Les derniers avis (48975 avis)

Couverture de la série Être montagne
Être montagne

Un album original, qui avait un potentiel certain, mais qui au final m’a laissé sur ma faim. Je l’avais repéré lorsqu’il avait été dans la sélection d’Angoulême il y a peu, et le pitch – mais aussi cette couverture aux couleurs éclatantes – m’avaient intrigué. Nous sommes dans une sorte d’univers post-apocalypse, une catastrophe a entrainé d’énormes bouleversements, et le développement d’une « maladie » (catastrophe nucléaire ?). L’originalité vient du fait que les personnages que nous suivons sont des humains à taille minuscule – dans des décors qui eux sont à « notre taille ». Ils vivent ainsi dans des glands, un caddie renversé a des allures de ruine de gratte-ciel. Et serpent et surtout mantes religieuses sont des menaces géantes. La menace principale est toutefois constituée par cette « maladie » contagieuse, qui recommence à se répandre : certains partent donc à la recherche de mystérieux antidotes. Les « hommes » ordinaires sont évoqués, on ne sait pas grand-chose d’eux, de l’éventuelle cohabitation qui avaient lieu ou pas entre les deux « espèces », ni de la catastrophe qui a eu lieu. Pourquoi pas ? Le problème vient surtout qu’on n’en sait pas beaucoup plus sur la société lilliputienne des héros. Je pense que Starace aurait pu prendre le temps de mieux présenter cet aspect de l’univers qu’il nous propose, faute de quoi on peine à comprendre et à s’attacher à ces petits hommes. Quant à l’aspect graphique, là aussi je suis partagé. Pour faire simple, j’ai davantage apprécié la colorisation que le dessin lui-même. Celui-ci n’est pas laid, mais il est inégal, et le rendu un peu brouillon – des visages, de certains décors – n’est pas toujours heureux. Par contre cette aventure au ras du sol, avec tous les détails qui nous sont familiers comme regardées au microscope, est intéressante. Et la colorisation chatoyante – y compris dans les scènes nocturnes – est assez chouette.

08/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Baron Samedi
Baron Samedi

Étrange histoire que celle-ci. Avec un homme ivre de vengeance, ange exterminateur. Une sorte de Fantômas en bien plus cynique et pervers, plus sanguinaire. Tellement ressemblant et tellement différent qu’on peut lire cette histoire comme une parodie (et pas seulement des catcheurs masqués !), une exagération du mythe, à la fois plus noir et plus grotesque que l’original. Le sang gicle, les scènes de torture ou SM se succèdent, le mal nargue les autorités avec morgue et suffisance. Les gros plans sur les carnages, parfois en pleine page (massacre de la famille du héros au début, d’un des deux gamins sélectionnés par notre génie du mal au milieu de l’album) accentuent un côté trash et violent gratuit. La complaisance avec laquelle Baker étale hémoglobine signe la parodie, le défouloir (avec un peu d’humour très noir, comme ce gros plan sur les steaks hachés bouffés par les gamins de l’orphelinat alimenté par notre noir héros – je ne spoile pas mais les lecteurs comprendront). Exit la réflexion donc, on mise tout sur le rythme. Je regrette juste un manque de dialogues aussi pétaradant que l’histoire, et un rythme certes élevé (on ne s’ennuie pas), mais trop monocorde (on n’est finalement pas trop surpris). Un défouloir à lire à l’occasion. Note réelle 3,5/5.

08/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Dans les yeux de Billie Scott
Dans les yeux de Billie Scott

Je découvre l’auteure avec cet album, et je dois dire que c’est une lecture plutôt sympathique. Il y a un peu de facilités, on frôle parfois – sans l’atteindre – une certaine mièvrerie – une « gentillesse des bons sentiments » qui, un temps, m’a gêné. Mais en fait ça passe et l’histoire est agréable à lire. Nous suivons Billie Scott, une jeune artiste marginale et une personne un peu asociale. Après pas mal de galères, et au moment où elle ne s’y attendait plus, elle décroche la timbale, peut exposer dans une grande galerie, charge à elle de peindre 10 tableaux d’ici là. Hélas, suite à un concours de circonstances (c’est une facilité scénaristique un peu « heureuse »), elle perd peu à peu la vue. Il ne lui reste plus qu’une dizaine de jours pour peindre ses tableaux. Elle va partir dans une errance, rencontrer quelques personnes atypiques, marginales, qui vont inspirer ses tableaux, et devenir ses amis. Au travers de l’histoire de Billie, l’auteure nous entraine dans quelques réflexions sur l’art, et aussi nous donne à voir l’envers du décor des grandes villes, un univers dur mais très vivant, ce qui dynamise le récit. Le dessin est simple, sans trop de fioritures ou de décors. Un trait fin (proche parfois du travail de Lemire), usant d’un Noir et Blanc dominant, alors que quelques couleurs s’invitent parfois dans une bichromie pas désagréable. Une lecture intéressante en tout cas.

