Les derniers avis (49232 avis)

Couverture de la série Médiums - Marie et les esprits
Médiums - Marie et les esprits

Cette bande dessinée est anecdotique… mais l’anecdote dont il est question ici n’en est pas moins digne d’intérêt ! Pierre et Marie Curie, accompagnés d’autres éminents scientifiques, d’écrivains, de philosophes, se sont penchés avec une rigueur très scientifique sur les phénomènes paranormaux très en vogue à leur époque (tables tournantes, apparition d’ectoplasmes, objets volants). Les faits tels que relatés dans cet album sont difficiles à croire en 2023 mais il est intéressant de voir des scientifiques reconnus et dont le sérieux ne peut être remis en doute se confronter au surnaturel. Le gros reproche que je ferai à cet album, c’est qu’il manque de matière. Ce fait historique est finalement assez anecdotique et une simple évocation en 10, 15 planches aurait, je pense, été tout aussi efficace. Ou alors, il aurait fallu mieux détailler les protocoles scientifiques mis en place afin de prouver l’exactitude des faits décrits. Les auteurs mentionnent par exemple le fait que la médium qui fait l’objet de cette étude (Eusapia Palladino) a été convaincue de supercherie lors de séances antérieures mais ils ne nous expliquent jamais comment elle s’y était prise à ces occasions. Au niveau du dessin, Olivier Roman n’est pas un nouveau venu. Son trait est agréable et l’artiste a déjà prouvé par le passé que tant l’époque que la thématique lui conviennent (voir son travail sur Harry Dickson). Je trouve que ses cadrages sont parfois un peu larges (mais c’est pour chicaner) et qu’un format plus petit aurait peut-être mieux convenu à cet album (un format 222x295 au lieu du 240x320 employé ici) mais la bande dessinée est agréable à lire. Les personnages sont bien typés, faciles à identifier, les décors ne sont pas oubliés, certains cadrages sont audacieux. C’est bien fait ! Pas exceptionnel mais soigné. Parce que le sujet est intéressant et éclaire deux personnages historiques sous un angle que je trouve très intrigant mais aussi parce que ça se lit facilement, je vais dire que c’est pas mal… mais j’aurais préféré que le sujet soit, soit plus approfondi, soit évoqué d’une manière plus condensée. Là, je sors de ma lecture avec le sentiment que Marie Curie a été abusée et que son état psychologique ne lui a pas permis de faire montre de la rigueur nécessaire face aux phénomènes observés. En d’autres termes, Rodolphe n’a pas réussi à me troubler suffisamment pour que je croie aux pouvoirs médiumniques d’Eusapia Palladino.

06/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Simenon, l'ostrogoth
Simenon, l'ostrogoth

Moins d’un an après la sortie de « Simenon - Le Roman d'une vie », voici une deuxième biographie en bandes dessinées consacrée au célèbre romancier liégeois. Je craignais de la voir faire double emploi avec celle signée par Rodolphe et Maucler mais les auteurs, s’ils illustrent exactement la même période de la vie de Simenon, insistent sur d’autres aspects de sa personnalité. Surtout, ils mettent en avant l’épouse de Georges Simenon, Régine Renchon, rendant hommage à ses talents de peintre et éclairant son rôle aux côtés de son romancier de mari. De ce fait, ces deux biographies sont complémentaires et offrent chacune un réel intérêt à la lecture. Dans Simenon, l’ostrogoth, les auteurs nous plongent dans le quotidien du couple, uni par des intérêts communs. La vie parisienne, les grandes fêtes, les sacrifices de l’un et de l’autre afin de mener la vie dont ils rêvent, les doutes, les crises, tout est agréablement exposé. La lecture est fluide, bien soutenue par le trait de Loustal que je trouve, en la circonstance, plus grand public (et plus à mon goût) que d’ordinaire. La vie du couple n’ayant jamais vraiment été un long fleuve tranquille, la matière ne manque pas. S’ils l’évoquent, les auteurs ne s’attardent pas plus que de raison sur les infidélités de Georges Simenon, préférant se focaliser sur ce qui l’unissait à Régine Renchon. On a ainsi l’image d’un couple libre et soudé, emporté dans un épuisant vent de fêtes ou au contraire avide de quiétude (mais ces pauses ne durent jamais longtemps). Pour qui ne connaitrait pas l’auteur de Maigret, cet album en permet une belle découverte tout en donnant la part belle à son entourage (proche ou éloigné).

