Tant qu'il y a de la vie, il faut préserver un symbole d'espoir.
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Ce tome comprend la première minisérie mettant en scène le personnage de Bloody Mary (Mary Malone). Il s'agit d'une histoire indépendante de toute autre, comptant 4 épisodes. Elle est initialement parue en 1996/1997. Elle ont été écrite par Garth Ennis, dessinées et encrées par Carlos Ezquerra, avec une mise en couleurs réalisée par Matt Hollingsworth.
En décembre 2012, une femme déguisée en nonne s'introduit dans la cathédrale Notre Dame de Paris pour abattre un prisonnier de sang-froid. Ce récit se déroule dans un futur (il a été écrit en 1996) où la troisième guerre mondiale est en cours. L'Europe est unifiée sous la présidence de Jérôme Rochelle, et grâce à une alliance franco-allemande. Une bombe atomique a été utilisée, et les grandes puissances se sont mises d'accord pour revenir à des armes plus conventionnelles afin qu'il reste quelque chose après la guerre. le commandement britannique dépêche Bloody Mary avec un escadron mené par le Major, à Amsterdam, pour capturer Anderton, un individu qui s'apprête à vendre une arme bactériologique appelée Blood Dragon au plus offrant.
À l'origine, cette minisérie est parue dans la branche éditoriale Helix (1996/1998) de DC Comics, spécialisée dans les histoires de science-fiction et qui a publié une douzaine de série (dont le début de Transmetropolitan de Warren Ellis & Darick Robertson). Lorsqu'il commence la première histoire, le lecteur ressent comme une réminiscence du magazine hebdomadaire 2000 AD britannique. Il faut dire que Garth Ennis y commencé sa carrière, et que Carlos Ezqerra est l'un des co-créateurs de Judge Dredd. En outre, le scénariste raconte ici une histoire du futur par anticipation (menant de 1996 à 2012), en 5 pages, pour atteindre un futur dystopique. Ce sentiment se trouve renforcé du fait que cette guerre mondiale trouve son origine en Europe. Néanmoins Ennis prend bien soin de faire du caporal Mary Malone une américaine pour caresser son lectorat potentiel dans le sens du poil.
Cette touche britannique se retrouve dans les expressions du Major et de ses hommes, fortement émaillées de termes britanniques, plus ou moins faciles à comprendre en fonction de la familiarité du lecteur avec l'argot anglais et le vocabulaire militaire. Ennis ajoute une couche d'eurocentrisme en plaçant le premier affrontement d'envergue à Amsterdam, et en installant le siège du nouveau gouvernement européen au Vatican. Il se recentrera sur coeur de cible avec le deuxième récit (inédit en VF) qui se déroule à New York.
Ce récit s'inscrit plutôt dans le registre de l'anticipation que celui de la science-fiction. En effet le futur que décrit Garth Ennis n'est pas si éloigné que ça (une quinzaine d'années dans le futur de la période où il a été écrit) et il n'introduit que deux événements sortis de son imagination : la guerre débutée en 1999 et l'arme bactériologique appelée Blood Dragon. Avec le recul, le motif choisi par Ennis pour servir de prétexte à la guerre laisse un goût amer car il est toujours d'actualité : l'immigration, et la volonté de conserver les ressources et les richesses d'un pays pour ses "vrais habitants". Il donne moins de détail sur Blood Dragon, malgré ses propriétés fantastiques (un petit peu plus dans le deuxième récit où il essaye d'expliquer le processus de fonctionnement qui permet à un individu en bénéficiant de rester en vie, même avec le corps criblé de balles).
En termes d'intrigue, Garth Ennis lance son personnage principal avec une équipe de soldats britanniques à la poursuite d'un individu qui détient une arme formidable. le récit est linéaire, allant de confrontation en confrontation, avec une poignée de retours en arrière pour exposer l'origine du conflit, ainsi que l'histoire personnelle de Mary Malone. Garth Ennis consacre un peu de temps à insuffler de la personnalité à Mary Malone. Il a pris le parti de choisir une femme au mitan de sa vie, le Major et elle évoquant son âge, à savoir 40. Il la développe comme une combattante aguerrie se lassant de consacrer sa vie à tuer des êtres humains, mais refusant de lâcher prise sur sa vengeance. Sans être une étude de caractère, ces séquences donnent assez de consistance à Mary Malone pour qu'elle ne soit pas un simple cliché du baroudeur endurci plus fort que tout le monde, affrontement après affrontement.
En face d'elle les autres personnages ne sont pas très développés. Garth Ennis joue une forme d'humour décalé ou en creux avec le Major. Il apparaît comme un soldat endurci, compétent, avec des années d'expérience acquises sur les champs de bataille. Au cours du premier récit, il rencontre une personne de son passé, et le scénariste s'en sert pour introduire une touche d'humour sur le registre de la farce. le mode d'expression du major en fait un individu qui se démarque des militaires américains, mais qui s'apparente à un personnage classique des récits de guerre britanniques. L'ennemi à abattre du premier récit reste à l'état de dispositif narratif, sans personnalité réelle.
