J'avais un peu raté ce balles perdues à sa sortie, mais après avoir beaucoup aimé Corps et Âme des mêmes auteurs, je me suis enfin rattrapé. Et j'ai bien fait.
Il y a un coté très classique à cette histoire de gangsters et de règlement de compte, c'est indéniable. Mais quand c'est bien fait, c'est pas gênant et en l’occurrence j'ai lu l'album d'une traite sans pouvoir le lâcher. On a tous les ingrédients qu'on s'attend à trouver : le tueur à gage solitaire et implacable, la jeune fille un peu paumée, les mafieux, le flic. Personne n'a été oublié au casting.
Le déroulement de l'histoire la rend prenante, les nombreux personnages secondaires ne m'ont pas embrouillé l'esprit et tout m'a paru limpide. Avec juste ce qu'il faut comme suspens pour m'emmener jusqu'à la fin de l'album. Le seul bémol finalement c'est le titre, bien mal choisi car on s'attend du coup un peu trop à ce genre de final.
Graphiquement j'aime bien ce trait réaliste qui donne une vraie ambiance à l'ensemble.
Au final ce balles perdues est un bon petit polar noir.
Voici un diptyque pour le moins étonnant, autant sur la forme que sur le fond.
Quand on parle de manga/BD érotique, souvent on est plus proche de la pornographie. Mais là, il faut bien l'avouer, c'est de l'érotisme bon chic bon genre. Et en soi, on est plus proche des BD intimes simplement. Certes, c'est aussi sexuel, mais le contenu du manga est avant tout sur la relation -libre- qu'entretiennent ces deux amis. C'est des discussions, des points de vues, des petits moments d'intimités et d'amitiés. Comme si on passait un petit moment à discuter avec elles sans tabou d'aucune sorte.
Le dessin est étrange, assez lisse, mais j'ai bien apprécié, même si les rendus de peau sont souvent très plastiques. C'est du manga, mais c'est plutôt bien croqué, malgré quelques défauts mineurs.
Mais au final, ce que j'ai vraiment apprécié, c'est cette simplicité d'histoire d'amies. Libérées de tout entre elles, les deux livres sont vraiment agréables à lire, avec bien souvent des histoires sans vraiment de sexe, juste sur des moments partagés et agréable. Et au milieu des tomes par dizaines qui vont dans tout les sens, ça fait parfois du bien de se poser et de juste découvrir une amitié sourire aux lèvres.
Ce qui me fait mettre 4 étoiles, c'est aussi que les couvertures glissantes révélant de plus en plus est une excellente idée et m'a beaucoup plu. C'est le genre de détail bête qui me fait passer la note à 4, plutôt qu'un simple 3.5 arrondi à 3.
A lire, oui, je n'ai pas boudé mon plaisir.
Probablement la meilleure série sur le cannibalisme que j'ai lu jusqu'à présent !
J'ai littéralement dévoré ces deux tomes tellement l'histoire est passionnante. L'intrigue montre les agissements de l'ogre durant différentes périodes sans qu'on perde le fil. J'aime bien les discussions entre l'ogre et l'ancienne inspectrice. Ces deux personnages sont intéressants et les dialogues sont souvent savoureux. La narration fluide fait en sorte que ses deux tomes se lissent facilement.
J'aime beaucoup le dessin et surtout comment l'atmosphère change durant les différentes périodes historiques. Les couleurs sont très bien choisies. C'est vraiment du très beau travail.
Est-il aussi innocent que cela ? On va nous présenter le dernier-né d’une famille où l’on devient bourreau de père en fils. Cela remonte d’ailleurs à plusieurs générations en arrière. Cependant, ce n’est pas n’importe quel bourreau. C’est quand même celui qui a coupé la tête du roi Louis XVI, de Danton, Saint-Just et Robespierre ainsi qu’accessoirement de 3000 personnes durant la Révolution Française.
