Les derniers avis (48988 avis)

Couverture de la série Star Wars - L'Héritage (Legacy)
Star Wars - L'Héritage (Legacy)

Pas la meilleure mais loin d’être la pire des séries dans l’univers, je la classerai dans une moyenne haute. L’action se passe plus d’un siècle après les films et c’est toujours autant le bordel dans la galaxie. De nombreuses factions vont batailler pour en prendre le contrôle. On retrouve l’éternel dualité entre Jedi et Sith, à noter que ces derniers, sous le règne de Dark Krayt, ont aboli la règle des 2 en créant un véritable ordre au passage. Mais pas que, nous avons toujours également les rebelles/résistances qui luttent contre le pouvoir en place, celui ci est détenu par un empereur et ses chevaliers impériaux (des soldats qui manient le sabre et la force sans être apparentés à un côté lumineux ou obscur). Et au milieu de tout ça, attention au « divulgachage », un descendant Skywalker un peu perdu … Honnêtement pour les amateurs de la franchise, même si on peut déplorer un certain manque de nouveautés, ça se laisse lire tranquille. La plupart des personnages sont pas mal, notamment Cade Skywalker toujours sur le fil et les nombreux Sith (mention à Dark Talon qui pète la classe et l’origine du grand méchant Dark Krayt). Le problème va pour le rythme en dents de scie, tout n’est pas soutenu, avec les nombreuses factions ça se perd un peu. 10 tomes s’est beaucoup trop long, le sentiment de surplace arrive rapidement. J’ai suivi la série à chaque nouveautés, je n’en pouvais plus de voir poindre la fin. L’intérêt des tomes varie également en fonction de la partie graphique, dès que Jan Duursuma laisse la main, le style est beaucoup moins flamboyant et tombe dans le lambda moyen. Donc voilà, tout est loin d’être parfait mais ce n’est pas non plus une bouse. Juste je ne peux m’empêcher qu’avec plus de concision, ça aurait pu être bien plus marquant et fun. A noter qu’une saison 2 existe, cette dernière est à éviter.

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Cirque des horreurs
Le Cirque des horreurs

Ito est un des rares mangakas qui m’intéressent, dont j’ai suivi la production. Une production inégale, comme c’est le cas avec ce recueil d’histoires courtes. Ces histoires développent toutes une ambiance où le fantastique est plus ou moins appuyé, avec souvent quelque chose de malsain. Mais plusieurs histoires manquent de coffre, sont trop linéaires, avec une chute moyenne (par exemple « La fenêtre d’à côté »). A l’inverse j’ai bien aimé « La ville aux pierres tombales », que j’avais d’ailleurs déjà lue dans un autre recueil. Un ensemble inégal, pas désagréable quand même, à réserver aux amateurs de l’auteur. Ça n’est clairement pas son meilleur recueil (les récentes intégrales permettent sans doute un certain « tri »). Note réelle 2,5/5.

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Petits Dieux
Petits Dieux

Passé la certaine désillusion de ne pas avoir eu droit à ce que j’attendais, la faute à ma mauvaise habitude de vouloir me lancer quasi à l’aveugle. J’ai trouvé cet album tout à fait correct et bien fait. J’imaginais une aventure Fantasy dans la veine de Marécage & co, si le début laissait présager ce type de récit, la suite prend une autre tournure et nous emmène vers une thématique quelque peu différente tout en gardant un côté fantastique. Sans trop en dire, j’avoue ne pas être bien fan de cette dernière, un truc que j’ai déjà vu sans que ça m’ait jamais trop emporté. Reste que, dans le présent cas, c’est plutôt bien amené, c’est juste pas trop ma came. En l’occurrence, le cliffhanger final est réussi mais la poursuite de la série ne sera pas une de mes priorités. La mise en page de Krystel, que je découvre, est dans la même veine. Trait et couleurs sont agréables, il y a un côté mignon qui s’en dégage. Malheureusement ça ne m’a pas convaincu totalement. En fait la série, si elle se veut universelle, s’adresse vraiment en premier lieu à un jeune public. Le vieux con que je suis, n’a pas été emporté mais reconnaît le soin et la qualité apportés par les auteurs.