Garth Ennis intègre quelques réflexions dans ses intrigues sur les territoires neutres en temps de guerre, sur les arrangements entre gouvernements, sur le développement d'une arme bactériologique, sur la fin qui justifie les moyens et (pour le deuxième récit) sur la propension des êtres humains à accepter de suivre un chef politique ou un guide spirituel en lui faisant confiance, en reprenant l'axiome de Joseph Goebbels : Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit.
Le lecteur constate que Matt Hollingsworth a opté pour des teintes sombres et grises. Cela lui confère une ambiance terne, en cohérence avec ces environnements ordinaires où chacun se regarde comme un ennemi potentiel, sans joie. Pour ces récits, Carlos Ezquerra a pris le parti de dessins réalistes, avec des textures marquées par des petits traits secs. Par rapport à ses travaux ultérieurs, ces petits traits restent encore dans un registre concret, en soulignant les formes, les plis des vêtements, les marques sur les visages. Ils ne sont pas encore devenus plus systématiques, et plus conceptuels.
Dans ces pages, l'artiste s'implique pour décrire avec détail cette réalité. le lecteur peut détailler les uniformes, les accessoires qui y sont associés, la texture des étoffes et de la peau, les différentes formes de visage, les différents types de coiffure, etc. Les personnages ont tous une apparence et une morphologie spécifiques. Même si le scénario ne développe pas leur psychologie, les dessins montrent des êtres humains différenciés, avec une forte personnalité graphique. L'effort consenti pour les environnements est de même nature : les représenter de manière concrète. Néanmoins pour cette dimension des dessins, la qualité est plus fluctuante. Ezquerra peut réaliser des cases très impressionnantes comme l'intérieur d'un bar, ou d'une cave avec des barriques de vin, un chalet en pleine montagne. Il peut aussi s'arranger pour que les personnages occupent le premier plan, jusqu'à remplir 90% de la case, permettant ainsi d'éviter de dessiner des arrière-plans, et donnant l'impression que la scène pourrait se passer n'importe où.
Cette histoire est sympathique à lire, et la personnalité de Garth Ennis y transparaît pour partie. Carlos Ezquerra effectue un travail de professionnel, un peu moins rugueux que ce qu'il fait dans 2000 AD. Elle souffre d'une intrigue un peu légère, d'un goût prononcé d'alternative light à 2000 AD, et du fait que la science-fiction n'est pas le terrain de jeu de prédilection d'Ennis.
Bon, comme d’autres séries à succès (XIII, du même Van Hamme d’ailleurs par exemple, ou Spirou et Fantasio), Thorgal se décline en de multiples sous-séries, autour de personnages clés. Et aussi donne la possibilité à des auteurs de donner leur version du héros et de sa geste. Déclinaisons mercantiles bien évidemment, et donc on y entre un peu à reculons, « pour voir », mais, eu égard au succès de la série mère, avec quand même intérêt – souvent refroidi.
Disons qu’après lecture des deux premiers albums de cette collection, je ne suis pas forcément convaincu de sa nécessité – autre que financière.
Bref, après "Adieu Aaricia", j’ai remis le couvert avec ce « Wendigo ». Pour faire un bilan rapide, disons, que la lecture est plaisante, fluide, agréable. Et que le dessin de Corentin Rouge est vraiment chouette et aide grandement au plaisir de lecture.
Le scénario quant à lui se laisse lire. Mais je dirais sans plus. Surtout, je trouve que cette histoire – et ses héros – auraient tout aussi bien pu être développés hors du cadre « Thorgal », car il n’y a finalement pas trop de chose qui s’y rattachent (même si Duval fait quelques efforts pour faire le lien – avec Birkäa et le Jörmungand).
Je suis mitigé sur mon ressenti après lecture. Au sortir de la BD, j'étais sur une bonne note, plutôt positive, avec cette fin émouvante sur plusieurs points. Maintenant que j'écris cette critique, quelques jours ont passés et avec une certaine évolution de mon avis. Quelques notes plus dissonantes restent accrochés à ma mémoire, notamment après lecture des avis y compris ceux négatifs.
Et je dois dire que la BD a une très bonne approche de la question de nos ainées qui deviennent dépendant. C'est intéressant dans la question de laisser sous sédation médicamenteuse lorsque la personne devient dangereuse pour elle-même. La BD prend une autre voie et propose que parfois, maintenir en vie semble plus un enfer qu'autre chose. On rejoint les thématiques de la fin de vie, et le traitement est ici plus humain, ça fait plaisir.
Maintenant, le road-trip avec la mémé qui perd la boule a des moments rigolos, des moments touchants et des moments qui sont plus étranges. J'ai deviné certaines péripéties avant qu'elles n'arrivent, notamment lorsqu'elle passe au motel. De fait, l'ensemble est assez hétérogène, et si il y a des idées que j'ai beaucoup appréciées je reste tout de même un peu dubitatif sur la qualité de l'ensemble.
Une BD plaisante, pas exempte de défaut mais dont la lecture est agréable. Je recommande !
Une BD sympathique dont le scénario ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur les dessins de qualités.
L'auteur m'avait ébloui par le dessin et l'ambiance de son Béatrice, mais ici j'ai repéré les limites de l'histoire. Si le dessin est toujours aussi beau, la reconstitution de la ville méthodique et l'effet de pluie incroyable, le scénario traine un peu la patte dans l'ensemble. On voit d'abord la routine de ce brave gars qui fait office de livreur pour une blanchisserie, et ce pendant une bonne moitié de la BD. En effet, l'élément déclencheur de l'intrigue n'intervient que très tard, au point que j'ai été surpris de le voir débarquer.