Je dois bien avouer que son cheminement est très intéressant car il voulait tout d’abord échapper à la destinée familiale avant d’être torturé par son père, un fin connaisseur pour convaincre n’importe qui de cracher le morceau. Etre un enfant de bourreau, ce n’est pas très facile surtout quand on est de nature un peu peureuse. Or, il va malheureusement vite surpasser son maître. Plus tard dans sa vie, il participera à la réalisation de la guillotine pour des exécutions rapides et indolores.
On est tout de suite happé par cette histoire qui reprend des faits réels. Ce qui est intéressant, c’est de suivre le cheminement psychologique qui va l’amener à être confronté aux soubresauts de l’Histoire et notamment de la Révolution Française. Le dessin réaliste est d’une finesse incroyable ce qui ne gâche rien à la lecture de ce seinen. Oui, ce fut un véritable plaisir de lecture et on aimerait bien que les mangas atteignent cette qualité plus souvent.
Note : 3.5/5
Beaucoup de choses m'ont plu dans cette série en deux tomes.
La première est son graphisme assez ébouriffant. Il est maîtrisé techniquement et plein de personnalité. Dynamisme de ses personnages, de ses mises en scène, de ses angles de vue, de ses scènes d'action et beauté de ses décors, c'est assez excellent. C'est une également une vraie explosion de couleurs originales.
Et pourtant, malgré ces nombreux bons côtés, il faut avouer que les cases sont un petit peu confuses car trop encombrées et ne faisant pas toujours très bien ressortir les éléments principaux de la narration. En outre, certaines cases voire planches entières se déroulent dans des ambiances un peu trop sombres qui forcent à plisser les yeux pour bien les lire, surtout en contraste des cases voisines souvent pleines de lumière.
C'est donc très beau mais pas toujours très fluide à la lecture.
La seconde chose qui m'a plu, c'est le décor du récit. Comme il est dit en quatrième de couverture, c'est un univers qui rappelle à la fois les contes des 1001 nuits, l'Inde des Maharadjas et le Baron de Münchhausen. C'est un monde fantasque et exotique, très dépaysant.
Enfin il y a l'originalité du conte qui nous est raconté et sa densité. Il se passe beaucoup de choses, on ne sait jamais à l'avance où l'on va et on change plusieurs fois de directions et de cadre du récit dans un même album. Bref, en deux albums de 54 et 48 pages, on en a parfois autant que dans de longues séries à rallonge.
Paradoxalement, cela peut poser aussi quelques soucis car comme le graphisme, le scénario peut tourner au confus. Il se passe beaucoup de choses mais c'est parfois peut-être trop. Le lecteur est un peu noyé dans les différentes circonvolutions de l'intrigue et des motivations des personnages.
Mais quelque soit son aspect légèrement embrouillé, j'ai gardé le même plaisir à lire cette fable colorée et exotique qui sort des sentiers battus.
Une excellente série quoique je trouve le tome 7 un peu plus faible que les autres.
C'est une série sur le paranormal et particulièrement sur la magie et j'aime bien comment les auteurs exploitent ses thèmes. L'histoire est prenant dès le début et il y a plein de mystères qui m'ont donné envie de lire ses deux cycles et les explications ne m'ont pas du tout déçu. Je trouve que le point fort vient des personnages. Je trouve que la plupart sont plutôt complexes et je n'étais jamais certains de ce qu'ils étaient capables de faire. La lutte entre les forces du mal et du bien est assez intéressante.
Le dessin est du pur produit de Dupuis et je l'aime bien. Cela donne un mélange de BD à la fois classique et moderne. J'espère qu'il va y avoir une suite un jour car j'ai bien envie de lire plus d'aventures d'Alexia et ses amis, mais les auteurs semblent occuper avec d'autres séries.
Mosquito poursuit la publication des œuvres que Serpieri avait consacrées aux Amérindiens, et c’est toujours avec le même bonheur que je les lis.
