Les derniers avis (48976 avis)

Couverture de la série Maltempo
Maltempo

Je ne suis pas tombé totalement sous le charme de cette série. La faute en incombe à un scénario qui m'a laissé bien des interrogations. J'ai eu l'impression qu'Alfred juxtaposait deux ambiances bien éloignées l'une de l'autre. Le visuel très réussi rappelle les petits villages pauvres des années 60/70. Une circulation rare, des Vespas comme signe d'émancipation pour les ados et jeunes adultes, un rivage encore sauvage. Par contre Alfred y superpose des thématiques très contemporaines inexistantes à cette époque: la montée des néofascistes, les tensions sur l'immigration africaine ou la résistance contre le surtourisme balnéaire voire une émission type "The voice". Je l'ai lu comme une manière d'introduire un peu de tension dans le vécu de Mimmo assez commun pour un ado de 16 ans. On sent que l'auteur se fait plaisir sur certaines scènes même si cela amoindrit la crédibilité du récit( par exemple comment le plastiqueur a acquis le savoir faire et les moyens de son action) . Le texte est rare et la narration est essentiellement visuelle. C'est la partie que j'ai préférée de l'ouvrage. La luminosité et l'ambiance de ce petit village qui suinte l'ennui renvoient à cette période de transition. La douceur du moment traduite dans le graphisme d'Alfred comme une carte postale de vacances heureuses ne cache pas les angoisses du lendemain (avec les thématiques évoquées). Une lecture rapide et agréable mais un peu clichée et superficielle à mon goût surtout si on reste au premier degré.

05/09/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Wolverine - Logan
Wolverine - Logan

2.5 Un autre récit montrant le passé de Wolverine et en plus ça se passe au Japon, pays où il a vécu plusieurs aventures. Il y a donc rien de nouveau pour un fan des comics Marvel, mais ça se laisse lire. C'est le nom de Risso qui a attiré mon attention sur cet album. C'est un dessinateur que j'aime bien, mais en noir et blanc. Les couleurs ne vont pas du tout avec son style et malheureusement ici c'est en couleur. Quant au scénario, il n'est pas mauvais en sois, mais je le trouve tout de même un peu trop léger. Le casting est aussi réduit à son minimum avec une belle japonaise avec qui Wolverine va vivre une histoire d'amour bien rapide et un soldat américain très méchant qui fait des trucs bien méchants pour qu'on se souvint que c'est un méchant. Bref, c'est un peu stéréotypé et peu subtil. Bref, un récit anecdotique qui n'aurait jamais été traduit en français si les deux auteurs n'étaient pas connus. C'est un peu trop triste lorsqu'on sait que d'excellents récits de super-héros ne sont toujours pas disponibles en album en français.

05/09/2024 (modifier)
Couverture de la série La Jungle - Harcèlement scolaire, tu peux t'en défaire
La Jungle - Harcèlement scolaire, tu peux t'en défaire

Ne cherchez pas ici autre chose qu’un documentaire adapté aux enfants. En effet, l’histoire dessinée que propose La Jungle a pour unique objectif de conscientiser les jeunes lecteurs (mais aussi leurs proches) face au danger que représente le harcèlement scolaire tout en leur proposant des pistes, des solutions et des exemples de bons comportements à adopter. L’histoire est donc extrêmement simple et très démonstrative. Les autrices usent de personnages animaliers afin de généraliser le propos (le harcèlement scolaire ne concerne ni une couleur de peau ni un compte en banque, il peut toucher tout le monde). Les situations sont caricaturales. Les solutions arrivent finalement assez aisément (lorsque l’enfant harcelé ose parler à des adultes, ceux-ci sont directement à son écoute). Pour le jeune public, ce récit est vraiment bien fait puisqu’il donne confiance aux enfants vis-à-vis des adultes, insistant sur le fait que le plus dur est d’admettre que l’on est harcelé et d’en parler à une personne de confiance. En fin de récit, un petit dossier revient sur plusieurs points. J’ai particulièrement apprécié celui dans lequel l’autrice aborde la force de l’autodérision. Se moquer de soi-même avant que d’autres ne le fasse est bien moins blessant pour soi et très déstabilisant pour les autres (comme Edmond Rostand le faisait dire à Cyrano « je me les sers avec assez de verve mais n’accepte pas que quelqu’un me les serve » ou moque-toi de toi-même mais n’oublie pas de te respecter (et de te faire respecter)). Clairement, c’est une bande dessinée anecdotique mais son sujet est grave et son traitement est bien adapté au public ciblé. Une œuvre utile, donc.

