Une série intéressante sur la littérature américaine.
C'est divisé en chapitres et chacun présente un écrivain qui a marqué l'histoire de la littérature américaine. Les chapitres sont denses parce qu'on a droit à une biographie de l'auteur/autrice, les thèmes qu'ils ont développés dans leurs œuvres, l’influence qu'ils ont eu sur d'autres écrivains....
Ah oui il y aussi souvent un résumé de certains de leurs œuvres les plus connus et ça j'ai moins bien aimé. Qu'on parle un peu de leurs romans, cela me semble normal, mais je ne vois pas l'intérêt de faire un résumé complet sur Moby Dick ou Le Dernier des Mohicans. Cela dure des pages et c'est lourd. Pour moi, c'est le genre de documentaire qui pourrait intéresser des lecteurs à lire des œuvres qu'ils ne connaissaient pas bien et maintenant je me demande qui aurait envie de lire des romans de plusieurs centaines de pages dont ils ont déjà eu un résumé rapide en BD. Quand je vois qu'on spoile la résolution de Double Assassinat dans la rue Morgue, je me dis que cela aurait été plus efficace de juste parler du mystère afin que les lecteurs qui n'ont pas lu la nouvelle soient intéressés à savoir la solution au mystère.
Le dessin est bon.
Des collègues, pas des amis.
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Ce tome regroupe les 4 épisodes (43 à 46) constituant l'histoire Tower of Babel, ainsi que le JLA secret files 3, initialement parus en 1999/2000, tous écrits par Mark Waid. le numéro Secret Files a été écrit par D. Curtis Johnson. Ces épisodes ont été illustrés par par Howard Porter (dessins) et Drew Geraci (encrage) pour les 43 à 45, par Steve Scott (d) et Mark Propst (e) pour le 46, par Pablo Raimondi (d) et Claude St Aubin & David Miekis (e) pour le Secret Files.
L'équipe se compose de Aquaman, Batman, Flash, Green Lantern, Martian Manhunter, Plastic Man, Superman et Wonder Woman. Ra's al Ghul a mis en oeuvre un nouveau plan pour réduire la population mondiale à un niveau plus supportable pour la planète. Il a trouvé le stratagème parfait pour détourner l'attention de Batman : profaner la tombe de Martha et Thomas Wayne. J'onn J'onzz est pris comme cible par un commando qui le neutralise avec un seul tir de bazooka, d'une manière des plus cruelles. Puis c'est au tour de Plastic Man de succomber au tir d'un autre commando, cristallisé, puis littéralement brisé en mille morceaux. Peu de temps après, Clark Kent constate que plus un seul individu sur la planète n'est capable de lire, de comprendre l'écriture, sous quelque forme qu'elle soit.
S'il découvre cette histoire, il est probable que le lecteur en ait déjà entendu parler, comme étant une aventure incontournable de la JLA, et qui a fait date dans son histoire. Du coup son horizon d'attente est assez élevé. Il découvre donc une attaque de l'écoterroriste Ra's al Ghul, dans laquelle sa fille à son rôle à jouer. Il attend évidemment de découvrir comment les superhéros vont être neutralisés, et apprécie le sadisme sous-jacent d'al Ghul à savoir dérober le corps des parents de Bruce. Le récit s'avère plus consistant que la simple neutralisation des superhéros et leur victoire finale. Pour commencer, il contient également les fiches secrètes des membres de la Ligue intégrées dans un épisode en bande dessinée qui raconte comment Talia al Ghul a récupéré les précieuses informations, avec son flux de pensée qui court du long, expliquant certains éléments, et permettant de comprendre son état d'esprit et ses réactions aux actes qu'elle est en train de commettre, et à leurs conséquences. Le dessinateur et l'encreur s'alignent sur l'esthétique de Porter, avec un meilleur dosage que les remplaçants des épisodes précédents, pour une esthétique plus agréable et une énergie un peu moindre, sans jurer avec les autres épisodes. le scénariste a vraisemblablement quelques idées directrices de la part de Waid car son récit est parfaitement raccord avec les épisodes mensuels.
Ensuite, il y a un petit plus en termes de continuité. Une fois que les membres de la JLA ont découvert le pot-aux-roses, l'unité de l'équipe est rompue et cela aura des répercussions à moyen terme au sein de l'équipe. Néanmoins ces conséquences ne sont pas développées dans ces quatre épisodes. L'enthousiasme du lecteur peut connaître une petite chute quand il se rend compte que l'histoire va très vite, et que le scénariste a conservé sa volonté de rendre hommage à l'âge d'or des comics, avec sa sensibilité qui n'est pas celle plus cérébrale de Grant Morrison. La comparaison s'impose, car l'idée de rendre l'écriture illisible par toute l'humanité pourrait être issue de l'esprit de Morrison, mais elle est à nouveau développée de manière très littérale, un peu enfantine. Finalement la tour de Babel annoncée par le titre se limite au fait de ne plus pouvoir lire, avec un choix de situations très basiques. Ayant eu le temps de s'habituer, le lecteur retrouve avec grand plaisir l'énergie des dessins d'Howard Porter, avec l'encrage un peu appuyé de Drew Geraci qui conserve une partie de la bizarrerie voulue des silhouettes et des visages. L'artiste se montre véritablement à l'aise pour mettre en scène et diriger ces individus aux pouvoirs merveilleux, confrontés à des situations périlleuses inimaginables. Il allie une forme de candeur nécessaire pour les exagérations digne d'un opéra dramatique, et une forme de souffrance plus adulte qui parle à tous les lecteurs. Le lecteur éprouve des difficultés à croire au fait que Porter n'ait dessiné que 3 épisodes sur 4 alors que les 4 forment une histoire complète, Scott & Propst faisant également de leur mieux pour rester dans le même registre graphique, mais sans reproduire l'entrain organique de Porter.
