précis (ici 48 planches, la misère comparativement avec d’autres éditeurs), les auteurs qui ont accepté le challenge avec un scénario audacieux mais avec la main un peu trop lourde pour le final-cut (bande de sauvage) ? Mais je chipote encore une fois car malgré cela, ce Thor est un des must de l'année 2013. Un excellent opus à la hauteur du projet et qui clôturera cette sombre saga et qui introduira le nom du nain Thor dans la légende (manque plus que des chœurs féminins et je me mets au karaoké, c’est du bon !).
Excalibur - Chroniques
Et voilà que je me fais rattraper par la mythologie celtique et les légendes arthuriennes... Après y avoir, il y a quelques années, passé "quelques heures" de lecture et de recherche, à naviguer entre Jean Markal, Marion Zimmer Bradley et Chetien de Troyes, j'avais un peu contenté ma curiosité sur le sujet. Non pas que j'en ai fait le tour, mais bon, les passions, ça va ça vient, et puis un jour ça vous rattrape. C'est donc avec curiosité que je me suis lancé dans la lecture de cet album, heureux de retrouver un univers qui m'est cher. Première impression à l'ouverture, chouette dessin ! Alain Brion que je découvre avec cette BD a beaucoup de talent ! Ses personnages ont de la gueule, ses décors fourmillent de détails qui rendent son univers vivant, et ses paysages comme ses scènes de batailles sont majestueux ! J'ai juste été gêné par la colorisation sur certaines cases, quand Morgane, Uther ou Ygerne apparaissent. Leur cheveux orangés contrastent souvent trop avec le reste de la case et en cassent l'harmonie. Cela m'a surtout sauté aux yeux en comparaisons d'autres planches (dont certaines en pleine page) sont complètement maîtrisées tant dans la composition que dans la colorisation. On sent que le sieur s'est inspiré du travail de Frazetta. Alors pourquoi un simple 3/5 me direz-vous ? Et bien à cause de deux points qui ont perturbés ma lecture. Tout d'abord, j'ai été gêné dans ma lecture par la voix off qui fait office de fil conducteur à ce récit. Elle n'arrive pas à s'intégrer pleinement au récit, qui en devient un peu haché. Ça peine à trouver son rythme et la fluidité du récit s'en ressent. Rien de bien grave pourtant. Ce qui m'a le plus déconcerté venant de la part de Jean-Luc Istin au vu de sa bibliographie sur le sujet, c'est les libertés qu'il a pris par rapport à la légende arthurienne. La ruse de Merlin pour faire entrer Uther dans la forteresse de Gorlois et s'unir à Ygerne qui donnera naissance à Arthur, est ici remplacée par tout autre chose ! On suggère la référence, mais en la transformant sans raison valable... Perplexe le PAco sur ce coup là... Enfin, dernier détail, au vu du titre de la série, je m'attendais plus à ce que l'épée de légende serve de prisme et de pivot au récit. Et bien non, pas vraiment. Même si bien sûr elle en assure quand même la trame, cela reste ténu et pas plus valorisé que cela. Alors espérons que la suite de cette saga très bien illustrée et mise en page se poursuive, mais sans écorcher plus avant les événements clés de cette saga arthurienne. **** Après lecture du tome 2 **** C'est donc sur une meilleure impression que je referme ce second tome. Les réticences et les quelques points qui m'avaient gêné lors de ma première lecture ont vite été oubliés. J'ai même enchaîné la lecture de ces deux tomes avec grand plaisir, et j'en attends maintenant la conclusion avec une certaine impatience. C'est donc sur cette bonne impression que je remonte ma note à 4/5, principalement pour deux raisons. Tout d'abord, le traitement personnel que propose Jean-Luc Istin de cette saga arthurienne m'a beaucoup moins dérangé qu'à ma première lecture. La transposition qu'il en fait, apparait avec ce second tome plus cohérente et tient vraiment la route. Ses personnages prennent de la profondeur et l'univers qu'il campe, à cheval entre légende et Histoire, fonctionne finalement très bien. C'est ensuite la narration qui gagne en fluidité avec ce deuxième tome. La voix off qui m'avait un peu dérangé dans le premier tome par son omniprésence, est ici beaucoup plus discrète ; du coup les dialogues rendent le récit plus fluide et vivant. Quant au dessin d'Alain Brion, il est toujours aussi efficace et magnifique. Je me suis même habitué à sa colorisation parfois assez tranchée, qui rends au final à merveille les ambiances qu'il crée. Ses compositions de planche restent également très bien pensées et donnent l'élan nécessaire pour mettre en valeur l'intensité des moments clés du récit. Bref, un très bon second tome qui je l'espère donnera lieu à un dernier opus sorti du même tonneau pour conclure cette trilogie en beauté
Whiteout
J'avais bien aimé le film mais les BDs sont bien meilleures. Le volume 1 est plus ou moins semblable au film, une enquête policière assez classique qui compose son originalité avec l'environnement extrême du Pôle Sud. Rien ne se déroule donc comme d'habitude, et les précautions à prendre sont de rigueur. La BD est par ailleurs moins lisse que le film ; les scènes d'action ne tombent pas dans le piège hollywoodien de l'excès, c'est bien plus crédible et d'autant plus aride. De même on a à la place de la jolie Kate Beckinsale une héroïne trapue, musclée, avec un sale caractère, taillée pour se faire une place dans un milieu majoritairement masculin. Le volume 2 a un scénario plus léger et qui n'aboutit pas réellement au niveau de l'intrigue, mais il a un côté ludique ; il confronte une troupe de militaires d'élite de la Russie au Pôle Sud, et nous fait ainsi le récit des dangers visibles ou invisibles, de petits inconvénients de la vie de tous les jours qui deviennent des drames face à l'hostilité glaciale et capricieuse. Encore une fois l'environnement fait tout le sel de cette histoire, que j'aurais tout de même souhaité plus étoffée, avec le retour de la même héroïne. À défaut d'être original sur les histoires, les deux volumes sont dépaysants à leur manière, avec des personnages tout en contrastes.