Au risque de me répéter, on en prend encore plein les yeux avec un dessin en Noir et Blanc superbe (et c’est peu de le dire !) qui magnifie les paysages et surtout les personnages. A lui seul le dessin incite à acheter cet album !
Pour ce qui est du scénario, les trois histoires se laissent lire. J’ai bien aimé la première, avec un personnage principal qui est une sorte de porte-parole de Serpieri, prenant la défense des Indiens dans des termes tranchés et lyriques. En effet, Serpieri dans ses albums écrit une sorte d’hymne à ces peuples (généralement les Indiens des plaines, Arapahoes, Crows, Cheyennes, Lakotas…) et à la nature préservée. Rien de mièvre pourtant (même si c’est clairement un peu manichéen), ni de « naturaliste » non plus.
La deuxième est intéressante aussi – même la troisième, mais je les ai un peu moins appréciées. Par contre, même si l’album est relativement épais, je reste un peu sur ma faim pour ces histoires, finalement assez courtes, et qui auraient gagné à être plus étoffées.
Mais bon, c’est clair que tout amoureux des westerns, des Amérindiens et plus généralement du beau dessin ne peut qu’être intéressé par cet auteur, et cet album en particulier.
J’espère que Mosquito a un stock inépuisable d’histoires du maître ! Même si je pense qu’ils sont au bout de ce stock…
Prenez une bonne tranche de Akira, quelques louches de Game of Throne, tassez très fort dans un mortier et pilonnez bien fort pour servir bien chaud et saignant façon Comics et vous commencez à avoir une petite idée de ce que vous réserve East of West.
Car cette série a de sérieux atouts pour me plaire ! Déjà, l’uchronie de départ est intéressante : la Guerre de Sécession américaine n’a pas été gagnée par le Nord, mais interrompue par la chute d’un corps céleste en plein milieu des Etats Unis. Cet événement va forger un nouveau futur et découpage du territoire. Sept Super Etats vont émerger de ce cataclysme et se partager pouvoir et espaces. Sauf que, et oui il faut toujours un « mais », naît au même moment une nouvelle religion annonçant la fin du monde, avec pour « ambassadeurs » les Quatre Chevaliers de l’Apocalypse.
Tout cela peut paraître un brin capilotracté au début et un peu fouillis, mais tout se met en place petit à petit au fil de ces quatre premiers tomes pour donner une solide assise à ce récit. Les différentes sociétés qui ont plus ou moins prospéré dans chaque état ont chacune leurs caractéristiques qui leur confère avantages militaires, économiques ou sociétaux. Mais ce sont surtout les personnages qui sont à la tête de ces états qui m’ont vraiment plu ! Tout comme les Trois Chevaliers de l’Apocalypse d’ailleurs… Oui, on en a perdu un en route ^^ Le scénario accorde la part belle à ces personnages que j’ai trouvé vraiment bien approfondis et qui donne toute la saveur à ce comics.
Un très agréable carnet de voyage que cette tentation entre Syrie, Iran et Pakistan pour cet auteur Belge. Une remise en question intelligente de sa foi, de ses croyances, de ce qui constitue les valeurs morales collectives, individuelles, cultuelles et/ou culturelles. On ressort de cette lecture avec des éléments intéressants pour ce qui aura pu amener une personne à la conversion, ce qui l'a empêché de franchir le pas, les éléments essentiels de sa culture occidentale, le positionnement des religions.
Cette ouverture d'esprit se ressent dès les premières pages et nous permettent de suivre ce jeune homme avec d'autant plus d'envie. Et il nous fait nous questionner sur nous même, sur nos propres préjugés et sur nos limites à l'acceptation de l'autre, de ses croyances.
Il nous permet aussi d'ouvrir notre cervelet à une autre grille de lecture de cette partie de monde, de l'importance de la religion, des a priori que l'on a sur celle ci mais aussi conforte certaines visions de ces différentes idéologies.