Ce tome a été composé pour satisfaire le lecteur exigeant qui souhaite découvrir l'histoire la tour de Babel. Il peut ainsi découvrir la manière dont le scénariste s'est inscrit dans la continuité de l'approche initiée par Grant Morrison, et comment il met à profit l'étonnante énergie d'Howard Porter. Il peut assouvir sa curiosité concernant cette intrigue qui est passée à la postérité, et découvrir que sa pérennité doit peut-être plus à la froideur de Batman qu'à la qualité intrinsèque du récit et de sa narration.
La Lorraine et son bassin métallurgique.
Une BD qui retrace l'existence d'une radio pirate créée par la CGT : Lorraine cœur d'acier. Elle va émettre depuis Longwy quelques heures par jour du 17 mars 1979 au 20 janvier 1981.
Une radio pirate pour la lutte sociale contre le plan Davignon du gouvernement Giscard d'Estaing pour empêcher la fermeture d'une usine. Une radio qui donnera la parole à qui veut bien la prendre.
Nous sommes en 1979 et les radios libres n'étaient pas autorisées. Le gouvernement fera tout pour brouiller les ondes.
Un récit qui fait la part belle à cette lutte perdue d'avance, elle pointe les difficultés financières des ouvriers, mais elle s'intéresse aussi aux petites gens, à leurs problèmes quotidiens.
Un scénario bien ficelé, sans être révolutionnaire ;-), et des personnages attachants rendent la lecture agréable, captivante et très instructive.
Ce qui m'empêche de mettre une meilleure note, c'est le dessin. Je ne l'aime pas, un trait brouillon et légèrement caricatural associé à une colorisation qui n'aide pas à le rendre des plus lisible.
Dommage.
Une lecture qui reste recommandable.
J’ai exactement le même ressenti que Mac Arthur concernant cet album, que ce soit pour l’impression générale ou pour l’évolution, la dernière partie m’ayant bien moins intéressé et convaincu, hélas.
Car pour le reste je suis entré facilement dans cette histoire. D’abord parce que le dessin de Mirka Andolfo est vraiment chouette. Ses personnages d’animaux anthropomorphes passent très bien, il arrive à leur donner pas mal de sensualité – mention spéciale à l’héroïne, la boulotte cochonne Leslie.
L’histoire use de pas mal d’influences, avec beaucoup de clins d’œil à l’œuvre d’Orwell : des personnages se nommant Winston ou Smith, une reprise de la fameuse citation de « La ferme des animaux » « tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres », etc. Et, bien sûr, tout le contrôle exercé par une autorité invisible sur les membres de la société, qui doivent obéir à des injonctions très précises concernant la vie de couple et la reproduction.
Une sorte de dystopie, avec du thriller, de la SF, du fantastique, un mélange assez longtemps équilibré et séduisant. Moins sur la fin, où le fantastique prend trop le pas, alors que l’histoire perd en intérêt, et alors que la psychologie des personnages (en particulier la mère de Leslie) évolue bizarrement.
Mais je reste quand même sur une impression d’ensemble positive, c’est une histoire originale – qui aurait pu l’être encore davantage.
A découvrir à l’occasion. Je suis plutôt étonné de voir si peu d’avis pour une série qui mérite qu’on y jette un coup d’œil.
Note réelle 3,5/5.
Du western pour de rire à destination du jeune lectorat.
Un dessin simple et caricatural, rondouillard et très expressif, très « cartoon », les plus jeunes y trouveront leur compte.
Comme ils apprécieront sans aucun doute ces petites histoires, qui jouent sur un humour bon enfant, parfois absurde (l’un des personnages est le fantôme d’un colt, des cactus, des champignons parlent et sont eux-mêmes des personnages, etc.). On y ajoute un peu de fantastique, des touches anachroniques, c’est un peu fourre-tout, mais la série utilise bien certains clichés du western comme décor, pour développer de petites histoires rigolotes.
Par contre ça passe moins la barrière de l’âge (l’humour est un peu retenu, il y a très peu de décors, etc.). Mais pour de jeunes lecteurs, c’est amusant.
