J’ai acquis cet album rien qu’en voyant le nom d’Emmanuel Civiello sur la couverture. Mais après lecture, qu’est ce que j’ai été déçu !
Et pourtant, j’aime les récits historiques et j’admire le coup de crayon (ou plutôt de peinture) de Civiello…
L’histoire met en scène Guillaume l'Hébreu, dit Corb-Nez, qui était un vassal de Charlemagne. Ça se passe en 797 et ce guerrier a eu pour mission, par ordre de Charlemagne, de ramener Witgar, l’épouse du roi de Bourgogne qui s’est enfuie chez les Maures…
A vrai dire, je me souviens encore de ce récit mais sans plus… je reconnais m’être ennuyé à sa lecture, la faute à des scènes qui m’ont semblé confuses et à une histoire qui pourrait être résumée en quelques lignes (alors que l’album présente 88 pages !). De même, je n’ai pas eu d’attachement pour les personnages…
Le coup de patte de Civiello ? Autant ça passait bien dans ses récits fantastiques comme « Korrigans » et « La Graine de folie », autant ça ne marche pas dans « Corb-Nez » car de nombreuses planches me sont apparu trop sombres et peu lisibles. Le découpage des scènes m’a semblé trop confus, pas assez fluide… j’ai eu souvent le sentiment d’être perdu dans la narration et d’être noyé devant les cases saturées de détails superflus ! Des fois, je ne savais pas ce qui se passait, qui était tel ou tel personnage… bref, le vrai bordel !
Au final, alors que les péripéties de Guillaume l’Hébreu semblent relativement faciles à raconter, je me suis retrouvé devant un album qui complexifie inutilement l’intrigue aussi bien au niveau du scénario (confus) que du graphisme (manque de lisibilité du dessin).
Une déception…
La couverture de cet album m’a interpelé, puis l’intérieur m’a impressionné… le mélange d’outils de dessin (crayons de couleur, feutres etc.) et collages (avec bande adhésive visible) est vraiment original, et finalement assez esthétique. Les cadrages sont très géométriques, avec beaucoup de perspective dans les vues, les bâtiments. J’imagine que ce style ne plaira pas à tout le monde, mais moi j’ai pris beaucoup de plaisir à admirer les planches (surtout qu’il y a de nombreux passages muets).
Je serai moins enthousiasme en ce qui concerne l’histoire… je ne suis à priori pas contre les autobiographies un peu nombrilistes, mais pour moi l’auteur est ici trop personnel, les faits sont trop détaillés, j’ai presque eu l’impression de lire les notes d’une thérapie familiale. Je comprends tout à fait que l’auteur ait voulu explorer l’histoire troublée de sa famille, mais il n’a selon moi pas réussi à rendre la chose intéressante et « digeste » pour le lecteur lambda. Sans le dessin pour me pousser à continuer, j’aurai abandonné au quart je pense.
Bof.
Je n'ai lu que les deux premiers tomes de cette série mais comme je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout du second, je vais m'arrêter là.
Ce que j'ai apprécié dans cette série, c'est qu'elle m'a permis de découvrir l'esprit des Vietnamiens et aussi d'autres personnes originaires des colonies françaises dans les années 20 puis juste avant la guerre d'Indochine. J'ai pu découvrir leur travail de militants pour la décolonisation, la complexité de leurs mouvements et les quelques conflits politiques que cela a impliqué. J'y ai découvert aussi une intelligentsia de ces pays colonisés qui tranche avec le stéréotype de la masse populaire indigène qui fait gronder sa colère et son envie de liberté par des manifestations et des révoltes. J'avoue que je ne connaissais quasiment rien de cela et ce fut donc instructif. On y comprend en tout cas que la vague de décolonisation des années 50 et 60 s'était déjà préparée depuis des décennies.