08/09/2024 (modifier)
Couverture de la série La Grande évasion - Diên Biên Phu
La Grande évasion - Diên Biên Phu

Je poursuis ma lecture de la série concept "La grande évasion" avec ce cinquième one-shot. S'il a le mérite de traiter d'un sujet que j'ai peu lu en bande dessinée - La guerre d'Indochine et la bataille de Diên Biên Phu de 1954 qui précipita le retrait des troupes françaises -, cet ouvrage reste d'un trop grand classicisme pour susciter un quelconque sentiment chez le lecteur. Ainsi, la multiplicité des personnages (je m'y suis parfois un peu perdu...) et le traitement de l'histoire en un seul tome d'une soixantaine de pages ne nous permet pas de nous attacher aux différents héros. On parcourt donc l'ensemble de la BD sans trop s'inquiéter pour le devenir de ces soldats. [SPOILER] Par ailleurs, j'ai trouvé un peu cliché l'histoire de la prostituée Viet qui s'éprend et tente de sauver un soldat étranger... [SPOILER] C'est dommage car l'idée de traiter le thème de l'évasion dans le cadre de la guerre et d'un univers ouvert telle que la Région de Diên Biên Phu était plutôt une bonne idée. Restent un dessin correct et une très belle colorisation de Johann Corgié. Un ouvrage qui n'est pas désagréable à lire mais qui ne restera pas pour autant dans les annales. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10 NOTE GLOBALE : 11/20

08/09/2024 (modifier)
Couverture de la série La Grande évasion - Fatman
La Grande évasion - Fatman

Je partage l'avis précédent d'Agecanonix, il y a du bon et du moins bon dans ce quatrième tome de la série concept "La grande évasion". J'ai beaucoup aimé les personnages hauts en couleurs dans un style qui s'approche d'un Welcome to Hope ou d'un Snatch si on se réfère à une œuvre cinématographique. Le héros, Carl Douglas, est vraiment bien croqué tout comme les hommes de main (un peu crétins) du parrain Di Mauro. Le scénario est également plutôt bien ficelé avec cette évasion à double enjeu, d'un côté ses anciens partenaires qui souhaitent supprimer Angelo Di Mauro de peur qu'il parle et de l'autre son fils qui souhaite le sauver. La chute finale est également intéressante et surprendra sans aucun doute le lecteur. J'ai en revanche moins aimé le personnage de Diane dont les délires mentaux deviennent trop répétitifs à la longue. On a ainsi l'impression que le scénariste avait besoin de remplir des pages pour tenir dans le format final. La fin m'a paru également peu crédible [SPOILER] avec un héros qui rentre tranquillement chez lui (alors même que les hommes de main du mafieux viennent le chercher à ce même endroit en début de tome...) [SPOILER] Après cet excellent coup, il aurait été ainsi plus crédible que le héros se planque ailleurs, en sachant que le frère Di Mauro est encore en liberté. Au niveau du dessin, c'est plutôt agréable à l’œil et la colorisation à la GTA colle bien avec l'univers. Un tome qui restera dans le haut du panier de la série très inégale "La grande évasion". SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6,5/10 NOTE GLOBALE : 13/20

08/09/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Bobby Sombrero - Holy Flamingo !
Bobby Sombrero - Holy Flamingo !

Le dessin dynamique de la couverture a attiré mon attention à la bibliothèque et je ne regrette pas mon emprunt. Le dessin est dans le pur style qu'on retrouve dans la bande dessinée italienne comiques pour les jeunes. Le trait rappel les dessins animées et j'imagine facilement cette bd en format long-métrage d'animation. Le scénario est efficace. Les personnages sont stéréotypés, mais le scénario est assez original pour ne pas ennuyer un lecteur adulte. Ça va à 100 à l'heure et je ne savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Je pense que j'aurais vraiment aimé lire cet album lorsque j'étais jeune.

08/09/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Nunuche
Nunuche

Une petite fille devient la maîtresse d'un petit chien tout blanc, tout trognon et un peu peureux aussi, et ils deviennent les meilleurs amis du monde. Si vous cherchez une série humoristique comme je pensais en trouver une au départ, ce serait une erreur. Il s'agit bien de "gags" en une ou deux pages de 4 cases chacun, mais presque aucun n'est vraiment drôle. Sur tout le premier tome par exemple, seule la toute dernière page m'a fait rire, tandis que le reste m'a laissé de marbre. Ce qu'il faut chercher dans cette série, c'est une ambiance mignonne et souriante. Pour commencer, le dessin est joli, avec un trait simple et doux, une belle mise en scène, et surtout de belles couleurs à l'aquarelle. Cela ressemble effectivement à du Pico Bogue ou Ana Ana même si je préfère le traitement des couleurs et la manière dont les visages sont dessinés ici. Il y a aussi une légère touche de Calvin et Hobbes dans la manière dont l'héroïne emmène son chien dans l'imaginaire de ses jeux et dans le soupçon de poésie qu'il s'en dégage, mais on est loin de l'humour et du percutant de la série de Bill Watterson. Les histoires sont gentilles, tout en douceur. Elles ne m'ont pas forcément enthousiasmé parce que je n'aime pas trop les tout petits chiens (et d'ailleurs je me demande bien comment un Golden Retriever peut avoir accouché d'un caniche blanc et frisé) mais elles sont mignonnes.

