Les derniers avis (48988 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série La Patrie des frères Werner
La Patrie des frères Werner

Après leurs collaboration sur l'excellent Le Voyage de Marcel Grob, les auteurs nous on fait un nouveau récit autour de l'Allemagne, cette fois-ci poste guerre. Et c'est très intéressant, il n'y a pas à dire ! Le récit tourne autour de ces deux frères orphelins, que le régime de la RDA va utiliser comme agent jusqu'à un certain match de football. Une histoire intéressante, donc, mêlant les difficultés de l'Allemagne post-guerre, entre le poids de Moscou et du modèle qui va s'imposer, les conflits à venir avec le monde occidental mais aussi la dure réalité de l'Allemagne sous la Stasi. Le récit porte surtout vers ce match, après une longue introduction qui explique les origines de ces deux protagonistes qui se croisent à nouveau. Si l'ensemble est structuré notamment par des références précises, ça reste une œuvre de fiction mais qui permets de bien comprendre à quel point cela a pu être difficile dans ces années-là pour des allemands séparés par un mur plus que symbolique. L'opposition entre les deux modèles dépassait le simple discours politique et jouait sur tout les tableaux. J'ai bien aimé la façon dont les deux frères matérialisent ces espoirs dans le monde socialiste : l'un encore vivant, l'autre déjà déçu. Si aujourd'hui on résume souvent la période communiste de l'Europe de l'Est aux goulags et aux privations, le discours tenu ici est bien plus nuancé. C'est une bonne piqure de rappel sur la réalité très complexe de cette époque. En tout cas, c'est une histoire intéressante qui remet en lumière la séparation de l'Allemagne, disparue il n'y a que 35 ans.

28/06/2024 (modifier)
Par Yann135
Note: 3/5
Couverture de la série Congo 40 (Congo Blanc)
Congo 40 (Congo Blanc)

La réédition par les éditions Daniel Maghen sous forme d’intégrale des trois albums du duo Eric Warnauts et Guy Raives est une excellente initiative. Trois récits dans lesquels vous plongerez délicieusement au temps de la colonisation du Congo Belge à travers trois époques distinctes de 1942 jusqu’aux prémices de l’indépendance. « Congo 40 » traite d’un secret nauséabond qui lie la communauté blanche et qui refait surface. « Fleurs d'ébène » raconte les difficultés d'un policier belge qui enquête sur la mort étrange d'un Congolais. « Congo blanc » dévoile un couple qui se sépare avec l’indépendance en toile de fond . Visuellement c’est magnifique. C’est à tomber ! A noter que cet album a été enrichi de très beaux portraits. Nous ressentons la moiteur africaine à travers le cahier graphique avec une kyrielle d’aquarelles. Une régalade pour vos petits yeux ébahis par cette explosion de couleurs. Racisme lattant, impunité des exactions de l’homme blanc, exploitation des terres … voilà un portrait critique du colonialisme qui ne pourra que vous séduire même si le rythme est lent. Je recommande cet album. A découvrir.

28/06/2024 (modifier)
Couverture de la série La Main Rouge
La Main Rouge

Suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New-York, qui ont tué sa femme, et qui ont fait ressortir de vieux souvenirs, un Français exilé aux États-Unis revient en France pour comprendre qui a tué ses parents avec un courrier piégé dans les années 1960. Cette enquête personnelle va mettre en lumière les agissements d'une organisation terroriste s'en prenant à tous ceux qui pouvaient aider les indépendantistes du FLN durant la guerre d'Algérie - dont le père du héros donc. L'intrigue se laisse lire, même si en fait le rythme lent et un manque de surprises ne m'ont pas vraiment passionné. Par contre, l'album est accompagné d'un dossier très intéressant de Pascal Blanchard, c'est presque la partie qui m'a le plus intéressé. A lire à l'occasion.