26/06/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Dieu-Fauve
Le Dieu-Fauve

Légère déception pour ma part qui provient du fait que j'en attendais trop suite aux avis dithyrambiques ci-dessous. Il est probable que si j'avais lu cet album sans a priori aussi positif, mon regard aurait été moins critique. Car les qualités de cet album sont nombreuses. Pour commencer, il y a le dessin très maitrisé de Roger que j'avais déjà beaucoup apprécié dans Jazz Maynard. Je ne suis pas très fan des décors souvent désertiques et des couleurs ternes, mais pour que ce qui est des personnages et animaux, ils sont représentés avec une vraie excellence. De même, l'encrage, les ombrages et le sens de la mise en scène sont impeccables. Ensuite, il y a le sens de la mise en scène au niveau du déroulement de l'intrigue. L'album est en effet scindé en quatre grands chapitres pour lesquels le héros est différent à chaque fois, tandis que le relais est passé au suivant pour faire continuer l'intrigue. C'est une structure narrative que j'avais déjà observée en romans (dans Des Milliards de tapis de cheveux par exemple) mais je n'ai pas le souvenir de l'avoir déjà vue en BD. Cela donne une forme de côté épique au récit, comme une tragédie solennelle auquel le lecteur est convié à assister. Enfin il y a le contexte et les personnages qui ne manquent pas d'originalité. Comme par exemple l'idée de commencer avec un héros animal d'abord, avant de revenir à des humains qu'on pensait absents de ce monde. Ensuite le cadre géopolitique dont on a un aperçu sans rentrer trop dans les détails, les rôles et titres des protagonistes, leurs caractères, leurs motivations et le retournement de situation apporté par le quatrième personnage. Il y a une recherche d'originalité et de sortir des sentiers battus tant au sujet de la société imaginée que du déroulement de l'intrigue. Et pourtant celle-ci n'a pas su m'emporter. Les raisons de mon ressenti sont difficiles à exprimer mais disons que j'espérais davantage de développements et surtout dans une direction différente. Une simple vengeance animale n'est pas un thème qui me parle. Déjà parce qu'une telle thématique ne peut pas laisser la place à une réelle profondeur intellectuelle, mais aussi parce que par goût personnel je n'aime pas les histoires dont le héros est une bête sauvage réaliste. Même quand elle s'attache à brouiller une situation humaine plus complexe comme c'est le cas ici. J'aurais en effet pu davantage goûter cette partie du récit, mais elle non plus ne m'a pas séduit car je l'ai trouvée seulement esquissée, presque trop linéaire. Le fait de sauter d'un personnage au suivant l'empêche de prendre suffisamment corps et de m'impliquer dans ce qu'il se déroule. J'ai donc trouvé de vraies qualités objectives à cet album tant sur le plan graphique que narratif, mais j'ai été moins enthousiasmé par son histoire que je l'aurais espéré. Note : 3,5/5

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Dropsie Avenue
Dropsie Avenue

La biographie d'une rue du Bronx. Comme souvent chez Eisner, la ville (New-York), ou plutôt le "quartier", est un personnage à part entière, qu'il se propose ici d'étudier, en montrant son évolution, son histoire, de la période néerlandaise à une période plus récente. C'est une sorte d'étude sociologique imaginaire, qui accumule les tranches de vie sur le long terme, pour donner corps et "coffre" à une rue. C'est aussi l'occasion pour l'auteur de brosser des portraits, et de mettre en avant certains caractères humains: clairement Eisner apprécie la sociabilité, préfère les personnages acceptant l'autre plutôt que les snobs ou les racistes qui le rejettent. Du très classique donc pour cet auteur. Un auteur dont je ne suis pas forcément fan, mais à qui je reconnais de réelles qualités. D'abord une "mise en image" très aérée et fluide, un dessin agréable. Ensuite un positivisme plutôt bienvenu. Mais, comme souvent avec lui, je reste un peu en retrait, et j'ai du mal à comprendre l'enthousiasme de beaucoup de mes prédécesseurs. Mais ça doit être moi qui n'accroche pas. Malgré ses qualités, le travail d'Eisner ne me touche que très rarement. Cette lecture est sympathique, mais sans plus.

