Les derniers avis (49557 avis)

Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Sapiens (Albin Michel)
Sapiens (Albin Michel)

Vulgarisation de la vulgarisation, mais sans vulgarité. J'ai lu l'œuvre originale de Yuval N. Harari il y a quelques années. Ensuite, on m'a offert le premier tome en BD, j'ai acheté le deuxième et j'en attends encore deux que j'ai commandés. À première impression, j'ai trouvé l'œuvre pas très originale en termes d'idées. La thèse de la coopération comme avantage adaptatif des sapiens, la croyance et la création de réalités imaginaires (religion, politique) comme facteur d'agrégation, ne sont pas absolument nouvelles. Plusieurs philosophes, historiens, sociologues et surtout, plus récemment, des scientifiques cognitifs ont avancé des idées similaires. À ce niveau, la valeur de Harari réside, je crois, dans le fait d'avoir offert une synthèse attrayante pour un public plus large. En ce qui concerne la version BD, je considère que l’exposition sous forme de dialogue a été un choix heureux. Les dessins de Casanave sont simples et plaisants et les personnages sympathiques, à commencer par Yuval lui-même. Les digressions humoristiques aident également à alléger l’ensemble. Mais je pense qu’à certains moments, un peu plus de détails et de réalisme serait souhaitable. Cependant, nous ne sommes pas ici face à un travail académique... J’ai toutefois quelques réticences concernant le contenu. J’aurais aimé plus de discussions au niveau de la paléoanthropologie. Chaque année, de nouvelles découvertes et études complexifient notre arbre, ou plutôt buisson, évolutif. Les relations entre sapiens et néandertaliens, ainsi qu’avec d’autres Homo archaïques, les Denisoviens par exemple, ne sont pas suffisamment développées ici. Il y a aussi des généralisations et des simplifications excessives : notre parenté avec les chimpanzés... Dans le deuxième tome, concernant le Néolithique et ses implications négatives, la thèse n’est pas non plus nouvelle. Moi-même je suis partisan d’un catastrophisme éclairé et je vois cela comme un avertissement certain. Étant nous l’animal le plus destructeur jamais existé, face aux menaces, aux changements climatiques et au fait que nous sommes aujourd’hui la principale cause d’une nouvelle extinction massive, nous devons penser le pire comme inévitable... peut-être seulement ainsi pourrions-nous agir pour l’éviter. Il me reste l'impression d'un certain excès de politiquement correct de la part de l'auteur et la question : jusqu'à quel point un historien doit-il faire des extrapolations pour l'avenir, avec des implications directes ou indirectement politiques. Je me réserve la possibilité de garder ou de changer ma note après la lecture des prochains tomes.

19/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Phantasmagoria
Phantasmagoria

Dans le Londres victorien, deux sorciers immortels, à la fois alliés de circonstance et rivaux de longue date, se retrouvent confrontés à une créature démoniaque capable de posséder les humains et de les massacrer afin d'ouvrir un passage permettant à d'autres entités de son espèce d'envahir notre monde. C'est typiquement le genre de récit qui a tout pour me plaire. J'ai beaucoup apprécié son ambiance de fantastique victorien mêlant enquêtes occultes, médiums, sorcellerie et menaces surnaturelles. Le cadre anglais apporte une élégance naturelle à l'ensemble, avec ce parfum de Sherlock Holmes, de romans gothiques et de films de la Hammer qui imprègne tout le récit. Le professeur Hawke, qui évoque fortement l'acteur Peter Cushing, participe beaucoup à ce charme. J'ai également aimé la relation entre Hawke et Edwin Drodd. Leur rivalité millénaire, faite de méfiance, de respect et d'opposition philosophique, apporte une vraie richesse au récit. J'ai apprécié que les auteurs évitent tout manichéisme simpliste entre eux malgré leurs méthodes radicalement différentes. Les personnages secondaires qui gravitent autour d'eux sont eux aussi plutôt réussis et contribuent à donner de l'épaisseur à l'univers. Le dessin en noir et blanc renforce cette impression de classe et d'atmosphère. Les jeux d'ombres fonctionnent bien et participent au caractère inquiétant du récit. Je suis en revanche un peu plus réservé sur les encrages que j'ai trouvés parfois légèrement hésitants et les ombrages trop charbonneux, même si l'ensemble reste agréable à regarder. L'histoire elle-même est solide et bien construite. Le suspense fonctionne, l'aventure reste sérieuse sans sombrer dans l'obscurité ou la surenchère horrifique, et j'ai suivi avec plaisir cette lutte contre une menace surnaturelle grandissante. En revanche, le récit demeure assez linéaire et ne réserve finalement que peu de surprises. C'est peut-être ce qui m'a empêché d'être totalement emporté. J'aurais aimé que le passé du professeur Hawke, censé avoir traversé plus de trois millénaires d'histoire, soit davantage développé. Le récit insiste sur le fait que l'âge commence à peser sur lui et qu'il est dépassé par les événements, mais au vu de certaines situations dans lesquelles il se retrouve ici, on peut se demander comment il a réussi à survivre aussi longtemps. D'autant que son rival immortel ne semble pas souffrir des mêmes limitations. J'ai passé un bon moment de lecture grâce à son ambiance, ses personnages et son élégance visuelle, mais il m'a manqué un petit supplément d'âme ou de surprise pour que cette aventure me marque davantage. C'est un bon récit fantastique, efficace et plaisant, sans être tout à fait à la hauteur de son potentiel.

