Avec Shutter Island, "Piège nuptial" est sans doute une des meilleures adaptations de la collection Rivages Noir de chez Casterman. Mon seul regret concernant cette adaptation du roman de Douglas Kennedy, c'est qu'ils n'aient pas repris le titre d'origine, 'Cul de sac' que je trouvais beaucoup plus pertinent et mystérieux que ce "Piège nuptial" que je trouve ridicule et trop bavard... (En même temps, c’est lié à la réédition du roman sous ce titre, mais ils auraient très bien pu revenir à celui d’origine)
Sorti de cette remarque, l’adaptation est très fidèle. Christian De Metter a parfaitement saisi l’essence de ce polar pour nous en restituer l’ambiance pesante et écrasante. Car entre ce décor du désert australien et les personnages tous plus tarés les uns que les autres cloitrés dans ce trou du cul du monde, on ne sait pas qui est le plus plombant. Et c’est dans ce merdier sans nom que Nick, touriste américain, va venir s’enliser…
Car il est vraiment mal barré notre Nick, et on se demande vraiment comment il va faire pour s’en sortir. C’est toute cette angoisse qui est parfaitement rendue par le dessin et la mise en couleur talentueuse de De Metter. On a mal pour lui, on sue à grosses gouttes pour lui et on s’accroche au récit comme lui à l’infime espoir qui le maintient en vie pour espérer sauver sa peau.
Une très bonne adaptation dont je conseille chaudement, Australie oblige, la lecture, une petite bière à portée de main.
C'est un one shot que j'ai vraiment apprécié.
Cette histoire de gueules cassées et des vétérans de la grande guerre, même si elle est un peu convenue, nous attache profondément à ces hommes. Le fond du propos peu sembler quelque peu convenu et désuet, mais il me semble coller à cette époque où les volontaires pour le front étaient nombreux, prêts à casser du casque à pointe mais qui vont déchanter, se raccrocher à une épouse pour tenir, pendant que ces mêmes femmes vont souffrir elles aussi de cet éloignement.
Concernant le graphisme, il ne fait pas parti du style que je préfère mais pour autant il reste très qualitatif et permet de suivre aisément cette histoire. Certaines cases sont de toute beauté, d'autres plus moyennes mais le résultat reste au dessus de la moyenne.
Comment terminer l'histoire d'un immortel?
C'est un personnage qui est en quête de lui-même (une sorte de XIII antique) mais aussi de sa propre mort, puisqu'il a mille ans. Et au fur et à mesure de son voyage, les retours en arrière, qui pourraient nous aider à mieux le cerner sont dispersés dans le récit d'une manière difficile à lire qui contribue à un sentiment de perdition et de beauté absurde.
Un scénario peut-être pas tout-à-fait abouti, mais qui est parsemé de plein de bonnes choses, sur le rôle des femmes, sur les mythes antiques, sur les paradoxes de l'éternité...
Ce qui rend la chose réellement envoûtante c'est l'image: un trait fourmillant de détails architecturaux, végétaux et atmosphériques, baigné dans une aquarelle d'une grande beauté. L'amour de l'architecture antique, le plaisir des perspectives, en plongée, ou en contreplongée dans des villes à degrés, enroulées dans des escaliers (dérobés ou monumentaux), des jardins, des fontaines, des arcs de triomphes, des plafonds à caissons, des bas-reliefs, ..., des ciels qui s'ouvrent, des montagnes qui se déploient, des forêts aux lumières palpitantes, bref, un univers munificent et riche qui prend toute la place dans notre esprit. Bravo, vraiment, d'autant que le format est plutôt petit.
Les personnages quant à eux, font preuve de beaucoup moins de perfections formelle, en revanche ils expriment une certaine fragilité émouvante qui s'inscrit dans ce paysage comme une part du tout.
Un livre à découvrir pour son esthétique à la fois baroque et romantique, malgré une certaine confusion (peut-être recherchée) et parfois des dialogues un peu faibles...