28/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Les Complotistes (Erre / Bernstein)
Les Complotistes (Erre / Bernstein)

Fabrice Erre s'est adjoint un complice pour cette BD sur les complotistes, et franchement ça passe bien. L'humour est assez bien trouvé dans la globalité, l'idée étant de rire des complotistes et de leurs théories foireuses, mais la BD interrompt son histoire entre chaque chapitre pour une page d'exercice qui semble souvent plus sérieuse. L'idée n'est pas de faire une BD particulièrement travaillée ou réfléchie sur les théories du complot (comme le serait J'ai vu les soucoupes), mais propose de s'amuser avec en en montrant une bonne quantité et surtout en faisant interagir le maitre complotiste avec l'élève. C'est parfois couillon, parfois bien trouvé, globalement sympathique et marrant. Le trait de Erre est toujours le même, il a son style et le maitrise, pas besoin d'en changer ! Globalement la BD m'a fait sourire, elle passe bien et je trouve que ça suffit pour un bon moment de lecture (la BD est bavarde, elle se laisse lire sur la durée). Pour découvrir Erre et son humour, ou alors simplement pour s'amuser un peu des complotistes !

28/06/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Je veux danser comme Gene Kelly
Je veux danser comme Gene Kelly

Autant cet album est grand et tout en hauteur, autant son contenu est vraiment minuscule. Il contient en réalité 6 pages de BD et 1 illustration pleine page qui sert d'entracte entre ses deux petits chapitres. Le dessin est dans le style simple de Max de Radiguès, le même que dans quasiment toutes ses autres séries. En plus du format original tout en hauteur, l'utilisation d'un panel limité de couleurs, noir, blanc, et teintes de rouge, donne une certaine élégance aux planches. L'histoire pour sa part est anecdotique et aurait pu tenir en 2 ou 3 pages dans un recueil autobiographique. L'album se lit très vite et ne marque pas vraiment pour son contenu, mais c'est un joli objet pour les collectionneurs et amateurs de cet auteur.

28/06/2024 (modifier)
Couverture de la série La Guerre des autres
La Guerre des autres

La vie quotidienne d’une famille d’émigrés égyptiens au Liban, et de quelques-uns de leurs amis, voilà ce que nous propose cette série. Le premier tome montre en arrière-plan la lente montée en tension en 1974-1975 qui va mener à la guerre et qui va déchirer le Liban multi-ethnique pendant de nombreuses années (la guerre éclate finalement dans les vingt dernières pages), le second tome voit nos protagonistes essayer tant bien que mal de vivre leur vie, de survivre, alors que la guerre s’est durablement installée. La lecture n’est pas désagréable, on peut s’attacher à certains personnages, à leurs brouilles, leurs secrets, leurs rêves (rien que du banal finalement, n’était la guerre qui plane au-dessus d’eux !). Et cette guerre du Liban (que j’ai suivi dans les journaux télé lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’actualité) donne un éclairage certes noir mais intrigant sur cette société multiculturelle et multi-cultuelle, prise dans des enjeux qui souvent la dépasse (les dernières années rappellent ces fragilités hélas). Mais je suis quand même resté un peu sur ma faim. D’abord parce que, contrairement à certains de mes prédécesseurs, je n’ai pas trop accroché au dessin, que j’ai trouvé brouillon, hésitant, j’ai parfois eu du mal à reconnaitre certains personnages. Ensuite parce qu’il y a des longueurs, et que la « vie de famille » n’est pas ici toujours passionnante, en tout cas ne sort pas d’un ordinaire déjà-vu ailleurs. Une lecture d’emprunt, mais qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

27/06/2024 (modifier)
Par ethanos
Note: 3/5
Couverture de la série Où le regard ne porte pas...
Où le regard ne porte pas...

