Les derniers avis (31948 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cinq Conteurs de Bagdad
Les Cinq Conteurs de Bagdad

Probablement le meilleur scénario de Vehlmann que j'ai lu jusqu'à présent. C'est un conte où on parle de... contes. J'ai trouvé que l'histoire était originale et passionnante à lire même si on sait d'avance le dénouement final. Il y a tout de même des surprises à la fin. Les auteurs parlent de l'art de conter de manière intelligente et avec de l'humour, ce qui fait en sorte que le one-shot ne parait pas comme trop intello. Il y a des réflexions intéressantes et des passages totalement savoureux. J'aime particulièrement la façon dont est racontée l'histoire de Jésus. Le dessin est bon. J'aime bien l'atmosphère qui s'en dégage.

19/03/2017 (modifier)
Couverture de la série L'Art Invisible
L'Art Invisible

Album « L’art invisible » Certes, cette étude sur le médium bande dessinée n’est pas forcément faite pour une lecture détente, et ne s’adresse pas forcément au lecteur lambda. Il n’empêche, c’est quand même une lecture que je recommande à tous. En effet, McCloud a su éviter le pensum aride, et son entreprise pédagogique est plutôt bien menée, que ce soit sur le fond (il emploie un ton volontiers primesautier, des termes et des exemples simples) ou sur la forme (c’est aéré, le dessin est lui aussi simple) : de la simplicité donc, mais qui n’est jamais simpliste. C’est donc un minimum exigeant, mais la démonstration est réussie. Et globalement complète, puisqu’il puise assez loin dans l’histoire du médium (les écritures cunéiformes mésopotamiennes ; les écritures mésoaméricaines ; les hiéroglyphes, etc sont appelées à la barre des témoins). Alors certes, en y songeant, rien de révolutionnaire dans ce premier tome, pour qui s’intéresse à la BD avec un éventail assez large, mais cette somme est vraiment bien fichue, et mérite vraiment le détour. Même si Mc Cloud s’appuie surtout sur la BD américaine – qu’il côtoie davantage, il utilise aussi certains exemples européens (Hergé surtout) et japonais (ses remarques sur la spécificité japonaise sont intéressantes). Les parallèles faits avec les arts proches (peintures essentiellement, ou collages, comme ceux du génial Max Ernst) sont aussi bien vus : et encore, il aurait pu davantage s’appuyer sur les innovations typographiques, graphiques et éditoriales de Dada ! Quelques légers bémols toutefois. Outre que la BD européenne est ici minorée, un pan de la recherche et de la pratique de certains auteurs mériterait de compléter l’étude de Mc Cloud (mais c’est que ça s’est aussi développé après la publication de son opus). C’est pourquoi je recommande fortement à ceux qui ont été très intéressés par cette étude, de se plonger dans les travaux de l’Oubapo (voir mon long avis sur cette « série » [qui n’en est pas une mais bon] sur ce même site), en particulier le dernier tome en date, véritable mine pour ceux qui chercheraient des publications ayant joué sur les possibilités offertes par ce médium. ******************************* Album « Réinventer la bande dessinée » L’album « réinventer la bande dessinée », s’il est intéressant, traite le sujet par un autre biais. Alors que « L’art invisible » cherchait à définir le médium, ses racines, ses possibilités, « réinventer… » est lui plus ancré dans la réalité de la BD américaine du XXe siècle, en analysant ses capacités, les obstacles à franchir, sur le plan de la diffusion : les aspects économiques sont alors essentiels, comme le sont les moyens de diffusion. Mac Cloud détaille aussi longuement les évolutions consécutives au développement de l’informatique, puis d’internet (pour la fabrication et la diffusion de la bande dessinée). La démonstration est tout aussi limpide, bien fichue que dans le tome précédent, mais, si c’est globalement intéressant, cela m’a un chouia moins captivé (affaire de goût, d’attente certainement, plus que défauts de l’album). Je regrette aussi le centrage assez hermétique sur le cas des Etats-Unis (celui que l’auteur connaît le mieux certes), un éclairage plus important sur la situation européenne ou japonaise (ce dernier cas est parfois évoqué) aurait été intéressant, pour pointer les différences – même si quelques paradigmes sont communs. Enfin, si les réflexions sur le développement de la BD numérique sont intéressantes et pertinentes, l’album ayant été réalisé à l’extrême fin du XXe siècle, il est un peu dépassé et mériterait une « mise à jour » sur certains points. Par ailleurs, je ne suis pas si optimiste que Mac Cloud concernant la démocratisation de l’accès à la BD pour les lecteurs et/ou aux lecteurs par les auteurs : les géants, type Amazon se sont déjà chargé de phagocyter ce « commerce » - même si internet permet des espaces de liberté, il n’est pas aussi « libre » que rêvé à ses débuts. Le travail de Mac Cloud est néanmoins de haute qualité, et devrait intéresser tous ceux que le medium BD captive (mais j’insiste, allez voir les travaux de l’oubapo !).