Poussé par l'engouement populaire et connaissant le talent graphique de Larcenet, j'ai acheté cet album il y a longtemps mais j'ai repoussé sa lecture jusqu'à hier. La raison : je n'ai pas lu le livre La Route mais j'ai vu son adaptation en film, et je connaissais la dureté de son récit ainsi que l'amertume de sa fin. Je souhaitais donc prendre mon temps pour lire cet album plutôt épais et fort en émotion.
J'ai pu constater à nouveau la virtuosité du dessin de Larcenet. Il pose une ambiance intense, toute en noirceur et grisâtre. Ses décors postapocalyptiques sont terribles de même que la morphologie des humains qui y trainent leurs carcasses de survivants désabusés et désespérés. C'est très beau, à l'exception du visage du fils quand on le voit de face : je n'aime pas la forme qu'il prend alors, comme sans relief et floue, alors qu'il est bien plus fin et précis quand on le voit de profil ou de trois-quarts. Malgré ce reproche, c'est avant tout sa beauté graphique qui fait la force de cet ouvrage.
Car pour ce qui est de l'intrigue, que je connaissais donc déjà en grande partie, elle m'a moins enthousiasmé. C'est une longue errance sans espoir, ponctuée de quelques moments plus intenses et de rares rencontres dangereuses ou navrantes. J'ai noté quelques différences avec les évènements du film et je dois dire que ce dernier était à mes yeux un peu mieux rythmé que la BD qui se rapproche sans doute plus du roman. Malgré la force de quelques dialogues et de circonstances aussi cruelles que pragmatiques, je m'y suis un peu ennuyé, et j'ai beaucoup été plombé par le désespoir d'ensemble ainsi que frustré par l'envie de comprendre comment on en était arrivé là et pourquoi il n'y avait pas d'échappatoire.
L'adaptation est très bonne, le dessin formidable, mais c'est l'adaptation d'un ouvrage qui ne me parle pas vraiment et ne m'a pas enthousiasmé.
Ce manga est le 2e spin off de Mushoku Tensei que je lis alors que je n'ai toujours pas lu cette série là. Par chance, ils peuvent tous deux se lire de manière complètement indépendante. Tout au plus celui-ci m'a-t-il donné envie de lire la série originelle pour voir comment le personnage d'Eris y était introduit et quel était son parcours.
Car c'est une histoire complètement centrée sur elle qui nous est offerte ici. Eris est une escrimeuse, une formidable guerrière à l'épée mais pas encore suffisamment forte pour affronter les pires ennemis et protéger ceux qu'elle aime contre le plus grand des dangers. Alors elle va rejoindre l'école du plus grand escrimeur humain au monde et il va s'avérer que malgré son gigantesque talent, elle est encore loin de lui arriver à la cheville. Il sera difficile pour deux personnalités aussi fortes et agressives de s'accorder sur une formation classique. Ce sera donc par des moyens détournés et en amenant Eris à découvrir les choses par la pratique que son maître va la faire progresser.
C'est une intrigue assez secondaire, parfaitement dispensable même pour les lecteurs de Mushoku Tensei, mais elle est bien construite, rythmée et suffisamment prenante pour ne pas s'y ennuyer. La personnalité d'Eris en particulier y est intéressante, ainsi que sa hargne à progresser malgré son niveau déjà très élevé. Quant au dessin, il est de belle qualité, avec un bon sens du détail et du dynamisme ainsi qu'une narration graphique claire, même dans les combats.
Bref, c'est un sympathique one-shot, et comme indiqué plus haut, il donne envie de découvrir Mushoku Tensei pour y voir Eris interagir avec d'autres personnages principaux.
Ce n'est clairement pas la came que je préfère, mais je trouve que ça marche très bien comme récit ! On est dans de l'action pur jus, commençant par une minutieuse préparation de plan qui ne pourra que foirer, tandis que la France vit le débâcle de sa drôle de guerre.
L'histoire est très orientée action, avec une galerie de personnages forts en gueule mais avec une évolution qui les dévoile parfois plus profond qu'on ne l'imaginait. Cela dit, je dois reconnaitre que je n'ai pas été particulièrement emballé. Tout d'abord parce que deux personnages de l'histoire sont assez similaires finalement, et que je les ai parfois confondu.
D'autre part je trouve que l'histoire fait une longue ligne droite dans laquelle je n'ai eu que peu de surprises. En dehors de son histoire de casse de base et la petite histoire du personnage principal (ses combats de boxe) ou de Helmut. Les autres n'ont pas vraiment d'arcs narratifs, et je dois dire qu'en dehors du gros défouloir de la BD, elle ne raconte pas grand chose. Et il m'est assez difficile de m'y intéresser à nouveau, de fait, puisque je trouve qu'on manque vraiment d'un peu de ce petit peu qui rajoute une couche et encourage à relire. Ici, la BD étant lue, je ne suis pas tenté de la relire.
Niveau dessin, c'est pas mal du tout. Clair et lisible dans l'action, avec une tendance à faire bien bourrin dans les scènes d'explosions, mais en restant assez classique dans l'ensemble. Je n'ai pas été transporté, mais ça fait bien le travail.