Je n'avais pas trop aimé le seul album de ce duo d'auteurs que j'avais lu (le dessin était bien, mais le scénario ennuyeux), mais les bonnes notes sur cet album m'ont donné envie de le lire et je ne suis pas du tout déçu ! C'est l'un des meilleurs albums sortis cette année jusqu'à présent.
L'histoire mélange plusieurs genres et j'ai vite trouvé le scénario prenant. Je n'ai pas pu m'arrêter tellement je voulais savoir la solution aux trucs mystérieux qui se passaient et je ne suis pas du tout déçu par les révélations finales. Le scénario est intelligent et bien construit quoiqu'il y ait encore un détail dont je ne suis pas certain si j'ai bien compris ou non, mais ce n'est pas grave. J'aime aussi le rôle de Diabolik dans cette histoire, mais je ne veux pas en dire plus.
Le dessin est encore une fois excellent et j'adore quand le dessinateur fait du psychédélique. Ça sent vraiment les années 60 et c'est un excellent travail.
Tome 1
Curieux de tout ce qui touche à l'abbé Saunière, j'ai été intrigué par le titre de ce premier opus "Rennes-le-château".
Pourtant, on est très loin de la légende et du mystère qui plane sur cette ville depuis plus d'un siècle.
Plus proche d'Indiana Jones que de l'enquête historique, cette bande dessinée multiplie les points négatifs :
- anachronisme : l'abbé Saunière est toujours vivant en 1938 !
- aberrations : les visages tuméfiés par la torture de Constant et de sa compagne d'infortune redeviennent normaux en une seule case !
- manque d'originalité : encore de la catholic-fantasy se surprend-on à dire dès les premières pages
- invraisemblances et grosses ficelles : pourquoi Constant descend-il à la cave page 24 ?
Et pourtant... cela marche,
J'ai été littéralement happé par l'histoire et par le dessin. Le héros est candide et nous avons le droit à une belle garce de vamp dans le camp ennemi.
C'est plaisant, distrayant, et vraiment cela m'a fait songer à Indiana Jones, référence rappelée par les auteurs, dans l'édition de luxe, que je ne peux que vous recommander (aux éditions "canal BD")
Bref une histoire qui m'a ravi.
Vivement la suite.
tome 2
Après deux années d'attente , voici enfin dans les bacs le tome 2 de cette trilogie.
Malgré un grand nombres d'incohérences historiques et scénaristiques, j'étais tombé sous le charme du premier tome. Et bien cet opus ne dément pas tout le bien que je pensais du précédent. Derrière une superbe couverture soignée, nous assistons à une très belle aventure assez proche de l'univers d'Indiana Jones.
On voyage beaucoup dans cette histoire, en voiture, en zeppellin.
Certes l'ésotérisme est très présent dans cet album mais j'ai passé un moment de lecture très agréable.
Le dessin est réussi, les dialogues font mouches, l'intrigue est prenante...que demander de plus à part de ne pas attendre deux ans de plus pour connaitre la fin!
tome 4
Hasard de mes lectures, je viens à la fois de découvrir Dilemma de Clarke et enfin d'achever avec ce tome 4 la série "L'héritage du diable "de Felix & Gastine, qui peu ou prou se situent sur la même période (l'immédiate avant-guerre de 39), avec une approche assez philosophique pour l'ouvrage de Clarke, contre une vision plutôt ésotérique pour "l'apocalypse" qui vient clôturer "L'héritage du diable".
Cette série est assez proche d'une aventure d'Indiana Jones, d'ailleurs pas mal de codes s'y rapprochent : les nazis, un trésor, les tenues des héros, des rebondissements et des traîtres à chaque page etc. Pourtant depuis le début de cette série, beaucoup d'incohérences chronologiques subsistent (si on se tient à titre d'exemple, à la simple apparition de l’abbé Saunière dans les années 30) mais l'histoire fonctionne. C'est vraiment bien foutu. Tout y est : ésotérisme, légende -avec le mystère de Rennes-le-Château-, traîtrises et amours désespérées bref un scénario aussi improbable qu'il en devient jubilatoire!
