Cette série porte rudement bien son nom ! "Barakamon" est une expression du sud du Japon qui signifie "avoir la pêche" et on peut dire que les personnages de cette histoire ont une bonne humeur communicative et ce n'est pas désagréable du tout pour le lecteur.
L'histoire est celle d'un jeune, beau et talentueux calligraphe de 23 ans, un peu imbu de sa personne qui, un jour, envoie assez violemment balader un conservateur de musée qui venait de critiquer son art. On l'envoie alors "se ressourcer" au fin fond d'une petite île du sud de l'archipel japonais, dans un coin paumé et bien loin de ses habitudes de citadin. Le calligraphe espère au moins pouvoir travailler tranquille mais va vite se rendre compte que ce n'est pas comme ça que cela fonctionne et que l’ingérence dans la vie privée d'autrui est monnaie courante sur l'île : ça commence par une petite gamine de 7 ans (qui fait furieusement penser à Yotsuba de la série Yotsuba&) qui ne le lâche pas d'une semelle dès son arrivée et ça continue avec le maire, la femme du maire, leur fils, des collégiennes, un instituteur et tous les autres gamins du village... Viennent ensuite se greffer des amis d'enfance et un jeune calligraphe qui va faire concurrence à notre héros.
Cette série est constituée de chapitres qui racontent chacun une tranche de vie de notre citadin confronté à la vie à la campagne et à ses habitants. C'est drôle mais aussi instructif car on apprend des choses sur les traditions japonaises locales (comme le lancer de boulettes de riz pour l'inauguration d'un nouveau bâtiment) et appétissant (la gastronomie locale est mise à l'honneur, et on nous donne même des recettes de cuisine ! ).
Graphiquement, pas de surprise : c'est du manga "classique" mais bien réalisé dans son genre. il n'y a pas de quoi se pâmer devant le dessin, mais il fait très bien son office. J'aime beaucoup aussi le choix qui a été fait de conserver les titres de chapitre en VO (écrits phonétiquement à l'occidentale) avec leur traduction dessous.
Notre maître calligraphe finit par prendre goût à la vie au grand air et en redemande, ça tombe bien, moi aussi !
Le T8 démarre un peu lentement, mais on se retrouve assez vite au coeur d'un enterrement ce qui donne une ambiance toute particulière à l'histoire, on en apprend un peu sur les traditions locales et la petite bande de gamins et de jeunes qui gravitent autour de Maître Handa vivent ces moments à leur manière, toujours agréable à suivre.
Le T9 tourne autour d'une compétition inter-villages, Maître Handa y participe un peu contraint et forcé. C'est très amusant et toujours aussi agréable à suivre. Notre maître calligraphe s'intègre décidément de plus en plus dans ce petit village.
Les tomes 10 et 11 voient débarquer (et repartir) sur l'île les parents du jeune maître ! Entre un père vénéré et vénérable et une mère poule hyper émotive, le séjour ne sera pas de tout repos, pour personne ! Surtout qu'ils veulent (ou pas) marier leur fils avec un mariage arrangé qui ne fait pas vraiment l'unanimité sur l’île...
Une série à suivre, qui donne le sourire et qui ne perd pas le rythme même après 11 tomes !
Franchement pas mal du tout, arrondi à 4/5 pour la bonne humeur communicative.
Le lieu : Paris début des années 1900. Les protagonistes : une troupe de cirque au rabais qui ne fait plus recette. Le pitch : un inventeur fou qui sollicite leur aide pour sauver le monde car il voit en eux toute les qualités requises. En quelques pages l'alchimie de cette histoire gagne le lecteur.
Le graphisme est excellent, il a un coté cartoon des plus appréciables qui donne beaucoup de charme à l'ensemble. On tombe tout de suite sous l'esthétique des visages, expressifs et rigolos. Et surtout ce visuel donne le ton, car si il est question de sauver le monde, c'est avant tout au second degré. En effet, nos justiciers en herbe vont aller de maladresses en désillusions, bien aidés par les inventions pas vraiment au point de leur mentor.
Entre cet inventeur loufoque, sorte de savant fou un peu amnésique, ce qui l'amènera à faire quelques bourdes de plus, entre le grotesque de certaines situations et la petite touche humoristique qui fonctionne plutôt bien, il y a plein de bonnes idées dans cette série. Les inventions qui marchent à moitié et les apprentis justiciers qui s'en sortent sans forcément le faire exprès, ça me fait penser à l'inspecteur Gadget. Mais pas son coté niais, plutôt le coté léger et rafraîchissant. Car c'est tout à fait ça qu'on a ici : pas le polar de l'année, mais bien une aventure divertissante et amusante pour tous publics.
Et au final, je referme ce premier tome divertit par l'histoire, même si celle-ci est un peu légère, et séduit par le graphisme.