Dans l'ensemble, ça reste une lecture qui a beaucoup plu mais que je n'ai pas trouvé marquante. Je laisse les lecteurs se faire un avis, personnellement je ne relirais pas.
Tome 1
Omula et Rema c'est le mélange improbable entre un récit de science-fiction et un péplum. D'un coté, des vaisseaux spatiaux, des clones, un voyage interstellaire en quête d'une nouvelle planète pour vivre, et bien sur des ennuis... De l'autre, dans ce qui ressemble énormément à une civilisation romaine, la succession du monarque en place se joue sur fond de complot familial et de trahisons.
C'est donc le grand écart. Mais cette association fonctionne à merveille, on sait évidemment que cela va se recouper tôt ou tard. Et en attendant ce croisement, les deux histoires sont interessantes. D'un coté on s'attache rapidement aux enfants, même si leur coté un peu trop sur d'elles est parfois agaçant. De l'autre on déteste tout aussi rapidement Amulius qui manœuvre pour récupérer la couronne de son père. Lorsque le récit s'arrête d'un coté pour passer sur l'autre intrigue, le moment est généralement bien choisi, et on est pressé d'y revenir. Comme dans un bon roman ou une bonne série TV.
La jonction tarde à arriver, et c'est plutôt une bonne chose. D'abord cela permet de poser solidement les bases du récit. Ensuite cela permet de développer les 2 univers de manière interessante. Et surtout cela génère une certaine attente pas désagréable tant la sauce prend bien. Le complot qui se met en place dans la cité antique implique pas mal de personnages, mais c'est limpide et bien prenant. Il se passe déjà beaucoup de choses.
Tout est bien pensé et très bien raconté. Vivement la suite.
Tome 2
Malheureusement le second tome est une petite déception. Comme on pouvait s'y attendre, fini l'alternance SF - péplum, toute l'action se passe maintenant au coeur de la civilisation antique. Les années vont défiler, les deux fillettes vont bien grandir. Ce qui était des chamailleries de gamines devient une rivalité à l'âge adulte. Leur petit côté agaçant laisse place à un côté détestable. Cette jalousie est pénible et dérangeante à la longue.
S'il reste encore des traces du complot si bien mené dans le premier tome, les quelques trahisons et coups bas auxquels on va assister sont moins percutants, moins efficaces. On sent que le cœur de l'intrigue n'est plus là, on dirait que ces évènements servent justes de péripéties anecdotiques. C'est un peu dommage. En fait, l'histoire tourne vraiment autour de la "réalisation" que les filles vont mener. Ca donne le sentiment que les deux premiers tiers de la série servent juste à amener une conclusion. Certes il y a de l'idée, ça fait sens et tout ce qu'on nous a raconté est cohérent et au service de cette fin.
Mais le problème c'est qu'on devine cette fin bien trop tôt. Et surtout, on a du mal à croire à comment on nous y amène. Un peu trop de mal, malheureusement. Comment ce roi sans foi ni loi, qui a tué tant de personnes qui se sont dressées sur son chemin, va gentiment offrir un terrain pour avoir la paix ? Comment nos deux post adolescentes vont convaincre des centaines, des milliers, de personnes de les suivre dans leur projet ? Comment en un laps de temps si court vont-elles arriver à construire autant de choses ? Bref ça ne tient pas trop la route.
C'est pas mauvais, mais c'est pas très inspiré je trouve, et c'est malheureusement un peu décevant au vue des attentes suscitées par le tome 1.
Un Français est envoyé au nord de la Norvège par une grande compagnie pétrolière, pour évaluer le « potentiel », et éventuellement pour s’acclimater, car si un grand gisement est repéré, il pourra être amené à rester longtemps dans ce bout du monde.
Il s’acclimate bien, justement, malgré l’éloignement d’avec sa compagne. Il se fait des amis. Et surtout se pose de plus en plus de question par rapport à son boulot, à l’utilisation du pétrole, et plus généralement il remet en question peu à peu sa vision du monde. La beauté des paysages, l’affabilité des Norvégiens rencontrés, et les discussions qu’il a eues avec eux le « transforment ».
Le récit de Mathilde Ramadier est intéressant, et amène en douceur une foule de questions, sur les fondements de nos sociétés et les valeurs qui pourraient être davantage mises en avant. Il ne faut pas être allergique à la lenteur, à l’esprit contemplatif qui domine – c’est la force et la faiblesse de ce récit.
Un récit mis en images par Laurent Bonneau, avec un trait très gras, qui n’est a priori pas mon truc, mais à qui je reconnait volontiers beaucoup de qualités, et certaines planches sont vraiment très belles ! Cette région est de toute façon une de celles qui m’attirent – même si je ne sais pas si j’irais un jour la contempler de près.
Un album intéressant – même si pas autant que je l’envisageais au début.