A partir de là, c'est assez rapide et la conclusion est certes très ironique de noirceur d'une façon intéressante, mais je n'ai pas été plus transporté ou enchanté que ça. Il m'est surtout resté dans la tête les sublimes planches aux effets de lumières dans la pluie et l'aspect vieillot que l'auteur arrive à donner à Bruxelles. Là dessus, c'est une réussite indéniable, mais je pense que le scénario ne m'a pas assez convaincu pour que j'aille la relire.
Nouvelle aventure de notre viking sous la houlette de Fred Duval et Corentin Rouge, un duo qu’on a déjà pu apercevoir dans XIII Mystery avec l’album sur Calvin Wax.
Ils placent leur intrigue juste après le cycle du pays Qâ. Thorgal et sa famille sont sur le chemin du retour, ils devront cependant faire une halte « forcée » en Amérique du Nord chez un peuple qui rappelle celui des Iroquois.
Je dois dire que j’étais pas spécialement chaud pour cette rencontre, le choc des cultures pour notre héros (Wendigo, arbre de vie …) mais le raccrochement au monde scandinave n’est jamais loin, j’ai bien aimé cette partie.
Au final, une aventure sympathique mais moins forte que celle du 1er tome (une petite déception quand même sur ce point), plus classique dans son déroulement, une histoire qui pourrait sans problème s’intégrer dans la chronologie officielle.
Ça reste toutefois très plaisant à lire et bien réalisé. Par contre, j’ai une petite crainte ou incompréhension pour le prochain tome annoncé, où on retrouvera Yann et Surzhenko à la baguette. Quel intérêt ?! Un duo qui a déjà touché à tous les spin-off de l’univers. Pour moi, on s’éloigne complètement de l’idée que je me fais de ce type de collection, je veux voir du Andreas, du Brüno, du Trondheim, du Juncker … bref des surprises et pas des mecs qui ont déjà pu jouer avec les persos.
Antipodes est un récit qui met en scène des colons en Amérique du Sud. Nicolas, un des colons européens vit dans le village des autochtones. Il semblait au début avoir été utilisé en tant que traducteur, mais de fil en aiguille il s'est retrouvé totalement intégré à la communauté indienne. Et il a même épousé une des leurs. A partit de ce postulat de départ, David B. et Éric Lambé nous livrent une aventure et une réflexion sur la nature humaine.
Le propos sera à la critique de la religion, des croyances et coutumes en tout genre et de la bêtise humaine. Le ton est parfois léger, parfois doux-amer, parfois rigolo. Cette alternance est particulièrement efficace et sert habilement le propos du scénariste. Celui-ci est bien construit, on s'amuse des situations un peu grotesques, on se questionne face à la bêtise dans laquelle s'acharne les colons. On s'amuse des croyances improbables des indiens, on se questionne sur le fondement de leurs croyances... Tout ça fonctionne plutôt bien.
Graphiquement c'est assez simple, il y a pas mal de cases, voire de planches entières, qui mettent en scène uniquement les personnages sans décor. Ou alors éventuellement un petit aplat de couleur vite fait. Pourtant on n'a pas l'impression de trop peu, c'est plutôt efficace. Bien trouvé également l'idée d'orner les phylactères selon la langue employée par les protagonistes. Ca fluidifie bien la lecture, et ça intègre bien la diversité culturelle qui est au centre du récit.
En conclusion cet Antipodes est un album original, tant par son graphisme que par son contenu. Le propos est plutôt intelligent, on a une sorte de conte philosophique façon Candide. Ca marche plutôt bien, on passe un bon moment de lecture, même si ma toute petite réserve est que je en suis pas sur que cette lecture sera marquante durablement.
Je ne connaissais pas le roman de Daniel Pennac. Il s'avère qu'il s'agit d'une forme de conte moderne mettant en parallèle le récit de la vie d'un loup sauvage dans le Grand Nord avec celle d'un orphelin Africain ayant parcouru son continent avant qu'ils se retrouvent tous deux dans un zoo européen : deux parcours très différents mais deux âmes finalement très proches. Il aborde des thèmes intemporels sur la liberté et l'action dévastatrice des hommes sur la Nature mais les traite comme une fable semi-réaliste, qu'il s'agisse de la communauté des loups qui pensent et parlent avec une intelligence très humaine, ou de l'Afrique fantasmée qui est mise en scène, avec des animaux qui parlent et des décors très stéréotypés.
Je n'ai pas reconnu immédiatement le dessin de Mathieu Sapin car il m'a semblé un peu plus soigné qu'à son habitude. Sa narration graphique est claire et les planches se lisent bien.
Ne connaissant pas l'histoire, j'étais curieux de comprendre les raisons du comportement étrange du jeune garçon. Et comme la narration se faisait du point du vue du loup, j'ai cru qu'on n'aurait que sa vision et son propre récit. Aussi ai-je été agréablement surpris de voir que la seconde moitié de l'album présentait le parcours du garçon, une histoire très différente de celle du loup mais pour finalement se rejoindre et amener à leur rencontre qui en définitive coule presque de source.