19/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Macbeth (Brizzi)
Macbeth (Brizzi)

La vie n'est rien de plus qu'une ombre qui marche. MacBeth de Shakespeare est l'une des œuvres fondamentales sur la volonté et la folie du pouvoir, l'envie, la précarité et la vanité de toutes choses. Cette adaptation, bien que honnête, finit par appauvrir l'immense richesse de la tragédie originale. Comme dans d'autres travaux des frères Brizzi, j'apprécie davantage les paysages fantomatiques et lugubres que le dessin des personnages, pas suffisamment dramatiques à mon avis. À ce niveau, j'ai préféré le travail de G. Sorel dans sa version de la même œuvre. L'élément fantastique n'est ici qu'un petit détail, l'essentiel n'y étant pas.

19/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Quand je suis arrivée au château
Quand je suis arrivée au château

2.5 L'album d'Emily Carroll qui m'a le moins marqué pour le moment. Il faut dire que le scénario bien étrange est assez mince et je ne suis pas certain d'avoir tout compris où l'autrice voulait en venir avec son récit d'horreur. Je n'ai pas trop aimé la narration qui ressemble par moment à un album illustré. Cela alourdit le rythme. Tout va vite et j'ai l'impression que c'est encore un récit où tout tourne autour d'une fin surprenant et tout le reste, comme développer les personnages est secondaire. En tout cas cette fin n'est pas assez pour que je trouve ce récit formidable. Il reste le dessin qui est excellent, expressif et sensuel....mais c'est tout.

19/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série L'Assistante de la Baba Yaga
L'Assistante de la Baba Yaga

Un conte sympathique à lire, mais qui ne ma pas marqué plus que ça. Il faut dire que c'est un récit qui est se révèle peu surprenant, sans doute parce que cela s'dresse vraiment aux jeunes qui ont l'âge de l'héroïne. C'est l'héroïne typique qui a des problèmes familiaux et qui veut s'évader dans un environnement plus magique vu qu'elle des aptitudes en magie. J'ai bien aimé les références à des contes connus et comment l'héroïne utilisait ses connaissances en matière de contes. Le problème vient plus du fait que les personnages sont surtout des stéréotypes qui ne sortent jamais de leur rôle caricaturaux. Tout est un peu cousu de fils blanc même le twist final a propos des intentions réelles de Baba Yaga. Le dessin est très bon et va à la perfection à ce type d'histoire.

19/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Les 12 travaux d'Art Cool
Les 12 travaux d'Art Cool

Jean Pierre Dionnet n'a jamais produit de bandes dessinées consensuelles, on ne peut pas lui enlever ça. Les 12 travaux d'Art Cool s'inscrit dans la lignée de ses oeuvres précédentes, et pourrait prétendre au titre d'ancêtre de Gilles Hamesh. C'est volontairement trash et provoquant, avec beaucoup de scènes pornographiques, et cela s'adresse donc à un public averti. On suit un flic, Art Cool, chargé par son frère qui est commissaire, d'arrêter de dangereux criminels. L'action se déroule dans un Manhattan époque années 70. La différence avec Gilles Hamesh, c'est un ton général qui est quand même beaucoup moins scabreux et excentrique, et un superbe dessin en noir et blanc signé Frisano. On n'est pas dans le dégoût permanent. Art Cool a encore une morale, et l'élégance du trait de Frisano fait du bien dans certaines scènes un peu dures. Le mythe d'Hercule sert de porte d'entrée aux enquêtes d'Art et apporte une structure à ce one shot. En effet cette série restera inachevée, puisque dans ce premier tome nous avons droit à seulement six enquêtes. Une publication Albin Michel qui mériterait un peu plus de reconnaissance.

19/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Gueule de cuir
Gueule de cuir

Mouais. Je ne me suis pas ennuyé à lire ces trois albums, le récit est dynamique, le dessin plaisant, avec le Paris de Louis XIII (même si ici seul Richelieu apparait parmi les cercles du pouvoir) qui est plutôt bien représenté. Mais le récit ne m’a emballé plus que ça. Le fantastique, qui prend de plus en plus de place (et domine franchement dans le dernier tome) n’est pas forcément mon truc ici (l’aspect « médiéval » par contre est tout relatif, au XVIIème siècle…). Avec son masque et ses prouesse notre Gueule de cuir a des airs de super héros à la française, luttant contre les forces du mal incarnées et dirigées par le Roi des Tombes. Il se balade en tout cas facilement sur les toits de Paris… Un récit d’aventures dynamique, mais qui manque de densité, et qui sur la fin m’a moins intéressé. Note réelle 2,5/5.