Là où je commence à être mitigé, c'est sur le dessin. J'ai beaucoup aimé la peinture colorée de Clément Baloup sur des oeuvres comme Un Automne à Hànôi et Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon). Mais ici, ce n'est pas lui qui dessine et je n'accroche pas au style de Mathieu Jiro. Côté couleurs, je trouve que cela manque d'harmonie et d'esthétique. Mais surtout je trouve que les cases et la mise en scène sont assez confuses, avec parfois du mal à bien discerner ce qui est dessiné, comme si le trait était trop gros, les plans trop rapprochés ou les couleurs trop bigarrées pour bien déchiffrer le dessin. A noter que ce style s'améliore et se clarifie nettement dans le 3e et dernier tome... que je n'ai malheureusement pas lu...
Et enfin, je n'ai pas accroché du tout au scénario. Le premier tome passe encore car il est relativement linéaire et j'ai plutôt bien suivi l'arrivée en France de ce jeune homme tout droit venu d'Annam et son intégration dans un groupe de militants contre la colonisation. J'ai parfois été un peu perdu car certaines ellipses et sauts dans le temps rendent les choses un peu complexes, mais j'ai globalement compris l'histoire. Par contre, les très nombreuses discussions politiques m'ont rapidement ennuyé, ainsi que le déroulé global de l'intrigue qui ne fut pas passionnant à mon goût.
Avec le second tome, on se retrouve une vingtaine d'années plus tard, directement en Indochine, et là j'ai complètement décroché. Beaucoup trop de politique, de machinations, d'accusations et de trahisons. Et le tout raconté de manière trop peu clair. Là, de l'ennui, je suis passé au rejet et à l'incapacité de continuer ma lecture au delà du premier tiers de l'album. J'ai zappé quelques pages puis j'ai sauté jusqu'à la fin pour voir s'il semblait se dérouler quelque chose de plus palpitant mais on restait toujours trop dans le combat politique et les affrontements entre partis et factions. Je me suis donc arrêté là, sans envie d'aller plus loin.
Dommage car le fond de cette série est plutôt bon : proposer la vision de la décolonisation du Vietnam depuis les années 1920 jusqu'aux années 1970. Mais il aurait fallu me permettre de davantage m'attacher aux personnages et aussi impliquer moins de politique dans le récit.
Je n’ai été que moyennement convaincu par cet opus. Le dessin d’Alexandre Clérisse est toujours aussi agréable. De nombreuses références tant visuelles que scénaristiques nous replongent bien agréablement dans ces années 80. Mais à côté de cela, j’ai trouvé toute la première partie du récit poussive et la fin quelque peu nébuleuse. Reste une partie centrale qui, elle, m’a vraiment bien accroché… ainsi que de nombreuses bonnes idées mais dont les développements m’ont égaré.
Résultat : je reste sur ma faim. Peut-être qu’une relecture me fera changer d’avis. Peut-être en attendais-je de trop…
Trop de thèmes qui finissent par ne plus être explorés qu’en surface couplés à ma difficulté à caser cette histoire ont fait que je n’ai finalement que peu apprécié ma lecture.
Pourtant la narration est bonne, le découpage est soigné, le dessin est agréable… mais je n’ai pas été touché par les différents sujets abordés par ce diptyque.
Tout commence par une approche réaliste et historique. Un groupe de ‘chasseurs’ décroche un contrat pour aller tuer des chiens dans les environs directs de Tchernobyl, voire sur le site même de la centrale. Nous allons donc suivre ces personnages aux profils assez chargés (le chef de bande et son fils timide et naïf, l’alcoolique de service, le névrosé ancien militaire d’active, etc… ) dans leurs aventures. J’ai trouvé cette première approche mole et peu prenante.
Puis viennent des conflits entre bandes, avec une bataille rangée dans les rues de la cité abandonnée. Je ne suis toujours pas passionné.
Mais dans une meute de chiens se trouve un terrifiant chien-loup noir qui semble devoir apporter une autre dimension au récit. Arrivé à la fin du deuxième et dernier tome, je ne sais toujours pas quel est le rôle de cet animal…
Nous allons également découvrir que des enfants ont trouvé refuge dans la centrale. Hormis quelques brûlures superficielles, ils ne semblent pas impactés par leur séjour prolongé au sein d’un environnement hautement radioactif et se qualifient eux-mêmes d’ ‘enfants de l’atome’. Là, je sais plus si on est dans un conte, dans un récit fantastique, s’il y a une symbolique cachée derrière tout ça… En fait, je suis perdu. Et arrivé à la fin du diptyque, je me demande toujours pourquoi ces enfants ont décidé de rester sur place.
