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Couverture de la série Grand Est
Grand Est

A mes yeux, Grand Est est un road-movie puissant mais profondément déprimant ! Et je pense que tous les lecteurs vivant dans un ancien bassin sidérurgique ne pourront qu’être touchés par le sinistre constat dressé par les auteurs. C’est en suivant un journaliste fictif, démotivé, sans plus d’illusions (on ne découvrira qu’en cours de route les raisons de sa profonde déprime) et son fils, témoin passif et héritier bien involontaire de l’histoire de cette région décrite sans avenir ou, à tout le moins, à l’avenir plus qu’incertain, que nous sillonnons le Grand Est, de la Moselle à l’Alsace. Sols pollués, alcoolisme résigné, recherche de nouveaux débouchés (via le tourisme), sols troués, politiciens impuissants et/ou trop intéressés, subsides dilapidés, villes abandonnées, chômage omniprésent… Quand je vous dis que c’est déprimant, vous pouvez me croire sur parole. Et tout ce qui nous est montré est vrai, mais simplement présenté par un personnage qui a cessé d’y croire. Il y a tant de résignation chez lui qu’il en devient touchant et que ses propos gagnent en force d’impact. Grand Est dresse donc un constat grave et décourageant en s’appuyant sur une solide documentation, avec une vision globale dans ses réflexions qui permet de mondialiser le propos. Il n’est pas obligatoire d’habiter cette région pour apprécier l’album. Tout un chacun, pourvu qu’il se sente concerné par l’évolution du monde et l’état dans lequel nous allons le léguer à nos descendants, sera interpellé par les propos tenus. Alors, il faut aimer le « verbal » car le texte est omniprésent mais c’est tellement prenant que, d’une part, on n’a pas l’impression de lire un documentaire (bien vu, cette narration à la première personne) et d’autre part chaque passage invite à la réflexion. L’humain est constamment mis en avant, ce qui nous incite à nous sentir impliqués. Grand Est ne se lit donc pas comme un documentaire mais presque comme un polar désabusé (alors qu’il n’y a pas réellement d’intrigue). Le plus dur, c’est qu’à la fin du récit et même si les auteurs veulent le clore sur une note positive, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que « c’est foutu », la situation de nos sociétés est telle que l’effondrement ne peut plus être évité. Puissant ! Déprimant mais puissant !

07/06/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Dylan Dog (Mosquito)
Dylan Dog (Mosquito)

Je ne suis pas familier avec le personnage mythique de Dylan Dog, détective de l’étrange que je découvre avec les albums publiés par les Edition Mosquito, qui s’intéressent aux épisodes dessinés par Nicola Mari. Je suis friand de ces vieilles enquêtes lorgnant vers le fantastique, avant de se conclure de façon (relativement) rationnelle. Les personnages abondent, les pistes se multiplient, et j’adore me faire surprendre par le dénouement final. Alors certes, les intrigues sont très classiques, les histoires sont finalement assez anciennes (c’est surtout visible sur la fin du 2ème tome, La sorcière de Brentford) mais la mise en image de Nicola Mari est superbe, le noir et blanc est maîtrisé et transcende les ambiances glauques et étranges. Des histoires classiques, un peu vieillottes, mais moi je suis fan !

07/06/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Train des Orphelins
Le Train des Orphelins

Le train des orphelins est une excellente série. En la prenant en main, par le biais du dessin de couverture, on pense avoir affaire à une série jeunesse. Mais le sujet est bien plus profond et sérieux que cette approche ne laisse présager. Même si la série est accessible au plus grand nombre, la trame dramatique de cette histoire, basée sur le placement de jeunes orphelins (ou abandonnés) de la côte Est dans les terres du Middle West et leur sort souvent sordide la réserve aux adultes pour en tirer toute la substance. Je ne connaissais pas cette partie de l'histoire de la conquête de l'Ouest du début du XXe et elle est très intéressante. Le traitement graphique est excellent, il rend le tout fluide, chaque personnage est bien croqué et facilement reconnaissable, à 8 ou 88 ans. Les personnages sont intéressants, même si par moment ils sont trop dans leur rôle. Nous sommes happés, à la fois par l'aventure de la jeunesse et les retrouvailles de tous ces personnages enrichis et abîmés par la vie. Le rythme est excellent, les changements de période bien maîtrisés, dans le bon tempo. Bref du tout bon. Une série dont je conseille vivement la lecture et l'achat. A noter dans les 2 premiers volumes un dossier complémentaire sur ces Orphelins.