06/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Olot
Olot

Étrange, indéfinissable, voilà une lecture qu’il est difficile de cerner, et qui peut rebuter certains lecteurs. Mais c’est aussi une œuvre originale, une sorte d’ovni (il en est d’ailleurs question) qui m’a questionné et intrigué jusqu’au bout. Je dois dire que je suis resté perplexe sur le sens à donner à tous ces chapitres qui s’enchainent et qui sont souvent difficiles à lier entre eux. Seules certaines images muettes et récurrentes, réutilisées entre chaque chapitre (même si sur la fin ces images évoluent quelque peu, en devenant d’ailleurs colorisées) donnent un sentiment de continuité. On reste essentiellement dans une petite ville catalane. Mais cela part dans tous les sens, vers les moaïs de l’île de Pâques – un grand moaï trône d’ailleurs à Olot ! (L’auteur, argentin, a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet), les ovnis, un tueur en série, un enlèvement crapuleux, un vulcanologue alarmiste et rejeté, etc. La plupart de ces éléments/événements – si ce n’est tous, mais je n’ai pas été tout vérifier – sont réels, mais l’ensemble reste bien mystérieux. Tout ça dresse en tout cas un portrait en creux de cette petite ville d’Olot, un portrait inquiétant (et la froideur, la raideur des décors ne fait qu’accentuer le trait). Le travail graphique de l’auteur (que je découvre ici) est lui aussi très déroutant, assez froid dans son rendu. Mais je l’ai bien aimé. Plusieurs bichromies sont utilisées pour les chapitres évoqués plus haut, les « interludes » sont en Noir et Blancs (le rendu est alors proche de la gravure je trouve). Le dessin est assez stylisé, jouant sur des formes géométriques, avec un ensemble (décors et personnages) plutôt statique. Un travail déroutant donc, intrigant, un peu frustrant aussi, puisque je reste avec des questions sans réponse. Mais c’est un album qui en tout cas sort de l’ordinaire. A feuilleter avant d’acheter, car c’est assez spécial. Mais les lecteurs curieux seront sans doute titillés et gagneraient à y jeter un coup d’œil.

06/10/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Tuer le peintre
Tuer le peintre

2.5 Une BD québécoise qui a d'abord été auto-éditée à seulement 250 exemplaires et qui après avoir gagné un prix a été republiée par l'éditeur Moelle Graphik avec des pages en plus et c'est cette version que j'ai lue. J'ai eu l'impression d'avoir lu une BD où on a tout misé sur le dessin. Alors le dessinateur est certes talentueux avec un trait dynamique et une mise en scène spectaculaire (mais pas toujours claire par moment), mais cela ne suffit pas pour faire une BD mémorable. Le point de départ, quelqu'un est engagé pour tuer le célèbre peintre Charles Marion Russel, est pas trop mal et les auteurs lui rendent un hommage sympathique, mais au final j'ai trouvé que c'était moyen. Quelques dialogues m'ont fait sourire, mais la plupart du temps je trouvais que c'était pas très captivant comme lecture. Le point fort c'est d'admirer le dessin, mais à ce compte-là autant juste faire un artbook. À la limite, une curiosité à emprunter.

06/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Monte-Cristo
Monte-Cristo

Avis après 2 tomes, une série qui ne sort pas vraiment de l’ordinaire mais qui fait le taf. Niveau histoire, les ingrédients sont connus, le scénariste remet au goût du jour les éléments de Dumas (arrestation, prison, vengeance …). Il place son intrigue aux USA post 11 septembre et met pas mal l’accent sur le thriller financier. Au final un mixe du matériau de base mâtiné de Largo Winch, pas de grosse surprise donc mais plaisant à suivre. La partie graphique est confiée à Mario Alberti, un auteur qui a de la bouteille, même si je suis loin d’avoir succombé à toutes ses œuvres. J’ai trouvé ici sa mise en page plus appliquée et fluide que d’habitude, je trouve toujours ses têtes parfois un peu trop brouillonnes, mais le rendu est positif et les couleurs sont réussis. Un peu déjà vu mais pas mal, je lirai volontiers le dernier tome.

05/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Une Education orientale
Une Education orientale

Débuté à l’occasion de la crise du Covid, cet album est un bel hommage rendu par l’auteur à sa famille mais aussi une réflexion sur les racines. D’où sommes-nous lorsque notre jeunesse nous a amenés à habiter dans divers lieux, lorsque nous parents eux-mêmes viennent d’horizons différents ? Charles Berberian signe ici une œuvre très personnelle qui ne parlera pas à tout le monde. Décousu, le début du récit prend la forme d’illustrations saisies sur l’instant, sans réels liens entre elles, à la manière d’un carnet de route compilant les réflexions de l’auteur sur des sujets très disparates. Puis, progressivement, la thématique centrale émerge et Berberian nous invite à découvrir sa jeunesse. C’est bien écrit, agréable à lire malgré le côté fourre-tout du début du récit… mais à mes yeux cela reste très anecdotique. L’auteur a eu besoin de se raconter. Il le fait avec le talent qu’on lui connait mais sa trajectoire ne m’a pas spécialement parlé ou touché et ce que je retiens le plus au final est l’attachement qu’il manifeste pour son grand frère (Alain Berberian, décédé en 2017 et réalisateur, entre autres, de la Cité de la Peur). Pas mal, quoi, mais trop éloigné de moi pour pleinement me toucher.

