Le 3/5 s'adresse surtout au dessin. C'est le premier manga "bien dessiné" que je lis. Certains dessins sont tout simplement des oeuvres d'art, notamment les illustrations sur le thème des signes du zodiaque.
Mais bon, la vie de Boilet, moi, je m'en fous un peu. S'il y a quelques passages plutôt réussis, le tout traîne un peu en longueur et tombe un peu dans le narcissisme, à mon avis. La morale même de l'histoire me laisse de glace.
Comme toujours chez Taniguchi, pour peu que l'on ne s'attarde pas trop sur certains visages, particulièrement niais, le dessin est très beau. Clair, précis, élégant, la classe. Le scénario, visiblement bien documenté, est d'honnête qualité même si, reconnaissons-le, il n'est pas particulièrement palpitant, pour diverses raisons :
1)le suspense n'est pas vraiment au rendez-vous puisque, même si vous ne connaissez pas du tout l'histoire du Japon médiéval, la lecture des premières pages permet de déduire assez facilement l'issue du complot dès le début de la BD
2)la résolution de ce complot passe essentiellement par une succession de combats au sabre ; or, dans la réalité, dans un film ou même dans un jeu vidéo, assister à un combat au sabre peut être intéressant de par l'aspect spectaculaire ou esthétique de la chorégraphie des bretteurs, mais dans cette BD, ces affrontements se réduisent à des images figées, statiques, ce qui limite grandement l'intérêt de la chose (d'autant que les divers et nombreux combats se ressemblent pas mal)
3)au bout du compte, alors que les personnages ne cessent de répéter que le complot "pourrait bouleverser le monde", la conclusion de l'affaire sent quand même un peu le pétard mouillé
L'intrigue secondaire imbriquée dans la première ne rehausse pas tellement le niveau. On suit en effet la rivalité entre deux bretteurs d'exception, le genre qui peut sabrer 253 adversaires à la suite sans froisser son kimono ou briser la lame d'un sabre rien qu'avec son cri de guerre terrifiant ou son regard assassin. A ma gauche, le champion du coup de "l'épée des vents contraires", Yashamaro, qui avec sa mine compassée (ou constipée ?) et ses cheveux qui flottent en permanence au vent (contraire) quelle que soit la météo du moment, en fait un peu trop dans le genre "héros romantique tragique" ; à ma droite, le légendaire Yagiû Jûbei, le roi de la subtilisation de sabre, qui bloque les yari à la seule force de ses coudes. Là encore, dire que l'on suit avec passion leurs affrontements serait exagéré, non seulement parce que, comme je l'ai déjà dit, les combats au sabre ne sont pas franchement palpitants dans cette BD, mais aussi et peut-être surtout parce qu'aucun des deux ne parvient réellement à attirer la sympathie du lecteur, ni par sa personnalité ni par la cause qu'il soutient ; du coup, on se fout un peu de savoir lequel des deux va l'emporter…
Mais s'il serait faux de dire qu'on dévore ce Livre du Vent sans pouvoir le lâcher tant il nous captive, je n'irai pas jusqu'à prétendre que je me suis ennuyé en le lisant : c'est suffisamment bien fait pour qu'on n'ait pas envie d'abandonner le bouquin, pour peu qu'on s'intéresse un minimum à l'histoire du Japon médiéval et des samouraïs.
En y refléchissant bien, on peut constater qu'en bd, peu d'auteurs ont choisis la Chine comme toile de fond pour leurs scénarios. C'est donc avec beaucoup de joie, que l'on retrouve ce pays fascinant via ce récit.
Franck Bourgeron, un jeune auteur complet qui me semble prometteur, nous emmène dans la Chine des années 20.
A cette époque, les conflits internes font partie du quotidien des habitants. Dans cette ambiance imprégnée de massacres et de complots, un homme, Li Fuzhi, veut croire à ses convictions. Celles-ci le mèneront à rejoindre les rangs du parti communiste chinois.
J'ai beaucoup aimé cette histoire. Le ton est très convaincant et tout les aspects de cette période troublée sont développés avec beaucoup de rigueur. Fatalement, ce récit nous pousse à la reflexion. Par exemple, on se rend compte que les vraies valeurs, du moins, celles que l'on croit justes peuvent être ébranlées en un instant. Un seul homme peut changer votre destin en quelques secondes et cette notion de pouvoir peut vaciller à tout moment. Tout vous semblera, alors, si futile.
