Les derniers avis (31982 avis)

Couverture de la série Touti Frouti
Touti Frouti

J'aime bien l'univers de Loup, et je dois dire que cet album est clairement mon préféré de l'auteur. C'est un recueil d'histoires courtes (moins d'une dizaine de pages à chaque fois) avec un déroulé par bande le plus souvent (pas de gaufrier et de cases classiques). Cela se lit assez rapidement, car les dialogues sont courts. En tout cas c'est très drôle - pas de franche rigolade, mais sourire garanti, voire plus, car l'univers développé par Loup est vraiment marrant. C'est un humour parfois noir, mais toujours absurde (à la limite du poétique aussi), un absurde parfois proche d'Edika (un même amour pour les gros nez allongés les rapproche d'ailleurs aussi). Avec ses personnages loufoques, qui s'expriment souvent par borborygmes, Loup nous dévoile une galerie délirante. Son dessin ne s'embarrasse pas de décors, et utilise un Noir et Blanc gras et réussi. Voilà un album chaudement recommandé ! Même si sa rencontre n'est pas des plus aisées.

27/01/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Dent d'ours
Dent d'ours

J’ai beaucoup aimé cette série injustement notée et qui pourtant mérite le détour. Une histoire avec trois points de vue différents selon le trio de personnage. Amour, Amitié et Aviation vont se conjuguer pour notre plus grand plaisir. Oui, nous avons la note triple A. Tome 1 : Max Trois amis d’enfance réunis autour d’une passion commune l’aviation mais la Seconde Guerre Mondiale se profile à l’horizon. Ils vont être séparés dans des camps adverses. Nous suivons surtout le parcours de Max qui est d’origine juive polonaise et obligé de fuir aux Etats-Unis afin d’échapper aux persécutions par les nazies. Cependant, il va être arrêté car soupçonné d’espionnage par l’armée américaine. Bref, tout ne sera pas rose et aussi clair que cela. De nombreux flash-back mais qui sont faciles à suivre. On entre tout de suite dans l’ambiance. Il est question d’amitié bouleversée par la guerre. Yann réussit encore à nous surprendre avec cette belle fresque historique. Certes, c’est classique dans la trame et dans le dessin mais c’est diablement efficace. Il arrive toujours à apporter quelque chose qui retient l’attention des lecteurs. Bref, il possède le talent d’avoir la maîtrise dans un univers certes connu sur la montée du nazisme. Un bon premier tome qui laisse augurer une aventure prometteuse. Tome 2 : Hanna J’ai bien aimé ce second tome. L’histoire prend un peu plus de temps pour se mettre en place mais c’est pour notre plus grand plaisir. Il est vrai que les choses sérieuses commencent. Les personnages ne nous laisseront pas insensibles. Certes, le trio amoureux n’est pas une chose nouvelle. Cependant, on succombe quand même. Les scènes d’action sont assez spectaculaires. Pour la partie historique, on découvre à quel point les allemands avaient conçus des avions en avance sur leur temps à la fin de la Seconde Guerre Mondiale qui était perdu perdue pour eux. Mais il est vrai que l’aéronautique sert de prétexte à une aventure humaine beaucoup plus grande et complexe qu’il n’y parait. Bon à savoir : Hanna Reitsch a réellement existé. Les personnages sont réellement attachants. Du côté du dessin, j’observe une assez bonne homogénéité. Oui, c’est classique mais il n’en demeure pas moins avec beaucoup de charme. J’ai même trouvé du dynamisme dans les scènes de combat aérien. Un second tome très efficace. Tome 3 : Werner Il fallait réussir le tome de conclusion et c’est chose faite. Le scénariste évitera le piège de la précipitation. L’aventure est toujours aussi passionnante et cela le restera jusqu’au bout. Le scénariste a su garder un rythme constant dans la narration. Une bonne utilisation des couleurs avec un rouge dominant. Les scènes de survol dans un Berlin en ruine sont assez éloquentes. On notera également un travail de recherche technique assez poussé. Que dire également de cette finesse des traits et du cadrage assez moderne ? Que du bien en tous les cas. Une conclusion réussie avec un retournement inattendue mais qui laisse également place à une grande ouverture. On attend le prochain vol avec impatience sans doute dans un second cycle. On observe une déclinaison assez intéressante de couleur au fil des couvertures. La première est de couleur clair à savoir bleu turquoise. La seconde s’assombrit avec l’utilisation du gris-marron. La dernière est rouge sang. J’ai lu ces trois tomes dans un impeccable coffret réalisé par la maison d’édition. C’est irréprochable sur la forme. Sur le fond, on passe un excellent moment de lecture. Bref, c’est du solide !