Il y a aussi une allégorie entre l’histoire de Saint-Christophe et la relation entre le père chef de bande et son fils qui l’aime, le craint et le hait à la fois. C’est cet aspect qui sera le plus développé au final… mais à nouveau cela ne m’a pas passionné.
En clair, j’ai eu l’impression d’être dans une série fourre-tout où à force de vouloir nourrir son récit Aurélien Ducoudray a fini par me paumer car je ne voyais plus ce qu’il voulait me raconter. Donc pour moi, c’est bof, bof…
C'est connu de longue date, Philippe Chappuis a pris le pseudo de Zep pour l'amour qu'il porte à un de ses groupes préférés, Led Zeppelin. Après la bonne impression globale de ses Happy Sex et Happy Girls (Les Filles Electriques), je m'attendais donc à un moment aussi agréable sur une autre de mes passions : la musique.
Et qui dit amateur de musique dit également amateur de concerts. De part ma localisation géographique entre France, Luxembourg, Belgique et Allemagne, j'en ai bouffé du concert. Beaucoup plus auparavant, beaucoup moins aujourd'hui mais les files d'attentes, les situations où tu es bousculé ou en sueur, celles où tu finis torse nu et sur les rotules mais aussi celles où tu t'ennuies profondément et files boire une bière ou manger une saucisse pour tuer le temps également.
Bref j'attendais peut-être beaucoup de cette bd mais en tous cas pas à ce que j'ai lu. Le sujet est vaste, il est original mais très mal exploité. Si certains gags font mouche avec la représentation de groupes ou artistes très connus (Joe Cocker en prend méchamment pour son grade), les gags sont téléphonés ou tombent à plat et ne reconstituent en rien l'expérience d'un concert.
En effet mis à part celui qui traite les festivals, le reste est bien trop générique pour reconstituer cette ambiance si particulière. Le nouveau titre du bouquin est donc bien mieux approprié puisque Zep parle effectivement plus de rock et des groupes qui l'ont marqué ou pas en concert que des situations dite de live en elles-mêmes.
Le dessin reste à l'avenant de ce que l'auteur nous aura habitué : de jolis dessins clairs humoristiques et une belle mise en couleur. On reconnait facilement les artistes bien croqués mais cette fois la sauce n'aura pas pris. Malgré un ensemble agréable et facile à lire, ce bouquin se prête plus volontiers à la lecture en salle d'attente que chez soi avec un bon Pixies en toile de fond.
Sympathique mais dispensable car trop générique.
J'ai pas accroché...
Cette suite de scènes sans lien m'a plutôt filé le cafard, sans doute à cause de leur justesse.
Ce sont des morceaux de dialogues déjà entendus, des situations où on se souvient avoir été mal à l'aise. C'est ce que l'art contemporain essaye de faire. Introduire le malaise. Dans ce sens, c'est réussi.
Mais j'attends autre chose de la bande dessinée : des pistes pour changer le monde existant où pour le rêver autrement. Ici pas d'echapatoire : médiocrité, faiblesse, contradictions, bêtise, rien ni personne ne peut vraiment être sauvé de l'ennui général.
Le dessin est très guindé, couleurs en aplat, contours fermés des formes avec un trait toujours égal, un côté photo décalquée... Mais une mise en page très soignée et équilibrée.
À vous de voir !
Je suis vraiment une fan de Davodeau, surtout quand il nous fait découvrir le monde par ses documentaires. Ici je n'ai pas été séduite : le format court ne permet pas d'installer la connivence avec l'auteur qui est souvent le ressort de ses scénarii. Difficile de s'identifier à qui que ce soit, l'épaisseur psychologique et sociale manque cruellement.
Pour le dessin, c'est toujours une certaine maladresse douce et assumée (puisqu'elle est chargée de transmettre la fragilité de l'humain) qui peut séduire ou agacer suivant les cas...
Je n'ai jamais accroché avec cet univers de dark fantasy où de nombreux peuples se combattent dans des royaumes hostiles marqués par la désolation et le chaos.