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Pisse-Mémé
Pisse-Mémé

Ouais, comme le dit Mac Arthur, c’est une histoire feel-good, remplie d’enthousiasme et de bonnes intentions, autour de ces copines qui décident, en se prenant aux mots, d’ouvrir un local restauration/yoga/librairie. Un projet commun qu’elles n’abordent pas toute de la même façon, mais qui est censé leur permettre à toutes de s’épanouir. Je mets trois étoiles, parce que le récit est vivant, que la mise en page aérée (un peu brouillonne quand même souvent !) n’est pas désagréable. Mais je reste quand même sur un ressenti mitigé. Essentiellement dû au fait que je ne pense pas que ce soit vraiment ma came. Il manque sans doute un brin de folie, quelque chose de plus fort au cœur de ce projet pour me captiver davantage. Note réelle 2,5/5.

25/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Black Hole
Black Hole

L'avis de bamiléké m'a rappelé cette BD que j'ai dans ma collection depuis des années sans l'avoir jamais avisé. Et je dois dire que je suis plus neutre que la majorité à son encontre. Si le dessin est magnifique, j'en conviens bien volontiers, je ne suis pas vraiment rentré dans cette BD étrange et dérangeante qui évoque plusieurs choses sans jamais vraiment se poser clairement sur l'une ou l'autre. Si la maladie fait fortement penser à la transmission du SIDA dans les années 80/90, elle n'est pas non plus mortelle ou ravageuse, juste parfois lourdement handicapante et parfois très neutre. J'ai de fait assez de mal à voir ce que cette maladie est censée apporter comme éclairage : une sorte de métaphore de la vie intérieur de chacun ? Une allégorie ? Difficile à dire. D'autre part, l'ambiance adolescente est bien retranscrite, avec ses soirées, ses fantasmes de jeune pubère, ses envies de liberté aussi. Mais là de même, je ne saisis pas bien ce qui est transmis par les différents protagonistes et leurs évolutions. Est-ce une critique, une constatation, un simple regard porté sur différentes trajectoires de vie ? Je vois bien qu'il y a une évolution de différents personnages chacun vers une fin qui n'était pas celle qu'il envisageait au début, mais je ne vois pas le sens de tout ça. Je pense que la BD a ses qualités visuelles, se laisse bien lire et donne matière à réfléchir mais après plusieurs relectures je ne comprends toujours pas le sens que Burns à mis dans ces adolescents. Peut-être une question de différence culturelle ou personnelle, je n'ai pas vécu ce genre d'adolescence et je n'y suis peut-être pas sensible, mais en l'état je reste très en dehors de la BD.

25/06/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 3/5
Couverture de la série Magasin général
Magasin général

Cette série m'a emmené dans le Québec rural des années 20, à travers la vie de Marie et des habitants de son village. J'ai été captivé par les premiers tomes, qui dépeignent avec brio le quotidien difficile mais authentique du village. Le graphisme est superbe et l'adaptation des dialogues en québécois ajoute un charme particulier. Au fil des tomes, l'histoire prend une tournure plus utopique, s'éloignant de la chronique villageoise pour se transformer en une sorte de conte moderne. Cette transition a été surprenante et a quelque peu gaché l'expérience initiale. J'ai ressenti une certaine lassitude au milieu de la série. Les événements semblent traîner en longueur, et l'attention portée aux détails du quotidien devient répétitive. Malgré une fin touchante et une qualité graphique constante, la série n'a pas su maintenir l'intérêt suscité par ses débuts. Elle possède des qualités évidentes mais souffre d'un manque de concision et d'une évolution d'intrigue qui ne m'a pas entièrement convaincu.

25/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Legion of Super-Heroes - The Great Darkness Saga (La Saga des Ténèbres)
Legion of Super-Heroes - The Great Darkness Saga (La Saga des Ténèbres)

