Dessous est comme indiqué la première BD de Bones et c'est une belle réussite.
Le dessin est vraiment réussi et distille une véritable ambiance. Petit bémol au niveau des visages il faut parfois prendre quelques secondes pour bien resituer tout le monde.
Le scénario peut paraître convenu mais comme indiqué l'ambiance mise en place est vraiment excellente et on dévore l'album qui s'avère trop court on en redemande. D'ailleurs la fin (qui n'en est pas une pour moi) appelle une suite et elle est d'ailleurs en financement sur le site sandawe. Je ne suis pas édinaute du tome 1 par contre je serai sur le 2 car la suite s'annonce du même niveau.
3.5
Enfin j'ai lu une BD uniquement fait par J-C Menu! Jusqu'à présent je n'avais lu que le Donjon qu'il avait dessinée et une BD co-réalisé avec Trondheim. Cet album contient les chroniques qu'il a publiées dans Fluide Glacial avec quelques trucs publiés dans d'autres supports (Libération, le spécial pilote sur Mai 68, etc).
Il ne faut pas s'attendre à une BD humoristique comme c'est le cas de la plupart des trucs de Fluide Glacial. C'est un truc un peu autobiographie oû Menu parle surtout de ce qu'il aime en musique et en bande dessinée. J'aimais particulièrement lorsqu'il nous parle de la BD, notamment les découvertes qu'il a faites lorsqu'il était jeune. J'aime bien quand un auteur de BD parle des BDS qu'il aime et de ses influences. Surtout que je me retrouve un peu dans Menu (pour moi aussi Gotlib est une référence).
Il y a des chroniques moins intéressantes que d'autres (je suis un peu indifferent à la musique quoique j'aime bien certaines anecdotes de Menu sur ce sujet), mais globalement je trouve que c'est une lecture sympathique et en y repensant j'aime bien la grande partie de cet album et je mets 4.
3.5
J'avais entendu beaucoup de bien du travail de Busiek/Perez sur Avengers et j'étais bien content d'avoir la chance de lire ses histoires. J'ai lu la réédition de Marvel icons et non la première édition qui, si je comprends bien les autres avis, était en petit format ce que je pense est un mauvais format pour un comic de super-héros rempli de combats.
C'est du pur comic de divertissement et je trouve que dans le genre c'est très bien. Les scénarios sont bien développés et la psychologie des personnages est très bien utilisée. Les histoires sont prenantes et j'ai bien envie de lire les autres histoires d'Avengers que Busiek a fait après que Perez ait quitte la série. Il y a certes un peu trop de batailles et parfois des événements se terminent un peu trop rapidement mais globalement j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ces histoires. Busiek connait bien l'univers de Marvel et c'est rempli de références à plusieurs évènements. Je me demande s'il ne faut pas aimer l'univers Marvel pour apprécier cette série.
Le dessin de Perez est bon quoique je préfère le style qu'il avait dans les années 80.
Encore une belle trouvaille de Ki-oon !
Décidément cet éditeur apporte un vent fraîcheur dans la publication du manga en France.
C'est le visuel à la fois superbe et original qui m'a d'abord séduit. L'auteur propose un conte plutôt noir où ses dessins mignons et effrayants apportent une atmosphère vraiment singulière. Le choix d'éditer ce diptyque en grand format est payant car cela met vraiment en valeur le graphisme.
Le scénario tient la route en dépit de quelques longueurs et des inévitables scènes stéréotypées auxquelles on a droit dans tous les mangas : le héros est évidement orphelin, le héros sauve une fois encore un enfant d'un incendie, etc... C'est dommage car Pandémonium a le mérite de proposer quelque chose de vraiment différent du manga classique. Après, l'intrigue est agréable dans son ensemble et les défauts évoqués plus haut n'en gâchent vraiment pas la lecture.
Grâce à son ambiance originale et envoûtante, ses dessins magnifiques (et en couleurs), Pandémonium est assurément un manga à découvrir.
3,5 / 5
Mitterrand est un des hommes politiques que je trouve le plus fascinant, notamment à cause de l'ambiguïté de sa jeunesse. J'ai lu plusieurs livres sur lui et plusieurs sont d'ailleurs référencés dans la biographie présente à la fin de l'album.