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Il était une fois l'Amérique - Une histoire de la littérature américaine
Une série intéressante sur la littérature américaine. C'est divisé en chapitres et chacun présente un écrivain qui a marqué l'histoire de la littérature américaine. Les chapitres sont denses parce qu'on a droit à une biographie de l'auteur/autrice, les thèmes qu'ils ont développés dans leurs œuvres, l’influence qu'ils ont eu sur d'autres écrivains.... Ah oui il y aussi souvent un résumé de certains de leurs œuvres les plus connus et ça j'ai moins bien aimé. Qu'on parle un peu de leurs romans, cela me semble normal, mais je ne vois pas l'intérêt de faire un résumé complet sur Moby Dick ou Le Dernier des Mohicans. Cela dure des pages et c'est lourd. Pour moi, c'est le genre de documentaire qui pourrait intéresser des lecteurs à lire des œuvres qu'ils ne connaissaient pas bien et maintenant je me demande qui aurait envie de lire des romans de plusieurs centaines de pages dont ils ont déjà eu un résumé rapide en BD. Quand je vois qu'on spoile la résolution de Double Assassinat dans la rue Morgue, je me dis que cela aurait été plus efficace de juste parler du mystère afin que les lecteurs qui n'ont pas lu la nouvelle soient intéressés à savoir la solution au mystère. Le dessin est bon.
Justice League - La Tour de Babel
Des collègues, pas des amis. - Ce tome regroupe les 4 épisodes (43 à 46) constituant l'histoire Tower of Babel, ainsi que le JLA secret files 3, initialement parus en 1999/2000, tous écrits par Mark Waid. le numéro Secret Files a été écrit par D. Curtis Johnson. Ces épisodes ont été illustrés par par Howard Porter (dessins) et Drew Geraci (encrage) pour les 43 à 45, par Steve Scott (d) et Mark Propst (e) pour le 46, par Pablo Raimondi (d) et Claude St Aubin & David Miekis (e) pour le Secret Files. L'équipe se compose de Aquaman, Batman, Flash, Green Lantern, Martian Manhunter, Plastic Man, Superman et Wonder Woman. Ra's al Ghul a mis en oeuvre un nouveau plan pour réduire la population mondiale à un niveau plus supportable pour la planète. Il a trouvé le stratagème parfait pour détourner l'attention de Batman : profaner la tombe de Martha et Thomas Wayne. J'onn J'onzz est pris comme cible par un commando qui le neutralise avec un seul tir de bazooka, d'une manière des plus cruelles. Puis c'est au tour de Plastic Man de succomber au tir d'un autre commando, cristallisé, puis littéralement brisé en mille morceaux. Peu de temps après, Clark Kent constate que plus un seul individu sur la planète n'est capable de lire, de comprendre l'écriture, sous quelque forme qu'elle soit. S'il découvre cette histoire, il est probable que le lecteur en ait déjà entendu parler, comme étant une aventure incontournable de la JLA, et qui a fait date dans son histoire. Du coup son horizon d'attente est assez élevé. Il découvre donc une attaque de l'écoterroriste Ra's al Ghul, dans laquelle sa fille à son rôle à jouer. Il attend évidemment de découvrir comment les superhéros vont être neutralisés, et apprécie le sadisme sous-jacent d'al Ghul à savoir dérober le corps des parents de Bruce. Le récit s'avère plus consistant que la simple neutralisation des superhéros et leur victoire finale. Pour commencer, il contient également les fiches secrètes des membres de la Ligue intégrées dans un épisode en bande dessinée qui raconte comment Talia al Ghul a récupéré les précieuses informations, avec son flux de pensée qui court du long, expliquant certains éléments, et permettant de comprendre son état d'esprit et ses réactions aux actes qu'elle est en train de commettre, et à leurs conséquences. Le dessinateur et l'encreur s'alignent sur l'esthétique de Porter, avec un meilleur dosage que les remplaçants des épisodes précédents, pour une esthétique plus agréable et une énergie un peu moindre, sans jurer avec les autres épisodes. le scénariste a vraisemblablement quelques idées directrices de la part de Waid car son récit est parfaitement raccord avec les épisodes mensuels. Ensuite, il y a un petit plus en termes de continuité. Une fois que les membres de la JLA ont découvert le pot-aux-roses, l'unité de l'équipe est rompue et cela aura des répercussions à moyen terme au sein de l'équipe. Néanmoins ces conséquences ne sont pas développées dans ces quatre épisodes. L'enthousiasme du lecteur peut connaître une petite chute quand il se rend compte que l'histoire va très vite, et que le scénariste a conservé sa volonté de rendre hommage à l'âge d'or des comics, avec sa sensibilité qui n'est pas celle plus cérébrale de Grant Morrison. La comparaison s'impose, car l'idée de rendre l'écriture illisible par toute l'humanité pourrait être issue de l'esprit de Morrison, mais elle est à nouveau développée de manière très littérale, un peu enfantine. Finalement la tour de Babel annoncée par le titre se limite au fait de ne plus pouvoir lire, avec un choix de situations très basiques. Ayant eu le temps de s'habituer, le lecteur retrouve avec grand plaisir l'énergie des dessins d'Howard Porter, avec l'encrage un peu appuyé de Drew Geraci qui conserve une partie de la bizarrerie voulue des silhouettes et des visages. L'artiste se montre véritablement à l'aise pour mettre en scène et diriger ces individus aux pouvoirs merveilleux, confrontés à des situations périlleuses inimaginables. Il allie une forme de candeur nécessaire pour les exagérations digne d'un opéra dramatique, et une forme de souffrance plus adulte qui parle à tous les lecteurs. Le lecteur éprouve des difficultés à croire au fait que Porter n'ait dessiné que 3 épisodes sur 4 alors que les 4 forment une histoire complète, Scott & Propst faisant également de leur mieux pour rester dans le même registre graphique, mais sans reproduire l'entrain organique de Porter. Ce tome a été composé pour satisfaire le lecteur exigeant qui souhaite découvrir l'histoire la tour de Babel. Il peut ainsi découvrir la manière dont le scénariste s'est inscrit dans la continuité de l'approche initiée par Grant Morrison, et comment il met à profit l'étonnante énergie d'Howard Porter. Il peut assouvir sa curiosité concernant cette intrigue qui est passée à la postérité, et découvrir que sa pérennité doit peut-être plus à la froideur de Batman qu'à la qualité intrinsèque du récit et de sa narration.