J'ai lu les deux premiers volumes tout à fait indépendants de ce triptyque consacré à la lutte des femmes lors de la Commune de Paris. Il est vrai que ce fut un épisode plutôt sanglant de l'histoire des révolutions socialistes. Le bon Monsieur Thiers a massacré plus de 30000 Parisiens de manière tout à fait impitoyable. Quand on songe qu'il y a encore des rues, des avenues ou des places qui portent son nom, on pourrait réellement avoir honte. Mais bon, ce massacreur a paraît-il été réhabilité comme le sauveur de la République et même comme le libérateur du territoire en s'empressant de payer la lourde amende de la défaite à Bismarck. On a eu moins d'égard pour le maréchal Pétain !
Le premier tome met en scène une jeune enfant durant le fameux hiver 1870 où les parisiens résistent courageusement à l'armée prussienne qui l'a assiégée. Victorine qui a seulement 11 ans imagine pouvoir sauver Paris en proie à la famine et au froid en livrant un combat avec des éléphants provenant du zoo. Malheureusement, les choses n'iront pas réellement dans son sens.
Le second tome est encore plus réussi que le premier. Il met en scène une belle et jeune rebelle issue de l'aristocratie russe et qui va devenir la présidente de la première organisation ouvertement féministe d'Europe. On va suivre son combat. On verra également l'erreur fatale commise par la Commune qui a laissé tranquille la Banque de France. En effet, celle-ci n'a pas arrêté de financer les ennemis à savoir les Versaillais. Là encore, l'ignominie de ce bon Monsieur Thiers sera démontrée. Qu'attend-t'on pour débaptiser certaines rues de France ?
Wilfrid Lupano est réellement au sommet de son art en réussissant de raconter une pure fiction avec un vrai contexte historique. Le premier tome a été dessiné par Lucy Mazel. Le second par Anthony Jean. Mention spéciale pour ce dernier car la beauté des planches est manifeste. J'ai beaucoup appris sur le déroulement des faits lors de la Commune. C'est très instructif. J'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à cette lecture qui met en scène des femmes qu'elles soient bourgeoises, ouvrières ou prostituées, célèbres ou anonymes. Tous unis pour un même combat: celui de la Liberté !
J'ai franchement aimé ce tome bien que son récit ne soit pas très original. Il nous permet néanmoins de découvrir les coulisses de Broadway et de ses fameux spectacles enviés par le monde entier. J'ai bien apprécié l'intrigue en plein milieu des années folles ainsi que son efficacité. On est tout de suite dans l'histoire en poursuivant la quête de ses deux frères, Lenny et Georges Chapman, ou de cette danseuse déchue Fanny King.
Le démarrage parait un petit peu lent mais c'est pour mieux installer cette atmosphère particulière. C'est plutôt payant comme choix sur le final et le rendu de cet album par ailleurs joliment dessiné dans un style réaliste et lumineux. La mise en place est ainsi réalisée autour des manigances d'un cabaret dans le milieu très particulier du show-biz. Il s'agit d'un diptyque. On espère que le second tome sera à la hauteur du spectacle. C'est déjà un bon moment de divertissement.
C'est bien beau de n'aviser que le premier tome et de mettre une bonne note sans connaître la suite. Je ne suis pas ce genre de lecteur qui souhaite seulement faire du chiffre. Je reviens toujours sur mes pas surtout lorsque j'apprécie le début. Cela peut prendre parfois un peu plus de temps.
Broadway est un trépident spectacle en deux actes. C'est justement sans doute là où le bât blesse. On a l'impression que c'est trop court, que plein de personnages restent sur le carreau alors que l'intrigue avait été développé. On reste tout de même sur une note positive. Nous avons vécu les difficultés de ce cabaret au cours du premier tome. Il s'agit de vivre l'aventure dans le second et la probable envolée vers les sommets de la gloire. On croisera au détour un certain Charlie Chaplin et même Duke Ellington.
Les décors sont de toute beauté au milieu des ces années folles à New-York. Les costumes d'époque sont véritablement un plaisir pour les yeux. Cela reste très léger au niveau du scénario un certain manque de densité. Pour autant, le divertissement est assuré. Comme on dit, le show must go on.
J'aime à la fois le genre western ainsi que les histoires de vengeance bien assouvies. En l'occurrence, nous sommes bien servis par une histoire haletante dans un style très agréable.
La réalisation me semble parfaite car tous les codes du genre sont habilement exploités. On ne se perd pas dans d'interminables flash-back et la surprise de fin de volume sera de taille. On n'a plus qu'une envie: découvrir la suite de ce diptyque de qualité.
Les auteurs sont jeunes et prometteurs. Ils ont manifestement un certain talent. Avec cette histoire, le western n'en finit pas de se renouveler. Il y a également une bonne utilisation des flash-back. C'est une histoire subtile joue sur la psychologie du personnage principal marqué par un drame durant sa jeunesse.