07/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Un tournage en enfer - Apocalypse Now
Un tournage en enfer - Apocalypse Now

Le sujet m’intéressait beaucoup – j’ai autant adoré le bouquin de Conrad que l’adaptation cinématographique délirante qu’en a tiré Coppola. J’étais curieux de jeter un œil derrière le rideau, pour découvrir la difficile gestation du film – je ne connaissais que quelques détails des difficultés rencontrées. J’ai bien apprécié ma lecture, mais je l’aurais sans doute apprécié davantage, et surtout mieux évaluée si le dessin m’avait davantage plu. Il est lisible, mais pas mon truc. Sorte de crayonné amélioré, je l’ai trouvé brouillon. Et surtout, pas mal de personnages – des plus célèbres (le top du cinéma américain des années 1970) ne sont pas toujours ressemblant aux originaux. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, on a là un bon documentaire sur le travail d’un cinéaste atypique : le boulot monstre abattu par Coppola est impressionnant, il prend beaucoup de risques. Vis-à-vis des producteurs, en explosant les coûts prévus (et en hypothéquant ses biens – cette « cavalerie » permanente trouvera d’ailleurs ses limites quelques années plus tard), par rapport à son couple, qui vacille, tant il ne pense qu’à son film. L’album relate une foule d’anecdotes, sur certaines des stars du film – Brando en tête – ou sur les circonstances de tournages (tribus déplacées, hélicoptères de l’armée philippine repeints deux fois par jour, diverses tempêtes), les « frais de bouche » (bouffe américaine amenée aux Philippines directement par avion, etc.). Même les derniers passages sur les mois de post-production, jusqu’au final cut, sont intéressants pour connaitre la gestation de ce chef d’œuvre. Une lecture vraiment captivante (on comprend que la jeune Sofia a pas mal appris au contact de son père !), qui prolonge par la démesure du tournage l’aura de ce film extravagant. Note réelle 3,5/5.

07/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Gavrilo Princip
Gavrilo Princip

Voilà un bon documentaire, pour lequel l’auteur s’est appuyé sur de solides connaissances. Acteurs et faits sont présentés de façon claire – et la narration, avec sa partie « romancée » est fluide, et accompagne très bien le récit principal. Récit qui nous donne à voir tenants et aboutissants d’un évènement majeur par ses conséquences : l’attentat commis par Gavrilo Princip a été l’élément déclencheur de la première guerre mondiale – même si tout était déjà « prêt », la poudrière n’attendant qu’une étincelle. – avec les terribles conséquences sur tout un siècle et au-delà (les conséquences plus ou moins immédiates sont évoquées dans les dernières pages). L’album est épais, mais se laisse lire facilement, agréablement. J’ai bien aimé le travail graphique, au rendu proche de la carte à gratter ou de vieilles gravures parfois. C’est sombre à souhait, mais cette ambiance est raccord avec cette plongée vers l’abime à laquelle assiste le lecteur. Note réelle 3,5/5.

07/09/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Il était une fois l'Amérique - Une histoire de la littérature américaine
Il était une fois l'Amérique - Une histoire de la littérature américaine

Une série intéressante sur la littérature américaine. C'est divisé en chapitres et chacun présente un écrivain qui a marqué l'histoire de la littérature américaine. Les chapitres sont denses parce qu'on a droit à une biographie de l'auteur/autrice, les thèmes qu'ils ont développés dans leurs œuvres, l’influence qu'ils ont eu sur d'autres écrivains.... Ah oui il y aussi souvent un résumé de certains de leurs œuvres les plus connus et ça j'ai moins bien aimé. Qu'on parle un peu de leurs romans, cela me semble normal, mais je ne vois pas l'intérêt de faire un résumé complet sur Moby Dick ou Le Dernier des Mohicans. Cela dure des pages et c'est lourd. Pour moi, c'est le genre de documentaire qui pourrait intéresser des lecteurs à lire des œuvres qu'ils ne connaissaient pas bien et maintenant je me demande qui aurait envie de lire des romans de plusieurs centaines de pages dont ils ont déjà eu un résumé rapide en BD. Quand je vois qu'on spoile la résolution de Double Assassinat dans la rue Morgue, je me dis que cela aurait été plus efficace de juste parler du mystère afin que les lecteurs qui n'ont pas lu la nouvelle soient intéressés à savoir la solution au mystère. Le dessin est bon.

07/09/2024 (modifier)