Un joli conte, qui m'a davantage diverti que vraiment touché.
Une BD documentaire pour la jeunesse mais qui contient suffisamment de bonnes anecdotes pour intéresser un adulte.
Il s'agit de raconter le vol d'Apollo 11 et les premiers pas de l'Homme sur le Lune. L'histoire est racontée de deux points de vue : d'abord par les yeux de 2 enfants venus camper à côté du pas de tir de la fusée pour observer au plus près le décollage et suivre les évènements suivants à la télé et à la radio, et en parallèle du point de vue des astronautes et scientifiques de Houston au coeur de l'action.
Le dessin est dans une ligne assez claire un peu inégale. Si certaines cases sont soignées et agréables, d'autres tiennent un peu plus du story-board et convainquant à moitié. Ca reste très lisible visuellement.
L'histoire est racontée avec un bon rythme qui lui évite les aspects ennuyeux des documentaires classiques. On est plongés dans l'action et dans l'intensité de l'évènement. On réalise en particulier son impact médiatique au niveau mondial, et le vrai engouement qu'il a entrainé. En parallèle, la vision de comment les choses se sont passées pour les astronautes m'a bien intéressé, même si je reste frustré sur un plan technique de n'avoir aucune explication de comment le module lunaire a pu rejoindre le module orbital et de quelle manière Neil Armstrong et Buzz Aldrin sont passés de l'un à l'autre.
Second degré
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Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie parue en 2006. le scénario est Justin Gray et Jimmy Palmiotti, les dessins de Khari Evans, et l'encrage de Palmiotti.
Quatre supercriminels de seconde zone (Whirlwind, 8-Ball, Humbug et Freezer Burn) organisent un cambriolage dans l'appartement de Miss Ricadonna une éditrice de renom. Outre les bijoux, ils se retrouvent avec un œil dont ils ne savent pas quoi faire. Or ces quatre seconds couteaux sont tous en liberté sous caution et leurs agents de liaison ne sont autres que Misty Knight (ex-flic dotée d'un bras cybernétique) et Colleen Wing (experte en arts martiaux et maniement du sabre). Quand ils commencent à être assassinés les uns après les autres (en oubliant du coup de se présenter au commissariat), les Filles du Dragon mènent l'enquête avec un petit coup de main d'Iron Fist pour le combat final.
À la lecture de cette histoire, on peut avoir deux réactions. La première : du dégoût pour cette mise en scène de deux femmes dans des poses qui mettent en valeur leurs atouts, cette rencontre improbable de blaxploitation et kung-fu et cette collection de personnages qui auraient mieux fait de rester oublié. La deuxième réaction est de se dire que tout ça est trop gros pour être pris au sérieux et d'apprécier cette aventure pour le fun et l'autodérision. le genre des superhéros étant déjà tellement exagéré, l'humour a tendance à tomber à plat sur des situations déjà caricaturales. Ici, on a affaire à 2 scénaristes habitués à réussir des paris difficiles (par exemple, ramener de manière crédible Jonah Hex dans La traversée du désert). le tandem formé par les deux héroïnes n'a rien de mièvre et personne d'a envie des les prendre pour des femmes objets. L'intrigue n'est pas cousue de fil blanc même si le fameux trésor est absolument invraisemblable. Les touches d'humour sont bien dosées entre dérision des clichés (la chevelure afro, la taille du postérieur de Misty), intervention de personnages loufoques (Otis Johnson, leur nouveau réceptionniste, Doctor Bong) et relations entre personnages avec sous-entendus grivois. Khari Evans a choisi une mise en page plutôt sage (cases rectangulaires) et des dessins disposant d'un niveau de détails suffisant pour illustrer de manière efficace l'histoire.
Dans le style humour et dérision, cette histoire est bien ficelée et atteint ses objectifs : une lecture fun et divertissante. On retrouve les mêmes scénaristes avec les mêmes héroïnes dans Civil War: Heroes for Hire
Voici une BD (enfin un album, réédition des années 80) qui m'est tombé sous la main dans une location de vacances.
Je pense qu'on est nombreux à les avoir découverts dans le journal de Mickey. Il fait bien sûr remettre l'oeuvre dans son contexte historique, la série a été créée en ... 1897.
J'ai peu de référence de l'époque pour voir ce qu'il y avait de nouveau avec cette BD. Peut être le dessin caricatural de Dirks. En tous cas il est clairement reconnaissable et ca a été mon moment madeleine de Proust des vacances.
La série et son humour ont vieilli, forcément. Ce qui faisait rire aux les enfants (parce que la BD n'était pas un sujet pour les adultes à l'époque) du début du XXe siècle peut aujourd’hui sembler un peu daté. Les blagues se répètent, les personnages restent figés dans leurs rôles stéréotypés, et le schéma narratif ne réserve que peu de surprises.
On est clairement plus sur de la nostalgie que sur une lecture réellement drôle. Il y a un charme désuet incontestable qu'il faut repositionner dans le contexte.