On suit donc la jeunesse de Mitterrand lorsqu'il est un jeune homme issu d'un milieu catholique de droite et l'histoire s'arrête après la Seconde Guerre mondiale. Les auteurs montrent bien le parcours idéologique de Mitterrand durant ces années. On voit notamment son amitié avec des gens d'extrême droite, ses justifications, les limites qu'il peut avoir face à l'extrême droite (il n'aime pas trop la cagoule). Je n'ai rien appris de nouveau, ayant déjà lu notamment le livre de Pierre Péan, mais c'est tellement bien fait que j'ai lu cet album avec plaisir. Le personnage de Mitterrand est vraiment charismatique.
Le dessin est bien fait. J'aime bien ce noir et blanc.
Je suis content d'avoir enfin lu cet album. C'était la dernière oeuvre de Frank Miller que j'avais vraiment envie de lire.
Le scénario est un gros délire des auteurs et on aime ou on n'aime pas. Je suis totalement rentré dans le scénario. Il est vrai que Miller aurait pu approfondir ses idées et cet univers dont on ne sait finalement pas grand-chose. Le gros de l'album est une grosse baston, mais ici cela ne me dérange pas parce que le scénario m'a fait rigoler. La violence est tellement exagérée que cela devient drôle. C'est clair que si on n'aime pas le gore on va détester, mais personnellement rien ne m'a choqué.
Le dessin est rempli de détails que j'ai eu du plaisir à admirer. Je n'avais jamais vu un dessinateur mettre autant de trucs dans une case sans qu'elle soit surchargée.
Voilà un album que j’avais déjà « rencontré » à plusieurs occasions, sans que je fasse réellement l’effort de le connaître. La faute à une couverture dont je n’appréciais pas le dessin.
Et puis enfin, je me suis décidé à aller voir ce qu’il contenait. Et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt !
En effet, c’est vraiment une histoire prenante, très bien menée. Que ce soient la présentation des personnages et de leurs relations, mais aussi pour la montée des tensions, jusqu’à une chute qui m’a surpris autant que je l’ai trouvée rétrospectivement « parfaite », pour conclure cet album d’une noirceur parfois presque suffocante.
En effet, si l’on a rapidement de l’empathie pour le petit garçon, au travers duquel nous « vivons » cette histoire, on est – comme lui – étouffé par une atmosphère oppressante, entre la violence de son père (dont on n’apprendra finalement pas grand-chose) et le lourd secret que celui-ci lui impose de porter.
Si le texte de Mau est noir, que dire du dessin de Mabesoone ? Qu’il l’est peut-être encore plus !? En tout cas, ce dessin, qui utilise le Noir et Blanc, est vraiment réussi et tout à fait raccord avec l’histoire. En effet, c’est un trait noir « haché », raturé, un trait torturé comme peut l’être l’enfant, et qui impose lui aussi une tonalité angoissante à ce huis clos familial.
C’est donc une belle histoire, même si c’est une beauté douloureuse, que je vous encourage à découvrir. Je m’étonne aussi, comme d’autres avant moi, que cet album n’ait pas été plus lu et avisé…
Un recueil de 6 histoires courtes, dans la lignée de Naugatuck 1757 et Chapungo, parus chez le même éditeur. A ce titre mon avis sera presque identique.
Les fans de Toppi ne seront pas dépaysés, on retrouve les thèmes chers à cet auteur : les légendes, les peuples indigènes américains, les grands espaces, la nature… et une certaine noirceur dans le propos, avec la faiblesse humaine toujours mise en avant.
Et puis le dessin est bien entendu magnifique, que ce soit au niveau des personnages ou des paysages. Vraiment on en prend plein les yeux. Je préfère les histoires en noir et blanc, on apprécie plus le trait incroyable de Toppi, avec ces hachures bien particulières.
Un album magnifique.
Ces souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol sont d'une nostalgie touchante. On y retrouve l'humour facétieux et les souvenirs d'un auteur qui est probablement l'un des plus grands raconteurs d'histoire, et qui replonge le lecteur dans une enfance heureuse et insouciante, à un âge où on refait le monde et où on s'invente des aventures extraordinaires, le tout sous le soleil provençal, dans le décor merveilleux des collines d'Aubagne, un décor de garrigues et de roches au son des cigales.