Comme dit, on va espérer que le second tome sera à la hauteur de nos attentes. Le révérend est pour l'instant un très bon western âpre et violent façon Clint Eastwood.
Le second tome a visiblement accouché dans la douleur quelques années après en témoigne le mot de l'un des auteurs dans la préface. Il faut dire que le précédent éditeur a mis la clef sous la porte. Heureusement que Paquet a réédité le premier tome et a sorti la suite tant attendue par les lecteur.
Le suspense est à son comble afin de savoir si le jeune homme pourra enfin assouvir sa vengeance. Une véritable chasse à l'homme va commencer avec un héros plutôt malmené car blessé et surtout amoureux d'une belle Déborah. Il y a une fin qui reste un peu ouverte mais qui se suffit également à elle-même. Rien à redire côté graphisme: cela me plaît bien malgré un certain classicisme du trait.
Nous avons là un diptyque parfaitement réussi. Certes, cela reste sans surprise mais bien réalisé.
L'aventure de ces Princesses égyptiennes recèle de nombreuses surprises.
Tout commence comme un récit d'aventures somme toute assez classique : les deux filles de Pharaon tentent d'échapper à des conspirateurs qui visent leur père, elles trouvent refuge dans la cité royale abandonnée du pharaon “hérétique” Akhenaton, où elle rencontrent un étrange magicien… L'originalité vient alors du cadre historique, celui de l'Égypte antique, populaire, mais – paradoxalement – rarement traité (correctement) en bande dessinée.
Et puis tout s'emballe, surtout dans le second tome, lorsque le récit, dense et érudit, se met à mêler habilement faits historiques et grands mythes de l'humanité : la tentative de réforme monothéiste d'Akhenaton, l'exode biblique, la fin de la civilisation minoenne, la catastrophe de Santorin, les sept plaies d'Égypte… L'auteur manie avec maestria ces récits en les reliant aux croyances égyptiennes, leur conférant une dimension magique aux yeux du commun, tandis que seuls les sages savent que la magie est avant tout la science des coïncidences.
Bien sûr, suivre Igor Baranko et apprécier son talent de conteur exige quelques notions historiques, mais son récit est bien assez fluide pour passionner le lecteur un peu curieux.
Je trouve qu'il manie aussi magistralement le pinceau et la plume. Ses reconstitutions des palais et temples, tant dans les vues d'ensemble que dans les scènes d'intérieurs plus intimistes, sont somptueuses. Il maîtrise aussi parfaitement ses personnages, qu'ils soient princesses graciles ou vieux prêtres à faces de momies. Je suis d'accord avec Ro, il y a de l'Eduardo Risso chez cet auteur, c'est dire son talent d'illustrateur.
Peut-être que ces deux albums gagneraient à être colorisés, mais rien n'est moins sûr, car le noir et blanc de Baranko dégage une grande force.
En somme, je viens de découvrir les princesses égyptiennes à l'occasion d'une promo chez les Humanos (2 albums pour le prix d'un) et c'est une très belle surprise. Voici un auteur complet, qui nous livre une histoire touffue, dans un style très personnel. A suivre, vraiment !
Mosquito continue la publication des histoires de Vianello, grand ami de Pratt, mais aussi son collaborateur, et on sent un terrain commun : l’aventure.
Les deux histoires de ce recueil se déroulent dans le Grand Nord (comme le nom de l’album le suggère) et font place aux grands espaces sauvages et arides, au froid, et à l’Aventure… comme dans les histoires de Serpieri on retrouve un ton très humain, c’est-à-dire pas bien glorieux la plupart du temps. J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, un peu gâché par une certaine confusion en fin de 1ere histoire (petit souci de narration, ou de traduction ?)
Le dessin en noir et blanc est absolument magistral, pas de reproche de ce côté.
Un album recommandable.
J'ai un peu l'impression d'arriver après la bataille concernant cette série qui c'est le moins qu'on puisse dire aura fait couler beaucoup d'encre. L'univers Steampunk ne m'étais pas totalement inconnu, de par mes lectures autres et à l'occasion de festivals j'ai croisé quelques déguisés grands fans du style vestimentaire.
Personnellement peu adepte du déguisement, me pointer au boulot avec des bouts de tuyaux de cuivres sortant de partout n'est pas pratique, je n'en suis pas moins fasciné par cet univers et les propositions qu'il offre. Avec "Le régulateur" je suis servi et largement. C'est la construction du monde qui m'intéresse ici bien devant mon intérêt pour l'intrigue en elle même.
Attention, j'y accorde aussi de l'importance et outre le décor, le système de société qui nous est montré propose des perspectives pour le moins intéressantes même si je ne voudrais pas y vivre. Mais ça foisonne. Au niveau architectural des éléments qui ne sont pas sans évoquer certaines cités obscures, des perspectives audacieuses et bien maitrisées. Les véhicules ne sont pas en reste et certaines trouvailles concernant les objet du quotidien sont fort bien trouvées.