05/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Star Wars - Vador abattu
Star Wars - Vador abattu

Je trouve l’avis de Ro un peu dur même si je comprends ses réserves. Cet album est le 1er cross over de l’ère Disney, honnêtement du basique mais j’y ai trouvé mon compte. J’aime bien Aphra, les 2 droïdes tueurs et bien sûr notre seigneur noir, moins les autres. Pas bien original, ni profond, mais comme la réalisation passe, une sorte de petit plaisir coupable, un peu comme la fameuse scène finale de Rogue One.

04/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Mégalodon
Mégalodon

Bon, je mets 3 étoiles parce que je pense que des ados peuvent davantage apprécier cet album que moi (j'aurais mis une étoile de moins sur mon ressenti). Ça se laisse lire, très rapidement, et l'album bénéficie d'un très beau dessin, on en prend plein la vue à ce niveau là, c'est sûr. Commencé comme une sorte de reportage animalier, puis continué sur le mode aventures survivalistes, cet album ne m'a pas captivé. En tout cas je m'en suis lassé assez rapidement. Bec zoome ici sur le Megalodon, pour développer - ou plutôt étirer - ce qu'il a déjà pu placer dans d'autres séries (Carthago par exemple), que ce soit pour le Megalodon proprement dit, mais aussi concernant les grands requins. Ça lui permet de nous montrer de grosses mâchoires, une machine à tuer bien huilée et toujours impressionnante à voir, et des paysages abyssaux forcément grandioses. Mais bon, ça fait déjà-vu et rapidement cela devient répétitif, "l'intrigue" n'étant que l'illustration du struggle for life de notre mega-requin, contre ses congénères en particulier (je ne connais pas leur mode de vie, donc je ne sais pas jusqu'où la représentation de Bec est conforme à la réalité - j'ai été en particulier étonné par le mode de vie en meute, plus proche de celui des orques que celui des requins blancs, mais bon). Mais Bec fait là encore de la surenchère spectaculaire, en faisant s'affronter notre Megalodon avec tout un tas de monstres marins (le dernier étant le plus improbable). Une certaine lassitude de scènes de combats répétitives, un Megalodon semblant agir et penser de façon trop "humaine" à mon goût, et sur la fin l'apparition d'hommes, aussi énigmatique qu'inutile pour le déroulement du récit, voilà plusieurs choses qui m'ont quelque peu gêné. Mais bon, c'est plus spectaculaire à lire que "Le monde du silence" de Cousteau, et ça peut trouver son public. Je ne fais pas partie de la cible en tout cas. Note réelle 2,5/5.

04/10/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Shamisen
Shamisen

Étonnant choix éditorial dans le catalogue d'Ankama, ce "Shamisen" a pourtant su capter mon attention, grâce déjà à la qualité éditoriale portée à l'objet. En effet, plutôt porté vers les productions du Label 619 de cet éditeur (qui est maintenant rendu chez Rue de Sèvre), j'avoue avoir un faible pour la culture traditionnelle nipponne, ses productions artistiques et son folklore. Pour le coup, "Sahmisen" coche un peu toutes ces cases en nous proposant de suivre le quotidien de Haru, une goze joueuse de shamisen qui va croiser au fil de son périple yokaïs, kamis et autres divinités. Le graphisme de Guilherme Petreca plus qu'inspiré des estampes japonaises nous immerge dans cet univers folklorique. Des bonus en fin d'ouvrage nous apprennent certaines traditions japonaises, notamment l'art du shamisen et le personnage ayant inspiré l’histoire. Malgré une qualité éditoriale et un soin apporté à l'objet indéniable, ainsi qu'une originalité graphique, il manque au récit un second souffle. Si l'hommage est réussi, je suis resté un peu sur ma faim en arrivant au terme de ma lecture. Dommage.

04/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Espèces invasives
Espèces invasives

L’intrigue peut être résumée en quelques mots. Et après tout elle n’est pas essentielle. Ce qui domine ici c’est cette ambiance de fin du monde, mais aussi les réflexions que font naître les événements dramatiques qui épuisent les protagonistes : un virus inconnu empêche les gens de dormir, jusqu’à la mort. L’histoire est un quasi huis-clos, quelques spécialistes d’espèces invasives sont réunis à Buenos Aires dans un hôtel, au moment où commence la « crise », et c’est au travers de leurs regards et réactions – mises à part quelques rares « sorties » pour faire le point, tenter de récupérer des médocs – que nous vivons cet événement apocalyptique, les réflexions sur les espèces invasives, le moment où leur nuisance s’amoindrit, laissant quelques trace au moment où l’espèce humaine disparait peu à peu faute de sommeil. L’intrigue est un peu légère, et quelques-uns des scientifiques que nous suivons sont un peu trop caricaturaux (les deux Cubaines par exemple). Mais la lecture n’est pas désagréable.

04/10/2023 (modifier)