Les auteurs adoptent scrupuleusement le livre de Pagnol empli d'un charme spécial qui développe des thèmes variés comme la famille, l'enfance, l'amour de la nature... agrémentés de portraits tendres, de farce légère et de chaleur. J'avais en tête le film d'Yves Robert sorti en 1990, qui m'avait enchanté, mais qui élaguait certains détails, les amplifiait ou les atténuait. Le sentiment ici fut décuplé, on y retrouve les affrontements verbaux homériques de Joseph et de l'oncle Jules, mais toujours respectueux, qui n'étaient qu'abordés superficiellement dans le film. Je suis aussi toujours surpris du rapport à l'argent évoqué par les femmes de ce temps (on est au tout début du 20ème siècle), il est vrai qu'elles ne sont pas encore émancipées et ne sont pas encore censées travailler ; à cette époque, c'est l'homme qui devait ramener l'argent du ménage. Ce détail était également atténué dans le film il me semble...
Je sors donc satisfait de cette lecture en constatant que cette adaptation dessinée est remarquable et très fidèle au livre que je n'ai pas lu enfant, mais assez tardivement alors que j'étais déjà adulte. Le rapport que j'ai avec cette oeuvre n'est donc pas le même que certains lecteurs qui l'ont lu dans leur jeune âge, mais je subodore que j'en aurais été très marqué si j'avais pu le lire enfant, car ça marque une âme d'enfant. Le récit délivre une véritable envie de liberté au sein d'une belle nature, c'est flagrant lors de ce long séjour aux Bastides-Neuves qui reflète les vacances au soleil et toutes les couleurs de la Provence si bien retranscrite dans l'écriture de Pagnol. La récompense des bartavelles à la fin n'en est que plus significative.
Tout ceci est merveilleusement illustré par un joli dessin semi-réaliste très plaisant et qui vous remplit les yeux de magnifiques paysages, ça commence d'ailleurs dès la première page avec cette image splendide sur le massif de Garlaban, il ne manque que le chant des cigales, sinon on est carrément dedans.
Un bel album, qui prend son temps à travers un nombre conséquent de pages, un véritable bol de fraîcheur et une ode à la nature souveraine.
D’habitude, je n’aime pas les récits se basant sur des voyages dans le temps sauf quand ce sont des films du genre « Retour vers le futur » (Souvenirs ! Souvenirs !) alors pourquoi me suis-je mis à lire « The Time Before » ? Parce que ce sont les avis positifs des autres bédéphiles, parce que c’est un one-shot (je déteste les séries à rallonge) et parce que j’apprécie le graphisme de Cyril Bonin qui m’ont encouragé !
« The Time Before » débute en 1958, le récit nous propose de suivre les péripéties d’un photographe qui hérite en quelque chose d’un objet qui permet de voyager dans le temps… Super ! Vous allez me dire qu’il va se retrouver à la préhistoire ou au côté de Jules César ! Eh bien, non ! Notre protagoniste qui est un gars plutôt calme et mesuré va en profiter pour améliorer sa situation et penser à son avenir. Pour ce faire, rien de mieux que de « retoucher » en quelque sorte ses mauvaises décisions en ne revenant que quelques secondes en arrière et là, paf ! sa carrière professionnelle et sa vie intime changent radicalement de direction !
C’est franchement intelligent de la part de l’auteur de ne pas avoir copié les nombreux récits de ce genre où un héros cherche à modifier à tout prix le cours de l’histoire en voulant -par exemple- empêcher qu’Hitler naisse. En effet, Cyril Bonin nous présente un personnage principal qui a conscience des possibilités extraordinaires mais aussi néfastes de son objet. De ce fait, il va l’utiliser avec parcimonie et c’est ça qui m’a beaucoup plu dans cette histoire, on a affaire à des protagonistes simples loin des clichés des superhéros. On a affaire aussi à un récit intelligent avec des réflexions cohérentes sur la vie et ce, sans prise de tête et le tout dans le calme où sont bannies les scènes d’action à gogo que nous abreuve sans cesse Hollywood.
Tiens, à propos d’Hollywood, nous avez vu les planches que nous présente Cyril Bonin ? eh oui, son récit se passe en Amérique et plus exactement à New-York (et Los Angeles). Croyez-moi, la situation de cette histoire dans la « Grosse pomme » est parfaitement en adéquation avec la situation professionnelle de notre héros (il est photographe et quoi de mieux pour faire une bonne carrière qu’en Amérique, surtout dans les années 60 !) d’autant plus que les décors et la mise en couleurs nous plongent facilement dans l’ambiance de cette époque.
Je pense que vous l’avez compris : j’ai hautement apprécié la lecture « The Time Before ». Il y a de fortes chances que vous ne lâchez pas ce feuilletage avant son dénouement ; en tout cas, ça a été mon cas !