18/06/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Année fantôme
L'Année fantôme

Tronchet est un auteur que j’aime bien. Mais je préfère sa veine humoristique, avec ses personnages de losers. Mais certains de ses récits plus autobiographiques ou intimistes sont quand même de bonne facture. Et cet album en fait partie. La première partie nous présente un personnage d’humoriste cynique et conquérant, que rien ne semble pouvoir freiner dans son assurance, que ce soit dans sa vie professionnelle ou dans sa vie privée. Et puis, petit à petit l’homme montre des fêlures, et tout semble s’écrouler, avec quelques révélations – sur lui-même (en partie suite à une psychanalyse) ou sur sa famille. C’est alors un autre personnage qui tente de se reconstruire, car la solidité de son édifice intime s’est révélée factice. Il va donc falloir s’ouvrir aux autres… La seconde partie du récit est plus mélancolique, et le héros, qui pouvait susciter admiration et crainte, voire mépris au départ, fait presque pitié par la suite. Si l’album se laisse lire, j’ai préféré la première partie, plus dynamique. Mais aussi parce que la second est moins originale et intéressante, autour d’un secret de famille révélé sur le tard.

18/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Liberté !
Liberté !

Voilà une série historique qui arrive bien à rendre l’atmosphère fébrile, les hasards, les débats, les prises de parti, qui ont entouré la lutte des colonies américaines pour leur indépendance vis-à-vis de l’Angleterre. Si les premiers combats en Amérique sont bien présentés, c’est avant tout en Europe, et en France surtout que se déroule l’essentiel de l’intrigue – et probablement que s’est jouée l’essentiel de la victoire finale des Insurgés. Une grande partie du récit se concentre donc sur l’activité de certaines personnes, en particulier l’envoyé du congrès indépendantiste. Mais le personnage principal de cette série, c’est Beaumarchais. Hâbleur, hyper actif, bourré d’idées, dépassant très souvent les limites, et ne s’embarrassant pas d’hypocrisie ou de lois, il s’agite pour fournir aux Américains armes et matériel dont il manque cruellement. Au travers de son action, le lecteur se familiarise avec les arcanes du pouvoir dans la France du début du règne de Louis XVI, mais aussi avec l’action d’espions et autres ambassadeurs anglais – mais aussi avec tous ceux qui essayent de tirer parti de la situation : marchands en tous genres, officiers en mal de solde, etc. La Fayette apparait bien jeunot et falot par contre... Le récit est dynamique, rythmé, et le personnage de Beaumarchais haut en couleurs. Le dessin est plutôt agréable, personnages et décors sont bien retranscrits. J’ai juste eu du mal avec la plupart des visages, rondouillards et souvent sur le même moule. C’est en tout cas une série historique globalement bien fichue.

18/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Mère des victoires
La Mère des victoires

Dans un futur où la guerre est devenue un spectacle médiatique sponsorisé par de grandes entreprises, un capitaine de véhicule blindé se retrouve embarqué dans une mission qui tourne rapidement à l'opération de sauvetage, tandis que resurgissent ses tensions avec sa supérieure dont il fut autrefois l'amant. J'ai un avis un peu partagé sur cet album. J'ai aimé son univers de guerre futuriste, avec cette idée assez originale de sociétés qui utilisent les conflits comme vitrine publicitaire et transforment les soldats en vedettes médiatiques. J'ai également apprécié son ambiance résolument martiale ainsi que la relation ambiguë et houleuse entre le héros et sa supérieure, qui apporte une dimension humaine intéressante au récit. Au dessin, Enrique Fernandez possède un style reconnaissable, assez informatique mais expressif et dynamique. J'aime bien son identité graphique, même si certains visages, notamment celui du sergent ami du héros, peuvent paraître assez étranges. Les scènes d'action sont réussies et l'ensemble bénéficie d'une vraie personnalité visuelle. Mais en parallèle j'ai aussi été déçu par la confusion qu'entraine un léger abus de flashback qui s'intercalent et brouillent la narration au présent, ainsi que par le manque de clarté concernant le contexte de certaines scènes dont on ne capte pas toujours bien ce qu'il s'y déroule, où est le danger et ce que font les protagonistes. C'est le cas notamment de toute la grande scène finale dont on comprend mal les enjeux, ni pourquoi la supérieure se sent obligée de faire ce qu'elle essaie de faire. Je devine à peu près la raison de ça, mais même après avoir terminé et relu la scène, j'ai encore un doute. J'en ressors donc à moitié convaincu. L'univers, les personnages et le graphisme m'ont donné envie de suivre cette aventure jusqu'au bout, mais le récit manque parfois de lisibilité et de développement. J'ai passé un plutôt bon moment de lecture, sans être totalement emporté par l'histoire.

18/06/2026 (modifier)