Malgré un contexte historique assez sombre, l'auteur a réussi à éviter les lourdeurs. La narration est très fluide et les personnages sont plutôt bien campés.
Le dessin, quant à lui, est tout à fait original. Personnellement, j'ai été convaincu par celui-ci dès le premier coup d'oeil. Les visages des personnages sont représentés d'une manière très particulière mais pourtant on s'y habitue très vite. De plus, j'ai trouvé qu'il y avait déjà beaucoup de maturité dans le coup de crayon de l'auteur. Un détail curieux : la plupart des événements racontés, ici, se déroulent sous la pluie. Cela accentue encore plus l'effet tragique du récit. Le graphisme est très aéré et on peut constater que la taille des cases est assez imposante. D'ailleurs, le dessinateur donne de l'ampleur à son travail en nous gratifiant de trois grandes planches qui sont franchement très jolies. Visiblement, Franck Bourgeron a besoin d'espace pour dessiner et on ne s'en plaindra pas.
Extrême Orient marque les débuts de cet auteur. Pour une première oeuvre, c'est plutôt réussi. Il nous offre une vision différente de la bd.
C'est neuf, c'est frais et c'est surtout à suivre !
J'ai lu les tomes 1 et 2.
Il est vrai que dès les premiers gags, j'ai trouvé ça assez marrant.
Le dessin est tout rondouillard mais efficace et agréable à lire. Par contre, j'aime moins les décors et autres effets qui sont faits sous Photoshop. Heureusement, j'ai pu observer que ça s'arrangeait au fil des pages et des tomes (ou alors c'est mieux fait et ça ne choque plus).
L'humour mélange humour cartoon, humour noir et un peu d'humour délirant (déjà, de mélanger le monde moderne et le monde heroïc-fantasy, c'est assez délirant). Ce mélange d'humour fait que tout n'est pas du même niveau, mais on rigole ou sourit assez souvent.
Néanmoins, je dois avouer avoir trouvé le tome 2 moins drôle que le premier, comme si les gags avaient déjà été tous usés dès le tome 1. Alors oui, les personnages s'y affirment (notamment la fée qui devient nettement plus intéressantes), mais j'ai trouvé que l'humour y devenait plus puéril, plus basique.
Un peu déçu sur la longueur, donc.
Ah ! Quel dommage que ces petites histoires soient aussi inégales !
Car déjà, ce sont de grands dessinateurs (pour une majorité) qui se sont attelés à ce petit jeu d'illustrer des contes imaginés ou transformés par Yann. Et l'humour de Yann ressort avec brio dans pas mal de ces planches. Ah, le dessin de Michetz qui nous croque un simili-Kogaratsu égoïste et mal pensant ! Et le dessin de Hermann qui fait du comique a pour sa part une franche originalité quand on connait l'oeuvre dudit auteur. Et puis il y a le dessin de Claire Wendling, de Clarke, de Boucq, et j'en passe, qui sont franchement excellents.
Quant aux histoires, certaines m'ont franchement fait rire. Hélas, d'autres (une bonne partie quand même) m'ont clairement moins intéressé ni fait rire. Tout n'est vraiment pas du même niveau dans ces histoires inventées par Yann.
Dommage car il y a de belles choses à en tirer de cette série d'humour.
J'ai lu le tome 2 de cette série il y a un moment mais n'en ai gardé aucun souvenir (est-ce mauvais signe ?). Par contre, je viens tout juste de relire le tome 1.
Le graphisme de Qwak est tout spécial. Il est vraiment à part, il faut s'y habituer, mais très vite il m'a plu, ou relativement plu. J'ai l'impression qu'en un unique album, je n'ai pas eu le temps de my habituer. Il est maîtrisé, c'est certain, et je sens que le charme pourrait agir facilement mais je suis encore entre deux eaux le concernant. Au passage, le héros du tome 1, Dabriel, m'a étrangement fait penser physiquement au majordome de Thaneros, à tel point que je me suis demandé si c'était le même dessinateur ou pas.
Quant à l'histoire, c'est sûr qu'elle est fouillis aussi, du moins au départ. L'introduction m'a paru assez longue, partant un peu dans tous les sens sans qu'on aie le temps de s'adapter à l'histoire, avant de prendre son rythme de croisière à partir du moment où Dabriel rejoint le vieux sorcier. Ensuite, l'histoire globable n'est pas vraiment originale, c'est plus la façon de la traiter qui l'est.