Avec ce tome 4, s'achève enfin cette aventure.
Ce volume est très, voire trop riche sur le plan scénaristique et mérite avant tout de lire les 3 précédents volumes. C'est un véritable tour de force que Jérôme Félix a accompli pour boucler en un seul volume l'ensemble des pistes ouvertes sur les 3 précédents volumes. Il faut en effet prendre son temps pour lire ces dernières 54 pages, qui sont assez denses. Le dessin de Paul Gastine a d'ailleurs gagné en précision depuis le premier volume.
J'attendais avec impatience la fin de cette aventure, et je n'ai nullement été déçu. Autant j'ai été lassé par les bd consacrées à l'ésotérisme au début des années 2000, autant cette série qui est basée sur l'histoire avec un grand H, et la mythologie prend ici un côté plaisant voire complètement dépaysant lorsque l'on découvre les mystères cachés derrière le pentacle de l'Aude. On reste alors pantois sur l'imagination du scénariste d'avoir pu concocter une telle machination, car sans spoiler le lecteur, c'est un véritable hold-up de l'Histoire auquel on assiste avec ce dernier opus. On ne sait plus on se situe le bien et le mal au final.
N'hésitez pas à lire la dernière page (le post-scriptum qui permet au lecteur d'avoir un autre regard sur la conclusion de cette série).
Très bonne conclusion.
Histoire hautement improbable, mais prenante donc qui mérite toute votre attention.
Bravo aux auteurs de m'avoir tenu en haleine depuis 4 albums
J'ai franchement bien aimé ce documentaire qui est tout sauf ennuyeux. On embarque avec l'auteur à la rencontre de marins modernes. Certes, cela se concentre sur la marine nationale dans un monde où la surface des océans représente 70% mais surtout où 90% de la circulation mondiale des marchandises se fait par transport maritime. Il est vrai que 90% des fonds marins restent à explorer alors qu'on est déjà tournés vers la conquête de l'espace.
L'auteur a réussi à démystifier l'univers marin pour nous donner un aperçu de la réalité quotidienne. Cependant, il va plus loin car il nous indique également les enjeux par les divers témoignages. Ainsi, on se pose la question sur la nécessité de la dissuasion nucléaire qui est notre doctrine de défense. Avant cela, on se posera la question sur les motivations qui poussent de jeunes gens à s'engager dans la marine.
Cet ouvrage est une véritable mine d'or d'information mais également une grande réussite dans sa construction. Rarement, je n'ai vu un documentaire aussi bien dosé avec également un peu de poésie. Sitôt refermé ce carnet de voyage, on n'a qu'une envie: embarquer !
Une mamie, grenouille de bénitier, mariée à un indécrottable communiste amoureux de Lénine. Ces deux là vivent chez leurs enfants, Madame est coincée dans son rôle de femme au foyer sans grand espoir d'en sortir un jour et Monsieur est un brave gars qui ne veut surtout pas d'ennui dans sa petite vie pépère. Forcément ça coince un peu aux entournures et entre les noms d'oiseaux que les uns et les autres se jettent à la face, l'ambiance n'est pas toujours au beau fixe. Ce qui pourrait être une banale histoire de famille prend toutefois une dimension assez jouissive tant les dialogues rendent bien compte d'une bêtise crasse.
Voilà une famille à laquelle l'on ne souhaiterait pas forcément appartenir mais au bout du compte les auteurs arrivent à nous la faire apprécier tant les situations et les dialogues sont jubilatoires. Alors oui il ne se passe pas grand chose, juste des petits riens qui font tout le sel d'une vie banale (un événement extraordinaire vient tout de même dérégler la belle mécanique ). Pas une BD inoubliable mais un vrai bon moment qui tel un miroir peut renvoyer chez le lecteur quelques vérités de son propre vécu.