Reste la forme, j'ai beaucoup apprécié les doubles pages en carnet de voyage, la qualité de la peinture, des lumières, bref un régal. Par contre je suis un peu resté sur ma faim concernant les pages BD, moins réussies et surtout par un manque parfois de dessins, surtout lorsque l'auteur nous parle d'un train, de nourriture sur le marché etc....... et que l'on n'a pas l'image c'est dommage. Malgré tout une très belle découverte
Il s'agit d'une histoire de pirates, décomposée en courts chapitres qui racontent chacun un épisode de la vie du narrateur. Devenu vieux, celui-ci se penche, non sans nostalgie, sur les divers épisodes, tantôt épiques, tantôt triviaux, parfois navrants de son passé de gamin perdu devenu pirate par hasard.
Un récit d'aventure, un vrai ; merci à Riff Reb's de sortir Pierre Mac Orlan des oubliettes !
Certes, les anecdotes sont assez convenues, on a droit à tous les clichés de la vie à bord et des virées à terre de joyeux pirates, les chapitres sont un peu inégaux, et construisent un ensemble décousu, comme les souvenirs d'un vieillard. Mais le style, teinté d'une noire ironie, est enlevé et le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer.
Et surtout, il y a le découpage nerveux de Riff Reb's, au sommet de son art, qui brille dans cette adaptation du roman, et le met en image d'un trait virtuose excellent lorsqu'il s'agit de rendre les ambiances maritimes.
C'est de la fausse couleur, réalisée avec du lavis coloré dans des tons tranchés, qui changent à chaque chapitre, mais qui a la puissance d'un noir et blanc profond. Chaque planche mériterait d'être encadrée.
Et surtout, cet album constitue le premier volume de la “trilogie maritime” de Riff Reb's, qui inaugure le meilleur pour la suite : Le Loup des Mers et Hommes à la mer vont confirmer le grand talent de l'auteur.
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Balles perdues (Walter Hill)
J'avais un peu raté ce balles perdues à sa sortie, mais après avoir beaucoup aimé Corps et Âme des mêmes auteurs, je me suis enfin rattrapé. Et j'ai bien fait. Il y a un coté très classique à cette histoire de gangsters et de règlement de compte, c'est indéniable. Mais quand c'est bien fait, c'est pas gênant et en l’occurrence j'ai lu l'album d'une traite sans pouvoir le lâcher. On a tous les ingrédients qu'on s'attend à trouver : le tueur à gage solitaire et implacable, la jeune fille un peu paumée, les mafieux, le flic. Personne n'a été oublié au casting. Le déroulement de l'histoire la rend prenante, les nombreux personnages secondaires ne m'ont pas embrouillé l'esprit et tout m'a paru limpide. Avec juste ce qu'il faut comme suspens pour m'emmener jusqu'à la fin de l'album. Le seul bémol finalement c'est le titre, bien mal choisi car on s'attend du coup un peu trop à ce genre de final. Graphiquement j'aime bien ce trait réaliste qui donne une vraie ambiance à l'ensemble. Au final ce balles perdues est un bon petit polar noir.
Maka-maka
Voici un diptyque pour le moins étonnant, autant sur la forme que sur le fond. Quand on parle de manga/BD érotique, souvent on est plus proche de la pornographie. Mais là, il faut bien l'avouer, c'est de l'érotisme bon chic bon genre. Et en soi, on est plus proche des BD intimes simplement. Certes, c'est aussi sexuel, mais le contenu du manga est avant tout sur la relation -libre- qu'entretiennent ces deux amis. C'est des discussions, des points de vues, des petits moments d'intimités et d'amitiés. Comme si on passait un petit moment à discuter avec elles sans tabou d'aucune sorte. Le dessin est étrange, assez lisse, mais j'ai bien apprécié, même si les rendus de peau sont souvent très plastiques. C'est du manga, mais c'est plutôt bien croqué, malgré quelques défauts mineurs. Mais au final, ce que j'ai vraiment apprécié, c'est cette simplicité d'histoire d'amies. Libérées de tout entre elles, les deux livres sont vraiment agréables à lire, avec bien souvent des histoires sans vraiment de sexe, juste sur des moments partagés et agréable. Et au milieu des tomes par dizaines qui vont dans tout les sens, ça fait parfois du bien de se poser et de juste découvrir une amitié sourire aux lèvres. Ce qui me fait mettre 4 étoiles, c'est aussi que les couvertures glissantes révélant de plus en plus est une excellente idée et m'a beaucoup plu. C'est le genre de détail bête qui me fait passer la note à 4, plutôt qu'un simple 3.5 arrondi à 3. A lire, oui, je n'ai pas boudé mon plaisir.