Une Bd un peu à part, qui m'a laissé une impression mitigée mais plutôt bonne.
Si vous vous attendez à un album dans la lignée de "Déogratias" ou "Les enfants", vous allez être surpris. D'ailleurs vous allez être surpris tout court si vous lisez cet album.
Que Thérèse rêve éveillé, soit. Que son imagination devienne un pouvoir, soit. Que la malchance s'acharne sur ce couple très mal assorti, soit encore. Mais il faut regarder Thérèse et Momo de près pour s'apercevoir qu'ils se transforment : l'obèse Thérèse devient plus fine, plus jolie, tandis que l'athlétique Momo grossit à vue d'oeil, et s'enlaidit. Leurs caractères changent également. De rêveuse, peu assurée, Thérèse devient nettement plus affirmée et nettement moins gentille, jusqu'à devenir une vraie salope... Désolé, mais c'est vraiment le qualificatif qui convient. :o|
Et pendant ce temps Momo devient de plus en plus pleurnichard, bête et dépendant.
Cette histoire est vraiment étrange. On n'a pas d'explication et on en ressort plutôt déconcerté. Pas forcément en bien, d'ailleurs, sauf si on considère qu'il s'agit là d'un conte moderne, avec sa part de magie, de bizarre, d'inexplicable. Parce que pris au premier degré c'est un peu saoulant, la fin devenant surtout une espèce de course poursuite, de suite d'évènements assez mièvres, où les personnages n'arrêtent pas de boire de la bière quasiment à chaque page...
Le dessin de Stassen est pour sa part toujours aussi excellent. Il n'aime apparemment toujours pas dessiner de beaux visages européens et aime toujours autant l'Afrique et ses paysages.
Alors bon, c'est très bizarre, vraiment déconcertant, mais certainement original. Et puis bon, j'ai bien aimé, voilà. :)
Rien de très nouveau dans cette petite histoire complète de Hulk. Si ce n'est que le dessin et la narration sont très efficaces. Le scénario se laisse lire agréablement, il a l'avantage de condenser en une seule histoire toute la thématique de Hulk en traitant très justement du sentiment de culpabilité de Banner qui sait que Hulk tue. Ne vous attendez pas non plus à un examen de conscience d'une très grande portée, ça reste du comics joyeusement bourrin. De quoi passer un bon moment.
Je connaissais cette BD bien avant de faire le rapprochement entre le Zep, auteur de Victor, et le même Zep, auteur bien plus connu de Titeuf. Et effectivement, quand on y regarde bien, on reconnait le style de dessin : c'est bien le même. Victor est une oeuvre de jeunesse parue dans Spirou de celui qui trouvera la gloire avec Titeuf.
Pourtant, je trouve Victor autrement plus joli que Titeuf. La colorisation y est faite à l'aquarelle, éclatante, pleine de fraîcheur, parfois dramatique. Pour une "petite BD d'humour à base de gags", ça rend très sympa. (A noter cependant que toutes les planches ne sont pas aussi belles et que celles que j'ai enregistrées sur BDTheque ne sont pas les meilleures)
Par contre, côté humour, c'est moins bon. Bon, l'ambiance de la BD est sympa, mais il faut avouer qu'en fin de gag, on ne rit pas toujours... C'est... améliorable, va-t-on dire. Mais ceci étant dit, cet humour n'a rien à voir avec celui de Titeuf (est-ce un bon point ?).
Donc, une très jolie BD d'humour mais un humour moins... joli.
Des histoires sympas, un décor western réaliste et loin du Far-West bang bang des films d'action, des personnages intéressants et originaux... Buddy Longway a beaucoup de qualités.
Les histoires sont pleines de sensibilité (un peu trop parfois à mon goût d'ailleurs). Les albums ne racontent pas des histoires du style "un nouveau méchant est apparu en ville, il va falloir s'en débarasser" : certains albums sont même basés uniquement sur une rencontre avec tel ou tel personnage et une discussion. Mais le tout reste sympathique, rarement ennuyeux, et on s'attache à Buddy et à sa femme Chinook.
L'ennui que je peux trouver à ces BDs, c'est la légèreté de chaque tome : ça se lit très vite, il ne se passe pas grand chose en définitive, et... Et voilà, ça donne l'impression qu'on a lu une histoire courte, pas une vraie longue BD.