Lorraine Coeur d'acier
La Lorraine et son bassin métallurgique. Une BD qui retrace l'existence d'une radio pirate créée par la CGT : Lorraine cœur d'acier. Elle va émettre depuis Longwy quelques heures par jour du 17 mars 1979 au 20 janvier 1981. Une radio pirate pour la lutte sociale contre le plan Davignon du gouvernement Giscard d'Estaing pour empêcher la fermeture d'une usine. Une radio qui donnera la parole à qui veut bien la prendre. Nous sommes en 1979 et les radios libres n'étaient pas autorisées. Le gouvernement fera tout pour brouiller les ondes. Un récit qui fait la part belle à cette lutte perdue d'avance, elle pointe les difficultés financières des ouvriers, mais elle s'intéresse aussi aux petites gens, à leurs problèmes quotidiens. Un scénario bien ficelé, sans être révolutionnaire ;-), et des personnages attachants rendent la lecture agréable, captivante et très instructive. Ce qui m'empêche de mettre une meilleure note, c'est le dessin. Je ne l'aime pas, un trait brouillon et légèrement caricatural associé à une colorisation qui n'aide pas à le rendre des plus lisible. Dommage. Une lecture qui reste recommandable.
Contro Natura
J’ai exactement le même ressenti que Mac Arthur concernant cet album, que ce soit pour l’impression générale ou pour l’évolution, la dernière partie m’ayant bien moins intéressé et convaincu, hélas. Car pour le reste je suis entré facilement dans cette histoire. D’abord parce que le dessin de Mirka Andolfo est vraiment chouette. Ses personnages d’animaux anthropomorphes passent très bien, il arrive à leur donner pas mal de sensualité – mention spéciale à l’héroïne, la boulotte cochonne Leslie. L’histoire use de pas mal d’influences, avec beaucoup de clins d’œil à l’œuvre d’Orwell : des personnages se nommant Winston ou Smith, une reprise de la fameuse citation de « La ferme des animaux » « tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres », etc. Et, bien sûr, tout le contrôle exercé par une autorité invisible sur les membres de la société, qui doivent obéir à des injonctions très précises concernant la vie de couple et la reproduction. Une sorte de dystopie, avec du thriller, de la SF, du fantastique, un mélange assez longtemps équilibré et séduisant. Moins sur la fin, où le fantastique prend trop le pas, alors que l’histoire perd en intérêt, et alors que la psychologie des personnages (en particulier la mère de Leslie) évolue bizarrement. Mais je reste quand même sur une impression d’ensemble positive, c’est une histoire originale – qui aurait pu l’être encore davantage. A découvrir à l’occasion. Je suis plutôt étonné de voir si peu d’avis pour une série qui mérite qu’on y jette un coup d’œil. Note réelle 3,5/5.
Poncho et Semelle
Du western pour de rire à destination du jeune lectorat. Un dessin simple et caricatural, rondouillard et très expressif, très « cartoon », les plus jeunes y trouveront leur compte. Comme ils apprécieront sans aucun doute ces petites histoires, qui jouent sur un humour bon enfant, parfois absurde (l’un des personnages est le fantôme d’un colt, des cactus, des champignons parlent et sont eux-mêmes des personnages, etc.). On y ajoute un peu de fantastique, des touches anachroniques, c’est un peu fourre-tout, mais la série utilise bien certains clichés du western comme décor, pour développer de petites histoires rigolotes. Par contre ça passe moins la barrière de l’âge (l’humour est un peu retenu, il y a très peu de décors, etc.). Mais pour de jeunes lecteurs, c’est amusant.