De nombreuses choses ont déjà été dites, je vais donc me limiter à l'essentiel. Comme beaucoup, j'ai plutôt bien aimé ce premier tome assez agréable à lire. On se laisse porter par la narration, sans forcément chercher à tout bien comprendre dès le départ, mais cela reste très agréable. Le dessin et l'histoire se complètent bien, et entrent en résonance, nous sommes, la plupart du temps au moins, dans une sorte de 'virée à...4 en Italie' , dans un doux parfum d'enfance, et du 'temps d'avant', du temps des copains. Apparaissent ça et là quelques pages aux couleurs plus rouges et orangées, quelque peu intrigantes, qui participent à l'arrivée progressive d'une forme de violence larvée et diffuse. Mais cela se fait à bas bruit, par petites touches, à mesure que le mystère s'épaissit. Et puis vient, le deuxième tome de ce diptyque, et le temps des explications, de la résolution de (certains) mystères, la fin de l'enfance, et le plongeon dans un âge adulte, presque plus irrationnel encore. La rupture est brutale, tant sur un plan chronologique, que narratif. Et là, j'avoue n'avoir guère accroché à l'histoire qui nous est contée. De l'interprétation des rêves des gosses, nous passons à quelque chose de plus ésotérique, sur des formes de réincarnations, je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler, que je trouve peu convaincantes. Là où on prenait plaisir à se laisser porter par un univers enfantin, un peu suranné, dans le premier tome, on reste sceptique devant cette narration à deux personnes, qui s'enfonce dans une jungle où l'on n'a au fond pas vraiment envie d'aller. On se surprend à ne plus vraiment se soucier de ce qui arrive aux personnages, l'intérêt s'amoindrit petit à petit, pour finir par une certaine forme d'indifférence aux destin des uns et des autres, y compris lorsque des évènements dramatiques se produisent. Alors quelle note apporter à l'ensemble ? Je me décide pour un petit 3/5, moyenne d'un bon 3,5 pour la première partie, et d'un tout petit 2 pour la suite. Peut-être plus à lire par curiosité, que forcément à acheter, donc ?

27/06/2024 (modifier)
Par Titanick
Note: 3/5
Couverture de la série Cobalt
Cobalt

Une vieille série mineure du prolifique Greg. Il n’a pas vraiment continué cette série qui s’est contentée de quelques épisodes dans le journal Tintin, où je l’avais découverte à l’époque. Pourtant dans la veine des séries d’aventures de ce grand auteur, mais sans développement elle ne faisait pas le poids face aux Bernard Prince et autres Bruno Brazil dont l’univers était plus développé. Aventures policières un brin farfelues de cet enquêteur du service des personnes disparues et de son « assistante » Paprika (qui fait même un meilleur boulot que lui mais moins payée, je suppose…), on est dans les standards poncifs mais efficaces. C’est plutôt bien mené et les intrigues nous emmènent en voyage un peu partout, exotisme et dépaysement. Les personnages principaux ont leur petit caractère et la série aurait pu continuer sur sa lancée quelques épisodes de plus sans trop faiblir il me semble. L’impression que Greg ne s’impliquait pas plus que ça sur celle-ci quand même. Entre les deux albums, comme l’a souligné Bamiléké, nos héros sont passés de Français à Américains. Une façon pour l’auteur de se débarrasser d’eux ? En tout cas, le dessin est à la hauteur de ces aventures, efficace et agréable lui aussi, sans se démarquer néanmoins.

27/06/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série 404 démons
404 démons