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Mariko Parade
Le 3/5 s'adresse surtout au dessin. C'est le premier manga "bien dessiné" que je lis. Certains dessins sont tout simplement des oeuvres d'art, notamment les illustrations sur le thème des signes du zodiaque. Mais bon, la vie de Boilet, moi, je m'en fous un peu. S'il y a quelques passages plutôt réussis, le tout traîne un peu en longueur et tombe un peu dans le narcissisme, à mon avis. La morale même de l'histoire me laisse de glace.
Kaze No Sho - Le Livre du vent
Comme toujours chez Taniguchi, pour peu que l'on ne s'attarde pas trop sur certains visages, particulièrement niais, le dessin est très beau. Clair, précis, élégant, la classe. Le scénario, visiblement bien documenté, est d'honnête qualité même si, reconnaissons-le, il n'est pas particulièrement palpitant, pour diverses raisons : 1)le suspense n'est pas vraiment au rendez-vous puisque, même si vous ne connaissez pas du tout l'histoire du Japon médiéval, la lecture des premières pages permet de déduire assez facilement l'issue du complot dès le début de la BD 2)la résolution de ce complot passe essentiellement par une succession de combats au sabre ; or, dans la réalité, dans un film ou même dans un jeu vidéo, assister à un combat au sabre peut être intéressant de par l'aspect spectaculaire ou esthétique de la chorégraphie des bretteurs, mais dans cette BD, ces affrontements se réduisent à des images figées, statiques, ce qui limite grandement l'intérêt de la chose (d'autant que les divers et nombreux combats se ressemblent pas mal) 3)au bout du compte, alors que les personnages ne cessent de répéter que le complot "pourrait bouleverser le monde", la conclusion de l'affaire sent quand même un peu le pétard mouillé L'intrigue secondaire imbriquée dans la première ne rehausse pas tellement le niveau. On suit en effet la rivalité entre deux bretteurs d'exception, le genre qui peut sabrer 253 adversaires à la suite sans froisser son kimono ou briser la lame d'un sabre rien qu'avec son cri de guerre terrifiant ou son regard assassin. A ma gauche, le champion du coup de "l'épée des vents contraires", Yashamaro, qui avec sa mine compassée (ou constipée ?) et ses cheveux qui flottent en permanence au vent (contraire) quelle que soit la météo du moment, en fait un peu trop dans le genre "héros romantique tragique" ; à ma droite, le légendaire Yagiû Jûbei, le roi de la subtilisation de sabre, qui bloque les yari à la seule force de ses coudes. Là encore, dire que l'on suit avec passion leurs affrontements serait exagéré, non seulement parce que, comme je l'ai déjà dit, les combats au sabre ne sont pas franchement palpitants dans cette BD, mais aussi et peut-être surtout parce qu'aucun des deux ne parvient réellement à attirer la sympathie du lecteur, ni par sa personnalité ni par la cause qu'il soutient ; du coup, on se fout un peu de savoir lequel des deux va l'emporter… Mais s'il serait faux de dire qu'on dévore ce Livre du Vent sans pouvoir le lâcher tant il nous captive, je n'irai pas jusqu'à prétendre que je me suis ennuyé en le lisant : c'est suffisamment bien fait pour qu'on n'ait pas envie d'abandonner le bouquin, pour peu qu'on s'intéresse un minimum à l'histoire du Japon médiéval et des samouraïs.