05/09/2024 (modifier)
Couverture de la série File d'attente
File d'attente

Oui, c’est super vite lu, et oui, le dessin est on ne peut plus minimaliste. Et donc ça ouvre la porte à des débats, mais je la ferme (la porte, hein, parce que je vais quand même l’ouvrir – ma bouche donc – pour décrire mon ressenti). Comme certaines pattes de mouches, et comme plusieurs opus de cette même collection, je trouve que ce genre de format est adapté et très sympa, et que ce genre d’amuse-bouche y trouve parfaitement sa place. Une lecture de quelques secondes, certes, mais j’en suis sorti satisfait, c’est amusant, et on se prend à se voir dans la même situation absurde (attendre dans une longue queue sans trop savoir pourquoi, en se gaussant de ceux qui le font depuis longtemps – mais en restant dans la queue). Bref, un petit truc sympa, gentiment absurde.

04/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Une histoire corse
Une histoire corse

Je suis un peu ennuyé pour ma note, j’ai vraiment beaucoup aimé mais d’un autre côté les personnages ne m’ont pas parlé et je n’ai pas été bien surpris par l’histoire à la vue du titre. Je vous laisse à votre propre imagination sur ce point, reste que c’est bien plaisant à suivre. A aucun moment je ne me suis ennuyé, c’est bien séquencé et ça se lit très facilement. Plus que l’histoire, c’est vraiment le dessin et couleurs qui m’ont accroché. J’ai trouvé cette partie sans faute, fluide et lisible. Ça ajoute pas mal de charme à l’ensemble. Je ne mets que 3* mais qui tire bien vers le haut, ne boudez pas la lecture si vous en avez l’occasion.

04/09/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Guerre à Gaza
Guerre à Gaza

Joe Sacco a déjà réalisé deux BD reportages sur la situation dans les territoires occupés : Palestine et Gaza 1956 - En marge de l'histoire. Il a donc souhaité réagir aux horreurs actuelles et apporter son soutien vocal aux palestiniens. Le résultat ? Une série d’histoires courtes (parfois une planche, parfois 3 ou 4) publiées périodiquement en ligne du 26 janvier 2024 au 2 juillet 2024, que Futuropolis propose ici en album. Le format est donc particulier, on ne retrouve pas le travail de reportage sur le terrain, les témoignages récoltés et recoupés… il s’agit plutôt satire politique, telle qu’on en trouve dans les journaux ou les magazines. Joe Sacco exprime son désespoir, et critique acerbement les USA et l’hypocrisie de l’administration de Biden, qui fournit des armes à Israël et de l’aide humanitaire aux palestiniens, mais aussi le gouvernement Israélien qui étouffe le peu d’opposants à la guerre. On retrouve bien le style graphique de l’auteur, même si le style est plus caricatural que dans ses reportages plus sérieux. Le coup de gueule est important, et relativement intéressant, mais le contenu est quand même léger, on est loin des deux BD citées en début d’avis… surtout que si l’anglais ne vous fait pas peur, les planches sont lisibles en ligne - les commentaires sont par ailleurs intéressants tout en restant civilisés (j’imagine qu’ils doivent être modérés).

04/09/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Eat, and Love Yourself
Eat, and Love Yourself