J'ai quand même passé un bon moment :)
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Bloody Mary
Tant qu'il y a de la vie, il faut préserver un symbole d'espoir. - Ce tome comprend la première minisérie mettant en scène le personnage de Bloody Mary (Mary Malone). Il s'agit d'une histoire indépendante de toute autre, comptant 4 épisodes. Elle est initialement parue en 1996/1997. Elle ont été écrite par Garth Ennis, dessinées et encrées par Carlos Ezquerra, avec une mise en couleurs réalisée par Matt Hollingsworth. En décembre 2012, une femme déguisée en nonne s'introduit dans la cathédrale Notre Dame de Paris pour abattre un prisonnier de sang-froid. Ce récit se déroule dans un futur (il a été écrit en 1996) où la troisième guerre mondiale est en cours. L'Europe est unifiée sous la présidence de Jérôme Rochelle, et grâce à une alliance franco-allemande. Une bombe atomique a été utilisée, et les grandes puissances se sont mises d'accord pour revenir à des armes plus conventionnelles afin qu'il reste quelque chose après la guerre. le commandement britannique dépêche Bloody Mary avec un escadron mené par le Major, à Amsterdam, pour capturer Anderton, un individu qui s'apprête à vendre une arme bactériologique appelée Blood Dragon au plus offrant. À l'origine, cette minisérie est parue dans la branche éditoriale Helix (1996/1998) de DC Comics, spécialisée dans les histoires de science-fiction et qui a publié une douzaine de série (dont le début de Transmetropolitan de Warren Ellis & Darick Robertson). Lorsqu'il commence la première histoire, le lecteur ressent comme une réminiscence du magazine hebdomadaire 2000 AD britannique. Il faut dire que Garth Ennis y commencé sa carrière, et que Carlos Ezqerra est l'un des co-créateurs de Judge Dredd. En outre, le scénariste raconte ici une histoire du futur par anticipation (menant de 1996 à 2012), en 5 pages, pour atteindre un futur dystopique. Ce sentiment se trouve renforcé du fait que cette guerre mondiale trouve son origine en Europe. Néanmoins Ennis prend bien soin de faire du caporal Mary Malone une américaine pour caresser son lectorat potentiel dans le sens du poil. Cette touche britannique se retrouve dans les expressions du Major et de ses hommes, fortement émaillées de termes britanniques, plus ou moins faciles à comprendre en fonction de la familiarité du lecteur avec l'argot anglais et le vocabulaire militaire. Ennis ajoute une couche d'eurocentrisme en plaçant le premier affrontement d'envergue à Amsterdam, et en installant le siège du nouveau gouvernement européen au Vatican. Il se recentrera sur coeur de cible avec le deuxième récit (inédit en VF) qui se déroule à New York. Ce récit s'inscrit plutôt dans le registre de l'anticipation que celui de la science-fiction. En effet le futur que décrit Garth Ennis n'est pas si éloigné que ça (une quinzaine d'années dans le futur de la période où il a été écrit) et il n'introduit que deux événements sortis de son imagination : la guerre débutée en 1999 et l'arme bactériologique appelée Blood Dragon. Avec le recul, le motif choisi par Ennis pour servir de prétexte à la guerre laisse un goût amer car il est toujours d'actualité : l'immigration, et la volonté de conserver les ressources et les richesses d'un pays pour ses "vrais habitants". Il donne moins de détail sur Blood Dragon, malgré ses propriétés fantastiques (un petit peu plus dans le deuxième récit où il essaye d'expliquer le processus de fonctionnement qui permet à un individu en bénéficiant de rester en vie, même avec le corps criblé de balles). En termes d'intrigue, Garth Ennis lance son personnage principal avec une équipe de soldats britanniques à la poursuite d'un individu qui détient une arme formidable. le récit est linéaire, allant de confrontation en confrontation, avec une poignée de retours en arrière pour exposer l'origine du conflit, ainsi que l'histoire personnelle de Mary Malone. Garth Ennis consacre un peu de temps à insuffler de la personnalité à Mary Malone. Il a pris le parti de choisir une femme au mitan de sa vie, le Major et elle évoquant son âge, à savoir 40. Il la développe comme une combattante aguerrie se lassant de consacrer sa vie à tuer des êtres humains, mais refusant de lâcher prise sur sa vengeance. Sans être une étude de caractère, ces séquences donnent assez de consistance à Mary Malone pour qu'elle ne soit pas un simple cliché du baroudeur endurci plus fort que tout le monde, affrontement après affrontement. En face d'elle les autres personnages ne sont pas très développés. Garth Ennis joue une forme d'humour décalé ou en creux avec le Major. Il apparaît comme un soldat endurci, compétent, avec des années d'expérience acquises sur les champs de bataille. Au cours du premier récit, il rencontre une personne de son passé, et le scénariste s'en sert pour introduire une touche d'humour sur le registre de la farce. le mode d'expression du major en fait un individu qui se démarque des militaires américains, mais qui s'apparente à un personnage classique des récits de guerre britanniques. L'ennemi à abattre du premier récit reste à l'état de