19/03/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Orignal
Orignal

C'est un titre qui ne paie pas de mine mais je suis ressortie plutôt conquis par cette lecture. Il est vrai que j'ai découvert assez récemment cet auteur Max de Radiguès par des oeuvres comme Hobo Mom ou encore Weegee, deux séries que j'ai posté sur le présent site. Le thème est celui des brimades et autres harcèlements que peuvent subir des élèves plus faibles en apparence. Certains peuvent utiliser des armes dans des lycées par vengeance, d'autres peuvent laisser crever leur camarade dans un trou au milieu de la neige. Il faut dire que l'orignal a bien aidé dans le présent cas. J'avoue que la moralité de ce récit m'a un peu rebuté sur la fin. Certes, on peut se dire que le méchant gamin harceleur n'a que ce qu'il mérite. Cependant, à mon humble avis, il ne faut pas basculer dans la haine et une espèce d'inhumanité. En même temps, il y a matière à réflexion entre des élèves et des professeurs qui laissent faire cette situation et des parents qui ne devinent rien à ce calvaire. Une oeuvre qui mine de rien est très forte et qui pose de véritables questions dont on peut avoir peur des réponses.

18/03/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Chronosquad
Chronosquad

Waouh ! Je suis assez scotché par cette lecture. Voilà ce que je recherche désespérément. Il y a tout dans Chronosquad: de l'inventivité, de l'humour, de l'action, du mystère. Plus encore, c'est surtout l'auteur Gregory Panaccione qui me surprend. Je l'avais découvert il y a à peine deux ans dans Match. Puis avait suivi Un océan d'amour avec Wilfrid Lupano. Je constate qu'il reprend son drôle de personnage à la tête d'un Gérard Depardieu que nous avions déjà vu dans Âme perdue et puis dans Toby mon Ami et surtout dans le fameux Match. Or, le mystère réside dans le fait que ce personnage prend un chaque fois un nom différent (Marcel Coste,Toby, Blotch). Il faut dire également que ces oeuvres sont totalement différentes. En effet, ici, on passe véritablement à la vitesse supérieure. On change de registre de l'humour à la science-fiction même si cela demeure drôle par moment en raison de ce personnage si caractéristique. En même temps, j'ai apprécié qu'il ne faisait pas dans le délire ou le n'importe quoi car cet album gagne en profondeur avec l'avancée de l'histoire. C'est totalement maîtrisé. Je suis fan, c'est clair.

05/03/2017 (MAJ le 18/03/2017) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Âme perdue
Âme perdue

Ame perdue fut l'une des premières oeuvres de Gregory Panaccione. On suit les aventures d'un petit être dans un monde où la nature est très hostile. On a froid et on a peur pour ce petit personnage mignon tout plein. On ne sait pas à quelle époque on peut situer ce récit. J'avais opté par le Paléolithique supérieur mais je me suis visiblement lourdement trompé. Là encore, on croit qu'il s'agit d'une bd totalement muette mais cela ne sera pas le cas. Il est vrai qu'il y a une bonne centaine de pages qui défilent sans le moindre dialogue dans ce monde froid et terrifiant. J'ai bien aimé la mise en image, le graphisme, les couleurs ainsi que la tournure que prend les événements. Là encore, on sentait que l'auteur a un formidable potentiel et qu'il n'a pas déçu dans ses oeuvres postérieures. C'est plus qu'un brillant exercice de style. C'est une découverte et presque une consécration.

18/03/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Trois Fantômes de Tesla
Les Trois Fantômes de Tesla

C'est typiquement le genre d'aventure fantastique que j'aime bien lire. Le cadre est celui d'une uchronie située au coeur de la Seconde Guerre Mondiale entre un complot autour d'armes secrètes pouvant faire basculer le conflit. On connait le combat acharné que mena Tesla contre Edison. Dans l'histoire, c'est le second qui est ressortit vainqueur. Et pourtant, Nikola Tesla a été un des plus grands inventeurs dans le domaine de l'électricité et de l'électro-magnétisme (dépôt de 300 brevets dont 125 inventions). Beaucoup de ses inventions seront attribués à tort à Thomas Edison. Il est bon de voir qu'il y a une forme de réhabilitation à travers une bd qui lui rend hommage. le méchant dans ce récit, c'est bien Edison. En effet, la bd en avait fait jusqu'à présent une sorte de savant fou. J'ai bien aimé également le graphisme réaliste qui restitue à merveille le New-York des années 40 avec une touche assez rétro. Le cadrage ainsi que la mise en case sont bien réalisés. Il y a également une bonne gestion de la couleur. Que dire également de cette couverture très intrigante ? Techniquement, c'est plutôt maîtrisé. Bref, une histoire prenante avec un dessin magnifique, que demander de plus ? On attend tout simplement la suite avec impatience.