Troubles de conduite alimentaire - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre, parue d'un seul tenant sans prépublication, en 2020. Elle a été écrite et dessinée par Sweeney Boo, avec une mise en couleurs réalisée par Joana Lafuente. Mindy est une jeune femme en surcharge pondérale. Elle se trouve présentement dans un bar, le soir, en train de siroter sa consommation. Elle vient de réaliser qu'elle n'est pas la personne qu'elle imaginait être. Sa copine Shaé revient de la piste de danse avec deux verres vides, pour faire le plein. Elle remarque le visage peu réjoui de Mindy et lui dit qu'elle tue l'ambiance. Finalement elle parvient à lui faire laisser son Coca sur le comptoir et à rejoindre la piste de danse. Le cœur n'y est pas et elle heurte sans faire exprès un autre danseur : Tom. Shaé s'adresse à lui pour lui indiquer que Mindy est déjà occupée. Celle-ci recommence à danser tout en se disant qu'elle ne se sent pas elle-même. Finalement, Mindy raccompagne Shaé qui est entre deux états, et qui s'arrête pour vomir au pied d'un arbre. Shaé s'affale allongée dans le canapé de l'appartement de Mindy, celle-ci s'occupant de son chat Jabba. Constatant qu'il n'y a plus rien à manger dans le frigo, Mindy ressort et se rend à l'épicerie du coin de la rue. Elle prend du lait, des céréales, des chips. Au comptoir, elle papote un peu avec le vendeur, lui demandant des nouvelles de sa femme Cindy. Elle remarque des barres de chocolat dont elle ne connaît par la marque : Eat and love yourself. Elle décide d'en prendre une. Mindy rentre chez elle, s'installe sur son lit, et regarde la télévision en mangeant des chips et en buvant un soda à la bouteille. Puis elle se sent un peu écœurée et elle va vomir aux toilettes. Après quoi, elle prend une douche, se lave les dents, se pèse, se touche un bourrelet, et va se coucher, s'endormant rapidement. Dans son sac, la barre de Eat est intacte. Le lendemain, Shaé se réveille la première. Elle ramasse le sac de chips vide et le jette à la poubelle. Elle prend une aspirine et regarde avec curiosité la barre chocolatée qui dépasse du sac de Mindy. Quand cette dernière se lève, Shaé est déjà partie et elle a laissé une note indiquant qu'elle devait se rendre en cours. Mindy va ouvrir sa porte pour répondre à la sonnette et prend la grande enveloppe qui lui tend le jeune facteur. Elle se lave, passe aux toilettes, se pèse et se rend au café pour commencer sa journée de barista. Boom Studios est un éditeur de comics indépendant, ayant la particularité de publier des comics pour des tranches d'âge allant des enfants aux jeunes adultes. Ici, le lecteur comprend rapidement qu'il s'agit d'une histoire ciblée vers les adolescentes, ou très jeunes adultes, sur la question du surpoids, et des désordres de l'alimentation. La lectrice (ou le lecteur) s'attache immédiatement à cette jeune dame, sympathique, simple et tranquille. Elle travaille dans un café le jour, sort de temps en temps le soir avec sa copine, et mange pour compenser sa solitude. Au départ, l'autrice montre Mindy manger quasiment machinalement, sans s'empiffrer, plus par habitude, comme une occupation automatique, une façon de contenter un besoin de satisfaction immédiate, par la sensation de satiété. Effectivement, cela s'accompagne d'une mauvaise image de soi, d'un manque d'estime pour elle-même, mais plus une forme de résignation devant sa morphologie qui est comme ça, qu'une déprime, encore moins une dépression. Elle mène une vie banale, sans donner l'impression qui lui manque quelque chose, sans souffrir d'une ambition insatiable, contente dans son quotidien tranquille. Elle communique facilement avec les autres, sans éprouver de besoin particulier d'établir des relations plus développées, ou plus nombreuses. Les dessins de Sweeney Boo sont très agréables à l'œil, doux, rendus encore plus doux par la mise en couleurs, dans des teintes pastel, sans chercher à faire girly, reprenant de temps à autre la couleur de fond pour instaurer une continuité d'une case à l'autre dans une même scène. Le lecteur ne sait pas s'il doit prendre les cheveux verts de Mindy au premier degré. Cela peut aussi bien être une coquetterie de sa part, qu'un choix purement fonctionnel de Lafuente pour la rendre plus reconnaissable. En tout cas, il n'y a pas de scène au cours de laquelle elle se teinte les cheveux. L'artiste réalise des dessins simplifiés, dans une veine réaliste, il est peut-être parfois possible d'y distinguer une influence manga, mais discrète et complètement assimilée, à l'opposé d'une utilisation primaire et artificielle, sans sensibilité shojo. Il est visible que le récit se déroule dans l'Amérique du Nord, vraisemblablement au Canada (Mindy se rend dans la commune de Sherbrooke), puisque que c'est dans ce pays que vit l'autrice, mais cela pourrait également