07/06/2016 (modifier)
Couverture de la série Platinum end
Platinum end

Voilà un manga qui ne risque pas de passer inaperçu quand on connaît la réputation du tandem Ohba/Obata, déjà responsable des séries à succès Death Note et Bakuman. De fait, c'est avec un mélange de curiosité, d'enthousiasme et de crainte que l'on aborde cette nouvelle série Platinum End. Le duo parviendra-t-il à être, une fois encore, à la hauteur de sa renommée, voire se hisser au niveau du fameux Death Note (ou même le dépasser). L'avenir le dira quand on sera arrivé plus loin dans la série. Il me semble en tout cas que, par sa plus grande accessibilité et ses promesses d'affrontements autres que cérébraux qui étaient propres à son illustre aîné, la série pourrait séduire un plus large public. Ce premier tome est en tous cas prometteur. Tout à la fois différent et proche par certaines côtés de Death Note, Platinum End se révèle très vite moins verbeux tout en restant assez dense (une habitude chez le scénariste), mêlant très habilement la dynamique d'un shônen tout en demeurant seinen dans l'esprit, alliant fantasy urbaine, super-héros et stratégie ludique. Platinum propose un postulat accrocheur dont on devine déjà la richesse des situations qu'il permet et se présente comme un jeu que l'on imagine mortel à plus ou moins longue échéance pour les treize candidats choisis. Ici, l'auteur en explique les règles de base, dont les deux pouvoirs accordés aux élus par leur ange tutélaire : une paire d'ailes leur permettant de se déplacer à la vitesse de la lumière et, plus intéressant, un artefact baptisé "flèche" capable de manipuler les sentiments d'autrui mais aussi de tuer. Sachant aussi que les anges ne sont pas tous égaux dans leurs capacités à aider leur candidat (il existe une hiérarchie qui influe sur leur potentiel et ils peuvent très bien recevoir une promotion ou être au contraire rétrogradés), c'est alors aux humains élus d'avoir l'intelligence et les ressources nécessaires pour en tirer parti ou en palier les carences. Ce système de binôme humain-ange n'est pas sans rappeler celui humain-dieu de la mort dans Death Note, à la différence près que Riyuk n'était qu'un observateur goguenard là où l'ange Nasse (qui est autant candide qu'amoral, un aspect intéressant du personnage) est censé prêter main-forte à son partenaire. S'y ajoute une histoire sentimentale entre Mirai et une amie d'enfance dont on ne sait encore quasiment rien mais qui devrait jouer un rôle tout sauf anecdotique dans l'histoire si on en croit la fin du tome, assez surprenante. Je dois avouer que, personnellement, j'apprécie rarement tous ces mangas qui fonctionnent toujours comme des "jeux de la mort" (King's game, Mirai Nikki, Judge, Doubt, etc...) tant la mécanique est toujours la même et l'esprit compétitif (typiquement nippon) qu'il induit déplaisant à mes yeux. Mais soit : le duo Ohba/Obata a déjà démontré son savoir-faire dans le domaine et sa capacité à proposer des situations inventives et surprenantes, le tout rehaussé par le dessin précis et élégant d'un Takeshi Obata qui figure parmi mes mangakas préférés. Ce tome 1, principalement introductif mais prometteur, se lit très agréablement et donne indéniablement envie de connaître la suite.