Il faut savoir que l’année dernière soit en 2015, sur 5000 ouvrages environ, 25% était de la pure création. Oui, cela veut dire que dans l’engorgement actuel, un quart seulement concerne la nouveauté. Les maisons d’édition préfèrent ne pas prendre de risque et continuer sur des valeurs sûres. Du coup, la créativité est en forte diminution depuis quelques années. L’âge d’or est terminé. Or, nous avons là une bd originale à souhait et inventive. Sortir de l’ordinaire est déjà quelque chose de formidable en soi dans un tel contexte.
L’auteur arrive à bien camper ses personnages ce qui leur confère une forte densité. J’aime les personnages qui ont du caractère mais où on découvre également des hauts et des bas ce qui les rendent terriblement humains. Il faut également dire que cette bd est épaulée par un scénario solide. Je n’en attendais pas moins de Zidrou qui signe là l’une de ses meilleures œuvres.
J’ai été également attiré par une belle couverture qui est en soi une invitation à entrer dans l’album et à découvrir ses mystères. Les dessins sont exceptionnels car ils sont remplis de détails avec une mise en couleur éclatante. Ce graphisme magnifique confère à un certain dynamisme. L'ambiance qui se dégage de cette bd est indescriptible de force et d'émotion.
J’ai eu du mal à trouver un défaut à cet album. On ressort de la lecture franchement époustouflé. Je n’ai pas décroché de cette lecture. Il y a incontestablement une bonne maîtrise de la part de l’auteur. Au final, je dirai que c’est une bd à ne pas manquer comme à un anniversaire d’ailleurs. Moi, je l’ai adopté en tout cas.
Étonnamment peu connu, cet album pourrait paraître un rien désuet, « vieillot », jouant sur un humour retenu, loin de certains défouloirs ultérieurs plus contemporains. Mais, outre que pour l’époque (la première moitié des années 1960) c’est quand même très moderne et cela bouscule les codes de l’humour, cela a quand même bien vieilli !
En effet, ces neuf histoires sont réussies, et Goscinny parvient à nous faire rire en jouant sur une foule d’anachronismes, de jeux de mots plus ou moins vaseux (le principe de la série lui permettant d’utiliser toutes les époques, et donc de s’affranchir de certaines contraintes le limitant parfois dans ses autres séries phares).
Certaines idées seront d’ailleurs reprises dans son chef d’œuvre, à savoir Astérix (la première histoire, sur l’invention de l’école par Charlemagne pourrait trouver un écho dans certaines planches du Combat des chefs, avec Aplusbégalix visitant une école gallo-romaine !).
A noter qu’après cette tentative réussie dans le genre faux-scientifique-déconne, Goscinny passera un peu le flambeau à son génial « poulain » Gotlib (avec Les Dingodossiers), celui-ci s’émancipera pour poursuivre ce type de défouloir potache seul (Rubrique-à-Brac), accompagné (avec Alexis par exemple) ou encourageant chez Fluide Glacial les délires de Goossens par exemple. Il y a pour moi une claire filiation entre toutes ces œuvres !
Enfin, cet album ne serait pas une réussite sans le dessin de Martial (dont je ne connais pas trop le reste de son travail). Classique mais très bon dessin à gros nez, dynamique, il accompagne très bien les élucubrations de Mr Sais-tout, c’est-à-dire du professeur Goscinny.
Un album à redécouvrir !
Une nouvelle histoire d'amour un peu exotique.
Ce n'est pas tant cette histoire d'amour, pour touchante qu'elle fût, qui m'a le plus intéressé dans cet album. Mais bel et bien le décor qu'il y a autour, cette immensité australienne, ces paysages sans fin, cette chaleur accablante, et la façon dont l'auteur a intégré ces éléments dans son récit, même si celui-ci est inspiré d'une histoire vraie, vécue par l'auteur.
Jan Bauer réussit ainsi de fort belle manière à nous parler de sa vie personnelle, et même un peu intime, dans ces décors où il est si facile de se retrouver seul(e)... Son dessin est précis, agréable, délicat, et c'est un vrai plaisir.
Un chouette album. Je trouve juste domage de ne pas avoir traduit littéralement le titre original en "la rivière salée".