18/03/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La 27e lettre
La 27e lettre

Cela faisait longtemps que je voulais lire cet album et je ne suis pas déçu ! C'est un des meilleurs scénarios de Desberg. J'adore le ton de l'album. C'est raconté comme un conte où tout semble bien se passer avec cet orphelin qui a enfin une famille... un peu spéciale. Et puis soudainement tout devient sombre et pessimiste lorsque les nazis prennent le pouvoir. Ce mélange conte-réalité historique est très dosé et en plus les personnages principaux sont attachants. L'histoire d'amour entre l'orphelin et la petite bohémienne m'a beaucoup touché et la fin est vraiment triste. Une histoire assez originale bien servie par le trait de Will. De tous les dessinateurs classiques du vieux Journal de Spirou, c'est lui qui savait le mieux dessiner les femmes de manière sensuelle.

18/03/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Qui ne dit mot
Qui ne dit mot

Il a fallu 4 ans à Grégory Panaccione pour s'imposer magistralement dans le monde de la bd. Un océan d'amour réalisé avec Wilfrid Lupano a rencontré un énorme succès public et critique. Le créneau est toujours celui d'une forme de bd humoristique mais qui cache toujours une belle histoire sentimentale. A noter également un clin d'oeil à on personnage fétiche en fin de volume. Pour cet album, il est accompagné au scénario de Stéphane de Groodt dont c'est la première incursion dans la bd. C'est plutôt un acteur belge qui fait du cinéma et du théâtre. A ses heures perdues, il fut aussi un célèbre chroniqueur dans le grand journal de Canal +. Il faut dire que cette bd est une ballade au pays des mots comme une espèce de jeux télévisés digne de la téléréalité. On éprouve un certain malaise pendant la durée de cette bd car on ne sait pas où les auteurs veulent véritablement en venir. cela semble partir dans tous les sens. On perd presque les pédales avec notre héros tant les repères se désagrègent. Pour autant, le final nous montre qu'il y a une parfaite maîtrise de cette oeuvre. Le ressort final est en effet à entrer dans les annales du genre. Je ne révélerais rien pour en laisser la totale surprise. Et cela veut le coup. Je n'entends rien ? Qui ne dit mot...

18/03/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Différence invisible
La Différence invisible

Un excellent ouvrage sur l'autisme, principalement l'autisme féminin que je ne connaissais pas trop vu que la première image que j'ai dans ma tête lorsque je pense à l'autiste et celle d'un jeune garçon et encore je ne vis pas en France où la situation des autistes est bien pire si je me fie à ce que dit l'album. J'ai vraiment eu du plaisir à lire ce documentaire qui montre la vie quotidienne d'une autiste. J'ai trouvé ce personnage attachant et j'ai ressenti de la peine pour elle. J'ai été particulièrement peiné lorsque la société la met mal à l'aise à cause de ses problèmes de communication, Ils ne cherchent pas à la comprendre et veulent qu'elle agisse 'normalement' alors qu'elle ne peut pas. Le fait que la scénariste soit elle-même autiste donne du réalisme aux situations et m'a aidé à mieux comprendre l'autisme. Le dessin est bon aussi. J'ai eu un vrai plaisir à lire cet album qui est selon moi à lire absolument.

16/03/2017 (modifier)
Couverture de la série Comment aborder les filles en soirées
Comment aborder les filles en soirées

Ce récit m’a énormément plu, pour de multiples raisons. Avant tout, il y a le titre. Un titre qui sent bon les boums des années ’80, l’autodérision, l’humour. Un titre qui prend encore plus de sens après lecture du récit. Puis vient le nom des deux auteurs. Je suis rapidement devenu un grand amateur des œuvres du duo. Et une fois de plus, je suis abasourdi par leur maîtrise graphique et leur art de choisir un style en fonction du sujet du récit. « L'Aliéniste », « Daytripper (au jour le jour) » ou « Deux Frères » ont chacun eu droit à un traitement graphique différent et approprié, et c’est encore le cas avec l’adaptation de cette nouvelle. Et une fois de plus la lisibilité est parfaite, le dynamisme est présent, le charme opère. On pourrait juste reprocher le visage d’un des deux principaux protagonistes, qui fait plus que ses 15 ans supposés. Mais à côté de ça, l’étrange pouvoir de séduction qui se dégage des personnages féminins est juste parfait. Parlons ensuite de l’auteur de cette nouvelle (puisqu’il s’agit à nouveau d’une adaptation). Neil Gaiman n’est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée et sa réputation n’est plus à faire. Le récit qu’il nous offre ici propose différents niveaux de lecture. Il y a bien sûr des aspects de roman graphique (avec un côté « souvenirs de jeunesse » qui sent le vécu) mais pas que ! J’ai adoré cette approche du « comment aborder les filles quand on a 15 ans » mais surtout comment rester les pieds sur terre lorsque le contact a l’air de se faire, comment décoder leur langage, et d’ailleurs faut-il le décoder ? Le personnage principal du récit m’a beaucoup parlé tant je me suis retrouvé en lui. Pour cet ensemble de raisons, et grâce à certains passages que j’ai trouvés hilarants dans le style décalé et très britannique qui est celui de l’album, je ne peux que vous conseiller de vous ruer chez votre libraire. Et ne vous arrêtez pas au titre, cet album a bien plus à vous offrir que ça !

16/03/2017 (modifier)