dispositif narratif, sans personnalité réelle. Garth Ennis intègre quelques réflexions dans ses intrigues sur les territoires neutres en temps de guerre, sur les arrangements entre gouvernements, sur le développement d'une arme bactériologique, sur la fin qui justifie les moyens et (pour le deuxième récit) sur la propension des êtres humains à accepter de suivre un chef politique ou un guide spirituel en lui faisant confiance, en reprenant l'axiome de Joseph Goebbels : Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit. Le lecteur constate que Matt Hollingsworth a opté pour des teintes sombres et grises. Cela lui confère une ambiance terne, en cohérence avec ces environnements ordinaires où chacun se regarde comme un ennemi potentiel, sans joie. Pour ces récits, Carlos Ezquerra a pris le parti de dessins réalistes, avec des textures marquées par des petits traits secs. Par rapport à ses travaux ultérieurs, ces petits traits restent encore dans un registre concret, en soulignant les formes, les plis des vêtements, les marques sur les visages. Ils ne sont pas encore devenus plus systématiques, et plus conceptuels. Dans ces pages, l'artiste s'implique pour décrire avec détail cette réalité. le lecteur peut détailler les uniformes, les accessoires qui y sont associés, la texture des étoffes et de la peau, les différentes formes de visage, les différents types de coiffure, etc. Les personnages ont tous une apparence et une morphologie spécifiques. Même si le scénario ne développe pas leur psychologie, les dessins montrent des êtres humains différenciés, avec une forte personnalité graphique. L'effort consenti pour les environnements est de même nature : les représenter de manière concrète. Néanmoins pour cette dimension des dessins, la qualité est plus fluctuante. Ezquerra peut réaliser des cases très impressionnantes comme l'intérieur d'un bar, ou d'une cave avec des barriques de vin, un chalet en pleine montagne. Il peut aussi s'arranger pour que les personnages occupent le premier plan, jusqu'à remplir 90% de la case, permettant ainsi d'éviter de dessiner des arrière-plans, et donnant l'impression que la scène pourrait se passer n'importe où. Cette histoire est sympathique à lire, et la personnalité de Garth Ennis y transparaît pour partie. Carlos Ezquerra effectue un travail de professionnel, un peu moins rugueux que ce qu'il fait dans 2000 AD. Elle souffre d'une intrigue un peu légère, d'un goût prononcé d'alternative light à 2000 AD, et du fait que la science-fiction n'est pas le terrain de jeu de prédilection d'Ennis.
Thorgal Saga - Wendigo
Bon, comme d’autres séries à succès (XIII, du même Van Hamme d’ailleurs par exemple, ou Spirou et Fantasio), Thorgal se décline en de multiples sous-séries, autour de personnages clés. Et aussi donne la possibilité à des auteurs de donner leur version du héros et de sa geste. Déclinaisons mercantiles bien évidemment, et donc on y entre un peu à reculons, « pour voir », mais, eu égard au succès de la série mère, avec quand même intérêt – souvent refroidi. Disons qu’après lecture des deux premiers albums de cette collection, je ne suis pas forcément convaincu de sa nécessité – autre que financière. Bref, après "Adieu Aaricia", j’ai remis le couvert avec ce « Wendigo ». Pour faire un bilan rapide, disons, que la lecture est plaisante, fluide, agréable. Et que le dessin de Corentin Rouge est vraiment chouette et aide grandement au plaisir de lecture. Le scénario quant à lui se laisse lire. Mais je dirais sans plus. Surtout, je trouve que cette histoire – et ses héros – auraient tout aussi bien pu être développés hors du cadre « Thorgal », car il n’y a finalement pas trop de chose qui s’y rattachent (même si Duval fait quelques efforts pour faire le lien – avec Birkäa et le Jörmungand).
Ne m'oublie pas
Je suis mitigé sur mon ressenti après lecture. Au sortir de la BD, j'étais sur une bonne note, plutôt positive, avec cette fin émouvante sur plusieurs points. Maintenant que j'écris cette critique, quelques jours ont passés et avec une certaine évolution de mon avis. Quelques notes plus dissonantes restent accrochés à ma mémoire, notamment après lecture des avis y compris ceux négatifs. Et je dois dire que la BD a une très bonne approche de la question de nos ainées qui deviennent dépendant. C'est intéressant dans la question de laisser sous sédation médicamenteuse lorsque la personne devient dangereuse pour elle-même. La BD prend une autre voie et propose que parfois, maintenir en vie semble plus un enfer qu'autre chose. On rejoint les thématiques de la fin de vie, et le traitement est ici plus humain, ça fait plaisir. Maintenant, le road-trip avec la mémé qui perd la boule a des moments rigolos, des moments touchants et des moments qui sont plus étranges. J'ai deviné certaines péripéties avant qu'elles n'arrivent, notamment lorsqu'elle passe au motel. De fait, l'ensemble est assez hétérogène, et si il y a des idées que j'ai beaucoup appréciées je reste tout de même un peu dubitatif sur la qualité de l'ensemble. Une BD plaisante, pas exempte de défaut mais dont la lecture est agréable. Je recommande !