Un dessin donc assez grandiose et moi aussi je note ce mystère concernant le tome 3, et je ne peux que faire des hypothèses sur des foulures de poignet, des crayons mystérieusement devenus rebelles, bon quoiqu'il en soit sur l'ensemble de la série ce n'est pas rédhibitoire juste empêchant sans doute une adhésion plus complète de ma part.
A lire tout de même et dans le même style mais sans rien copier je ne saurais trop conseiller la lecture dAzimut ou Les Fantômes de Neptune.
Belle découverte, avec ce premeir album qui conjugue reportage sur une expérience d'atelier BD en hôpital psychiatrique pour adolescents et témoignage personnel.
En effet Pauline Aubry nous emmène à l'hôpital Sainte-Barbe, à Paris, auprès de ces enfants qui souffrent dans leurs corps, mais surtout dans leur tête. TOC, dépression, crises de panique, les pathologies sont nombreuses. Pour les aider à se (re)construire, un atelier BD est mis en place, animé par une jeune desinatrice qui a elle-même fait des séjours dans de tels établissements à leurs âges ou plus tard.
Son récit personnel s'enrichit d'ailleurs de celui de ces jeunes gens à la tête cabossée, dont les histoires sont toutes tristes. Mais comme elles, ils pourront peut-être s'en sortir, et se construire.
Le style graphique de Pauline Aubry est naïf, cela ressemble un peu à ce que fait Gilles Rochier par exemple, un style instinctif qui garde la force du premier jet, mais qui gagnerait sans doute en expressivité avec une plus grande maîtrise. Mais rappelons-le, c'est un premier album, très prometteur.
Le récit est découpé en chapitres, scandés par des sentences qu'elle a entendues étant jeune ou écrites par d'autres, lesquels chapitres reviennent sur des aspects de leur malaise. Sur 136 pages, malheureusement, Pauline Aubry ne peut trop s'appesantir, elle a même dû retrancher certaines anecdotes, mais l'essentiel est là, c'est un bel hommage au travail du personnel hospitalier, une réflexion intéressante sur la condition d'adolescent.
En quatrième de couverture se trouve une belle formule, réaliste et porteuse d'espoir :
"Mi-enfant, mi-adulte et complètement mutant. Sur ses sables mouvants, l'ado se construit en marchant."
« C’est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! ». Si cette phrase éveille en vous avec excitation, l’image du mousquetaire romantique à l’eau de rose, passez votre chemin !
Philippe Xavier et Nathalie Sergeef vous emmènent vers un cap de violence et de désolation, celui de l’hiver 1709 qui sévit en France au crépuscule du règne de Louis XIV.
Les auteurs ont brossés dans cette BD historique de cape et d’épée en deux tomes, un portrait somme toute assez crue de l’humanité lorsqu’elle se retrouve dans des situations difficiles.
C’est ainsi que vous suivrez Loys Rohan, un gentilhomme aventurier, chargé par le contrôleur général des finances de confirmer une transaction céréalière sur la côte atlantique auprès d’un capitaine pirate. De cette action, en dépend la destinée du royaume de France engagé dans la guerre de succession d’Espagne et dont les troupes se trouveront bientôt à cours de grain. Voilà pour l’histoire.
En ce qui concerne le scénario, celui-ci est élaboré comme un western, c’est ainsi que Nathalie Sergeef affirme lors d’un entretien « …Il y a le méchant, le lieu spécial, la confrontation finale, celui qui va mourir en chemin ». En revanche les plaines et les forêts enneigées de la campagne charentaise remplacent les déserts de pierres de l’Arizona, tandis que les indiens et les cow-boys mal léchés cèdent la place à des hommes dont l’âme est corrompue par le fanatisme religieux ou par de sinistres superstitions.
Le dessin réaliste de Philippe Xavier retranscrit à merveille la sensation de froid, celui-ci semble présent à chaque instants. Certaines scènes enneigées sont à couper le souffle.
Pour ce qui est de l’ambiance, cet album vous fera froid dans le dos tant le ton de l’histoire est sombre au sens propre comme au figuré. J’en veux pour preuve plusieurs scènes d’intérieurs au château de Versailles ou les pièces sont enveloppées d’une lumière grise, l’éclat habituel des dorures à totalement disparu !
On peine à trouver un peu de chaleur humaine hormis celle présente dans la personnalité de la duchesse. En effet ce désolant hiver et tous les événements affreux auxquels notre héros assiste rendent sa mission très éprouvante pour ses nerfs. On ressent chez lui une volonté d’en découdre froidement avec l’ennemi. Il n’y a alors aucune gloire dans les scènes de combats, la violence y est crue.
Nous sommes loin des chevauchées romantiques de mousquetaires aventuriers. Ici ce n’est pas un héros idéalisé qui est mis à l’épreuve, mais un vrai être humain avec sa part d’humanité.