Dommage que le grand ennemi soit révélé sur la couverture - Ce tome contient une histoire complète qui nécessite une vague idée de ce qu'est la Légion des Super-Héros pour saisir le principe de fonctionnement de cette équipe. Il contient les épisodes 287, 289 à 296, ainsi que le numéro annuel 1, initialement parus en 1982/1983, tous écrits par Paul Levitz. Plusieurs équipes artistiques se succèdent : Keith Giffen (dessinateur) & Bruce Patterson (encreur) pour les 287 et 289 et le numéro annuel 1, Keith Giffen (dessinateur) et Larry Mahlstedt (encreur) pour les 290 à 296 (sauf pour l'épisode 295 où Mahlstedt est remplacé par Dave Hunt et Howard Bender dessine les scènes dans le passé). Enfin Keith Giffen est crédité en tant que coscénariste à partir du numéro 293. Au troisième millénaire, la race humaine a déjà voyagé dans l'espace et pris contact de manière officielle avec de nombreuses races extraterrestres. La Terre reste le berceau de l'humanité et a été intégrée à la confédération des Planètes Unies. La paix règne sur la Terre. Il existe une force de police appelée Police Scientifique, et une équipe d'intervention appelée la Légion des Super-Héros, financée par le philanthrope R.J. Brande, comprenant de nombreux membres aux superpouvoirs exotiques, tous dotés d'un anneau de vol leur conférant la capacité de vol autonome et d'une combinaison transparente leur permettant de braver le vide de l'espace. Plus d'une vingtaine de légionnaires apparaissent au cours de ces histoires. Lightning Lad est à la recherche de Chameleon Boy, et pose la question à Lightning Lass, Blok et Star Boy qui sont en train d'installer un nouveau système de surveillance dans le quartier général de la Légion des Superhéros. Il perd patience. Sun Boy et Saturn Girl arrivent, rejoint par Cosmic Boy et un autre. Pendant ce temps-là, Chameleon Boy, Timber Wolf et Shrinking Violet se dirigent vers la planète des Kunds, camouflés dans ce qui a l'apparence d'un astéroïde. Lightning Lad manque d'avoir une attaque en apprenant où ils sont passés et ce qu'ils vont y faire. 30 ans plus tard, cette histoire bénéficie toujours de réédition et est souvent citée par les lecteurs américains comme faisant partie des meilleures histoires de l'univers partagé DC. L'équipe de la Légion des Super-Héros a été créée en 1958 par Otto Binder et Al Plastino. Au départ elle était composée de Cosmic Boy, Saturn Girl et Lightning Lad, avec rapidement des apparitions de Superboy (Superman jeune) grâce à une machine à voyager dans le temps. Au fil des années, la composition de l'équipe s'est étoffée, avec différentes races extraterrestres, et une équipe secondaire de remplaçants. Après Crisis on Infinite Earths (1985), la continuité de la Légion a redémarré à plusieurs reprises, au point d'en devenir inintelligible. La présente histoire met en scène la version originale de la Légion. La couverture annonce que ce tome contient la saga des Grandes Ténèbres, réalisée par Paul Levitz, Keith Giffen et Larry Mahlstedt. En regardant sa composition, le lecteur constate que cette saga occupe les épisodes 290 à 295 et que le reste constitue le long chemin pour arriver jusqu'à cette histoire. Devant le succès de cette saga, les responsables éditoriaux ont fait le choix de constituer un recueil exhaustif en VO pour que les lecteurs puissent comprendre la situation de Chameleon Boy ou celle d'Elemental Lad, qu'Urban Comics a préféré amputer de 4 épisodes pour rester à une taille maîtrisée. Paul Levitz reprend les caractéristiques de la série telle qu'elle existait. Il s'agit donc d'une science-fiction un peu datée. La paix règne sur Terre, ce qui fournit une alternative bienvenue à la myriade de futurs dystopiques qui pullulent. le lecteur comprend facilement qu'en plus d'un gouvernement démocratique et d'une police officielle, la Légion intervient en cas de menace exceptionnelle de par l'ampleur. Les races extraterrestres présentent toutes une forme humanoïde, avec des statures bizarres, des couleurs de peau inattendues, et parfois des appendices surnuméraires. Mais toutes les races respirent la même atmosphère, universellement compatible. Les vaisseaux spatiaux ne semblent pas passer en hyperespace ou par des trous de ver, mais les personnages se rendent d'une planète à l'autre en quelques heures au maximum quelle que soient la distance. Certains effectuent même ces voyages par leurs propres moyens, à travers l'espace sans vaisseau. Enfin parmi les planètes visitées, la plupart ne présente pas de différences notables avec la Terre, ou alors leur civilisation relève du moyen-âge. Au fil des épisodes, le lecteur voit défiler un nombre conséquent de légionnaires : Lightning Lad, Saturn Girl, White Witch, Mon El, Element Lad, Cosmic Boy, Light Lass, Dream Girl, Duo Damsel, Karate Kid, Projectra, Phantom Girl, Chameleon Boy, Shadow Lass, Colossal Boy, Timber Wolf, Wildfire, Brainiac Five, Dawnstar, Ultra Boy, Star Boy, Blok, Shrinking Violet, Sun Boy, Bouncing Boy. En découvrant ces noms, le lecteur comprend bien que cette série est restée dans les années 1960, avec des patronymes indiquant le sexe des personnages et les qualifiant de fille ou de garçon. D'ailleurs ces