Nettoyage à sec
Une BD sympathique dont le scénario ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur les dessins de qualités. L'auteur m'avait ébloui par le dessin et l'ambiance de son Béatrice, mais ici j'ai repéré les limites de l'histoire. Si le dessin est toujours aussi beau, la reconstitution de la ville méthodique et l'effet de pluie incroyable, le scénario traine un peu la patte dans l'ensemble. On voit d'abord la routine de ce brave gars qui fait office de livreur pour une blanchisserie, et ce pendant une bonne moitié de la BD. En effet, l'élément déclencheur de l'intrigue n'intervient que très tard, au point que j'ai été surpris de le voir débarquer. A partir de là, c'est assez rapide et la conclusion est certes très ironique de noirceur d'une façon intéressante, mais je n'ai pas été plus transporté ou enchanté que ça. Il m'est surtout resté dans la tête les sublimes planches aux effets de lumières dans la pluie et l'aspect vieillot que l'auteur arrive à donner à Bruxelles. Là dessus, c'est une réussite indéniable, mais je pense que le scénario ne m'a pas assez convaincu pour que j'aille la relire.
Thorgal Saga - Wendigo
Nouvelle aventure de notre viking sous la houlette de Fred Duval et Corentin Rouge, un duo qu’on a déjà pu apercevoir dans XIII Mystery avec l’album sur Calvin Wax. Ils placent leur intrigue juste après le cycle du pays Qâ. Thorgal et sa famille sont sur le chemin du retour, ils devront cependant faire une halte « forcée » en Amérique du Nord chez un peuple qui rappelle celui des Iroquois. Je dois dire que j’étais pas spécialement chaud pour cette rencontre, le choc des cultures pour notre héros (Wendigo, arbre de vie …) mais le raccrochement au monde scandinave n’est jamais loin, j’ai bien aimé cette partie. Au final, une aventure sympathique mais moins forte que celle du 1er tome (une petite déception quand même sur ce point), plus classique dans son déroulement, une histoire qui pourrait sans problème s’intégrer dans la chronologie officielle. Ça reste toutefois très plaisant à lire et bien réalisé. Par contre, j’ai une petite crainte ou incompréhension pour le prochain tome annoncé, où on retrouvera Yann et Surzhenko à la baguette. Quel intérêt ?! Un duo qui a déjà touché à tous les spin-off de l’univers. Pour moi, on s’éloigne complètement de l’idée que je me fais de ce type de collection, je veux voir du Andreas, du Brüno, du Trondheim, du Juncker … bref des surprises et pas des mecs qui ont déjà pu jouer avec les persos.
Antipodes
Antipodes est un récit qui met en scène des colons en Amérique du Sud. Nicolas, un des colons européens vit dans le village des autochtones. Il semblait au début avoir été utilisé en tant que traducteur, mais de fil en aiguille il s'est retrouvé totalement intégré à la communauté indienne. Et il a même épousé une des leurs. A partit de ce postulat de départ, David B. et Éric Lambé nous livrent une aventure et une réflexion sur la nature humaine. Le propos sera à la critique de la religion, des croyances et coutumes en tout genre et de la bêtise humaine. Le ton est parfois léger, parfois doux-amer, parfois rigolo. Cette alternance est particulièrement efficace et sert habilement le propos du scénariste. Celui-ci est bien construit, on s'amuse des situations un peu grotesques, on se questionne face à la bêtise dans laquelle s'acharne les colons. On s'amuse des croyances improbables des indiens, on se questionne sur le fondement de leurs croyances... Tout ça fonctionne plutôt bien. Graphiquement c'est assez simple, il y a pas mal de cases, voire de planches entières, qui mettent en scène uniquement les personnages sans décor. Ou alors éventuellement un petit aplat de couleur vite fait. Pourtant on n'a pas l'impression de trop peu, c'est plutôt efficace. Bien trouvé également l'idée d'orner les phylactères selon la langue employée par les protagonistes. Ca fluidifie bien la lecture, et ça intègre bien la diversité culturelle qui est au centre du récit. En conclusion cet Antipodes est un album original, tant par son graphisme que par son contenu. Le propos est plutôt intelligent, on a une sorte de conte philosophique façon Candide. Ca marche plutôt bien, on passe un bon moment de lecture, même si ma toute petite réserve est que je en suis pas sur que cette lecture sera marquante durablement.
L'Oeil du loup
Je ne connaissais pas le roman de Daniel Pennac. Il s'avère qu'il s'agit d'une forme de conte moderne mettant en parallèle le récit de la vie d'un loup sauvage dans le Grand Nord avec celle d'un orphelin Africain ayant parcouru son continent avant qu'ils se retrouvent tous deux dans un zoo européen : deux parcours très différents mais deux âmes finalement très proches. Il aborde des thèmes intemporels sur la liberté et l'action dévastatrice des hommes sur la Nature mais les traite comme une fable semi-réaliste, qu'il s'agisse de la communauté des loups qui pensent et parlent avec une intelligence très humaine, ou de l'Afrique fantasmée qui est mise en scène, avec des animaux qui parlent et des décors très stéréotypés. Je n'ai pas reconnu immédiatement le dessin de Mathieu Sapin car il m'a semblé un peu plus soigné qu'à son habitude. Sa narration graphique est claire et les planches se lisent bien. Ne connaissant pas l'histoire, j'étais curieux de comprendre les raisons du comportement étrange du jeune garçon. Et comme la narration se faisait du point du vue du loup, j'ai cru qu'on n'aurait que sa vision et son propre récit. Aussi ai-je été agréablement surpris de voir que la seconde moitié de l'album présentait le parcours du garçon, une histoire très différente de celle du loup mais pour finalement se rejoindre et amener à leur rencontre qui en définitive coule presque de source. Un joli conte, qui m'a davantage diverti que vraiment touché.