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Barakamon
Cette série porte rudement bien son nom ! "Barakamon" est une expression du sud du Japon qui signifie "avoir la pêche" et on peut dire que les personnages de cette histoire ont une bonne humeur communicative et ce n'est pas désagréable du tout pour le lecteur. L'histoire est celle d'un jeune, beau et talentueux calligraphe de 23 ans, un peu imbu de sa personne qui, un jour, envoie assez violemment balader un conservateur de musée qui venait de critiquer son art. On l'envoie alors "se ressourcer" au fin fond d'une petite île du sud de l'archipel japonais, dans un coin paumé et bien loin de ses habitudes de citadin. Le calligraphe espère au moins pouvoir travailler tranquille mais va vite se rendre compte que ce n'est pas comme ça que cela fonctionne et que l’ingérence dans la vie privée d'autrui est monnaie courante sur l'île : ça commence par une petite gamine de 7 ans (qui fait furieusement penser à Yotsuba de la série Yotsuba&) qui ne le lâche pas d'une semelle dès son arrivée et ça continue avec le maire, la femme du maire, leur fils, des collégiennes, un instituteur et tous les autres gamins du village... Viennent ensuite se greffer des amis d'enfance et un jeune calligraphe qui va faire concurrence à notre héros. Cette série est constituée de chapitres qui racontent chacun une tranche de vie de notre citadin confronté à la vie à la campagne et à ses habitants. C'est drôle mais aussi instructif car on apprend des choses sur les traditions japonaises locales (comme le lancer de boulettes de riz pour l'inauguration d'un nouveau bâtiment) et appétissant (la gastronomie locale est mise à l'honneur, et on nous donne même des recettes de cuisine ! ). Graphiquement, pas de surprise : c'est du manga "classique" mais bien réalisé dans son genre. il n'y a pas de quoi se pâmer devant le dessin, mais il fait très bien son office. J'aime beaucoup aussi le choix qui a été fait de conserver les titres de chapitre en VO (écrits phonétiquement à l'occidentale) avec leur traduction dessous. Notre maître calligraphe finit par prendre goût à la vie au grand air et en redemande, ça tombe bien, moi aussi ! Le T8 démarre un peu lentement, mais on se retrouve assez vite au coeur d'un enterrement ce qui donne une ambiance toute particulière à l'histoire, on en apprend un peu sur les traditions locales et la petite bande de gamins et de jeunes qui gravitent autour de Maître Handa vivent ces moments à leur manière, toujours agréable à suivre. Le T9 tourne autour d'une compétition inter-villages, Maître Handa y participe un peu contraint et forcé. C'est très amusant et toujours aussi agréable à suivre. Notre maître calligraphe s'intègre décidément de plus en plus dans ce petit village. Les tomes 10 et 11 voient débarquer (et repartir) sur l'île les parents du jeune maître ! Entre un père vénéré et vénérable et une mère poule hyper émotive, le séjour ne sera pas de tout repos, pour personne ! Surtout qu'ils veulent (ou pas) marier leur fils avec un mariage arrangé qui ne fait pas vraiment l'unanimité sur l’île... Une série à suivre, qui donne le sourire et qui ne perd pas le rythme même après 11 tomes ! Franchement pas mal du tout, arrondi à 4/5 pour la bonne humeur communicative.
Les Spectaculaires
Le lieu : Paris début des années 1900. Les protagonistes : une troupe de cirque au rabais qui ne fait plus recette. Le pitch : un inventeur fou qui sollicite leur aide pour sauver le monde car il voit en eux toute les qualités requises. En quelques pages l'alchimie de cette histoire gagne le lecteur. Le graphisme est excellent, il a un coté cartoon des plus appréciables qui donne beaucoup de charme à l'ensemble. On tombe tout de suite sous l'esthétique des visages, expressifs et rigolos. Et surtout ce visuel donne le ton, car si il est question de sauver le monde, c'est avant tout au second degré. En effet, nos justiciers en herbe vont aller de maladresses en désillusions, bien aidés par les inventions pas vraiment au point de leur mentor. Entre cet inventeur loufoque, sorte de savant fou un peu amnésique, ce qui l'amènera à faire quelques bourdes de plus, entre le grotesque de certaines situations et la petite touche humoristique qui fonctionne plutôt bien, il y a plein de bonnes idées dans cette série. Les inventions qui marchent à moitié et les apprentis justiciers qui s'en sortent sans forcément le faire exprès, ça me fait penser à l'inspecteur Gadget. Mais pas son coté niais, plutôt le coté léger et rafraîchissant. Car c'est tout à fait ça qu'on a ici : pas le polar de l'année, mais bien une aventure divertissante et amusante pour tous publics. Et au final, je referme ce premier tome divertit par l'histoire, même si celle-ci est un peu légère, et séduit par le graphisme.
Communardes !