superhéros ne disposent pas vraiment de personnalité propre, ils sont plus définis par leurs superpouvoirs, leur apparence et leur costume coloré. Impossible d'oublier Dawnstar, avec son air indien, ses franges et ses ailes d'ange, ou Wildfire dans sa combinaison orange intégrale sous laquelle on devine qu'il s'agit en fait d'un individu composé d'énergie. Au mieux, ces individus disposent d'un trait de caractère en plus du courage : l'intelligence analytique pour Brainiac Five (c'est aussi son superpouvoir), le manque d'expérience pour Invisible Boy, la timidité pour Shrinking Violet. Le jeune lecteur sera plus sensible à la quantité pléthorique de superhéros et à la diversité de leur costume, que le lecteur plus âgé, habitué à aux équipes nombreuses. Il sera également moins gêné par la science-fiction datée. Les dessins de Bruce Patterson sont compétents et montrent chaque action de manière claire. le lecteur ressent le fait qu'il n'y a pas de plan de prises de vue au sens cinématographique du terme. L'artiste dessine une case après l'autre, sans chercher d'enchaînement de mouvement de caméra, répondant juste au besoin dicté par le scénario. Les dessinateurs ont un gros travail de visualisation à faire, à partir de script qui ne prennent en charge que l'intrigue. de ce point de vue, ils effectuent un gros travail pour donner une apparence cohérente à l'ensemble, pour transcrire des décors spatiaux, pour imaginer des vaisseaux, pour respecter la charte des costumes. Il faut attendre le numéro annuel pour que Keith Giffen commence à prendre ses marques, et pour remarquer qu'à quelques reprises une suite de 3 cases forment une séquence cinématique. Avec l'histoire annexe de 7 pages en fin de l'épisode 291, le lecteur a l'impression de voir une page de Keith Giffen telles qu'il les réalisera quelques années plus tard, avec un degré de simplification supplémentaire dans les personnages, et des tâches noires plus expressionnistes. Mais dès l'épisode suivant, les images reviennent à la norme en vigueur à l'époque, avec des traits de contours fins et propres sur eux, des cases descriptives et un bon niveau de détails. Sans que Giffen n'en rajoute de trop, le lecteur constate que plusieurs personnages féminins volent la vedette dans chaque case où elles apparaissent. Dream Girl (Nura Nal, la bien nommée, une fille de rêve) resplendit dans son costume chromé. White Witch (Mysa Nal, la sœur de Nura) en impose par sa blancheur virginale, sa longue cape enveloppante. Dawnstar (c'est son vrai nom) séduit immédiatement par la grâce de son vol et sa belle chevelure noir de geai. Ce tome compte un peu moins de 300 pages de bande dessinée. Certes plusieurs décennies plus tard, il ne subsiste pas grand suspense quant à l'identité du grand méchant de l'histoire. Toutefois, le lecteur progresse avec plus ou moins de plaisir dans les épisodes. S'il souhaite découvrir un pan de la culture comics DC, il est à la fête. S'il souhaite apprécier l'histoire pour elle-même, il peut trouver le temps long pendant la mise en place du fait d'une narration un peu pataude et heurtée. Dans tous les cas, il s'attend à une bataille grandiose et épique contre Darkseid. Paul Levitz et Keith Giffen expliquent de manière habile pour quelle raison tout le monde avait oublié Darkseid (ils font de même dans l'épilogue pour justifier l'absence des Green Lanterns, avec un bon niveau de maîtrise de l'univers partagé DC). le lecteur est en attente d'attaque meurtrière, de renversements de situation inattendus, d'actes de bravoure insensés. L'intrigue est basée sur une trame très simple : Darkseid est de retour. Il a créé des drones humanoïdes pour accomplir les basses besognes consistant à récupérer des objets magiques pour augmenter sa puissance. Les Légionnaires se battent à plusieurs reprises contre ces créatures des ténèbres. Tout converge vers un affrontement dantesque entre Légionnaires et Darkseid, avec un deus ex machina, certes préparé depuis plusieurs épisodes, pour mettre un terme à la menace. le lecteur contemporain en ressort perplexe en se demandant ce qui vaut encore une telle réputation à ce récit. La narration est linéaire jusqu'au combat final, dans une narration très mécanique. Au mieux de sa forme, Keith Giffen fait honneur à Jack Kirby le temps de quelques cases, au pire il ne reproduit que l'apparence des dessins de Kirby, dépourvus de son esprit. Paul Levitz a beau ajouter quelques intrigues secondaires, les Légionnaires manquent toujours autant de personnalité, et le lecteur sent bien que tout finira bien. le deus ex machina est gros comme une maison et dépourvu à nouveau du souffle épique de Jack Kirby. L'épisode 295 apparaît plus intéressant à lui tout seul en termes d'intrigue et d'enjeu pour Timber Wolf, que toute la saga des Grandes Ténèbres. La lecture de cette grande saga est donc à réserver aux lecteurs curieux du passé (enfin du futur, enfin on se comprend) de l'univers partagé DC, souhaitant découvrir ce qu'était la Légion des Super-Héros, avant Crisis on Infinite Earths, ou de celui souhaitant découvrir les (presque) débuts de Keith Giffen, créateur prolifique et irrévérencieux, mais encore en développement.

