Ce qui me plaît, sur Walking Dead, c'est l'ambiance. Une ambiance paranoïaque, de fin du monde (et pour cause), qui prend le lecteur aux tripes.
Le sous-genre du survival horror est aussi l'un de mes préférés ; voir comment un petit groupe arrive à s'organiser, dans une situation exceptionnelle et mortelle, avec peu de chances d'obtenir de l'aide de l'extérieur, voilà un schéma qui n'a de cesse de m'intéresser. Robert Kirkman n'est peut-être pas le plus retors des scénaristes, mais il en fait vraiment baver à ses personnages. J'ai trouvé les tomes 6 à 8 vraiment très forts de ce point de vue. Et j'ai l'impression que cela ne va pas aller en s'améliorant pour Rick et ses compagnons d'infortune. Des compagnons qui d'ailleurs évoluent et se découvrent véritablement au fil de cette histoire. C'est à ça que l'on reconnaît un survival horror de qualité : à l'écriture des personnages.
Au tome 22 le récit contient une vraie rupture, un basculement en termes de personnages, une impression renforcée par la suite. Mais ces "nouveaux" héros feront-ils les mêmes erreurs que leurs devanciers ? Les tomes 23 et 24 viennent installer de nouveaux positionnements des uns et des autres. La paix semble revenue, mais pour combien de temps ? La fin du tome 24 semble justement marquer la fin de cette période... Au 26, un, non, deux- évènements majeurs viennent remettre en cause le fragile équilibre des forces, tandis qu'un contact inattendu se révèle...
Le dessinateur de la série n'est plus le même depuis le tome 2, mais je n'ai pas vu beaucoup de différences. Peut-être Tony Moore est-il plus précis dans les traits de ses personnages, plus efficace dans les scènes d'action que Charles Adlard ? En tous les cas, j'aime beaucoup, même si je trouve parfois les scènes un peu statiques... Au 23 Gaudiano vient épauler Adlard, sans évolution visible, à part peut-être un encrage plus net, plus précis.
Le tome 27 est exceptionnel par sa densité et sa construction en gaufrier. Et l'Apocalypse n'est pas loin.
Une très bonne série, qui marque déjà l'histoire du genre.
J'ai beaucoup aimé le début de ce thriller qui est adapté du roman à succès de David Khara. Nous avons une aventure à la Da Vinci Code avec une mystérieuse organisation secrète qui souhaite créer un nouvel ordre mondial grâce à un allié de poids à savoir Hitler lui-même.
Pourtant, la majorité de ce récit se passe à l'époque actuel en mettant en scène un blondinet trader qui écrase une poussette au volant de sa porsche en voulant jouer le mariole avec des filles dénudées. Pire que cela comme héros, on trouvera assez difficilement. Pour autant, ce qui va se passer par la suite devient assez prenant.
C'est drôlement bien dessinée avec de belles cases magnifiquement colorisées et de très beaux décors assez réalistes. Par ailleurs, l'action est omniprésente. On ne s'ennuie pas une seule seconde avec cette nouvelle machination. C'est de la bande dessinée comme je l'aime. C'est tout de même signé Le Tendre au scénario. Bref, l'efficacité sera de mise pour notre plus grand plaisir.
Magnifique ! Cela a frôlé le 5/5 mais j'attends la suite...graphismes, scénario, créativité, poésie etc... tout y est. Cela m'a fait penser à un savoureux mélange d' Aldebaran et du cycle de Cyan. (Je découvre à l'instant un autre avis qui vise les mêmes références...). Alors à mon tour : vite la suite !!!
J'avais loupé les deux premiers tomes de cette série lors de leur sortie, alors que j'aime beaucoup le boulot de Thomas Priou.
Une fois encore son trait rond si expressif fait merveille dans cette nouvelle série jeunesse qui allie aventure et humour. Il essaye d'ailleurs de diversifier ses essais, en faisant des pleines pages, des paysages enneigés, ou des ambiances nocturnes assez denses. Le résultat est ma foi fort sympathique, idéalement accompagné par les couleurs informatiques de Johann Corgié.
Les histoires, elles, sont assez simples, mais pas cucul, vraiment adaptées à un public de primo-lecteurs. Elles permettent d'apprécier la vie dans le grand Nord, les grands espaces, et présente des valeurs positives : l'amitié, l'entraide, l'accueil, l'empathie envers les animaux...
A l'occasion de la recherche de Coco, leur ami perroquet, dans le tome 3, Croquette a l'occasion de révéler à ses deux amis l'origine de sa réputation de meilleur trappeur de tous les temps. Une anecdote mignonne.