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Piège nuptial
Avec Shutter Island, "Piège nuptial" est sans doute une des meilleures adaptations de la collection Rivages Noir de chez Casterman. Mon seul regret concernant cette adaptation du roman de Douglas Kennedy, c'est qu'ils n'aient pas repris le titre d'origine, 'Cul de sac' que je trouvais beaucoup plus pertinent et mystérieux que ce "Piège nuptial" que je trouve ridicule et trop bavard... (En même temps, c’est lié à la réédition du roman sous ce titre, mais ils auraient très bien pu revenir à celui d’origine) Sorti de cette remarque, l’adaptation est très fidèle. Christian De Metter a parfaitement saisi l’essence de ce polar pour nous en restituer l’ambiance pesante et écrasante. Car entre ce décor du désert australien et les personnages tous plus tarés les uns que les autres cloitrés dans ce trou du cul du monde, on ne sait pas qui est le plus plombant. Et c’est dans ce merdier sans nom que Nick, touriste américain, va venir s’enliser… Car il est vraiment mal barré notre Nick, et on se demande vraiment comment il va faire pour s’en sortir. C’est toute cette angoisse qui est parfaitement rendue par le dessin et la mise en couleur talentueuse de De Metter. On a mal pour lui, on sue à grosses gouttes pour lui et on s’accroche au récit comme lui à l’infime espoir qui le maintient en vie pour espérer sauver sa peau. Une très bonne adaptation dont je conseille chaudement, Australie oblige, la lecture, une petite bière à portée de main.
Le Sang des Valentines
C'est un one shot que j'ai vraiment apprécié. Cette histoire de gueules cassées et des vétérans de la grande guerre, même si elle est un peu convenue, nous attache profondément à ces hommes. Le fond du propos peu sembler quelque peu convenu et désuet, mais il me semble coller à cette époque où les volontaires pour le front étaient nombreux, prêts à casser du casque à pointe mais qui vont déchanter, se raccrocher à une épouse pour tenir, pendant que ces mêmes femmes vont souffrir elles aussi de cet éloignement. Concernant le graphisme, il ne fait pas parti du style que je préfère mais pour autant il reste très qualitatif et permet de suivre aisément cette histoire. Certaines cases sont de toute beauté, d'autres plus moyennes mais le résultat reste au dessus de la moyenne.
Adrastée
Comment terminer l'histoire d'un immortel? C'est un personnage qui est en quête de lui-même (une sorte de XIII antique) mais aussi de sa propre mort, puisqu'il a mille ans. Et au fur et à mesure de son voyage, les retours en arrière, qui pourraient nous aider à mieux le cerner sont dispersés dans le récit d'une manière difficile à lire qui contribue à un sentiment de perdition et de beauté absurde. Un scénario peut-être pas tout-à-fait abouti, mais qui est parsemé de plein de bonnes choses, sur le rôle des femmes, sur les mythes antiques, sur les paradoxes de l'éternité... Ce qui rend la chose réellement envoûtante c'est l'image: un trait fourmillant de détails architecturaux, végétaux et atmosphériques, baigné dans une aquarelle d'une grande beauté. L'amour de l'architecture antique, le plaisir des perspectives, en plongée, ou en contreplongée dans des villes à degrés, enroulées dans des escaliers (dérobés ou monumentaux), des jardins, des fontaines, des arcs de triomphes, des plafonds à caissons, des bas-reliefs, ..., des ciels qui s'ouvrent, des montagnes qui se déploient, des forêts aux lumières palpitantes, bref, un univers munificent et riche qui prend toute la place dans notre esprit. Bravo, vraiment, d'autant que le format est plutôt petit. Les personnages quant à eux, font preuve de beaucoup moins de perfections formelle, en revanche ils expriment une certaine fragilité émouvante qui s'inscrit dans ce paysage comme une part du tout. Un livre à découvrir pour son esthétique à la fois baroque et romantique, malgré une certaine confusion (peut-être recherchée) et parfois des dialogues un peu faibles...