C'est pourtant un univers assez proche du joyau qu'est Le Seigneur des Anneaux mais avec une dimension plus cosmique. Oui, mais cette franchise ne lui arrive pas à la cheville pour de nombreuses raisons. C'est mal fichu, c'est bourrin et le dessin n'est pas top visuellement, pour résumer un peu le fond de ma pensée.
Il est dommage que cela ne procure pas de plaisir à la lecture. Bref, une déception de plus.
Lorsque les éditions tabou m'ont proposé la lecture d'une BD dont la dessinatrice n'était autre que la sœur du grand Milo Manara, je me suis dit banco. Mais las, mille fois las, c'est à ce genre de détail que l'on s'aperçoit que le génie du dessin n'est pas forcément héréditaire et que les gènes d'un frère ne se transmettent pas forcément au reste de la famille. Ici le scénario de l'histoire n'est pas d'un intérêt majeur; disons seulement qu'une accorte jeune fille se retrouve dans un monde fantasmagorique où il lui arrive forcément moult aventures érotiques.
Dans ce genre de bande qu'est-ce qui prévaut? Ben le dessin diantre, nous voulons voir des corps a priori avenants, certes tout le monde a le droit de se retrouver croqué dans des postures où il se livre à de joyeux ébats mais bon cela est un avis tout personnel.
Nives Manara donc, à voir son trait l'on voit d'évidence où elle a pris ses cours de dessin, les visages sont ceux que l'on connait chez son frère et les corps sont ma foi pas si mal. Par contre il semble qu'avec la gente masculine la dame ait un peu plus de mal, les mecs sont moches et possèdent des visages tordus.
Les scènes a priori plus torrides ne dégagent au final pas grand chose d'érotique, pourrais je avancer l'hypothèse que cette BD n'a pu voir le jour et sa publication donc qu'à cause du nom prestigieux qu'elle porte. Comme je l'ai dit plus haut un nom ne suffit pas, pour ma part je suis déçu.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Corb-Nez
J’ai acquis cet album rien qu’en voyant le nom d’Emmanuel Civiello sur la couverture. Mais après lecture, qu’est ce que j’ai été déçu ! Et pourtant, j’aime les récits historiques et j’admire le coup de crayon (ou plutôt de peinture) de Civiello… L’histoire met en scène Guillaume l'Hébreu, dit Corb-Nez, qui était un vassal de Charlemagne. Ça se passe en 797 et ce guerrier a eu pour mission, par ordre de Charlemagne, de ramener Witgar, l’épouse du roi de Bourgogne qui s’est enfuie chez les Maures… A vrai dire, je me souviens encore de ce récit mais sans plus… je reconnais m’être ennuyé à sa lecture, la faute à des scènes qui m’ont semblé confuses et à une histoire qui pourrait être résumée en quelques lignes (alors que l’album présente 88 pages !). De même, je n’ai pas eu d’attachement pour les personnages… Le coup de patte de Civiello ? Autant ça passait bien dans ses récits fantastiques comme « Korrigans » et « La Graine de folie », autant ça ne marche pas dans « Corb-Nez » car de nombreuses planches me sont apparu trop sombres et peu lisibles. Le découpage des scènes m’a semblé trop confus, pas assez fluide… j’ai eu souvent le sentiment d’être perdu dans la narration et d’être noyé devant les cases saturées de détails superflus ! Des fois, je ne savais pas ce qui se passait, qui était tel ou tel personnage… bref, le vrai bordel ! Au final, alors que les péripéties de Guillaume l’Hébreu semblent relativement faciles à raconter, je me suis retrouvé devant un album qui complexifie inutilement l’intrigue aussi bien au niveau du scénario (confus) que du graphisme (manque de lisibilité du dessin). Une déception…
Pittsburgh
La couverture de cet album m’a interpelé, puis l’intérieur m’a impressionné… le mélange d’outils de dessin (crayons de couleur, feutres etc.) et collages (avec bande adhésive visible) est vraiment original, et finalement assez esthétique. Les cadrages sont très géométriques, avec beaucoup de perspective dans les vues, les bâtiments. J’imagine que ce style ne plaira pas à tout le monde, mais moi j’ai pris beaucoup de plaisir à admirer les planches (surtout qu’il y a de nombreux passages muets). Je serai moins enthousiasme en ce qui concerne l’histoire… je ne suis à priori pas contre les autobiographies un peu nombrilistes, mais pour moi l’auteur est ici trop personnel, les faits sont trop détaillés, j’ai presque eu l’impression de lire les notes d’une thérapie familiale. Je comprends tout à fait que l’auteur ait voulu explorer l’histoire troublée de sa famille, mais il n’a selon moi pas réussi à rendre la chose intéressante et « digeste » pour le lecteur lambda. Sans le dessin pour me pousser à continuer, j’aurai abandonné au quart je pense. Bof.