27/01/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Joker (Benjamin Adam)
Joker (Benjamin Adam)

Un album brillant dans sa narration mais qui demande une attention soutenue du lecteur. Le procédé narratif qui consiste à passer d'un personnage a l'autre sans cesse peut, il est vrai, lasser quelque peu sur la fin de l'album. Le dessin me plait beaucoup. Les sous-entendu sur le petit monde de la presse mis en scène dans l'album et les allusions à des publications existante (Charlie-Hebdo, Canard enchaîné...) m'ont beaucoup amusé. Ma vraie note serait 7/10. Je dois donc arrondir ma note et je ne peux me résoudre à ne donner que trois étoiles à un album aussi original.

27/01/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Vénéneuses
Vénéneuses

Vénéneuses raconte l'histoire de Domitille et Noum, deux adolescentes de quinze ans, amies depuis leur petite enfance. Éprises de cette rage adolescente qui les fait désirer tout, tout de suite, elles brûlent la vie par les deux bouts, ne sachant pas très bien comment être aimées des garçons sans devenir à leurs yeux des filles de mauvaise réputation. Usant de couleurs ultra vives et d'un trait fin et délicieusement sinueux, Thomas Gilbert dresse une troublante et funeste fable sociale à travers un double portrait d'adolescentes aussi troublantes qu'effrayantes. Un travail d'équilibriste pour une chute mortelle. Je peux comprendre les deux avis ci-dessous. Il est difficile de comprendre ces jeunes filles, de les trouver sympathiques et d'avoir de la compassion pour elles, mais je ne pense pas que c'était le but de l'auteur. J'ai pour ma part été complètement pris par ce récit, assez original en bande dessinée.

26/01/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Démokratia
Démokratia

Demokratia est le récit d'un futur proche très crédible. Deux petits génies imaginent un concept révolutionnaire. Une androïde à l'apparence humaine tout à fait trompeuse va être dirigée en ligne par une communauté composée de 3000 internautes recrutés au hasard par un procédé viral. Demokratia est une sorte de jeu vidéo avec retour sur le réel. Les agissements de l’androïde Mai sont le résultat d'un système complexe de votes qui laisse aussi une part à l'initiative et l'improvisation. Mais la majorité a-t-elle toujours raison ? L’œuvre entière du mangaka Motorô Mase est placée sous l’emblème de l'anticipation proche qui interroge la science et ses conséquences sociales. Et c'est passionnant.

26/01/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Les Beaux Étés
Les Beaux Étés

Eté 1973, une famille belge part sur la route du sud à bord de leur 4L, direction l'Ardèche. Jusque-là, rien d'extraordinaire, si ce n'est qu'ils ont embarqué avec eux Tchouki, l'ami imaginaire de leur gamin et que la famille est au bord de l'implosion. Avant d'entamer une procédure de divorce, les parents ont décidé d'offrir à leurs enfants de dernières belles vacances en famille. Ce premier tome de la série « Les beaux étés » nous présente une famille attachante. Zidrou sait titiller notre corde sensible sans trop en faire. Il juxtapose avec habilité les exigences du monde des adultes avec l’insouciance de celui des enfants. L'ensemble, plein de tendresse, est magnifiquement mis en scène par le trait sûr de Jordi Lafebre.