être les États-Unis. Le lecteur constate de temps à autre que Mindy porte une épaisse doudoune, signe d'un climat bien froid, même s'il n'y a de la neige que dans le dernier quart du récit. Le lecteur se rend alors compte qu'il y avait des feuilles mortes au début du récit, situant déjà la saison à laquelle se déroule l'histoire. Même si les dessins donnent l'impression d'être simplifiés pour rendre la lecture plus immédiate et s'adresser à un public assez jeune, cela n'empêche pas Boo de s'investir dans la représentation des décors. Au fil des séquences, le lecteur peut ainsi observer la foule des clients dans la boîte de nuit, la façade des maisons de la rue où loge Mindy, avec leur entresol, les escaliers à l'extérieur pour accéder au rez-de-chaussée et au premier étage, l'aménagement de son appartement, les rayonnages bien alignés de la supérette, les feuilles mortes sur les trottoirs, l'aménagement purement fonctionnel du café où elle travaille, les couloirs animés de la fac de Shaé, la salle de bains standard de l'appartement de Mindy, les gradins d'un stade, le pavillon des parents de Mindy à Sherbrooke. De temps à autre, l'artiste s'intéresse moins à un décor qui est vite représenté comme les gradins du stade. L'artiste rend Mindy très sympathique avec ses grandes lunettes rondes (trop grandes pour être réalistes), et ses rondeurs, en particulier ses hanches et son postérieur. Elle n'affiche pas une mine triste, mais plutôt résignée quant à sa surcharge pondérale, et ce que cela induit sur sa vie sociale, ce qui ne l'empêche pas de sourire régulièrement à ses interlocuteurs, et pas uniquement quand elle sert un client au café. Les autres personnages sont tout aussi avenants : la copine, le facteur, le gérant de l'épicerie, les collègues de travail, ses parents. Boo a pris le parti de représenter tous les personnages avec des visages épurés, ce qui leur donne une apparence jeune, quel que soit leur âge, mais les tenues vestimentaires reflètent leur âge. Les expressions de visage permettent au lecteur de ressentir de l'empathie en saisissant bien l'état d'esprit du personnage. La direction d'acteur est de type naturaliste, sans exagération des mouvements ou des postures, avec une justesse qui les fait exister. Le lecteur côtoie donc des personnages ordinaires dans leur vie quotidienne, bien développés et étoffés, ce qui les rend uniques et attachants. Le lecteur ressent que Mindy s'est donc résignée à être grosse. Ce n'est pas ce qu'elle souhaite, elle ne parvient pas à l'accepter, mais elle peut vivre comme ça, sachant que sa vie sentimentale en est diminuée d'autant. Cette résignation la conduit à se déconsidérer quant à sa valeur personnelle, à faire le deuil de toute ambition, au point d'estimer ne pas en avoir. Puis, elle finit par goûter cette barre chocolatée et il se produit un phénomène surnaturel chaque fois qu'elle en prend un carré. Son esprit sort de son corps et elle devient le témoin d'une scène de son passé : avec ses parents, seule dans sa chambre, en train de se faire vomir dans les toilettes d'un restaurant, en cours d'éducation physique face au professeur. L'autrice n'émet aucun jugement de valeur lors de ces séquences : Mindy adulte est juste une observatrice mais qui ne se fait aucune réflexion ni pendant qu'elle revoit ce moment, ni après. Le lecteur est laissé seul juge de ce qu'il vient de voir, entièrement maître de l'interprétation qu'il veut en faire. Ainsi, en fonction de sa sensibilité, il y mettra plus une carence affective, un manque d'éducation quant à la manière de s'alimenter, une déprime systémique faute de savoir comment gérer ses émotions et son ressenti affectif. Il est donc un peu pris au dépourvu dans le dernier quart du récit quand l'autrice oriente l'analyse vers les troubles de conduites alimentaires, laissant de côté d'autres possibilités comme la dimension psychologique, ou le bagage génétique. L'éditeur a inscrit cette bande dessinée dans une gamme qui cible les adolescentes. Néanmoins, la couverture sympathique et la nature du récit (tranche de vie) font qu'il est susceptible d'attirer tout type de lecteurs. Effectivement, la narration visuelle douce sans être mièvre et la gentillesse de l'autrice vis-à-vis de ses personnages font que tout lecteur s'attache à Mindy et s'immerge dans son quotidien, banal mais unique. Le dispositif qui permet à Mindy de revoir des scènes de son passé apparaît comme évident : en comblant une envie irrépressible de confortement par la nourriture, elle revient à des moments ayant généré des ressentis qui se sont durablement inscrits en elle. Arrivée à la fin, le lecteur regrette de quitter Mindy, et ressent une pointe de frustration (sans pour autant aller se jeter sur une tablette de chocolat) lorsque le récit s'arrête sur un pré-diagnostic qui n'est qu'embryonnaire.