Extrême Orient
En y refléchissant bien, on peut constater qu'en bd, peu d'auteurs ont choisis la Chine comme toile de fond pour leurs scénarios. C'est donc avec beaucoup de joie, que l'on retrouve ce pays fascinant via ce récit. Franck Bourgeron, un jeune auteur complet qui me semble prometteur, nous emmène dans la Chine des années 20. A cette époque, les conflits internes font partie du quotidien des habitants. Dans cette ambiance imprégnée de massacres et de complots, un homme, Li Fuzhi, veut croire à ses convictions. Celles-ci le mèneront à rejoindre les rangs du parti communiste chinois. J'ai beaucoup aimé cette histoire. Le ton est très convaincant et tout les aspects de cette période troublée sont développés avec beaucoup de rigueur. Fatalement, ce récit nous pousse à la reflexion. Par exemple, on se rend compte que les vraies valeurs, du moins, celles que l'on croit justes peuvent être ébranlées en un instant. Un seul homme peut changer votre destin en quelques secondes et cette notion de pouvoir peut vaciller à tout moment. Tout vous semblera, alors, si futile. Malgré un contexte historique assez sombre, l'auteur a réussi à éviter les lourdeurs. La narration est très fluide et les personnages sont plutôt bien campés. Le dessin, quant à lui, est tout à fait original. Personnellement, j'ai été convaincu par celui-ci dès le premier coup d'oeil. Les visages des personnages sont représentés d'une manière très particulière mais pourtant on s'y habitue très vite. De plus, j'ai trouvé qu'il y avait déjà beaucoup de maturité dans le coup de crayon de l'auteur. Un détail curieux : la plupart des événements racontés, ici, se déroulent sous la pluie. Cela accentue encore plus l'effet tragique du récit. Le graphisme est très aéré et on peut constater que la taille des cases est assez imposante. D'ailleurs, le dessinateur donne de l'ampleur à son travail en nous gratifiant de trois grandes planches qui sont franchement très jolies. Visiblement, Franck Bourgeron a besoin d'espace pour dessiner et on ne s'en plaindra pas. Extrême Orient marque les débuts de cet auteur. Pour une première oeuvre, c'est plutôt réussi. Il nous offre une vision différente de la bd. C'est neuf, c'est frais et c'est surtout à suivre !
Raghnarok
J'ai lu les tomes 1 et 2. Il est vrai que dès les premiers gags, j'ai trouvé ça assez marrant. Le dessin est tout rondouillard mais efficace et agréable à lire. Par contre, j'aime moins les décors et autres effets qui sont faits sous Photoshop. Heureusement, j'ai pu observer que ça s'arrangeait au fil des pages et des tomes (ou alors c'est mieux fait et ça ne choque plus). L'humour mélange humour cartoon, humour noir et un peu d'humour délirant (déjà, de mélanger le monde moderne et le monde heroïc-fantasy, c'est assez délirant). Ce mélange d'humour fait que tout n'est pas du même niveau, mais on rigole ou sourit assez souvent. Néanmoins, je dois avouer avoir trouvé le tome 2 moins drôle que le premier, comme si les gags avaient déjà été tous usés dès le tome 1. Alors oui, les personnages s'y affirment (notamment la fée qui devient nettement plus intéressantes), mais j'ai trouvé que l'humour y devenait plus puéril, plus basique. Un peu déçu sur la longueur, donc.
Contes saumâtres (Sales petits contes)
Ah ! Quel dommage que ces petites histoires soient aussi inégales ! Car déjà, ce sont de grands dessinateurs (pour une majorité) qui se sont attelés à ce petit jeu d'illustrer des contes imaginés ou transformés par Yann. Et l'humour de Yann ressort avec brio dans pas mal de ces planches. Ah, le dessin de Michetz qui nous croque un simili-Kogaratsu égoïste et mal pensant ! Et le dessin de Hermann qui fait du comique a pour sa part une franche originalité quand on connait l'oeuvre dudit auteur. Et puis il y a le dessin de Claire Wendling, de Clarke, de Boucq, et j'en passe, qui sont franchement excellents. Quant aux histoires, certaines m'ont franchement fait rire. Hélas, d'autres (une bonne partie quand même) m'ont clairement moins intéressé ni fait rire. Tout n'est vraiment pas du même niveau dans ces histoires inventées par Yann. Dommage car il y a de belles choses à en tirer de cette série d'humour.
Le Soleil des loups
J'ai lu le tome 2 de cette série il y a un moment mais n'en ai gardé aucun souvenir (est-ce mauvais signe ?). Par contre, je viens tout juste de relire le tome 1. Le graphisme de Qwak est tout spécial. Il est vraiment à part, il faut s'y habituer, mais très vite il m'a plu, ou relativement plu. J'ai l'impression qu'en un unique album, je n'ai pas eu le temps de my habituer. Il est maîtrisé, c'est certain, et je sens que le charme pourrait agir facilement mais je suis encore entre deux eaux le concernant. Au passage, le héros du tome 1, Dabriel, m'a étrangement fait penser physiquement au majordome de Thaneros, à tel point que je me suis demandé si c'était le même dessinateur ou pas. Quant à l'histoire, c'est sûr qu'elle est fouillis aussi, du moins au départ. L'introduction m'a paru assez longue, partant un peu dans tous les sens sans qu'on aie le temps de s'adapter à l'histoire, avant de prendre son rythme de croisière à partir du moment où Dabriel rejoint le vieux sorcier. Ensuite, l'histoire globable n'est pas vraiment originale, c'est plus la façon de la traiter qui l'est. Une Bd un peu à part, qui m'a laissé une impression mitigée mais plutôt bonne.