L'Eté Diabolik
Je n'avais pas trop aimé le seul album de ce duo d'auteurs que j'avais lu (le dessin était bien, mais le scénario ennuyeux), mais les bonnes notes sur cet album m'ont donné envie de le lire et je ne suis pas du tout déçu ! C'est l'un des meilleurs albums sortis cette année jusqu'à présent. L'histoire mélange plusieurs genres et j'ai vite trouvé le scénario prenant. Je n'ai pas pu m'arrêter tellement je voulais savoir la solution aux trucs mystérieux qui se passaient et je ne suis pas du tout déçu par les révélations finales. Le scénario est intelligent et bien construit quoiqu'il y ait encore un détail dont je ne suis pas certain si j'ai bien compris ou non, mais ce n'est pas grave. J'aime aussi le rôle de Diabolik dans cette histoire, mais je ne veux pas en dire plus. Le dessin est encore une fois excellent et j'adore quand le dessinateur fait du psychédélique. Ça sent vraiment les années 60 et c'est un excellent travail.
L'Héritage du Diable
Tome 1 Curieux de tout ce qui touche à l'abbé Saunière, j'ai été intrigué par le titre de ce premier opus "Rennes-le-château". Pourtant, on est très loin de la légende et du mystère qui plane sur cette ville depuis plus d'un siècle. Plus proche d'Indiana Jones que de l'enquête historique, cette bande dessinée multiplie les points négatifs : - anachronisme : l'abbé Saunière est toujours vivant en 1938 ! - aberrations : les visages tuméfiés par la torture de Constant et de sa compagne d'infortune redeviennent normaux en une seule case ! - manque d'originalité : encore de la catholic-fantasy se surprend-on à dire dès les premières pages - invraisemblances et grosses ficelles : pourquoi Constant descend-il à la cave page 24 ? Et pourtant... cela marche, J'ai été littéralement happé par l'histoire et par le dessin. Le héros est candide et nous avons le droit à une belle garce de vamp dans le camp ennemi. C'est plaisant, distrayant, et vraiment cela m'a fait songer à Indiana Jones, référence rappelée par les auteurs, dans l'édition de luxe, que je ne peux que vous recommander (aux éditions "canal BD") Bref une histoire qui m'a ravi. Vivement la suite. tome 2 Après deux années d'attente , voici enfin dans les bacs le tome 2 de cette trilogie. Malgré un grand nombres d'incohérences historiques et scénaristiques, j'étais tombé sous le charme du premier tome. Et bien cet opus ne dément pas tout le bien que je pensais du précédent. Derrière une superbe couverture soignée, nous assistons à une très belle aventure assez proche de l'univers d'Indiana Jones. On voyage beaucoup dans cette histoire, en voiture, en zeppellin. Certes l'ésotérisme est très présent dans cet album mais j'ai passé un moment de lecture très agréable. Le dessin est réussi, les dialogues font mouches, l'intrigue est prenante...que demander de plus à part de ne pas attendre deux ans de plus pour connaitre la fin! tome 4 Hasard de mes lectures, je viens à la fois de découvrir Dilemma de Clarke et enfin d'achever avec ce tome 4 la série "L'héritage du diable "de Felix & Gastine, qui peu ou prou se situent sur la même période (l'immédiate avant-guerre de 39), avec une approche assez philosophique pour l'ouvrage de Clarke, contre une vision plutôt ésotérique pour "l'apocalypse" qui vient clôturer "L'héritage du diable". Cette série est assez proche d'une aventure d'Indiana Jones, d'ailleurs pas mal de codes s'y rapprochent : les nazis, un trésor, les tenues des héros, des rebondissements et des traîtres à chaque page etc. Pourtant depuis le début de cette série, beaucoup d'incohérences chronologiques subsistent (si on se tient à titre d'exemple, à la simple apparition de l’abbé Saunière dans les années 30) mais l'histoire fonctionne. C'est vraiment bien foutu. Tout y est : ésotérisme, légende -avec le mystère de Rennes-le-Château-, traîtrises et amours désespérées bref un