Déjà un classique pour les primo-lecteurs.
Je ne suis pas chat mais chien ... elveen vous le dira !
Mais putain, ce chat qu'est ce qu'il m'a bien fait marrer. Moustique pique là où il faut avec une pointe (bien aiguisée) de sarcasme et d'ironie. Le décalage entre lui, futur Dark Vador de la terre (il est noir, c'est déjà ça), et son maître, lui étant entièrement dévoué, fait tout le sel de ces gags. De plus, c'est pas trop long et Lapuss' évite de tourner en rond. Le dessin est dépouillé mais l'auteur arrive a bien croquer le chat en deux temps trois mouvements.
Petit moment de détente en perspective ...
Voilà une série relativement atypique, mais pleine de qualités.
C’est un mélange de plusieurs styles. Des passages éloignés de la bande dessinée, plus conte pour enfant traditionnel (et des sortes de fiches), des passages BD au style indirect, et du plus classique.
Pour le dessin, c’est parfois un travail de découpage, jouant sur les ombres, entre du Burton et du Blanquet (en moins cruel et érotique, bien sûr), et parfois plus classique là aussi.
Ce sont en tout cas de beaux albums de curiosité, dans tous les sens du terme ! L’alternance des genres, le travail éditorial (c’est vraiment une des collections les plus intéressantes de Soleil) et l’imaginaire déployé par Guillaume Bianco, tout concourt à captiver le lecteur (car les histoires sont à la hauteur de leur écrin !).
C’est une chouette réussite que je vous encourage à découvrir.
Voilà de l’humour potache, parfois pince sans rire, qui fonctionne encore, plus de quarante ans après la publication de ces histoires courtes. La seule chose qui ait peut-être un peu vieilli, ce sont les références ici parodiées (surtout lorsque ce sont des séries ou des films). Mais les mécanismes des gags sont encore très efficaces.
C’est que les deux zigottos qui ont commis ces parodies sont bourrés de talent ! Et qu’ils sont habitués à naviguer de concert sur les eaux de l’humour (ils se retrouveront sur Superdupont ou Dans la joie jusqu'au cou).
Comme bien souvent, Gotlib part d’un morceau de la culture populaire (film, série, œuvre littéraire, etc.) pour se lancer dans une parodie plus ou moins délirante : c’est toujours un humour qui nécessite une « culture » de base pour qu’il puisse fonctionner à plein.
Et ici, c’est vraiment réussi, poilant. Et, comme d’habitude aussi, le dessin d’Alexis est bon, et raccord avec le texte de son compère en déconne, avec des cases parfois remplies de détails loufoques (accessoires anachroniques et/ou hors contexte), des personnages au visage impassible débitant le plus sérieusement du monde les absurdités de Gotlib, etc.
A lire sans modération.
J’avais découvert ce duo talentueux avec leur album Aristide broie du noir, et j’ai retrouvé dans ce « Cœur de pierre » une grande part de ce qui faisait le charme d’Aristide.
Si l’histoire d’amour peut paraître un peu simpliste, elle ne l’est finalement pas tant que ça – et c’est à relativiser, car s’adressant à un lectorat plutôt jeune. Mais c’est que les auteurs en ont fait un album qui attire aussi les regards des « vieux » comme moi, et qu’on risque d’être tenté de ne les juger qu’en occultant ce caractère « jeunesse ».
Alors qu’il m’avait étonnamment fallu quelques pages pour comprendre dans Aristide que les textes étaient en vers, je n’ai pas été surpris ici. Cette narration, en style indirect et en vers, amène un petit côté ritournelle, désuet, une chanson enfantine aux accents d’intemporalité.
Là encore, la trentaine de page peut être frustrante, on aurait espéré une intrigue plus longue, plus fouillée, mais il faudra s’en contenter.
Reste le côté graphique, encore une fois franchement réussi. Dessin et colorisation sont très chouettes !
Une nouvelle fois les deux auteurs ont réussi un bien bel album, que les parents peuvent emprunter à leur progéniture, ou avec qui ils peuvent partager le plaisir d’une lecture en commun.
Voilà un album assez déroutant, mais qui justifie son titre. Et mérite qu’on s’y attarde.
En effet, c’est l’histoire d’un homme, qui, du jour au lendemain, plaque femme et enfant, pour partir dans un « voyage », autant intérieur que tourné vers l’extérieur, qui le verra rencontrer des personnes attachantes – mais auxquelles il ne s’attache pas forcément.