J'ai lu les deux premiers volumes tout à fait indépendants de ce triptyque consacré à la lutte des femmes lors de la Commune de Paris. Il est vrai que ce fut un épisode plutôt sanglant de l'histoire des révolutions socialistes. Le bon Monsieur Thiers a massacré plus de 30000 Parisiens de manière tout à fait impitoyable. Quand on songe qu'il y a encore des rues, des avenues ou des places qui portent son nom, on pourrait réellement avoir honte. Mais bon, ce massacreur a paraît-il été réhabilité comme le sauveur de la République et même comme le libérateur du territoire en s'empressant de payer la lourde amende de la défaite à Bismarck. On a eu moins d'égard pour le maréchal Pétain ! Le premier tome met en scène une jeune enfant durant le fameux hiver 1870 où les parisiens résistent courageusement à l'armée prussienne qui l'a assiégée. Victorine qui a seulement 11 ans imagine pouvoir sauver Paris en proie à la famine et au froid en livrant un combat avec des éléphants provenant du zoo. Malheureusement, les choses n'iront pas réellement dans son sens. Le second tome est encore plus réussi que le premier. Il met en scène une belle et jeune rebelle issue de l'aristocratie russe et qui va devenir la présidente de la première organisation ouvertement féministe d'Europe. On va suivre son combat. On verra également l'erreur fatale commise par la Commune qui a laissé tranquille la Banque de France. En effet, celle-ci n'a pas arrêté de financer les ennemis à savoir les Versaillais. Là encore, l'ignominie de ce bon Monsieur Thiers sera démontrée. Qu'attend-t'on pour débaptiser certaines rues de France ? Wilfrid Lupano est réellement au sommet de son art en réussissant de raconter une pure fiction avec un vrai contexte historique. Le premier tome a été dessiné par Lucy Mazel. Le second par Anthony Jean. Mention spéciale pour ce dernier car la beauté des planches est manifeste. J'ai beaucoup appris sur le déroulement des faits lors de la Commune. C'est très instructif. J'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à cette lecture qui met en scène des femmes qu'elles soient bourgeoises, ouvrières ou prostituées, célèbres ou anonymes. Tous unis pour un même combat: celui de la Liberté !
Broadway
J'ai franchement aimé ce tome bien que son récit ne soit pas très original. Il nous permet néanmoins de découvrir les coulisses de Broadway et de ses fameux spectacles enviés par le monde entier. J'ai bien apprécié l'intrigue en plein milieu des années folles ainsi que son efficacité. On est tout de suite dans l'histoire en poursuivant la quête de ses deux frères, Lenny et Georges Chapman, ou de cette danseuse déchue Fanny King. Le démarrage parait un petit peu lent mais c'est pour mieux installer cette atmosphère particulière. C'est plutôt payant comme choix sur le final et le rendu de cet album par ailleurs joliment dessiné dans un style réaliste et lumineux. La mise en place est ainsi réalisée autour des manigances d'un cabaret dans le milieu très particulier du show-biz. Il s'agit d'un diptyque. On espère que le second tome sera à la hauteur du spectacle. C'est déjà un bon moment de divertissement. C'est bien beau de n'aviser que le premier tome et de mettre une bonne note sans connaître la suite. Je ne suis pas ce genre de lecteur qui souhaite seulement faire du chiffre. Je reviens toujours sur mes pas surtout lorsque j'apprécie le début. Cela peut prendre parfois un peu plus de temps. Broadway est un trépident spectacle en deux actes. C'est justement sans doute là où le bât blesse. On a l'impression que c'est trop court, que plein de personnages restent sur le carreau alors que l'intrigue avait été développé. On reste tout de même sur une note positive. Nous avons vécu les difficultés de ce cabaret au cours du premier tome. Il s'agit de vivre l'aventure dans le second et la probable envolée vers les sommets de la gloire. On croisera au détour un certain Charlie Chaplin et même Duke Ellington. Les décors sont de toute beauté au milieu des ces années folles à New-York. Les costumes d'époque sont véritablement un plaisir pour les yeux. Cela reste très léger au niveau du scénario un certain manque de densité. Pour autant, le divertissement est assuré. Comme on dit, le show must go on.