Chinh Tri
Je n'ai lu que les deux premiers tomes de cette série mais comme je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout du second, je vais m'arrêter là. Ce que j'ai apprécié dans cette série, c'est qu'elle m'a permis de découvrir l'esprit des Vietnamiens et aussi d'autres personnes originaires des colonies françaises dans les années 20 puis juste avant la guerre d'Indochine. J'ai pu découvrir leur travail de militants pour la décolonisation, la complexité de leurs mouvements et les quelques conflits politiques que cela a impliqué. J'y ai découvert aussi une intelligentsia de ces pays colonisés qui tranche avec le stéréotype de la masse populaire indigène qui fait gronder sa colère et son envie de liberté par des manifestations et des révoltes. J'avoue que je ne connaissais quasiment rien de cela et ce fut donc instructif. On y comprend en tout cas que la vague de décolonisation des années 50 et 60 s'était déjà préparée depuis des décennies. Là où je commence à être mitigé, c'est sur le dessin. J'ai beaucoup aimé la peinture colorée de Clément Baloup sur des oeuvres comme Un Automne à Hànôi et Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon). Mais ici, ce n'est pas lui qui dessine et je n'accroche pas au style de Mathieu Jiro. Côté couleurs, je trouve que cela manque d'harmonie et d'esthétique. Mais surtout je trouve que les cases et la mise en scène sont assez confuses, avec parfois du mal à bien discerner ce qui est dessiné, comme si le trait était trop gros, les plans trop rapprochés ou les couleurs trop bigarrées pour bien déchiffrer le dessin. A noter que ce style s'améliore et se clarifie nettement dans le 3e et dernier tome... que je n'ai malheureusement pas lu... Et enfin, je n'ai pas accroché du tout au scénario. Le premier tome passe encore car il est relativement linéaire et j'ai plutôt bien suivi l'arrivée en France de ce jeune homme tout droit venu d'Annam et son intégration dans un groupe de militants contre la colonisation. J'ai parfois été un peu perdu car certaines ellipses et sauts dans le temps rendent les choses un peu complexes, mais j'ai globalement compris l'histoire. Par contre, les très nombreuses discussions politiques m'ont rapidement ennuyé, ainsi que le déroulé global de l'intrigue qui ne fut pas passionnant à mon goût. Avec le second tome, on se retrouve une vingtaine d'années plus tard, directement en Indochine, et là j'ai complètement décroché. Beaucoup trop de politique, de machinations, d'accusations et de trahisons. Et le tout raconté de manière trop peu clair. Là, de l'ennui, je suis passé au rejet et à l'incapacité de continuer ma lecture au delà du premier tiers de l'album. J'ai zappé quelques pages puis j'ai sauté jusqu'à la fin pour voir s'il semblait se dérouler quelque chose de plus palpitant mais on restait toujours trop dans le combat politique et les affrontements entre partis et factions. Je me suis donc arrêté là, sans envie d'aller plus loin. Dommage car le fond de cette série est plutôt bon : proposer la vision de la décolonisation du Vietnam depuis les années 1920 jusqu'aux années 1970. Mais il aurait fallu me permettre de davantage m'attacher aux personnages et aussi impliquer moins de politique dans le récit.