26/01/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Rosa
Rosa

Normandie, début du XXe siècle, Rosa, dont le mari, de 25 ans son aîné est malade de la tuberculose, va devenir l'objet d'un bien étrange pari. Afin de payer les soins de son homme malade, elle accepte de devenir juge d'un petit groupe d'hommes du village dont chaque membre pense être le plus viril. Imposant ses propres règles, elle va donc se mettre à « tester » chacun d'entre eux. Position idéale pour découvrir leurs ambitions et failles personnelles de ces hommes et peut-être, au bout du compte, tirer son épingle du jeu. A partir d'un postulat paillard, François Dermaut dresse un portrait de la cupidité et de la concupiscence des hommes. Se faisant, il restaure la souveraineté féminine d'une belle manière, avec humour et psychologie. Il faut aussi souligner ce sens aigu du pittoresque : le dessinateur sait aligner les personnages édifiants et les affubler de fabuleuses trognes. C'est que cet album contient de la nature humaine...

26/01/2016 (modifier)
Couverture de la série La Fabrique pornographique
La Fabrique pornographique

Nouvelle collection des éditions Casterman, Sociorama nous propose d’analyser notre société (ou du moins certains de ses aspects) via des bandes dessinées en petit format et en noir et blanc. Première œuvre lue dans cette collection, La Fabrique pornographique m'a permis d’entrer dans l’univers du porno (wouhouuu). En s’appuyant sur une enquête de Mathieu Trachman, Lisa Mandel nous offre un récit sans langue de bois, aussi instructif qu’amusant. Et même si certains aspects plus sombres de la profession sont également présentés, c’est l’humour qui domine. Pour nous faire pénétrer dans cet univers, Lisa Mandel exploite l’idée classique du jeune néophyte qui a encore tout à découvrir. Grâce à ce personnage, les divers aspects de la profession nous sont présentés de manière naturelle, sans que l’on ait le sentiment de lire un documentaire. La légèreté de ton et l’humour démythifient cet univers, et si les scènes sont explicites, il n’y a rien ici de réellement excitant puisqu’on détricote le processus qui permet de créer l’illusion d’un fantasme parfaitement réalisé. Le trait de l’auteure varie en fonction des circonstances. Vif et caricatural la plupart du temps, il se fait plus soigné lorsqu’il illustre le résultat filmé. Ce procédé nous permet de distinguer la réalité de la fiction et d’ainsi renforcer l’opposition entre les circonstances de tournage (souvent à la bonne franquette et soumis à des impératifs techniques et financiers) et le résultat final à l’esthétique explicite. Ben oui, pour filmer une double pénétration sans qu’une jambe ne vienne ruiner notre angle de vue, il vaut mieux, parfois, pour les acteurs, faire montre de souplesse et d’ingéniosité. Rien ne nous est caché et le dessin en choquera plus d’un. En même temps, le sujet de l’album ne prête pas vraiment à équivoque… pas plus que la couverture de celui-ci. J'ai dévoré ce récit, tant je l'ai trouvé vivant et instructif, explicite sans tomber dans de la vulgarité gratuite et étonnant à plus d'une occasion (le coup des cascadeurs m'a franchement ébahi). Je n'hésiterai donc pas à découvrir d'autres œuvres de cette collection et je ne peux que vous inviter à découvrir celle-ci, franchement sympathique.

26/01/2016 (modifier)
Couverture de la série Napoléon Bonaparte
Napoléon Bonaparte