24/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Dans les forêts de Sibérie
Dans les forêts de Sibérie

Sympathique mais pas passionnant. J'avais lu le livre il y a quelques années et n'en conservais que des bribes éparses, notamment le fait qu'il picolait sévère et lisait des livres. La BD transforme assez peu le propos, de ce dont mon cerveau se rappelle. C'est un français qui va s'isoler pendant 6 mois au bord du lac Baïkal en Sibérie, vivant au rythme du temps indolent, lisant, s’enivrant et appréciant les rares humains de passage. Disons que le cœur de l'histoire n'est pas follement trépidant et que son propos est même tout l'inverse. C'est un propos sur le temps et l'emprise qu'il exerce dans nos vies, un plaidoyer pour ralentir, profiter, rester dans les choses simples et savoir vivre plutôt que courir après des chimères. Maintenant j'ai aussi conscience des limites de ce propos : il est facile de s'isoler du monde en Sibérie quand on a les moyens de le faire, et je doute qu'une grande partie de l'humanité puisse y goûter. Sans compter que derrière la critique du monde contemporain, par ailleurs parfaitement juste, je trouve qu'il manque quelque chose qui ne soit pas un simple retour à des valeurs ancestrales. Je vois très bien l'idée de la labeur quotidienne et l'effet positif à la fois sur notre corps et notre mental, mais j'aurais aimé quelque chose de plus prosaïque sur d'autres questions aussi. Je reste sans doute trop certain que l'humain est social pour adhérer complètement au propos, même si l'auteur semble avoir souffert à ce niveau-là du fait de sa solitude. En fait, je crois que j'ai du mal à rentrer en phase avec le propos, alors que j'ai plus compris celui de Into the Wild ou de Walden ou la vie dans les bois, pour prendre deux autres livres du même genre. Je ne sais pas si c'est un décalage d'idée ou simplement que j'arrive moins à adhérer à Sylvain Tesson et son discours, mais je suis assez en marge de la BD. L'impression du livre était là aussi "sympathique mais oubliable". Je pense que j'oublierais malheureusement cette BD aussi. Je précise que pour le dessin et l'adaptation, c'est du très bon : les paysages, la solitude, le mélange des aphorismes de Tesson avec les visuels qui mettent en valeur cette exaltation d'une nature à la fois sublime et terrible. Évocateur pour moi de romans de London ou de Clavel, la BD est une bonne adaptation d'une œuvre qui m'indiffère un peu ...

24/06/2024 (modifier)