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Dessous (Bones)
Dessous est comme indiqué la première BD de Bones et c'est une belle réussite. Le dessin est vraiment réussi et distille une véritable ambiance. Petit bémol au niveau des visages il faut parfois prendre quelques secondes pour bien resituer tout le monde. Le scénario peut paraître convenu mais comme indiqué l'ambiance mise en place est vraiment excellente et on dévore l'album qui s'avère trop court on en redemande. D'ailleurs la fin (qui n'en est pas une pour moi) appelle une suite et elle est d'ailleurs en financement sur le site sandawe. Je ne suis pas édinaute du tome 1 par contre je serai sur le 2 car la suite s'annonce du même niveau.
Chroquettes
3.5 Enfin j'ai lu une BD uniquement fait par J-C Menu! Jusqu'à présent je n'avais lu que le Donjon qu'il avait dessinée et une BD co-réalisé avec Trondheim. Cet album contient les chroniques qu'il a publiées dans Fluide Glacial avec quelques trucs publiés dans d'autres supports (Libération, le spécial pilote sur Mai 68, etc). Il ne faut pas s'attendre à une BD humoristique comme c'est le cas de la plupart des trucs de Fluide Glacial. C'est un truc un peu autobiographie oû Menu parle surtout de ce qu'il aime en musique et en bande dessinée. J'aimais particulièrement lorsqu'il nous parle de la BD, notamment les découvertes qu'il a faites lorsqu'il était jeune. J'aime bien quand un auteur de BD parle des BDS qu'il aime et de ses influences. Surtout que je me retrouve un peu dans Menu (pour moi aussi Gotlib est une référence). Il y a des chroniques moins intéressantes que d'autres (je suis un peu indifferent à la musique quoique j'aime bien certaines anecdotes de Menu sur ce sujet), mais globalement je trouve que c'est une lecture sympathique et en y repensant j'aime bien la grande partie de cet album et je mets 4.
Avengers (Vengeur un jour.../Vengeur toujours)
3.5 J'avais entendu beaucoup de bien du travail de Busiek/Perez sur Avengers et j'étais bien content d'avoir la chance de lire ses histoires. J'ai lu la réédition de Marvel icons et non la première édition qui, si je comprends bien les autres avis, était en petit format ce que je pense est un mauvais format pour un comic de super-héros rempli de combats. C'est du pur comic de divertissement et je trouve que dans le genre c'est très bien. Les scénarios sont bien développés et la psychologie des personnages est très bien utilisée. Les histoires sont prenantes et j'ai bien envie de lire les autres histoires d'Avengers que Busiek a fait après que Perez ait quitte la série. Il y a certes un peu trop de batailles et parfois des événements se terminent un peu trop rapidement mais globalement j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ces histoires. Busiek connait bien l'univers de Marvel et c'est rempli de références à plusieurs évènements. Je me demande s'il ne faut pas aimer l'univers Marvel pour apprécier cette série. Le dessin de Perez est bon quoique je préfère le style qu'il avait dans les années 80.
Pandemonium (Ki-oon)
Encore une belle trouvaille de Ki-oon ! Décidément cet éditeur apporte un vent fraîcheur dans la publication du manga en France. C'est le visuel à la fois superbe et original qui m'a d'abord séduit. L'auteur propose un conte plutôt noir où ses dessins mignons et effrayants apportent une atmosphère vraiment singulière. Le choix d'éditer ce diptyque en grand format est payant car cela met vraiment en valeur le graphisme. Le scénario tient la route en dépit de quelques longueurs et des inévitables scènes stéréotypées auxquelles on a droit dans tous les mangas : le héros est évidement orphelin, le héros sauve une fois encore un enfant d'un incendie, etc... C'est dommage car Pandémonium a le mérite de proposer quelque chose de vraiment différent du manga classique. Après, l'intrigue est agréable dans son ensemble et les défauts évoqués plus haut n'en gâchent vraiment pas la lecture. Grâce à son ambiance originale et envoûtante, ses dessins magnifiques (et en couleurs), Pandémonium est assurément un manga à découvrir. 3,5 / 5
Mitterrand, un jeune homme de droite
Mitterrand est un des hommes politiques que je trouve le plus fascinant, notamment à cause de l'ambiguïté de sa jeunesse. J'ai lu plusieurs livres sur lui et plusieurs sont d'ailleurs référencés dans la biographie présente à la fin de l'album. On suit donc la jeunesse de Mitterrand lorsqu'il est un jeune homme issu d'un milieu catholique de droite et l'histoire s'arrête après la Seconde Guerre mondiale. Les auteurs montrent bien le parcours idéologique de Mitterrand durant ces années. On voit notamment son amitié avec des gens d'extrême droite, ses justifications, les limites qu'il peut avoir face à l'extrême droite (il n'aime pas trop la cagoule). Je n'ai rien appris de nouveau, ayant déjà lu notamment le livre de Pierre Péan, mais c'est tellement bien fait que j'ai lu cet album avec plaisir. Le personnage de Mitterrand est vraiment charismatique. Le dessin est bien fait. J'aime bien ce noir et blanc.