Un homme de goût
Probablement la meilleure série sur le cannibalisme que j'ai lu jusqu'à présent ! J'ai littéralement dévoré ces deux tomes tellement l'histoire est passionnante. L'intrigue montre les agissements de l'ogre durant différentes périodes sans qu'on perde le fil. J'aime bien les discussions entre l'ogre et l'ancienne inspectrice. Ces deux personnages sont intéressants et les dialogues sont souvent savoureux. La narration fluide fait en sorte que ses deux tomes se lissent facilement. J'aime beaucoup le dessin et surtout comment l'atmosphère change durant les différentes périodes historiques. Les couleurs sont très bien choisies. C'est vraiment du très beau travail.
Innocent
Est-il aussi innocent que cela ? On va nous présenter le dernier-né d’une famille où l’on devient bourreau de père en fils. Cela remonte d’ailleurs à plusieurs générations en arrière. Cependant, ce n’est pas n’importe quel bourreau. C’est quand même celui qui a coupé la tête du roi Louis XVI, de Danton, Saint-Just et Robespierre ainsi qu’accessoirement de 3000 personnes durant la Révolution Française. Je dois bien avouer que son cheminement est très intéressant car il voulait tout d’abord échapper à la destinée familiale avant d’être torturé par son père, un fin connaisseur pour convaincre n’importe qui de cracher le morceau. Etre un enfant de bourreau, ce n’est pas très facile surtout quand on est de nature un peu peureuse. Or, il va malheureusement vite surpasser son maître. Plus tard dans sa vie, il participera à la réalisation de la guillotine pour des exécutions rapides et indolores. On est tout de suite happé par cette histoire qui reprend des faits réels. Ce qui est intéressant, c’est de suivre le cheminement psychologique qui va l’amener à être confronté aux soubresauts de l’Histoire et notamment de la Révolution Française. Le dessin réaliste est d’une finesse incroyable ce qui ne gâche rien à la lecture de ce seinen. Oui, ce fut un véritable plaisir de lecture et on aimerait bien que les mangas atteignent cette qualité plus souvent.
Les Contes de l'ère du Cobra
Note : 3.5/5 Beaucoup de choses m'ont plu dans cette série en deux tomes. La première est son graphisme assez ébouriffant. Il est maîtrisé techniquement et plein de personnalité. Dynamisme de ses personnages, de ses mises en scène, de ses angles de vue, de ses scènes d'action et beauté de ses décors, c'est assez excellent. C'est une également une vraie explosion de couleurs originales. Et pourtant, malgré ces nombreux bons côtés, il faut avouer que les cases sont un petit peu confuses car trop encombrées et ne faisant pas toujours très bien ressortir les éléments principaux de la narration. En outre, certaines cases voire planches entières se déroulent dans des ambiances un peu trop sombres qui forcent à plisser les yeux pour bien les lire, surtout en contraste des cases voisines souvent pleines de lumière. C'est donc très beau mais pas toujours très fluide à la lecture. La seconde chose qui m'a plu, c'est le décor du récit. Comme il est dit en quatrième de couverture, c'est un univers qui rappelle à la fois les contes des 1001 nuits, l'Inde des Maharadjas et le Baron de Münchhausen. C'est un monde fantasque et exotique, très dépaysant. Enfin il y a l'originalité du conte qui nous est raconté et sa densité. Il se passe beaucoup de choses, on ne sait jamais à l'avance où l'on va et on change plusieurs fois de directions et de cadre du récit dans un même album. Bref, en deux albums de 54 et 48 pages, on en a parfois autant que dans de longues séries à rallonge. Paradoxalement, cela peut poser aussi quelques soucis car comme le graphisme, le scénario peut tourner au confus. Il se passe beaucoup de choses mais c'est parfois peut-être trop. Le lecteur est un peu noyé dans les différentes circonvolutions de l'intrigue et des motivations des personnages. Mais quelque soit son aspect légèrement embrouillé, j'ai gardé le même plaisir à lire cette fable colorée et exotique qui sort des sentiers battus.