Je ne suis pas persuadé que Baudoin savait toujours où il allait, et je subodore une bonne dose d’improvisation dans ce scénario, qui fait la part belle à la rêverie, à la dérive, voire au surréalisme. En particulier, pour ce dernier point, l’idée du crâne du héros, « à ciel ouvert », dont les idées ou l’imagination se voient prolongées comme des mots lancés au vol : images poétiques et verbales se rejoignent ici, même si j’ai eu au départ un peu de mal à m’y faire. Mais le procédé est intéressant.
Il faut clairement être réceptif à cette histoire où l’ambiance, la poésie, la fuite de la réalité, sont essentielles. Etre « embarqué », en faisant toute confiance aux images de Baudoin, et le suivre sur une voie qui s’invente au fur et à mesure que se développe l’histoire, entre liberté sans contrainte et réalité du moment.
Relativement épais, cet album se lit assez rapidement – les textes étant peu nombreux. Pour ce qui est du dessin, c’est du Baudoin assez classique, avec une utilisation du Noir et Blanc, et un trait très gras.
Note réelle 3,5/5.
Atypique, surprenant, c’est un album que j’ai apprécié, et que je vous recommande.
C'est vrai que je suis sans concession dans ma notation des mangas. Il y a en a de très mauvais qui plairont à un public peu exigeant. Cependant, il existe également des perles à savoir des mangas qui surpassent les autres en terme de qualité. Golden Kamui en fait incontestablement partie. Je vois également que je ne suis pas le seul à le penser.
J'ai aimé le style, le déroulement de l'histoire ainsi que le graphisme. Il y a un tout qui se marie très bien. C'est assez intelligent dans la mise en scène. L'intrigue est savamment bien pensée. Et puis, on apprend des choses sur l'histoire du Japon peu après son conflit avec la Russie en 1905. Le lieu de l'intrigue est l'île la plus au nord du Japon. Hokkaido est encore une terre sauvage peuplée d'autochtones qui ne sont pas encore Japonais. C'est assez intéressant de découvrir la culture des Ainous qui ont un grand rapport avec la nature.
Ce manga a été maintes fois primé au Japon. Je comprends aisément les raisons. Ce titre est une réussite dans la même veine que Bride Stories.
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Walking Dead
Ce qui me plaît, sur Walking Dead, c'est l'ambiance. Une ambiance paranoïaque, de fin du monde (et pour cause), qui prend le lecteur aux tripes. Le sous-genre du survival horror est aussi l'un de mes préférés ; voir comment un petit groupe arrive à s'organiser, dans une situation exceptionnelle et mortelle, avec peu de chances d'obtenir de l'aide de l'extérieur, voilà un schéma qui n'a de cesse de m'intéresser. Robert Kirkman n'est peut-être pas le plus retors des scénaristes, mais il en fait vraiment baver à ses personnages. J'ai trouvé les tomes 6 à 8 vraiment très forts de ce point de vue. Et j'ai l'impression que cela ne va pas aller en s'améliorant pour Rick et ses compagnons d'infortune. Des compagnons qui d'ailleurs évoluent et se découvrent véritablement au fil de cette histoire. C'est à ça que l'on reconnaît un survival horror de qualité : à l'écriture des personnages. Au tome 22 le récit contient une vraie rupture, un basculement en termes de personnages, une impression renforcée par la suite. Mais ces "nouveaux" héros feront-ils les mêmes erreurs que leurs devanciers ? Les tomes 23 et 24 viennent installer de nouveaux positionnements des uns et des autres. La paix semble revenue, mais pour combien de temps ? La fin du tome 24 semble justement marquer la fin de cette période... Au 26, un, non, deux- évènements majeurs viennent remettre en cause le fragile équilibre des forces, tandis qu'un contact inattendu se révèle... Le dessinateur de la série n'est plus le même depuis le tome 2, mais je n'ai pas vu beaucoup de différences. Peut-être Tony Moore est-il plus précis dans les traits de ses personnages, plus efficace dans les scènes d'action que Charles Adlard ? En tous les cas, j'aime beaucoup, même si je trouve parfois les scènes un peu statiques... Au 23 Gaudiano vient épauler Adlard, sans évolution visible, à part peut-être un encrage plus net, plus précis. Le tome 27 est exceptionnel par sa densité et sa construction en gaufrier. Et l'Apocalypse n'est pas loin. Une très bonne série, qui marque déjà l'histoire du genre.