Hard Boiled
Je suis content d'avoir enfin lu cet album. C'était la dernière oeuvre de Frank Miller que j'avais vraiment envie de lire. Le scénario est un gros délire des auteurs et on aime ou on n'aime pas. Je suis totalement rentré dans le scénario. Il est vrai que Miller aurait pu approfondir ses idées et cet univers dont on ne sait finalement pas grand-chose. Le gros de l'album est une grosse baston, mais ici cela ne me dérange pas parce que le scénario m'a fait rigoler. La violence est tellement exagérée que cela devient drôle. C'est clair que si on n'aime pas le gore on va détester, mais personnellement rien ne m'a choqué. Le dessin est rempli de détails que j'ai eu du plaisir à admirer. Je n'avais jamais vu un dessinateur mettre autant de trucs dans une case sans qu'elle soit surchargée.
Au revoir Monsieur
Voilà un album que j’avais déjà « rencontré » à plusieurs occasions, sans que je fasse réellement l’effort de le connaître. La faute à une couverture dont je n’appréciais pas le dessin. Et puis enfin, je me suis décidé à aller voir ce qu’il contenait. Et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt ! En effet, c’est vraiment une histoire prenante, très bien menée. Que ce soient la présentation des personnages et de leurs relations, mais aussi pour la montée des tensions, jusqu’à une chute qui m’a surpris autant que je l’ai trouvée rétrospectivement « parfaite », pour conclure cet album d’une noirceur parfois presque suffocante. En effet, si l’on a rapidement de l’empathie pour le petit garçon, au travers duquel nous « vivons » cette histoire, on est – comme lui – étouffé par une atmosphère oppressante, entre la violence de son père (dont on n’apprendra finalement pas grand-chose) et le lourd secret que celui-ci lui impose de porter. Si le texte de Mau est noir, que dire du dessin de Mabesoone ? Qu’il l’est peut-être encore plus !? En tout cas, ce dessin, qui utilise le Noir et Blanc, est vraiment réussi et tout à fait raccord avec l’histoire. En effet, c’est un trait noir « haché », raturé, un trait torturé comme peut l’être l’enfant, et qui impose lui aussi une tonalité angoissante à ce huis clos familial. C’est donc une belle histoire, même si c’est une beauté douloureuse, que je vous encourage à découvrir. Je m’étonne aussi, comme d’autres avant moi, que cet album n’ait pas été plus lu et avisé…
Colt Frontier
Un recueil de 6 histoires courtes, dans la lignée de Naugatuck 1757 et Chapungo, parus chez le même éditeur. A ce titre mon avis sera presque identique. Les fans de Toppi ne seront pas dépaysés, on retrouve les thèmes chers à cet auteur : les légendes, les peuples indigènes américains, les grands espaces, la nature… et une certaine noirceur dans le propos, avec la faiblesse humaine toujours mise en avant. Et puis le dessin est bien entendu magnifique, que ce soit au niveau des personnages ou des paysages. Vraiment on en prend plein les yeux. Je préfère les histoires en noir et blanc, on apprécie plus le trait incroyable de Toppi, avec ces hachures bien particulières. Un album magnifique.