Le Révérend
J'aime à la fois le genre western ainsi que les histoires de vengeance bien assouvies. En l'occurrence, nous sommes bien servis par une histoire haletante dans un style très agréable. La réalisation me semble parfaite car tous les codes du genre sont habilement exploités. On ne se perd pas dans d'interminables flash-back et la surprise de fin de volume sera de taille. On n'a plus qu'une envie: découvrir la suite de ce diptyque de qualité. Les auteurs sont jeunes et prometteurs. Ils ont manifestement un certain talent. Avec cette histoire, le western n'en finit pas de se renouveler. Il y a également une bonne utilisation des flash-back. C'est une histoire subtile joue sur la psychologie du personnage principal marqué par un drame durant sa jeunesse. Comme dit, on va espérer que le second tome sera à la hauteur de nos attentes. Le révérend est pour l'instant un très bon western âpre et violent façon Clint Eastwood. Le second tome a visiblement accouché dans la douleur quelques années après en témoigne le mot de l'un des auteurs dans la préface. Il faut dire que le précédent éditeur a mis la clef sous la porte. Heureusement que Paquet a réédité le premier tome et a sorti la suite tant attendue par les lecteur. Le suspense est à son comble afin de savoir si le jeune homme pourra enfin assouvir sa vengeance. Une véritable chasse à l'homme va commencer avec un héros plutôt malmené car blessé et surtout amoureux d'une belle Déborah. Il y a une fin qui reste un peu ouverte mais qui se suffit également à elle-même. Rien à redire côté graphisme: cela me plaît bien malgré un certain classicisme du trait. Nous avons là un diptyque parfaitement réussi. Certes, cela reste sans surprise mais bien réalisé.
Les Princesses Egyptiennes
L'aventure de ces Princesses égyptiennes recèle de nombreuses surprises. Tout commence comme un récit d'aventures somme toute assez classique : les deux filles de Pharaon tentent d'échapper à des conspirateurs qui visent leur père, elles trouvent refuge dans la cité royale abandonnée du pharaon “hérétique” Akhenaton, où elle rencontrent un étrange magicien… L'originalité vient alors du cadre historique, celui de l'Égypte antique, populaire, mais – paradoxalement – rarement traité (correctement) en bande dessinée. Et puis tout s'emballe, surtout dans le second tome, lorsque le récit, dense et érudit, se met à mêler habilement faits historiques et grands mythes de l'humanité : la tentative de réforme monothéiste d'Akhenaton, l'exode biblique, la fin de la civilisation minoenne, la catastrophe de Santorin, les sept plaies d'Égypte… L'auteur manie avec maestria ces récits en les reliant aux croyances égyptiennes, leur conférant une dimension magique aux yeux du commun, tandis que seuls les sages savent que la magie est avant tout la science des coïncidences. Bien sûr, suivre Igor Baranko et apprécier son talent de conteur exige quelques notions historiques, mais son récit est bien assez fluide pour passionner le lecteur un peu curieux. Je trouve qu'il manie aussi magistralement le pinceau et la plume. Ses reconstitutions des palais et temples, tant dans les vues d'ensemble que dans les scènes d'intérieurs plus intimistes, sont somptueuses. Il maîtrise aussi parfaitement ses personnages, qu'ils soient princesses graciles ou vieux prêtres à faces de momies. Je suis d'accord avec Ro, il y a de l'Eduardo Risso chez cet auteur, c'est dire son talent d'illustrateur. Peut-être que ces deux albums gagneraient à être colorisés, mais rien n'est moins sûr, car le noir et blanc de Baranko dégage une grande force. En somme, je viens de découvrir les princesses égyptiennes à l'occasion d'une promo chez les Humanos (2 albums pour le prix d'un) et c'est une très belle surprise. Voici un auteur complet, qui nous livre une histoire touffue, dans un style très personnel. A suivre, vraiment !
Grand Nord
Mosquito continue la publication des histoires de Vianello, grand ami de Pratt, mais aussi son collaborateur, et on sent un terrain commun : l’aventure. Les deux histoires de ce recueil se déroulent dans le Grand Nord (comme le nom de l’album le suggère) et font place aux grands espaces sauvages et arides, au froid, et à l’Aventure… comme dans les histoires de Serpieri on retrouve un ton très humain, c’est-à-dire pas bien glorieux la plupart du temps. J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, un peu gâché par une certaine confusion en fin de 1ere histoire (petit souci de narration, ou de traduction ?) Le dessin en noir et blanc est absolument magistral, pas de reproche de ce côté. Un album recommandable.
Le Régulateur
J'ai un peu l'impression d'arriver après la bataille concernant cette série qui c'est le moins qu'on puisse dire aura fait couler beaucoup d'encre. L'univers Steampunk ne m'étais pas totalement inconnu, de par mes lectures autres et à l'occasion de festivals j'ai croisé quelques déguisés grands fans du style vestimentaire. Personnellement peu adepte du déguisement, me pointer au boulot avec des bouts de tuyaux de cuivres sortant de partout n'est pas pratique, je n'en suis pas moins fasciné par cet univers et les propositions qu'il offre. Avec "Le régulateur" je suis servi et largement. C'est la construction du monde qui m'intéresse ici bien devant mon intérêt pour l'intrigue en elle même. Attention, j'y accorde aussi de l'importance et outre le décor, le système de société qui nous est montré propose des perspectives pour le moins intéressantes même si je ne voudrais pas y vivre. Mais ça foisonne. Au niveau architectural des éléments qui ne sont pas sans évoquer certaines cités obscures, des perspectives audacieuses et bien maitrisées. Les véhicules ne sont pas en reste et certaines trouvailles concernant les objet du quotidien sont fort bien trouvées. Un dessin donc assez grandiose et moi aussi je note ce mystère concernant le tome 3, et je ne peux que faire des hypothèses sur des foulures de poignet, des crayons mystérieusement devenus rebelles, bon quoiqu'il en soit sur l'ensemble de la série ce n'est pas rédhibitoire juste empêchant sans doute une adhésion plus complète de ma part. A lire tout de même et dans le même style mais sans rien copier je ne saurais trop conseiller la lecture dAzimut ou Les Fantômes de Neptune.