scénario aussi improbable qu'il en devient jubilatoire! Avec ce tome 4, s'achève enfin cette aventure. Ce volume est très, voire trop riche sur le plan scénaristique et mérite avant tout de lire les 3 précédents volumes. C'est un véritable tour de force que Jérôme Félix a accompli pour boucler en un seul volume l'ensemble des pistes ouvertes sur les 3 précédents volumes. Il faut en effet prendre son temps pour lire ces dernières 54 pages, qui sont assez denses. Le dessin de Paul Gastine a d'ailleurs gagné en précision depuis le premier volume. J'attendais avec impatience la fin de cette aventure, et je n'ai nullement été déçu. Autant j'ai été lassé par les bd consacrées à l'ésotérisme au début des années 2000, autant cette série qui est basée sur l'histoire avec un grand H, et la mythologie prend ici un côté plaisant voire complètement dépaysant lorsque l'on découvre les mystères cachés derrière le pentacle de l'Aude. On reste alors pantois sur l'imagination du scénariste d'avoir pu concocter une telle machination, car sans spoiler le lecteur, c'est un véritable hold-up de l'Histoire auquel on assiste avec ce dernier opus. On ne sait plus on se situe le bien et le mal au final. N'hésitez pas à lire la dernière page (le post-scriptum qui permet au lecteur d'avoir un autre regard sur la conclusion de cette série). Très bonne conclusion. Histoire hautement improbable, mais prenante donc qui mérite toute votre attention. Bravo aux auteurs de m'avoir tenu en haleine depuis 4 albums
Embarqué - Carnets marins dans le jardin du commandant
J'ai franchement bien aimé ce documentaire qui est tout sauf ennuyeux. On embarque avec l'auteur à la rencontre de marins modernes. Certes, cela se concentre sur la marine nationale dans un monde où la surface des océans représente 70% mais surtout où 90% de la circulation mondiale des marchandises se fait par transport maritime. Il est vrai que 90% des fonds marins restent à explorer alors qu'on est déjà tournés vers la conquête de l'espace. L'auteur a réussi à démystifier l'univers marin pour nous donner un aperçu de la réalité quotidienne. Cependant, il va plus loin car il nous indique également les enjeux par les divers témoignages. Ainsi, on se pose la question sur la nécessité de la dissuasion nucléaire qui est notre doctrine de défense. Avant cela, on se posera la question sur les motivations qui poussent de jeunes gens à s'engager dans la marine. Cet ouvrage est une véritable mine d'or d'information mais également une grande réussite dans sa construction. Rarement, je n'ai vu un documentaire aussi bien dosé avec également un peu de poésie. Sitôt refermé ce carnet de voyage, on n'a qu'une envie: embarquer !
La Marie en plastique
Une mamie, grenouille de bénitier, mariée à un indécrottable communiste amoureux de Lénine. Ces deux là vivent chez leurs enfants, Madame est coincée dans son rôle de femme au foyer sans grand espoir d'en sortir un jour et Monsieur est un brave gars qui ne veut surtout pas d'ennui dans sa petite vie pépère. Forcément ça coince un peu aux entournures et entre les noms d'oiseaux que les uns et les autres se jettent à la face, l'ambiance n'est pas toujours au beau fixe. Ce qui pourrait être une banale histoire de famille prend toutefois une dimension assez jouissive tant les dialogues rendent bien compte d'une bêtise crasse. Voilà une famille à laquelle l'on ne souhaiterait pas forcément appartenir mais au bout du compte les auteurs arrivent à nous la faire apprécier tant les situations et les dialogues sont jubilatoires. Alors oui il ne se passe pas grand chose, juste des petits riens qui font tout le sel d'une vie banale (un événement extraordinaire vient tout de même dérégler la belle mécanique ). Pas une BD inoubliable mais un vrai bon moment qui tel un miroir peut renvoyer chez le lecteur quelques vérités de son propre vécu.
