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Chinh Tri

Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 3 avis)

Voyage dans le Paris colonies des années 1920.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles 1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide 1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Indochine Le Colonialisme Politique

BDNet nous dit ceci : "Bande dessinée d'aventure et d'époque dont l'action se situe au Vietnam." Eh bien ce n'est pas ça du tout, cher lecteur. "Chinh Tri" -du moins son tome 1- nous propose une revisite du Paris des années 1920, à l'époque où la France coloniale vit ses dernières années d'existence. Au travers du parcours de Tuan, jeune Indochinois qui débarque un beau jour à Marseille, nous suivons de l'intérieur les états d'âme, les amours et les convictions politiques d'un groupe d'enfants de France d'ailleurs...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2005
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Chinh Tri
Les notes (3)
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20/05/2006 | Spooky
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Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

Je n'ai lu que les deux premiers tomes de cette série mais comme je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout du second, je vais m'arrêter là. Ce que j'ai apprécié dans cette série, c'est qu'elle m'a permis de découvrir l'esprit des Vietnamiens et aussi d'autres personnes originaires des colonies françaises dans les années 20 puis juste avant la guerre d'Indochine. J'ai pu découvrir leur travail de militants pour la décolonisation, la complexité de leurs mouvements et les quelques conflits politiques que cela a impliqué. J'y ai découvert aussi une intelligentsia de ces pays colonisés qui tranche avec le stéréotype de la masse populaire indigène qui fait gronder sa colère et son envie de liberté par des manifestations et des révoltes. J'avoue que je ne connaissais quasiment rien de cela et ce fut donc instructif. On y comprend en tout cas que la vague de décolonisation des années 50 et 60 s'était déjà préparée depuis des décennies. Là où je commence à être mitigé, c'est sur le dessin. J'ai beaucoup aimé la peinture colorée de Clément Baloup sur des oeuvres comme Un Automne à Hànôi et Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon). Mais ici, ce n'est pas lui qui dessine et je n'accroche pas au style de Mathieu Jiro. Côté couleurs, je trouve que cela manque d'harmonie et d'esthétique. Mais surtout je trouve que les cases et la mise en scène sont assez confuses, avec parfois du mal à bien discerner ce qui est dessiné, comme si le trait était trop gros, les plans trop rapprochés ou les couleurs trop bigarrées pour bien déchiffrer le dessin. A noter que ce style s'améliore et se clarifie nettement dans le 3e et dernier tome... que je n'ai malheureusement pas lu... Et enfin, je n'ai pas accroché du tout au scénario. Le premier tome passe encore car il est relativement linéaire et j'ai plutôt bien suivi l'arrivée en France de ce jeune homme tout droit venu d'Annam et son intégration dans un groupe de militants contre la colonisation. J'ai parfois été un peu perdu car certaines ellipses et sauts dans le temps rendent les choses un peu complexes, mais j'ai globalement compris l'histoire. Par contre, les très nombreuses discussions politiques m'ont rapidement ennuyé, ainsi que le déroulé global de l'intrigue qui ne fut pas passionnant à mon goût. Avec le second tome, on se retrouve une vingtaine d'années plus tard, directement en Indochine, et là j'ai complètement décroché. Beaucoup trop de politique, de machinations, d'accusations et de trahisons. Et le tout raconté de manière trop peu clair. Là, de l'ennui, je suis passé au rejet et à l'incapacité de continuer ma lecture au delà du premier tiers de l'album. J'ai zappé quelques pages puis j'ai sauté jusqu'à la fin pour voir s'il semblait se dérouler quelque chose de plus palpitant mais on restait toujours trop dans le combat politique et les affrontements entre partis et factions. Je me suis donc arrêté là, sans envie d'aller plus loin. Dommage car le fond de cette série est plutôt bon : proposer la vision de la décolonisation du Vietnam depuis les années 1920 jusqu'aux années 1970. Mais il aurait fallu me permettre de davantage m'attacher aux personnages et aussi impliquer moins de politique dans le récit.

22/10/2019 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

"Chinh Tri" ?...C'est l'histoire de Tuan, un jeune Saïgonnais, qui débarque un jour à Marseille avec pour but de retrouver son oncle à Paris et de s'inscrire à l'université. Loin de réaliser cet objectif louable, il va se faire dévaliser dès les premiers instants et se retrouver embrigadé dans un groupe de jeunes activistes issus des colonies de l'époque. Que voilà une très bonne histoire concoctée par deux jeunes auteurs ! Le contexte historiques des années 1920-30, peu connu -et encore moins utilisé dans la BD francophone-, est très bien mis en valeur. L'ambiance parisienne de l'époque est habilement exploitée. Un des postulats de cet album a consisté à doubler les luttes revendicatrices de ces jeunes immigrés à une chronique d'époque. C'est réussi ! Et j'ai été d'autant plus accroché que la mise en image de Jiro, qui se rapproche plus de la peinture à la gouache que du dessin, est osée. C'est vrai, c'est parfois criard, mais réussi quand même. Pas mal du tout. Ma cote : 3,5/5 L'histoire est (normalement) prévue en trois tomes. Bon et beau travail commun.

08/01/2007 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

D'entrée, l'ambition est posée. "Chinh Tri" signifie "politique" en indochinois. Clément Baloup, dont le père en est originaire, explore par le biais de la bande dessinée toutes sortes de voies relatives à ses origines. Ici il s'agit donc des jeunes originaires de ces colonies, et qui essaient d'exister en tant que tels dans la métropole. Un sujet plutôt vaste, surtout à l'heure où le rôle colonial de notre pays soulève de nombreuses questions (et quelques scandales) dans l'opinion publique. Un sujet traité de façon intimiste par Baloup, qui colle aux basques de quelques-uns de ces "enfants des colonies". Il s'adjoint la patte de Mathieu Jiro, dont le trait réaliste est magnifié par des couleurs chaudes, limite criardes, pour nous donner sa vision de l'intérieur. Le résultat ? Un album un peu... mou, qui n'offre au final pas beaucoup d'intérêt, sinon pour nous montrer les divergences d'opinion qui divisaient alors les jeunes "révolutionnaires"... Peut-être cela prendra-t-il tout son sens dans la suite de la série. Si elle est toujours dessinée par Mathieu Jiro, nul doute qu'elle sera jolie à regarder...

20/05/2006 (modifier)