La Route
Poussé par l'engouement populaire et connaissant le talent graphique de Larcenet, j'ai acheté cet album il y a longtemps mais j'ai repoussé sa lecture jusqu'à hier. La raison : je n'ai pas lu le livre La Route mais j'ai vu son adaptation en film, et je connaissais la dureté de son récit ainsi que l'amertume de sa fin. Je souhaitais donc prendre mon temps pour lire cet album plutôt épais et fort en émotion. J'ai pu constater à nouveau la virtuosité du dessin de Larcenet. Il pose une ambiance intense, toute en noirceur et grisâtre. Ses décors postapocalyptiques sont terribles de même que la morphologie des humains qui y trainent leurs carcasses de survivants désabusés et désespérés. C'est très beau, à l'exception du visage du fils quand on le voit de face : je n'aime pas la forme qu'il prend alors, comme sans relief et floue, alors qu'il est bien plus fin et précis quand on le voit de profil ou de trois-quarts. Malgré ce reproche, c'est avant tout sa beauté graphique qui fait la force de cet ouvrage. Car pour ce qui est de l'intrigue, que je connaissais donc déjà en grande partie, elle m'a moins enthousiasmé. C'est une longue errance sans espoir, ponctuée de quelques moments plus intenses et de rares rencontres dangereuses ou navrantes. J'ai noté quelques différences avec les évènements du film et je dois dire que ce dernier était à mes yeux un peu mieux rythmé que la BD qui se rapproche sans doute plus du roman. Malgré la force de quelques dialogues et de circonstances aussi cruelles que pragmatiques, je m'y suis un peu ennuyé, et j'ai beaucoup été plombé par le désespoir d'ensemble ainsi que frustré par l'envie de comprendre comment on en était arrivé là et pourquoi il n'y avait pas d'échappatoire. L'adaptation est très bonne, le dessin formidable, mais c'est l'adaptation d'un ouvrage qui ne me parle pas vraiment et ne m'a pas enthousiasmé.
Mushoku Tensei - L'épée d'Eris
Ce manga est le 2e spin off de Mushoku Tensei que je lis alors que je n'ai toujours pas lu cette série là. Par chance, ils peuvent tous deux se lire de manière complètement indépendante. Tout au plus celui-ci m'a-t-il donné envie de lire la série originelle pour voir comment le personnage d'Eris y était introduit et quel était son parcours. Car c'est une histoire complètement centrée sur elle qui nous est offerte ici. Eris est une escrimeuse, une formidable guerrière à l'épée mais pas encore suffisamment forte pour affronter les pires ennemis et protéger ceux qu'elle aime contre le plus grand des dangers. Alors elle va rejoindre l'école du plus grand escrimeur humain au monde et il va s'avérer que malgré son gigantesque talent, elle est encore loin de lui arriver à la cheville. Il sera difficile pour deux personnalités aussi fortes et agressives de s'accorder sur une formation classique. Ce sera donc par des moyens détournés et en amenant Eris à découvrir les choses par la pratique que son maître va la faire progresser. C'est une intrigue assez secondaire, parfaitement dispensable même pour les lecteurs de Mushoku Tensei, mais elle est bien construite, rythmée et suffisamment prenante pour ne pas s'y ennuyer. La personnalité d'Eris en particulier y est intéressante, ainsi que sa hargne à progresser malgré son niveau déjà très élevé. Quant au dessin, il est de belle qualité, avec un bon sens du détail et du dynamisme ainsi qu'une narration graphique claire, même dans les combats. Bref, c'est un sympathique one-shot, et comme indiqué plus haut, il donne envie de découvrir Mushoku Tensei pour y voir Eris interagir avec d'autres personnages principaux.
Comment faire fortune en juin 40
Ce n'est clairement pas la came que je préfère, mais je trouve que ça marche très bien comme récit ! On est dans de l'action pur jus, commençant par une minutieuse préparation de plan qui ne pourra que foirer, tandis que la France vit le débâcle de sa drôle de guerre. L'histoire est très orientée action, avec une galerie de personnages forts en gueule mais avec une évolution qui les dévoile parfois plus profond qu'on ne l'imaginait. Cela dit, je dois reconnaitre que je n'ai pas été particulièrement emballé. Tout d'abord parce que deux personnages de l'histoire sont assez similaires finalement, et que je les ai parfois confondu. D'autre part je trouve que l'histoire fait une longue ligne droite dans laquelle je n'ai eu que peu de surprises. En dehors de son histoire de casse de base et la petite histoire du personnage principal (ses combats de boxe) ou de Helmut. Les autres n'ont pas vraiment d'arcs narratifs, et je dois dire qu'en dehors du gros défouloir de la BD, elle ne raconte pas grand chose. Et il m'est assez difficile de m'y intéresser à nouveau, de fait, puisque je trouve qu'on manque vraiment d'un peu de ce petit peu qui rajoute une couche et encourage à relire. Ici, la BD étant lue, je ne suis pas tenté de la relire. Niveau dessin, c'est pas mal du tout. Clair et lisible dans l'action, avec une tendance à faire bien bourrin dans les scènes d'explosions, mais en restant assez classique dans l'ensemble. Je n'ai pas été transporté, mais ça fait bien le travail. Dans l'ensemble, ça reste une lecture qui a beaucoup plu mais que je n'ai pas trouvé marquante. Je laisse les lecteurs se faire un avis, personnellement je ne relirais pas.