Momotarô est un héros du folklore japonais, messager divin venu sur Terre pour combattre des démons avec ses compagnons rencontrés en chemin. Ce manga lui donne corps dans le Japon médiéval pour s'y faire tuer par un démon plus puissant que les autres. Et nous voilà ensuite 300 ans plus tard, époque contemporaine, quand Momotarô ressuscite... réincarné dans la peau d'un poussin... alors que les démons et leurs parasites rôdent toujours. Coincé dans un corps aussi minuscule et faible, comment pourra-t-il aider ses anciens compagnons et affronter le Mal ? L'idée de départ de ce manga est amusante. On imagine en effet bien le personnage posé et solennel qu'est le héros Momotarô complètement décontenancé quand il se retrouve réincarné en poussin dans notre monde moderne. Et l'auteur joue bien sur le sujet, rappelant en permanence le décalage comique entre l'esprit sage du personnage et sa forme ridicule. Son adversaire à travers les siècles, qu'on rencontre à partir du second tome, est lui aussi relativement amusant avec son caractère fantasque, entre sadisme et instabilité psychologique. Toutefois le concept a ses limites et il est finalement assez peu exploité. En effet, rapidement, on se retrouve dans un schéma classique de combats contre à coups de sabre et de formules incantatoires contre des démons et autres possédés. A part y apporter ses sages conseils, ses capacités à repérer le Mal et un certain réconfort, le poussin n'y intervient pas tellement, laissant la place à son ancien compagnon devenu immortel et à d'autres alliés. Il faut aussi noter que le manga s'adresse à des lecteurs qui doivent plutôt bien connaitre déjà la légende de Momotarô et en particulier les noms Japonais de ses compagnons, divinités et autres adversaires sous peine d'être assez vite perdu dans les nombreux noms cités, et aussi de manquer certaines références. Concrètement, si la qualité graphique et le rythme narratif est bien au rendez-vous, je n'ai pas pour autant été emporté par ce shonen qui manque d'accroche et d'originalité une fois passée la découverte de l'idée initiale. Note : 2,5/5

27/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série L'Ascension de Thanos
L'Ascension de Thanos