L'éditeur promet de l'Histoire, de l'aventure, de l'action, de l'émotion, et pas d'imagerie d'Epinal. Soit, on est prêt à le croire lorsqu'on voit le résultat. Encore du Napoléon direz-vous ? Ben oui, quand c'est bien, on compte pas... Cette série initiée au départ par Jacques Martin dans le cadre de la collection "Jacques Martin présente..." est finalement après le décès de Martin, lancée par Casterman en tant que série à part entière en 2010 et non plus en tant que documentaire illustré. Alors qu'on la croyait avortée, elle redémarre en 2013, toujours dans un style très classique qui a fait la gloire des récits historiques du journal Tintin (voir Les Meilleurs Récits de...), sur un mode un peu didactique mais très plaisant ; plusieurs critiques n'hésiteront pas à se moquer de cette formule très franco-belge, avec un dessin de Torton de type Ligne Claire, qui selon eux semblait ringarde et austère. Ce jugement un peu sectaire ne tient pas compte du fait qu'il y a un public attaché à ce genre de lecture ; je n'ai pas honte d'en faire partie, même si je reconnais que la mise en page, le découpage et la dynamique narrative sont plutôt à l'ancienne et que ça ronronne par endroits. Mais ce qui est important, c'est d'apprendre, et avec cette série qui a misé sur une authenticité basée sur une documentation solide, on apprendra plusieurs choses sur cet homme qui changera le destin de la France. Je ne vais pas dénigrer le dessin de Torton qui fut un des meilleurs du journal Tintin à sa grande époque, et pour qui j'ai gardé une certaine admiration ; son trait est toujours aussi appliqué, clair et net, précis dans les costumes, c'est du beau travail. Le tome 1 s'attarde un peu, c'est intéressant parce que ça explore des épisodes où certaines autres Bd sur Napoléon ont tendance à passer plus vite ; le tome 2 est moins condensé aussi, le scénariste passe plus de temps à conter les premières grandes batailles de Bonaparte et à rendre le personnage plus humain, épris de liberté et au caractère trouble et subtil, si bien que sur le tome 3, qui embrasse une plus grande période, le scénariste doit faire des raccourcis. Le tome 4 termine la série en couvrant la période 1811-1821, et comme le précédent, il doit faire énormément de raccourcis entre la campagne de Russie bien rendue, et Waterloo, avec une bataille que j'ai trouvée plus clairement expliquée que ce que j'ai pu voir dans d'autres Bd. S'ensuit l'abdication, les adieux dans la cour de Fontainebleau, le passage à Rochefort puis dans l'île d'Aix, dernière étape sur le sol français avant l'embarquement vers Sainte-Hélène. Les dernières pages qui sont consacrées à cet isolement rarement montré en BD, sont parfois poignantes, mais là encore, la fin du format oblige Torton à conclure rapidement avec la mort de Napoléon et son mot ultime, en cela conforme aux nombreuses gravures connues. A l'heure où plusieurs Bd mettent en scène Napoléon ( Napoléon (Osi) ou la version de Glénat dans la collection "Ils ont fait l'Histoire"), celle-ci ne démérite pas, même si on n'en a pas parlé assez ; elle souffre d'un défaut majeur qui est la disproportion de la narration, et elle pourra déplaire à un public peu réceptif à ce genre de narration et de dessin, mais l'entreprise est ambitieuse et soignée, et peut prétendre à figurer sur le podium des séries réussies sur le sujet. Ma note reste inchangée.

11/12/2014 (MAJ le 26/01/2016) (modifier)
Par canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Nefer
Nefer

De l'originel à l'original, on plonge dans un dessin un peu statique mais voluptueux. Des dieux qui déclinent, des hommes-fourmis qui craignent les hommes-ramures et une jeune femme qui se rebelle et monte sur l'épaule d'un dieu. Comme dans le Roi Ours, c'est cette intimité entre un dieu et une jeune femme, ici qui reste chaste, qui crée l'histoire, la noue et dénoue. La princesse Nefer s’échappe des griffes de son mari violent, le roi des hommes pâles, et "Brumbolung brag!", elle vient butter contre le pied de la tour du septentrion. Ici les dieux sont les tours sur jambes d'un château-fort démantelé. Des tours au visage d'argile. Le dessin à l'encre noire et adouci par des hachures au crayon de couleur, aux ombres pâles et aux couleurs vives. La technique est difficile à réussir, mais je trouve qu'ici, c'est le cas. L'ambiance est déroutante. Le visage de Nefer est séduisant, avec de grands yeux dorés et des boucles noires qui viennent la chatouiller. Moins beau que le roi-ours, mais profondément intrigant.

25/01/2016 (modifier)