07/06/2016 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Douce, tiède et parfumée
Douce, tiède et parfumée

Je relis « Douce, tiède et parfumée »... j'adore ! Des dessins merveilleux, parfaits, des ambiances pleines de détails, une époque (et en plus le steampunk) réinventée par le talent d'un dessinateur. L'histoire est tellement envoûtante qu'on désire toujours plus et plus de développements ! Et après... j' ai appris que la série est abandonnée !!! C'était une de mes meilleures surprises en BD les dernières années... Si quelqu'un pouvait convaincre Noé de continuer un jour !

06/06/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Morgane
Morgane

Relecture grinçante et poétique de la légende arthurienne, où est mis en avant le personnage de Morgane, ce one-shot s’apparente à une sarabande haute en couleurs faite de fureur, de passions et de trahisons. Le mythe s’est ici mué en un roman - extrêmement - graphique, à la croisée de la peinture et de la bande dessinée. Certaines scènes évoquent parfois Matisse ou Gauguin, normal quand on sait que ces peintres sont des références pour Stéphane Fert. Ce dernier lui-même possède un trait très stylisé où corps et visages sont davantage des formes, tout comme les paysages, envisagés plutôt comme des motifs, sans prétention à un quelconque réalisme. A l’aide sa vaste palette, Fert sait faire ressortir harmonieusement les couleurs vives et lumineuses des fonds obscurs, créant une atmosphère nimbée de magie, ce qui est la moindre des choses, me direz-vous, quand on raconte l’histoire d’une fée… Ce dernier, également au scénario, et Simon Kansara se sont attachés à réhabiliter Morgane, souvent perçue comme une fée maléfique. La couverture montre bien ce dont il est question, avec le symbole de la femme apparaissant sur le vêtement de l’héroïne, transformée ici en féministe avant l’heure. Le milieu chevaleresque, décrit ici comme belliqueux et misogyne, ne fait guère la part belle à la gente féminine, invité à jouer les rôles de faire-valoir ou diabolisée en cas de refus... Quant à Merlin, il apparaît comme un personnage retors et peu amène, celui qui aura empêché l’accès de son élève au trône. On comprend mieux ainsi l’attitude de Morgane, minée par le ressentiment et le désir de revanche, qui va la conduire à défier les machistes chevaliers, dont les exploits n’étaient pas, du point de vue de l’auteur, aussi glorieux que la légende veut bien nous le faire croire. Celui-ci se plaît à les tourner en ridicule, notamment lorsqu’ils targuent d’avoir vaincu des « morts-vivants possédés », qui n’étaient en fait que de pauvres villageois affamés. Globalement, cette adaptation d’un chapitre de la légende arthurienne est autant une féérie picturale qu’une fable féministe, noire, amorale et acerbe, sur l’infatuation tyrannique de la gente mâle. D’une épopée assez touffue, les auteurs sont parvenus à produire une synthèse relativement fluide sur les cent quarante pages que compte ce one-shot, et ce n’est pas la moindre de ses qualités.

06/06/2016 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Platinum end
Platinum end

Voici une nouvelle production des auteurs du désormais célèbre Death Note, manga que j’avais beaucoup apprécié. C’est donc à l’aveugle que j’ai acheté « Platinum End ». Ici les auteurs nous content l’histoire de Mirai, un adolescent (encore un) mais suicidaire cette fois, qui, après s’être jeté du toit d’un immeuble, est sauvé par un ange. Cet ange ainsi que douze autres ont été envoyés en mission sur terre par Dieu afin de sélectionner l’humain ou l’humaine qui lui succèdera. Alors évidemment l’ange lui offre des supers pouvoirs qu’il pourra utiliser à sa guise dans un cadre bien défini. Ainsi sont plantées les bases de la guerre de succession. A première vue, beaucoup de similitudes avec l’univers de Death Note tant au niveau des dessins (toujours aussi agréables) que des ambiances. L’histoire débutant par une relation entre une créature surnaturelle et un humain renforce ce sentiment. Néanmoins, quelque chose me dit (en tout cas je l’espère) que cette nouvelle série ne sera pas un triste copié/collé et nous invitera à une réflexion sociologique intéressante. Le 4/5 est peut-être un peu généreux à ce stade mais la lecture a été vraiment agréable et j’attends déjà la suite.