Le Projet Bleiberg
J'ai beaucoup aimé le début de ce thriller qui est adapté du roman à succès de David Khara. Nous avons une aventure à la Da Vinci Code avec une mystérieuse organisation secrète qui souhaite créer un nouvel ordre mondial grâce à un allié de poids à savoir Hitler lui-même. Pourtant, la majorité de ce récit se passe à l'époque actuel en mettant en scène un blondinet trader qui écrase une poussette au volant de sa porsche en voulant jouer le mariole avec des filles dénudées. Pire que cela comme héros, on trouvera assez difficilement. Pour autant, ce qui va se passer par la suite devient assez prenant. C'est drôlement bien dessinée avec de belles cases magnifiquement colorisées et de très beaux décors assez réalistes. Par ailleurs, l'action est omniprésente. On ne s'ennuie pas une seule seconde avec cette nouvelle machination. C'est de la bande dessinée comme je l'aime. C'est tout de même signé Le Tendre au scénario. Bref, l'efficacité sera de mise pour notre plus grand plaisir.
TER
Magnifique ! Cela a frôlé le 5/5 mais j'attends la suite...graphismes, scénario, créativité, poésie etc... tout y est. Cela m'a fait penser à un savoureux mélange d' Aldebaran et du cycle de Cyan. (Je découvre à l'instant un autre avis qui vise les mêmes références...). Alors à mon tour : vite la suite !!!
Trappeurs de rien
J'avais loupé les deux premiers tomes de cette série lors de leur sortie, alors que j'aime beaucoup le boulot de Thomas Priou. Une fois encore son trait rond si expressif fait merveille dans cette nouvelle série jeunesse qui allie aventure et humour. Il essaye d'ailleurs de diversifier ses essais, en faisant des pleines pages, des paysages enneigés, ou des ambiances nocturnes assez denses. Le résultat est ma foi fort sympathique, idéalement accompagné par les couleurs informatiques de Johann Corgié. Les histoires, elles, sont assez simples, mais pas cucul, vraiment adaptées à un public de primo-lecteurs. Elles permettent d'apprécier la vie dans le grand Nord, les grands espaces, et présente des valeurs positives : l'amitié, l'entraide, l'accueil, l'empathie envers les animaux... A l'occasion de la recherche de Coco, leur ami perroquet, dans le tome 3, Croquette a l'occasion de révéler à ses deux amis l'origine de sa réputation de meilleur trappeur de tous les temps. Une anecdote mignonne. Déjà un classique pour les primo-lecteurs.
Putain de chat
Je ne suis pas chat mais chien ... elveen vous le dira ! Mais putain, ce chat qu'est ce qu'il m'a bien fait marrer. Moustique pique là où il faut avec une pointe (bien aiguisée) de sarcasme et d'ironie. Le décalage entre lui, futur Dark Vador de la terre (il est noir, c'est déjà ça), et son maître, lui étant entièrement dévoué, fait tout le sel de ces gags. De plus, c'est pas trop long et Lapuss' évite de tourner en rond. Le dessin est dépouillé mais l'auteur arrive a bien croquer le chat en deux temps trois mouvements. Petit moment de détente en perspective ...
Billy Brouillard
Voilà une série relativement atypique, mais pleine de qualités. C’est un mélange de plusieurs styles. Des passages éloignés de la bande dessinée, plus conte pour enfant traditionnel (et des sortes de fiches), des passages BD au style indirect, et du plus classique. Pour le dessin, c’est parfois un travail de découpage, jouant sur les ombres, entre du Burton et du Blanquet (en moins cruel et érotique, bien sûr), et parfois plus classique là aussi. Ce sont en tout cas de beaux albums de curiosité, dans tous les sens du terme ! L’alternance des genres, le travail éditorial (c’est vraiment une des collections les plus intéressantes de Soleil) et l’imaginaire déployé par Guillaume Bianco, tout concourt à captiver le lecteur (car les histoires sont à la hauteur de leur écrin !). C’est une chouette réussite que je vous encourage à découvrir.
Cinémastock
Voilà de l’humour potache, parfois pince sans rire, qui fonctionne encore, plus de quarante ans après la publication de ces histoires courtes. La seule chose qui ait peut-être un peu vieilli, ce sont les références ici parodiées (surtout lorsque ce sont des séries ou des films). Mais les mécanismes des gags sont encore très efficaces. C’est que les deux zigottos qui ont commis ces parodies sont bourrés de talent ! Et qu’ils sont habitués à naviguer de concert sur les eaux de l’humour (ils se retrouveront sur Superdupont ou Dans la joie jusqu'au cou). Comme bien souvent, Gotlib part d’un morceau de la culture populaire (film, série, œuvre littéraire, etc.) pour se lancer dans une parodie plus ou moins délirante : c’est toujours un humour qui nécessite une « culture » de base pour qu’il puisse fonctionner à plein. Et ici, c’est vraiment réussi, poilant. Et, comme d’habitude aussi, le dessin d’Alexis est bon, et raccord avec le texte de son compère en déconne, avec des cases parfois remplies de détails loufoques (accessoires anachroniques et/ou hors contexte), des personnages au visage impassible débitant le plus sérieusement du monde les absurdités de Gotlib, etc. A lire sans modération.