Une année sans Cthulhu
Je n’ai été que moyennement convaincu par cet opus. Le dessin d’Alexandre Clérisse est toujours aussi agréable. De nombreuses références tant visuelles que scénaristiques nous replongent bien agréablement dans ces années 80. Mais à côté de cela, j’ai trouvé toute la première partie du récit poussive et la fin quelque peu nébuleuse. Reste une partie centrale qui, elle, m’a vraiment bien accroché… ainsi que de nombreuses bonnes idées mais dont les développements m’ont égaré. Résultat : je reste sur ma faim. Peut-être qu’une relecture me fera changer d’avis. Peut-être en attendais-je de trop…
Les Chiens de Pripyat
Trop de thèmes qui finissent par ne plus être explorés qu’en surface couplés à ma difficulté à caser cette histoire ont fait que je n’ai finalement que peu apprécié ma lecture. Pourtant la narration est bonne, le découpage est soigné, le dessin est agréable… mais je n’ai pas été touché par les différents sujets abordés par ce diptyque. Tout commence par une approche réaliste et historique. Un groupe de ‘chasseurs’ décroche un contrat pour aller tuer des chiens dans les environs directs de Tchernobyl, voire sur le site même de la centrale. Nous allons donc suivre ces personnages aux profils assez chargés (le chef de bande et son fils timide et naïf, l’alcoolique de service, le névrosé ancien militaire d’active, etc… ) dans leurs aventures. J’ai trouvé cette première approche mole et peu prenante. Puis viennent des conflits entre bandes, avec une bataille rangée dans les rues de la cité abandonnée. Je ne suis toujours pas passionné. Mais dans une meute de chiens se trouve un terrifiant chien-loup noir qui semble devoir apporter une autre dimension au récit. Arrivé à la fin du deuxième et dernier tome, je ne sais toujours pas quel est le rôle de cet animal… Nous allons également découvrir que des enfants ont trouvé refuge dans la centrale. Hormis quelques brûlures superficielles, ils ne semblent pas impactés par leur séjour prolongé au sein d’un environnement hautement radioactif et se qualifient eux-mêmes d’ ‘enfants de l’atome’. Là, je sais plus si on est dans un conte, dans un récit fantastique, s’il y a une symbolique cachée derrière tout ça… En fait, je suis perdu. Et arrivé à la fin du diptyque, je me demande toujours pourquoi ces enfants ont décidé de rester sur place. Il y a aussi une allégorie entre l’histoire de Saint-Christophe et la relation entre le père chef de bande et son fils qui l’aime, le craint et le hait à la fois. C’est cet aspect qui sera le plus développé au final… mais à nouveau cela ne m’a pas passionné. En clair, j’ai eu l’impression d’être dans une série fourre-tout où à force de vouloir nourrir son récit Aurélien Ducoudray a fini par me paumer car je ne voyais plus ce qu’il voulait me raconter. Donc pour moi, c’est bof, bof…
Happy Rock (L'enfer des concerts)
C'est connu de longue date, Philippe Chappuis a pris le pseudo de Zep pour l'amour qu'il porte à un de ses groupes préférés, Led Zeppelin. Après la bonne impression globale de ses Happy Sex et Happy Girls (Les Filles Electriques), je m'attendais donc à un moment aussi agréable sur une autre de mes passions : la musique. Et qui dit amateur de musique dit également amateur de concerts. De part ma localisation géographique entre France, Luxembourg, Belgique et Allemagne, j'en ai bouffé du concert. Beaucoup plus auparavant, beaucoup moins aujourd'hui mais les files d'attentes, les situations où tu es bousculé ou en sueur, celles où tu finis torse nu et sur les rotules mais aussi celles où tu t'ennuies profondément et files boire une bière ou manger une saucisse pour tuer le temps également. Bref j'attendais peut-être beaucoup de cette bd mais en tous cas pas à ce que j'ai lu. Le sujet est vaste, il est original mais très mal exploité. Si certains gags font mouche avec la représentation de groupes ou artistes très connus (Joe Cocker en prend méchamment pour son grade), les gags sont téléphonés ou tombent à plat et ne reconstituent en rien l'expérience d'un concert. En effet mis à part celui qui traite les festivals, le reste est bien trop générique pour reconstituer cette ambiance si particulière. Le nouveau titre du bouquin est donc bien mieux approprié puisque Zep parle effectivement plus de rock et des groupes qui l'ont marqué ou pas en concert que des situations dite de live en elles-mêmes. Le dessin reste à l'avenant de ce que l'auteur nous aura habitué : de jolis dessins clairs humoristiques et une belle mise en couleur. On reconnait facilement les artistes bien croqués mais cette fois la sauce n'aura pas pris. Malgré un ensemble agréable et facile à lire, ce bouquin se prête plus volontiers à la lecture en salle d'attente que chez soi avec un bon Pixies en toile de fond. Sympathique mais dispensable car trop générique.