Les Démons d'Alexia
Une excellente série quoique je trouve le tome 7 un peu plus faible que les autres. C'est une série sur le paranormal et particulièrement sur la magie et j'aime bien comment les auteurs exploitent ses thèmes. L'histoire est prenant dès le début et il y a plein de mystères qui m'ont donné envie de lire ses deux cycles et les explications ne m'ont pas du tout déçu. Je trouve que le point fort vient des personnages. Je trouve que la plupart sont plutôt complexes et je n'étais jamais certains de ce qu'ils étaient capables de faire. La lutte entre les forces du mal et du bien est assez intéressante. Le dessin est du pur produit de Dupuis et je l'aime bien. Cela donne un mélange de BD à la fois classique et moderne. J'espère qu'il va y avoir une suite un jour car j'ai bien envie de lire plus d'aventures d'Alexia et ses amis, mais les auteurs semblent occuper avec d'autres séries.
John and Mary
Mosquito poursuit la publication des œuvres que Serpieri avait consacrées aux Amérindiens, et c’est toujours avec le même bonheur que je les lis. Au risque de me répéter, on en prend encore plein les yeux avec un dessin en Noir et Blanc superbe (et c’est peu de le dire !) qui magnifie les paysages et surtout les personnages. A lui seul le dessin incite à acheter cet album ! Pour ce qui est du scénario, les trois histoires se laissent lire. J’ai bien aimé la première, avec un personnage principal qui est une sorte de porte-parole de Serpieri, prenant la défense des Indiens dans des termes tranchés et lyriques. En effet, Serpieri dans ses albums écrit une sorte d’hymne à ces peuples (généralement les Indiens des plaines, Arapahoes, Crows, Cheyennes, Lakotas…) et à la nature préservée. Rien de mièvre pourtant (même si c’est clairement un peu manichéen), ni de « naturaliste » non plus. La deuxième est intéressante aussi – même la troisième, mais je les ai un peu moins appréciées. Par contre, même si l’album est relativement épais, je reste un peu sur ma faim pour ces histoires, finalement assez courtes, et qui auraient gagné à être plus étoffées. Mais bon, c’est clair que tout amoureux des westerns, des Amérindiens et plus généralement du beau dessin ne peut qu’être intéressé par cet auteur, et cet album en particulier. J’espère que Mosquito a un stock inépuisable d’histoires du maître ! Même si je pense qu’ils sont au bout de ce stock…
East of West
Prenez une bonne tranche de Akira, quelques louches de Game of Throne, tassez très fort dans un mortier et pilonnez bien fort pour servir bien chaud et saignant façon Comics et vous commencez à avoir une petite idée de ce que vous réserve East of West. Car cette série a de sérieux atouts pour me plaire ! Déjà, l’uchronie de départ est intéressante : la Guerre de Sécession américaine n’a pas été gagnée par le Nord, mais interrompue par la chute d’un corps céleste en plein milieu des Etats Unis. Cet événement va forger un nouveau futur et découpage du territoire. Sept Super Etats vont émerger de ce cataclysme et se partager pouvoir et espaces. Sauf que, et oui il faut toujours un « mais », naît au même moment une nouvelle religion annonçant la fin du monde, avec pour « ambassadeurs » les Quatre Chevaliers de l’Apocalypse. Tout cela peut paraître un brin capilotracté au début et un peu fouillis, mais tout se met en place petit à petit au fil de ces quatre premiers tomes pour donner une solide assise à ce récit. Les différentes sociétés qui ont plus ou moins prospéré dans chaque état ont chacune leurs caractéristiques qui leur confère avantages militaires, économiques ou sociétaux. Mais ce sont surtout les personnages qui sont à la tête de ces états qui m’ont vraiment plu ! Tout comme les Trois Chevaliers de l’Apocalypse d’ailleurs… Oui, on en a perdu un en route ^^ Le scénario accorde la part belle à ces personnages que j’ai trouvé vraiment bien approfondis et qui donne toute la saveur à ce comics.