La Gloire de mon Père
Ces souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol sont d'une nostalgie touchante. On y retrouve l'humour facétieux et les souvenirs d'un auteur qui est probablement l'un des plus grands raconteurs d'histoire, et qui replonge le lecteur dans une enfance heureuse et insouciante, à un âge où on refait le monde et où on s'invente des aventures extraordinaires, le tout sous le soleil provençal, dans le décor merveilleux des collines d'Aubagne, un décor de garrigues et de roches au son des cigales. Les auteurs adoptent scrupuleusement le livre de Pagnol empli d'un charme spécial qui développe des thèmes variés comme la famille, l'enfance, l'amour de la nature... agrémentés de portraits tendres, de farce légère et de chaleur. J'avais en tête le film d'Yves Robert sorti en 1990, qui m'avait enchanté, mais qui élaguait certains détails, les amplifiait ou les atténuait. Le sentiment ici fut décuplé, on y retrouve les affrontements verbaux homériques de Joseph et de l'oncle Jules, mais toujours respectueux, qui n'étaient qu'abordés superficiellement dans le film. Je suis aussi toujours surpris du rapport à l'argent évoqué par les femmes de ce temps (on est au tout début du 20ème siècle), il est vrai qu'elles ne sont pas encore émancipées et ne sont pas encore censées travailler ; à cette époque, c'est l'homme qui devait ramener l'argent du ménage. Ce détail était également atténué dans le film il me semble... Je sors donc satisfait de cette lecture en constatant que cette adaptation dessinée est remarquable et très fidèle au livre que je n'ai pas lu enfant, mais assez tardivement alors que j'étais déjà adulte. Le rapport que j'ai avec cette oeuvre n'est donc pas le même que certains lecteurs qui l'ont lu dans leur jeune âge, mais je subodore que j'en aurais été très marqué si j'avais pu le lire enfant, car ça marque une âme d'enfant. Le récit délivre une véritable envie de liberté au sein d'une belle nature, c'est flagrant lors de ce long séjour aux Bastides-Neuves qui reflète les vacances au soleil et toutes les couleurs de la Provence si bien retranscrite dans l'écriture de Pagnol. La récompense des bartavelles à la fin n'en est que plus significative. Tout ceci est merveilleusement illustré par un joli dessin semi-réaliste très plaisant et qui vous remplit les yeux de magnifiques paysages, ça commence d'ailleurs dès la première page avec cette image splendide sur le massif de Garlaban, il ne manque que le chant des cigales, sinon on est carrément dedans. Un bel album, qui prend son temps à travers un nombre conséquent de pages, un véritable bol de fraîcheur et une ode à la nature souveraine.
The Time Before
D’habitude, je n’aime pas les récits se basant sur des voyages dans le temps sauf quand ce sont des films du genre « Retour vers le futur » (Souvenirs ! Souvenirs !) alors pourquoi me suis-je mis à lire « The Time Before » ? Parce que ce sont les avis positifs des autres bédéphiles, parce que c’est un one-shot (je déteste les séries à rallonge) et parce que j’apprécie le graphisme de Cyril Bonin qui m’ont encouragé ! « The Time Before » débute en 1958, le récit nous propose de suivre les péripéties d’un photographe qui hérite en quelque chose d’un objet qui permet de voyager dans le temps… Super ! Vous allez me dire qu’il va se retrouver à la préhistoire ou au côté de Jules César ! Eh bien, non ! Notre protagoniste qui est un gars plutôt calme et mesuré va en profiter pour améliorer sa situation et penser à son avenir. Pour ce faire, rien de mieux que de « retoucher » en quelque sorte ses mauvaises décisions en ne revenant que quelques secondes en arrière et là, paf ! sa carrière professionnelle et sa vie intime changent radicalement de direction ! C’est franchement intelligent de la part de l’auteur de ne pas avoir copié les nombreux récits de ce genre où un héros cherche à modifier à tout prix le cours de l’histoire en voulant -par exemple- empêcher qu’Hitler naisse. En effet, Cyril Bonin nous présente un personnage principal qui a conscience des possibilités extraordinaires mais aussi néfastes de son objet. De ce fait, il va l’utiliser avec parcimonie et c’est ça qui m’a beaucoup plu dans cette histoire, on a affaire à des protagonistes simples loin des clichés des superhéros. On a affaire aussi à un récit intelligent avec des réflexions cohérentes sur la vie et ce, sans prise de tête et le tout dans le calme où sont bannies les scènes d’action à gogo que nous abreuve sans cesse Hollywood. Tiens, à propos d’Hollywood, nous avez vu les planches que nous présente Cyril Bonin ? eh oui, son récit se passe en Amérique et plus exactement à New-York (et Los Angeles). Croyez-moi, la situation de cette histoire dans la « Grosse pomme » est parfaitement en adéquation avec la situation professionnelle de notre héros (il est photographe et quoi de mieux pour faire une bonne carrière qu’en Amérique, surtout dans les années 60 !) d’autant plus que les décors et la mise en couleurs nous plongent facilement dans l’ambiance de cette époque. Je pense que vous l’avez compris : j’ai hautement apprécié la lecture « The Time Before ». Il y a de fortes chances que vous ne lâchez pas ce feuilletage avant son dénouement ; en tout cas, ça a été mon cas !