Thérèse
Si vous vous attendez à un album dans la lignée de "Déogratias" ou "Les enfants", vous allez être surpris. D'ailleurs vous allez être surpris tout court si vous lisez cet album. Que Thérèse rêve éveillé, soit. Que son imagination devienne un pouvoir, soit. Que la malchance s'acharne sur ce couple très mal assorti, soit encore. Mais il faut regarder Thérèse et Momo de près pour s'apercevoir qu'ils se transforment : l'obèse Thérèse devient plus fine, plus jolie, tandis que l'athlétique Momo grossit à vue d'oeil, et s'enlaidit. Leurs caractères changent également. De rêveuse, peu assurée, Thérèse devient nettement plus affirmée et nettement moins gentille, jusqu'à devenir une vraie salope... Désolé, mais c'est vraiment le qualificatif qui convient. :o| Et pendant ce temps Momo devient de plus en plus pleurnichard, bête et dépendant. Cette histoire est vraiment étrange. On n'a pas d'explication et on en ressort plutôt déconcerté. Pas forcément en bien, d'ailleurs, sauf si on considère qu'il s'agit là d'un conte moderne, avec sa part de magie, de bizarre, d'inexplicable. Parce que pris au premier degré c'est un peu saoulant, la fin devenant surtout une espèce de course poursuite, de suite d'évènements assez mièvres, où les personnages n'arrêtent pas de boire de la bière quasiment à chaque page... Le dessin de Stassen est pour sa part toujours aussi excellent. Il n'aime apparemment toujours pas dessiner de beaux visages européens et aime toujours autant l'Afrique et ses paysages. Alors bon, c'est très bizarre, vraiment déconcertant, mais certainement original. Et puis bon, j'ai bien aimé, voilà. :)
Hulk - Banner
Rien de très nouveau dans cette petite histoire complète de Hulk. Si ce n'est que le dessin et la narration sont très efficaces. Le scénario se laisse lire agréablement, il a l'avantage de condenser en une seule histoire toute la thématique de Hulk en traitant très justement du sentiment de culpabilité de Banner qui sait que Hulk tue. Ne vous attendez pas non plus à un examen de conscience d'une très grande portée, ça reste du comics joyeusement bourrin. De quoi passer un bon moment.
Victor
Je connaissais cette BD bien avant de faire le rapprochement entre le Zep, auteur de Victor, et le même Zep, auteur bien plus connu de Titeuf. Et effectivement, quand on y regarde bien, on reconnait le style de dessin : c'est bien le même. Victor est une oeuvre de jeunesse parue dans Spirou de celui qui trouvera la gloire avec Titeuf. Pourtant, je trouve Victor autrement plus joli que Titeuf. La colorisation y est faite à l'aquarelle, éclatante, pleine de fraîcheur, parfois dramatique. Pour une "petite BD d'humour à base de gags", ça rend très sympa. (A noter cependant que toutes les planches ne sont pas aussi belles et que celles que j'ai enregistrées sur BDTheque ne sont pas les meilleures) Par contre, côté humour, c'est moins bon. Bon, l'ambiance de la BD est sympa, mais il faut avouer qu'en fin de gag, on ne rit pas toujours... C'est... améliorable, va-t-on dire. Mais ceci étant dit, cet humour n'a rien à voir avec celui de Titeuf (est-ce un bon point ?). Donc, une très jolie BD d'humour mais un humour moins... joli.
Buddy Longway
Des histoires sympas, un décor western réaliste et loin du Far-West bang bang des films d'action, des personnages intéressants et originaux... Buddy Longway a beaucoup de qualités. Les histoires sont pleines de sensibilité (un peu trop parfois à mon goût d'ailleurs). Les albums ne racontent pas des histoires du style "un nouveau méchant est apparu en ville, il va falloir s'en débarasser" : certains albums sont même basés uniquement sur une rencontre avec tel ou tel personnage et une discussion. Mais le tout reste sympathique, rarement ennuyeux, et on s'attache à Buddy et à sa femme Chinook. L'ennui que je peux trouver à ces BDs, c'est la légèreté de chaque tome : ça se lit très vite, il ne se passe pas grand chose en définitive, et... Et voilà, ça donne l'impression qu'on a lu une histoire courte, pas une vraie longue BD.