03/09/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Itinéraires d'un rêveur (Le Rêveur / Soleil d'automne à Sunshine City)
Itinéraires d'un rêveur (Le Rêveur / Soleil d'automne à Sunshine City)

- Le Rêveur _ 46 planches. Dans cette première histoire Will Eisner revient sur ses débuts dans le milieu de la BD à la fin des années 30. Un récit éclairant sur le milieu des comics avec cette biographie partielle, elle permet d'y découvrir d'autres grands dessinateurs à leur début. Mais surtout, Eisner dépeint avec réalisme l'industrie du comics à cette période. Une lecture enrichissante. Le dessin de Will Eisner est toujours aussi précis, il sait croquer les scènes du quotidien, dans un beau noir et blanc. Son dessin ne fait pas partie de ceux qui me régal la rétine, mais il est d'une remarquable efficacité. 3,5 étoiles. - Le jour où je suis devenu un pro _ 4 planches. Pour la première fois une maison d'édition refuse le travail de Will Eisner. Trop court pour entrer dans l'histoire même si c'est efficace. Graphiquement, du Eisner tout craché. 2 étoiles. - Crépuscule à Sunshine City _ 28 planches. Une satire sur la fin de vie. Tout sonne juste dans ce récit, les interactions des personnages, les situations de la vie de tous les jours et la conclusion, même si on voit arriver de loin cette dernière. Pour le dessin, toujours ce beau noir et blanc très efficace. 3 étoiles. Pour terminer une postface de Scott McCloud et des notes de Denis Kitchen sur Le Rêveur. Pour les curieux et les inconditionnels de Will Eisner.

03/09/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Kernok le pirate
Kernok le pirate

Alerté par l’avis de Mac Arthur, étant avide d’histoire de pirates, je me suis procuré cet album, et je ressors satisfait de ma lecture. L’histoire n’innove pas vraiment, et colle vraiment aux poncifs du genre, mais elle est prenante et propose un protagoniste intéressant. La narration est réussie, même si j’ai trouvé le dénouement de la grosse bataille un peu confus – j’ai dû le relire 2 fois. J’étais peut-être fatigué, je ne sais pas. La mise en image est magistrale, il s’agit d’un premier album pour Alessandro Corbettini, et ce jeune italien d’à peine 24 ans a clairement un bel avenir dans la BD. J’ai particulièrement apprécié les pleines pages, et la couleur au lavis. Voila, un one shot (très) classique mais efficace. Il manque juste un petit quelque chose au récit pour que je pousse ma note à 4/5.

03/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Amandes vertes
Les Amandes vertes

Je suis d’accord avec le ressenti d’Alix, et en particulier avec sa conclusion. En effet, c’est un chouette témoignage, d’où se dégagent émotion et humanité. Les deux auteurs (deux sœurs) se sont partagées le travail : l’une d’elle, Anaële (au dessin) est parti quelques mois dans les territoires occupés palestiniens, sa sœur Delphine (à l’écriture) restant en Belgique. L’album est un peu construit comme une correspondance entre les deux, même si la participation de Delphine se limite à des cartes postales (où elle ne fait que succinctement décrire sa vie quotidienne et « ordinaire » en Belgique), tandis que la partie réservée à Anaële est beaucoup plus développée et illustrée. Cette construction est intéressante, parce que les pages cartes postales/Belgique, par leur relative banalité/normalité, font cruellement ressortir par un violent contraste l’absence totale d’une vie normale et apaisée pour les Palestiniens, en bute aux vexations, aux violences des colons, de l’armée (mention spéciale au gamin abattu par un soldat lorsqu’il est venu chercher son ballon hors d’un sentier proche d’une colonie !) et de l’État israélien (déjà, tous les efforts déployés par Anaële pour pouvoir entrer en Palestine – où elle est censé travailler pour une association humanitaire montrent bien que c’est dans une prison à ciel ouvert qu’elle pénètre). On voit aussi le contraste avec la vie en Israël (Anaële rencontre des Israéliens à Tel-Aviv). Publié en 2011, l’album relate une « aventure » ayant eu lieu en 2008. Vu les crimes actuels en Cisjordanie (on ne parle même pas de Gaza) et la politique des gouvernements extrémistes de Netanyahou actuelle, on mesure quel enfer cela doit être pour la population palestinienne en 2024 ! Rien de nouveau hélas dans ce témoignage, mais il complète les autres (ceux de Sacco pour le médium BD par exemple), d’une façon peut-être plus intimiste et discrète. Ça n’est reste pas moins une lecture intéressante et recommandée (j’aurais bien aimé dire qu’elle était dépassée et qu’heureusement tout s’était arrangé !).

03/09/2024 (modifier)