Adolphus Claar
Une bonne série du regretté Chaland qui est mort bien trop tôt. Déjà j'adore le dessin de Chaland qui était un grand dessinateur. Son trait est dynamique et c'est une version moderne du dessin des années 50 style Jijé ou Franquin. J'aime comment il dessine les personnages et les décors qui sont souvent de vrai bijoux. Les différentes histoires m'ont bien fait rire. L'humour de Chaland peut être à la fois bon enfant et aller très loin dans le cynisme. De plus, il n'y a qu'un seul album donc Chaland n'a pas eu le temps de se répéter comme c'est le cas de plusieurs séries humoristiques qui durent trop longtemps.
Macadam Valley
Peur du noir ? Frigorifié par les préceptes moraux du comique et son éthos sévère du comment et de qui se moque-t-on ? Non ? Tant mieux ! Car l’humour de potence n’a pas de tabou. Et il m’est pénible de concevoir une culture BD équilibrée et sage spoliée de sa poésie ébène. Amputée des plaisirs masochistes, incontournables, d’un libre arbitre tiraillé entre la spontanéité du rire et le flegme de la décence. Haro donc ! Décrassons nos inhibitions ! Fustiger la stupidité, conjurer les angoisses en nous gloussant de la réalité (pour ne pas en pleurer ?) ! Si le panorama de cette politesse du désespoir (joliment baptisé par Achille Chavée) ne nous autorisait qu’une œillade orpheline, adoptons les sentiers imagés de Macadam Valley. Alors bienvenue ! Dès les premiers pas, d’aucuns relèveront une filiation singulière. Du format italien aux tonalités gémellaires de la couverture, depuis la construction narrative jusqu’en toile de fond, voire un clin d’œil ironique dans le titre, l’album transpire l’aura du sensationnel « Ice Haven ». Hommage décalé ou hasard croustillant ? Passons. Les chemins divergent là où Clowes acère son pamphlet social en exhibant la banalité du quotidien alors que Dessy emprunte les voies de la loufoquerie acide. En effet – revenons à notre bourgade avenante –, la bande à Ben, avec ses bouilles à croquer et ses éraflures à la tirelire, trimballe son déphasage existentiel aux quatre coins de la vie de tous les jours. Et c’est Monsieur le Maire qui régale ! Castagnant les conventions du savoir-vivre à coups de strips ravageurs, boxant les convenances avec un cynisme hilarant, rimant irrévérence avec intelligence dans l’acuité de la figuration. Crédulité, effronterie, surprise, fatalité, inquiétude (même les ustensiles jouent du sentiment) ; l’attirail de la bonhommie est prodigue et chaque nouvelle expression, chacune des mues émotionnelles confond par son éloquence unique. Affinant les perceptions, épurant les images, la ligne sobre, minutieuse, émancipe les ultimes idées encore dissimulées. Les saynètes achèveront de se dénuder aux outils de la dérision : mots valises librement réinterprétés, symbole ou propos empoigné au pied de la lettre, croche-pieds graphiques et parodie salée… Soumis par le talent, aiguisés de subtilité, ils façonnent le détachement glacé de chutes à plusieurs temps. Absurdes ou choquantes. Jubilatoires, mais sans mépris. Je voue une reconnaissance affectueuse à l’auteur pour tous ces courts tableaux salutaires qui continuent d’habiter ma mémoire, longtemps après les avoir lus. Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer l’un de mes favoris (Strip 51 du blog ; il n’est pas dans le bouquin, mais on s’en fout). Un petit garçon en chemise de nuit se tient immobile sur le pas de la porte. Une moustache « brosse à dents » tristement célèbre orne sa lèvre supérieure et une longue mèche balaye son front. Visiblement, le gamin sort d’un sommeil agité et il observe son père lisant le journal dans son fauteuil. Le papa : « - retourne te coucher Adolf… Ça n’existe pas les monstres » *Terrassé par le triple effet kill cool : se figurer un des pires criminels de l’humanité en mouflet