Le Bruit des mots
J'ai pas accroché... Cette suite de scènes sans lien m'a plutôt filé le cafard, sans doute à cause de leur justesse. Ce sont des morceaux de dialogues déjà entendus, des situations où on se souvient avoir été mal à l'aise. C'est ce que l'art contemporain essaye de faire. Introduire le malaise. Dans ce sens, c'est réussi. Mais j'attends autre chose de la bande dessinée : des pistes pour changer le monde existant où pour le rêver autrement. Ici pas d'echapatoire : médiocrité, faiblesse, contradictions, bêtise, rien ni personne ne peut vraiment être sauvé de l'ennui général. Le dessin est très guindé, couleurs en aplat, contours fermés des formes avec un trait toujours égal, un côté photo décalquée... Mais une mise en page très soignée et équilibrée. À vous de voir !
L'Avancée des travaux - Histoires courtes semées à droite à gauche
Je suis vraiment une fan de Davodeau, surtout quand il nous fait découvrir le monde par ses documentaires. Ici je n'ai pas été séduite : le format court ne permet pas d'installer la connivence avec l'auteur qui est souvent le ressort de ses scénarii. Difficile de s'identifier à qui que ce soit, l'épaisseur psychologique et sociale manque cruellement. Pour le dessin, c'est toujours une certaine maladresse douce et assumée (puisqu'elle est chargée de transmettre la fragilité de l'humain) qui peut séduire ou agacer suivant les cas...
Warhammer
Je n'ai jamais accroché avec cet univers de dark fantasy où de nombreux peuples se combattent dans des royaumes hostiles marqués par la désolation et le chaos. C'est pourtant un univers assez proche du joyau qu'est Le Seigneur des Anneaux mais avec une dimension plus cosmique. Oui, mais cette franchise ne lui arrive pas à la cheville pour de nombreuses raisons. C'est mal fichu, c'est bourrin et le dessin n'est pas top visuellement, pour résumer un peu le fond de ma pensée. Il est dommage que cela ne procure pas de plaisir à la lecture. Bref, une déception de plus.
Le Monde fantasmagorique d'Alis
Lorsque les éditions tabou m'ont proposé la lecture d'une BD dont la dessinatrice n'était autre que la sœur du grand Milo Manara, je me suis dit banco. Mais las, mille fois las, c'est à ce genre de détail que l'on s'aperçoit que le génie du dessin n'est pas forcément héréditaire et que les gènes d'un frère ne se transmettent pas forcément au reste de la famille. Ici le scénario de l'histoire n'est pas d'un intérêt majeur; disons seulement qu'une accorte jeune fille se retrouve dans un monde fantasmagorique où il lui arrive forcément moult aventures érotiques. Dans ce genre de bande qu'est-ce qui prévaut? Ben le dessin diantre, nous voulons voir des corps a priori avenants, certes tout le monde a le droit de se retrouver croqué dans des postures où il se livre à de joyeux ébats mais bon cela est un avis tout personnel. Nives Manara donc, à voir son trait l'on voit d'évidence où elle a pris ses cours de dessin, les visages sont ceux que l'on connait chez son frère et les corps sont ma foi pas si mal. Par contre il semble qu'avec la gente masculine la dame ait un peu plus de mal, les mecs sont moches et possèdent des visages tordus. Les scènes a priori plus torrides ne dégagent au final pas grand chose d'érotique, pourrais je avancer l'hypothèse que cette BD n'a pu voir le jour et sa publication donc qu'à cause du nom prestigieux qu'elle porte. Comme je l'ai dit plus haut un nom ne suffit pas, pour ma part je suis déçu.