Les Mutants - Un peuple d'incompris
Belle découverte, avec ce premeir album qui conjugue reportage sur une expérience d'atelier BD en hôpital psychiatrique pour adolescents et témoignage personnel. En effet Pauline Aubry nous emmène à l'hôpital Sainte-Barbe, à Paris, auprès de ces enfants qui souffrent dans leurs corps, mais surtout dans leur tête. TOC, dépression, crises de panique, les pathologies sont nombreuses. Pour les aider à se (re)construire, un atelier BD est mis en place, animé par une jeune desinatrice qui a elle-même fait des séjours dans de tels établissements à leurs âges ou plus tard. Son récit personnel s'enrichit d'ailleurs de celui de ces jeunes gens à la tête cabossée, dont les histoires sont toutes tristes. Mais comme elles, ils pourront peut-être s'en sortir, et se construire. Le style graphique de Pauline Aubry est naïf, cela ressemble un peu à ce que fait Gilles Rochier par exemple, un style instinctif qui garde la force du premier jet, mais qui gagnerait sans doute en expressivité avec une plus grande maîtrise. Mais rappelons-le, c'est un premier album, très prometteur. Le récit est découpé en chapitres, scandés par des sentences qu'elle a entendues étant jeune ou écrites par d'autres, lesquels chapitres reviennent sur des aspects de leur malaise. Sur 136 pages, malheureusement, Pauline Aubry ne peut trop s'appesantir, elle a même dû retrancher certaines anecdotes, mais l'essentiel est là, c'est un bel hommage au travail du personnel hospitalier, une réflexion intéressante sur la condition d'adolescent. En quatrième de couverture se trouve une belle formule, réaliste et porteuse d'espoir : "Mi-enfant, mi-adulte et complètement mutant. Sur ses sables mouvants, l'ado se construit en marchant."
Hyver 1709
« C’est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! ». Si cette phrase éveille en vous avec excitation, l’image du mousquetaire romantique à l’eau de rose, passez votre chemin ! Philippe Xavier et Nathalie Sergeef vous emmènent vers un cap de violence et de désolation, celui de l’hiver 1709 qui sévit en France au crépuscule du règne de Louis XIV. Les auteurs ont brossés dans cette BD historique de cape et d’épée en deux tomes, un portrait somme toute assez crue de l’humanité lorsqu’elle se retrouve dans des situations difficiles. C’est ainsi que vous suivrez Loys Rohan, un gentilhomme aventurier, chargé par le contrôleur général des finances de confirmer une transaction céréalière sur la côte atlantique auprès d’un capitaine pirate. De cette action, en dépend la destinée du royaume de France engagé dans la guerre de succession d’Espagne et dont les troupes se trouveront bientôt à cours de grain. Voilà pour l’histoire. En ce qui concerne le scénario, celui-ci est élaboré comme un western, c’est ainsi que Nathalie Sergeef affirme lors d’un entretien « …Il y a le méchant, le lieu spécial, la confrontation finale, celui qui va mourir en chemin ». En revanche les plaines et les forêts enneigées de la campagne charentaise remplacent les déserts de pierres de l’Arizona, tandis que les indiens et les cow-boys mal léchés cèdent la place à des hommes dont l’âme est corrompue par le fanatisme religieux ou par de sinistres superstitions. Le dessin réaliste de Philippe Xavier retranscrit à merveille la sensation de froid, celui-ci semble présent à chaque instants. Certaines scènes enneigées sont à couper le souffle. Pour ce qui est de l’ambiance, cet album vous fera froid dans le dos tant le ton de l’histoire est sombre au sens propre comme au figuré. J’en veux pour preuve plusieurs scènes d’intérieurs au château de Versailles ou les pièces sont enveloppées d’une lumière grise, l’éclat habituel des dorures à totalement disparu ! On peine à trouver un peu de chaleur humaine hormis celle présente dans la personnalité de la duchesse. En effet ce désolant hiver et tous les événements affreux auxquels notre héros assiste rendent sa mission très éprouvante pour ses nerfs. On ressent chez lui une volonté d’en découdre froidement avec l’ennemi. Il n’y a alors aucune gloire dans les scènes de combats, la violence y est crue. Nous sommes loin des chevauchées romantiques de mousquetaires aventuriers. Ici ce n’est pas un héros idéalisé qui est mis à l’épreuve, mais un vrai être humain avec sa part d’humanité.