Apollo 11 - Premiers pas sur la Lune
Une BD documentaire pour la jeunesse mais qui contient suffisamment de bonnes anecdotes pour intéresser un adulte. Il s'agit de raconter le vol d'Apollo 11 et les premiers pas de l'Homme sur le Lune. L'histoire est racontée de deux points de vue : d'abord par les yeux de 2 enfants venus camper à côté du pas de tir de la fusée pour observer au plus près le décollage et suivre les évènements suivants à la télé et à la radio, et en parallèle du point de vue des astronautes et scientifiques de Houston au coeur de l'action. Le dessin est dans une ligne assez claire un peu inégale. Si certaines cases sont soignées et agréables, d'autres tiennent un peu plus du story-board et convainquant à moitié. Ca reste très lisible visuellement. L'histoire est racontée avec un bon rythme qui lui évite les aspects ennuyeux des documentaires classiques. On est plongés dans l'action et dans l'intensité de l'évènement. On réalise en particulier son impact médiatique au niveau mondial, et le vrai engouement qu'il a entrainé. En parallèle, la vision de comment les choses se sont passées pour les astronautes m'a bien intéressé, même si je reste frustré sur un plan technique de n'avoir aucune explication de comment le module lunaire a pu rejoindre le module orbital et de quelle manière Neil Armstrong et Buzz Aldrin sont passés de l'un à l'autre.
Filles du Dragon
Second degré - Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie parue en 2006. le scénario est Justin Gray et Jimmy Palmiotti, les dessins de Khari Evans, et l'encrage de Palmiotti. Quatre supercriminels de seconde zone (Whirlwind, 8-Ball, Humbug et Freezer Burn) organisent un cambriolage dans l'appartement de Miss Ricadonna une éditrice de renom. Outre les bijoux, ils se retrouvent avec un œil dont ils ne savent pas quoi faire. Or ces quatre seconds couteaux sont tous en liberté sous caution et leurs agents de liaison ne sont autres que Misty Knight (ex-flic dotée d'un bras cybernétique) et Colleen Wing (experte en arts martiaux et maniement du sabre). Quand ils commencent à être assassinés les uns après les autres (en oubliant du coup de se présenter au commissariat), les Filles du Dragon mènent l'enquête avec un petit coup de main d'Iron Fist pour le combat final. À la lecture de cette histoire, on peut avoir deux réactions. La première : du dégoût pour cette mise en scène de deux femmes dans des poses qui mettent en valeur leurs atouts, cette rencontre improbable de blaxploitation et kung-fu et cette collection de personnages qui auraient mieux fait de rester oublié. La deuxième réaction est de se dire que tout ça est trop gros pour être pris au sérieux et d'apprécier cette aventure pour le fun et l'autodérision. le genre des superhéros étant déjà tellement exagéré, l'humour a tendance à tomber à plat sur des situations déjà caricaturales. Ici, on a affaire à 2 scénaristes habitués à réussir des paris difficiles (par exemple, ramener de manière crédible Jonah Hex dans La traversée du désert). le tandem formé par les deux héroïnes n'a rien de mièvre et personne d'a envie des les prendre pour des femmes objets. L'intrigue n'est pas cousue de fil blanc même si le fameux trésor est absolument invraisemblable. Les touches d'humour sont bien dosées entre dérision des clichés (la chevelure afro, la taille du postérieur de Misty), intervention de personnages loufoques (Otis Johnson, leur nouveau réceptionniste, Doctor Bong) et relations entre personnages avec sous-entendus grivois. Khari Evans a choisi une mise en page plutôt sage (cases rectangulaires) et des dessins disposant d'un niveau de détails suffisant pour illustrer de manière efficace l'histoire. Dans le style humour et dérision, cette histoire est bien ficelée et atteint ses objectifs : une lecture fun et divertissante. On retrouve les mêmes scénaristes avec les mêmes héroïnes dans Civil War: Heroes for Hire
Pim Pam Poum
Voici une BD (enfin un album, réédition des années 80) qui m'est tombé sous la main dans une location de vacances. Je pense qu'on est nombreux à les avoir découverts dans le journal de Mickey. Il fait bien sûr remettre l'oeuvre dans son contexte historique, la série a été créée en ... 1897. J'ai peu de référence de l'époque pour voir ce qu'il y avait de nouveau avec cette BD. Peut être le dessin caricatural de Dirks. En tous cas il est clairement reconnaissable et ca a été mon moment madeleine de Proust des vacances. La série et son humour ont vieilli, forcément. Ce qui faisait rire aux les enfants (parce que la BD n'était pas un sujet pour les adultes à l'époque) du début du XXe siècle peut aujourd’hui sembler un peu daté. Les blagues se répètent, les personnages restent figés dans leurs rôles stéréotypés, et le schéma narratif ne réserve que peu de surprises. On est clairement plus sur de la nostalgie que sur une lecture réellement drôle. Il y a un charme désuet incontestable qu'il faut repositionner dans le contexte. J'ai quand même passé un bon moment :)