inoffensif / s’interroger sur ce qui pouvait bien lui coller les miquettes (qui hantait ses cauchemars ?) / LA réplique laconique assenant le coup de grâce Prêt à succomber ? Que Belzébuth vous patafiole si vous n’y trouvez pas le bonheur ! Apostille : c’est avec une mauvaise foi occasionnelle que je conseille l’achat. Il serait déloyal de soutenir l’urgence impérative à acquérir l’objet. Il y a beaucoup moins de matière dans le bouquin que sur le blog (y’a un blog, je ne vous l’avais pas dit ?), et l’on peut, avec la même injustice, reprocher la brièveté d’une lecture réclamant moins de temps qu’il n’en faudra pour parcourir cette
assommanteexceptionnelle chronique. Pour ma part, je privilégie le support papier et, par dessus tout, il faut encourager l’auteur…Q
La collection BD cul des Requins Marteaux confirme avec cet opus sa qualité d’ensemble. Et je pense qu’on tient là le plus réussi et le plus original de la collection ! J’ai vraiment apprécié le dessin, en Noir et Blanc (sauf à la fin), presque façon gravure de mode parfois, en tout cas simple et efficace. Et poétique – oui, un érotisme poétique où l’on abuserait du stupéfiant image ! Si ces dessins (une illustration par page, narrant les tribulations de madame Main et de monsieur Bite qui peinent à vivre ensemble une histoire d’amour) sont fortement érotiques, on est souvent plus dans l’évocation, voire l’humour (assez foutraque) qu’autre chose. N’achetez pas ce livre pour y trouver des copulations orgiaques comme peuvent le proposer d’autres titres faisant moins confiance à l’imagination. Lecture et achat recommandés donc pour cette oeuvre rafraichissante.
De Silence et de Sang
3.5 Je précise que je n'ai lu que le premier cycle de 10 tomes car le deuxième ne me donne pas trop envie et spécialement après avoir lu les premières pages du tome 11 qui se trouvent à la fin du tome 10. J'ai lu cette série parce que j'aime beaucoup lire des récits sur les gangsters et la mafia. Je trouve cet univers fascinant et j'aime lire des scènes où des mafieux font des alliances, se trahissent entre eux.... Les complots et tout ça je trouve cela intéressant. De plus, il y a un coté historique qui fait que j'ai appris plusieurs choses quoique j'aurais préféré savoir distinguer ce que le scénariste a inventé et ce qui est arrivé dans la vie réelle. Il y a aussi quelques défauts dans le scénario : il y a un peu trop de personnages, on parle aussi d'autres mafia que de la sicilienne et cela donne l'impression que le scénario va un peu dans tous les sens et cela n'aurait pas fait de mal d'avoir moins de tomes, mais globalement j'ai eu un réel plaisir à lire cette série. Pour ce qui est des dessinateurs, j'ai surtout apprécié le travail de Mitton. J'adore son graphisme réaliste (tellement que je trouve dommage que le format ne soit pas plus grand car j'aurais aimé pouvoir admirer avec précision son dessin) et le choix des couleurs est souvent excellent.
Ma révérence
Ma révérence, ou les péripéties de deux protagonistes qui se prennent pour Raskalnikov de Crime & Châtiments de Dostoïevski. Et le récit tourne autour de comment braquer un fourgon. Pour l'un, afin de faire ensuite la belle à Las Vegas, et pour l'autre, tel Robin des Bois, soutenir des œuvres humanitaires. Mais comme les deux personnages - aussi différents l'un que l'autre - qui mènent la danse sont surtout des super-loosers en puissance, l'on passe tout le long de la BD, d'un dérapage à l'autre, et à une succession d’événements inattendus coquasses. La qualité de la narration nous amène aussi à quelques passages hilares ! D'autres, humainement touchants. La fin est surprenante puisque du meilleur "happy end" qui soit ! Le dessin a d'emblée trouvé ses marques dès la première planche, et convient exactement au récit proposé ! C'est LE casting de rêve ! Un sans faute.