Omula et Rema
Tome 1
Omula et Rema c'est le mélange improbable entre un récit de science-fiction et un péplum. D'un coté, des vaisseaux spatiaux, des clones, un voyage interstellaire en quête d'une nouvelle planète pour vivre, et bien sur des ennuis... De l'autre, dans ce qui ressemble énormément à une civilisation romaine, la succession du monarque en place se joue sur fond de complot familial et de trahisons.
C'est donc le grand écart. Mais cette association fonctionne à merveille, on sait évidemment que cela va se recouper tôt ou tard. Et en attendant ce croisement, les deux histoires sont interessantes. D'un coté on s'attache rapidement aux enfants, même si leur coté un peu trop sur d'elles est parfois agaçant. De l'autre on déteste tout aussi rapidement Amulius qui manœuvre pour récupérer la couronne de son père. Lorsque le récit s'arrête d'un coté pour passer sur l'autre intrigue, le moment est généralement bien choisi, et on est pressé d'y revenir. Comme dans un bon roman ou une bonne série TV.
La jonction tarde à arriver, et c'est plutôt une bonne chose. D'abord cela permet de poser solidement les bases du récit. Ensuite cela permet de développer les 2 univers de manière interessante. Et surtout cela génère une certaine attente pas désagréable tant la sauce prend bien. Le complot qui se met en place dans la cité antique implique pas mal de personnages, mais c'est limpide et bien prenant. Il se passe déjà beaucoup de choses.
Tout est bien pensé et très bien raconté. Vivement la suite.
Tome 2
Malheureusement le second tome est une petite déception. Comme on pouvait s'y attendre, fini l'alternance SF - péplum, toute l'action se passe maintenant au coeur de la civilisation antique. Les années vont défiler, les deux fillettes vont bien grandir. Ce qui était des chamailleries de gamines devient une rivalité à l'âge adulte. Leur petit côté agaçant laisse place à un côté détestable. Cette jalousie est pénible et dérangeante à la longue.
S'il reste encore des traces du complot si bien mené dans le premier tome, les quelques trahisons et coups bas auxquels on va assister sont moins percutants, moins efficaces. On sent que le cœur de l'intrigue n'est plus là, on dirait que ces évènements servent justes de péripéties anecdotiques. C'est un peu dommage. En fait, l'histoire tourne vraiment autour de la "réalisation" que les filles vont mener. Ca donne le sentiment que les deux premiers tiers de la série servent juste à amener une conclusion. Certes il y a de l'idée, ça fait sens et tout ce qu'on nous a raconté est cohérent et au service de cette fin.
Mais le problème c'est qu'on devine cette fin bien trop tôt. Et surtout, on a du mal à croire à comment on nous y amène. Un peu trop de mal, malheureusement. Comment ce roi sans foi ni loi, qui a tué tant de personnes qui se sont dressées sur son chemin, va gentiment offrir un terrain pour avoir la paix ? Comment nos deux post adolescentes vont convaincre des centaines, des milliers, de personnes de les suivre dans leur projet ? Comment en un laps de temps si court vont-elles arriver à construire autant de choses ? Bref ça ne tient pas trop la route.
C'est pas mauvais, mais c'est pas très inspiré je trouve, et c'est malheureusement un peu décevant au vue des attentes suscitées par le tome 1.
Et il foula la terre avec légèreté
Un Français est envoyé au nord de la Norvège par une grande compagnie pétrolière, pour évaluer le « potentiel », et éventuellement pour s’acclimater, car si un grand gisement est repéré, il pourra être amené à rester longtemps dans ce bout du monde. Il s’acclimate bien, justement, malgré l’éloignement d’avec sa compagne. Il se fait des amis. Et surtout se pose de plus en plus de question par rapport à son boulot, à l’utilisation du pétrole, et plus généralement il remet en question peu à peu sa vision du monde. La beauté des paysages, l’affabilité des Norvégiens rencontrés, et les discussions qu’il a eues avec eux le « transforment ». Le récit de Mathilde Ramadier est intéressant, et amène en douceur une foule de questions, sur les fondements de nos sociétés et les valeurs qui pourraient être davantage mises en avant. Il ne faut pas être allergique à la lenteur, à l’esprit contemplatif qui domine – c’est la force et la faiblesse de ce récit. Un récit mis en images par Laurent Bonneau, avec un trait très gras, qui n’est a priori pas mon truc, mais à qui je reconnait volontiers beaucoup de qualités, et certaines planches sont vraiment très belles ! Cette région est de toute façon une de celles qui m’attirent – même si je ne sais pas si j’irais un jour la contempler de près. Un album intéressant – même si pas autant que je l’envisageais au début.