Coeur de pierre
J’avais découvert ce duo talentueux avec leur album Aristide broie du noir, et j’ai retrouvé dans ce « Cœur de pierre » une grande part de ce qui faisait le charme d’Aristide. Si l’histoire d’amour peut paraître un peu simpliste, elle ne l’est finalement pas tant que ça – et c’est à relativiser, car s’adressant à un lectorat plutôt jeune. Mais c’est que les auteurs en ont fait un album qui attire aussi les regards des « vieux » comme moi, et qu’on risque d’être tenté de ne les juger qu’en occultant ce caractère « jeunesse ». Alors qu’il m’avait étonnamment fallu quelques pages pour comprendre dans Aristide que les textes étaient en vers, je n’ai pas été surpris ici. Cette narration, en style indirect et en vers, amène un petit côté ritournelle, désuet, une chanson enfantine aux accents d’intemporalité. Là encore, la trentaine de page peut être frustrante, on aurait espéré une intrigue plus longue, plus fouillée, mais il faudra s’en contenter. Reste le côté graphique, encore une fois franchement réussi. Dessin et colorisation sont très chouettes ! Une nouvelle fois les deux auteurs ont réussi un bien bel album, que les parents peuvent emprunter à leur progéniture, ou avec qui ils peuvent partager le plaisir d’une lecture en commun.
Le Voyage (Baudoin)
Voilà un album assez déroutant, mais qui justifie son titre. Et mérite qu’on s’y attarde. En effet, c’est l’histoire d’un homme, qui, du jour au lendemain, plaque femme et enfant, pour partir dans un « voyage », autant intérieur que tourné vers l’extérieur, qui le verra rencontrer des personnes attachantes – mais auxquelles il ne s’attache pas forcément. Je ne suis pas persuadé que Baudoin savait toujours où il allait, et je subodore une bonne dose d’improvisation dans ce scénario, qui fait la part belle à la rêverie, à la dérive, voire au surréalisme. En particulier, pour ce dernier point, l’idée du crâne du héros, « à ciel ouvert », dont les idées ou l’imagination se voient prolongées comme des mots lancés au vol : images poétiques et verbales se rejoignent ici, même si j’ai eu au départ un peu de mal à m’y faire. Mais le procédé est intéressant. Il faut clairement être réceptif à cette histoire où l’ambiance, la poésie, la fuite de la réalité, sont essentielles. Etre « embarqué », en faisant toute confiance aux images de Baudoin, et le suivre sur une voie qui s’invente au fur et à mesure que se développe l’histoire, entre liberté sans contrainte et réalité du moment. Relativement épais, cet album se lit assez rapidement – les textes étant peu nombreux. Pour ce qui est du dessin, c’est du Baudoin assez classique, avec une utilisation du Noir et Blanc, et un trait très gras. Note réelle 3,5/5. Atypique, surprenant, c’est un album que j’ai apprécié, et que je vous recommande.
Golden Kamui
C'est vrai que je suis sans concession dans ma notation des mangas. Il y a en a de très mauvais qui plairont à un public peu exigeant. Cependant, il existe également des perles à savoir des mangas qui surpassent les autres en terme de qualité. Golden Kamui en fait incontestablement partie. Je vois également que je ne suis pas le seul à le penser. J'ai aimé le style, le déroulement de l'histoire ainsi que le graphisme. Il y a un tout qui se marie très bien. C'est assez intelligent dans la mise en scène. L'intrigue est savamment bien pensée. Et puis, on apprend des choses sur l'histoire du Japon peu après son conflit avec la Russie en 1905. Le lieu de l'intrigue est l'île la plus au nord du Japon. Hokkaido est encore une terre sauvage peuplée d'autochtones qui ne sont pas encore Japonais. C'est assez intéressant de découvrir la culture des Ainous qui ont un grand rapport avec la nature. Ce manga a été maintes fois primé au Japon. Je comprends aisément les raisons. Ce titre est une réussite dans la même veine que Bride Stories.