06/06/2016 (modifier)
Couverture de la série Les Jours sucrés
Les Jours sucrés

Lecteurs sujets au diabète littéraire, passez votre chemin car si la couche de pâte à sucre est moins épaisse que celle qui recouvre plus d’un shojo, il est indéniable que ces Jours sucrés seront trop doux et suaves pour le lecteur en froid avec ce type de friandise. Car, ne tournons pas autour du pot, cet album porte on ne peut mieux son nom. Doux, tendre, mielleux, avec cependant une pointe d’acidité qui vient agréablement casser ce qui aurait pu devenir trop écœurant en d’autres circonstances, le récit reprend de nombreux ingrédients bien connus du genre : le retour sur le lieu de son enfance, la découverte d’une passion pour un thème tendance, le petit copain d’enfance toujours aussi craquant, la mamie farfelue mais indéniablement sympathique, des chats, un secret de famille… n’en jetez plus, diront certains, le bol de guimauve déborde ! Pourtant, à titre personnel, j’ai vraiment bien aimé cet album. Le ton frais, l’humour, la mise en page très libre, le découpage avec des chapitre introduits par des chats pitres, tout respire la sincérité, le naturel, la spontanéité : les auteurs font ce qu’ils ont envie et parviennent ainsi à me faire partager leur plaisir quand bien même ce qu’ils racontent est cousu de fil blanc. Une très agréable lecture, donc, mais à réserver à un public friand de ce genre de sucrerie.

06/06/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Dido
Dido

Une très bonne surprise que cette série dédiée au jeune public. Nous allons suivre les aventures d'un jeune monstre à l'aube de l'épreuve qui va influer sur toute sa vie (et celle de ses jeunes compagnons) car elle est le révélateur des dons et capacités. Il s'agira de faire flipper les enfants humains d'un pensionnat. Dido est quelque peu rejeté et il passe son temps avec son grand père qui va l'aider à réussir cette épreuve. Je vais tout de suite aller au point négatif, la narration graphique semble faire passer parfois les personnages d'un endroit à l'autre de manière assez "aléatoire". Du coup, on a un peu de mal à se retrouver dans le suivi de ces deux premiers tomes. Par contre les dessins et ambiances sont excellents, l'histoire est prenante sur fond de traitement de la différence. Pourquoi le grand père est banni, que préparent les chefs dont le père de Dido, qui sont ces autres monstres, bref, on suit avec entrain ces aventures et j'ai vraiment hâte de lire la suite. Une très bonne lecture à conseiller à nos têtes blondes vers 8/10 ans.

06/06/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Tsunami
Tsunami

Bon là c'est plus un 3,5 mais ne boudons pas notre plaisir. Ce récit de la découverte de cette zone touchée par le tsunami de 2004 est très agréable. Déjà par un dessin et une mise en couleur de toute beauté. C'est clairement le grand point fort de ce bouquin. Je n'avais jamais coché le nom de Pendanx mais c'est véritablement un grand artiste. Il me donne clairement envie d'un grand format. Il met merveilleusement en image cette Indonésie à la fois somptueuse, mystérieuse et sauvage. L'histoire part elle sur une recherche d'un être cher porté disparu et démarre excellemment par la prise de contact de ce jeune européen en décalage total avec cette région et ses "dangers". Puis viennent se greffer ses multiples personnages, tous en fuite de quelque chose et que l'on va "dompter" patiemment au fil de l'histoire. J'ai été moins séduit par la tournure "ésotérique" finale mais pour autant pas rebuté. C'est une lecture à conseiller encore une de chez Futuro.

06/06/2016 (modifier)