Un vrai monstre sans espoir de rédemption - Ce tome comprend les 5 épisodes d'une histoire complète, initialement parus en 2013, écrits par Jason Aaron, dessinés et encrés par Simone Bianchi, aidé par Riccardo Pieruccini pour l'encrage et les lavis, mis en couleurs par Simone Peruzzi (épisode 1) et Ive Svorcina (épisodes 2 à 5). Maintenant, sur Titan l'un des satellites de Saturne, Thanos se déplace au milieu de ruines anciennes, foulant du pied des ossements d'individus. Il s'arrête devant la tombe de Sui-San, sa mère. Il se remémore les principales étapes de sa vie, depuis sa naissance jusqu'à cet instant : la réaction de sa mère en découvrant le nouveau né, le comportement de son père A'lars (Mentor, fils de Chronos et Daina), ses interactions avec ses camarades de classe, sa passion pour le dessin, son incapacité à réaliser une dissection dans le cadre d'un cours de biologie, sa relation avec une étrange camarade de classe, son départ de Titan, ses premières conquêtes militaires et féminines, etc. Dans des interviews, Jason Aaron a clairement expliqué que les responsables éditoriaux de Marvel lui avaient établi comme cahier des charges de raconter l'histoire de Thanos, en respectant les bribes déjà existantes et éparpillées dans des récits disparates. Depuis les 10 secondes d'apparition du personnage dans le film Avengers (2012), Marvel Comics a entrepris un travail de réédition quasi exhaustif de ses apparitions depuis la première en 1973 (dans l'épisode 55 de la série d'Iron Man). À l'évidence, le ressenti du lecteur vis-à-vis de cette histoire ne sera pas le même s'il connaît déjà le personnage et son histoire dans les grandes lignes, ou s'il le découvre pour la première fois. La mission d'Aaron est complexe puisqu'il doit raconter la montée en puissance de ce personnage destiné à devenir le responsable de génocides en série, pour un idéal amoureux des plus surprenants. le lecteur découvre comment Thanos est devenu ce tueur de masse hors norme, sans cadre de référence. Aaron a l'intelligence de montrer que tout ne s'est pas fait en un jour, qu'il n'a pas suffi d'un événement déclencheur (un éboulement lors de l'exploration d'une grotte), mais que les éléments se sont accumulés depuis la naissance pour finir par former une trajectoire de vie monstrueuse. Par la force des choses, le lecteur se retrouve à n'éprouver aucune empathie pour cet individu anormal, perdu quelque part entre l'absence de toute émotion pour autrui et une froide folie furieuse. de ce point de vue, il s'agit d'un étrange récit, totalement centré sur l'égo de Thanos, parcourant le chemin d'une atrocité à la suivante encore pire, sans forcément s'appesantir sur l'aspect gore. le lecteur observe donc cet individu dangereux, au-delà de la raison humaine, insensible à la douleur de son prochain, entièrement immergé dans son propre drame, éternellement insatisfait, commettant des sacrifices personnels d'une ampleur délirante. Aaron remplit servilement son objectif de raconter la vie de Thanos au travers d'événements clefs (en intégrant une petite exigence éditoriale supplémentaire quant à sa descendance), avec une forme de panache téméraire consistant à ne jamais en appeler à la sympathie du lecteur pour Thanos. Par comparaison, Aaron ne retrouve jamais l'ambigüité malsaine de Lincoln Red Crow, à la fois un psychopathe meurtrier et un visionnaire séduisant. Alors que de son côté Aaron arrive à peu près à convaincre le lecteur du comportement déviant de Thanos, il fallait un dessinateur à la forte personnalité pour pouvoir lui donner une apparence éloignée du supercriminel en collant moulant du mois. Simone Bianchi s'était déjà illustré dans plusieurs récits (Shinning Knight de Grant Morrison, Thor de Robert Rodi, Sabretooth de Jeph Loeb) comme disposant d'une personnalité graphique très affirmée capable de porter un tel personnage. Le premier épisode est magnifique avec une mise en couleurs d'une intensité et d'une sophistication inouïes. La mise en couleurs baisse un peu de qualité dans les épisodes suivants du fait de l'absence de Simone Peruzzi. Pour ces épisodes, Bianchi a un peu atténué la flamboyance de son style, mais sans rien perdre de sa singularité, de sa capacité à créer des environnements de science-fiction crédibles. Il n'y a que les séquences nécessitant des images horrifiques dans lesquelles il n'arrive pas à insuffler une intensité suffisante. De séquence en séquence, le lecteur admire des visuels époustouflants, même si certains éléments peuvent déconcerter. La marche de ce géant massif écrasant des ossements établi une présence physique incroyable pour Thanos (même s'il n'y a pas de raison pour que son vêtement comprenne des éléments jaunes brillants, apportant une étrange touche de fantaisie). Les expressions du jeune et frêle Thanos sont d'une ambigüité parfaite lorsqu'il est exposé à la gentillesse de ses camarades (même s'il est impossible de savoir pourquoi il porte un casque et pas les autres). Par la suite, chaque scène pendant laquelle Thanos utilise sa force ou ses rayons destructeurs capture parfaitement son manque d'intérêt pour ces actes qu'il estime être uniquement utilitaires, sans aucune satisfaction émotionnelle. Bianchi a su recréer avec justesse le langage corporel de cet individu surpuissant, ennuyé par les combats qu'il sait gagnés d'avance. En cela, Bianchi est en parfait cohérence avec le point de vue donné par Aaron sur le personnage. Le lecteur ressort avec une curieuse impression de cette lecture. Jason Aaron a su écrire un récit conforme aux exigences éditoriales, respectueux de l'historique connu du personnage (la continuité), décrivant un individu aux valeurs irrémédiablement dégénérées, mais formant un tout cohérent. Simone Bianchi crée un environnement solide et logique pour ces aventures, assez substantiel pour que le lecteur puisse s'y projeter, avec un personnage principal dont il émane une aura intense et froide. Mais ces deux créateurs se heurtent à l'essence même du personnage qui empêche toute empathie de la part du lecteur. Finalement, Thanos devient crédible en tant qu'individu, d'un point de vue logique, sans provoquer aucune réponse émotionnelle du lecteur.

26/06/2024 (modifier)