L'Adoption
Il faut savoir que l’année dernière soit en 2015, sur 5000 ouvrages environ, 25% était de la pure création. Oui, cela veut dire que dans l’engorgement actuel, un quart seulement concerne la nouveauté. Les maisons d’édition préfèrent ne pas prendre de risque et continuer sur des valeurs sûres. Du coup, la créativité est en forte diminution depuis quelques années. L’âge d’or est terminé. Or, nous avons là une bd originale à souhait et inventive. Sortir de l’ordinaire est déjà quelque chose de formidable en soi dans un tel contexte. L’auteur arrive à bien camper ses personnages ce qui leur confère une forte densité. J’aime les personnages qui ont du caractère mais où on découvre également des hauts et des bas ce qui les rendent terriblement humains. Il faut également dire que cette bd est épaulée par un scénario solide. Je n’en attendais pas moins de Zidrou qui signe là l’une de ses meilleures œuvres. J’ai été également attiré par une belle couverture qui est en soi une invitation à entrer dans l’album et à découvrir ses mystères. Les dessins sont exceptionnels car ils sont remplis de détails avec une mise en couleur éclatante. Ce graphisme magnifique confère à un certain dynamisme. L'ambiance qui se dégage de cette bd est indescriptible de force et d'émotion. J’ai eu du mal à trouver un défaut à cet album. On ressort de la lecture franchement époustouflé. Je n’ai pas décroché de cette lecture. Il y a incontestablement une bonne maîtrise de la part de l’auteur. Au final, je dirai que c’est une bd à ne pas manquer comme à un anniversaire d’ailleurs. Moi, je l’ai adopté en tout cas.
Les Divagations de Mr Sait-Tout
Étonnamment peu connu, cet album pourrait paraître un rien désuet, « vieillot », jouant sur un humour retenu, loin de certains défouloirs ultérieurs plus contemporains. Mais, outre que pour l’époque (la première moitié des années 1960) c’est quand même très moderne et cela bouscule les codes de l’humour, cela a quand même bien vieilli ! En effet, ces neuf histoires sont réussies, et Goscinny parvient à nous faire rire en jouant sur une foule d’anachronismes, de jeux de mots plus ou moins vaseux (le principe de la série lui permettant d’utiliser toutes les époques, et donc de s’affranchir de certaines contraintes le limitant parfois dans ses autres séries phares). Certaines idées seront d’ailleurs reprises dans son chef d’œuvre, à savoir Astérix (la première histoire, sur l’invention de l’école par Charlemagne pourrait trouver un écho dans certaines planches du Combat des chefs, avec Aplusbégalix visitant une école gallo-romaine !). A noter qu’après cette tentative réussie dans le genre faux-scientifique-déconne, Goscinny passera un peu le flambeau à son génial « poulain » Gotlib (avec Les Dingodossiers), celui-ci s’émancipera pour poursuivre ce type de défouloir potache seul (Rubrique-à-Brac), accompagné (avec Alexis par exemple) ou encourageant chez Fluide Glacial les délires de Goossens par exemple. Il y a pour moi une claire filiation entre toutes ces œuvres ! Enfin, cet album ne serait pas une réussite sans le dessin de Martial (dont je ne connais pas trop le reste de son travail). Classique mais très bon dessin à gros nez, dynamique, il accompagne très bien les élucubrations de Mr Sais-tout, c’est-à-dire du professeur Goscinny. Un album à redécouvrir !
Amour austral
Une nouvelle histoire d'amour un peu exotique. Ce n'est pas tant cette histoire d'amour, pour touchante qu'elle fût, qui m'a le plus intéressé dans cet album. Mais bel et bien le décor qu'il y a autour, cette immensité australienne, ces paysages sans fin, cette chaleur accablante, et la façon dont l'auteur a intégré ces éléments dans son récit, même si celui-ci est inspiré d'une histoire vraie, vécue par l'auteur. Jan Bauer réussit ainsi de fort belle manière à nous parler de sa vie personnelle, et même un peu intime, dans ces décors où il est si facile de se retrouver seul(e)... Son dessin est précis, agréable, délicat, et c'est un vrai plaisir. Un chouette album. Je trouve juste domage de ne pas avoir traduit littéralement le titre original en "la rivière salée".