La Tentation
Un très agréable carnet de voyage que cette tentation entre Syrie, Iran et Pakistan pour cet auteur Belge. Une remise en question intelligente de sa foi, de ses croyances, de ce qui constitue les valeurs morales collectives, individuelles, cultuelles et/ou culturelles. On ressort de cette lecture avec des éléments intéressants pour ce qui aura pu amener une personne à la conversion, ce qui l'a empêché de franchir le pas, les éléments essentiels de sa culture occidentale, le positionnement des religions. Cette ouverture d'esprit se ressent dès les premières pages et nous permettent de suivre ce jeune homme avec d'autant plus d'envie. Et il nous fait nous questionner sur nous même, sur nos propres préjugés et sur nos limites à l'acceptation de l'autre, de ses croyances. Il nous permet aussi d'ouvrir notre cervelet à une autre grille de lecture de cette partie de monde, de l'importance de la religion, des a priori que l'on a sur celle ci mais aussi conforte certaines visions de ces différentes idéologies. Reste la forme, j'ai beaucoup apprécié les doubles pages en carnet de voyage, la qualité de la peinture, des lumières, bref un régal. Par contre je suis un peu resté sur ma faim concernant les pages BD, moins réussies et surtout par un manque parfois de dessins, surtout lorsque l'auteur nous parle d'un train, de nourriture sur le marché etc....... et que l'on n'a pas l'image c'est dommage. Malgré tout une très belle découverte
A bord de l'Etoile Matutine
Il s'agit d'une histoire de pirates, décomposée en courts chapitres qui racontent chacun un épisode de la vie du narrateur. Devenu vieux, celui-ci se penche, non sans nostalgie, sur les divers épisodes, tantôt épiques, tantôt triviaux, parfois navrants de son passé de gamin perdu devenu pirate par hasard. Un récit d'aventure, un vrai ; merci à Riff Reb's de sortir Pierre Mac Orlan des oubliettes ! Certes, les anecdotes sont assez convenues, on a droit à tous les clichés de la vie à bord et des virées à terre de joyeux pirates, les chapitres sont un peu inégaux, et construisent un ensemble décousu, comme les souvenirs d'un vieillard. Mais le style, teinté d'une noire ironie, est enlevé et le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer. Et surtout, il y a le découpage nerveux de Riff Reb's, au sommet de son art, qui brille dans cette adaptation du roman, et le met en image d'un trait virtuose excellent lorsqu'il s'agit de rendre les ambiances maritimes. C'est de la fausse couleur, réalisée avec du lavis coloré dans des tons tranchés, qui changent à chaque chapitre, mais qui a la puissance d'un noir et blanc profond. Chaque planche mériterait d'être encadrée. Et surtout, cet album constitue le premier volume de la “trilogie maritime” de Riff Reb's, qui inaugure le meilleur pour la suite : Le Loup des Mers et Hommes à la mer vont confirmer le grand talent de l'auteur.